I ... CerUatum ssp« duornm
MTCTsnm siup««<ilt onus : om pomlare Jnda Verftt, M in grmiius nnut proTlida UiBca.
Claudien (1, 192-209) détaille si originalement lescireoastanoes de cette Tente , qu'elles semblent toutes appartenir i des anecdotes particottères.
2 Claudien (i, 154-170 ) parie du crime et de l'exil d'Abundanlius. Il ne pouvait passe dispenser de citer à cette occasion l'artiste qui fit le premier essai du taureau de bronze et présenté par lui i Phalaris. (Voyez Zosime, I. T, p. 303 ; Jérdme, t. p. 76. Il est difDcile de concilier laditrércnce qui existe entre ces deux auteurs sur le lieu d'exil dWbundaotius, mais l'autorité décisive d'Aslérius d'Amasée (Tillemont, Hist. des Empereurs, t. r, 435) doit foire pencher la balance en faveur de Pityus. ^' s Suidas a probablement tiré de l'histoire d'Eunapius le portrait défavorable qu'il fait de Timase. Le rapport de «on accusateur , les juges, le procès, etc. tout est parfaitement conforme aux usages des cours anciennes et modernes. (Voyez Zosime , 1. v, p. 298 , 299, 300.) Je suis presque tenté de citer le roman d'un grand maître, Fieiding ( t. iT, p. 49, etc. édil. ia-8°), qui peutttre considéré comme l'histoire d« la nature humaine.
temps. Haitre-général des armées sous le règne de Théodose , il avait signalé sa valeur par la défaite des Gotbs en Thessalie ; mais,' imitant l'indolence de son maître dans les loisirs de la paix, Timase abandonnait sa confiance à des flatteurs perfides , et , méprisant les clameurs du public, il donna le commandement d'une cohorte à nn officier inférieur généralement méprisé, qui l'en punitbientôt par son ingratitude. A l'instigatioD secrète de l'eunuque favori, Bargus accusa son protecteur d'une conspiration contre le souverain. Le général fut cité devant le tribunal d'Arcadius , et le premier eunuque , placé à côté du trône , suggérait à l'empereur les demandes et les réponses. Hais, comme cette manière de procéder aurait pu paraître partiale et arbitraire, on remit la plus ample information des crimes de Timase à Saturnin , consulaire, et à Procope , beau-père de l'empereur Valens , qui jouissait encore des respects dus à cette illustration , La probité de Procope maintint l'apparence de l'impartialité dans l'instruction , mais il se laissa entraîner malgré lui par l'adresse perfide de son collègue , qui prononça la sentence du malhenreux Timase. On confisqua son immense fortune au nom de l'empereur et an profit dn favori, et le mattre-général fut condamné à un exil perpétuel à Oasis , au milieu des déserts de la Libye*. Séquestré de toute société , ce brave général disparut pour tonjours. Les circonstances du reste de sa vie ont été racontées de différentes manières. Les uns prétendent qu'Eutrope envoya secrètement des assassins pour lui ôter la vie* ; d'antres disent que Timase périt d'inanition dans
■ Le grand Oasis était un de cescaolonsendavés d»iis\n sables delà Libye, et qui, arrosés desources, sontproprrsi produire du tVoment.del'orgeet des palmiers. Du nord au sud il Mbit environ trois jours pour le traverser, eldu levant au couchant à peu près une demi-journée. Il était iàmi jours de marche à l'occident d'Abydus, situé sur les borii I du NiL (Voyei d'Anville , Descriptioa de l'Egypte, p. 186, 187, 188.) Zosime, en comparant Oasis au désert Stérile qui l'environnne , admire sa fertilité, et lui donnel'épilbèle dlle fortunée. ( Zosime, 1. v, p. 300; Hérodote, m, 26.)
2 Claudien , in Eutrop., 1. 1, p. 180.
■arnorkin daris TioUtnr caedUms Hminon.
Ce vers fait évidemment allusion à la mort de Timase, dont le poète parait convaincu.
(415 dep. J.-C.) PAR ED.
le désert, en essayant de se sauver d'Oasis , et que l'on trouva son corps dans les sables de la Libye'; et d'autres assurent que son fils Syagrins , après avoir rassemblé une bande de brigands de l'Afrique , avec lesquels il éluda la poursuite des agens et des émissaires de la cour, délivra Timase de son exil et qu'on n'entendit plus parler ni de l'un ni de l'autre*. Mais le perfide. Bargus ne jouit pas long-temps de sa trahison ; Eutrope ;ne tarda pas à briser l'instrument de son crime.
La haine publique et le désespoir des particuliers menaçaient ou semblaient menacer la sûreté personnelle d'Eutrope et des individus attachés à son service pu élevés par sa faveur. Il inventa , pour la défense commune, une loi qui violait les principes de justice et d'humanité *. L II est ordonné, an nom et par l'autorité d'Honorius , que tous ceux qui, soit sujets ou étrangers, conspireront contre une des personnes reconnues par l'empereur comme membres de sa maison, seront punis par la perte de la vie et la confiscation de leurs biens. Cette loi contre] la trahison était si étendue , qu'elle protégeait non-seulement les premiers officiers de l'état et de l'armée qui siégeaient dans le conseil impérial, mais aussi les principaux domestiques du palais, les sénateurs de Gonstantinople, les commandans militaires et les magistrats civils des provinces, que les successeurs de Constantin comprenaient tous d'une manière vague dans le nombre de leurs ministres subordonnés. II. Cette extrême sévérité aurait pu paraître équitable, si elle n'eût tendu qu'à défendre les représentans du souverain contre les violences dont ils pouvaient être mena-
> Sozomène, I. vm, c. 7. H parle par ouï dire, «« -ntoc
titvdo/*n,
2 Zosime , I. t, p. 300. Cependant il semble soup- ^nner que ce bruit a été r^andu par les émissaires d'Eutrope.
3 Voyez Code Tbéod., I. n, lit. U,ad legem Come- Uam de Sicariis , leg. 3 ; et le oode de Justinien ( 1. ix, til. 8, ad legem JuUam de majestate , leg. 5.) Le changemenl du terme de meurtre en celui detrahison, est une subtilité de Tribonien. GodelVoi , dans unedissertatîon qu'il a insérée dans son commentaire, éclaircit celle loi d'Arcadius , et explique tous les passages obscurs qui ont clé déflgurés ou corrompus par les jurisconsultes des siècles antérieurs. (Vojr. t. ni, p. 88-111.)
GIBBON. CH. XXXII. 776
ces dans l'exercice de leurs fonctions. Hais tous les serviteurs du palais réclamaient ce privilège, ou plutôt cette impunité qui les mettait à l'abri, dans tous les momens de leur vie, du ressentiment souvent légitime de leurs concitoyens; et, par une étrange absurdité de la loi , une querelle particulière et une trahison préméditée contre l'empereur ou contre l'état encouraient la même punition, comme également criminelles. Le ridicule édit d'Arcadius déclare positivement qu'en matière de trahison les pensées doivent être punies avec autant de sévérité que les actions; que la connaissance d'un projet criminel, lorsqu'il n'est pas révélé à l'instant, devient aussi punissable que l'intention ' : et que les imprudens qui solliciteront le pardon des traîtres seront eux-mêmes flétris d'une infamie publique et indélébile. III. Quant aux fils des traîtres, ajoute l'empereur, quoiqu'ils dussent être compris dans le châtiment de leurs pères, parce qu'il est très-probable qu'ils ont au moins eu connaissance du crime, et qu'on ne doit pas compter sur leur fidélité pour l'avenir; cependant, par un mouvement de notre indulgence impériale, nous leur faisons grâce de la vie; mais nous les déclarons inhabiles à hériter, soit du côté de leur père ou de leur mère, ou à recevoir par testament aucun don ou legs d'un parent ou d'un étranger. Couverts d'une infamie héréditaire, privés de tout espoir d'acquérir des honneurs ou de la fortune, puissent-ils soufi'rir toutes les horreurs du mépris et de la misère, détester la vie, et désiser la mort comme leur seule ressource! > C'est dans ces termes si propres à insulter à tous lessentimcns de l'humanité, que l'empereur , ou son favori, applaudit à la modération d'une loi qui comprend
< Bartole entend, une connaissance pure et simple sans aucun signe d'approbation. En récompense d'une aussi abominable opinion, dit Baldus, il grille aujoud'hui dans les enfers. Quant [à moi . ajoute ; le discret Heineccius , (JElementJur. CivU.j I. nr, p. 41 1), jesuis forcé d'approuver la théorie de Bartole ; mais dans la pratiqué j'inclinerais pour le sentiment do Baldus. Cependant les commissaires du cardinal de Richelieu citèrent gravement Bartole, et le méprisable Eutrope fut en quelque paçon cause de la mort du vertueux de Tbou.
DECADENCE DE
4lAii6 no châtiment iofaste et inhinooia le» enfans de tous ceux qui ont favorisé ou qui n'oat pas découvert ces conspirations prétendues. Un grand nombre des plus sages règleniens de la jurisprudence romaine sont «nsevelis dans l'oubli; mais on a soigneusement inséré dans les codes de Théodose et de Justinien c^ odieux instrument de la tyrannie ministérielle, et les mêmes maximes ont été adoptées, dans des temps pins modernes, pour protéger les lecteurs de l'Allemagne et les cardinaux de l'église romaine '.
Cependant ces lois sanguinaires, qui répandaient la terreur parmi des peuples timides et désarmés, ne purent arrêter l'entreprise audacieuse de Tribigild l'Ostrogoth *. La colonie de cette nation guerrière , placée par Théodose dans un des plus fertiles cantons de la Phrygiè*, comparait impatiemment les bénéfices faibles et lents des travaux de l'agriculture, aux rapines heureuses et aux récompenses libérales qu'on obtenait sons les drapeaux d'AInric ; et leur chef était offensé de la manière désobligeante dont il avait été reçu dans le palais de Constantinople. Une province pacifique et opulente, située au centre de l'empire, entendit avec élonnement le cliquetis des armes, et le vassal, dédaigné tant qu'il fut fidèle, devint respectable dès qu'il eut repris les armes. Les vignes et les campagnes, situées entre le Marsias et le Méandre*, furent dévorés par le
' Godefiroi, t. ui, ^. 89. Oa soupçonne cependant que cette loi si coDtraire auK aiaximes de la liberté germanique a élé ftrauduleuseinent ajoutée à la Bulle d'or.
S Zozime nous détaille, dans un rédt dilTus et circonstancié, qo-'il aurait pu réserver pour un éréncment pins iiAéreaaaot (L t , p. 304-312), la révotte de TribigiM et de Gainas. (Voyez aussi Socrate, I. ri, c. 6. et Sozomène , 1. TU, c. 4.) Le second livre deCIaudien est un très-beau morceau d'histoire, quoiqu'imparMt.
3 Claudien (in Eutrop., 1. ii , 237-250) observe tr«sjudicieusemenl que le nom de l'ancienne Pbrygie s'étendit au loin de tous les côtés, jusqu'au leroe où elle Tut ressecrée par les colonies des BiUiyniens de Tbrace, des Grées, et enfln des Gaulois. Sa description (ii, 2S7-272), de la fertilité de la Phrj^ie et des quatre rivières qui char^ rient de l'or, est juste et pittoresque.
'XeaophoB, Jnabasis, I. i.p. 11-12, édit. Hutc. l. zn;
Strabon, p. 865, eilU.Jmstel;Qmat. Curt. i. ni, c. 1.
Claudien c(Mnpv« la jonction du Marsias rt du Méandre
. à celle de la Saône et du Khône , avec cette difllnrence ce-
L'OIPIRE ROMAIN, (415 dep. J.-C.)
feu. Les murs des villes achevèrent de crouler aux premiers coups de l'ennemi; les habitas* effrayés se sauvèrent sur les rives del'llellespont : presque toute l'Asie-Hineure ressentit les fureurs de Tribigild etde ses Ostrogoths. Les paysans delà Pamphyiie arrêtèrent unmo' ment les progrès de ceue invasion. Les Ostrogoths, attaqués dans un passage étroit, entre la ville de belge ', un marais profond et les roches escarpées du mont Taurus, perdirent les plus braves de leurs soldats. Mais ce revers n'efiraya point l'intrépide général. Son armée se recrutait sans cesse de barbares et de malfaiteurs qui cherchaient à exercer leur brigandage , sous le nom plus honorable de guerre et de conquête. La crainte et l'adulation déguisèrent dans les commencemeas les succès de Tribigild. Mab ils alarmèrent bientôt la cour et la capitale, on exagérait tous les événemois malheureux ; on ne s'entretenait que des desseins des rebelles et DU s'effrayait à l'idée seide de telles entreprises. Lorsque Tribigild avançait dans l'intérieur du pays , les Romains lui supposaient l'intention de franchir le mont Taums et d'envahir la Syrie; s'il descendait du côté de la mer, ils craignaient qu'il ne s'emparit de la flotte qui était dans les ports de l'ionie, et qu'il ne s'en servit pour étendre la dévastation sur toute la côte maritime depuis les bouches du Nil jusqu'au port de Constantinople. L'approdie du danger et l'obstination de Tribigild , qui refusait toutes les offres de conciliation , forcèrent Eutrope à assembler un conseil de guerre *. Après avoir réclamé pour lui le privilège d'un vétéran , il confia la
pendant , que la plut petite des rivi^w de Phrygie, au lies d'être accélérée , se trouve relardée dans son cours par ta plus grande.
< Selgx, colonie des Laoédémonicns, contenait anlrefois une population de vingt mille citoyens. Mais, du leaps de Zosinie, elle était réduite a'tire une iiituxf't ou petite ville. (Voyez Ca\atm,Geoerap. JiiUg., t. u, p. 117.)
s Leeonseil d'Enlrope, dans Gaudien, peut être eomparé i celui de Domitien dans la quatrième satire de JuvcaaI. Les principaux membres du premia* HaimAjuvenes protervi, lascivique senes. L'un d'eux avait été cuisiBier , l'autre cardeur de laine. Le langage de leur première prafession jette du ridicule sur leur nouvdle dignité ; et ieti cenvenation sur la œmédie, les actrices , les dansears, «te est rendu plus ridicule encore par la cfadear^i'ils BKt> taienl dans ces débats.
garde de la Thrace et de THellespont à Gainas leGoth, et il donna à Léon, son favori, ie commandement de l'année d'Asie. Ces deux généraux favorisèrent l'un et l'autre le succès des rebelles , mais d'une manière différente. Léon ', qu'à raison de, «a taille massive et de son esprit lourd on siimoaunait l'Ajax de rOrient, avait quitté son premier métier de cardeur de laine, pour exercer, avec moins d'intelligence et de succès, la profession militaire. Incertain dans ses opérations, il se décidait par caimce, et entreprenait sans prévoir lesdifficultés de l'exécution et sans en apercevoir les avantages. Les Ostrogotbs s'étaient engagés imprudemment dans une position dangereoae entre les rivières de Mêlas et d'Enrymédon, où ils furent presque cer^ nés par les paysans de la Pampfailie. Hais l'arrivée d'une année impériale , loin de les détruire, servit à leur délivrance et à leur triomphe. Tribigild surprit le camp des Romains dans l'obscurité de la nuit , séduisit la plus grande partie des auxiliaires bart>ares , et dissipa sans peine des tronpes amollies dans la capitale par le luxe et par l'indiscipline. Gainas, qui avait si adroitement con-' certé et si andaciensement exécuté le meurtre de Rufin , était irrité contre Entrope, et jaloux de sa fortune. Il accusait de bassesse honteuse sa l<HigHe patience sous le règne d'un vil eunuque, et l'ambitieux barbare fut convaincu, an moins dans l'opinion publique, d'avoir fomenté la révolte de Tribigild, son compatriote et son allié *. Lorsque Gainas passa l'Hellespont pour réunir sons ses drapeaux les restes des troupes de l'Asie, il conforma tous ses mouvemens aux désirs des Ostrogotbs : tantôt il se retirait du pays qu'ils voulaient envahir, et tantôt il s'approchait des ennemis pour faciliter la désenion des auxiliaires barbares. Le perfide Goth exagérait dans ses lettres à la cour impériale
< CUudiai 0- <i> P- 376-461) le peint comme un misérable, et Zosime , quoique beaucoup plus modéré dans ses expressioiis, confirme tous les reproches de Claudien (l.v,p.305).
2 La conspiration de Gainas et de Tribigild, que l'hi»ioiingrec aUesle, n'était pas parvenue i la connaissance de Claudien, qui attribue la révolte de l'OstrogoUi à sa passion pour la guerre et aux avis de sa femme. GIBBON, 1.
PAR ED. GIBBON. CH. XXXII
la valeur, le génie et les ressources de Tribigild , ei avouait qu'il manquait de moyens et de talens pour soutenir une guerre aussi difficile. Gainas obtint la permission de négocier avec son adversaire. Tribigild dicta impérieusement les conditions de la paix , et la demande de la tête d'Eutrope , exigée pour préliminaires, révéla l'auteur et le dessein de la conspiration.
L'écrivain qui , dans ses satires, a satisfait son ressentiment par la censure outrée des empereurs chrétiens, offense moins la vérité que la dignité de l'histoire, lorsqu'il compare le fils de Théodose à un de ces animaux doux et timides qui sentent à peine qu'ils appartiennent au berger qui les conduit. Deux seotimens , la crainte et l'amonr conjugal , éveillèrent un moment l'âme indolente d'Arcadius. Les menaces du rebefie victorieux l'effrayèrent , et il se laissa toucher par les prières d« l'impératrice Eudoxie, qui , tout en larmes et portant son enfiint dans ses bras , vint demander justice d'une insulte réelle ou imaginaire dont elle accusait l'audacieux eunuqne '. L'empereur signa l'arrêt d'Eotrope.'et rompit le talisman qui r^enait àtfWB quatre ans le prince et ses sujets sous la puissance d'un esclave. Les échos qui repaient de toutes parts les louanges du favori puissant, l'éloge de son mérite et de ses vertus, ne firent plus entendre que le reproche des vices de l'eunuqne disgracié, la liste de ses crimes et la demande réitérée de son supplice. Eutrope n'eut d'autre asile , dans sa détresse, que le sanctuaire de l'église, dont il avait essayé, sacrilégement on sagement, de limiter les privilèges. Le plus éloquent de tous les saints, Jean Chrysostôme, eut la gloire de protéger un ministre disgracié , auteur de sa fortune et de son élévation sur le siège archiépiscopal de Gonstantinople. Le prélat prononça du haut de sa chaire un discours pathétique sur l'instabililé des choses humaines, en présence de la foule
< Cette uecoote Jqne PbilMtorge a conservée (1. si, e. 6, et GothoAred. {Dissertât., p. 451-456), est curieuse et intéressante , en ce qu'elle lie la révolte des Gotbs avec les intrigues du palais. Ces deux auteurs sont les seuls qui en bssent mention.
ns
immense qui remplissait la cathédrale , et la Ttie dn favori autrefois si redoutable, étendu alors, pâle et tremblant, sous la table de l'autel, présentait un spectacle frappant et instructif. L'orateur, qu'on accusa depuis d'avoir insulté au malheur d'Ëiitrope, cherchait peut-être à exciter le mépris du peuple pour tempérer sa fureur '. L'humanité , la religion et l'éloquence l'emportèrent. L'impératrice, retenue par ses propres préjugés ou par ceux de ses sujets, n'entreprit "point de violer le sanctuaire de l'église, et Eutrope consentit à en sortir après qu'on lui eut promis par serment de lui laisser la vie *. Sans égard pour la dignité de leur souverain > les nouveaux ministres du palais déclarèrem, par un édit , que l'ancien favori avait déshonoré les noms de consul et de patrie; ils renversèrent ses statues, confisquèrent toutes ses richesses, et le condamnèrent à un exil perpétuel dans l'Ile de Chypre ". Un eunuque , disgracié et fiétri par les années , n'inspirait pomt de craintes à ses ennemis ; mais il n'était plus susceptible de goûter les biens qui lui restaient encore , la tranquillité, la solitude et la beauté du climat. Leur haine implacable le poursuivit jusqu'au dernier moment de sa vie. A peine Eutrope était arrivé dans l'ile de Chypre , qu'ils le rappelèrent précipitanunent , dans l'espérance d'éluder,
-* Voyez Hiomâie de saiat CbrysoslOme (t. m, p. 381- |86), dont l'exerde est d'une grande beauté; Socrale (I. n, c 5); Sozomène (!• nu, c. 7). Montraucon dans sa vie de CbrySMtOme (t. un, p. 135), suppose un peu l^irement que Tribigild éUdt alors i Constantioople, et que ce IM loi qui donna l'ordre aux soldats de se s^r d'Eutrope. Claudien lui-même , poète païen ( préface , ad Ub. ii , bi Eutrop., 27) , parle de la biitede l'eunuque dans le sanduaire.;
S«wU<iter<*x pii* kimllls pKMtmiu ad am , MlUgat Intat <roce UtaMstc nwiu.
S Chrysostôme, dans uneautre homélie (t. in, p. 386) , Miure qu'Eutrope n'aurait pas été pris s'il ne fût pas sorti de rég^. Zosime ( I. t , p. 313) prétend an contraire -fne ses ennemis l'arradièrent du saoetuaire, tÇ«p«<iC«rftt •vTti. Cependant la promesse est la preuve d'une aonreBlion ; et le témoignage de Claudien, dans la préface de ion second livre, p. 46:
Scd taaea ocarl» ma ftriè* Ino,
est sûrement la preuve de quelque promesse.
3 Cod.Theod, 1. a, tit. xl, leg. 17. Cette loi est mal à propos datée du 17 de janvier 399 , puisque la disgrlce d'Eutrope n'a pu arriver que dans l'automne de cette année. (Vojwz TUIeioont, HisL dei Empereurs, L v, p. 780.)
DECADENCE DE L'EMPIRE ROMAIN, (415 dep. 1.^,
par le changement de lien, l'<d>ligatioa dd
serment. L'impératrice fit transférer de Constantinople au faubourg adjacent de Chalcé^ doine le jugement et l'exécution. Le consul Auréliep prononça la sentence; et les griefs sur lesquels il la motiva font connaître la jnrisprudenc&~<l'un gouvernement despotique.
Les attentats d'Eutrope , les fortunes enva* hies , le sang des citoyens injustement répandu , suffisaient pour- justifier sa mort ; mais le crime principe ilont il est inculpé est d'avoir attelé à son propre char les animaux tacré$ dont la race et la couleur étaient exclusivement réservés au service du souverain'.'
Tandis que cette révolution se consommait. Gainas se révolta ouvertement, réunit ses forces avec celles de Trigibild à Thyatire en Lydie, et conserva toujours l'ascendant de b supériorité sur le chef rdielle des Ostrogoths '. Les armées confédérées s'avancèrent sans obstacle jusqu'au d^roit de l'Hellespont et du Bosphore ; et Arcadius, pour éviter h perte de l'Asie, consentit à remettre sa personne et son autorité entre les mains des barbares. On choisit pour le lieu de l'entrevue l'église de Sainte-Euphémie , située sur une éminence près de Chalcédoine *-. Gainas, après s'être prosterné respectueusement aux pieds de l'empereur, exigea le sacrifice d'Anrélien et de-Satumin, deux ministres consulaires, qui virent le. ^ive suspendu sur leur tète et -prêt à les frapper, jusqu'au moment oii l'audadeux rebelle daigna leur accorder un sursis honteux et précaire. Gonformément aux articles du traité, les^joths passèrent sur-le-champ d'Asie en Europe; leur chef victorieux, revêtu du titre de xnaitre-général des armées romaines, remplit Constantinople de ses troupes, et distribua parmi ses
* Zosime. I.V, p. 823,PiiUMtocge,Lxi,c8.
3 Zosime (I. ▼, P- 3<3-323.t Socrate (I. n, e. 4), S«mméne (I. vm, c 4), et Théodorel (I. t, e. 32, 33) , nwMtent , avec quelques dilTérences dans les ciroonstanoes , la conspiration', la débite et la mort de Gainas.
fZosime lui-même fait usage de l'eipresssion «Cmc E*- »>/4M lULpTuput , sans nùre aUeotioo qu'il emploie le langage des chrétiens. Evagrins décrit (1. n, c. 3), l'archUedure, U situation, les rdiques elles nrirades d» cette églisecâèbre, dans laqudle se lintdepdsle eoMBe de Chalcédoine.
(116 dep. I.-C.)
créatures les honnenrs et les richesses de l'empire. Dans sa jeimesse, Gainas avait passé le Danube en fugitif, et s'était présenté en suppliant. Il devait son élévation à sa valeur, secondée de la fortune ; et l'iinprud«nce ou la per&die de sa conduite précipita rapidement sa destruction. Ma^^ la vigoureuse opposition de rarchevéque, ilFéclaïaa obstinément la possession d'une église particulière pour ses barbares ariens ; et l'orgueil des catholiques s'offensa devoir tolérer publiquement l'hérésie '. Les murmures, le. tumulte et le désordre éclataient dans tous les quartiers de Constantinople ; les barbares contemplaient avec des yeux avides les boutiques des joailliers, et l'or qui couvrait les comptoirs des banquiers. On jugea qu'il était prudent de les éloigner de ces objets de tentation. Irrités de cette précaution injurieuse, les Goths essayèrent de mettre le feu au palais pendant la nuit '. Dans ces di^Msitions ' mutuelles de soupçon et d'animosité, les gardes et le peuple de Constantinople fermèrent les portes «t prirent les armes pour prévenir- la cons|Mration des Goths , ou pour s'en venger. Dans l'absence de Gainas , ses troupes furent surprises, et sept mille barbares perdirent la vie dans ce massacre. Les catholiques, animés d'un saint zèle, découvrirent les toits de l'église arienne, où leurs adversaires s'étaient réfugiés, et les écrasèrent en leur lançant des poutres enflammées. Gainas avait ignoré l'entreprise des Goths, ou en avait espéré trop légèrement le succès. Il apprit avecétonnement que la fleur de son armée avait péri sans gloire, qu'il était déclaré lui-même ennemi de L'empire, et que son compatriote Fravitta, général habile et affectionné à la cour -impériale, commandait les armées de terre et de mer. Gainas attaqua plusieurs villes de la
< Théodorel parle beuNOop des ptentesnBioiitniMC* de Cbrysostdnie, dont ce saint n'^poinl cependant Uusïé de traces dans ses écriu. Mais c'està torique Ttaéodoret prétend qu'elles enrent du succès, puisqueles bite démontrent le contraire. Tillemont ( Hist. des Empereurr, t, t , p. 383), a découvert que, pour satisfaire aux demandes de Qaïnas, l'empereuc fut obligé de fondre rargenterie de l'église des apMres.
3 Les historiens eodésiast^iaes, qui tanlM dirigent et tantM sniTent l'opinion publique, aasurent'queConitanUaople était gardé par une légion d'anges.
PAR ED. GIBBON. CH. XXXII. 779
Thrace; mais il les trouva tontes préparées à une défense vigoureuse, et ses soldats, manquant de subsistance, furent réduits à se nourrir de l'herbe qui eroissait autour desren^rts. Regrettant trop tard l'abondance* des provinces de l'Asie, le chef des rebelles résolut, dans son désespoir, de forcer le passage de l'HelIespont. Il manquait de -vaisseaux ; mais les forêts de la Chersonnèse offraient abondamment de quoi construire des radeaux; et les intrépides barbares étaient prêts à braver tous les dangers. Mais Fravitta guettait attentivement l'instant de leurentreprise, et , dès qu'il les vit au milieu du* canal, les galères romaines ' , serrées l'unecontre l'autre, s'élancèrent avec tonte l'impétuosité des rameurs, du courant, et d'un vent^ favorable. L'HelIespont fut couvert en uninstant des débris des. radeaux et des cadavres flottans des barbares. Après avoir vu périr ses plus braves sddats. Gainas , forcé- dot renoncer à sesespérances, et n'aspirant plus à gouverner ni à vaincre les Romains, conçut le projetde reprendre la vie errante et sauvage,- Un corps de cavalerie bari!)are , débarrassée de son infanterie et des gros bagages, pouvait aisément faire en huit ou dix jours le tra-jet .de cent lieues qui sépare l'HelIespont dn- Danube^; les garmsons de cette frontière impartante avaient été peu à peu réduites k riea; le: fleure était glacé profondément, etla. Scythie offrait une vaste perspective à> l'ambition de Gainas. Il communiqua secrè' tement son dessein aux troupes de sa- nation, qui-consentirent à suivre le sortde leur chef ^
i Zodm»(l. *, p> Sl^-donue à.eesgaléreS'le-Domd* Libumiennet, et obserrequ'elles égalaient par la rapidité de leur course les galères à cinquante rameurs ; mais il n'en explique point la difléroice.- B'oonvient cependant qu'elles n'égalaient pas celles qu'on nommait Trirème* , donton ne takùl plus nsagedepuislong-temps.llajoute, en citant ie témoignage dePolybe , qu'on arait construit dans les guerre* puniques des vaisseaux beaucoup plus grands. Depuis l'établissement de l'onpire romain sur là Méditerranée, la construction des grands vaisseaux flit négli^«9mme inutile , et biealM tout-à-fiiit oubliée.
2 Voyages de CbishtiU, p. 61-63-72-76. IlalU de Gailipoli par Andrinople Jusqu'au Danube en quinze Jours. U était de la suite de l'ambassadeur d'Angleterre, dont la bagage consistailen soixante-dix diariots. Ce savant voyageur a le mérite d'avoir tracé une route cariense et peu ftéquenlée. ■*
DECADENCE DE L'EMPIRE ROMAIN
mais, avilit de donaer le sigaal du départ, Us massacrèrent tous tes provinciaux anxiliaifes soupçonnés de quelque attachement pour leur pays natal. Les Goths s'avaBcèrent par des marches rapides à travers les plaines de la Thrace, et la vanité de Fravitta leur ôta bientôt tonte crainte d'être poursuivis. Au lieu d'achever d'éteândre la révolte, il retourna précipitamment à Constàntînople , pour jouir des applaudissemens du peuple et des paisibles honneurs du consulat. Mads un allié formidable vengea les Romains,, et défendit la paix et la liberté de la Scythie '. Le» forces supérieures d'Uldin, roi des Huns , arrêtèrent la marche de Gainas ; et un pays ennemi et ruiné s'opposa à sa retraite. Le général des Goths dédaigna de ca|Mtnler. Après avoir inutilement tenté plusieurs fois de s'ouvrir un chemin dans les rangs des ennemis, il périt sur le champ de bataille avec ses intrépides compagnons. Onze jours après la bataille navale sur l'Hdlespont, l'empereur reçut à CottStaotinople la tète de Gainas , comme un présent inestimable, et avec la plus vive expression de reconnaissance. On célébra la mort du rebelle par des fêtes et des illuminations; les victoires d'Arcadins devinrent le sujet de poèmes épiques *; et le monarque, délivré de ses terreurs, subitnonchalamment le joug paisible et absolu de la belle et artificieuse Eudoxie , qui avait terni sa gloire par la persécution de saint Jean Ghrysostôme.
Après la mort de l'indolent Nectarius, successeur de Grégoire deMazianze, l'église de Constàntînople fut déchirée par la rivalité de deux candidats, qui n'avaient pas rougi d'em-
* LerédldeZogioM, quieonduit Gabusenddi dultenube, estooDlredit par Socrate etparSoiomène, qid assurent qu il (kiltuédan* laThfaee, et par les dates préeiseset authentiques de la chronique Alexandrienne on Pasdial., (p. 307.) La victoire naraiede l'Hellespont est daUe du mois appdleos , le 10 des calendes de janrier ( décembre 23) , et la Mte de Gainas fut apportée i Constàntînople , le 3 des nones de janvier ( 3 janvier) , dans le mois andjiHens.
3 Eusebius SdiolasttcUB acquit de la réputation par son poème sur la guerre des Goths, contre lesqiieU il avait BervL Environ jnurante ans après , Àmmonius récila nn poème sur le même si^et, en présence de l'empereur TbMoie. (Voyez Socrate, l,vi, c. 6.)
ployer l'oret la séduction pour obtenir les sa(frages du peuple et du favori. Eutrope semble avoir déf ogé, dans cette occasion , à ses maximes ordinaires ; le mérite supérieur d'oa étranger avait fixé soD choix. Uavait eo récem* mèot l'occasion , en voyageant dans l'Orient, d'entendre les sermons éloqueos.de Jean, prêtre et natif d'Antiodie, dont le «om a été distin^é par l'éfudiète de GhrysostAme o« bouche d'or '. On expédia un ordre particulier au gonyemenr de Syrie ; et, conune le peuple aurait pu s'iqpposer au départ de leur prédicateur favori , on le transporu secrètement dans nn chariot de poste d'Antîoche i Constàntînople. Le conaentement unanime de la cour, du clergé et du peuple , ratifia le choix fait d'un prélat qui n'avait rien sollicité, et dcmt les vOTtus et l'éloquence surpassèrent tout ce que le public en attendait. Mé danslacapitide delà Syrie, d'une famille noble et opulente, ChrysostAme avait été élevé par une mère tendre , sous la conduite des maîtres les plus habiles. Il fit son cours de rhétorique à l'école de Libanius; et ce philosophe célèbre, qui découvrit bientôt les talens de son disciple, déclara que Jean aurait été digne de lui succéder, s'il ne se fût pas laissé séduire par les chrétiens. Sa piété le disposa de bonne heure à recevoir le sacrement de baptême, à renoncer à la profession honorable et lucrative de la jurispru-
< Le sixième iivrede Socrate, le huitième de Seswstee et le cinquième de Théodoret, olTtcot des matériaux oh rieux et auUieuliques pour la vie de ChrysoetAme. En outre de ces historiens, j'ai pris pour guides les quatre principaux biographes de ce saint : 1* L'auienr de la Dé- Cense partialede l'archevtqne de Constaatinopte wm^os^c en forme de dialogue etsousIenomdesonpartiaaBsélé, l'évtque d'Hélénopolis (TiUemont , Mém. Ecdés., L n, p. 500-533). Ene est insérée dans les ouvrages de Chryso»ttaie (t. im, p. 1-90 , édit Montflmcon). 2* Le modesU Erasme ( t. iii,éirist. ncL, p. 1331-1347, édit Lngd. Bal). SavimMéetlalnilessedeson Jugement hd a^paitieneat; sesemenrs Aaiveatètay attribuées à robicmrilé des antiquités eedétiastiques. 3* Le savantTillemMt (Mém.Eoeléstas&ques, t. xl p, l-ttS-MT-tCW, etc., dr.) U < la vie des saints avee une paUence incionMe et la demie attention. 11 a sempuiensement eiaminilet « gcsvolnmiaeuxdeChrystdffle lui-mime. 4* Le pèreMoatftucoD, qui a lu ces ouvrages avec toute l'esacUtade é'wm éditeur, a découvert phisienrs BoawilesiKMiétt», et a revu et composé «ne seconde vie de Chrytoettae ( Opéra Chrysoitom., t. xm, p. 91-117).
(lift dep. J.-C.) PAR ED. GIBBON
dence, et à s'enfoncer dans le désert voisin , où il dompta la foagae de ses sens par nne pénitence austère de six années. Ses infirmités le ramenèrent malgré ini dans le monde, et rantorité de Héletius dévoua ses talens au service de l'église. Hais an milieu de sa famille, et ensuite sur le àége archiépiscopai , Chrysostôme pratiqua toujours les vertus momistiqnes. U employa à fonder des hôpitaux les revenus que sesprëdécessears ^ssipaient eo luxe inutile ; et la multitude qui salffiistait de ses charités préférait les (Mscoors édifians de l'éloquent archevêque aux jeux du cirque et aux amusemens du théâtre. Les monumens de cette éloquence, qu'on' admira pendant plus de trente ans [à Antioche et à Constantinople, ont été soigneusement conservés; et la possession de plus de mille sermons on homélies a mis les critiques des siècles suivans* en état d'apprécier le mérite de Chrysostôme. Ils reconnaissent unanimemeat dans l'orateur chrétien, l'abondance et l'élégance del'élocntion ; la sagacité à cacher les avantages qu'il tirait de larhétoriqueet de la philosophie; un fondsinépnisable de métaphores, d'idées etd'images qui varient et embellissent les sujets les plus simples et les plus communs ; enfin l'art heureux de faire servir les passions à la vertu, et de démontrer la honte et l'extravagance du vice avec toute l'énergie et la vérité d'une représentatimi dramatique.
Les travaux pieux dn prélat de Constantinople irritèrent et réunirent peu à peu contre lui des ennemis de deux espèces différentes : le clergé , qni enviait ses succès ; et les pécheurs endurcis , que ses reproches offensaient. Lorsque Chrysostôme tonnait dans la chaire de Sainte-Sophie contre la corruption des chrétiens, il attaquait le vice en général, sans tracer de portrait particulier ; lorsqu'il déclamait contre les vices de l'opulence, la