HISTOIRE DE LA. DÉCADENCF
temps ensevelis dans une impe'ne'trable obscurité , s'enflammèrent tout à coup de l'esprit des entreprises, soit navales , soit militaires. Les régions vastes, et , à ce qu'on dit , très-peuplées du Danemarck , de la Suède et de la Norwège , étaient remplies de chefs indépendans et d'aventuriers forcenés, qui s'affligeaient dans l'oisiveté de la paix , et souriaient au nîilieu des angoisses de la mort. Les jeunes Scandinaves n'avaient d'autre profession que la piraterie ; elle faisait leur gloire et leur vertu. Fatigués d'un, climat glace et d'un pays renfermé dans d'élroites limites, ils prenaient leurs armes au sortir d'un banquet, sonnaient du cor, montaient sur leurs navires, et parcouraient tous les rivages qui promettaient du butin ou un établissement. La Baltique fut le théâtre de leurs premiers exploits maritimes ; ils descendirent sur la côte orientale , séjour silencieux des tribus finniques et esclavonnes ; ils reçurent des Russes du lac Ladoga un tribut de peaux d'écureuils blancs avec le nom de Vcirans.iens ^ i ^ ou de cor-
(i) Thcophil. Sig. Bayer , Z)e Fû/yz^/V (car le nom est écrit différemment) in Comment. Jcad.PetropoUtanœ , tom. iv , p. 375-3ii.
celui d'Oleg, et le quatrième celui d'Igor. M. Ewers , membre do TAcadémie impériale des Antiquités russes , a cherché à prouver dans une Dissertation publiée à Riga en 1808 , que les fondateurs de l'empire russe venaient du sud, et étaient des Chozares , peuplade turcomane. Le fils du commenlatenr de iSestor, M. Chrétien de Scblœtzer, a répondu à la plupart de ses objections [Coup d'œil sur l'état de la Littérature ancienne et de i'Histoire en Allemagne , par Ch. Villers , p. yi et »uiv. ) (^A'ote de rEdileur.\
T>v. l'empire romain. cir\p. Lv. 69
saires. Leur supériorité clans les armes , leur discipline et leur ce'lébrite' inspiraient la crainte et le respect anx naturels du pays. Lorsque ceux-ci firent la guerre aux sauvages e'tablis plus avant dans l'intérieur des terres , les Varangiens consentirent à combattre avec eux en qualité d'alliés et d'auxiliaires , et par choix ou par conquête, parvinrent insensiblement à dominer un peuple qu'ils étaient en état de protéger. Leur tyrannie les fit chasser, le besoin de leur valeur força à les rappeler, jnsc£u'à ce qu'enfin Ruric , chef Scandinave , devînt le fondateur d'une dynastie qui régna plus de sept cents ans: ses frères a.d. 862. étendirent son pouvoir , ses compagnons s'empressèrent de même de seconder et d'imiter son usurpation dans les provinces méridionales de la Russie; et leurs divers établissemens consolidés , selon l'usage , par la guerre et les assassinats , se réunirent enfin en une puissante monarchie.
Les descendans de Ruric furent regardés long- les Varantemps comme des étrangers et des conquérans ; ils g'^°*."^«^'"^gouvernalent alors avec le glaive des Varangiens; ils donnaient des domaines et des sujets à leurs fidèles capitaines; et de nouveaux aventuriers venaient des côtes de la Baltique augmenter le nombre de leurs partisans (i); mais lorsque l'établissement des chefs
(1) Cependant, en l'an 1018, Kiow et la Russie étaient encore défendues , cxfug'aivoruni servorum robore, confluent tium et maxime Danorum. Bayer, qui cite ( p. 292 ) la Chronique de Dithmar de Mersebourg , observe que les Allemands ne servaient guère dans les troupes étrangères.