‹ Histoire de la décadence et de la chute de l'empire romain (volume 3)Chapitre 9 sur 44 · l'empire d'Occident. Constans visita la Grande · texte numérisé non relu

l'empire d'Occident. Constans visita la Grande

Bretagne : mais nous pouvons juger de l'importance de ses exploits par le langage de son pane'gyriste , qui ne célèbre que son triomphe sur les élëmens , ou, en d'autres termes, le bonheur qu'il eut de passer sans peine et sans danger du port de Boulogne à celui de Sandwich (i). L'administration corrompue et sans vigueur des eunuques de Constans aggrava

bardes irlandais , des historiens écossais on les antiquaires bretons, Buchanan , Cambden , Usher , Stillingfleet , sont entièrement fabuleuses ; 3°. que trois des tribus irlandaises , citées par Ptolémée ( A. D. i5o) , sont d'extraction calédonienne ; 4". qu'une branche cadette des princes calédoniens de la maison de Fingal acquit et posséda la monarchie d'Irlande. D'après ces concessions , il ne reste de différence entre M. AVhitaker et ses adversaires, que sur des points obscurs peu importans. lu' Histoire originale qu'il produit d'un Fergus , cousin d'Ossian , qui fut transplanté (A. D. 320) d'Irlande en Calédonie , est bâtie sur une conjecture tirée des poésies erses , et sur lautorité suspecte de Richard de Cirencesler , moine du quatorzième siècle. IjO. vivacité d'esprit de cet ingénieux et savant antiquaire , lui a fait oublier la nature de la question qu'il discute avec tant de véhémence , et qu'il décide d'un ton si absolu.

(1) Hycnie tuinentes ac sœv.c nt.es undas calcastis oceani sub remis vcstris ;... insperalain imperatoris faciem Britannus ejrpavit. Julius Firmicus Maternus , de error. profan. r»eHg. , p. 464 , éd. Gronov. ad calcem Miiiuc. Fœl. ( T'oyez Tilleraont, Hist, des emper. , t. iv , p. 33().)

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les calamités d'une province accablée au dehors par la guerre et au dedans par la tyrannie. Les vertus de Julien ne la soulagèrent que passagèrement; son absence et sa mort enlevèrent bientôt à la Bretagne son bienfaiteur. L'avarice des commandans militaires retenait les sommes d'or et d'argent recueillies avec peine dans le pays, ou accordées par la libéralité de la cour pour le payement des soldats. On vendait publiquement les décharges ou du moins les exemptions du service militaire. La détresse des soldats indignement privés de la faible portion de subsistance que leur accordait la loi, les forçait à déserter en grand nombre. Tous les liens de la discipline étaient relâchés, et les grands chemins étaient infestés de voleurs (i). L'oppression des bons citoyens et l'impunité des scélérats contribuaient également à répandre dans l'île l'esprit de mécontentement et de révolte ; et tout sujet ambitieux , tout exilé sans ressource, aurait pu aisément se flatter de renverser le gouvernement faible et odieux de la Bretagne. Les tribus guerrières de la partie septentrionale ,qui délestaient l'orgueil et la puissance du roi du monde, suspendirent leurs dissensions particulières ; et les Barliiares des côtes et de l'intérieur, les Pietés, les Ecossais et les Saxons, inondèrent rapidement , avec une violence irrésistible , tout le pays depuis le mur d'Antonin jus([u"à la côte maritime de Kent. La liche

(i) Libannis , orat. parent. , c. Sg , p. 2^4. Ce passage curieux a échappe aux recherches de nos antiquaires bretons.

Si HISTOIRE DE LA DÉCADErS'CE

et fertile province de Bretagne (i) posse'dait abondamment tous les moyens de luxe et de jouissances que ces Barbares ne pouvaient se procurer ni par le commerce ni parleur propre industrie; et en déplorant la discorde e'ternelle des liumains, le philosophe sera, je crois, forcé de convenir que Tavidité du butin est un motif de guerre plus raisonnable que la vanité' de la conquête. Depuis le siècle de Constantin jusqu'à celui des Plantagenets, les Cale'doniens , pauvres et audacieux , se montrèrent sans cesse animés de l'amour du pillage; et le même peuple chez qui la généreuse humanité semblait avoir inspiré les chants ossianiques, se déshonorait par une ignorance sauvage des vertus pacifiques et des lois de la guerre. Les Pietés et les Écossais (2) ont troublé longtemps la tranquillité de leurs voisins méridionaux , qui ont peut-être exagéré leurs cruels ravages; et les Attacottes (3), une de leurs tribus guerrières ,

(i) Les Calédoniens admiraient et enviaient l'or , les chevaux , les flambeaux , etc. , de l'étranger. ( Voyez la Dissertation du docteur Blair sur Ossian , vol. 11 , p. 843 9 et ï Introduction de M. Macpherson , p. 242-286.)

(2) Lord Lyttleton a raconté dans le plus grand détail ( Hist. de Henri n , v. 1 , p. 182 ) , et sir David I>alryin])le {Annal, de V Ecosse , vol, i , p. 69 ) a cité légèrement une invasion des Ecossais , qui fut accompagnée d'actes de férocité ( A. D. I iSy), dans un siècle où les lois , la religion et la société devaient avoir adouci leurs mœurs primitives.

(3) Attacotti bellicosa ho t ni nu m nafio. (Ammien, xxvu , 8. ) Cambden (p. clij de son Introduction ) a rétabli le véritable nom dans le texte de saint Jérôme. Les bandes d'Alla-

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cPabord ennemis et ensuite soldats de Valentinien , sont accuse's, par un témoin oculaire, d'un goût de pre'ference pour la chair humaine. Quand ils cherchaient une proie dans les bois, ils attaquaient, dit-on , le berger plutôt que ses troupeaux ; et ils choisissaient les parties les plus charnues et les plus délicates des hommes et des femmes pour en faire leurs abominables repas (i). S'il a réellement existé une race d'anthropophages dans les environs de la ville commerçante et lettrée de Glascow , nous pouvons trouver dans l'histoire de l'Ecosse les deux extrêmes de la vie sauvage et de la société civilisée. Ces réflexions servent à étendre le cercle de nos idées , et à nous faire espérer que la Nouvelle-Zélande produira peut-être dans quelques siècles le Hume de l'hémisphère méridional.

Tous ceux qui pouvaient s'échapper en traversant Tlu-odose

^ ^ ^ . . délivre ia

le canal, apportaient à Valentinien les nouvelles les Gi.indt-Bre-

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plus tristes et les plus alarmantes. L empereur apprit a. d zo?. bientôt que les deux commandans militaires de cette ^'"'

colles que saint Jérôme avait vues dans la Gaule , furent placées depuis en Italie et dans l'illyrie. [Notiu'a, S. viii ,

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