‹ Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire RomainChapitre 47 sur 105 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

Révolte des Golhs. — Ils pillent la Grèce. — Deux grandes invasions de l'Italie par Alaric et Itadagaise. — Ils sont repousses par Stilicon. — Les Germains s'emparent de la Gaule. — Usurpation de Constantin en Occident. — Disgr&ce et mon de Slilicon.

Si les sujets de Rome avaient pu ignorer ce qu'ils devaient au grand Théodose, la mort (le cet empereur leur aurait bientôt appris avec combien de peine , de courage et d'inlelligence, il était parvenu à soutenir l'édifice chancelant de la république. Il cessa de vivre au mois de janvier, et , avant la fin de l'hiver de la même année, toute la nation des Goths avait pris les armes*. Les auxiliaires barbares déployèrent leur étendard indépendant, et avouèrent hautement le dessein que leur férocité méditait depuis Jong-temps. Au premier son de la trompette , leurs compatriotes, que le dernier traité condamnait à vivre en paix de leurs travaux rustiques, abandonnèrent les fermes , et reprirent leur épée qu'ils avaient posée avec répugnance. Les barrières du Danube furent forcées ; les sauvages guerriers de la Scythie sortirent de leurs forêts, et l'extrême rigueur de l'hiver donna occasion au poète de dire , < qu'ils > traînaient leurs énormes chariots sur les

< Les leçons de Théodose, oa plutôt Claudien (iv, Cons. Honor., 214-418), pourraient faire un excellent traité d'éducation pour le prince futur d'une nation libre. Hélait fort au-dessus d'Houorius et de ses sujets dégénérés.

2 Claadien parle clairement de la révolte des Gotbs et du blocus de CoDstanlinople {in Rufin., liv. ii, 7-100); Zosime , liv. v , p. 292 ; et Jornandès , rfc Rébus geticis , c. -29.

> glaces du fleuve indigné '. > Les habilans infortunés des provinces au sud du Danube se soumirent à des calamités avec lesquelles vingt-deux années d'habitude les avaient presque familiarisés. Des troupes de barbares , qui tiraient vanité du nom de Goths, se répandirent désordonnément depuis les c6te& de la Dalmatie jusqu'aux portes de Constantinople*. L'interruption, ou du moins la diminution du subside accordé aux Goths par la prudente libéralité de Tliéodose, servit de prétexte à leur révolte. Cet affront les irrita d'autant plus, qu'ils méprisaient les timides fils de cet empereur; et ils furent encouragés dans leur ressentiment par la faiblesse ou par la trahison du ministre d'Arcadius. Les fréquentes visites que Rufin faisait au camp des barbares, son affectation à imiter leur appareil de guerre, parurent une preuve suïlisante de sa correspondance criminelle, en même temps que les ennemis de la nation, soit par reconnaissance ou par politique, exceptaient avec attention de la dévastation générale les domaines du préfet. Les Goths, au lieu d'obéir aveuglément aux passions violentes de leurs différons chefs, se laissaient diriger par le génie adroit et profond d'Alaric. Ce générai célèbre descendait de la noble race des Balti", qui ne le cédait en dignité qu'à l'illustration royale des Amali. Il avait sollicité le commandement des armées romaines, et le refus de la cour impériale l'excita à lui en faire sentir la folie. Il résolut d'employer contre les Romains

1 AHI per Icrga (krods

DaouliU soildata muot ; expertaquc kdUs Frangunt stagna r»Us.

Claudien et Ovide amusent souvent leur imagination par des métaphores , en subsliluant des glaces épaisses à des eaux liquides.

2 Jérôme, 1. 1, p. 26. Il lâche de consoler son ami lléliodore , évêque d'Altinum , de la perte de son neveu Népotien , en lui faisant un détail curieux de tous les malheurs publics et particuliers de ces temps. ( Voyez Tillemont , Mém. Ecclés. , t. xii , p. 200 , etc.)

3 Baltha ou bold, en français hardi: Origo miriOca, dit Jornandès, c. '^9. CeUe race illuslreful long-temps célèbre en France, dans la province gothique de Seplimanie ou Languedoc, sous la dénomination corrompue de Raui ; et une branche de celle famille forma depuis un établissement dans le royaumede Naples (Grotius, m Prolegom. adUist. Gotltic. , p. 53.) Les seigneurs de Baux , près dXrles , et de soixante-dix terres qui en relevaient , étaient indépendans des comtes de Provence. (Longuerue, Description de la France, t. i, p. 3ô7. )

DECADENCE DE L'EMPIRE ROMAIN

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les talens dont ils s'étaient volontairement privés. Quelque espoirqu' eût Alaricdese rendre maître de Constantinople, ce judicieux général abandonna bientôt cette entreprise impraticable. Au milieu d'une cour divisée et d'un peuple mécontent, l'empereur Arcadins tremblait à la vue d'une armée de Goths; mais les fortifications de la ville suppléaient au manque de valeur et de génie. Du côté de la terre et de la mer, la capitale pouvait aisément braver les traits impuissans des barbares. Alaric dédaigna d'opprimer plus longtemps les peuples soumis et ruinés de la Thrace et de la Dacie, et il alla chercher la gloire et l'abondance dansuneprovinceéchappée jusqu'alors aux ravages de la guerre *. Le caractère des officiers civils et militaires auxquels Rufin avait confié le gouvernement de la Grèce confirma les soupçons publics ; et l'on ne douta plus qu'il n'eût le dessein de livrer au chef des Goths l'ancienne patrie des sciences et de la liberté. Le proconsul Antiochus était le fils indigne d'un père respectable, et Gerontius, qui commandait les troupes provinciales, semblait plus propre à exécuter les ordres tyranniqnes d'un despote, qu'à défendre avec courage et intelligence un pays admirablement fortifié par les mains de la nature. Alaric traversa sans résistance les plaines de MacédoineetdeThessalie, jusqu'au pied du mont Œta , qui forme une chaîne de montagnes escarpées, dont le sommet, couvert de bois serrés, était presque impénétrable à sa cavalerie. Elles s'étendaient d'Orient en Occident jusqu'aux bords de la mer, et ne laissaient entre le précipice et le golfe Malien qu'un intervalle de trois cents pieds, qui se réduisaient dans quelques endroits à une roule étroite où il ne pouvait passer qu'une seule voiture *. Un général habile aurait facilement arrêté et peut-être détruit l'armée des Goths dans cette gorge étroite des Thermopyles, où Léonidas, et trois cents Spartiates, avaient glorieuse-

* Zosime (1. v, p. 2d3-295) est le meilleur guide pour la conquête de la Grèce; mais les passages et les allusions 4e Claudioi sont autant de traits de lumière pour l'Histoire.

î Comparez Horodole (th, c. 176) et Tile-LïTe (xxtti, 15). Ce passage élroil, qui défendait la Grèce , a probablement élé élargi successivement par tous les envaliis- «eurs successifs.

ment dévoué leur vie; et peut-être la vue de ce sol sacré aurait-elle ranimé quelques étincelles d'ardeur militaire dans le cœur des Grecs dégénérés. Les troupes qui occupaient le détroit des Thermopyles se retirèrent, conformément à l'ordre qu'on leur avait donné, sans entreprendre d'arrêter Alaric ou de retarder son passage ' . Les plaines fertiles de la Phocideetde la Réotiefnrentbientôt couvertes d'une multitudedebarbares qui massacraient tous les hommes en état de porter les armes, et entraînaient aveô eux les plus belles femmes et les troupeaux à travers les flammes dont ils incendiaient leurs villages. Les voyageurs qui visitèrent long-temps après la Grèce distinguèrent encore les traces de la marche des Goths ; et la ville de Thèbes dut moins sa conservation à ses sept portes, qu'à l'empressement qu' Alaric avait de s'emparer d'Athènes et du port du Pirée. La même impatience l'engageait à éviter le retard et le danger d'un siège en offrant une capitulation; et, dès que les Athéniens entendirent la voix de son héraut, ils consentirent à livrer la plus grande partie de leurs richesses pour racheter la ville de Minerve et ses habitans. Le traité fut ratifié par des sermens solennels , et observé réciproquement avec fidélité. Le prince des Goths entra dans la ville, accompagné d'un petit nombre de troupes choisies. Il y prit le rafraîchissement du bain, accepta un repas splendide chez le magistrat, et affecta démontrer qu'il n'était point étranger auxusagesdesnationscivilisées *. Maistoutle territoire de l'Attique, depuis le promontoire de Suniuni jusqu'à la ville de Mégare, fut la proie des flammes et de la destruction; et, si nous pouvons nous servir de la comparaison d'un philosophe contemporain , Athènes elle-

< Il passa , dit Eunapius ( in fit. Philoseph. , p. 93, édit. Commelin, 10596) , à travers le détroit des Thermopyles. J'mTu? ituyMfr*p»>^in , utvif «Tia («/(ov »«' (ir«o«f OTOv tntitu tptyi»''. .,

2 Pour me eonformer i Jérôme et i Claadicn (iR Rttftn.,\. u, 191), j'ai chaîné un peu le récit de Zosime, qui diercbe à-adoucirles calamités de la Grèce. Nw (en eecToplaa mxitioit Ttiola muan.

Synesius (Epût civi, p. 272, édit. Petav.) obserw qu' Atbènrs, dont il impute les malbeurs à l'avarice du proconsul , était plus fameuse alors par son commerce de mid, que par ses écoles de philosophie.

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même ressemblait à la peau vide et sanglante d'nne victime offerte en sacrifice. La distance de Mégare à Gorinthe n'excédait guère trente milles ; mais la mauvaise route, dénomination expressive qu'elle porte encore chez les Grecs , aurait été facilement rendue impraticable pour une armée d'ennemis. Les bois épais et obscurs du mont Gitbéron couvraient l'intérieur du pays. Les rochers Scironiens, qui bordaient le rivage , semblaient suspendus sur le sentier étroit et tortueux , dans une longueur d'environ six milles , le long des cAtes de la mer '. L'isthme de Gorinthe terminait le passage de ces rochers si détestés dans tous les siècles; et un petit nombre de braves soldats auraient facilement défendu un retranchement temporaire de cinq ou six milles , entre la mer d'Ionie et la merCËgée. Les villes du Péloponèse, se fiant à leur rempart naturel , avaient négligé le soin de leurs mnrs antiques , et l'avarice des gouverneurs romains trahit cette malheureuse province après l'avoir épuisée *. Ârgos, Sparte, Gorinthe, cédèrent sans résistance aux armes des Goths , et les plus heureux des habitans furent ceux qui , premières victimes de la ihreur, évitèrent le spectacle affreux de leurs maisons en cendres et de leurs familles dans les fers '. Dans le partage des vases et des statues, les barbares considérèrent plus la valenr de la matière que le prix de la maind'œuvre. Les femmes captives se soumirent aux lois de la guerre ; la possession de la beauté servit de récompense à la valeur, et

I VilMa mart SdrOBl* nvo.

Et dm «Mttno «nMcleu cqnora mro ** * Istbmot.

ClMidten, dehell.Getieo, 188. Pausanias a décrit les rochers Scironiens (1. i, c. 4, p. 107, édit. Kuhn.), et nos voyageurs modernes, Wbeeler (p. 436) et Chaodler (p. 296), en ont aussi donné une descriptioD. Adrien rendit la route praticable pour deux voilures de nval.

iCtaudien {in Hufin., I. u, 186, «^ de Bell, getieo, 611, etc.) peint vaguement, mais pathétiquement, eetu seine dedévastatlon.

3 Tf <c fi*jt»pit AxfKot «ai riipxKic, etc. Ces superbes vert d'Homère (Odjrss., 1. r, 306), ont été transcrits par un des Jeunes captifs de Gorinthe ; et les larmes de Mummius peuvent servir à prouver que si le grossier conquérant ignorait la valeur d'un portrait original, il n'en possédait pas moins la véritable source du bon goQt, un cœur bientdsant. (Plutarque, ^jrmposiae., I. n, t. 2, p.737,éditWecbel).

PAR ED. GIBBON. GH. XXX

les Grecs ne pouvaient pas raisonnablement se plaindre d'un abus justifié par l'exemple des temps héroïques '. Les descendansde ce peuple fameux , qui avait considéré la valenr et la discipline comme les meilleures fortifications de Sparte , ne se rappelaient plus la réponse courageuse d'un de leurs ancêtres à un guerrier plus redoutable qu'Alaric : c Si

> tu es ua dieu , tu n'opprimeras point ceux

> qui ne t'ont pas ofTensé ; si tu n'es qu'un

> homme, avance, et tu trouveras des hom-

> mes qui ne te cèdent ni en force ni en con- • rage *. > Depuis les Thermopyles jusqu'à Sparte, le chef des Goths continua sa marche victorieuse , sans rencontrer un senl ennemi armé ; maisundesprosélytesdupaganismecxpirant assure avec confiance que la déesse Minerve , armée de sa redoutable égide , et l'ombre menaçante d'Achille', défendirent les murs d'Athènes , et que l'apparition des divinités de la Grèce épouvanta le hardi conquérant. Dans un siècle fécond en miracles, il serait peut-être injuste de priver Zosime de cette ressource commune ; cependant on ne peut pas se dissimuler que l'imagination d'Alaric était mal préparée à rece* voir, soit éveillé, soit en songe, les visions de la superstition grecque. Le barbare ignorant n'avait probablement jamais entendu parler ni des chants d'Homère , ni de la renommée d'Achille ; et la foi chrétienne qu'il professait dévotement lui enseignait à mépriser les divinités imaginaires de Rome et d'Athènes. L'invasion des Goths, loin de servir à relever les autels du paganisme, contribua, au moins accidentellement, à en anéantir les dernières traces; et les mystères de Gérés, qui subsis-

* Homireparlesans cesse de la patience exemplaire des femmes captives, qui livrèrent leurs charmes et donnèrent même leurs cœurs aux meurtriers de leurs ft'ères, de leurs pères, etc. Racine a représenté, avec un art admirable, une passion semblable dans le caractère d'Eripfaile éprise d'Achille.

2 Plutarque (m Pyrrho, t.n, p. 471, édit. Brian.) donne la réponse littérale dans l'idiome laconique. Pyrrhus attaqua Sparte avec vingt-cinq mille hommes d'infanterie , deux mille chevaux et vingt-quatre éléphans , et la défense de cette ville sans forliBcalions fait un bel éi«ge des lois deLycu^ue, même au moment de leur dédio.

I Tel peut.«lre qo'Homère l'a ri noblement représeoU (Iliirie, n, 164).

(aient depuis dix-huit cents ans, ne survécurent point à la destruction d'Eleusis et aux calamités de la Grèce '.

Un peuple qui n'attendait plus rien de ses armes , de ses dieux , ni de son souverain , plaçait sou unique et dernier espoir dans la puissance et la valeur du général de l'Occident ; Stilicon, à qui l'on n'avait pas permis de repousser les destructeurs de la Grèce, s'avança pour la délivrer*. II équipa une flotte nombreuse dans les ports de l'Istrie , et ses troupes , après une navigation heureuse sur la mer d'Ionie , débarquèrent sur l'isthme auprès des ruines de Corintbe. Les bois et les montagnes de l'Arcadie devinrent le théâtre d'un grand nombre de combats douteux entre deux généraux dignes l'un de i'au^e. La persévérance et le génie du romain l'emportèrent; et les Goths, fort diminués par les inaladies et par la désertion , se retirèrent lentcnsent sur la hante montagne de Pholoé, près des sources diiPénée et des frontières de l'Elide, pays sacré qui n'avait point encore éprouvé les calamités de la guerre ». Stilicon assiégea le camp des barbares, détourna le cours de la rivière ^ ; et, tandis qu'ils souffraient les maux insupportables de

'' ' Eunapius (in vit. Philosoph., p. 90-93) parle d'une troupe de moines qui trahirent la Grèce et suivirent l'armée des Golhs.

î Pour la guerre de Stilicon en Grèce, comparez le rédl impartial de Zozime ( I. v, p. 205, 296), arec le rédl rempli d'adulation de Claudien (i Consul. StUich., \. i, 172-186; IV Cons. JTcnor., 459-487). Comme l'événemenl ne fut pas glorieux , il est traité avec une obscurité fort adroite.

3 Les troupes qui traversaient l'Élide mirent bas leurs armes. Cette sécurité enrichit les Éléens qui s'adonnaient à ragricullure. Les richesses ameuèrenl l'orgueil ; ils dédaignèrent leurs privilèges et en Airent punis. Polybe leur conseille de retourner dans leur cercle magique. Voyez un discours savant et judicieux que M. West a mis en tête de sa traduction de Pindare.

* Claudien ( in iv Cons. Hon., 480) f^it allusion à ce bit, sans nommer la rivière, peut-être l'Alpbée (i Cons. Smeh.,\.\,\«S,).

..... Et Alplieiu geticU angostai acenU Tar4iur ad stenlos etiamoiun pcrgit ainorcs.

Je supposerais cependant plutôt le Pénée, dont le cours faible roule dans un lit vaste et profond à travers l'Élide et se jette dans la mer au-dessous de Cyllène. 11 avait été joint à l'AIphce , pour nettoyer les étables d'Augias. ( CeUarins, t. i, p. 760 ; Voyages de Chandler p. 286).

DECADENCE DE LEBIPIRE ROMAIN

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la soif et de la faim, le général romun, pour prévenir leur faite, fit entourer leur camp d'une forte ligue de circonvallation; mais, comptant trop sur la victoire, aprèsavoir pris ces précautions, il alla se délasser de tes fatigues en assistant aux jeux des théâtres grecs et à leurs danses lascives. Ses soldats quittèrent leurs drapeaux, se répandirent dans le pays de leurs alliés, et les dépouillèrent de ce qui était échappé à l'avidité des Barbares. Il parait qu'Alaric saisit ce moment favorable pour exécuter une de ces entreprises liardies dans lesquels l'habileté d'un général se déploie avec plus d'éclat que dans le tumulte d'un jour de bataille. Pour se tirer- de sa prison ^du Péloponèse, il fallait forcer les relranchemens dont son camp était environné , exécuter une marche difficile et dangereuse de trente milles jusqu'au golfe de Corinthe, et transporter ses troupes, ses captifs et ses dépouilles de l'antre côté d'un bras de mer, qui , dans l'endroit le plus étroit, entre Rbiuna et la côte opposée , est large d'environ an demi-mille '. Ces opérations furent sans doute secrètes, prudentes et rapides, puisque le général romain apprit avec la plus grande surprise que les Goths, après avoir éludé tons ses efforts, étaient en pleine et paisible possession de l'imporlanlc province d'Épire. Ce malheureux délai donna le temps à Alaric de conclure le traité qu'il négociait secrètement avec les ministres de Constantinople. La lettre hautaine de ses rivaux, et la crainte d'une guerre civile , forcèrent Stilicon à se retirer des états d'Arcadius, et à respecter, dans l'ennemi de la république, le caractère honorable d'allié et de serviteur de l'empereur d'Orient.

Un philosophe grec*, qui visita Constantinople peu de temps après la mort de Théo-

iStraboD, 1. Tn,p. 517; Pline, Hist. Natur., ir, 3; Wheeler, p. 308; Chandler, p. 275. Hs raesurérent de diflérens points l'intervalle des deux côtes.

' Synesius passa trois ans ( A. D. 397-400) à ConsUntinople, comme député de Cyrène à l'empereur Arcadius. Il lui présenta une couronne d'or, et prononça devant lui ce discours instructif {de Régna, p. 1-32, édit. Petav. Paris, 1612). Le philosophe fut toitévêque de Ptolémais, A. D. 410, et mourut à peu près en 430. (Voyez TiUemont Mém. Ecdés., t. xii„ p. 49»-554, 683-885. )

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PAR ED. GmSON. CH. XXX.

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