‹ Histoire de la décadence et de la chute de l'empire romain (volume 4)Chapitre 2 sur 62 · DE L EMPIRE IIOMAIN. CHAP. XLII. H · texte numérisé non relu

DE L EMPIRE IIOMAIN. CHAP. XLII. H

ici le tableau si simple et si connu des mœurs des Tartares , archers habiles et audacieux ; ils buvaient le lait de leurs jumens , et ils mangeaient la chair de leurs agiles et infatigables coursiers : leurs troupeaux suivaient, ou plutôt dirigeaient les niouvemens de leurs camps errans : le pays le plus éloigné ou le plus difficile n'était pas à l'abri de leurs incursions; et quoiqu'ils fussent étrangers à la crainte, ils avaient une grande habitude de l'art de la fuite. La nation était formée de deux tribus puissantes , qui se combattaient avec une haine fraternelle. Elles se disputaient avidement l'amitié ou plutôt les largesses de l'empereur Justinien; et on raconte qu'un ambassadeur, porteur des instructions verbales de son ignorant souverain (i), les distinguait sous l'emblème du chien fidèle et du loup vorace. La richesse des Romains excitait également la cupidité des Bul-

Volga. On montre près de Kasan quelques restes de leur capitale. Ils demeurèrent ensuite sur le Kuban , et enfin sur le Danube , où ils subjuguèrent , vers l'an 5oo , les Slavons-^erviens établis sur le Bas-Danube. Soumis à leur tour par les Avares , ils s'affranchirent de ce joug en 635 ; leur empire comprit alors les Cutturgores, restes des Huns établis vers les palus Méotides. La Bulgarie danubienne , dénombrement de ce vaste état, se rendit long- temps redoutable à l'empire bjzantin. » Piécis de la Géogr. unlv. , par M. Malte-Brun , t. i , p. 35 i. ( Note de r Éditeur. )

(i) Procope ( Goth. ,1. iv , c. 19 ). Ce message verbal , dans lequel il se reconnaît pour un Barbare sans lettres , est rapporté par Procope dans la forme d'une épître ; le style en est sauvage^ figuré et original.

gares de toutes les dénominations ; ils s'arrogeaient un vague empire sur tout ce qui portait le nom d'Esclavons, et leur marche rapide ne put être arrêtée que par la mer Baltique ou bien par le grand froid et l'extrême pauvreté des pays du nord ; mais il paraît qu'une même race d'Esclavons est toujours demeurée en possession des mêmes pays. Leurs diverses peuplades , soit même qu'elles se trouvassent éloignées ou ennemies , parlaient la même langue , c'est-a-dire , un idiome irrégulier et désagréable à l'oreille : on les reconnaissait à leur ressemblance ; ils n'étaient pas basanés comme les Tartares; et pour la taille et le teint , ils approchaient , quoique avec quelque différence , de la stature élevée et de la peau blanche des Germains. Ils habitaient quatre mille six cents villages (i) répandus dans les provinces de la Russie et de la Pologne; leurs huttes étaient construites a la hâte , de bois mal taillés , seuls matériaux dont ils pussent faire usage dans un pays manquant de pierres et de fer. Ce serait faire honneur peut-être à ces huttes élevées ou plutôt cachées au fond des bois , sur les bords des rNieTes et des marais, que de les comparer aux habitations du castor; elles "ieur ressemblaient par une double

(i) Ce nombre est le résultat d'une liste particulière qu'offre un fragment manuscrit de l'année 55o , trouvé dans la Biblioth?que de Milan. L'obscure géographie de ce temps a exercé la patience du comte du Buat, (t. xi , p. 69- 1 89. ) Le ministre français se perd souvent dans des déserts où il aurait besoin d'un guide saxon ou polonais.

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