‹ Histoire de la décadence et de la chute de l'empire romain (volume 5)Chapitre 52 sur 68 · HISTOIRE DE LA DECADJÎACE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE LA DECADJÎACE

grec ou arménien à qui les Turcs permettaient de régner sur les chre'tiens d"Edesse , appela Baudouin à son secours. Le Normand accepta le titre de son fils et de son champion; mais dès qu'il fut introduit dans la ville, il excita le peuple à massacrer son père , s'empara du trône et des tre'sors , e'tendit ses conquêtes dans les montagnes d'Arme'nie et dans les plaines de Mésopotamie , et fonda la première principauté des Francs ou Latins , qui subsista cinquante-quatre ans au-delà de l'Euphrate (i). Siège d'An- L'été et fautomne se passèrent entièrement avant

tioche. A. D. ^ ^ ,

1097. Octc- que les Francs pussent pénétrer dans la Syrie. On Lif 21. A. D. . , .

1098. Jain 3. débattit lorteineut dans leur conseil si Ion entre-

prendrait le siège d'Antioche ,• ou si l'on séparerait Tarmée pour la laisser reposer durant l'hiver. L'amour des armes et le désir de délivrer le Saint - Sépulcre l'emportèrent, et leur résolution était peutêtre conforme à la prudence , puisqu'il est constant que chaque instant de délai diminue la terreur et la force d'une invasion , et multiplie les ressources d'une guerre défensive. La capitale de la Syrie était défendue par le fleuve de l'Oronte et par le pont de fer, pont de neuf arches , qui tire son nom de ses portes massives et de deux tours construites à cha-

colleclions de Bongars, Diiciiesiie et 'Mz^vX'S.waç^ [Esprit des Croisades ^ t. 1 , p. i3, \!\). Dans les querelles de ce pri::ce avec Tancrède, on peut opposer sa pariialué à celle de Radulplius Cadonîensis , le soldat et riiislorlen du vaillaul marquis.

(i) Voxez de Guignes , Uist. des Huns, t. 1 , p. 456.

DE l'empire romain, citap. lviit, 3^7 cune de ses extrémités. Elles ne résistèrent point à la valeur du duc de Normandie, et sa \ictoire ouvrit le chemin à trois cent mille croisés. Ce dénou)brement, en admettant des pertes et des désertions , prouve évidemment une exagération dans la revue de Nicée. Il n'est pas aisé de découvrir dans la description de la ville d'Antioche (i), un terme moyen entre son ancienne magnificence sous les successeurs d'Alexandre et d'Auguste , et l'aspect actuel de cette ville dans l'état de désolation où l'ont réduite les Turcs. La Tétrapolis ou les quatre villes, si elles conservaient leur nom et leur position , devaient laisser de grands vides dans une circonférence de douze milles; et celte étendue, garnie de quatre cents tours, ne cadre pas parfaitement avec les cinq portes citées si fréquemment dans l'histoire du siège. Antioche devait cependant être encore vaste , peuplée et florissante. Baghisien , vieux général , commandait dans la place à la tête des émirs. Sa garnison consistait en six à sept mille chevaux et quinze à vingt mille hommes d'infanterie. On prétend que cent mille musulmans y périrent par le fer , et ils devaient être inférieurs en nombre aux Grecs , aux Arméniens et aux Syriens , qui n'étaient que depuis

(i) Relativement à Antioche, voyez la Description du Levant, par Pococke , vol. ii, part, i, 188-1 gS; Voyage cCOtter en Turquie , e\.c, ^ t. 1, p. 81, etc. Le géographe turc dans les Notes d'Otter, Vindc.v géographique de Schultens [ad calcem Bohadin., vit. Saladini), et Abulfcila {^Tabula Syriœ , p. 1 1 5 , 116, vers. Reiske }.

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