‹ Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire RomainChapitre 31 sur 105 · GIBBON. CH. XX · texte numérisé non relu

GIBBON. CH. XX

La sublime théorie de l'Évangile avait fait moins d'impression sur le cœur de Constantin que sur son esprit; il poursuivit le grand objet de son ambition à travers les sentiers obscurs et sanglans de la guerre et de la potique , et , après ses victoires , il abusa sans modération de sa puissance. Loin de faire éclater la supériorité de ses vertus chrétiennes sur l'héroïsme imparfait de Trajan et des Autonins , Constantin perdit , dans la matutité de son âge, la réputation qu'il avait acquise dans sa jeimesse. Plus il s'instruisait dans la connaissance des saintes vérités, moins il pratiquait les vertus qu'elles recommandent, et dans la même année on le vit assembler le concile de Nicée, et ordonner le supplice, ou plutôt le meurtre de son fils. Cette date seule suffit pour réfuter les malignes et fausses réflexions de Zosime *, qui affirme qu'après la mort de Crispus les remords de son père acceptèrent des ministres de l'Évangile l'expiation qu'il avait en vain sollicitée des pontifes du paganisme. Lorsque Crispus mourut, l'empereur ne pouvait plus licsiterdans le choix d'une religion; il ne pouvait plus ignorer l'infaillibilité du remède que l'église possédait, quoiqu'il eût différé de s'en servir jusqu'au moment où l'approche de la mort le mit à l'abri de la tentation et du danger d'une rechute. Les évêques qu'il appela auprès de lui pendant sa dernière maladie, furent édifiés de la ferveur avec laquelle il demanda et reçut le sacrement du baptême, du serment qu'il fit d'être jusqu'à sa mort un disciple fidèle du Christ, et de l'humilité pieuse avec laquelle il refusa de reprendre la pourpre et les ornemens royaux , après avoir revêtu la robe blanche d'un néophyte.

L'exemple et la réputationde Constantin firent prévaloir l'usage de retarder la cérémonie du baptême *. Les tyrans qui vinrent après lui

n'a jamais été condamné par aucun concile général ou provincial , ni par aucune déclaration authentique de l'église. Le zèle des évêques s'est enflammé pour des objets beaucoup moins importans.

1 Zosime, I. n , p. 104. Cette insigne Aiusseté mérita et lui flt éprouver le mépris et les invectives de tous les écrivains ecclésiastiques, excepté le cardinal Baronius ( A. D. 324, n<> 15-28;, qui eut occasion d'employer l'inlidèle contre Eusèbe l'arien.

2 Eusèbe (I. iv , c. 61 , 62 , 63) annonce avec la plus

s'accoutumèrent à penser que le sang des innocens qu'ils auraient versé , que tous les crimes qu'ils auraient commis durant un long règne , seraient expiés par les saintes eaux de la régénération : ainsi l'abus de la religion détruisait les bienfaits de sa morale et les fondemens de sa vertu.

La reconnaissance de l'église a excusé les faiblesses et préconisé les vertus de son généreux protecteur, qui a placé la foi chrétienne sur le trdne du monde romain ; et les Grecs, qui célèbrent la fête de ce saint empereur, prononcent rarement le nom de Constantin sans y ajouter le titre d'égal aux apôtres *, Cette comparaison paraîtrait impie et ridicule, si elle avait en vue la réputation et les vertus de ces divins missionnaires; mais, si ce parallèle ne fait allusion qu'au nombre de leurs victoires évangéliques, le succès de Constantin en ce genre a peut-être égalé ceux des apôtres. Ses édits de tolérance firent disparaître les dangers temporels qui retardaient le progrès de la catholicité , et les ministres actifs de la foi chrétienne furent autorisés et encouragés à employer en sa faveur tous les argumens qui pouvaient subjuguer la raison ou exciter la piété. La balance égale entre les deux religions ne dura qu'un instant ; l'œil perçant de l'avarice et de l'ambition découvrit bientôt que la pratique de la religion chrétienne contribuait autant au bonheur du présent qu'à celui de l'avenir *. La soif des richesses et des honneurs , l'approbation de l'empereur, son exemple et ses exhortations répandirent rapidement le zèle et la conviction parmi la foule avide et vénale qui assiégeait constamment son palais. On récompensa par des privilèges municipaux et par des dons considérables les villes qui signalaient leur zèle par la destruction volontaire de leurs temples ; et la nouvelle capitale de l'Orient s'enorgueillissait de ce que Constantinoplc n'avait jamais été profanée par le

grande conflance le salut et la béatitude éterneUe de Constantin.

1 Voyez TinemoDt, Hist des Empereurs, t. iv, p. 429. Lrs Grecs , les Russes , et , dans des temps plus éloignés, les Latins eux-mêmes se sont empressés de placer le nom de ConsUnlin dans le catalogue des saints.

S Voyez le troisième et le quatrième livre de sa vie. Il avait ooutume de dire que , soit que la foi du Christ fût

culte des idoles '. Partout les dernières classes de la société se conduisent à l'imitation des grands, et la conversion des citoyens distingués par leur naissance , par leurs richesses ou par leur puissance, fut bientôt imitée par celle de tous les êtres dépendans, qui craignaient de perdre ou qui voulaient obtenir *. Le salut du peuple s'achetait à bon marché, s'il est vrai que dans une année douze mille hommes et un nombre proportionné de femmes et d'enfans furent baptisés à Rome, et qu'il n'en coâta qu'une robe blanche et vingt pièces d'or pour chaque converti *. La puissante influence de Constantin n'était pas circonscrite dans les limites étroites de sa vie on de ses états. L'éducation qu'il donnait à ses fils ou à ses neveux semblait devoir assurer à l'empire une race de princes dont la foi serait d'autant plus vive et sincère , qu'ils en avaient reçu les principes dès leur plus tendre jeunesse. Le commerce et la guerre répandaient la connaissance de l'Évangile au-delà des provinces romaines; et les barbares qui avaient dédaigné une secte proscrite et humiliée, respectèrent une religion adoptée par le plus puissant monarque du monde et par les

prediée du oœur ou seulement des lèvres , il s'en réjouirait toujours. (L. ui , c. 58. )

< Tillemont (Hist. d«s Empereurs, I. iv, p. 374-616) a défendu avec esprit et avec force la pureté de Constao* tinople contre quelques insinuations malignes du païen Zodoie.

iL'anteur'de lUistmre politique et philosophiques des deux Indes ( 1. 1 , p. 9) condamne une loi de Constantin , qui donnait la liberté à tous les esclaves qui embrassaient le christianisme. L'empereur publia eflleetivement une loi qui défendait auT Juif^ de circoncire , et peut-être de garder aucun esdcve chrétien. (Voyez Eusèbe, in Fit. Constant, I. nr, c. 27, et le Cod. Theodos., 1. xn, tit. 9, avec les Commentaires de Godefiroy , t. vi , p. 247 .) Mab cette exception ne regardait que les Juife , et la gàiéralité des esclaves qui appartenaient ou à des dirétiens ou à des païens] ne changenent point d'élai en changeant de religion. J'ignore par quelle autorité l'abbé Raynal a été induit en erreur , et le manque total de noies et de eitations est un défaut impardonnable de son intéressant oavrage.

3 VoyetJclasaneti SUvestri.; lUist. Eedésiast.;Nicéphor. Callist.,1. vin, c. 34, <tp Saronium; Annal. Ecclésiast , A. D. 324, n» 67, 74. Ces autorités ne sont pas bien respectables; mais les drconstances sont à probables en elles-même, que le savant Docteur Howdl (Hist. du Slonde , vol. lu, p. 14 ) n'a pas hésité i les adopter.

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peuples les plus civilisés '. Les Goths ctiles Germains qui s'enrôlaient sous les drapeaux de l'empire révéraient la croix qui briUail à la tête des légions, et ils répandaient parmi leurs féroces compatriotes des principes de religion et d'humanité. Les rois d'Ibérie et d'Arménie adoraient le Dieu de leur protecteur. Leurs sujets, qui ont invariablement conservé le nom de chrétiens, formèrent bientôt une alliance perpétuelle et sacrée avec les catholiques romains. On accusa les chrétiens de la Perse d'avoir sacrifié, pendant la guerre , les intérêts de leur pays à ceux de leur ireligion ; mais, tant que la paix subsista entre les deux empires, la persécution des mages fut toujours arrêtée par l'interposition de Constantin *. La lumière de l'Évangile brillait sur les côies des Indes. Les colonies de Juifs qui avaient pénétré dans l'Arabie et dans l'Ethiopie ' s'opposaient aux progrès de la foi chrétienne; mais la connaissance de la révélation mosaïque facilitait en quelque façon les travaux des missionnaires; et l'Abyssinie révère encore la mémoire de Frumentius, qui dévoua sa vie, du temps de Constantin , à la conversion de ces pays éloignés. Sous le règne de Constance, son fils Théophile *, Indieu d'exlrac-

* Les écrivains ecclésiastiques ont célébré la conversioa des barbares sous le règne de Constantia. (Vny. Sozom., I. u , c. 6; et Théodoret , 1. 1 , c. 23 , 24.) MaU Rufin, le traducteur latin d'Eusèbe, doit être considéré comme une autorité respectable. Il a tiré son rapport d'un des compagnons de l'apôtre d'Ethiopie , et de Bacusius , prince ibérien , et en même temps comte des domestiques. Le père Mamachi a donné une ample compilation des progrès du christianisme dans les premier et second volumes de son grand et défectueux ouvrage.

2 Voyei! dans Eusèbe (in Fit. Constant., l. iv, c. 9) la lettre pressante et pathétique de Constantin en faveur de ses iïéres chrétiens de la Perse.

3 Voyet Basnage, Hist. des Jui(^, t. vn, p. 182 ; t. vm, p. 333; t. u, p. 810. L'activité infatigable de cet écrivain poursuit les Juif^ jusqu'à l'extrémité du globe.

'* Théophile avait été donné , pendant son enfance , en otage par les habitans de l'Ile de Diva , ses compatriotes , et avait été instruit par les Romains dans les sciences et dans la foi chrétienne. Les Maldives , dont Malé ou Diva est probablement la capitale, forment un amas de 1900 ou 20OO petites lies dans l'océan indien. Les anciens ne connurent qu'imparfaitement les Maldives; mais elles sont décrites dans deux voyageurs mahométans du neuvième siècle, publiés par Renaudot. (Ceo^opA. nubientis,

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tion, reçut la double dignité d'évéque et d'ambassadeur. U s'embarqua sur la m«r Rouge avec deux cents chevaux de la meilleure race de Cappadoce, que l'empereur envoyait au prince des Sabéens et des Homérites. Théophile était chargé de beaucoup d'autres présens utiles et curieux, au moyen desquels on espérait exciter l'admiration et se concilier l'amitié des barbares. Le nouvel évéque fit avec succès, pendant plusieurs années , des visites pastorales aux églises de la zone torride '.

Les empereurs romains déployèrent leur puissance irrésistible dans le changement de la religion nationale. La terreur qu'inspiraient des armées formidables réduisit au silence les faibles murmures des païens, et il y avait lieu de croire que la soumission volontaire des ecclésiastiques et du peuple chrétien serait la suite de leurs principes et de leur reconnaissance. Les Romains avaient adopté depuis long-temps,comme une maxime fondamentale de leur constitution , que tous les citoyens , quels que fussent leur rang et leurs dignités , devaient également obéir aux lois, et que les soins et la police de la religion appartenaient aux magistrats civils. Il ne fut pas aisé de persuader à Constantin et à ses successeurs qu'ils avaient cédé, par leur conversion , une partie des prérogatives impériales , et qu'il ne dépendait plus d'eux de faire la loi à une religion qu'ils avaient protégée, établie et professée. Les empereurs continuèrent à exercer leur juridiction suprême sur l'ordre ecclésiastique; et le seizième livre du code de Théodose détaille, sous un grand nombre de titres , l'autorité qu'ils exerçaient sur l'église catholique.

Les Grecs et les Romains libres n'avaient jamais connu la distinction entre la puissance spirituelle et temporelle *; mais elle fut introduite et confirmée par l'établissement légal de la religion chrétienne. La dignité de su-

p. 30, 31 ; D'Herbelot, Bibliothèque Orientale, p. 704; Hist. générale des Voyages , t. vin.)

1 Philostorgius, I. m, c. 4,5,6, avec les Observations du savant Godeft-oy. Le récit historique fait bientôt place à des recherches sur la situation géographique du Paradis, sur des monstres extraordinaires, etc., etc.

î Voyez l'ÉpUrc d'Osios , ap. Jthanasium, vol. i ,

préme pontife, toujours exercée depuis Numa jusqu'à Auguste par les plus illustres des sénateurs, fut enGn unie à la couronne impériale. Le premier magistrat remplissait luimême les fonctions sacerdotales toutes les fois que la superstiti(moula politique le rendaient nécessaire *; et il n'existait, ni à Rome', ni dans les provinces , aucun ordre de (Hêtres qui réclamât un caractère plus sacréquecelui des simples citoyen», on qui prétendit à une communication plus intime avec les dieux. Mais dans l'église chrétienne, qui confie le service des autels à une succession de ministres consacrés, le souverain, dont le rang spirituel est moins vénérable que celui du moindre diacre , se trouvait placé hors dn sanctuaire et confondu avec le peuple des fid^es '. On pouvait regarder l'empereur comme le père de ses sujets ; mais il devait un respect et une obéissance filiale au père de l'église; et la vénération que Constantin n'avait pu refuser aux vertus des saints et des confesseurs fut bientôt exigée comme nn droit, par la vanité de l'ordre épiscopal '. La sourde animosîté qui régnait entre les juridictions ecclésiastiques et civiles em-

p. 840. La remontraace publique qull ftat forcé d'adresser au flls coBtenait les mênies principes de gouTemoneot dvil et ecdésiastitiue qu'O avùt secrètement tâché d'inspirer à son père.

* M. de la Bastie ( Mémoires de l'Académie des IjiscrfplioDS, t. ZT , p. 38-61 ) a prouvé, arec éridence, qu'Auguste et ses successeurs ont exercé en personne toutes les fonctions sacrées de suprême pontife ou grand-prêtre de l'empire romain.

2 Une habitude contraire commençait déjà à s'introduire dans l'ëglise de Coastantinople ; mais le sévère Amhroise ordonna à Théodose de se retirer du sanctuaire , cl hii fit sentir la diftérence- d'un monarque à un prêtre. (Voyez Tbéodôrel,l.T,c. 18.)

3 A la t9d)Ie de I'enq)erear Maxime, Martin, évêque de Tours, refut b coupe de celui qui ia présentait, et la remit à un prêtre dont il était accompagné, avant de permettre qu'elle passflt dans les mains de l'empereur. L'impératrice servit Martin à table. (Sulpioe Sévère, in fV. SancU Martini, c. 23, et le Dialogue n. T.) Cependant on ne sait si ces honneurs extraordinaires étaient rendus à la qualité de saint on i celle d'évêque. On peut trouver dans les Antiquités de Bin^iam (I. n, c. 9) et dans Vales. (<u( Theodorius, 1. n, c. 6) les distinctions accordées aux évêqnes. ( Voyez le cérémonial que Lé(«ee , évêque de Tripoli, exigea de l'impératrice ; TillemoDl, Hist. des Empereurs, t. a, p. 754; Patres Jpottol., t. n, p. 17».)

DECADEKCE DE L'EMPIRE ROMAIN, (359 dep. J.-C.)

barrassait le gouvernement romain. Les empereurs craignaient de se rendre odieux et coupables en attaquant des privilèges sacrés. La distinctîim des laïques et du clergé avait eu lieu chez beaucoup de nations anciennes. Les prêtres des Indes, de la Perse, de TAssyrie, de la Judée, de l'Ethiopie, de l'Egypte et de la Gaule , prétendaient tous tirer d'une origine céleste leur puissance et leurs possessions temporelles, et ces respectables institutions s'étaient insensiblement adaptées aux mœurs et au gouvernement de ces dilTérens peuples '. Mais la discipline de la primitive église était fondée sur une résistance dédaigneuse à l'autorité civile. Les chrétiens avaient été obligés d'élire leurs propres magistrats, de lever et de distribuer un revenu particulier, et de faire, pour régler la police intérieure de leur république , nn coide de lois ratifié par le consentement du peuple et par une pratique de trois cents ans. Lorsque Constantin embrassa la foi des chrétiens , il sembla contracter une alliance perpétuelle avec une société indépendante, et les privilèges accordés ou confirmés par cet emperenr et par ses successeurs furent acceptés, non pas comme des grâces précaires de la cour, mais comme les droits justes et ioaliénaMes de l'ordre ecclésiastique.

L'église catholique était gouvernée par la juridiction spirituelle et légale de dix-huit cents évéques ', dont mille étaient répandus dans la Grèce, et huit cents dans le pays latin. L'étendue et les bornes de leurs différens diocèses dépendirent d'abord du succès des missionnaires, et variaient relativement à leurs succès, au zèle des peuples, et à la propagation de l'Evangile. On construisit des

< Plutarque nous apprend , dans son traité dTsis et d'Osiris, qu'on initiait les rois d'Egypte , ansalôt après leur élection, dans l'ordre sacerdotal , lorsqu'ils n'âaîent pas prêtres.

2 Le catalogue original et les andens écrivaiiis ne fixent point lear nombre, et les Hsles partielles des é^fisa de rOrioit sont relativement très-modernes. La patiealc activité de Chartes de Sancto Paolo, de Lac HeM»nius , et de Bingham , a laborieBsemmt recherché tons les sièges épisoopeux de l'église caUiolique , qui eonpretuSfl presque tout l'onpire romain. Le neorième livre des Aaliqnités chrétiennes est une carte tc«s.exacte de géographie ecdésiàstiqae.

PAR ED. GIBBON. CB. XX

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églises épiscopales sur les rives du Nil, sur L^ côtes d'Afrique , dans le proconsulat de l'Asie, et dans tontes les provinces orientales de l'Italie. Les évéques de la Gaule, de la Tbrace et du Pont gouvernaient un vaste territoire, et envoyaient leurs suffragaosdans les campagnes pour remplir les fonctions subordonnées du devoir pastoral '. Un diocèse chrétien pouvait comprendre toute une province, ou être réduit à un village; mais tous les évéques avai^ftt un rang égal et indélébile. Ils étaient tous censés successeurs des apôtres ; le peuple et les lois leur accordaient à tons, les mêmes privilèges. Tandis que Constantin séparait par politique les professions civiles et militaire&, il souffrait la naissance d'un ordre perpétuel de ministres ecclésiastiques, toujours respectables, et souvent dangereux. On peut considérer leurs principales immunités sous les sefkt chefs suivans : 1. élection du peuple; 2. ordination du clergé; 3. propriétés; 4. juridiction civile; 5. censures spirituelles; 6. prédication publique; 7. privilège d'assend>lées législative».

La liberté des élections subsista longtemps après l'établissement de la foi chrétienne*; et les sujets de Rome jouissaient, dans l'église, du privilège, qu'ils avaient perdu dans la république, de choisir les magistrats auxquels ils s'engageaient à obéir. Aussitôt après la mort d'un évéque , le métropolitain donnait à un de ses suffragans la commission d'administrer le diocèse vacant, et de préparer, dans un temps limité, la future élection. Le droit de suffrage appartenait au clergé inférieur, qui était à portée

1 Au sojet des érêqnn de campagne on Chorepiseopi, tfnl votaient dans les synodes et coniiéndeBt les ordres inférieurs, Toyes Tbomaasin ( Discipline de l'Église, t. m, p. 447, etc.), et Cbardoo (Histoiw des Sacremens, 1 1, p.3Q6,eUi.).OB n'eaeDtendpointparler avant le quatrièine siècle ; et ce caractère équivoque, qui avait excité la jatonsie des prâats, flit aboli avant la fin du dixième siècle dans l'Orient et dans l'Ooeident.

2 Tliomassin ( Discipline de l'Église , t. n , I. n , .e. t-8 , f. 673-721 ) a déUiUé longuement les élections des érfrques, dorant les cinq premiers siècles, dans l'Orieiil et dansSl'Oeddent; mais il se montre très-partial en fiiveur de l'aiistocratie épiscopale. Bingham(l. nr, c. 2) M preuve de modération; elCbardw ( Histoire des Sacremens, t. IV , p. 108-128) est très-clair et très-concis.

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