XXIX , XL
( I } Cùrn ipse adolescentulus in Galliâ viderim Attacottos ou Scotos ^ genlern britannicam humanis vesci carnibus ; et cùmper sylvas porcorutn grèges , et armentorum pecudumque Teperiant , paslorinn nates et feininarum papillas solere ab~ scindere ; et has solas ciborum dellcias arbitrari. Tel est le témoignage de saint Jérôme ( t. ii^ p. 76) , dont je ne trouve aucune raison de soupçonner la véracité.
province avaient été surpris et massacrés par les Barbares. Il y envoya et rappela presque aussitôt Sévère, comte des domestiques. Les représentations de Jovin ne servirent qu'à faire connaître à la cour de Trêves l'étendue du danger. Après de longues délibérations, Valentinien chargea le brave Théodose du soin de défendre, ou plutôt de recouvrer la Bretagne. Les historiens de ce siècle ont célébré avec une complaisance particulière , les exploits de ce général, qui fut la tige d'une suite d'empereurs; mais ces brillantes qualités méritaient leur éloge , et la nouvelle de sa nomination fut reçue de la province et de l'armée comme un présage heureux de la victoire. Il saisit un moment favorable pour s'embarquer, et aborda sans accident en Bretagne, suivi des nombreux vétérans qui composaient les bandes desHérules, des Batavês , des Joviens et des Vietors. Dans sa marche de Sandwich à Londres , Théodose défît plusieurs troupes de Barbares et rendit la liberté à une multitude de captifs ; et après avoir distribué une petite partie des dépouilles à ses soldats, il établit sa réputation de justice et de désintéressement en restituant le reste aux propriétaires légitimes. Les citoyens de Londres, qui commençaient a désespérer d'échapper aux Barbares, ouvrirent leurs portes, et dès que Théodose eut obtenu de la cour de Trêves le secours nécessaire d'un lieutenant et d'un gouverneur civil , il exécuta avec sagesse etvigueur l'entreprise difficile de délivrerla Bretagne. Les soldats errans furent rappelés à leurs dra-
DE L'F.3tPrRE r.03IAI^. €11 AP. XXV. 8!>
poanx; une amnistie ge'ne'rale dissipa leurs teneurs ; le gênerai, en donnant lui-même l'exemple, fit supporter plus gaiement la sévérité de la discipline militaire. Les troupes des Barbares parlage'es en différens corps , qui exerçaient leurs ravages sur terre et sur mer, ue lui permirent pas de remporter des victoires éclatantes; mais l'habile général déploya la supériorité ad. 368, de ses talens dans les opérations de deux campagnes consécutives, et délivra, par sa prudence et son activité, la province entière de ses barbares ennemis. Les soins paternels de Théodose relevèrent et raffermirent les fortifications et rendirent aux villes leur première splendeur; sa main vigoureuse repoussa les Calédoniens tremblans sur la pointe septentrionale de l'ilo , et perpétua le nom et la gloire du règne de Valentinien "par la formation d'une nouvelle province qu'il nomma Valenlie (i). Les poètes et les panégyristes ont pu ajouter, avec une apparence de vérité , que les régions inconnues de Tliulé furent teintes du sang des Barbares , que les vagues de l'océan Hyperboreen blanchirent sous les rames des galères romaines , et que les îles reculées des Orcades furent témoins de la victoire navale remportée par Théodose sur les pirates saxons (u). Il
(i) Ammicii a racoiilé d'une manière concise (xx, i ; xxvi , /) ; xxMi j 8 ; XXVIII , 3 ) toute riiistoire Uc la guerr« (le Brctaj^ne.
(a) Uoricscit raiibin impervia Thule.
lilc ucc faho nomirie PicCos
quitta la province avec une re'putation brillante et sans tache, et l'empereur Valentinlen, capable d'applaudir sans envie au mérite de ses sujets, re'compensa les services de Tliéodose en l'e'levant au grade de maître général delà cavalerie sur le Haut-Danube. Placé dans le poste important du Haut-Danube , le libérateur de la Bretagne arrêta et défit les armées des Allemands avant qu'on l'eût choisi pour apaiser la révolte de l'Afrique.
Tyrannie IJI. Lc prince oui rcfusc de punir ses ministres
«]e Roiuiitius. *
A.D.366,etc. coupablcs , passc pour leur complice dans l'esprit des peuples. Le comte Romanus avait exercé longtemps en Afrique le commandement militaire , et ses talens n'étaient point indignes de son emploi. Mais comme la plus sordide avarice déterminait toujours sa conduite , il agissait souvent comme s'il eût été l'ennemi de sa province, et le prbtecteur des Barbares du désert. Les trois villes florissantes d Oea, de Leptis et de Sabrata , qui formaient depuis
Edomuit , scotumqtte vago mucrone secutiis , Fregit hjrpcrboreas remis audacibiis undas.
Claud. , iu m consul. Honor. , v. 53 , etc. .... Maduerunt Saxone Juso Orcades : incaluit Pectoruin sanguine Thnle ; Scûtorum cumulus flevit glacialis lerne.
• In IV consul. Honor., vers. 3r , etc.
J oyez aussi Pacatus [in Panegyr. vet. , xii , 5 ) ; mais il «si tilfficile d'apprécier au juste la valeur réelle des métaphores de l'adula liou. Comparez les victoires de Bolanus {Statuts , Silv. , V , 2 ) avec son caractère. ( Tacit. , in vit. Agric. , c. i6.1
DE l'eMPIRF IlOMAllV. CHAI». XXV. 87
long te mps une confédération sous le nom de Tripoli ('),se trouvèrent pour la première fols force'es de fermer leurs portes pour se mettre à l'abri d'une invasion. Les sauvages de Gétulie surprirent et massacrèrent plusieurs de leurs plus honorables citoyens; ils pillèrent les villages et les faubourgs des villes , et arrachèrent par me'chanceté les vignes et les arbres fruitiers. Les habitans consterne's implorèrent le secours de Romanus ; n^iis ils e'prouvèrent que leur gouverneur n'était ni moins cruel ni moins avide que les Barbares. Avant de marcher contre les ennemis , Romanus exigea des Tripolitains quatre mille chameaux et une somme d'argent exorbitante , qu'ils étaient également hors d'état de fournir. Cette demande équivalait à un refus, et on pouvait le regarder justement comme l'auteur de la calamité publique. Dans l'assemblée suivante de leurs trois vjlles , qui avait lieu tous les ans, ils choisirent deux députés qu'ils chargèrent de porter à Valentinienle don annuel d'une victoire d'or massif, don offert par le devoir plutôt que par la reconnaissance; et qui devait être accompagné d'une humble complainte sur ce que ruinés par leurs ennemis, ils étalent encoie trahis par leur gouverneur. Si la sévérité de
(i) Aninnien cite souvent leur Concilium annuurn legiti— rnuin ; Leptis et Sabrata sont détruites depuis long-lemps ; mais la ville d'Oea , patrie d'Apulée , est encore florissante s.-ius le nom de Tripoli. {^Voyez Ccllarius, Geogr. antiq. , t. II , part. II , p, 8 i ; d'Anv. , Gêogr. anc. , t. m , p. 71 , 73 ; et Marmol , Afrique , 1. 11 , p. 562.)
88 li.'STOIRE DE LA DECADENCE
l'empereur eût e'te bien dirige'e, elle serait tombée sur la tête du coupable Romanus ; mais le comte , dès long-temps instruit dans l'art de corrompre, avait dept'cbé de son côte' un prompt et fidèle messager chargé de lui assurer la faveur vénale deRemigius, grand-maître des offices. Des artifices trompèrent la sagesse du conseil impérial , et des délais refroidirent la vertueuse indignation qu'avaient excitée les plaintes des Tripolitains. Une seconde incursion les ayant obliges de les renouveler, la cour de Trêves envoya Palladius examiner l'état de l'Afrique et la conduite de Romanus. La rigidité de Palladius ne fut pas difficile à désarmer. S'étant laissé séduire par le désir de s'approprier une partie du trésor qu'il avait apporté pour payer les tioupes , une fois criminel, il ne pouvait se refuser à reconnaître l'innocence et le mérite de Romanus. L'accusation des Tripolitains fut déclarée fausse et sans fondement; Palladius retourna de Trêves en Afrique avec une commission spéciale pour rechercher et punir les auteurs de cette conspiration sacrilège contre les représentans du souverain. Les informations se firent avec tant d'adresse et de succès, que les habitans de Leptis, qui venaient de soutenir i-n siège de huit jours, se dédirent et blâmèrent la conduite de leurs députés. L'aveugle cruauté de Valentinien se hâta de prononcer un arrêt sanguinaire. Le président du conseil de Tripoli , qui avait osé gémir sur les malheurs de la province , fut exécuté publiquement à fitiqu-' avec quatre des principaux citoyens.
T)E l'pmpitie romain, chap. XXV. 09
qui passaient pour les eompliees de celte prétendue imposture ; deux autres eurent la langue arraclie'e par ordre exprès de l'empereur; et Romanus, enorgueilli par l'impunité, irrité par la résistance , conserva son commandement militaire jusqu'au moment où les Africains, poussés à bout par ses vexations, entrèrent dans la révolte du More Fi r m us (i).
Son père Nabal était un des plus riches et des plus Ki volte de
. . 1 1 • 1 Firnins.
puissans princes mores qui reçussent la loi des Ro- a. d. 372. mains. Ses femmes et ses concubines lui avaient donné une postérité nombreuse , qui , après sa mort, se disputa sa riche succession ; et Zamma , l'un de ses fils, fut tué dans utie ({uerelle par son frère Firmus. Le zèle avec lequel Romanus poursuivit la vengeance de ce meurtre , ne peut guère s'attribuer qu'à (\c>i motifs davarice ou de haine personnelle ; mais pour celte fois il avait la justice de son côté; son inlluence était puissante , et Firmus comprit qu'il fallait ou porter sa tête au bourreau, ou appeler au peuple et à son épée de la sentence du consistoire impérial. Il fut reçu comme le libérateur de son pays (2). Dès que les Africains s'aperçurent que Ro-
i'i] Ammien , :xviii , 6. Tillemont ( Mise, des empereurs^ t. V, p. 25 , 676) a discuté les difficultt's clironologiques de l'histoire du comte Romanus.
(2) La chronologie d'Ammien est vague et obscure ; et Orose (l. VII , c. 33, p. 55 1 , éd. de Havercamp) semble j)lacer la révolte de Firmus après la mort de Valentinien et de Valens. Tiliemont [Hist. ries ct>/j)cr. , t. v , p. 6gi ). tra-
go HISTOIRE DE LA DÉCADENCE
maniis ne pouvait être redoutable qu'à une province soumise, ce tyran de l'Afrique devint l'objet du mépris ge'ne'ral. La ruine de Ce'sare'é , qui fut pillée et réduite en cendres par les Barbares indisciplinés que commandait Firmus , apprit aux autres villes qu'il était dang^ereux de lui résister. Son pouvoir était solidement établi , au moins dans les provinces de Nuniidie et de Mauritanie, et il semblait hésiter seulement s'il prendrait le diadème d'un roi more ou la pourpre d'un empereur romain. Mais les- imprudens et malheureux Africains s'aperçurent bientôt que dans cette révolte précipitée ils n'avaient pas assez consulté leurs forces et l'habileté de leur chef. Avant qu'il eût pu se procurer des nouvelles certaines de la nomination du g-énéral destiné par l'empereur d'Occident à marcher contre lui , et du rassemblement d'une flotte de vaisseaux de transports à Tem- ])Ouchure du Rhône , il apprit tout à coup que le ThéoJose grand Théodose , suivi d'un petit corps de vétérans ,
soumet l'A- •. i /-v i 'i / > it m -V i /-• •
f.iqu.-. avait deja débarque près d Igilg-ilis ou de Gigen , sur
.\.D. 373. j^ ^^jg d'Afrique, et le timide usuipa'eur se sentit écrasé sous l'ascendant de tant de vertu et de génie militaire. Quoiqu'il lui restât des troupes et des trésors , désespérant bientôt de la victoire, il eut recours aux artifices employés par le rusé Jugurtha dans le même pays et dans une situation semblable.
vaill»^ à retrouver son rhomin. C'est au pied si'ir et patient <le la mii!e des Al[>es , qu'il faut se fier dans les passages les plus glissaus et les plus escarpés.