‹ Histoire de la décadence et de la chute de l'empire romain (volume 3)Chapitre 25 sur 44 · DE L EMPIRE ROMAIN. CHAP. XXVII · texte numérisé non relu

DE L EMPIRE ROMAIN. CHAP. XXVII

parmi les évêques (i). Il descendait d'une noble famille romaine : son père avait occupé le poste distingué de préfet du prétoire de la Gaule ; le fils , après avoir reçu une éducation brillante, parvint, par les gradations ordinaires des honneurs civils , au rang de consulaire de la Ligurie , dans laquelle se trouvait enclavée la résidence de Milan. S. Ambroise, âgé de trente-quatre ans , n'avait pomt encore reçu le sacrement du baptême, lorsqu'à sa grande surprise et à celle du public , de gouverneur d'une province, il se trouva transformé en archevêque. Sans cabale et sans intrigue , à ce que l'histoire rapporte, le public le nomma d'une voix unanime à l'épiscopat. L'accord et la persévérance des acclamations passa pour une impulsion surnaturelle , et le magistrat fut contraint , malgré sa répugnance , d'accepter des fonctions spirituelles auxquelles les habitudes et les occupations de sa vie passée le rendaient tout-àfait étranger; mais la vigoureuse activité de son génie le rendit bientôt propre à exercer, avec zèle et prudence , les devoirs de la juridiction ecclésiastique; en même temps qu'il renonçait avec joie aux brillantes et vaines décorations de la grandeur temporelle, il daignait, pour l'avantage de l'Église , diriger

(i) La Vie abrégée et superficielle de saint Ambroise , par son diacre Paulin ( Appendlx à l'édit. des Bénédictins , p. i - 1 5) , a le mérite d'être une autorité originale. Tillemon t (i?/e>w. ecclés. ,t. X, p. 78-306, et les édit. bénédict. ,p. 3i-63) ont apporté leurs soins ordinaires dans les recliercbes qu'ils ont faites à cet égard.

aSo HISTOIRE DE LA DÉCADENCE

la conscience des empereurs , et surveiller l'adminisfration de l'empire. Gratien l'aimait et le re've'rait comme son père, et ce fut pour l'instruction de ce jeune prince que saint Ambroise composa avec tant de soin son Traité sur la foi de la Trinité. Après sa mort tragrique, et au moment où Timpératrice Justine tremblait pour sa propre sûreté et pour celle de son fils Valentiîiien , elle chargea l'archevêque de Milan de deux ambassades successives à la cour de Trêves. Il déploya une intelligence et une fermeté égales dans ses fonctions politiques et ecclésiastiques, et contribua peut-être, par son éloquence et par son autorité , à suspendre les desseins ambitieux de Maxime , et à conserver la paix de l'Italie (i). Saint Ambroise avait dévoué sa vie et ses talens au service de l'Église, Plein de mépris pour les richesses, il avait abandonné son patrimoine particulier, et il vendit sans hésiter l'argenterie sacrée pour le rachat des captifs. Le peuple et le clergé de Milan chérissaient leur archevêque , qui jouissait de l'estime de ses faibles souverains sans solliciter leur faveur et sans redouter leur disgrâce.

Succès de Le gouvernement de l'Italie et la tutelle du jeune

sa résistance . > , iill i^l • ti-

contre Fim pruicc echureiit naturellement a laprmcesse Justme ,

pej'atiiceJus- g^ mère, également distinguée par son courage et

A. D. 385, p^p g^ beauté , mais qui , au miheu d'un peuple ortho-

3 avril. r ■> i ' i i ^

10 avril, doxc , suivait malheureusement la doctrine hérétique

(i) Saint Ambroise lui-mcine( t. ii , cpist. 24 , p. 888-891). fait à l'empereur un récit très-animé de son ambassade.

DE l'empire romain, chap. XXVII. 281 d'Arius qu'elle tâchait d'inculquer à son fils. Justine, persuadée qu'un empereur romain avait le droit d'obtenir dans ses propres états l'exercice public de sa religion, crut faire à saint Ambroise une proposition raisonnable et mode're'e en lui demandant la jouissance d'une seule e'glise , soit dans la ville , soit dans les faubourgs de Milan ; mais le pieux archevêque se conduisait par des principes diffe'rens (1). Il reconnaissait que les palais de la terre appartiennent au souverain ; mais il considérait les églises connue le sanctuaire de Dieu, dont il pre'tendait , comme successeur des apôtres , être le seul ministre dans toute l'étendue de son diocèse. Les vrais croyans devaient jouir exclusivement des privilèges temporels aussi-bien que spirituels du christianisme, et le prélat regardait ses opinions thcologiques comme la règle essentielle et invariable de Torthodoxie et de la vérité. Il refusa toute conférence ou négociation avec les disciples de Satan, et déclara, avec une fermeté modeste , qu'il souffrirait pluîôl le martyre que de consentira un sacrilège. Justine , offensée d'un refus qu'elle regardait comme un acte d'insolence et de rébellion , résolut imprudemment d'avoir recours à l'autorité impériale. Elle manda l'arche-

(1) Le tableau qu'il fait lui-même de ses principes et de sa conduite (t. 11, epist. 20 , 21 , 22 , p. S5ô-88o) est un des plus curieux monumens de l'antiquité ecclésiastique : on y trouve deux lettres adressées à sa sœur Marcellina , une requête à Yalentinien , et le sermon de basilicLs non tra^ dendis.

vêque dans son conseil quelques jours avant la fête tle Pâques, pendant laquelle elle désirait faire publiquement ses de'votions. Saint Ambroise obéit avec tout le respect d'un sujet fidèle ; mais le peuple l'avait suivi sans son aveu , et se pressait impétueusement autour des portes du palais. La frayeur saisit les ministres de Valentinien ; au lieu d'une sentence d'exil contre l'archevêque, ils le supplièrent d'interposer son autorité pour protéger le souverain et rendre la tranquillité a la capitale. Mais les promesses que l'on fît à saint Ambroise , et qu'il communiqua aux citoyens , furent bientôt violées par une cour perfide, et tous les désordres du fanatisme régnèrent dans la capitale durant les six jours solennels que la piété chrétienne a destinés aux cérémonies de la dévotion. Les oflGciers du palais préparèrent d'abord la basilique Porcienne, et ensuite la nouvelle basilique^ pour la réception de Tempereur et de la princesse sa mère , et V arrangèrent , à la manière accoutumée , le dais brillant et tous les ornemens du trône impérial ; mais il fallut les faire accompagner d'une forte garde militaire , pour éviter les insultes de la populace. Les ecclésiastiques ariens qui hasardaient de paraître dans les rues couraient risque de la vie , et saint Ambroise eut le mérite et la gloire de sauver ses ennemis personnels des mains d'une multitude en fureur. Mais tandis qu'il tâchait de s'opposer à ces effets du zèle religieux , la véhémence pathétique de ses sermons continuait à enflammer les dispositions violentes et séditieuses du peuple de Milan. Il appliquait

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indécemment à la cause de l'empereur des comparaisons tirées du caractère d'Eve, delà femme de Job, de Jesabel et d'Hcrodias; et il assimilait la demande d'une église pour les ariens aux plus cruelles persécutions que les chre'tiens eussent endurées sous le règne du paganisme. Les mesures de la cour ne servirent qu'à faire connaître toute l'étendue du mal. On imposa une amende de deux cents livres d'or sur les communautés des marchands et des manufacturiers ; on ordonna, au nom de l'empereur, à tous les officiers et aux suppôts inférieurs de la justice , de rester renfermés dans leurs maisons] usqu'à la fin des troubles de la capitale; et les ministres de Valentinien eurent l'imprudence d'avouer publiquement que les citoyens les plus respectables de Milan étaient attachés au parti de l'archevêque. On le sollicita une seconde fois de rendre la paix à son pays , en se soumettant , tandis qu'il le pouvait encore , aux volontés de son souverain : saint Ambroise fit sa réponse en termes humbles et respectueux , mais qu'on pouvait regarder comme une déclaration de guerre civile. Elle portait : « Que l'empereur pouvait disposer de son sort et de sa vie ; mais qu'il ne trahirait jamais l'Église de Jésus-Christ; qu'il ne dégraderait point la dignité du caractère épiscopal ; que , pour cette cause , il était prct à souffrir tous les supplices que la malice du démon pourrait accumulersur lui , et qu'il ne desirait (jue de mourir en présence de son fidèle troupeau et sur les marches des autels; qu'il n'avait pas contribué à exciter la fureur du peuple , mais

que Dieu seul pouvait l'apaiser. II priait l'Être suprême de de'tourner les scènes de sang et de confusion (jui paraissaient près de commencer , et de ne pas le laisser survivre à la destruction d'une ville florissante , qui entraînerait peut-être la désolation de toute l'Italie (i). » L'opiniâtre bigotterie de Justine aurait hasarde l'empire de son fils, si, dans cette contestation avec l'Eglise et le peuple de Milan, elle avait pu compter sur l'obéissance active des troupes du palais. Un corps considérable de Goths s'e'taitmis en marche pour s'emparer de la basilique qui faisait l'objet de la dispute ,et on pouvait présumer que des étrangers mercenaires, qui réunissaient des mœurs barbares et des principes ariens, exécuteraient sans scrupule les ordres les plus sanguinaires. L'archevêque les attendait à la porte de l'église, et, fulminant contre eux une sentence d'excommunication , il leur demanda , du ton d'un père et d'un maître , si c'était pour envahir la maison de Dieu qu'ils avaient imploré des Romains asile et protection. Les Barbares s'arrêtèrent incertains ; un délai de quelques heures fut employé à des négociations

(i) Le cardinal de Relz reçut de la reine un message semblable. Elle le priait d'apaiser les troubles de Paris ; il répondit qu'il n'en était plus le maître ; « à quoi j'ajoutai tout ce que vous pouvez imaginer de respect, de douleur, de regret et de soumission. » {^Méin. , t. i , p. 140.) Je ne prétends sûrement pas comparer ni les temps ni les hommes ; cependant le coadjuteur (p. 84 ) semble avoir eu en quelque s.orte l'idée d'imiter saint Ambroise.

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plus efficaces; et, dans cet intervalle, les plus sages conseillers de l'impe'ratrice la de'terminèrenta laisser aux catholiques de Milan la paisible possession de toutes leurs e'glises , et à dissimuler ses projets de vengeance en attendant des circonstances plus favorables. La mère de Valentinien ne pardonna jamais ce triomphe à saint Ambroise; et le jeune empereur se plaignit, en termes violens , de la lâcheté de ses serviteurs, qui lui faisait subirle joug honteux d'un prêtre insolent.

Les lois de l'empire , dont quelques-unes étaient souscrites par Valentinien , condamnaient l'hérésie arienne , et semblaient excuser la résistance des catholiques : à la sollicitation de Justine, on publia un édit de tolérance dans toutes les provinces qui dépendaient de la cour de Milan; ceux qui suivaient la foi du concile de Rimini obtinrent l'exercice public de leur religion ( i), et l'empereur déclara que tous ceux qui enfreindraient ce règlement salutaire seraient punis de mort, comme perturbateurs du repos public. D'après le caractère de larchevêque de Milan et la liberté de ses expressions, on peut soupçonner que sa conduite ne tarda pas à fournir aux ministres ariens, qui l'épiaient, un motif réel ou un prétexte spécieux de l'accuser de désobéissance à une loi qu'il a étrangement représentt'e comme une loi de sang et une tyrannie. Le conseil

(i) Sozomène(l. \u, c. i3) a jeté ce fait lumineux au milieu d'un récit obscur et embarrassé.

iSG HISTOIRE DE LA DECADENCE

de Valentlnien prononça contre saint Ambroise une sentence d'exil également honorable et modëre'e , qui, en lui enjoignant de quitter sans délai la ville de Milan, lui permettait de choisir le lieu de sa retraite, et de re'gler le nombre de ses compagnons; mais le danger de l'Eglise fît oublier au prélat les maximes des saints qui ont prêché et pratiqué l'obéissance passive au souverain; il refusa hardiment d'obéir, et son peuple fidèle applaudit unanimement à son refus (j). Les citoyens gardèrent tour à toui' leur archevêque; ils barricadèrent fortement les portes de la cathédrale et du palais épiscopal ; et les troupes impériales, qui bloquaient cette forteresse imprenable , n'osèrent en risquer l'attaque. La multitude de pauvres que fliisait subsister la libéralité de saint Ambroise, saisit avec ardeur une si belle occasion de signaler son zèle et sa reconnaissance ; et pour que la patience de ses partisans ne s'épuisât pas par la longueur et la monotonie des vigiles, il introduisit dans l'Église de Milan l'usage de psalmodier régulièrement et à haute voix. Tandis que l'archevêque soutenait ce dangereux combat, un songe l'avertit de faire creuser la terre dans l'endroit où l'on avait enterré depuis pins de tiois siècles les restes des deux martyrs saint Gervais et saint Pro-

( I ) E.rcubabat pia pleb.t in ecclesid inori parata cum epi" scopo suo... Nos adhiic frigidi excitahamur tamen civitate attnnltd atqiie turbatd. (Saint Augustin , Confession. , 1. ix ,

DE l'kmpirf, romain, c.iiap. XXVII. 287 tais (i\ Iminediatemenl sous le pave de l'église, on trouva deux corps entiers , dont les têtes étaient séparées , et qui versèrent beaucoup de sang (2). Ces saintes reliques furent présentées en grande pompe à la vénération du peuple, et toutes les circonstances de cette heureuse découverte vinrent à l'appui du projet de saint Ambroise. On supposa que les os des martyrs, leur sang, et même leurs vêtemens , étaient doués d'une vertu salutaire , et qui communiquaient leur influence surnaturelle aux objets les plus éloignés, sans rien perdre de leur efficacité. La cure extraordinaire d'wn aveugle (3) et les aveux forcés de plusieurs possédés parurent autant de preuves en faveur de la doctrine

(i) Tillemont , Mém. ecclcs. , t. 11 , p. 78-498. "Un grand nombre des églises de l'Italie , de la Gaule , etc. , furent dédiées à ces martyrs inconnus ; mais saint Gervais semble avoir été plus favorisé que son compagnon.

('2) Invenitnus mirœ tnagmtndinis viras duos , ut prisca œtas ferehat (t. 11 , epist. a2 , p. 876). La grandeur de ces corps était heureusement ou adroitement adaptée sur la dégradation physique et graduelle de l'espèce humaine, préjugé que tous les siècles , depuis Homère , ont généralement adopté.

Crandtaqiic eff assis mirubitur ossa septdchris. (3) Saint Augustin , t, u , epist. 22 , p. 875 ; saint Aug., Confess. , 1. IX , c. 7 ; Z>e civ. Dci , 1. xxii , c. 8 ; Paulin , in Vit, sanct. Ainbr. , c. 14 ; in Appendice Bcncdict. , p. 4. L'aveugle se nommait Sévère : en touchant la sainte robe il fut guéri, et dévoua le reste de sa vie (environ vingt-cinq ans) au service de l'Eglise. Je recommanderais ce miracle à nos théologiens prolestans, s'il ne prouvait pas la sainteté

et de la sainteté de l'archevêque ; ces miracles sont attestes par saint Ambroise lui-même, par Paulin, son secrétaire , et par son disciple le ce'lèbre saint Augustin , qui professait alors la rhe'torique à Milan. La philosophie de notre siècle approuvera peut-être Fincredulité de Justine et de la cour arienne , qui tournaient en de'rision ces comédies, représentées par les intrigues et aux dépens de l'archevêque (i). Quoi qu'il en soit, leur effet sur l'imagination du peuple n'en fut pas moins rapide et irrésistible; et le faible souverain de l'Italie ne se trouva pas en état de soutenir sa querelle contre le favori du ciel. Les puissances de la terre se réunirent en sa faveur. Le conseil désintéressé de Théodose fut dicté par la dévotion et par l'amitié, et l'usurpateur de la Gaule cacha, sous le masque du zèle religieux, les projets hostiles que lui inspirait son ambition (2). Maxime Maxime aurait pu régner en paix jusqu'à la fin de fait une iQ- g^^ ^ jg g']} ge fût contcnté de la possession des trois

vasionenlta- ' ••

''«• vastes contrées qui composent aujourd'hui les trois

Août. plus florissans royaumes de l'Europe. Mais cet avide

usurpateur, dévoré d'une basse ambition que n'enno-

des reliques aussi-bien que rorlhodoxie du symbole d^ Kicée.

(1) Paulin , in Vit. saiict. Ainbros., c. 5 ; in Àppend. Bcnedict. , p. 5.

(iî) Tillemont , Mém. ecclcs. , t. x , p. i go-v^o. Il admet avec partialité la médiation de Théodose , et rejette, on ne sait par quel caprice , celle de Maxime , quoiqu'elle soit attestée par Prosper , Sozomène et Théodoret.

11E l'fmj^ipê romain, chap. xxvir. 289 blissaient ni l'amour de la gloire, ni l'amour de la guerre , ne regardait sa puissance actuelle que comme l'instrument de sa grandeur future; et ses premiers succès entraînèrent rapidement sa destruction. Les trésors qu'il arrachait à la Gaule, à l'Espagne et à la Grande-Bretagne opprime'es (i), lui servirent à lever et à entretenir une nombreuse arme'e de Barbares, lires des plus belliqueuses nations de l'Allemagne , et avec laquelle il se préparait à envahir l'Ilalie et à dépouiller un prince encore enfant , dont le gouvernement était délesté et méprisé par ses sujets catholiques : mais Maxime- ayant à cœur tle s'emparer, sans résistance , du passage des Alpes , reçut avec la plus perfide bienveillance Domninus de Syrie, ambassadeur de Yalentinien, et pressa celui-ci d'accepter le secours d'un corps considérable de troupes pour le servir dans la guerre de Pannonie. La pénétration de saint Ambroise avait découvert le piège K travers les protestations d'amitié (2); mais le syrien Domninus se laissa tromper ou corrompre par les libéralités de la cour de Trêves; et le conseil de Milan rejeta obstinément le soupçon du danger avec une confiance aveugle , qui était moins l'effet du courage que celui de la

(i)La censure modeste de Sulpice-Stvère(Z>/«fo^. ni, i 51 frappe plus sévèrement que les faibles déclamalions d-e Pacalus ( XII , 25 , 26 ).

(2) Esto tutior adversù^ hoininem ^ pacis involucro legcn-~ tern. Tel fut l'avis j)rudeiit à?, saint A.n;broise (t. 11, j). 891 ) au retour de sa seconde araba.^sade,

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