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par leur grosseur, que n'en a jamais produit la nature (i). On doit songer toutefois que le sol de l'Indoustan est rempli de minéraux pre'cieux ; que son commerce a , dans tous les siècles , attiré Tor et l'argent du reste du monde , et que , jusqu'aux mahomëtans , ses trésors n'avaient été la proie d'aucun conquérant. La conduite de Mahmoud à sa mort fît sentir, d'une manière frappante , la vanité de ces possessions acquises avec tant de peine , gardées avec tant de danger , et dont la perte est si inévitable. Il examina les vastes chambres qui contenaient les trésors de Gazna , fondit en larmes , et referma les portes sans distribuer aucune portion de tant de richesses qu'il ne pouvait plus espérer de conserver. Le lendemain, il fît la revue de ses forces militaires, composées de cent mille fantassins, de cinquante-cinq mille cavaliers et de treize cents éléphans de guerre (2) : il pleura de nouveau sur l'in-
(i ) Ils citent , par exemple , un rubis de quatre cent cinquante miskals (Dow, vol. i , p. 53) ou six livres trois onces : le plus gros du trésor de Delliy pesait dix-sept miskals [Voyages de Tavernier, partie 11, p. 280). Il est vrai qu'en Orient on donne le nom de rubis à toutes les pierres colorées (p. 355), et que Tavernier en avait vu trois plus grosses et plus précieuses parmi les pierreries de notre grand roi f le plus puissant et le plus magnifique de tous les rois de la terre, (p. 376. )
(2) Dow , t. 1 , p. 65. On dit que le souverain deKinnoge avait deux mille cinq cents éléplians (Abnlféd. , Geograp. Tab, XV, p. 274)- Le lecteur peut, d'après ces détails sur
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slabilité des grandeurs humaines; et l'amerlume de sa douleur fut augmentée par les progrès des Turcomans qu'il avait introduits au sein de son royaume de Perse, où ils avançaient alors en ennemis.
Dans l'état actuel de dépopulation où se trouve Mœnrset
,, . , , . 1 -Il 1 émigrations
1 Asie , ce n est qu aux envuons des villes qu on peutdesTuicsou reconnaître l'action régulière du gouvernement et ^°'^^""''^J." les soins de l'agriculture ; le reste du pays est aban- ^°^^" donné aux tribus pastorales des Arabes , des Gurdes et des Twcomans (i ). Deux hordes considérables de ceux-ci ont des établissemens des deux côtés de la mer Caspienne ; la colonie occidentale peut armer quarante mille guerriers ; la colonie qui se trouve à l'orient , moins accessible aux \'oyageurs , mais plus forte et plus nombreuse, se compose à peu près de cent mille fi\milles. Au milieu des nations civilisées, elles conservent les mœurs du désert de la Scythie , changent de campemens avec les saisons , et font paître leurs troupeaux parmi les ruines des palais et des temples. Ces troupeaux sont leur seule richesse : leurs tentes , blanches ou noires , selon la couleur de la bannière , sont couvertes de feutre et d'une forme
rinde, corriger une note du chapitre 8, tome ii , ou il peut cori'iger ces détails d'après la note que je viens d'indiquer.
(i) Voyez un tableau exact et naturel de ces mœurs j)astorales dans l'histoire de Guillaume , archevêque de Tyr (1. 1 , c, 7 , Gesta Deiper Francos , p. 633 , 634), ^^ ""^ "^^® précieuse qu'on doit à l'éditeur de V Histoire généalogique des Tatars , p. 535-538.
circulaire : une peau de mouton est le vêtement d'hiver de ces Barbares ; celui d'été est formé d'une robe de drap ou de coton : la physionomie des hommes est grossière et farouche , celle des femmes est douce et agréable. Une vie errante entretient leur esprit et leurs habitudes mihtaires ; ils combattent à cheval , et des querelles très -multipliées , entre eux et avec leurs voisins , leur donnent des occasions fréquentes de déployer leur courage. Ils achètent le droit de pâturage au moyen d'un léger tribut au souverain du pays ; mais la juridiction domestique appartient aux chefs et aux vieillards. Il paraît que la première migration des Turcomans orientaux (i) , les plus anciens de leur race , eut lieu au dixième siècle de l'ère chrétienne. Dans le temps de la décadence des califes et de la faiblesse de leurs lieutenans , la barrière du Jaxartes fut souvent violée : après la retraite ou la victoire qui suivait chaque incursion , quelqu'une de leurs tribus, embrassant la religion de Mahomet, obtenait le droit de camper librement dans les plaines spacieuses et sous le climat agréable de la Transoxiane et de Carizme. Les esclaves turcs qui aspiraient au trône favorisaient ces migrations qui recrutaient leurs
(i) On peut découvrir les premières migrations des Turcomans et l'origine incertaine des Seljoucides dans l'histoire laborieuse des Huns, par M. de Guignes (t. i , Tables chronolog.y 1. V ; t. III , 1. VII , ix , x) , dans la Blblioth. oriental, de d'Herbelot (p. 799-802 , 897-901 ), dans Elmacin {Hist. Saracen. , p. 33 1 -333), et dans Abulpharage {Dynast.t p. 221, 222).
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armées , intimidaient leurs sujets et leurs rivaux , et prote'geaient la frontière contre les naturels plus sauvages du Turkestan : Mahmoud le Gaznevide abusa de cette politique plus qu'on ne l'avait fait encore ; il fut averti de son imprudence par un chef de la race de Seljouk , qui habitait le territoire de Bochara. Le sultan lui demandait combien il pourrait fournir de soldats : « Si vous envoyez un de ces traits dans notre camp , répondit Ismaël , cinquante mille de vos serviteurs monteront achevai. — Et si ce nombre , continua Mahmoud , ne suffisait pas ? — Envoyez , réphqua Ismaël , ce second trait à la horde de Ballk , et vous aurez cinquante mille guerriers de plus. — Mais, ajouta le Gaznevide, dissimulant ses inquie'tudes , si j'avais besoin de toutes les forces de vos tribus alliées ? — Alors , dit Ismaël , vous enverrez mon arc ; il circulera parmi les tribus , et deux cent mille cavaliers obéiront à cet ordre. » Mahmoud , effrayé d'une amitié si redoutable , fit conduire les tribus les plus dangereuses dans l'intérieur du Khorasan , où elles se trouvèrent séparées de leurs compatriotes par l'Oxus ; et il eut soin de former cet établissement de manière que des villes soumises l'environnassent de toutes parts. Mais l'aspect de la contrée tenta plus qu'il n'épouvanta la nouvelle colonie, et l'absence , et ensuite la mort de Mahmoud , affaiblirent la vigueur de l'administration. Les pasteurs devinrent des brigands : ces bandes de brigands formèrent une armée de conquérans ; ils ravagèrent la Perse jusqu'à la ville d'Ispahan, et au jfleuve du Tigre ;
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les Turcomaiis ne furent ni embarrassés ni effrayés de se mesurer avec les souverains les plus orgueilleux de l'Asie. Massoud , fils et successeur de Mahmoud , avait trop négligé les conseils des plus sages d'entre ses Omrahs : « Vos ennemis , lui répétaientils souvent , étaient dans l'origine un essaim de fourmis ; ce sont aujourd'hui de petits serpens , et si vous ne vous pressez pas de les écraser , ils acquerront tout le venin des plus grands reptiles. » Après quelques alternatives de trêves ou d'hostilités , après que ses lieutenans eurent éprouvé quelques revers ou obtenu des succès partiels , le sultan marcha en personne contre les Turcomans, qui , de tous côtés, fondirent sur lui sans ordre et en poussant des cris Ils défont affreux. « Massoud, dit l'historien persan (i), plongea des et sub- scul au milieu du torrent des armes étincelantes pour
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Perse. A. D. S y opposcr par des exploits d une lorce et d une valeur gigantesques , tels que n'en avait jamais déployé aucun monarque. Un petit nombre de ses amis, animés par ses paroles , par ses actions et par cet honneur inné qui inspire le brave , secondèrent si bien leur maître , que partout où il portait son redoutable glaive , les Barbares , fauchés ou épouvantés par son bras, mordaient la poussière ou se retiraient devant lui. Mais au moment où la victoire paraissait souffler
(i) Dow, Hiit. of Hincloitan , vol. i , p. 89 , 96 , 98. J'ai copié ce passage pour échantillon du style de l'auteur persan ; mais je présume que, par une bizarre fatalité , la manière de Ferishta aura été perfectionnée par celle d'Ossian.
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sur son étendard , le malheur agissait derrière lui ; il regarda autour de lui, et vil toute son arme'e, excepté le corps qu'il commandait en personne , dévorer les sentiers de la fuite. » Le Gaznevide fut abandonné par la lâcheté ou la perfidie de quelques généraux d'origine turque ; et cette mémorable journée de Zendekan ( 1 ) fonda en Perse la dynastie des rois pasteurs (2). Les Turcomans , vainqueurs , procédèrent aussitôt à l'élection d'un roi ; et si le conte assez vraisemblable d'un historien latin (3) mérite quelque crédit, le hasard décida du choix de leur nouveau maître. On écrivit successivement sur un certain nombre de traits les nojns des différentes tribus , des familles de la tribu désignée par le sort , et des membres de ces familles qu'il avait favorisées ; ils furent tirés l'un après l'autre des faisceaux par un enfant , et la cou-
(i)Le Zendekan de d'Herbelot (p. 1028), le Dindaka de Dow ( -vol. I 1 p. 97 ) } est , selon toute apparence , le Dandanekan d'Abulféda [Geograp., p. 345, Reiske), petite ville du Kliorasan , à deux journées deMarou,et célèbre en Orient par le coton que produisait son sol et que travaillaient les habitans.
(2) Les historiens de Byzance (Cedrenus, t. 11, p. 766, ^67; Zonare, t, 11, p. 2.55; Nicépliore Bryennius, p. 21 ) ont confondu dans cette révolution les époques et les lieux^ les noms et les personnes , les causes et les événemens. L'ignorance et les erreurs de ces Grecs , que je ne m'arrêterai pas à débrouiller, peuvent inspirer des doutes sur l'histoire de Cyaxare et de Cyrus, telle que la racontent les plus cloquens de leurs prédécesseiirs.
(3) Guillaume de Tyr , 1. 1 , c. 7, p. 633. La divination par les traits est ancienne et célèbre en Orient.
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ronne tomba sur Togrul-Beg , fils de Michel, fils de Seljouk , dont le nom fut immortalisé par la grandeur où parvint sa postérité. Le sultan Mahmoud , trèsversé dans la généalogie des familles de son pays , disait ne pas connaître celle de Seljouk ; ce chef paraît cependant avoir été puissant et renommé (i). Seljouk avait été banni du Turkestan pour avoir osé pénétrer dans le harem de son prince ; et, après avoir passé le Jaxartes à la tête d'une tribu nombreuse de ses amis et de ses vassaux , il campa aux environs de Samarcande ; ayant embrassé la religion de Mahomet, il obtint la couronne du martyre dans une guerre contre les infidèles. Sa carrière ne finit qu'à cent sept ans; son fils était mort, et Seljouk avait pris soin de ses deux petits-fils, Togrul et Jaafar : l'aîné était âgé de quarante-cinq ans lorsqu'il reçut le titre de sultan dans la cité royale de Nisabour. Ses vertus justifièrent l'aveugle détermination du sort. Il serait superflu de vanter la valeur d'un Turc ; son ambition
(i) D'Herbelot , p. 8oi. Au reste, lorsque sa poslérité fut parvenue au faite des grandeurs , Seljouk se trouva être le trente-quatrième descendant du grand Afrasiab, empereur deTouran (p. 800). La généalogie tartare de Zingis offre une autre manière de flatter et une autre fable; et l'historien Mirkhond fait venir les Seijoucides d'Alankavah, la Vierge mère (p. 801 , col. 2 ). Si en effet ce sont les 7jalzuts d'Abulgliazi-Babadur-Khan ( Hist. gcnéalog.., p. 1/(8 ) , on cite en leur faveur un témoignage de beaucoup de poids, celui d'un prince tartare lui-même , d'un descendant de Zingis, d'Alankavah ou Alancu, et OgUuz-Khan.