‹ Histoire de la décadence et de la chute de l'empire romain (volume 4)Chapitre 19 sur 62 · DE L EMPIRE ROMAIN. CHAP. XLIII · texte numérisé non relu

DE L EMPIRE ROMAIN. CHAP. XLIII

d'une extraction royale ; et le service dont il se faisait un titre annonçait assez qu'il était capable d'actions audacieuses et sanguinaires. Il résolut la mort de Justinien; mais les conjurés la différèrent jusqu'à l'instant où ils pourraient surprendre Bélisaire désarmé et sans escorte dans le palais de Constantinople. On n'espérait pas de \aincre sa fidélité si long - temps éprouvée ; et on craignait avec raison la vengeance ou plutôt la justice de ce vieux général , qui pouvait assembler promptement une armée dans la Thrace, punir les assassins , et peut-être jouir du fruit de leurs crimes. Le délai donna lieu a des confidences indiscrètes et à des aveux qu'arracha le remords. Le sénat condamna Artaban et ses complices : la clémence de Justinien ne leur infligea d'autre peine que celle de les détenir prisonniers dans son palais , jusqu'au moment où il pardonna cet attentat contre son trône et sa vie. Si l'empereur pardonnait ainsi à ses ennemis, il dut embrasser cordialement un ami dont on ne se rappelait alors que les victoires , et que rendait plus cher à son prince le danger commun qui venait de les menacer. Bélisaire se reposa de ses travaux dans le rang élevé de général de l'Orient et de comte des domestiques; et les plus anciens des consuls ou des patriciens cédèrent respectueusement la préséance à l'incomparable mérite du premier des Romains (i ).

(i) Les honneurs accordés à Bélisaire sont rappelés avec joie par son secrétaire Procope. ( Got/?. , 1. m , c. 35 ; 1. iv, c. 21.) Le titre 'Zt^o.tvi^ùç est mal traduit, du moins en cette occasion , par prœfectus prœtorio ; et comme il s'agit

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