‹ Histoire de la décadence et de la chute de l'empire romain (volume 3)Chapitre 24 sur 44 · DE L EMPIRE ROMAIN. CIIAP. XXVII. O^'J · texte numérisé non relu

DE L EMPIRE ROMAIN. CIIAP. XXVII. O^'J

se distinguaient de tous leurs contemporains f r) par l'union , rare alors , de reloquence profane et de îa pieté orthodoxe. Ces orateurs , qui ont elé compares, quelquefois par eux-mêmes , et quelquefois par le public, aux plus cc'lèbres des anciens Grecs, étaient liés par les nœuds de la plus étroile amitié; ils avaient suivi avec la même ardeur les mêmes études dans les écoles d'Athènes; ils s'étaient retirés ensemble , avec une dévotion égale , dans les déserts du Pont ; et les âmes puies de saint Basile et de saint Grégoire paraissaient également incapables de tout mouvement d'envie ou de jalousie ; mais l'exaltation de saint Basile sur le siège archiépiscopal de Césarée , découvrit au public, et peut-être au prélat lui-même, l'orgueil de son caractère; et saint Grégoire, dans la première faveur qu'il reçut de son ami, crut voir, non peut-être sans quelque raison, l'intention d'une cruelle insulte (aj. Au lieu d'em-

(i) A. moins que saint Grégoire de Nazianze ne se soit trompé lui-même de trente ans sur son âge , il doit être né, ainsi que son ami saint Basile, vers l'année Sap. On a adopte la chronologie absurde de Suidas, pour dissimuler le srandale qu'avait donné le père de saint Grégoire , qui , quoique saint lui-même , n'en a pas moins fait des enfans depuis son élévation au pontificat. (Tillemont, Mémoires ecclés. , t. ix , p. 693-697.)

(2) On trouve dans le poème de saint Grégoire , sur sa propre vie , quelques vers d'une grande beauté qui semblent partir du cœur , cl expriment foriement la douleur de l'amilié trahie :

"Koyti Kotvoi y^oyuy ,

'ltî8 HISTOIRE DE LA OÉCADEIS'CE

ployer les talens supérieurs de Grégoire dans un poste utile et brillant, l'orgueilleux Basile choisit dans le nombre de cinquante évêchés , dépendans de son vaste diocèse , le misérable village de Sasima (i), sans eaux, sans verdure, sans société, et placé à la jonction de trois grands chemins, qui n'y amenaient d'autres voyageurs que des rouliers grossiers et bruyans. Saint Grégoire se soumit, quoiqu'avec répugnance, à cet humiliant exil et fut ordonné évêque de Sasima ; mais il proleste solennellement qu'il ne consomma jamais son mariage spirituel avec cette désagréable épouse. Il consentit ensuite à gouverner l'église de Nazianze , sa

Nxf m £v uu(poiv

Atiirx.ièci'çcti TTctvrct , ippiTTTUi %t/.fixt ^ Avfui ÇiQHiri rccç '7ru>,uixç tXTricas,

On peut leur comparer la plainte qu'Hélénia adresse à Hermia , son amie, dans le Midsurnmer s dream (le Songe d'uue nuit d'été) :

Js ail the counsel that we two hâve shared The Sister's "vows , etc.

Shakespeare n'avait point lu les poèmes de saint Grégoire. 11 ne savait point le grecj mais sa langue maternelle , celle de la nature , est la même en Angleterre et en Cappadoce.

(i) Cette peinture si peu séduisante de Sasima nous a été tracée par saint Grégoire de Nazianze (t. ii , De vhâ sud , p. 718). On trouve dans l'Itinéraire d'Antonin ( p. 144, éd. Wesseljng) la position exacte de celte ville , à quarante-neuf milles d'Archelais , et à trente-deux de Tyane.

DF l'empire ROMATTV. CIIAP. XXVII, O.fiC)

ville natale (i), dont son père avait e'te' évêque durant plus de quarante-cinq ans ; mais il se sentait digne d'un autre théâtre et d'un autre auditoire; une ambition légitime le porta à accepter l'honorable invitation du parti orthodoxe de Constantinople. A son arrivée dans la capitale, un parent pieux etchariiable le reçut dans sa maison ; on consacra la chambre la plus vaste aux cérémonies de la religion, et on ciioislt le nom ^Ànastasie pour exprimer la résurrecîion de la foi de Nicée, Cette assemblée particulière se convertit dans la suite en une église magnifique ; et la crédulité du siècle suivant adopta sans peine les miracles et les visions qui attestaient la présence de la mère de Dieu , ou au moins sa protection ii). La chaire de l'Anastasie fut le théâtre des travaux et des triomphes de saint Grégoire, et, dans l'espace de deux ans , il éprouva toutes les révolutions spirituelles qui constituent les succès et les revers d'un missionnaire (3j. Les ariens, irrités de la hardiesse de

(i) Saint Grégoire a immortalisé le nom de Nazianze. Cejiendant Pline ( vi , 3), Ptolémée et Iliéroclès {Itinerar. , Wesseling , j). 709) citent la ville natale de saint Grégoire ^ous le nom grec on romain de Diocœsarca. ( Tillemont , Mém. ecclés. , tom. ix , p. 6y2.) Il paraît qu'elle était silnée sur les frontières de l'Isaurie,

(2) Voyez Dncange , Constant, chrlstiana , 1. iv , p. i/jt- 14.2. Le ^iiu, J"uvûtts/f de Sozomcnc ( 1. vu, c. 5 ) est interprété comme signifiant la Vierge Marie.

(3) Tillemont [Mém. ecclés. , t. ix , p. 432 , etc.) rassemble , commente et explique tous les passages oratoires el;

260 HTSTOir.F. DE LA DÉCADENCE

son entreprise, larcusèrent deprrcher trois divinite's égales et distinctes , et excitèrent le zèle de la populace à s'opposer , par des attroupemens et des violences , à l'assemble'e irre'gulière des he'rètiques atlianasiens. « Une troupe de niendiansqui avaient perdu tous leurs droits à la commisération , des moines qui ressemblaient à des boucs ou à des satyres , et des femmes plus violentes que des Jèsabels « sortirent pêle-mêle de la cathédrale de Sainte-Sophie. Ils enfonrèreiît les portes de IWnastasie, et armés de pierres , de bâtons et de tisons ardens , y firent beaucoup de dégâts qu'ils essayèrent même de porter encore plus loin. Un homme ayant perdu la vie dans cette bagarre , saint Grégoire appelé le lendemain devant le juge, eut la satisfaction de se regarder comme un confesseur du nom de Jésus-Christ. Débarrassé, dans la suite, de îa crainte des ennemis extérieurs , saint Grégoire de Nazianze eut le chagrin de voir son église naissante déshonorée par des dissensions. Un étranger, qui portait le nom de Maxime (1 ) et le manteau d'un philosophe cynique, s'insinua dans la confiance de saint Grégoire , abusa de l'opinion favorable qu'il lui avait inspirée, et par

poétiques de saint Grégoire , qui peuvent avoir quelque rapport à ce sujet.

(1) Il prononça un discours (t. i , orat. 28 , p. 409) à sît louange ; mais après leur querelle il substitua au nom de Maxime celui de Héron. ( Voyez saint Jérôme, t. i , dans le Catal, Script, eccles. , p. Soi.) Je passe légèrement sur ces débats personnels et obscurs.

DE l'empire ROMMN. CTIAV. XXVIl. 261

de sourdes pratiques avec quelcjuese'vêques d'Egypte , il tâcha, au moyen d'une ordination clandestine, de supplanter son protecteur , et d'obtenir le sie'ge e'piscopal de Constantinople. Ces mortifications pouvaientbien faire regretter quelquefois au missionnaire de Cappadoce sa solitude obscure et paisible; mais il oubliait ses peines en voyant augmenter tous les jours l'éclat de sa gloire et le nombre de sa congre'gation; il observait avec satisfaction que la plus grande partie de ceux qui composaient son nombreux auditoire, frappés de son éloquence (i), se retiraient convaincus de l'irrégularité de leurs pratiques et de leurs principes religieux (2).

Le baptême et l'écJit de Théodose remplirent d'une Ruine de

1 r> 1 11- 1 ^ • 1 larianisme à

neureuseconhance les catholiques de Constantinople, constantinoet ils attendirent avec impatience l'effet de ses favo- ^2 D. 380 râbles promesses. Leur espoir ne tarda point à se^^°°^'^ réaliser: dès que l'empereur eut terminé les opérations Je la campagne , il fit son entrée public|ue dans la capitale, à la tête de son armée victorieuse. Le lendemain de son arrivée, il manda Damophile , et

(i) Sous l'emblème modeste d'un songe , saint Grégoire ( t. II , chant 9 î P- 78 ) décrit , avec une comj)laisance un peu mondaine , les succès qu'il avait obtenus ; cependant ses conversations familières avec saint Jérôme , un de ses auditeurs (t. I , épît. à Népotien , p. 14) , donnent lieu de penser que le prédicateur savait apprécier les applaudissemensdu peuple à leur juste valeur.

(2) Lacrymœ audiioruni laudes tuœ sinf. C'est le conseil sage et expressif do saint Jérôme.

262 UrSTOlRE DE LA DÉCADENCE

oftrit ù cet evêque arien la dure alternative de souscrire à la foi de JVicee , ou de céder sur-le-champ à des eccle'siastiques orthodoxes son palais épiscopal , la cathédrale de Sainte-Sophie et toutes les églises de Constantinople. Le zèle de Damophile, qui, dans un pieux catholique, eût été justement applaudi, choisit sans hésiter lexil et la pauvreté (1) , et aussitôt après son départ on fit la cérémonie de la purification de la ville. Les ariens se plaignirent , avec quelque apparence de raison , de ce qu'une congrégation peu nombreuse s'emparait de cent églises qu'elle ne pouvait pas remplir, tandis que tout le reste des citoyens se trouvait privé de l'exercice public de son culte religieux. Théodose fut inexorable ; niais comme les anges qui protégeaient le parti des catholiques n'étaient visibles qu'aux yeux de la foi, il appuya prudemment ces légions célestes des secours efficaces du glaive temporel; et un corps nombreux de ses gardes occupa l'église de Sainte-Sophie. Si saint Grégoire était susceptible d'orgueil, il doit avoir éprouvé une satisfaction bien vive , lorsque l'empereur le conduisit en triomphe dans les rues, et le plaça respectueusement lui-même sur le trône archiépiscopal de la cathédrale de Constantinople.

! I ) SocraLe ( 1. v , c. 7 ) et Sozoïnène ( 1. vu , c. 5 ) rapportent la conduite et les réponses évangéliques de Damophile sans daigner y ajouter un seul mot d'approhiUion. Il considérait , dit Socrate , qu'il est difficile de résister à la puissance ; mais il était facile et il lui aurait été profitable de s'y soumettre.

DE l'empire romain. CHAP. XX VIT. 2^'^

Mais ce saint, qui n'était point encore dépouille de tontes les faiblesses de l'humanité, vit avec douleur que son entrée dans le sacré bercail ressemblait plus à celle d'un loup qu'à celle d'un pasteur; qu'il ne devait la sûreté de sa vie qu'à l'éclat des armes qui renvironnaicnt , et qu'il était personnellementl'objet des imprécations d'un parti nombreux de sectaires, qui , comme hommes et comme citoyens , ne pouvaient lui paraître méprisables. Les rues, les fenêtres, et jusqu'aux toits des maisons, étaient couverts d'une multitude des deux sexes et de tous les âges. On n'entendait de tous côtés que des cris d'étotmement , de fureur et de désespoir; enfin , saint Grégoire avoue de bonne foi qu'au jour mémorable de son installation , la capitale de l'Orient offrait le spectacle affreux d'une ville prise d'assaut par une armée de Barbares (i). Environ six semaines après. Théodose annonça la résolution d'expulser de toutes les églises de son royaume les évêques et les ecclésiastiques qui refuseraient de croire, ou du moins de professer la doctrine du concile de Nicée. Il chargea de celte commission Sapor , son lieutenant , qui , armé de tous les pouvoirs que pouvaient lui donner une loi générale et une commission spéciale , et suivi

(i) Voyez saint Grégoiie de Nazianze, t. ii ^ De vitd sua, p. 21 , 22. Pour l'édification de la postérité, le prélat raconte un étonnant prodige : au mois de novembre , le ciel était nébuleux dans la matinée ; mais le soleil perça les nuages , et le ciel s'éclaircit lorsque la procession entra dans l'église.

d'un corps de troupes nombreux (i), conduisit cette levolution ecclésiastique avec tant de sagesse et de mode'ration , que la religion de l'empereur, sans tumulte et sans effusion de sang, se trouva établie dans toutes les provinces de TOrient. Si on eût laisse subsister les écrits des ariens (2) , nous y trouverions sans doute la relation lamentable de la persécution de l'Eglise sous le règne de l'impie Tbéodose , et les souffrances de leurs saints confesseurs exciteraient peut-être la compassion de quelque lecteur impartial. Il y a cependant lieu de présumer que le défaut de résistance offrit peu d'exercice au zèle et à la vengeance, et que dans leur adversité les ariens déployèrent beaucoup moins de fermeté que le parti orthodoxe n'en avait montré sous les règnes de Constance et de Valens. C'est dans les mêmes passions sans doute , c'est de même dans les effets de l'esprit religieux qu'il faut chercher le principe de la conduite et du caractère moral des sectaires des deux partis; mais on peut découvrir, dans leurs opinions tliéologiques, une différence importante qui pouvait apporter quel(|ue inégalité dans les degrés de leur foi.

( 1 ) Théodoret est le seul des trois historiens ecclésiastiques qui cite (1. v , c. 2) cette importante commission de Sapor, que Tillemont ( H/'st. r/es ernper. , t. v, p. 728 ) déplace judicieusement du règne de Gratien pour le replacer sous celui de Théodose.

(2) Je ne compte point Philoslorgius , quoiqu'il cite l'expulsion de Damophile. Les ouvrages de cet historien eunoïuien oui été avec soin épurés par des éditeurs orthodoxes.

DE L'KMPri'.E l!03TÂm. CIIAl». XXVII. 265

Dans l'école et dans TÉglise , l'un et l'autre reconnaissaient et adoraient la majesté du Christ ; mais comme les hommes sont toujours disposés à supposer à la Divinité leurs sentimens et leurs passions, il devait paraître plus prudent et plus respectueux d'exagérer que de restreindre les perfections adorables du Fils de Dieu. Le disciple de saint Athanase fondait son orgueil sur une parfaite confiance d'avoir mérité la faveur divine, et celui d'Arius était peutêtre tourmenté par la crainte secrète de commettre une offense impardonnable , en retranchant ainsi sur les louanges et les honneurs dus au Juge et au Sauveur du monde. Les préceptes de l'arianisme pouvaient satisfaire une imagination froide et contemplative ; mais la doctrine du symbole de Nicée , empreinte d'une foi et d'une dévotion plus vives, devait obtenir la préférence dans un siècle de ferveur religieuse.

L'empereur, persuadé que l'assemblée du dérivé ^ Concile de

t^ r n o Coiistautino-

orthodoxe serait animée de l'esprit de sae^esse et de pie.

vente, convoqua dans sa capitale un synode, composé de cent cinquante prélats, qui complétèrent, sans ];eaucoup de difficulté et sans délai, le système théologique précédemment établi par le concile Se Nicée, Les disputes violentes du quatriètne siècle avaient eu principalement pour- objet la nature du Fils de Dieu ; et les différentes opinions adoptées relativement à la seconde persoime de la Trinité, s'étaient naturellement étendues par analogie à la

troisième (i). Cependant les adversaires victorieux (le l'arianisme jugèrent à propos d'expliquer le langage équivoque de quelques docteurs , de confirmer ]a foi des catholiques , et de condamner la doctrine peu goûte'e d'une secte de Macédoniens, qui, en admettant que le Fils était consubstantiel avec le Père, craignaient, s'ils poussaient plus loin la complaisance , qu'on ne les accusât d'avouer l'existence de trois Dieux. Une sentence finale et unanime établit la divinité du Saint-Esprit comme égale à celle des deux autres persormes. Cette doctrine mystérieuse a été reçue de toutes les nations chrétiennes et de toutes leurs Églises, et leur respectueuse reconnaissance a placé les évêques assemblés par Théodose au second rang des conciles généraux (2). Leur connaissance de la vérité religieuse peut s'être con-

(i) Le Clerc a donné {Bibl. univers., t. xviii , p.gi-ioS) un extrait fort curieux des sermons que saint Grégoire de Nazianze prêcha à Constantinopie contre les ariens , les eunomiens, les Macédoniens , etc. Il dit aux Macédoniens qui reconnaissaient la divinité du Père et du Fils , et rejelaient celle du Saint-Esprit , qu'on pouvait aussi bien les appeler trjlliéistes que dilliéistes. Saint Grégoire était lui-même un peu trithéiste , et sa monarchie du ciel ressemble fort à une aristocratie bien ordonnée.

(5) Le premier concile général de Constantinopie triomphe aujourd'hui dans le Vatican ; mais les papes ont hésité longtemps , et leurs doutes embarrassent et font presque chanceler l'humble Tillemont. [Méin. ecclés. , t. ix, p. 499, 5oo. )

DE l'eMIMUE ROMAriV. CHAP. XX VU. 267

servee par tradition, ou leur avoir été inspirée; mais la circonspection de l'histoire ne peut pas accorder un grand degré de confiance à l'autorité personnelle des cve({ues de Constantinople. Dans un siècle où les ecclésiastiques avaient renoncé scandaleusement à la pureté apostolique , les plus indignes , les plus corrompus étaient les plus assidus à suivre et à troubler les assemblées épiscopales. La fermentation et le conflit de tant d'intérêts opposés , de tant de caractères différens , enflammaient les passions des prélats , et leurs passions principales étaient l'amour de l'or et de la controverse. Parmi les évêques qui applaudissaient alors à la piété orthodoxe de Tiiéodose , il en était un grand nombre dont la prudence flexible avait changé plusieurs fois de symbole et d'opinion ; et dans les différentes révolutions de l'état et de lEglise, la religion du souverain servait toujours de règle à leur obséquieuse conscience. Dès que l'empereur cessait de faire agir son influence , le turbulent synode se livrait aux impulsions de la haine, du ressentiment et de la vengeance. Durant la tenue du concile de Constantinople, la mort de Mélèce offrit un moyen facile de terminer le schisme d'Antioche, en permettant à Paulin, son rival, fort âgé, d'occuper paisiblement jusqu'à sa mort le siège épiscopal. La foi et les vertus de Paulin étaient irrépiochables ; mais les Eglises de l'Occident avaient pris sa défense, et les évêques du synode résolurent de perpétuer la discorde par l'or-

dination précipitée d'un candidat parjure (i), plutôt cjue de de'rog^er à la dignité' qu'ils croyaient devoir attribuer à l'Orient, illustré par la naissance et par la mort de Je'sus-Christ. Des procéde's si irréguliers et si injustes furent désapprouvés par les plus sages du concile; ils se retirèrent, et la bruyante majorité qui resta maîtresse du champ de bataille, n'a pu être comparée par les contemporains qu'à un assemblage de guêpes ou de pies , à une volée de grues ou à une troupe d'oies (2).

Ketiaiiede. On Serait peut-être tenté de regarder cette pein-

sajiit Gre- ' o ■ i

goiiedeNa- ture dcs syuodcs ecclésiastiques comme l'ouvrage A. D iSi. partial de quelque païen rempli de malice , ou d un hérétique endurci; mais le nom de Thistorien véridique qui a transmis à la postérité cette leçon instructive , imposera silence aux murmures impuissans du

(1) Avant la mort de Mélèce , sept ou huit de ses ecclésiastiques les plus aimés du peuple , parmi lesquels était Fla- \ien , avaient renoncé avec serment , pour l'amour de la paix, à révêché d'Antioche. (Sozomène, 1. vu, c. 3 , 11; Socrate , 1. v , c. 5. ) Tillemont croit devoir rejeter cette histoire ; mais il avoue que plusieurs circonstances de la vie de Flavien paraissent peu dignes des louanges de saint Chrysostome et du caractère d'un saint.

(2) Consultez saint Grégoire de 'Nazianze (^De vitd sud , t. II, p. a5-28). On peut connaître , par ses vers et par sa ]>rose , son opinion générale et particulière du clergé et de ses assemblées ( t. i , orat. i , p. 33 , épît. 55 , p. 8 1 4 ; '• H » chant 10, p. 81 ). Tillemont ne parle qu'obscurément de ces passages que Le Clerc cite ouverlement.

DE l'emptrf, romatn. ohap. xxvif, 2C9 fanatisme et de la superstition. Il e'tait à la fois l'évêque le plus pieux et le plus éloquent de son siècle , le fle'au de l'arianisme et le pilier de la foi orthodoxe. L'Eglise le révère comme un saint , et comme un de ses docteurs. Il tint une place distinguée dans le concile de Conslantinople, où il fit les fonctions de président après la mort de Mélèce ; en un mot, c'est saint Grégoire de Nazianze. Le traitement injurieux qu'il éprouva lui-même (i) , loin de nuire à [authenticité de son témoignage , atteste l'esprit qui dirigeait les délibérations du concile. Tous les suffrages réunis avaient confirmé les droits que l'évêque de Constantinople tirait du choix du peuple et de l'approbation de l'empereur ; mais saint Grégoire devint bientôt la victime de l'envie et de la malveillance. Les évèques de l'Orient, ses adhérens les plus zélés, furent irrités de sa modération relativement aux affaires d'Antioche, et l'abandonnèrent a la faction des Égyptiens, qui disputaient la validité de son élection ; ils se fondaient sur une loi canonique tombée en désuétude, qui défendait à un prélat de passer d'un siège épiscopal dans un autre. Soit orgueil , soit humilité , saint Grégoire ne voulut

(1) Voyez saint Grégoire , t. 11 , De vitâ sud , p. 28 - 3i . Les quatorzième, vingt-septième et trente-deuxième discours, furent prononcés à différentes époques de ces divisions. La péroraison de la dernière (t. 1 , p. 5a8), dans laquelle il prend congé des hommes et des anges , de la ville et de l'eruj)ereur , de l'Orient et de l'Occident , etc. , est pathétique et presque sublime.

2']0 HISTOIRE DK LA «ÉCADEKCK

point soutenir une contestation dans laquelle sa fermeté aurait pu être imputée à l'ambition ou à l'amour des richesses ; il offrit publiquement , non sans quelque sentiment d'indignation, de quitter le gouvernement d'une Eglise restaurée et presque créée par ses travaux. Le concile accepta sa résignation , et l'empereur lui-menie y consentit avec plus de facilité que le prélat ne semblait le prévoir. Au moment où il pouvait espérer de jouir des fruits de sa victoire, le sénateur Nectarius prit possession de son archevêché; choisi presque par hasard, le nouvel archevêque n'avait guère d'autre recommandation qu'une grande facilité de caractère unie à une figure vénérable. On fut obligé de retarder la cérémonie de sa consécration pour lui administrer d'abord, en grande hâte, le sacrement de baptême (i). Après cette triste expérience de l'ingratitude des princes et des prélats, saint Grégoire de Nazianze rentra paisiblement dans sa retraite de Gappadoce , où il employa le reste de sa vie, environ huit ans, à des œuvres de poésie et de dévotion. On a décoré son nom du titre de saint : lasensibilité de son âme et l'élégance de son génie (2) le couronnent d'un plus doux éclat.

(i) Sozomène (l.vii,c. 8) atteste la bizarre ordination de Nectarius ; mais Tillemont observe (^Mém. ecclés., t. g , p. 71 g) : « qu'après tout , ce nari'é de Sozomène est si honteux pour tous ceux qu'il y mêle , et surtout pour Théodose, qu'il vaut mieux travailler à le détruire qu'à le soutenir. » Admirable règle de critique !

(2) On supposera bien , sans que j'en avertisse , qu'en fai-

DE LEMPIRF. ROMAI?^. CHAP. XXVff. 2-f

Théodose ne se contenta point d'ane'antir la puis- r.iits fiance insolente des ariens et de venger les injures ,,,^n,r,'/i"s L°é^tiue le zèle de Constance et de Valens avait faitsouf- 't'"'"' V. i'rir aux catholiques. Cet empereur orthodoxe regar- 394. dait les hérétiques comme également rebelles aux puissances du ciel et à celles de la terre , et supposait ainsi ces deux puissances autorisées à exercer leur juridiction respective sur Tâme et sur le corps des coupables. Les décrets du concile de Constantinople avaient fixé les préceptes de la foi , et les ecclésiastiques qui dirigeaient la conscience de Théodose , lui suggérèrent des moyens de persécution efficace. Dans l'espace de quinze années , il publia au moins quinze édits rigoureux contre les hérétiques (i), et principalement contre ceux qui rejetaient la doctrine de la Trinité. Pour leur ôter toute ressource et tout espoir, l'empereur déclara que si on alléguait en leur faveur quelque édit ou quelque mandat, il voulait que les juges les regardassent comme illégaux , obtenus par fraude ou contrefaits. Il détailla les différentes punitions destinées aux ministres , aux assemblées et aux personnes des

sant l'éloge de son cœur et de sa sensibilité , je veux parler de son caractère naturel , lorsqu'il n'était ni endurci ni enflammé par le zèle religieux. Il exhorte , du fond de sa retraite , Neclarius à persécuter les hérétiques de Constanlinople.

(l) l'oyez le Code de Théodose , 1. xvi , tit. 5 , leg. 6-23 ; i<?s Comine/itaires de Godefroy sur chaque loi , et son Sommaire général ou Paraùtlon , t. vi , p. lo4 , 110.

272 nrsToiRK DE r,4 décadence

l)éretiques, et le législateur annonça sa colère parla violence de ses expressions. 1°. Les prédicateurs hérétiques qui usurpaient audacieusenient le titre d'évêques ou de prêtres, étaient non -seulement privée des privilèges et des émolumens accordés avec tant de libéralité au clergé orthodoxe , mais ils encouraient les peines d'exil et de confiscation , s'ils se hasardaient à prêcher la doctrine ou à pratiquer les cérémonies de leurs sectes maudites. Celui qui recevait, conférait ou même facilitait une ordination hérétique, devait payer une amende de dix livres d'or, environ quatre cents livres sterling. On pouvait raisonnablement espérer que quand il n'y aurait plus de pasteurs, les troupeaux, sans défense, sans instruction et sans culte , rentreraient d eux-mêmes dans le bercail de l'Eglise. 2*^. On étendit avec soin la prohibition des conventicules à toutes les occasions possibles dans lesquelles les hérétiques pour* raient tenter de se réuniravec l'intention de célébrer le culte de Dieu ou du Christ selon les prmcipes de leur foi et de leur conscience. Leurs assemblées religieuses publiques ou secrètes , de jour ou de nuit , dans les villes ou dans les campagnes, furent également proscrites par les édits de Théodose; et le bâtiment ou le terrain qui avait servi à cet usage criminel, était confisqué au profit du domaine impérial. 3°. On supposait que l'erreur des hérétiques ne pouvait venir que d'une obstination qui méritait la punition la plus sévère. On fortifia Tanathème de l'Eglise d'une espèce d'excommunication civile qui les

DE l'empire romain, chap. XXVII. 273 séparait de leurs concitoyens par une tache d'infamie particulière; et cette marque iraprimëesur eux par le suprême magistrat de l'empire, tendait à encourager ou au moins à excuser les insultes d'une populace fanatique. Les sectaires furent successivement exclus de tout emploi honorable ou lucratif; et The'odose crut faire un acte de justice , quand il ordonna que les eunomiens , par la raison qu'ils distinguaient la nature du Père de celle du Fils , seraient prives du droit de tester et de recevoir aucun don testamentaire. L'hérésie des manichéens parut si criminelle, que la mort du coupable pouvait seule l'expier; on condamna aussi à une peine capitale les audiens ou quartodecimans (1), dont l'horrible impiété allait jusqu'à déplacer la fête de Pâques, pour la célébrer à une époque différente. Tout Romain avait le droit de se porter publiquement pour accusateur; mais l'office d'inquisiteur de la foi , dont le nom est si justement abhorré , prit naissance sous le règne de Théodose. Cependant nous croyons pouvoir assurer que ces lois pénales furent rarement exécutées à la rigueur , et que le pieux monarque

(i) Ils célébraient la fête de Pâques comme les Juifs, le quatorzième jour de la première lune après l'cquinoxe du printemps , et s'opposaient ainsi obstinément à l'Eglise romaine , qui fixait , ainsi que le synode de Nicée , la fête de Pâques sur un dimanche. {^Antiq. de Bingham , 1. xx , c. 5 , vol. II, p. Bog, édit. in-fol.)

in[^ HISTOIRE DE LA DECADENCE

avait moins le dessein de punir que de corriger ou d'effrayer des sujets opiniâtres (i).

Exécntion La théorie de la persécution fut établie par Théoet^de"esasrj^ dosc , dont les sainfs de l'Église ont loué la justice "a! D. 385. 6t la piété; mais il était réservé à Maxime , son collègue et son rival , d'en exercer la pratique dans toute son étendue , et d'être le premier des empereurs chrétiens qui versèrent , pour des opinions religieuses, le sang de leurs sujets chrétiens. On transféra , par appel du synode de Bordeaux au consistoire impérial de Trêves , la cause des priscillianistes (2) , nouvelle secte d'hérétiques qui troublaient la tranquillité des provinces de l'Espagne. La sentence du préfet du prétoire condamna sept personnes à la torture et à la mort. On exécuta d'abord Priscillien (3) , évêque d'Avila en Espa-

(r) Sozomène , 1. vu , c. 12.

(2) Foyez VHist. Sacrée de Sulpice-Sévère (I. 11 , p. 437- 453, éd. Lugd. Bat. 1647 ) ' auteur exact et original ; Crédibililé de la Religion chrétienne , par le docteur Lardner (part. II, vol. IX, p. 25G-35o ). Il a traité cet article avec érudition , jugement et modération. Tillemont [Mém. ec— clés. , t. VIII , p. 49i"527 ) a rassemblé en un monceau tout le fumier des Pères ; excellent balayeur !

(3) Sulpice parle de l'archi-hérélique avec estime et compassion : Félix profectb , si non pravo studio corrupisset optimum ingenium ! Prorsùs multa in eo animiet corporis hona ccrneres. (Hist. Sacra, 1. 11 , p. 439-) Saint Jérôme luimême (t. 1 , in Script, cccles. , p. 3o2 ) parle avec modéralion de Priscillien et de I-atronicn.

r>E l'empire romain. CHAP. XXVII. 2'j5

gne (i), également distingué par sa naissance et par sa fortune, par son éloquence et par son érudition. Deux prêtres et deux diacres accompagnèrent leur maître chéri au supplice, qu'ils regardaient comme un martyre glorieux. Cette scène sanglante finit par le supplice de Latronien, poète célèbre , dont la réputation rivalisait avec celle des anciens , et par celui d'Euchrocia , noble matrone de Bordeaux et veuve de l'orateur Delphidius (9.). Deux évéques qui avalent adopté les opinions de Priscillien, furent condamnés au plus triste exil dans des terres éloignées (3). On montra quelque indulgence pour des coupables moins illustres et qui l'avaient méritée par un prompt repentir. Si l'on pouvait ajouter foi aux aveux arrachés par la terreur et par les tourniens , aux accusations vagues de la calomnie adoptées parla crédulité , on demeurerait convaincu que l'hérésie des priscillianistes réunissait toutes les abominations de la magie , de la débauche et de l'impiété ('4). Pris-

( 1 ^ Cet évéché de la Vieille-Castille vaut annuellement au prélat vingt mille ducals, ( Géographie de Busching , v , 2 , p. 3o8. ) Il n'est pas vraisemblable , daprès cela , qu'il produise un nouvel hérésiarque.

[1) Erprobabatur miilieri vidaœ nimia religio , et diligentius culta divinitas. (Paca tus , in Pancgyr. 7)ei. , 12 , 9.9.) Telle était l'idée d'un polythéiste humain , quoique ignorant.

(3) L'un d'eux fut envoyé in Syllinam insidam quœ ultra Britanniam est. Quel doit avoir été autrefois l'état des rochers de Scyjli! [Bretagne de Cambden , vol, 11 , p. 1519.)

(4) Le» scandaleuses calomnies de saint Augustin, du pape Léon , etc. , que Tilleraont adopte docilement , et que Lard-

cillien , qui avait courule monde accompagné de ses sœurs spirituelles , fut accusé de prêcher entièrement nu au milieu de sa congrégation ; et d'autres ajoutaient qu'il avait détruit , par des moyens odieux et punissables, les fruits de son commerce criminel avec la fille d'Euchrocia. Mais un examen approfondi, ou plutôt impartial , prouvera que , si les prescillianistes violèrent les lois de la nature, ce ne fut pas par la licence , mais par l'austérité de leur vie. Ils condamnaient absolument l'intimité du lit nuptial , et il en résultait des séparations indiscrètes qui troublaient la paix des familles. Ils ordonnaient ou recommandaient l'abstinence totale de la chair des animaux , et leurs prières continuelles, leurs jeûnes et leurs vigiles composaient une règle de dévotion pure et sévère. Ils avaient puisé dans le système desgnostiques et des manichéens leurs opinionsrelatlvementà la personne du Fils de Dieu et à la nature de l'àme. Celte vaine philosophie , transportée d'Egypte en Espagne , ne convenait guère aux esprits des Occidentaux, moins subtils que ceux de l'Orient. Les disciples obscurs de PrlsclUien souftVuent , languirent et disparurent insensiblement. Le peuple et le clergé rejetèrent ses préceptes ; mais sa mort entraîna une longue et violente controverse. Les uns applaudissaient à l'équité de sa sentence , et les autres la regardaient comme une injustice tyrannlque. C'est avec plaisir

ner réfuie avec force, font naître des soupçons en faveur des anciens gnosliques.

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que nous remarquerons l'humanité, peut-être peu conséquente, de saint Ambroise, évêque de Milan (i), et de saint Martin ,évèque de Tours (2), deux saints des plus illustres de l'Eglise , qui en cette occasion défendirent la cause de la tolérance. Ils eurent pitié des malheureux exécutés à Trêves, et refusèrent toute relation avec les évêques qui les avaient condamnés. Si saint Martin s'écarta ensuite de cette résolution généreuse, ses motifs étaient louables et sa pénitence fut exemplaire. Les évêques de Tours et de Milan prononçaient sans hésiter la damnation éternelle des hérétiques ; mais le spectacle sanglant de leur mort temporelle faisait horreur à ces respectables prélats ; les préceptes de la théologie n'effaçaient pas de leur âme les sentimens delà nature , et l'irrégularité scandaleuse des procédures faites contre Priscillien et ses adhérens échauffa encore leur humanité. Les ministres civils et ecclésiastiques avaient exercé leur autorité hors des limites de leur juridiction. Le juge séculier reçut un appel et prononça une sentence définitive, qui, en matière de foi, appartient a la justice ecclésiastique (3) , et les

(i) Saint Ambroise , t. n , épit 24 > P- 891.

(a) Dans V Histoire Sacrée et la Vie de saint Martin , Sulpice-Sévère est fort circonspect ; mais il s'exprime avec plus de liberté dans les Dialogues ( m, i 5). Cependant saint Martin fut vigoiii'eusement tancé par un ange et par le cri de sa propre conscience , et trouva depuis beaucoup moins de facilité à faire des miracles.

(3) Sulpice-Sévère, prêtre catholique (1. n , p. //48) et

I'j8 HISTOIRE DE LA. DECADENCE

évêques se deshonorèrent en se portant pour accusateurs dans une poursuite criminelle. La cruauté d'Ithacius, qui sollicita la mort des he'rétiques et fut témoin de leurs tortures, enflamma le public d'indig^nation , et les vices de cet évêque corrompu servirent de preuve à la bassesse de ses motifs. Depuis \a mort de Priscillien, l'exercice de la persécution a pris une forme plus régulière dans le Saint- Office , qui distribue aux justices ecclésiastique et séculière leurs différentes fonctions. Le prêtre livre sa victime au magistrat , le magistrat la remet à l'exécuteur , et la sentence inexorable de lÉglise , qui atteste le crime spirituel du coupable , est énoncée en termes qui semblent n'exprimer que la pitié et l'intercession.

Saint Am- Parmi les ecclésiastiques qui ont illustré le rèffne

hroise , eve- *^ * "

quedeMiian. de Tliéodosc , saiut Grégoire de Nazianze se distin- 397' ' ' gua par ses talens pour la chaire: le don des miracles ajouta, dans l'opinion des hommes, un grand éclat aux vertus monastiques de saint JMartin de Tours (i) ; mais la vigueur et ihabilelé de l'intrépide saint Ambroise lui obtinrent , à juste titre, le premier rang

Pacatus, orateur païen [Paneg. vet. , xii, 2p) , condamnent avec une égale indignation 1« caractère et la conduite d'Ithacius.

(i) ^,a Vie de saint Martin et les Dialogues relatifs à ses miracles contiennent des faits qui respirent la plus grossière ignorance , dans un style qui n'est point indigne du siècle d'Auguste. L'alliance du bon sens et du bon goût est si naturelle, que ce contraste nie surprend toujours.

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