‹ Histoire de la décadence et de la chute de l'empire romain (volume 2)Chapitre 34 sur 62 · DE L EMPIRE ROMAIN. CHAP. LI · texte numérisé non relu

DE L EMPIRE ROMAIN. CHAP. LI

serve le nom, et qui est aujourd'hui la capitale de la troisième des puissances barbaresques. Un renfort de Grecs fut surpris et taillé en pièces sur la côte de la mer; mais les fortifications de Tripoli résistèrent aux premiers assauts , et l'approche du préfet Grégoire (i) engagea les Sarrasins à abandonner les Le préfet travaux du siège , pour livrer une bataille décisive, sa'^mîe.^^ ^^ S'il est vrai que Grégoire fût , comme on le dit , à la tête d'une armée de cent vingt mille hommes , les troupes régulières de l'empire devaient se trouver perdues dans cette armée formée d'un ramas de Maures et d'Africains nus et indisciplinés , qui en faisaient la force ou plutôt la masse. Il rejeta avec indignation la proposition d'adopter la religion du Koran ou de payer un tribut ; et durant plusieurs jours les deux armées combattirent avec acharnement depuis la pointe du jour jusqu'à midi , époque où la fatigue et l'excès de la chaleur les forçaient à chercher du repos dans leurs camps respectifs. On dit que la fille de Grégoire , jeune personne d'une incomparable beauté et d'un grand courage , combattait à côté de son père : dès sa première jeunesse elle avait été instruite à diriger un cheval , à lancer des traits et à manier le cimeterre ; elle se faisait remarquer dans les premiers rangs par la richesse de ses armes et de ses vêtemens. On promit sa main et

(i) Foy. Théophane , qui fait mention de la défaite plutôt que de la mort de Grégoire. Il donne au préfet le nom flétrissant de Tvpoivvoç'j il est vraisemblable que Grégoire avait pris la pourpre ( Chronograph, , p. 286).

anS HISTOIRE DE LA DECADENCE

cent mille pièces d'or à celui qui apporterait la tête du général arabe , et l'espoir d'une si belle récompense excita les jeunes guerriers de l'Afrique. Abdallah , -vivement sollicité par ses compagnons , s'éloigna du combat ; mais sa retraite et la répétition de toutes ces attaques , dont le succès demeurait indécis ou leur devenait contraire, jetèrent le découragement parmi les Sarrasins.

Victoire Un Arabe , nommé Zobeir (i) , d'une famille no-

des Arabes. , • i • i • i? i • i, » i- i

Die, qui devint par !a suite ladversan^e d Ali et le père d'un calife , avait signalé sa valeur en Egypte • c'était lui qui le premier avait appliqué une échelle aux murs de Babylone. Dans la guerre d'Afrique on l'avait détaché de Tarmée d'Abdallah. Aux premières nouvelles du combat , on le vit , à la tête de douze guerriers, s'ouvrir un chemin au milieu du camp des Grecs , et sans prendre de repos et de nourriture , accourir pour partager les périls des musulmans. Il jeta les yeux sur le champ de bataille ; c( Ou est notre général? dit-il. «—Dans sa tente. — Le général des musulmans doit-il être dans sa tente ^u moment du combat ? » reprit Zobeir. Abdallah lui représenta en rougissant combien était précieuse la vie d'un général, et lui apprit à quels dangers l'exposait le prix promis par le préfet romain. « Retournez contre les

(i) Fojez dans Ockley {Hist, of the Saracens , vol. ii , p. 45 ) la mort de Zobeir, qui fut honoré des larmes d'Ali , contre lequel il s'était révolté. Eutychius [JnnaL, t. 11, p. 3o8) parle de sa valeur au siège de Babylone , si toutefois il s'agit de la même personne.

DE l'empire ROMAm. CHAP. LI. 27g

infidèles eux-mêmes ce moyen peu gene'reux , lui repondit Zobeir; faites proclamer dans les rangs que quiconque apportera la tête de Grégoire , obtiendra la fille de ce preTet, et cent mille pièces d'or. » Le lieutenant du calife confia au courage et à la prudence de Zobeir la conduite d'un stratagème que lui-même avait proposé , expédient qui fixa enfin du côté des Sarrasins la victoire si long-temps indécise. Les musulmans, suppléant par l'activité et l'artifice au défaut du nombre, une partie de l'armée se tint cacbée dans les tentes , tandis que l'autre occupa l'ennemi d'une escarmouche irrégulière , jusqu'au moment où le soleil arriva au point le plus élevé du ciel. Les soldats des deux partis s'étaient retirés accablés de fatigue , •les chevaux étaient débridés, les armures dépouillées, et les deux armées semblaient ne songer qu'à jouir de la fraîcheur de la soirée , et attendre le lendemain pour recommencer le combat. Tout a coup Zobeir fait sonner la charge ; le camp des Arabes verse un torrent d'intrépides guerriers , et la longue ligne des Grecs et des Africains est surprise , attaquée et renversée par de nouveaux escadrons de fidèles , qui aux yeux du fanatisme se montrèrent sans doute comme une armée d'anges descendus des cieux. Le préfet périt par la main de Zobeir; sa fille , qui cherchait la vengeance et la mort , tomba au pouvoir de l'ennemi ; les Grecs, en s'enfuyant, enveloppèrent dans leur désastre la ville de Sufetula, où ils cherchèrent un refuge contre les sabres et les lances des Arabes. Sufetula était située à cent cinquante milles au sud

a8o HISTOIRE DE LA DÉCADEWCE

de Carthag^e , sur un coteau d'une pente douce arrosé par un ruisseau , et ombragé d'un bosquet de genévriers ; les ruines d'un arc de triomphe, d'un portique et de trois temples d'ordre corinthien , offrent encore aux voyageurs les restes de la magnificence des Romains (i). Cette opulente ville une fois au pouvoir des musulmans , les habitans de la province et les Barbares implorèrent de tous côtés la clémence du vainqueur : des offres de tribut, des professions de foi, vinrent flatter la piété ou l'orgueil des Arabes; mais les pertes, les fatigues et les progrès d'une maladie épidémique les empêchèrent de former dans ce pays un établissement solide , et après une campagne de quinze mois , ils se retirèrent vers les confins de l'Egypte avec les captifs et le butin dont ils s'étaient emparés. Le calife accorda son cinquième à un de ses favoris comme le payement d'un prétendu prêt de cinq cent mille pièces d'or (2); mais s'il est vrai que le partage réel du butin ait été pour chaque fantassin de mille pièces d'or et de trois mille pour chaque cavalier, l'état, dans cette affaire, fut doublement lésé par des arrangemens frauduleux. On

(1) Shaw's Travels , p. 118, 119.

(2) Mimica emptio , dit Abuîféda , erat hœc , et mira r/onatio ; quandoquidem Othman , ejus nom'uie nummos ex. œrario prias ahlatos œrario prœstahat [Ann. mosl. , p. 78 ). Elmacin (dans son obscure version, p. 89) semble rapporter ceUe, même intrigue. Lorsque les Arabes assiégèrent le palais d'Olliman , ce fut un des principaux griefs qu'ils alléguèrent.

T)E l'empire ROMA.IN. CHAP, LT. 28 1

s'attendait à voir Fauteur de la mort de Grégoire se présenter pour réclamer le prix le plus précieux de la victoire : aucun ne paraissant, on crut qu'il avait été tué dans le combat ; mais les larmes et les douloureuses exclamations de la fille du préfet, au moment où elle aperçut Zobeir , révélèrent le courage et la modestie de ce brave soldat. On offrit la malheureuse captive au meurtrier de son père , qui daigna à peine la recevoir au nombre de ses esclaves , déclarant froidement qu'il avait consacré son glaive au service de la religion , et qu'il travaillait pour obtenir un prix bien supérieur aux charmes d'une mortelle, et à la richesse d'une vie passagère. On lui accorda d'ailleurs une récompense analogue à son caractère ; on le chargea de l'honorable commission de porter au calife Otliman la nouvelle du succès des musulmans. Les compagnons de Mahomet, les chefs et le peuple , s'assemblèrent dans la mosquée de Médine , pour entendre le récit de Zobeir; et l'orateur n'ayant rien oublié, si se n'est le mérite de ses avis et celui de ses actions , les Arabes joignirent le nom d'Abdallah aux noms héroïques de Caled et d'Amrou. (1)

L'invasion commencée par les Sarrasins vers l'oc- Progrès des

. , .» 1 r 3' • • i. Sarrasins en

cident , lut suspendue l espace a envu'on vmgt an- Afrique. A.

(l) 'ETTei-poiTff-VTctv ^upuKyjvot rtjv A^p/«^y, xcit a-uf^/3u?^ûyrtç ru rvpeivvoù T^t^yopto) tutov TptTF^a-i kxi raç o-vv uvtco Kriivam Kcit çotKtjTuvTîç (popaç f^iroi Tuv AÇpav OTrtçpi-^uv, ( Théophane , Chronograph. y p. 285 , édit. de Paris. ) Sa Chronologie est incerlaine et inexacte.

îiSa HISTOIRE DE LA DECADENCE

nees,jusqu a l'époque où l'établissement de la maison d'Ommiyah termina leurs discordes civiles ; alors le calife Moawiyah fut invité par les cris des Africains eux-mêmes à repasser en Afrique. Les successeurs d'Héraclius avaient reçu la nouvelle du tribut que la force venait d'imposer aux sujets de la province romaine en Afrique ; mais au lieu de prendre pitié' de ce peuple et d'alléger sa misère , ils le chargèrent, à titre de compensation et d'amende , d'un second tribut de la même somme. Les Africains alléguèrent vainement leur pauvreté et leur ruine totale ; le ministère de Constantinople fut inexorable ; dans leur désespoir , ils préférèrent la domination d'un seul maître ; et les extorsions du patriarche de Carthage, revêtu du pouvoir civil et du pouvoir militaire , déterminèrent les sectaires et même les catholiques à abjurer la religion ainsi que l'autorité de leurs tyrans. Le premier lieutenant de Moawiyah se couvrit de gloire ; il subjugua une ville importante ; il battit une armée de trente mille Grecs ; il fit quatre-vingt mille captifs, et enrichit de leurs dépouilles les aventuriers de la Syrie et de l'Egypte (i). Mais le surnom de Vainqueur de l'Afrique appartient plus justement à Akbah son successeur. Celui-ci partit de Damas à

(i) Théopliane ( //z Chronogr, , p. 298 ) rapporte les bruits •vagues qui arrivaient à Constantinople sur les cqnquétes des Arabes à l'occident ; et Paul Warnefrid, diacre d'Aquilée {De gest. Langohard, y 1. v , c. i3) nous apprend qu'à cette époque ils envoyèrent une flotte d'Alexandrie dan» les mers de la Sicile et de l'Afrique,

DE l'J'MPIRï: r.OMA.TTY. CHAP. LI. !i83

la tête de dix mille des plus braves d'entre les Arabes, qui se trouvèrent ensuite soutenus par le secours douteux de plusieurs milliers de Barbares attaches à eux par une conversion non moins douteuse. Userait difficile et il paraît peu nécessaire d'indiquer d'une manière précise la trace des armes d'Akbah. Les Orientaux ont rempli l'intérieur de l'Afrique d'armées et de citadelles imaginaires. La province guerrière de Zab ou de Numidie pouvait armer quarante mille hommes ; mais on y a supposé trois cent soixante villes , nombre incompatible avec l'état misérable où , soit par l'ignorance , soit par la négligence des habitans, se trouvait alors l'agriculture (i); et les ruines d'Erbe ou Lambesa , ancienne métropole de l'intérieur de ce pays , n'annoncent pas une circonférence de trois lieues , comme on la lui avait attribuée. En se rapprochant de la côte de la mer, on trouvé les villes très-connues de Bugia (2) et de Tangier (3), et il paraît qu'elles furent la borne des victoires des Sarrasins. La commodité du port de Bugia y attire un reste de commerce ; on dit que dans des temps plus heureux cette ville renfermait quatre-vingt mille maisons ; le fer qu'on tire en grande quantité

(i) Voyez Novairi ( apud Otter, p. 1 18). Léon TAfricain {fol. 81 , verso) , qui ne compte que cinque citta ed infinité casali ; Marmol ( Descript. de V/ifrique , t. m , p. 33 ) et Sliaw ( Voyages^ p. 57-65-68 ).

(?,) Léon l'Africain ,yb/. 58 , verso 69, recto; Marmol^ l. II , p. l\\^\ Sliaw , p. 43.

(3) Léon l'Africain, /r'. 5.<2 ; Marmol, t. 11, p. 228.

des montagnes voisines , aurait pu fournira un peuple plus valeureux des instrumens nécessaires à sa défense. Les Grecs et les Arabes se sont plus à embellir de leurs fables la situation lointaine et l'antique origine de Tingi ou Tangier ; mais lorsque les derniers nous parlent de ses murs d'airain , de l'or et de l'argent qui couvraient les faîtes de ses édifices, il ne faut voir dans ce langage figuré que des emblèmes de la force et de la richesse. Les Romains n'avaient reconnu et décrit que d'une manière imparfaite la province de la Mauritanie Tingitane ( i ), ainsi nommée du nom desa capitale; ils y avaient établi cinqcolonies; mais elles n'occupaientqu'une petite partie du pays,et excepté les agens du luxe qui parcouraient les forêts pour y chercher l'ivoire et le bois de citronnier (2) ,

{i^Regio ignohllis , et vix quicquam illustre sortita , parvis oppidis habitatur , parva flurnina emittit, solo quarn viris melior et segnitie gentis obscura. (Pomponius-Mela , i, 5; III, 10.) Mêla inspire d'autant plus de confiance, que ses ancêtres , originaires de la Phénicie , avaient abandonné la Tingitane pour s'établir en Espagne. ( Voyez in 11 , 6 , un passage de ce géographe , si cruellement torturé par Saumaise, Isaac Vossius et Jacques Gronovius, le plus virulent des critiques. ) Il vivait à l'époque où ce pays fut entièrement subjugué par l'empereur Claude ; cependant trente années après , Pline ( Hist. nat. , v , 1 ) se plaint de ces auteurs trop paresseux pour faire des recherches sur celte province sauvage et éloignée , et trop orgueilleux pour avouer leur ignorance.

(2) Les hommes avaient à Rome la folie du bois de citronnier , comme les femmes celle des perles. Une table

DE l'empire romain. CHAP. LI. 2 85

et les côtes de rocéan pour y trouver le coquillage qui donne la pourpre , on s'avançait peu dans les parties méridionales. L'intrépide Akbali pénétra dans l'intérieur des terres ; il traversa le désert où ses successeurs ont élevé les brillantes capitales de Fez et de Maroc (i); et il arriva enfin au rivage de la mer Atlantique et a la frontière du grand désert. La rivière de Sus descend de la partie occidentale du mont Atlas , ainsi que le Nil; elle fertilise le sol des environs, et se jette dans la mer à peu de distance des îles Canaries ou îles Fortunées. Ses bords étaient habités

ronde de quatre ou cinq pieds de diamètre se vendait le prix d'un riche domaine ( Latefundii taxatione ) , liuit, dix ou douze mille livres sterling ( Pline , Hlst. nat. , xiii , 29 ). Je sais qu'on ne doit pas confondre le citrus avec l'arbre qui donne le fruit que les anciens appelaient le citruin ; mais je ne suis pas assez versé dans la botanique pour désigner le premie^i^ qui ressemble au cyprès des bois par son nom vulgaire ou par celui que lui donne Linné ; et je ne déciderai pas non plus si le citrum est l'orange ou le limon. Saumaise semble épuiser cette matière ; mais il s'embarrasse trop souvent dans les fils confus d'une érudition mal ordonnée. ( Plinian. Exerclt. , t. 11 , p. 666 , etc. )

(1) Léon l'Africain ,/b/. 16, verso ; Marmol ( 1. 11 , p. 28). Il est souvent question de cette province , le premier théâtre des exploits et de la grandeur des schérifs dans l'histoire curieuse de cette dynastie , qui se trouve à la fin du troisième volume de la Description de l'Afrique par Marmol. Le troisième volume des Recherches historiques sur les Maures , qu'on a publiées dernièrement à Paris , jette du jour sur l'histoire et la géographie des royaumes de Fez et de Maroc.

par les plus grossiers d'entre les Maures , sauvages sans lois , ni discipline, ni religion ; ils furent épouvantes de l'invincible force des Arabes ; et comme ils ne possédaient ni or ni argent , la partie la plus précieuse du butin que firent sur eux les musulmans consista en un certain nombre de belles esclaves , dont quelques-unes se vendirent jusqu'à mille pièces d'or. La vue de l'océan , bien qu'elle ne refroidît pas le zèle d'Akbali , le força cependant d'arrêter sa marche. Il poussa son cheval au milieu des flots de la mer , et levant ses yeux vers le ciel , il s'écria d'un ton fanatique : « Grand Dieu ! si je n'étais point arrêté par cette mer, j'irais jusqu'aux royaumes inconnus de l'occident, prêchant sur ma route l'unité de ton saint nom, et passant au fll de l'épée les nations rebelles qui adorent d'autres dieux que toi » (i ). Cependant ce nouvel Alexandre , qui soupirait après de nouveaux mondes, ne put g^arder les régions qu'il venait d'envahir. La défection générale de? Grecs et des Africains le rappela des rivages de l'Atlantique ; et environné de tous côtés par une multitude furieuse, il n'eut d'autre ressource que celle de mourir glorieusement. La dernière scène de sa vie offrit un bel exemple de la générosité si commune parmi les Arabes. Un chef ambitieux qui lui avait disputé le

(i) Otter(p. 1 ig) a donné toute l'énergie du fanatisme à cette exclamation que Cardonne (p. 37) a adoucie, et qui , sous sa plume , n'offre que le pieux dessein de prêcher le Koran. Cependant ils avaient l'un et l'autre le texte de Novairi sous les veux.

DE L'fAJPlKE ROMAIN. CHAP. LT. 287

commandement et qui avait échoué dans son entreprise, était conduit prisonnier dans le camp d'Akbah ; les insurgens , comptant sur son mécontentement et ses désirs de vengeance, avaient songea, le faire servir à leurs desseins ; mais il dédaigna leurs offres et révéla la conspiration. Lorsque Akbah se vit environné de toutes parts, il brisa les fers du captif et lui conseilla de se retirer; mais celui-ci déclara qu'il aimait mieux mourir sous le drapeau de son rival. Alors se tenant tous deux embrassés comme des amis et des martyrs , ils saisirent leurs cimeterres , en brisèrent les fourreaux, et combattirent jusqu'au moment où ils tombèrent enfin l'un à côté de l'autre , après avoir vu massacrer jusqu'au dernier de leurs compatriotes. Zobeir, qui fut le troisième général ou le troisième gouverneur de l'Afrique , vengea la mort de son prédécesseur et eut la même destinée. Il remporta plusieurs victoires sur les naturels du pays ; mais il fut accablé par une grande armée que Constantinople envoya au secours de Carthage.

Il arrivait souvent que les tribus des Maures se Fondatioa

, . . 1*1 • '^^ Cairoan.

réunissaient aux troupes des Arabes , prenaient part a. d. 670à leur butin, se soumettaient à leur religion; mais ' * dès qu'ils se retiraient ou essuyaient un échec , elles retournaient à leur sauvage indépendance et à leur idolâtrie. Akbah avait songé prudemment a établir^ une colonie d'Arabes au centre de l'Afrique ; il pensait qu'une ville fortifiée contiendrait la légèreté des Barbares , et serait un lieu de sûreté où , pendant la guerre, les Sarrasins pourraient mettre k

Page 1