‹ Histoire de la décadence et de la chute de l'empire romain (volume 3)Chapitre 35 sur 44 · A. D. 398. 1? TT • TIM- ■ • I · texte numérisé non relu

A. D. 398. 1? TT • TIM- ■ • I

1 empereur Honorius avec Marie, sa cousine et la fille de Stilichon ; et cette alliance illustre et convenable sembla donner au ministre les droits d'un père à la soumission de son auguste pupille. La muse de Claudien ne garda point le silence dans cette circonstance glorieuse (3^ : il chanta avec vivacité,

(i ) Stilichon , qui prétendait avoir eu également part aux ■victoires de Théodose et à celles de son fils , assure, en particulier , que l'Afrique fut recouvrée par la sagesse de ses conseils, ^qj'ez l'inscription citée par Baronius.

(2) J'ai adouci le récit de Zosime , qui , rendu dans toute sa simplicité , paraîtrait presque incroyable (I. v , p. !k)3 ). Orose voue le général à une damnation éierneHe(p. 538 )i pour avoir violé les droits sacrés du sanctuaire.

(3) Claudien , en qualité de poète lauréat , composa avec

DE l'eMPIRI: ROll.Uîf. ClIAP. XXIX. 4^5

sur (lifferens tous , le bonheur des époux couronnés, et la gloire d'un héros auteur de leur union et soutien de leur trône. Les fables de l'ancienne Grèce, qui avaient presque entièrement cessé d'être les objets d'une croyance religieuse , furent sauvées de l'oubli par le génie de la poésie; et dans le tableau du Verger de Cypris , siège de l'Amour et de l'Harmonie , dans la marche de Vénus sur les ondes , ou elle a pris naissance, et dans la douceur de l'influence qu'elle vient répandre sur la cour de Milan , tous les siècles reconnaîtront les sentimens naturels du cœur, le langage plein de justesse et de grâces que leur prête la fiction allégorique. Mais l'impatience amoureuse que Claudien suppose au jeune monarque (i) excitait probablement le sourire des courtisans; et la beauté de son épouse (en admettant qu'elle fût belle ) n'avait pas beaucoup à craindre ou à espérer de la passion d'Honorius , qui n'était

soin un épithalamc sérieux de trois cent quarante vers, outre quelf[ues vers fescennins fort gnis, qui furent chantés sur un ton plus libre la première nuit du mariage.

(2) Calet obvias ire

Jam prince ps , tardiimque ciipit discedere solem. Nobilis haiid aliter sonipes.

De Nuptiis Honor. et Mariœ , 287 , et plus librement dans les vers fescennius ( i 12-126).

Dices , oquoties! hoc mihi dulclus Qiiàin flai-os tlecics vinccre Sarinatas.

Titm Victor inadido prosilias toro '^octtirni rejercns ■vtdncra pra'liî.

encore que dans sa quatorzième année. Serène , mère de son épouse , parvint , par adresse ou par persuasion, à différer la consommation du mariage. Marie mourut vierge dix ans après ses noces ; et la froideur ou la faiblesse de la constitution de l'empereur, contribua sans doute à conserver sa chasteté (i). Ses sujets, qui étudiaient soigneusement le caractère de leur jeune souverain , découvrirent qu'Honorius sans passions était par conséquent sans talens, et que sa disposition faible et languissante le rendait également incapable de remplir les devoirs de son rang et de jouir des plaisirs de son âge. Dans les premières années de sa jeunesse , il avait acquis quelque adresse dans les exercices de Tare et du cheval ; mais il renonça bientôt à ces fatigantes occupations. Le soin et la nourriture d'une basse-cour devint la principale affaire du monarque de l'Occident (a), qui remit dans les mains fermes et habiles de Stilichon les rênes de son gouvernement. L'expérience fournie par Ihistoire de sa vie, autorise à soupçonner que ce prince , né sous la pourpre , recul une plus mauvaise éducation que le dernier paysan de ses états ; et que .on ambitieux ministre le laissa parvenir à Tàge viril sans essayer d'exciter son courage ou d'éclairer son jugement i'3). Les prédéces-

(i) Voyez Zosime , 1. v , p. 333,

(2) Procope , De belL Goth. , 1. i , c. 2. J'ai peint la conduite g(>nérale d'Honorius , sans adopter le conte singulier et très peu probable que fait l'historien grec.

(3) Les leçons de Théodose . ou plutôt de Claudien (iv

DE l'empire romain, chap. XXIX. 427 seurs d'Honorius avaient coutume d'animer la valeur des le'gions par leur exemple, ou au moins par leur piesence ; les dates de leurs lois attestent qu'ils parcouraientavec activité toutes les provinces du monde romain; mais le fils de Théodose passa ce temps de sommeil qu'on a appelé sa vie , captif dans son palais , étranger dans son pays, spectateur patient et presque indifTérent de la ruine de son empire , qui fut attaqué à différentes reprises , et enfin renversé par les efforts des Barbares. Dans le cours d'un règne de vingthuit ans, très-fécond en grands événemens, il sera rarement nécessaire de nommer l'empereur Honorius.

cons. Honor. , 2i4-4î8) , pourraient faire un excellent traité d'éducation pour le prince futur d'une nation grande et libre. Il était fort au-dessus d'Honorius et de ses sujets dégénérés.

Page 1