CHAPITRE XLV
Règne de Justin-le-Jeune. Ambassade des Avares. Leur établissement sur les bords du Danube. Conquête de i'Italie par les Lombards. Adoption et règne de Tibère. Kègne de Maurice. État de l'Italie sous les Lombards et les exarques de Ravenne. Mallieurs de Rome. Caractère et pontificat de Grégoire i*"".
Mort de UuRANT Ics dernières années de Justlnien , sa tête d'^Vôs^Nov! affaiblie , livrée à des contemplations célestes , lui fit 34. négliger les affaires de ce monde. Ses sujets étaient
fatigués d'un si long règne ; cependant les esprits capables de réflexion redoutaient le moment de sa mort, qui pouvait remplir la capitale de séditions et plonger l'empire dans une guerre civile. Ce monarque sans enfans avait sept neveux (i), fils ou petits-fils de son frère et de sa sœur , tous élevés dans la splendeur d'une extraction royale. On les avait vus dans les provinces et les armées revêtus du commandement : on connaissait leur caractère ; leurs partisans étaient pleins de zèle ; et le vieillard jaloux, différant toujours de déclarer son successeur, chacun d'eux pou-
(1) Fojez ce qui a rapport à la famille de Justin et de Justinien, dans les Familiœ byzantiiiœ de Ducange (p. 89- 101 ); Ludewîg {in Dit. Justiniani , p. i3i) et Heineccius ( Hist.jur. rom. , p. 874) , pleins d'un respect superstitieux pour le prince à qui on doit ces lois qu'ils étudiaient tous les jours ;, ont depuis développé la généalogie de leur empereur favori.
DE lV^ipirr romain, chap. xlv. 3ir vait espérer de succéder à son oncle. Il mourut dans son palais après un règne de trente-huit ans ; et les amis de Justin , fils de Vigilantia (t) , profitèrent de l'instant décisif. Vers le milieu de la nuit sa maison est éveillée par un assez grand nombre de gens qui frappaient a la porte; ils demandent à entrer, et l'obtiennent en se faisant connaître pour les principaux membres du sénat. Ces députés annoncent l'important secret de la mort de l'empereur; Tls racontent, ou peut-être ils supposent que Justinien, avant d'expirer, a choisi pour son successeur celui de ses neveux qui est le plus chéri et qui a le plus de mérite , et ils supplient Justin de prévenir les désordres de la multitude , si elle s'aperçoit au point du jour qu'elle n'a point de maître. Justin, donnant à son maintien l'expression de la surprise, de la douleur et de la. modestie, se rend, selon l'avis de Sophie son épouse, à l'autorité du sénat. On le conduit au palais à la hâte et en silence ; les gardes saluent leur nouveau souverain , et à l'instant même les cérémonies martiales et religieuses de son couronnement s'accomplissent. Les officiers préposés à cet emploi le revêtent des habits impériaux, des brodequins rouges , de la tunique blanche et de la robe de pourpre. Un heureux soldat, que Justin éleva au grade de tribun, passe au cou de l'empereur le collier
(i) Dans le récit de î'avénement au trône de Juslin , j'ai traduit en prose simple et concise les huit cenis vers des deux premiers livres de Corippe , De laudihus Justini { Ap^ pendix HUi. bizant. , p. 401-41^ > Rome, 1777).
militaire; quatre hommes robustes l'elèvent sur un bouclier; il s'y tient debout pour recevoir l'adoration de ses sujets et la bénédiction du patriarche , qui sanctifie leur choix en posant le diadème sur la Règne t!e j-^jg ^'^^^ princc orthodoxc. L'hippodrome était déjà
Justin II ou '^ *■ *■ J
je Jeune. A. rempli de monde ; et dès que l'empereur se montra
D. 565. Nov. A . . ,
i5.A. D.574 sur.son trône, on entendit retentir également les acclamations de la faction des Bleus et de celle des Verts. Dans les discours adresses au peuple et au sénat, Justin promit de reformer les abus qui avaient déshonoré la vieillesse de son prédécesseur; il professa les maximes d'une administration juste et bienfaisante , et déclara qu'aux calendes de janvier (i), dont on n'était pas éloigné, il ferait revivre dans sa personne le nom et la libéralité d'un consul romain. Sou eon- Il donna , en payant sur-le-champ les dettes de son 56G. Janvier onclc , un gage solidc de sa bonne foi et de sa gé- ^' nérosité ; une longue file de porte-faix chargés de
sacs remplis d'or s'avança au milieu de l'hippodrome , et les créanciers de Justinien , qui ne conservaient plus d'espoir , reçurent comme un don volontaire ce payement bien juste en lui-même. En moins de trois ans, l'impératrice Sophie imita et surpassa son exemple ; elle releva de la détresse une foule de citoyens indigens accablés sous le poids
(i) On est étonné que Pagi ( Criticain Annal. Baron., t. II, p. 639) , sur la foi de quelques chroniques, ait voulu contredire le texte clair et décisif de Corippe {^Kicina dona , 1. II, 354 ; Vicina dies , 1. iv), et ne placer le consulat de Justin qu'à A. D. 567.
DE l'empire romain, ciïap. xlv. 3i3 des dettes et de l'usure, genre de bienfaits justement assures de la plus vive reconnaissance, puisqu'il fait cesser les maux les plus intolérables ; mais .qui expose souvent le prince trompé dans sa bonté a faire tomber ses faveurs sur le fourbe ou le prodigue (i).
Le septième jour de son règne , Justin donna au- Ambassade
,. 1114 c '^^^ Avares.
dience aux ambassadeurs des Avares ; et pour irapper ^ q^ ^^q^ les Barbares d'étonnement, de respect et de terreur, on eut soin de rendre cette cérémonie très - pompeuse. Depuis la porte du palais, ses cours spacieuses et ses longs portiques offraient de tous côtés les casques élevés et les boucliers dorés des gardes , qu'on voyait présenter leurs piques et leurs haches de bataille avec plus de confiance qu'ils ne l'auraient fait un jour de combat. Les officiers chargés de quelque partie du pouvoir du prince ou du service de sa personne, revêtus de leurs plus magnifiques habits, étaient placés selon l'ordre militaire et civil de la hiérarchie. Lorsqu'on leva le voile du sanctuaire, les ambassadeurs virent l'empereur d'Orient sur son trône , placé sous un dais ou dôme souterm de quatre colonnes , et surmonté d'une figure ailée de la Victoire. Dans le premier mouvement de leur surprise , ils se soumirent à la servile adoration de la cour de Byzance ; mais du moment où ils se furent relevés, Targetius , leur chef, s'exprima avec la
(i) Théopbane , Chronograph. , p. 2o5. Il est inutile d'alléguer le témoignage de Cedrenus et de Zonare , lorsqu'ils ïic so^t que compilateurs.
3l4 HISTOIRE DE LA DÉCADEINCE
liberté et la fierté d'un Barbare. Il vanta, par la bouche de son interprète, la grandeur du chag-an, à la clémence duquel les royaumes du Midi devaient leur existence , dont les sujets victorieux avaient traversé les rivières glacées de la Scythie, et couvraient alors les bords du Danube de leurs innombrables tentes. Justinien avait cultivé à grands frais , par des largesses annuelles , l'amitié d'un prince reconnaissant, et les ennemis de Rome avaient respecté les alliés des Avares. Les mêmes motifs de prudence devaient exciter son neveu a prendre cette libéralité pour modèle , et à acheter la paix que lui offrait un peuple invincible et sans égal dans les exercices de la guerre, dont il faisait ses délices. La réponse de l'empereur portait le même caractère de hauteur et de provocation que le discours des ambassadeurs ; il fondait, disait-il, sa confiance sur la protection du dieu des chrétiens, l'antique gloire de Rome et les triomphes récens de Justinien. « L'empire, poursuivit-il , est rempli d'hommes et de chevaux , et il a des armes en assez grand nombre pour défendre ses frontières et châtier les Barbares. Vous nous offrez des secours, vous nous menacez de la guerre; nous méprisons votre inimitié et vos secours. Les vainqueurs des Avares sollicitent notre alliance; craindrons-nous un peuple d'exilés qui prend la fuite devant eux (i)? Mon oncle accorda des largesses à votre
(i) Corippe, 1. ni, Bgo. Il s'agit incontestablement des Turcs vainqueurs des Avares; mais le mot scultor ne paraît pas avoir de sens j et le seul manuscrit existant de .Corippe,
DE L'rJMPIHE ROM A IN. CHAV. XLV. 3l5
misère et à vos humbles supplications; je veux vous rendre un service plus important; je vous ferai connaître votre faiblesse. Eloig^nez-vous de ma présence: la vie des ambassadeurs est en sûreté; et si vous revenez me demander pardon, vous goûterez peut-être les fruits de ma bienveillance (i). » Sur le récit de ses ambassadeurs, le cbagan redouta la fermeté apparente d'un empereur romain dont il ignorait le caractère et les ressources. Au lieu d'exécuter ses menaces contre l'empire d'Orient, il se porta sur les contrées pauvres et sauvages de la Germanie soumises à la domination des Francs ; mais après deux batailles douteuses, il consentit à se retirer, au moyeu de quoi la disette de son camp fut soulagée par des convois de grains et de bétail que lui fournit le roi
d'après lequel on a publié la première édition de cet écrivain ( i58 I , apud Plautin ) , ne se trouve plus. Le dernier éditeur, Foggini de Rome, a conjecturé que ce mot devait être corrigé par celui de soldan; mais les raisons qu'allègue Ducange (Joinville, Dissertât. j 16, p. 238-2/|0) pouc prouver que les Turcs et les Persans ont employé ce titre de très-bonne heure, sont faibles ou équivoques; et je suis plus disposé en faveur de d'Herbelot [Bibl. orient. , p. 826), qui donne à ce mot une origine arabe et clialdcenne , et qui le fait commencer au onzième siècle, époque où le calife de Bagdad l'accorda à Malimud, prince de Gazna et vainqueur de l'Inde.
(1) Comparez sur ces discours caractéristiques les vers de Corippe (1. m, 25i-4oi ) avec la prose de Menandre ( E.Tcerpt. légat. , p. 1 02 , io3 ). Leur diversité prouve qu'ils ne se sont pas copiés l'un l'autre , et leur ressemblance , qu'ils ont puisé à la même source.
3î6 HISTOIRE Dii: LA DÉCADENCE
d'Austrasie (i). Tant d'espérances trompe'es avaient abattu le courage des Avares, et leur puissance se serait évanouie au milieu des déserts du pays des Sarmales , si l'alliance d'Alboin , roi des Lombards , n'eût pas offert un nouvel objet à leur valeur , et par un établissement solide, fixé à la fin leur fortune lassée.
Aiboiu , Au temps où Alboin servait sous les drapeaux de
roi des Lom- ^
Lards. Sa va- son pcrc , il rcncontra au milieu dune bataille le aiDour et sa priucc dcs Gépidcs , contre lesquels il combattait, et vengeance, j^ perça dc sa laucc. Les Lombards , frappés de cet exploit, demandèrent à son père , par des acclamations unanimes, que le jeune héros qui avait partagé les dangers du combat pût assister au banquet de la victoire. « Vous n'avez pas oublié , leur répondit l'inflexible Audouin, les sages coutumes de nos aïeux : quel que soit le mérite d'un prince , il ne peut s'asseoir à la table de son père sans avoir été armé de la main d'un roi étranger. » Alboin se soumit avec respect aux institutions de son pays ; il choi sit quarante guerriers et se rendit hardiment a la cour de Turisund , roi des Gépides , qui , soumis aux lois de l'hospitalité , embrassa et traita avec distinction le meurtrier de son fils. Au milieu du repas, où Alboin occupait la place du jeune prince qu'il avait tué, un tendre souvenir vint frapper Turisund. Inca-
(i) Foj, sur la guerre des Avares contre les Austrasiens, Menandre ( Excerpt. légat. , p. i lo) , saint Grégoire dc Tours ( Hlst. Franc. , 1. iv , c. 29 ) et Paul-Diacre ( De gesL Langoh. f 1. 11^ c. 10).
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pable de commander à son indignation, il ne put s'empêcher de s'écrier en soupirant : « Que cette place m'est chère ! que celui qui l'occupe m'est odieux. !)> Sa douleur enflamma le ressentiment national des Gepides; et Gunimund , son dernier fils, échauffé par le vin ou par la tendresse fraternelle, sentit s'allumer dans son cœur le désir de la vengeance. « Les Lombards, dit-il rudement , ont la figure et l'odeur des jumens de nos plaines de Sarmatie. » illlusion grossière aux bandelettes blanches dont leurs jambes étaient enveloppées, a Tu peux ajouter quelque chose à cette ressemblance , s'écria audacieusement un des Lombards , car vous savez comme ils ruent. Va reconnaître la plaine d'Asfeld , cherches - y les ossemens de ton frère , ils s'y trouvent confondus avec ceux des plus vils animaux. » Les Gépides , peuple de guerriers , s'élancèrent de leurs sièges ; Tintrépide Alboin et ses quarante compagnons mirent l'épée a la main. L'intervention du respectable Turisund apaisa le tumulte. Il sauva son honneur et la vie de son hôte ; et après avoir accompli les rites solennels de l'investiture , il le renvoya couvert des armes ensanglantées de son fils, présent d'un père affligé. Alboin revint triomphant; et les Lombards , en célébrant son incomparable valeur, ne purent refuser des éloges aux vertus d'un ennemi (i). Il vit
(i) Paul Warnefrid, diacre de Frioul ( De gest. Lajigob., 1. I, c. 23, 24). Ses tableaux des mœurs nationales, quoique grossièrement esquissés, sont plus animés et plus fidèles que ceux de Bède ou de saint Grégoire de Touis^
3l8 HISTOIRE DE LA DÉCADENCE
probablement dans cette étrange visite la fille de Cunimund , qui bientôt après monta sur le trône des Gepides. Elle s'appelait Rosamonde , nom bien convenable à la beauté, et que l'histoire ainsi que les romans ont consacré aux récits d'amour. Alboin , devenu peu après roi des Lombards , devait épouser la petite-fille de Glovis ; mais les liens de la bonne foi et de la politique cédèrent bientôt à l'espoir de posséder la belle Ptosamonde, et d'insulter sa famille et sa nation. Il employa sans succès l'art de la persuasion ; mais son impatiente ardeur, a l'aide de la force et de la ruse , lui procura l'objet de ses désirs. Il prévoyait que la guerre serait la suite de cet attentat, il la désirait; mais les Lombards ne purent soutenir l'attaque furieuse des Gépides qu'appuyait une armée romaine. L'offre d'épouser Rosamonde fut rejetée avec mépris ; il se vit contraint d'abandonner sa proie et de partager le déshonneur qu'il avait imprimé sur la maison de Cunimund (i). LesLom- Lorsquc dcs injures particulières enveniment une
bards et les u i i* i • ^ ^ i
Avares luent qucrelle publiquc , les coups qui ne sont pas mortels pldes !^et dé- ou décisifs ne produisent qu'une trêve de peu de truiseut ce (j^j-^g pendant laquelle on aieuise ses armes pour
royanme. A. " i ^ ^ ^
D.566, combattre de nouveau. Alboin n'ayant pas assez de force pour satisfaire son amour, son ambition et sa vengeance, implora les formidables secours du cha-
(i) Cette histoire est racontée en détail par un imposteur ( Theophylact. Simocat., 1. vi , c. lo) ; mais cet imposteur a eu l'adresse d'établir ses fictions sur des faits publics et notoires.
DE l' EMPIRA ROMAIN. CHAP. XLV. ?)IC)
gan ; et les raisons qu'il fit valoir montrent l'art et lu politique (les Barbares. S'il avait attaqué les Gépides, c'était, disait-il, dans le dessein d'anéantir un peuple que son alliance avec l'empire romain rendait l'ennemi commun des nations et l'ennemi personnel du chagan ; les Avares et les Lombards unis dans cette glorieuse querelle , la victoire était sûre et la récompense inestimable ; le Danube , l'Ebre, l'Italie et Constantinople, se trouvaient exposés sans barrière à leurs armes invincibles ; mais si le chagan hésitait ou différait de prévenir l'exécution des odieux projets des Romains, le même esprit qui avait insulté les Avares menaçait de les poursuivre j(|(squ'aux extrémités de la terre. Le chagan écouta avec froideur et avec dédain ces raisons spécieuses ; il retint dans son camp les ambassadeurs d'Alboin; il prolongea la négociation, et allégua successivement son peu d'inclination et son défaut de moyens pour une si grande entreprise. Il déclara enfin le prix qu'il mettait à cette alliance ; il demanda que les Lombards lui payassent sur-le-champ la dîme de leurs troupeaux, que les dépouilles et les captifs fussent partagés également ; mais que les terres des Gépides devinssent le patrimoine des seuls Avares. Alboin, dominé par ses passions , ne balança point à souscrire à des conditions si rigoureuses; et Justin, mécontent des Gépides dont il avait éprouvé l'ingratitude et la perfidie, abandonna ce peuple incorrigible a sa destinée, et demeura tranquille spectateur de cette lutte inégale. Cunimund , réduit au désespoir, n'en était
que plus actif et plus dangereux. Il apprit que les Avares se trouvaient sur son territoire ; mais convaincu qu'après la défaite des Lombards il repousserait aisément ces étrangers, il marcha d'abord contre l'implacable ennemi de son nom et de sa famille. L'intrépidité desGépides ne leur valut qu'une mort honorable. Les plus braves d'entre eux demeurèrent sur le champ de bataille; le roi des Lombards reçut avec joie la tête de Cunimund ; et pour rassasier sa haine ou suivre les Barbares coutumes de son pays, il fît monter son crâne en forme de coupe (i). Après cette victoire , aucun obstacle ne s'opposait plus aux progrès des alliés , et ils exécutèrent avec fidélité les articles de leur convention (2). Une nouvelle colonie de Scythes s'établit sans trouver de résistance dans les belles contrées de la Valachie, de la Moldavie, de la Transylvanie , ainsi que dans la portion de la Hongrie qui est au-delà du Danube , et le règne des chagans dans la Dacie , subsista avec splendeur plus de deux cent trente ans. La nation des Gépides disparut ; mais lors du partage des captifs , les es-
( I ) Il paraît , d'après les remarques de Strabon , de Pline et d'Ammieiî-Marcellin, que c'était un usage commun chez les tribus des Scythes. ( Muratori , Script, rer. italicar. , 1. 1 , p. Zj,24. ) Les chevelures de l'Amérique septentrionale sont aussi des trophées de valeur ; les Lombards conservèrent plus de deux siècles le crâne de Cunimund ; et Paul luimême fut du festin où le duc Ratchis fit paraître cette coupe destinée aux grandes solennités (1. 11 , c. 28 ).
(2) Paul ,1. I , c, 27 j Menandre , in Excerpt. légat. , p. 110, m.
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claves qui tombèrent au pouvoir des Avares furent moins heureux que ceux qui eurent les Lombards pour maîtres : la générosité de ceux-ci adoptait un ennemi valeureux , et leur liberté se trouvait incompatible avec une tyrannie froide et réiiéchie. La moitié du butin introduisit dans le camp des Lombards plus de richesses qu'ils n'en pouvaient compter par les lents et grossiers calculs de leur arithmétique. La belle Rosamonde se laissa engager ou forcer à reconnaître les droits d'un amant victorieux, et la fille de Gunimund parut oublier des crimes qu'on pouvait imputer à ses irrésistibles charmes.
La destruction d'un puissant royaume établit la Aiboia enréputation d'Alboin. Au temps de Charlemagne , ^on^'u^je de les Bavarois , les Saxons et les autres tribus qui par- ^'^^^^^e. ad. laient la langue teutonique , chantaient encore les ballades qui rappelaient les vertus héroïques, la valeur, la générosité et la fortune du roi des Lombards ( i). Mais son ambition n'était pas satisfaite, et des
[i) C/i hactenus etlam tam apud Bajoariorum gentem quatn
et Saxonuin sed etalios ejusdem linguœ homines in eorurn
carminlhus celehretur. (Paul , 1. 1 , c. 27. ) Il mourut, A. D. 79g. ( Muratori , In Prœfat.y 1. 1 , p. 397. ) Ces chansons des Germains, dont quelques-unes pouvaient remonter au temps de Tacite ( De mcrib. Germ., c. 2 ) , furent compilées et transcrites par ordre de Charlemagne. Barbara et antiquissima carmina , quibus veterum reguin actus et bel fa cunebanLur scripsit metnoriœque niandavlt. ( Eginhard , in vit, Ca''. Magn., c. 29 , p. i3o , 1 3i. ) Les ])oëmes dont Goldast fait l'éloge ( Animad, <îr/Eginhard , p. 207 ) , paraissent être des romans modernes, qui ne sont dignes que du mépris. VIII. Il