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son pouvoir pour supprimer les textes authentiques où se trouvaient exprimes leurs véritables sentimens. La nécessité de l'uniformité a servi de prétexte pour excuser les changemens et les interpolations de Tribonien et de ses coUèg^ues ; mais ces soins ont été insuffisans , et les antinomies ou contradictions du Code et des Pandectes, exercent toujours la patience et la subtilité des jurisconsultes modernes (i).
Les ennemis de Justinien ont répandu un bruit qui Perte de
, / 1, f . /T. l'aucienaeia-
nest appuyé d aucun témoignage : on prétendit que nsprudeace. l'auteur des Pandectes avait brûlé les lois de Taiicienne Rome , dans cette orgueilleuse idée qu'elles étaient devenues inapplicables ou superflues ; sans se charger d'un rôle si odieux , il put confier à l'ignorance et au temps Taccomplissement de ce vœu destructeur. Avant l'invention de l'imprimerie et du papier , les riches seuls pouvaient payer le travail et la matière des manuscrits; et l'on peut raisonnablement calculer le prix des livres à cette époque à cent
des faux de cette espèce , a été bien réduit par Bynkershoek (dans les quatre derniers livres de ses Observations), qui soutient, par de bien misérables raisons, le droit qu'avait Justinien de les exiger, et l'obligation où était Tribonien de lui obéir.
(i) Les Antinomies ou lois opposées du Code et des Pandectes , sont quelquefois la cause et souvent l'excuse de la glorieuse incertitude des lois civiles, qui donne lieu fréquemment à ce que Montaigne appelle les questions pour tarni. Voyez un beau passage de François Balduin sur Justinien , I. II , p. 269 , elc. , apud Ludewig , p. 3o5 , 3o6.
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fois leur valeur actuelle (rj. Les copies se multipliaient lentement, et on les renouvelait avec précaution ; l'appât du gain excitait des copistes sacrilèges à effacer les caractères de l'antiquité; et Sophocle ou Tacite étaient contraints d'abandonner a des missels , a des homélies et a la légende dorée le parchemin qui renfermait leurs chefs - d'œuvre (2). Si ce fut le sort des plus belles compositions du génie , il est aisé de voir ce qu'on dut se permettre sur les lourds et stériles ouvrages d'un art qu'on ne cultivait plus. Les livres de jurisprudence intéressaient peu de monde , et n'amusaient personne ; l'usage du moment faisait leur valeur, et ils tombaient pour jamais dès l'instant où les innovations de la mode, un mérite supérieur et l'autorité publique les rendaient inutiles. A l'époque de savoir et de paix qui s'écoula entre Cicéron et le dernier des Antonins, on comptait déjà un très -grand nombre de pertes en ce genre ; des écrivains qui avaient été les
(i) Lorsque Fust ou Faust vendit à Paris pour des manuscrits ses premières Bibles imprimées, le prix d'une copie en parchemin fut réduit de quatre ou cinq cents écus , à soixante , cinquante et quarante. Le public fut d'abord charmé de ce bas prix , puis indigné lorsqu'il eut découvert la fraude. (Maitlaire , Jnnal. typogroph, , t. i, p. 12 , première édition ).
(2) Cet exécrable usage prévalut depuis le huitième, et surtout depuis le douzième siècle , époque où il était devenu presque universel. ( Montfaucon , dans les Mémoires de V Acad , t. VI , p. 60G, etc. \ Bihl, raisonn, de la diplom., t. I, p. 176.)
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lumières de l'école et du Forum n'étaient plus connus que des curieux , et ceux-ci même ne les connaissaient que par tradition. Trois cent soixante années de désordre et de décadence accélérèrent les progrès de l'oubli , et il y a lieu de croire que de ces écrits qu'on reproche a Justinien d'avoir négligés, la plupart ne se trouvaient plus dans les bibliothèques de l'Orient (i). Les copies de Papinien et d'Ul pien, que le réformateur avait proscrites, ne furent plus jugées dignes d'attention ; les Douze-Tables et l'Édit prétorien disparurent peu à peu , et l'envie et l'ignorance des Grecs dédaignèrent ou détruisirent les monumens de l'ancienne Rome. Les Pandectes elles-mêmes n'ont échappé au naufrage qu'avec beaucoup de peines et de dangers , et la critique a prononcé que toutes les éditions et tous les manuscrits de l'Occident étaient tirés d'un seyl original (o.).
( I ) Pomponius ( Pandcct. , 1. i , tit. 2 , /e^. 2 ) dit que , de Mucius , Brulus et Manilius, les trois fondateurs de la science des lois civiles , e.xtant volumina , scripta, Manilli inonumenta ; de quelques jurisconsultes de la république , iiœc versantur eorurn scripta inter manus horninuin. Huit des sages légistes du siècle d'Auguste furent réduits à un compendium : de Cascellius , scripta non contant ^ sed unus li^ her etc. ; de Trebatius , minus frequentatur ; de Tuberon , libri parum grati sunt. Il y a dans les Pandecles plusieurs ci! allons tirées de livres que Trébonien ne vit jamais : et du septième au treizième siècje de Rome, l'érudition apparente des modernes a toujours dépendu des connaissances et de Ja véracité de leurs prédécesseurs.
(2) On assure que toutes les éditions et tous les manu-
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On le transcrivit à Constantinople au commencement du septième siècle (i); les mouvemens de la guerre et du commerce le portèrent successivement à Amalfî (2), à Pise (3), à Floren-
scrits répètent en plusieurs endroits les erreurs des copistes et les transpositions de quelques feuilles qui se trouvent dans les Pandectes florentines. Ce fait est décisif s'il est vrai. Cependant les Pandectes sont citées par Yves de Chartres, qui mourut en 1117 ; par Théobald, archevêque de Cantorbéry , et par Vacarius , le premier qui, en Angleterre, ait professé le droit civil. ( Selden , ad Fletam , c. 7 , t. 11 , page io8o-io85. ) A-t-on comparé les manuscrits des Pandectes qui se trouvent en Angleterre avec ceux des autres pays ?
(i) Voyez la description de cet original dans Brenckman ( Uist. Panel, florent. , 1. i , c. 2 , 3 , p. 4- 1 7 ? et 1. 11 ). L'enthousiaste Polilien la révérait comme l'original même du Code de Justinien ( p. 407 ? 4^^ ) \ mais ce paradoxe est réfuté par les abréviations du manuscrit de Florence (1. 11 , c. 3, p. ii7-i3o). Il est composé de deux volumes //z-4''-, à grandes marges ; le parchemin est mince , et les caractères latins annoncent la main d'un copiste grec.
(2) Brenckman a inséré à la fin de son histoire deux dissertations sur la république dAmalfi et la guerre de Pise , en l'année 11 35, etc.
(3) La découverte des Pandectes à Amalfi ( A. D. 1 iSy ) a été indiquée pour la première fois (en i5oi ) par Ludovicus Bologninus ( Brenckman , 1. i , c. 11 , p. 73 , 74 ; !• iv , c. 1 , p. 4' 7-4^5 ) sur la foi d'une Chronique de la ville de Pise (p. 409 , 4'o ) , sans nom et sans date. Tous les faits de cette Chronique, quoique inconnus au douzième siècle, embellis par les siècles d'ignorance et suspectés par les cri-
1)K l'empire r.OMAIN. CHAP. XLIV. 9,3 1
ce (i) ; et il est aujourd'hui dépose, comme un monument précieux (2) , dans l'ancien palais de la république (3).
Le premier soin d'un réformateur est d'empêcher inconstance
1 ,p ^ 1 • A r» 1 • • I , de Justinien
les retormes après lui. Ahn de maintenir le texte des enmaiièrcde Pandectes , du Code et des Institutes, Justinien dé- ^S^* ation. fendit rigoureusement l'usage des chiffres et des abréviations; et se souvenant cpje le nombre des commentateurs avait accablé l'édit perpétuel , il déclara qu'on punirait comme des faussaires les jurisconsultes qui oseraient interpréter ou pervertir le texte de la volonté du souverain. Si on observait cette loi, il faudrait punir d'un grand nombre de
tiques, ne sont pas dénués en eux-mêmes de probabilité (1. I, c. li-S, p. i7-5o). Il est incontestable que le grand Barthole consulta dans le quatorzième siècle le Liber Pandectarum de Pise (p. 40^1 4^7 j 'voyez L i, c. 9, p. 5o-62).
(1) Pise fut prise par les Florentins l'an 1406; et en 1411 ils transportèrent les Pandectes dans leur capitale. Ces événemens sont authentiques et célèbres.
(2) On les enrichit de nouveau d'une couverture de pourpre ; on les enferma dans une riche cassette ; et les moines et magistrats les montraient aux curieux , nu-tête et avec des torches allumées (Brenckman , 1. 1 , c. 10, 1 1 , 1 2, p. 62- g3).
(3) Henri Brenckman, Hollandais, après avoir comparé le texte de Politien , de Bologninus, d'Antoninus Augustinus , et la belle édition des Pandectes par Taurellus, en i55i y entreprit un voyage à Florence. Il y passa plusieurs années à étudier ce seul manuscrit. Son Hlstoria Pandectnrmn Florcntinorum ^ Utrecht, 1722, in-4° j qui annonce un si grand travail , n'est cependant qu'une petite partie de son premier plan.
crimes les élèves d'Accurse, de Barlhole et de Cujas, à moins qu'ils n'osassent contester au prince qui l'a publié le droit de borner l'autorité de ses successeurs et la liberté naturelle de l'esprit. Au reste , Justinien ne pouvait fixer sa propre inconstance ; et tandis qu'il se vantait de changer, comme Diomède, Tairain en or (i), il aperçut la nécessité de purifier son or de beaucoup de matières d'un moindre aloi. <;ecoade Six ans ne s'étaient pas écoulés depuis la publica-
Code. A. D. tion du code, lorsqu'il déclara la première édition . nov. I . ijyjp^pfjjitg ^ Q^ ejj faisant faire une nouvelle plus soignée. Il ajouta à celle-ci deux cents de ses propres lois , et cinquante décisions sur les points les plus obscurs et les plus épineux de la jurisprudence. Chaque année, ou, selon Procope, chaque jour de ce long règne fut marqué par une innovation dans quelque point de la législation. Il révoqua lui-même plusieurs de ses lois; ses successeurs en rejetèrent beaucoup d'autres; le temps en fit disparaître un grand nombre ; mais seize Édits et cent soixante-
LesNovelles. }^ijjt NovELLES (îi) Ont été admis dans le recueil au-
(1) KpuTiet ;^ctXKtiaVy îKctro/^/iot ivvietfioicûv^ apud Homerum patfem omnis virtutis , première préface des Pandectes. Un vers de Milton ou du Tasse nous surprendrait dans un acte du parlement d'Angleterre. Quœ omnia obtînere sancimus in omne œvurn. Il dit , seconde préface , en parlant du premier Code, in œternum valiturum. C'est l'homme qui parle d'une éternelle durée.
(2) Le terme de Novellœ est adjectif dans la bonne latinité , et substantif dans celle des temps barbares ( Ludevvig , p. 245). Justinien ne les a jamais recueillies. Les neuf colla-
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ihentique de la jurisprudence civile. Un philosophe A. D. 534 supérieur aux préjugés de son état a pensé qu'on ne pouvait expliquer ces variations perpétuelles, et la plupart du temps sur des choses de si petite importance, que par la vénalité d'un prince qui vendait sans rougir ses jugemens et ses lois (i). L'accusation de l'historien secret est formelle et véhémente, il est vrai; mais on peut attribuer à la dévotion de ce prince , aussi-bien qu'à son avarice , le seul trait que cite Procope. Un riche dévot avait légué son héritage a l'église d'Emèse ; et la valeur de cette succession avait été augmentée par un habile faussaire , qui avait contrefait la signature des habitans de la Syrie les plus aisés , sur des reconnaissances de dettes et des promesses de payement. Les Syriens faisaient valoir une prescription de trente ou quarante années; mais ce moyen de défense fut détruit par une loi rétroactive qui donnait aux droits de f Église l'étendue d'un siècle , loi si favorable à l'injustice et aux désordres , qu'on la révoqua prudemment dans le même règne (2), lorsqu'elle eut rempli l'objet qu'on
lions qui servent de règle aux tribunaux modernes, renferment quatre-vingt-dix-huit Novelles ; mais les recherches de Julien, de Haloander et de Contins (Ludewig, p. 249» 258 ; Aleman., note in Anecdot., p. g8) en ont augmenté le nombre,
(i) Montesquieu, Consid. sut- la grand, et la décad. des Romains, c. 20, t. 111, p. 5oi , in-4°. H se débarrasse ici de la robe et du bonnet de président à mortier.
(2) Procope , Jnecdot. , c. 28. On accorda un semblable privilège à rÉglise de Rome {^JSovelleiyL)^ Fojez sur la vù-^