V. Les Goths suivant leurs conquêtes du nord vers Espagne
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le midi, et les Sarrasins du midi vers le nord, se seins des rencontrèrent sur les confins de l'Europe et de l'Afri- ^e^pays. T que. Les derniers se croyaient autorisés à détester, ^-^^Q' à attaquer un peuple qui n'avait pas leur religion (i). Dès le règne d'Othman (2), leurs pirates avaient ravagé la côte d'Andalousie (3) ; ils se souvenaient toujours que les Goths avaient donné du secours à Carthage. Les rois d'Espagne possédaient alors , ainsi qu a présent , la forteresse de Ceuta , l'une des colonnes d'Hercule, qui n'est séparée que par un détroit de peu de largeur de l'autre colonne , qui est la pointe de l'Europe, il restait encore aux Arabes à conquérir
sur celle des Grecs ou des Romains. Il a commis un grand nombre d'erreurs grossières sur la première partie de l'histoire mahomélane,
(1) Amrou dit à un prince grec, au milieu d'une conférence , que leur religion n'était pas la même , et que cette raison autorisait les querelles entre des frères. ( Ockley , Hist. of the Saracens , vol. i , p. 828. )
(2) Abulféda , Annal, moslem. , p. 78 , vers. Reiske.
(3) Les Arabes donnent le nom d'Andalousie non-seulement à la province qui porte aujourd'hui ce nom , mais à toute la péninsule d'Espagne { Geograph. nuh. , p. i5i ; d'Herbelot , B'ib. orienUy p. 114, 1 15 ). Il paraît que ce nom ne vient pas de Vandalusia , paj'^s des Vandales, comme l'ont dit quelques auteurs ( d'Anville , États de V Europe , p. 1 4^ , 1 47 ■) etc. ). La véritable étymologie semble être celle de Casiri , qui observe que Handalusia signifie en arabe la région du soir , de l'Occident , et équivaut ainsi à VHes— peria des Grecs (^Bibl. Arahico'Hhpana ^ t. 11 , p. 827, etc).
'2o8 HISTOIRE DE LA DÉCADENCE
le petit canton de la Mauritanie ; mais Musa , qui dans l'orgueil de sa victoire avait attaqué Ceuta , fut repoussé par la vigilance et le courage du comte Julien , général des Goths. Il fut bientôt relevé de cette disgrâce et tiré de l'embarras où il se trouvait par un message inattendu du chef chrétien , qui offrait aux successeurs de Mahomet sa personne , son épée, la place qu'il commandait, et sollicitait le honteux honneur d'introduire les Arabes dans le cœur de l'Espagne (i). Si nous cherchons le motif de sa trahison , les historiens espagnols répètent , d'après un conte populaire, que sa fille Gava (2) avait été
(1) Mariana décrit la chute et le rétablissement de la monarchie des Goths (t. I, p. 238-260, 1. Yi, c. 19-26 ;1. vir, CI, 2). Le style de cet historien dans ce noble ouvrage {^Historia de rébus Hispani , lihri xxx, La Haye, 1733, 4 vol. in-folio y avec la continuation de Miniana) a presque le mérite et l'énergie des auteurs romains classiques; et depuis le douzième siècle on peut compter sur ses lumières et son jugement. Mais ce jésuite ne s'était pas affranchi des préjugés de son ordre; ainsi que Buchanan son rival, il adopte et embellit les légendes nationales les plus absurdes. Il néglige trop la critique et la chronologie, et supplée par sa brillante imagination aux lacunes des monumens historiques. Ces lacunes sont considérables et très-multipliées ; Roderic de Tolède, le premier des historiens espagnols, vivait cinq siècles après la conquête des Arabes ; et ce qu'on sait des temps antérieurs se trouve compris dans quelques lignes très-sèches des obscures Annales ou Chroniques d'Isidore de Badajoz ( Pacensis ) et d'Alphonse m , roi de Léon , que je n'ai trouvées que dans les Annales de Pagi.
(2) Le viol j dit Voltaire, est aussi difficile à faire qu'à
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séduite ou violée par son souverain, et que ce père sacrifia à la vengeance sa religion et son pays. Les passions des princes se sont montre'es souvent déréglées et dangereuses; mais ce conte si connu, et très-romanesque par lui-même , n'est d'ailleurs soutenu que par d'assez faibles preuves , et l'histoire d'Espagne peut offrir des motifs d'intérêt et de prudence plus capables de faire impression sur l'esprit d'un vieux politique (i). Après la mort ou la déposi- État de
, -ïT^T-. . -, ^>i . r r f , -, la niouarchie
tion de W itiza , ses deux rils avaient ete écartes du jes Goths. trône par l'ambition de Roderic, Goth d'une noble famille, et dont le père, duc ou gouverneur d'une province, avait été victime de la tyrannie du règne précédent. La monarchie était toujours élective ; mais les fils de Witiza, élevés sur les marches du trône, ne pouvaient supporter la condition privée à laquelle on venait de les réduire. Leur ressentiment, caché par la dissimulation des cours, n'était que plus dangereux. Leurs partisans étaient excités par le souvenir des faveurs qu'ils avaient reçues jadis , par
prouver. Des évéques se seraient- ils ligués pour une fille? {Hist. génér. ^ c. 26). Cet argument n'est pas logiquement d'une grande force.
(i) Il parait que dans Thistoire de Cava, Mariana ( 1. vi , c.i\ , p. i/^\ , 242 ) veut lutter contre le récit que fait Tite- Live de l'histoire de Lucrèce. A l'exemple des anciens , il cite rarement ses auteurs ; et le témoignage le plus ancien indiqué par Baronius {^AnnaL ecclés, ^ A. D. 7i5, n" 19) , celui de Lucas Tudensis , diacre gallicien du treizième siècle, qui dit seulement , Cava quam pro cotwubind utebatnr.