‹ Histoire de la décadence et de la chute de l'empire romain (volume 5)Chapitre 30 sur 68 · HISTOIRE DE L.V DÉCADENCE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE L.V DÉCADENCE

sins , l'emprisonnement et la délivrance du roi luimême, les guerres particulières qu'entraînèrent les de'sordres de l'e'tat, et les scènes de calamité et de discorde qui affligèrent la capitale , l'île entière et le continent, sous le règne de Guillaume i*"^ et la Gniiianme minorité de son fils. La jeunesse , l'innocence et la le Bon. A. d! beauté de Guillaume ii (i) le rendirent cher à la 3166. ^^3^1 7- i^alion ; les factions se réconcilièrent ; les lois repri- Novemb. 16. j,gj^j. ^ç, jj^ yigueur, et depuis l'âge de virilité jusqu'à la mort prématurée de cet aimable prince , la Sicile jouit d'u'i court intervalle de paix , de justice et de bonlieur dont elle sentit d'autant mieux le prix, qu'elle se souvenait de ses malheurs passés et redoutait l'avenir. La postérité mâle légitime de Tancrèdede Hauteville s'éteignit à la mort de Guillaume 11 ; mais sa tante , fille de Roger, avait épousé le prince le plus puissant de son siècle ; et Henri vi , fils de Frédéric Barberousse , descendit des Alpes pour réclamer la couronne impériale et la succession de sa femme. Repoussé par le vœu unanime d'un peuple libre, il ne put obtenir cet héritage que par la force. C'est avec plaisir que je vais transcrire les pensées et les

(i) Falcando , p. 3o3. Richard de Saint-Germain commence son Histoire par la mort et l'éloge de Guillaume 11. Après quelques cpithètes qui ne signifient rien , il ajoute : Legis et justitiœ cultus tempore suo vigebat in regno : sud erat qulllbet sorte contentas ( élait-ce des bommes?) , ubique pax. , ubique sccuritas , nec latronum metuebat viator insicUas nec maris nauta offendicula plratarum {^Script, rer.ital. t. vu, p. 969).

DE l'empire romain, chap. lvi. igS paroles de rhistorlen Falcando , qui écrivait sur les lieux et au moment de l'éve'nement , avec l'âme d'un patriote et la sagacité' piophe'tique d'un homme d'e'tat. a Cette Constance, l'un des enfans de la Si- Lamenta-

•I ii'i' IV 1 !•• \ lions de rhis-

cile , habituée, des son berceau , aux plaisirs et a torien Fai- Tabondance , élevée dans les arts et les mœurs de *'''"'*''• cette île fortunée qu'elle a quittée depuis long-temps pour enrichir les Barbares de nos trésors , revient avec ses farouches alliés troubler le bonheur de la belle contrée qui l'a nourrie dans son sein. Je vois d'avance des essaims de Barbares irrités ; la frayeur agite nos cités florissantes dans une longue paix; le carnage y moissonne les habitans : elles sont dépouillées et souillées par les rapines et la débauche de l'ennemi. Je vois le massacre ou la captivité de nos citoyens , nos vierges et nos matrones en proie aux soldats (r) ; alors ( interrogeant un ami ], dans cette extrémité , que doivent faire les Siciliens ? l'élection unanime d'un roi valeureux et expérimenté peut encore sauver la Sicile et la Calabre (a);

( I ) Constantia , prirnis à cunahilis in deliciarum tuarum ofjliientiâ diiidus educata , tuisque institutis, doctrinis et inoribus inforinata , tandem opibiis luis Barharos delalura discesslt : et nunc cuni ingentibus copiis rêver titur, ut pul— cherrima nulricis ornamenta barbaricâ fœditate contami— net.... Intuer i mihi jatn vidcor turhulentns Bnrharoruin acies..., clvitates opulentas et loca diuturnâ pace jlorentia ^ metû concutere ^ cœde vastare , rapinis atterere et fœdare lu.r.uriâ : hlnc cives aut gladiis intercepti , aut servitute depressi , virgines constupratœ , matronœ , etc.

(3) Certe si regeni non dubiœ virtutis clegerint , nec à

car la légèreté des Apuliens , toujours avides de révolutions , ne m'inspire ni confiance ni espoir (i). Si nous perdons la Calabre , les tours élevées , la nombreuse jeunesse et les vaisseaux de Messine (2) suffiront pour arrêter les brigands ; mais si les sauvages Germains se réunissent aux pirates de Messine , s'ils portent la flamme dans cette région fertile , ravagée si souvent par les feux de l'Etna (3) , quel moyen de défense auront les parties intérieures de l'île , ces belles cités que ne devraient jamais profaner les pas ennemis d'un Barbare (4) ? Un tremblement de terre a de nouveau renversé Catane ; les antiques vertus de Syracuse expirent dans

Saracenis Christiani dissentiant , poteri rex creatus rébus licet quasi desperatis et perdids subvenire , et incursus hostium , si prudenter cgeiit , propulxare.

(1) In appulis , qui ^ semper novitate gaudentes, nouarum rerum studiis aguntur, nihil arbitrer spei aut fiduciœ reponenduni.

(2) Si civium tuorum virtutem et audaciam attendas

murormn etiam ambitum densis turribus circumspectum.

(3) Cum crudelitate piraticd Theutonum confligat atrocitas , et inter ambuslos lapidesj^t Ethnce flagrantis incendia, etc. T*

(4) Eam parlem quam nobllissirnaruin civitatum fulgor illustrât , quœ et toti rcgno singulari meruit privilégia pr as minere , nefarium esset.... vel Barbarorum ingressu pollui. Je voudrais transcrire sa description recherchée , mais curieuse, du palais, de la ville et de la riche plaine de Palerme.

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