‹ Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire RomainChapitre 63 sur 105 · CHAPITRE XXXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVI

Sac de Rome parGenseric, roi des Vandales. — Scf déprédalions navale». — Succession des derniers empereurs de l'Occident , Uaximus , Avilus , Majorien , Sévère, ADlkèiniu s, Oljbrius.GIyccrius', Nepos, Aogustule. — Extinction totale de l'empire d'OccideM. — Règne d'Odoacre, premier roi barbare de l'Italie.

La perte on la dévastation des provinces , depuis l'Océan jusqu'aux Alpes , obscurcirent la gloire et diminuèrent la puissance de Rome ; la séparation de l'Afrique avait totalement détruit sa prospérité intérieure.

Les Vandales confisquèrent toutes les pos-

< Les Bagaudes d'Espagne livrèrent pluàenrc battis aux troupes romaines. Idacius en parle dans pinaears articles de ses chroniques. Salvien a décrit Irès-énergiqaement leurs souffrances et leur révolte. • Itaque no«(t

> drium romanorum nnnc uUro repodiatur ac

• (ligitur , nec vile tamen sed eliam abominabile peac

• habetur EthinccstuteliamhiquiadbariMnf

» non confugi'int , barbari tamen esse c(^untur, seilicti

• ut biec pars magna Hispanorum, et non minima Gallo-

> rum OeB.ngaudisnuncmihisernioest,quip(r

» malos judices et cmenlos spoliati, adlicti, necati, posl-

• quam jus romame libcrlatis amiserant , eliam honorea

> romani nominis perdiderunt Vocamns rebdks,

> vocamus perditos quos esse compalioins crîminosos. • {De Gttbematione Dei, I. v, p. 15S, 150.;

PAR ED. GIBBOjN. Cil. XXXVI.

sessions des sénateurs, ci arrêtèrent les subsides qui ser>-aient, avant leurs conquêtes , à soulager l'indigence des plébéiens , et à encourager leur oisiveté. Une attaque imprévue aggrava bientôt les malheurs des Romains , et la province fertile et fidèle qui avait long-temps fourni à leur subsistance s'arma pour les attaquer, sons la conduite d'un barbare ambitieux. Les Vandales et les Alains, qui suivaient les drapeaux victorieux de Genseric , avaient acquis un riche territoire , qui s'étendait depuis Tanger jusqu'à Tripoli ; mais ce territoire, d'environ quatrevingt-dix jours de marche le long de la côie, était étroitement serré d'un côté par le désert , et de l'autre par la Méditerranée. La découverte ou la conquête des noirs babiuns de la zone torride ne pouvait pas tenter l'ambition du prudent Genseric ; mais il jeta ses regards vers la mer, résolut de créer une puissance maritime , et exécuta celte grande entreprise avec autant de persévérance que d'activité. Les bois du mont Allas offraient des matériaux inépuisables. Ses nouveaux sujets étaient également instruits dans l'art de la construction et dans celui de la navigation, n excita ses Vaodales à embrasser un genre de guerre qui leur livrerait l'entrée de tous les pays maritimes. L'espoir du pillage tenta les Maures et les Africains; et, après un intervalle de six siècles , les flottes qui sortaient deCarthage revendiquèrent de nouveau l'empire de la Méditerranée. Les succès des Vandales , la conquête de la Sicile , le sac de Palerme, et les descentes réitérées sur les côtes de la Lucanie , alarmèrent la mère de Valentinien et la sœur de Tbéodose. Elles formèrent des alliances, et préparèrent (les armemens dispendieux et inutiles, pour détruire l'ennemi commun, qui réservait son courage pour résister aux dangers que sa politique ne pouvait ni prévenir ni éluder. Tous les projets des Romains devaient devancer ses délais, ses promesses équivoques et ses concessions apparentes ; et l'invasion de son formidable confédéré, le roi des Huns, rappela les empereurs de la conquête de l'Afrique au soin de leur propre sûreté. Les révolutions du palais, qui laissèrent l'empire ^

d'Orient sans défenseur et sans prince légi- | ^tt. 9).

CIBBON, I,

time, dissipèrent les craintes de Genseric , et excitèrent son avarice. Il équipa promptement une nombreuse flotte de Maures et de Vandales, et jeta l'ancre à l'entrée du Tibre, environ trois mois après la mort de Valentinien et l'élévation de Maximus sur le trône impérial.

La vie privée du sénateur Pétronius Maximus ' a été souvent citée comme un exemple rare de la félicité humaine. Sa naissance était noble et illustre , puisqu'il descendait de la famille Anicienne ; il possédait une fortune immense en terres et en argent, et ajoutait à ces avantages l'instruction , les talens et les manières séduisantes qui ornent ou imitent les dons inestimables du génie et de la vertu, Il faisait avec grâce les honneurs de sa table et des plaisirs de son palais. Maximus ne paraissait en public qu'environné d'une foule de cliens *, parmi lesquels il comptait peutêtre quelques amis sincères. Considéré du prince et du sénat , il avait été élevé trois ibis au poste de préfet du prétoire d'Italie , deux fois aii consulat et enfin au rang de patrice. Ces emplois civils n'étaient pas incompatibles avec la jouissance du loisir et du repos. Toutes ses heures étaient , h l'aide du clepsydre, régulièrement distribuées entré les plaisirs et les affaires; et cette économie de temps annonce que Maximus savait jouir de sou heureuse situation. L'injure qu'il avait reçue de Valentinien pouvait seule excuser la plus sanglante vengeance. Cependant nn philosophe aurait pu réfléchir que, si la résistance de sa femme avait été sincère, sa chasteté était intacte , et que rien ne pouvait lui rendre sa pureté, si elle avait consenti aux désirs de son cormpteur.Un patriote aurait hésité à plonger lui-même et son pays dans le« calamités qui devaient être les suites inévitables de l'extinction de la maison impériale. Maximus négligea imprudemment ces consi-

< Sidonins Apollinaris composa la treizième épltre d* son second livre pour réfuter le paradoxe de son ami Serranus, qui conservait pour le dernier empereur une admiration bizarre quoique généreuse. Cette éptUe, élégamment écrite, aideà développer le caractère de Maximum.

* Clientum, pravia, pedisequa , circumfusa populoaita». C'est ainsi que Sidonius lui-même dépeint la suite qui environnait un autre sénaleur de rang consulaire (I. i.

DECADENCE DE L'EMPIRE HOMAIN

(4J55 dep. J.-C.)

aérations; il satisfit son agilMtioo et sa v^geance ; il vit expirer à ses pieds le coupable Yalentinieo, et fut séduit par la yoix du peupie et du sénat qui l'appelaient à l'empire ; mais son bonhetur finit avec la cérémonie de son inauguration, c Emprisonné dans sop palais j dit Sidonius , après y avoir vainement cfaerché le somsacil, il se leya en soupirant d'avoir atteint le but de tous ses désirs, et n'aspira plus qu';^ descendre de cette dangereuse élévation. > Fatigué du poids du diadtèqne, il con^ ses tristes réflexions à Fulgeatius. spo ami et son questeur; et se rappelant les plaisirs sereins de sa vie passée : « 0 fortiisé Damodés ', ^'écriait l'empereur, ton règne a du moivs fini dans le même repas oii il avait commencé : > all«)sion connue , que Fulgeutius publia depuis comme une leçon instructive pour les souverains et pour leurs sujets.

Trois mois terminèrent le règne de Maximns. Le souvenir de son crime, le remords et la terreur partageaient tous ses momens , dont il n'avait plus la disposition, et son trône chancelant était contiDueUem«pt ébranlé par les Boitions des soldats , des peuples et des baii>ares confédérés. Le mariage de son fils Patladius avec la fille du dernier empereur pouvait tendre à assurer la succession héréditaire dans sa famille ; mais la violence qu'il fit à l'impératrice Eadoxie ne peut être attribuée qu'à une impulsion aveugle de vengeance ou de brutalité. La mort avait frappé à propos sa femme , cause innocente de la révolution , et la veuve de Valeoiinien fut forcée de violer ta décence du deuil, et pentélre le sentiinfint de sa douleur, «t de passer dans les bras de l'usurpateur , qu'elle soupçonnait du meurtre de son mari. Ce soupçon tutbienlèt justifié par l'aveu iudiscretque Maximnsfit lui-même de son crime, et il alluma ninsiune haine implacable dans lecœurdeson épouse qui se rappelait le sang impérial dont

1 DUlrictiu foiii ml snpfr impU

Cerrke p^mtet , non sicnlc rfap«« Ogirem FlaborakiiiU uromn :

(twn iviiun dlharaaiM entiu Sommim rednceDt.

Uont. , Carmen., m, I.

Sidonius termine sa lettre par l'histoire de Danodte^ «Hiê Cieéroo {Tusetibtn., v, 20, 21) a raiwiiUe d'une ma^ tivstt si inimitable.

elle était sortie. Eudoxie n'avait point de secours à attendre de l'Orient , «pn père «t .«a tante Pulchérie ét;ùeat worts. Sa mère languissait à Jérusalem dans un ignominiettx exil; et le sceptre de Consuntinople était entre les .mains d'un étranger. Dans ce déuâmeat, eUe tot^rna ses regards vers C^Pthagp, et demanda secrètement le secours du rwi des Vandales; elle l'engagea à profiter d'inné si belle occasion pour déguiser ses des&eifls avides sous les noms de pitié, d'honneur «t de justice '. Quelque intelligence que Maximus eût montrée dans les emplois subordonnés, il en manqua pour l'administration d'uu empire; et, quoiqu'il piètre aisément instruit des préparatifs qi)! se faisaient sur U côte d'Afrique , le faible eiopereur attendit dans l'inaction l'approche de l'ennemi, sans adopter aucun plan de défense , de négociation ou de retraite. Lorsque Oenseric débarqua avec ses Vandales stir les bords du Tibre , les clameurs 'd'np peuple épouvanté et furieux tirèrent 9Ï9î(iQ)US de sa honteuse léthargie. La seule r^ssowrce qui se présenta à son esprit abattu fut une fuite précipitée, et il engagea les sénateurs à imiter l'exeqipl^ de leur souverain. Mais Maximus a'^ut pas plus tôt para dans la rue, qu'il fut assailli d'une grêle de pierres. Un soldat romain oh bourguignon prétendit à l'honneur de le frapper le premier. Soo corps déchiré lut jeté dans le Tibre. Le peuple romain se félicita d'avoir puni l'auteur des calamités publiques ; et les domestiques d'Eudoxie signalèrent leur «èle à la venger*.

Trois jours après ce tumulte, Genaerk, suivi de ses Vandales, s'avança du port d'Os^ tie aux porte» de Home, et, au lieu d'une foule de jeunes Romains armés pour la dë-

I Kb^é le lâBoignage de Pro««|^, Eri^us, Idamu^ Marcellio, etc., lesar^t Mifratori {4naeUi d'IttUfi) oc rruit point à la réalité de cette invitation. Non si puo dir quanto sia facile ilpopolo a sognare e spacciar voci fàlst. Mais son ar^mrnl M l'intervalle du temps et dn lieu est extrêmement faillie. Des figues réooltées p»és de Cartilage fur^t pcéiientées «lu sàm trois jpun ap«4» avoir été cueillies.

2 InMwine liM Burgniullo toctn

EliKr<Mttr«M*' M>MNI K>M*pl< ko.

SMoDias, in Pant^gr. Âvli., M.

Ce vers donne à penserqueRnme et Maximus ftirenl trahis par les Roun;iilgnoiis merreiiaires.

(4*5 dejp. J^.)

fenirfe, ori en vit âoirti¥ piiocessioftàetlement le vénéraWiB Léo* U lar téw de sort clergé '. L» fermeté du prêtât , son ëloqnence et son antoHté adoHcireÉl pour ta seeotade fois là férocité d'an conqtréranfËarbare. Le foi des Vanda^s promit d^cpar^nei' les citoyensdéS' armés, d'interdire tes inceB<Keis, et d'exempter les captifis de h toMiire; et, quoique eeâ osâtes n'ài«Bf été ni sévèrement donnés, ni strictement obéiâ, la raéd^iation de Léon' fut glorieuse ponr lui ei utHe à son pays. Mais Rome et ses habi«aMi$ â'en furent pas moins la proie des Maares et deâ Vandales, et les BouTeaux habitai» de tarlhage vengèrent ses anciennes injures. Le'pittag« coaiiniRa dnrairt quatorze jours eitq»wrorze nuits; et Genseric 6t soigneuscnteae fransporifer snV seà vaisseaux tes richesses publiques ei celles des particuliers et les â^ésorâ sâtrés aussi bieii que profanes. Parmi- les dépouilles, tes ornemens précieux dé deux «eiÂples, ou plutôt de dwre religions, offrirent Un exemple mémorable de la vicissiiudÊ des choses Ihimaines etifivines. Depuis FaboHÔon dw paganisme «n avait abandonné le Capitolë ; mois on respectait encore leâ statueA des dieitx et des héros, et la magnifique voât« de bronze doré ^ait comme réservée artx mains avides de tienseiît) ». Les instrumens sacrés du culte des Jdifs >, la tablé d'or, te chandelier d'or à ^pt branches , originairement construit d-'a-

< PiYMper et VBiêtorla Mscellan., att«t«nt le succès apparent du' pape Léoh ; mais l'opinien peu probable de itaronius, qui suppose que Genseric respeda les trois c^^lises apostoliques, n'est pas uiâme soutenue du témoignage suspect du Liber Pontificalis.

2 La prsftBiou de Calullus, qui dora le premier la voûte dn Capkoie, ne ftH pas généralement approuvée. (Plin., gat. Ntttur., xtxin, 18.) Mais un empereur le surpassa, et !• dorure eitririenre du' temple cofiU à Donilien douze imHetalen»(deux milHons quatre cent mille liv. sterling ). Les expressions de Claudien et de Rutilius, Luee metaUi ttmala. .... fàstigia astrit , eonfitnduKbpte vagos Mtibrtt mtcMttia viaus , prouvent évidemment que cette nagniSque couverture ne (Ut enlevée ni par les chrétiens ■i par les Goths. (Voyet Donat , Jtoma anUqua, I. n , «. év p. Vib.) II patate assez probable que la voftte dorée Mit ornée dé ttaineS derées^ et de chariots attelés de quatrt ebcrtaax.

3 Le lecteur curieux pAit coiHiilter le traité savant é' Adrien Retanid, dgipotUs teihpU IHeroiblyiiUtanî in armttitiano Romd eompiaais. {Trajecti ad Khenuhi, in-12, 1716). .

PAR ED. GIBBON. CH. XXXVI

près les insfruclions de Méti lin-m^mc, et (fii étaient placés dlans te sanctuaire de son (empte, avatent été" otfertsi avec ostentation en spectacle aux Romains dans te triomphé dé "titus/ et déposés ensoite dans te tempte de la Paix. Après quatre siècles, les dépouîlles'(te Jérusalem furent transportées de Rome à Carttegé par un bai'bare qttî tirait Son orrgtoe des côles de la mer B&ltique. Ces anciens' monnmens peuvent mériter l'attentiota âe la curiosité , aussi justement que celte dé Tavarice. Les élises chrétieBhéS , ornées et énrîeWeS par la dévoison de ces temps, offrirent Uiie proie abondante aux maihs' sacri-léges, et la pieuse libéralité du pape Léon , qui fondit sr* vases d'argent donnés par te {^«a^d Constantin, ch&cun du poids dé ceUt livres, est une preuve de 1* perte qu'il tâchait dé'réparer. I^ns tes quarante-cinq ans qui s'étaient écoulés depuis l'invasion des GothSj Rome avait pi<esque repris sa première magnificence, et il était diflScilé dé tromper ou dé rassasier l'avarice d'un conquérant qui avait te hnsir d'enlever tes richesses' de JA capkale, et déS vaisseaux pour tes transporter. Les oraemebs du patois impérial , les. meubtes, la garde-robe , la vaisselle, toutfot entassé sans distinction. L'or et l'argent s'élevèrent à plusteurs miniers de âdens, et l'éS barbare» ne négligèrent eependïint ai te cui<^ vro ni l'airain. Eudoxie elle-même paya chèrement son imprudence. On te dépouilla dé ses- bijoilx ; au moment oir elle venait au de> vant dé son libérateur et dé son allié. L'impératrice et ses deux filles , seuls restes dé la famille du grand Théodose, furent forcées dé suivre comme captives te sauvage Vandale; qui mit aussitôt à la voile , et rentra dans le port de Carthagc après une heureuse navigation '. Les barbares entraînèrent sur leurs vaisseaux des milliers de Romains des deu^ sexes, dont la figure ou les talens pouvaient' contribuer aux plaisirs de leiirs maîtres ; etv dans le partage des captifs, tes maris furent impitoyablement séparés de leurs

t he vafrtea* qiii transportait VA rdiques dii Capitole rut le seul (foU fit naufrage. SI uri païen eût parié de cet accident, il aurait sans doute téiUoigné sa joie de ce que celle cargaison sacrilège avait été engloutie dims la mer-

femmes , et les pères de leurs enfans. Us ne trouvèrent de secours et de consolation que dans la charité de Deogratias, évéque de Carthage '. Il vendit généreusement les vases d'or et d'argent de son église , racheta les uns, adoucit l'esclavage des autres, soigna les malades, et fournit aux différens besoins d'une multitude dont la santé avait beaucoup souffert dans le passage d'Italie en Afrique. Le digne prélat convertit deux vastes églises en hôpitaux, y pkiça commodément tous les malades, et se chargea de leur procurer tous les médicaroens nécessaires à leur état. Deogratias, quoique d'un âge trèsavancé, les visitait exactement le jour et la nuit. Son courage lui prétait des forces, et sa tendre compassion ajoutait un prix inestimable à ses services. Comparons cette scène avec les champs de Cannes, et jugeons entre Annibal et le successeur de saint Cyprien *. La mortd'Aétius et de Valentinien avait relâché les liens qui contenaient les barbares de la Gaule. Les Saxons infestèrent la côte maritime ; les Allemands et les Francs avancèrent des bords du Rhin sur ceux de la Seine; et l'ambition desGoths semblait méditer des conquêtes plus solides et plus étendues. L'empereur Maximus s'était débarrassé de ces soins éloignés par un choix judicieux. Fermant l'oreille aux sollicitations de ses amis, il avait écouté la voix publique, et élevé un étranger au commandement général des forces de la Gaule. Avitus ', dont le mérite fut si glorieusement récompensé, descendait d'une famille riche et honorée du diocèse

' Voya Victor VilcDsis , de Perseeul. Fondai., 1. 1, c. 8, p. 11, 12, edit. Ruinait. Dec^ralias n'occupa que trois ans le siège pontiflcal de Carthage; et, si l'on n'eQt pas pris ta précaution de l'enterrer secrètement, les babiians l'auraient dévotement mis en morceaux pour se partager ses rdiques.

2 On troure la mort de Maximus et le sac de Rome par les Vandales attestés par Sidonius {Panegyr. JvU., 441-450), Procop. {de BeU. Fondai., 1. 1, c. 4, 5, 188, 189, <t I. n, c 5, p. 255), Eragrius (1. ii, c. 7), Jornandès {de Rébus Getieit, c. 45, p. 677), et dans les Chroniques d'Idadus, Prospcr, ftlarcellinus et Théophane sous la même date.

3 On est réduit i tirer l'histoire de la vie priiée et de l'élévation d' Avitus du pan^yrique prononcé par Sidonius ApoUinaris, son sujet et son gendre, qu'on ne doit suivre qu'avec ciroonspection.

DECADENCE DE L'EMPIRE ROMAIN

(465 dep. i.-C.)

d'Auvei^ne. Il s'était également distingué dans les postes civils et militaires , oti les troubles des temps l'avaient successivement placé ; et son activité infatigable mêlait l'étude de la littérature et de la jurisprudenceà l'exercice de la chasse et des armes. Occupé pendant trente ans du service public, il avait déployé alternativement son talent pour la guerre et pour les négociations ; et le soldat d'Aétius, après s'être acquitté avec succès des plus importantes ambassades, fut élevé à la dignité de préfet du prétoire de la Gaule. Soit que le mérite d' Avitus ait excité l'envie, ou qu'il ait désiré lui-même goûter les plaisirs de l'indépendance et de la tranquillité, il se retira dans les domaines qu'il possédait aux environs de Clermont en Auvei^ne. Une source abondante qui formait une cascade naturelle , en se précipitant du haut d'une montagne, déchargeait ses eaux dans un lac de deux milles de longueur, et sa maison de campagne était agréablement située sur les bords du lac. Avitus y avait construit des bains, des portiques, des appartemens d'hiver et d'été ', et tout ce qui pouvait contribuer aux jouissances du luxe ou à la commodité. Environné dans sa retraite de la per> spective riante des bois et des prairies, Avitus occupait ses loisirs de la lecture, des plaisirs champêtres, de l'agriculture, et dans la société de quelques amis *, lorsqu'il reçut le diplôme de l'empereur, qui l'élevait au rang de maitre-général |de tontes les forces militaires de la Gaule. Dès qu'il eut pris le commandement, les barbares suspendirent leurs

1 D'après l'exemple de Pli ne- le-Jeune, Sidonius (1- u, e. 2) a Riii une description pompeuse, obscore et prolixe, de sa maison de campagne, nommée jtvUaeium, et qui avait appartenu à Avitus. On n'en connaît pas au Juste la position. On peut cependant consulter les notes de Sav*ron et de Sirmond.

2 Sidonius (I- n, épIL 9) donne la descriptiou de la manière dont vivaient les nobles de la Gaule, d'après une visite qu'il lit à un de ses amis dans les ravirons de Nismes. La matinée se passait à la paume, tphaerUterium, ou dans leur bibliothèque, qui était garnie d'auteurs btins, profanes et sacrés, les premiers i l'usage des hommes, et les autres pour le beau sexe. On se mettait deux fois i table, à dtiier et à sonper, et les repas oonsislaient en viandes diandes rAties et bouillies, et en vins. Dans Fintrrvalle des deux repas, on donnait , on se promenail à cheval, on l'on prenait des bains chauds.

(453 dep. J.-O.)

PAR ED. GIBBON. CH. XXXVI

déprédations, et, quels que soient les moyens qu'il [ait employés, les concessions qu'il ait été contraint de faire, il procura du moins aux peuples les douceurs de la paix. Mais le sort de la Gaule dépendait des Yisigoths ; et le général romain, plus attaché au bieu public qu'à sa propre dignité, ne dédaigna point de se rendre à la cour de Toulouse en qualité d'ambassadeur. Théodoric, roi des Goths, le reçut Tavorablement , et, tandis qu'Avitus posait les fondemens d'une alliance solide avec cette nation puissante, il apprit la mort de Maximus, et le pillage de Rome par les Vandales. Un trône vacant, où il pouvait monter sans danger et sans crime, . tenta son ambition' ; elles Visigoths consentirent sans peine à soutenir ses prétentions de leurs suffrages. Les barbares aimaient Avitus; ils respectaient ses vertus , et n'étaient point insensibles à la gloire et à l'avantage de disposer du trône de l'Occident. On approchait alors de l'époque où les sept provinces tenaient annuellement leur assemblée à Arles. La présence de Théodoric et de ses frères influa peut-être sur les délibérations de l'assemblée; mais leur choix devait naturellement tomber sur le plus illustre de leurs compatriotes. Après une résistance peu sincère, Avitiis accepta le diadème, et les acclamations des barbares et des provinciaux ratifièrent son élection. II sollicita et obtint le consentement de Marcien , empereur de l'Orient; mais le sénat de Rome et l'Italie, quoique humiliés par des calamités récentes, se soumirent en murmurant à un Gaulois assez présomptueux pour usurper l'empire.

Théodoric, à qui Avitus était redevable de la pourpre, avait acquis le sceptre par le meurtre de son frère aîné Torismond ; et il se justifia de son crime en accusant son prédécesseur d'avoir voulu rompre son alliance avec l'empire *. Un tel crime n'était pas

1 Trois lignes d'un historien véridique {romanum ambiisset imperium , Grég. de Tours, 1. n, c. 11, t. n , p. 168) anéantissent soixante vers du panégyr. (505-575) qvi décrit les elTorts de Théodoric et des Gaulois pour vaincre la modeste répugnance d'Aritus.

2 Isidore, archevtqae de Sérille, qui était lui-même de la famille royale des Goths, avoue et excuse presque (ffist. Goth., p. 718) le crime que leur esclave Jornandès arait bassement dissimulé (c. 43, p. 673).

peut-être incompatible avec les vertus d'un barbare; mais 'Théodoric avait des mœurs douces et humaines ; et nous pouvons présenter au lecteur le portrait original d'un roi des Goths, que Sidonius a soigneusement examiné au milieu des plaisirs paisibles de la société et de la conversation. Dans une épitre datée de la cour de Toulouse, l'orateur satisfait la cuiiosité d'un de ses amis par la description suivante '. < Par la majesté de sa personne, Théodoric obtiendrait le respect de ceux qui ne connaîtraient pas son mérite ; et, né prince, ce mérite suflirait pour le faire distinguer dans une situation privée. Il est d'une taille moyenne ; il a de l'embonpoint , sans être trop épais ; et la juste proportion de ses membres réunit la force à l'agilité *. £n le détaillant, vous lui trouvez le front élevé, des sourcils épais, un nez aquiliu, des lèvres minces , deux rangées de dents très-belles, et un teint fort blanc, plus fréquemment animé par la modestie que par la colère. Voici , autant que le public peut en juger, la manière dont il distribue son temps. Théodoric, accompagné d'un très-petit nombre de ses domestiques, se rend avant le jour dans la chapelle de son palais , desservie par le clergé arien ; mais ceux qui prétendent pénétrer ses véritables sentimens ne considèrent cette assiduité de dévotion que comme un effet de l'habitude et de la politique. L'administration de son royaume occupe le reste de sa matinée. Son siège est environné de quelques oflSciers militaires. La foule bruyante de ses gardes reste dans la salle d'audience , et n'entre point dans la chambre du conseil. On introduit successivement les ambassadeurs étrangers. Théo-

< Cette description soignée était sans doute dictée par qndque motif de politique. Elle était destinée au public; et les amis de Sidonius l'avaient répandue avant qu'on l'insérât dans la collection de ses Épllres. Le premier livre Ait publié séparément. (Voyez Tillemont , Hém. Ecclét., t. XVI, p. 264.)

2 J'ai supprimé dans le portrait de Théodoric plusieurs drcoDStanoes minutieuses el des termes tedmiques qui ne sont supportables on même intelligibles que pour ceux qui, comme les contemporains de Sidonius, IVéquentaicnt les marchés où les esclaves étaient exposés nus en tcdIc. (Dubos, Hist. critique, 1. 1, p. 404.)

DECADENCE DE L'EHPÎRE ROMAIN

dftric à«âuie avee auentioa, répond e»

peu dft motSy el, selon la natare des aftau'es,. 1« monarque anaooce oa diffère sa deraière résolutioB. A la seconde lieure, enviroB huit heures, il visite son trésor ou ses écuries^ Lorsqu'il part pour la ehasse ou pour se promener à cbevaii, un de sesfavoris porte son arc; mais, dès que la chasse commence,. Théodorie le tend lui-même, et nKinque rarement le but oè il a visé. Comme roi , il dédaigne de porter les armes dans une guerre si peu honorable ; mais comme soldat il rougirait d'accepter vm service miKtaire qu'il peut exécuter. Dam les jours ordinaires , ses repas ne diffèrent point de ceux d« simple citoyen ; mais tons les samedis il invite à sa table nn grand nombre d'illustres convives, et elle est servie dans ces occasion avec l'élégance de kt Grèce , l'abondance de la Gaule, et le bon ordre et la diligence de l'Italie '. La vaisselle d'or el d'argent est moins remarquable par son poids que par la main-d'œuvre. Les met» flattent le goèt sans qu'on soit oUigé d'à' voir recours à un luxe étranger et dispendieux. Le nombre et la grandeur desi verre» sont réglés par les loic= d'une sage tempe" rance, et le sitence n'est jamais interFompw q/ne par une conversatioii grave et instruc^ tive. Après^ le diner,. Théodorie se livre queiquefoi» un moment an sommeit, et et son réveil on hii apporte nue table et des' dés. Alors- il engage ses amis à oiMier le monarque , et se plaît à leur voir exprimer librement l'impression que les iacidens du jeu leur (ont éprouver. Dans ce jeu, que 'rhéodorio aime comme l'image de la guerre, on découvre alternativement sa vivacité, s» patience et sa gaité. Il rit toujours quandi il perd ; mais lorsqu'il gagne il garde un modeste silence. Cependant, malgré cette indifférence apparente , ses courtisans saisissent le moment où U estvictorien<x pour solliciter des faveurs , et j'ai eu moi-même quelquefois lieu de me féliciter de mes pertes*. A, la neuvième heure, environ

■ t Videas ibi etegantiam graosm, abuodMtian gallir caoam, celeritatem italam, publiesm poufauipriv»tam diligmliam, regiam disdpliBani. • I Tanc etiam ego aliqiUd obieeratunu féliciter

trois heures, Théodorie reprend les affaires jusqu'à Ia fin du jour ; or annonce le âouper du roi, et la foule des plaideurs et des supplians se retire. Durant le souper, repas où on jouit de plus de familiarité, on introduit quelquefois des- pantomimes et des bouffons pour divertir la compagne, et ■oo pour l'offenser par leurs- saHlies impertinentes; mails les chaateoses et toute OHwique langowense on efféminée sont sévèrement bannies. Les air» qui peuvent animer la valeur sont les seuls qui plaisent à Théodorie. Lorsqu'il sort de table, les gardes prennent aussitôt leurs postes- de nuit à la perle du trésor, du palais et de» appartemens. >

Lorsque le roi des Visigoihs encouragea Avitus à se revêtir de la po«i*pre, il hir- offrit sa personne et son armée conraie idèle allié de la républiqae '. Les exf»loits de Théodorie prouvèrent bientèt qu'il n'avait pas dégénéré de la valeur de ses ancétresi Après l'établissement des Goths dans l'Aquitaine, et le passage des Vandales- en Afrique, les Sikèves^ qui s'étaient fixés dan» laGÂUce, aspiraient à la conqiiéte de l'Espagne,- et menaçaientd'anéanlir les faibles restés de la- dominattion romaine. Les provinciaux de Tarragone et de Cartbagèae,.désolésper une invasion, représentèrent leurs craintes etletvs souffrances. Le coBHe Fronton s'y rendit au nom de l'empereur Avitus, et fît des- offres avantageaaes de poix el d'ailiaace; Théodorie interposa sa médiation, et déclara (fue, si son beau'frère, le roi des Suèves, ne se relirait pas sans délai , il se verrait contraint d'armer en faveur de Rome et-de la justice. «Dites-lui, répon-

> dit le présomptueux Rechiarius , q«ie je V méprise ses arsMS et son amitié ; et que j'é-

> prouveraibien(6t s'il a le courage d'^atteodre

> mon arrivée sàot portes-de To^use.-» Ce-

vineor, et mihi tabula périt utcaïua salvetur. Sid»nius d'Auvei^ne n'était pas sujet de Tbéodoric; mais il Tut peut-être obligé de soUidler la justice o» la fa?ew de la cour de Toulouse.

) lliéodoric a fait lui-méffle une promesse solenoelle et Toloiilaire de Odélité, dontoo avait connaioanne en Gmiia et en Espagne.

nanueiuin.tcdacc, imicus

FiHntipe t», nlila.

Wh».,Patiênr.À^.,SH.

PAR ED. GIBBON. CH. XXXVI

(45Cxlop.J.-C.)

déO décida Théodoric à pnéveoir les «lesseios de «Ml eaneim : il f>»ssa les Pyrénées à la tête idos Visigoths. Les Francs et les Boargnignoos suivirent ses étendards ; «t , quoiqu'il combalth m ooni d'Avitns, le prince barbare .atipida secrètement qu'il conserverait, (M>ur l»i H pour ses successeurs, la pos^ isessioD absolue de ses conquêtes d'Espagne. Les âmx armées parurent ea présence l'une de l'antre sur les bords de ia rivière Urbicus, à environ douz« nùUes d' Astorga , et la victoire décisive des Goilis anéantit pour quelque temps la pw issajàce ei le nom des Suèves. Ôu^cbampjde bataille, Tb/éodoric s'avança sur Braga , leur capitale , qui cooservait encore une partie de son commerce et de sa magnificence '. Le sang pe souilla point l'entrée du roi des Visigotbs , et ses soldats respectèrent la cbasteté de leurs captives, particulièrement des vierges consacrées. Mais une grande partie du peuple et du clergé fut réduite en esclavage, et le pillage s'étendit jusqu'aux églises et aux autels. L'infortuné roi des Suèves avait gogné un des ports de l'Océan ; ii»ai9 les veqts s'opposèrent à sa fuil£ : il fut livré à son rival ; et Rectuarius, qui ne désirait ui n'espérait point de grâce , reçut avec courage la mort qu'il aurait probablement infligée s'il eût été victorieux. Après avoir fait ce sacrifice à la politique ou an ressentiment , Théodoric conduisit son armée jusqu'à Uérida, capitale de la Lusitaoie, sans rencontrer d'autre obstacle que la puissance miraculeuse de sainte Eulalie. Mais il fut arrêté dans ses suoxîès , et rappelé précipitamment de l'Espagne, avant d'avoir pu assurer U conservation de ses conquêtes. Daus sa retraite, il se vengea de ce contre-temps sur le pays qu'il traversait; et, dans le sacd'Astorga et de Pollcotia, sa conduite fut celle d'un allié infidèle et d'un ennemi barbare. Tandis que le roi des Yisigolbs combattait et remportait des victoires signalées au nom d'Avitus, le règne de cet empereur était déj.i

I Qu'Cque tlnu pelagi JacUt se Bneani dites.

Anton., de Ctarlt Vrtlbut, p. 24$.

l» desseio du roi des Suères prouve ffub la navigatioD des ports de la Galice dans la Mcdilerraaée ^it d^A conaiie et pratiquée. Les vaisseaux de Bracai-a ou iiraga nariguaient le long des eotes , sans oser se kasardcf dans l'oci'an Atlantique.

terminé; et le malheur d'un ami, qu'il axiSl placé sur le trdne, blessa également les intë^ rets et l'orgueil de Tbéodoric '.

Séduit par les sollicitations pressantes du peuple et du sénat , Avitus avait consenti à fixer sa résidence à Rome, et aéeepié le consulat pour l'année suivante.Au premierde janvier, son gendre Sidonius Apollinaris célébra ses louanges dans un panégyrique de six cents vers; mais cette composition, quoique récompensée d'une statue d'airain ', fait peu d'honneur i soo génie et à sa véracité. Le poète, s'il est permis d'abaisser ainsi «e nom sacré , exagère le mérite de son père et son souverain ; et l'événement ne tarda pas à démentir sa prédiction d'un règne long et glorieux. Dans tm temps où la dignité impériale était presque réduite à une supériorité de travaux et de dangers, Avitus se livrait aux jouissances du luxe et de la volupté de l'Italie ; jeune encore, il s'abandonnait à ses passions sans retenue, et on prétend qu'après avoir séduit ou violé les Romaines , il se plaisait à railler et à insulter leurs maris'. Les Romains n'étaient disposés ni à excuser ses vices, ni à reconnaître ses vertus. Les divisions des difiërenles parties de l'empire se multipliaient tous les jours , et le Gaulois était pour le peuple un objet de haine et de mépris. Le sénat réclamait son droit légitime d'élire les empereurs ; et l'autorité qu'il tirait originairement de l'ancienne constitution se fortifia de toute la faiblesse d'une monarchie expirante. Cependant cette monarchie , telle qu'elle était , aurait eu peu à craindre d'un sénat désarmé, si le comte Ricimeri priucipal cununundant des troupes barbares, qui formaient presque toute la défense mili-'

< La guerre des Suèves est la partie ta plus authentique de la Chronique d'idacius , qui, comme évéque d'Iria Flavia, ea ftil le témoin et la victime. Jornandés (e. 44, p. 675, Kl%, 977) s'est étendu avec plaisir sur la victoire des Golbs.

1 Dans un des portiques on galeries de la bibliothèque (le Trajan , parmi les statues d« écrivains et des orateur» célèbres. (Sidon. .4poll. , I. ix , épit. 16 , p. 284, Carm., VIII, p. 350.)

3 Luxuriosi agere voUns, A senatoribus projeclus est, ditlaeoNiqnemenI Grégoire de Tours (I. ii, c. 2, t. h, p. 168.) Une ancienne chronique (t. h, p. 649) raconte une plaisanterie indécente d'Avitus , qui semble phis applicable h Uomc qu',^ Trèi'cs.

DECADENCE DE L'EMPIKE ROMAIN

(43G dep. J.-C.)

taire de l'Italie , n'eût appuyé leur inéconientement. La fille de Wallia, roi des Yisigoths, était la mère de Ricimer ; mais du côté paternel il descendait de la nation des Suèves '. Les malheurs de ses compatriotes réveillaient son patriotisme, ou blessaient peut-être sa vanité , et il obéissait avec répugnance à un empereur qu'on avait élu sans le consulter. Ses services importans le rendaient redoutable *. Après avoir détruit sur la côte de Corse une flotte d«i Vandales , composée de six galères, Ricimer revint triomphant avec le surnom de Libérateur de l'Italie. Il fit choix de cet instant, pour annoncer à Avitus que son règne était fini; et le faible empereur, éloigné de ses alliés les Visigoths, fut contraint d'abdiquer la pourpre après une faible résistance. Par clémence ou par mépris, Ricimer permit au monarque déposé d'occuper le siège épiscopal de Placenlia; mais l'implacable ressentiment des sénateurs en voulait à sa vie '. Avitus prit précipitamment la fuite vers les Alpes , sans espoir d'armer les Yisigoths en sa faveur; mais dans le dessein de se mettre en sûreté avec ses trésors dans le sanctuaire de Julien , uu des saints tutélaires de l'Auvergne *. Il périt sur la route, ou de maladie, ou de la main du bourreau. Cependant ses restes furent transportés avec décence à Brives on Brioude, dans sa province, et déposés aux pieds de son saint patron '.

i Sidonins {Panegyr. Jnthem., 303, etc.) fait un grand ëioge de la banle Baùsance de Ricimtf , qn'il suppose le Wgiline béritier des royaumes des GoUis et des Vandales.

> Voyez b «ironique d'Idacins. Jomandès (& 44 , p. CM) r^>pdle,aTec une apparenee de raison, Flrum egnffaoN, «t peut tune m llalià ad exercitum tingularem.

* Pareens innocentia Jviti. C'est ainsi que Victor TaBDunensis (ùi Chron. ap. Scaliger Euseb.) s'exprime d'un Ion de compassion dédaigneuse. Dans un autre «ndroit, il le nomme nr totius timpUeitatit. Cette louange est plus modeste, mais plus Traie et |rius sincère que celle de Sidonius.

< Il ftat martyrisé , dit-on , sous le règne de Diodétien. (Tdlanont, Mcm. Ecclés., t. v, p. 279, 606.) Grég. de irours, qui lui était parlicnlièrement dévoué, a dédié à la gloire de Julien , martyr, un livre entier ((le Gloria marfyTum, 1. n, in Max. Biblioth. Patnun, l. ii, p. 861- 871), dans lequd il raconte cinquante miracles opérés par ses reliques.

^ Grég. de Tours (I. n, c 11, p. 168) est conçu, mais exact, en parlant du régne de son compatriote. L'expre»-

Avitus ne laissa qu'une fille mariée à Sidonius ApoUinaris, qui hérita du patrimoine de son beau-père, en se lamentant de voir anéantir ses espérances publiques et personnelles. Son ressentiment lui fit joindre, ou du moins le poussa à soutenir le parti des rebelles de la Gaule , et le poète commit quelques fautes qu'il lui devint nécessaire d'expier par un nouveau tribut d'adulation en l'honneur du monarque suivant '.

Le successeur d' Avitus présente la découverte heureuse d'un grand et héroïque caractère, tel qu'on en voit naître quelquefois dans les sièclei corrompus pour relever l'honneur du genre humain. L'empereur Majorien a mérité les louanges de ses contemporains et celles delà postérité, et nous les trouvons exprimées d'une manière énergique et concise par un historien judicieux et impartial. < Adoré de ses sujets et redouté de ses en-

> nemis, il a surpassé dans toutes les vertus » tous les princes qui ont régné avant lui sur

> les Romains*. > Cet éloge au moins justifie le panégyrique de Sidonius, et il parait constant que, quoique le complaisant orateur eût flatté de même sans honte le monarque le plus méprisable, le mérite de celui-ci l'a contraint de se renfermer dans les bornes de la vérité *. Majorien tirait son nom de son grand-père maternel, qui avait commandé les troupes de la frontière d'illyrie sous le règne du grand Théodose. Il donna sa fille

sion d'Idaeios {Caret imperio, caret et vitd) semble annoncer que sa mort fut violente; mais il tant qu'elle ut été secrète, puisqu'Evagrios a pu supposer qu'il est Bort de la peste.

< Après en avoir appelé modestement i l'exanide de ses confrères, Virgile et Horace, Sid<»ius reconnatt knablement sa Haute, et promet de la réparer.

Sic nlhi dlTerso Duper sab Marte cadcoU ,

lutUli pladdo Victor st cswm inlno.

Scnrial ngo libi lenratl IId(iui poeUe,

AU|w mae tHs Um toa lit preUam.

Sidon. Apollinar., Carmen, ir, p. 30S. (Voyez Dubos, Hist. cril., 1 1, p. 448, etc.)

2 Les termes de Prooope méritent d'être transcrits.

2 Ce pau^rique tixl prononcé à Lyon avant la fln de l'année 458, tandis que l'empereur était encore consul. Oa y trouve plus d'art que de génie , et plus de travail que d'art Lesomemens sont ou taux ou de mauvais godt; l'expression est faible et prolixe, et Sidonius manquât d'inteUigcace pour Sxer babilement l'aUeotioa sur son priDcipri personnage. La vie privée de Majorien «st renfermée dans deux eenls vers (107-305).

(457 dep. J.-C.)

en mariage au père de Majorjen, officier respectable , qui adminislrait les revenus de la Gaule avec autant d'intégrité que d'intelligence , et qui préféra généreusement l'amitié d'Aélius aux offres insidieuses de la cour. Son fils, le futur empereur, après avoir été élevé dans la profession des armes, fit admirer, dès sa plus tendre jeunesse, un courage intrépide , une prudence prématurée, et une libéralité qui n'était bornée que par la modicité de sa fortune. Il suint les drapeaux d'Aétius , contribua à ses succès, partagea et éclipsa quelquefois sa gloire, et excita enfin la jalousie du patrice, ou du moins de sa femme, qui le contraignit à se retirer du semce '. Après la mort d'Aétius , Majorien fut rappelé et employé ; et son intimité avec le comte Ricimer lui fraya le chemin qui le conduisit jusque sur le trône de l'Occident. Durant l'interrègne qui suivit l'abdication d'Avitus , le barbare ambitieux, que sa naissance excluait de la dignité impériale, gouverna l'Italie sous le titre de patrice, céda à son ami le poste brillant de maitre-général de la cavalerie et de l'infanterie, et consentit, au bout de quelques mois , à satisfaire les vœux unanimes des Romains , dont Majorien venait de solliciter les suffrages en remportant une victoire complète sur les Allemands *. Il reçut la pourpre à Ravenne,et sa lettre, adressée an sénat , peut nous donner une idée de ses sentimens et de sa situation. < Votre élection, » pères conscrits , et la volonté de l'armée , > m'ont fait votre empereur ". Puisse la

I Elle voulait sa mort, et fut peu salisfaite de sa disgrâce; il semble qu'Aélius se laissait gouverner par » femme comme Bélisaireel Marlborough, et, quoiqu'elle fût d'une piété assez exeoiplaire pour opérer des miracles, sa dévotion se conciliait avec la bassesse et la cruauté.

- Les Allemands avaient passé les Alpes Rhétiennes, et (Urent défaits dans les Campi Canini, ou vallée de Bellinzona , dans laquelle coule le Tésin , en descendant du mont Adule ou Saint-Gottiard, dans le lac Majeur. (Cluvier, JUMa tmtiq., 1. 1, p. 100, 101.) Cette victoire tant vantée, remportée sur neuf cents barbares (Panégyr. de Majorien 373) prouve l'extrême faiblesse de l'Italie.

3 Imperatorem me factum P. C. electionis vestra arbitrio, et fortissimi exereitûs ordinatione agnoscUe. (NoveU. Majorian,, til. m, p. 31; ad calcem Cod. Theod.) SidoDius annonce les acclamations unanimes de tout l'empire.

PostqiuD ordiae Tttbit

Onk> onaU ngoum dcderat; pleb», carte, nUIct Etcolkgaslinul . . . . 3W,

CIBBON, I.

PAR ED. GIBBON. CII. XXXVI

Toute-Puissance diriger les entreprises et les événemens de mon administration à votre avantage et à celui du public! Je n'ai point sollicité le trône, mais je me suis soumis à y monter, et je me serais rendu indigne du nom de Romain, si j'avais eu la lâcheté de refuser une tâche pénible que la république m'a jugé digne de remplir. Aidez-moi de vos conseils ; partagez les devoirs que vous m'imposez; et puissent nos efforts réunis ramener la prospérité d'un empire que je reçois de vos mains! Soyez sûrs qu'à l'avenir la justice reprendra son ancienne vigueur, et que la vertu redeviendra, non pas seulement innocente , mais méritoire. Les délations * ne seront plus à craindre que pour leurs auteurs. Gomme citoyen, je les avais en horreur, et je les punirai sévèrement comme souverain. Notre vigilance et celle de notre père le patrice Ricimer régleront les opérations militaires, et pourvoiront à la sûreté du monde romain que nous avons défendu contre ses ennemis étrangers et domestiques *. Telles sont les maximes de mon gouvernement, et vous pouvez compter sur l'attachement solide et sincère de l'ancien compagnon de vos dangers, qui se glorifiera toujours du nom de sénateur, et tâchera de ne point vous laisser repentir du décret que vous avez prononcé en sa faveur '. » L'empereur , qui , sur les débris du monde romain, rappelait l'ancien langage des lois et de la liberté que Trajan n'aurait pas désavoué , doit avoir trouvé ces sentimens généreux dans son cœur, puisqu'ils ne lui étaient suggérés ni

< On pourrait lire dilaiiones comme delationes; mais, ce dernier mol onVanl un sens plus satisfaisant, jo lui ai donné la préférence.

2 Ab externo hoste et à doinesticH eladt liberavimus. Par la deniière, Mi^orien ne peut entendre que la tyrannie d'Avitus, dont il avouait conséquemment la mort comme une action méritoire. A cette occasion, Sidonius est obscur et emt>arrassé. Il parle des douze césars , des nations de l'Afrique, etc. , pour é>'itcr de prononcer le nom d'Avitus (205, 309).

I Voyez l'édit entier ou l'épitre de Majorien au sénat. {Novell., tit. IV, p. 34.) Cependant les mois Regnum nostrum portent un peu l'empreinte du siècle, el ne cadrent pas trop bien avec celui de respubtica, qu'il répète souvent.

DECADENCE DE I

par l'Qsage de son temps, ni par l'exemple de ses prédécesseurs.

On n'a qa'nne connaissance imparfaite des actions publiques et privées de Majorîen; mais ses lois, toutes remarquables par l'originalité de la penséejetde l'expression, peignent fidèlement le caractère d'un souverain qui aimait ses peuples et qui partageait leurs peines; qui avait étudié les causes de la décadence de l'empire , et qui était capable de remédier aux désordres publics autant qu'on pouvait raisonnablement l'espérer*. Tous ses règlemens relatifs aux finances, tendaient évidemment à faire cesser, ou du moins à diminuer les vexations. l'Dès le premier instant de son règne, il s'occupa à soulager les provinciaux dont les fortunes étaient épuisées, ce sont ses propres expressions, par le poids intolérable des indictions et des supermdictioBS *; et , pour y parvenir, il accorda une amnistie générale, et une quittance finale et absolue de tous les arrérages de tributs , ■et de toutes les dettes queIconqi\es que les officiers du fisc pouvaient exiger des peuples. Cet abandon sage de réclamations cruelles et inutiles rouvrit bientôt les sources du revenu public; les sujets, débarrassés d'un fardeau qui les jetait dans le désespoir, purent travailler avec reconnaissance et avec courage pour eux et pour leur pays. 2° Dans l'imposition et la collecte des taxes , Majorien rétablit la juridiction ordinaire des magistrats provinciaux, et supprima les commissions extraordinaires établies au nom de Tempereur et de ses préfets du prétoire. Les domestiques favoris qui obtenaient cette autorité illégale se conduisaient avec arrogance, et imposaient arbitrairement. Ils affectaient de mépriser les tribunaux subalternes , k n'étaient point contens si leurs profits ne montaient pas au double de la -somme qu'ils daignaient remettre dans le

^ Voyez les lois ile Majorien ; enes«onl au aombrc de neuf, Irès-loDgues el très-^ompliquécsi, à la fln du Code de Théod. (IToveU. , k it, p. 32, 37.) Godefroi n'a bit aucun conifflentaire sur ces dernières pièces

- • Fessas provincialium vilHa atque multiplid tribu- » lorum exactione foriunas, et estraordinariis flscalium > solulionum eneribus atlrilas,'elc. » (IVorell. Major., lit. I, p. 329.) '

EMPIRE ROMAIN, (467 dep. J.-C.)

trésor. Le fait 'suivant paraitrait pent-èire incroyable, si le législateur ne l'attestait pas lui-même. Les collecteurs exigèrent tout le payement en or; mais ils refusèrent la monnaie courante de l'empire, et n'acceptaient que les anciennes, marquées du nom de Fasstine ou des Antonins. Les particnli«rs qui n'avaient point de ces médailles avaient recours à l'expédient de composer avec leurs avides persécuteurs; ou, s'ils réussissaient à s'en procurer, leur imposition se trouvait doublée, eu égard au poids et à la valeur de la monnaie des anciens temps '. 3° c On doit,

> dit l'empereur, considérer les communan-

> tés municipales, que les anciens appelaient,

> avec raison, de petits sénats, connne l'âme

> des villes et le nerf de la république; et

> cependant elles ont été si maltraitées par * la jalousie des magistrats et par la vénalité

> des collecteurs , que la plupart de leurs

> membres , renonçant à leur dignité et à

> leur pays, se sont réfugiés dans les provin-

> ces éloignées. • Il les presse , il leur ordonne même de revenir dans leurs villes; mais il fait cesser toutes les vexations qui les avaient contraints d'abandonner les fonctions municipales. Majorien les charge de la levée des tributs sons l'autorité des magistrats provinciaux ; mais, au lieu d'être garans de toute la somme imposée sur leur district , ils doivent seulement donner une liste exacte des paiemens qu'ils ont reçus, et de ceux qui n'ont pas satisfait à leur part de l'imposition. 4° Majorien n'ignorait point que ces communautés n'étaient que trop déposées à se venger des injustices et des vexations qu'on leur avait fait souffrir , et il rétablit Fancien office de défenteur des villes. Il exhorte le peuple à choisir, dans use assemblée libre et générale, un citoyen d'une prudence et d'une intégrité reconnues, qui ait la fermeté de défendre leurs privilèges, de représenter leurs sujets de plainte, de protéger les pau-

I L« sarant Greaves (vol. i, p. 329, 330, 33t) a déraa verl, à force de recherches, que les owiet des Aatomn pesaient cent dix-huil grains, el que ceux du cinquième siècle n'en pesaient que soixanle-huit. Majorien donna cours à toutes les pièces d'or, en exceptant le solidits des Gaulois, non pas relativcmeut à son poids, mais à son titre.

(457 dep. J.-C.) PAR ED. GIBBON. CH. XXXVI.

. vres contre la tyraBnie des ricbes, et d'informer l'empereur des abus qui se commettent sous la sanction de son nom et de son autorité.

Le spectateur, qui contemple tristement les ruines de l'ancienne Rome, est tenté d'aeeuser les Gotbs et les Vandales d'un dégât qu'ils n'ont eu ni le temps ni peut-être l'envie d'exécuter. Les fureurs de la guerre pouvaient bien renverser quelques tours ; mais la destruction qui mina les fondemens de c«8 vastes édifices s'opéra lentement durant une période de dix siècles. L'empereur Majorien réprima sévèrement ceux qui, par des motifs d'intérêt , la continuaient de son temps sans honte et sans obstacle. La dépopulation de la capitale avait diminué l'utilité d'une partie des monumens publics. Le cirque et les amphithéâtres subsistaient encore, plutôt pour éveiller le désir des spectacles que pour le satisfaire, car on y donnait rarement des représentations. Les temples qui avaient échappé au zèle des chrétiens n'étaient plus habités ni par les dieux, ni par les hommes, et les faibles restes du peuple romain se perdaient dans l'espace immense des bains et des portiques. Les vastes bibliothèques et les salles d'audience devenaient inutiles à une génération indolente qui s'occupait rarement d'étude ou d'affaires. Les monumens de la grandeur impériale ou consulaire n'étaient plus révérés comme la gloire delà capitale; on ne les estimait que comme une mine de matériaux inépuisables , moins ohers et plus commodes que ceux qu'U aurait fallu tirer d'une carrière éloignée. Les magistrats romains accordaient, sous le prétexte le plus léger, la permission d'arracher des pierres ou des briques; on mutilait et on défigurait des chefs-d'œuvre d'architecture pour construire ou pour réparer quelque bâtiment obscur, et les Romains dégénérés démolissaient d'une main sacrilège les monumens de leurs ancêtres et ne songeaient qu'à s'enrichir de leurs dépouilles. Majorien, qui avait souvent contemplé ce désordre avec douleur, l'arrêta par une ordonnance sévère ' ; il réserva an prince et au sénat la

" < Ledit entier {,Noi'eU, Hft^jorian., lit. vi, p. 35) est

Ht

connaissance exclusive des circonstances qui pourraient nécessiter la destruction d'un ancien édifice, condamna à une amende de claquante livres d'or, ou environ 50,000 francs, tout magistrat qui prendrait sur lui d'en accorder la permission, et menaça de châtier la complicité des officiers inférieurs par l'antputation des deux mains. On trouvera peut-être qu'entre le crime et cette dernière peine le législateur n'observa point de proportion; mais son zèle partait d'un sentiment généreux , et Majorien avait à cœur de protéger les monumens des siècles dans lesquels il aurait désiré et mérité de vivre. L'empereur sentit qu'il était de son intérêt de multiplier le nombre de ses sujets , et que son devoir lui prescrivait de conserver la pureté du lit nuptial; mais il employa, pour y réussir, dea^ moyens douteux, et peut-être condamnables; on défendit aux vierges, qui consacraient à Dieu leur virginité, de prendre levoile avant l'âge de quarante ans. Les veuves, au-dessous de cet âge, furent forcées de contracter un second mariage dans le terme de cinq ans, sous peine d'abandonner moitié de leur fortime à leur plus proche héritier; on condamna et on annula même les ma«riages d'âges disproportionnés^ La confiscation et l'exil parurent trop faibles pour punir les adultères, et Majorien permit, par unedédaration, de leur donner la mort s'ils ren^ traient en Italie '.

Taudis que Majorien travaillait assidûment à rappeler chez les Romains le bonheur et la vertu, il eut à conxbattre Genseric, le plus.

très-curieux. • Antiquarum œdium dlssipatur speciosa.

• eonstructio; et, ut aliquid repcretur, mi^ni firuantur..

> H\ot Jam occasio nascttur, ut etiam niHnqnteqae fintr-

> Uira cAifloium oonstmens, per gratiaa judicun. .... » prxsuoiere de publicis locis necessaria , et transferre

• Don dubitet, etc. > Pétrarque répéU les mêmes plaintes dans le quatorzième siècle avec autant de ïèle, maia «ree moins de puissance et de succès. (Vie de Pétrarque, t.4, p. 326 , 327.) SI je «onlinne cette hialolre , je n'oublierai point la déeadesoe et la destruction de U vUIe de Rome, objet intéressant auquel j'avais borné mon premier plan.

«L'empereur réprimande Rogatien, consulaire de Toscane, et le blâme de sa douceur, d'un ton d'a^nr qni ressemble au ressentiment porsoanel. {Novell. , lit. ix , p. 37.) La loi qui punissait l'obstination des veuves fUt révoquée par Sévère, successeur de Majorien.

DECADENCE DE L'EMPIUE ROMAIN

iomùdable de leurs ennemis, par son génie, ses forces et sa situation, tlne flotte de Maures et de Vandales aborda à l'entrée du Liris ou Garigliano ; mais les troupes impériales surprirent les barbares chargés des dépouilles de la Gampanic, en massacrèrent le plus grand nombre, et forcèrent le reste à regagner leurs vaisseaux. Le beau-frère de Genseric, qui commandait l'expédition , fut trouvé dans le nombre des morts '. Celte vigilance annonçait l'esprit du nouveau règne ; mais la plus rigoureuse vigilance , les forces les plus nombreuses n'auraient pas suffi pour défendre la côte étendue de l'Italie contre les déprédations d'une guerre navale. On attendait du génie de Majorien une entreprise plus hardie, et plus avantageuse pour l'empire. C'était de lui seul que Rome osait espérer la restitution de l'Afrique ; et le dessein qu'il forma d'attaquer les Vandales dans leurs nouvelles possessions était le résultat d'une politique judicieuse et hardie. Si l'intrépide empereur eût pu inspirer une partie de son courage à la jeunesse de l'Italie, s'il eût pu ranimer la pratique des exercices du Champ-de-Mars , dans lesquels il avait toujours surpassé ses rivaux, il aurait attaqué Genseric à la tête d'une armée de Romains. Une génération naissante pourrait adopter cette réforme des mœurs nationales; mais un prince qui travaille à reculer la décadence d'une monarchie chancelante est presque toujours forcé , pour obtenir quelque avantage immédiat ou détourner quelque danger pressant , de tolérer et même de multiplier les abus les plus pernicieux. Majorien fut réduit, comme le plus faible de ses prédécesseurs , à l'expédient honteux de remplacer ses timides sujets par des barbares auxiliaires; et il ne put prouver la supériorité de ses talens que par l'adresse avec laquelle il sut conduire un instrument dangereux , si susceptible de blesser la main qui l'emploie. Outre les confédérés qui étaient déjà enrôlés au service de l'empire, la réputation de sa valeur et de sa probité attira les barbares du Danube, du Borysthène, et peut-être du Tanaïs. Les plus braves soldats

• Sidonius, Panegyr. Majoriem., 385-iV).

(457dep. J.-C.)

d'Attila, les Gépides, les Ostrogoths, les Rugiens,les Bourguignons, les Suèves et les Alains s'assemblèrent par milliers dans les plaines de la Ligurie; mais leurs forces redoutables étaient balancées par leurs animosités mutuelles * ; ils passèrent les Alpes pendant un hiver très-rude. L'empereur à pied marchait à leur tête, couvert d'une armure complète ; il sondait avec un bâton la profondeur de la glace ou de la neige, et enccurageait les Scythes, qui se plaignaient du froid , en leur promettant avec gaité qu'ils auraient Heu d'être satisfaits de la chaleur de l'Afrique. Les citoyens de Lyon avaient osé fermer leurs portes ; mais ils implorèrent et éprouvèrent bientôt la clémence de Majorien. Après avoir remporté une victoire complète sur 'l'héodoric, il accepta l'alliance et l'amitié d'un roi qu'il n'avait pas trouvé indigne de ses armes. La force ou la persuasion réunirent pour un moment la plus grande partie de l'Espagne et de la Gaule ' ; et les Bagaudes indépendans, qui avaient écha]^é ou résisté à la tyrannie des règnes précédens, cédèrent avec confiance aux vertus de Majorien. Son camp était rempli d'alliés barbares : le zèle et l'amour des peuples mettaient son trône en sûreté; mais l'empereur avait prévu qu'il était impossible d'entreprendre la conquête de l'Afrique sans une force maritime. Dans la première guerre punique, la république avait fait des etforts si incroyables, que, soixante jours après qu'on eut abattu le premier arbre de la iorôt , une flotte de cent soixante galères se trouvait à l'ancre, et prête à faire voile '. Dans des circonstances moins

t La revue de rarmée et le passage des Alpes occupent la partie la moins médiocre du panégyrique (470-552). M. de Buat (Hist. des Peuples, etc., t. viu, p. 55) esl infiniment plus satisfaisant dans son commentaire que Sa?aroD et Sirmond.

2 Priscus {Exeerpt. Légat. , p. 42) s'exprime en ces termes : Ta/uir «irxoïc, ta ft Mytit , dans un IVagmenl qui jette beaucoup de lumière sur la vie de Majorien. Jornandès supprime la déraile et l'alliance des Visigotfas, qui ftirenl publiées dans la Galice, et sont retalées dans la chronique d'idacius.

3 florus, 1. II, c. 2. Il exerce sa verve poétique, en supposant que les arbres furent métamorphosés en vaisseaux; et le fait, tel qu'il est raconté par Polybe, s'éloigne trop de la marche ordinaire des choses.

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favorables , Majorien égala le courage el l'activité des anciens Romains. On abalttt les bois de l'Apennin ; on rétablit les arsenaux et les manufactures de Misenum et de Ravenne. L'Italie et la Gaule contribuèrent à l'envi, et la flotte impériale, composée de trois cents galères, avec une proportion convenable de batimens de transport et de moindres navires, se rassembla dans le vaste et excellent port de Carthagène en Espagne '. Les soldats de Majorien , animés par l'intrépidité de leur général, ne doutaient plus de la victoire ; et, si l'on peut en croire l'historien Procope, l'empereur se laissait quelquefois emporter par son courage audelà des bornes de la prudence. Curieux d'examiner lui-même la situation des Vandales, il hasarda, après s'être déguisé, d'entrer dans Carthage sous le nom de son ambassadeur; et Genseric, lorsqu'il eu fut instruit, regretta vivement d'avoir laissé échapper l'empereur des Romains. Cette anecdote peut être rejetée par l'histoire comme une fiction improbable; mais c'est une fiction qui ne peut avoir été imaginée que pour un héros*.

Genseric n'avait pas besoin d'une entrevue pour apprécier le génie et les desseins de son adversaire. Lorsqu'il eut épuisé sans snccès ses ruses ordinaires , il s'occupa sérieusement de conclure un traité de paix ; mais l'inflexible Majorien, fidèle à l'ancienne maxime , croyait que le salut de Rome dépendait de la destruction de Carthage. Le roi des Vandales n'osait plus compter sur la valeur de ses sujets nationaux , énervés par le luxe du Midi * ; il soupçonnait la fidélité

t lutra durlkl Icxis dnia Uttor* diMem latrM npcraqM nui , («dn oaoU ta c«nr

Silniibi.ete.

SldonlDS, ranigyrbpu de Kalcrten, Ml-46t.

Le nombre de vaisseaux que Priseos fixe i trois cents est comparé vi^uement aux flottes de Xatés, d'Agamemnon, et d'Auguste.

2 Procop., de BeU. Fondai., 1. 1 , c. 8, p. 19f . Lorsque Genseric iolroduiàt cet incoonu dans l'arsenal de Ôart)iage, les armes résonnèrent sans qu'on les tODcblt. Msùorien avait teint en noir ses cheveux blonds.

3 Spollitqne poUtu

lomeuh, rabar laxu Jam pcrdldll onit, Qno Taluil dnm panpcr crat. 330.

Pamgifr. tie Malorlen.

II charge ensuite Genseric, assez injustement, de tous les vices de ses sujets.

PAR ED. GIBRO». OU. XXXVI. 863

d'un peuple vaincu, quile détestait comme un tyran arien; et la précaution violente

qu'il prit de faire on désert de la Mauritanie ' n'arrêta point l'empereur romain, qui pouvait choisir le lieu de sa descente sur toute la côte d'Afrique : mais la perfidie de quelques sujets puissans, envieux des succès de leur maître, délivra Genseric du danger. Par le moyen de cette intelligence, il surprit la flotte dans la baie de Carthagène ; une partie des vaisseaux furent pris, coulés à fond ou brûlés, et un seul jour vit détruire les travaux de trois années *. Après cet événement, les deux rivaux se montrèrent supérieurs à leur fortune. Le Vandale, au lieu de s'enorgueillir d'une victoire accidentelle, rerenonvela ses propositions de paix. L'empereur de l'Occident , capable de former do vastes desseins et de supporter de grands revers, consentit à un traité, ou plutôt à une suspension d'armes, convaincu qu'avant d'avoir pu rétablir sa flotte il ne manquerait pas d'un sujet légitime pour justifier une seconde guerre. Majorien retourna en Italie s'occuper du bonheur de ses sujets , et son âme vertueuse et tranquille ne soupçonna pas sans doute la conspiration qui menaçait son trône et sa vie. L'événement de Carthagène ternissait la gloire dont l'éclat avait frappé les yeux de la nation ; tous les ofliciers civils et militaires étaient Irrités contre le réformateur des abus qui leur étaient personnellement avantageux , et le patrice Ricimer tâchait d'aliéner les barbares d'un prince qu'il estimait et haïssait également. Les vertus de Majorien ne purent apaiser la sédition qui éclata dans le camp , près de Tortone, aux pieds des Alpes. 11 fut contraint d'abdiquer la pourpre ; cinq jours après on annonça que Majorien était mort d'une dyssenterie *, et l'humble tombeau qui couvrit les

1 n brûla les villages et empoisonna les eaux. (Priscus, p. 42.) Dubos (Hist. CrU., t. i, p. 475) observe que les magasins que les Maures enterraient pouvaient échapper aux recherches. Ils creusent deux ou trois cents siloes dans le même champ, et diaque trou contient an moins quatre cenU boisseaux de blé. (Voyages de Shaw, p. 139.)

2 Idacius, qui était dans la GaUce jt l'abri du pouvoir de Ricimer, déclare avec franchise et hardiesse, Fandali per proditore* admoniti, etc. Il ne nomme cependant pas l'auteur de la trahison.

3 Procop., de Bell. Fandal., L i, c. 8, p. 194. Le (é-

DECADENCE DE L'EMPIRE ROMAIN

restes de ce grand homme est consacré par la reconnaissance et par le respect de la postérité *. Le caractère de Majorien inspirait l'amour et le respect. La satire et la calomnie l'enflammaient d'indignation ; mais elles n'excitaient que son mépris lorsqu'il en était l'objet. Il encourageait cependant la liberté de la conversation; et, dans les heures que l'empereur donnait à la société, il salisfoisait scn goût pour la |:Jaisaalerie, sans jamais déroger à la majesté de son rang *.

Ce ne fut peut-être pas sans regret que Riclmer sacriBa son ami à l'intérêt de son ambition ; mais il résolut d'éviter, dans un second choix , de se donner un supérieur dont le mérite et la vertu pussent lui faire ombrage. Le sénat, docile à ses ordres, accorda le titre d'empereur à Libius Severus, qui monta sur le trône de l'Occident sans sortir de l'obscurité d'une condition privée. A peine l'histoire a-t-elle daigné citer son nom , son caractère ou sa mort. Severus cessa d'exister dès que sa vie put devenir incommode à son protecteur % et il serait inutile de chercher à fixer le règne de ce fantôme d'empereur dans

moigBage d'Uadiu pantt iaqnrtial. • Mijoriaoum d«

> Galliis KoBiam redeunlem, H romano imperio, vel no-

> mini, r«8 necessarias ordinanlein; Kicimer, livore per-

> cilus, rt invidorum consili* foKus, tnmie inlerndt » drtiHDTeBtwn. • Qndquœ-ttiM liseat Ji<ecoru/n ; et je voudrait n'eCTacer ni l'un ni l'autre de ces nots, parce qu'ils font connaître les dUTérans auteurs de la oouspiration qui précipita Majorien du trône.

« Voyez réplgramme d'Ennodius, n" 135 (inler Sirmond. Opéra, 1. 1, p. 1903); elle est plate et obscure; nais Ennodius M, Tait é^tque de Parie cinquante ans aprisb mort de Ibtjoriem, et tes louanges mértlenl quelque conflance.

2 Sidouitts fait longuoneat le récit (I. i, éplt. xi, p. 25-31) é'un souper i Arles, où il fut invité par Majorien peu de temps avant sa mort. Il n'avait point Hnlention de loaer un emptrear qui n'existait ptars ; mate une obterva- Uon acddeotelle : Si^ritU Augmbu, uterat, auetot*taie servatd, eiim se communioni dedissetjociptemts, prouve plus en hveur de l'empereur que les six cents vers de son vénal panégyrique.

3 Sidonius {Panegjrr. Jnthem., 317) l'envoie pieusement dans le ciel.

iucnt Aagiulat, lutarc Icfe, Scvenu MTaran mmcrem.

On trouve dans une ancienne liste des empereurs, composée du temps de Justinien, les louanges de la piélé de Severus, dont la résidence était, suivant cette liste, Gxëc à Rome. (Sirmond, Not adSUlon., p. 111, 112.)

(461 dep. J.-C.)

la vacance de six ans, qui commença à la mort de Majorien , et ne finit qu'à l'époque oii Anthemius monta sur le trône. Jusqu'alors Ricimer fut seul maître du gouvernement, et quoique le barbare , dans sa modestie, ne se lit pas donner la qualification de roi, il accumulait des trésors, avait une armée à lui, faisait des traités particuliers, et exerçait en Italie l'autorité indépendante et despotique qu'eurent depuis successivement Odoacre et 'i'héodoric. Mais les Alpes bornaient ses étais; deux géoéraux romains, Marcellinus et M/gidius, demeurèrent fidèles à la république, et rejetèrent dédaigneusement le fantôme qu'il décorait du nom d'empereur. Marcellinus suivait l'ancienne religion; et les païens dévots, qui désobéissaient en secret aux lois de l'église et de l'état, respectaient sa sdeoce dans l'art de ia divination : mais il possédait les qualités plus estimables du courage, de h science et de ia vertu ' ; il avait perfectionné son goât par l'étude de ia littérature latine, et ses talens militaires lui acquirent l'estime du grand Aétius , dans la ruine duquel il fut enveloppé. Il évita par la fuite la fureur de Vaientiiiien, et maintint hardiment son indépendance au milieu des révolutions de l'empire d'Occident. Majorien récompensa la soumission volontaire ou forcée de Marcellinus, en lui confiant le gouvernement de lu Sicile et le commandement d'une armée placée dans celte ile pour attaquer ou arrêter les Vandales; mais, à la mort de Majorien, les iuirigues de Ricimer et ses libéraiilés amenèrent une révolte parmi ses soldats. A la tète d'une petite troupe choisie qui se dévoua à sa fortune, Marcellinus s'empara de la Dalmaiie, prit le tilrede patrice de l'Occident, mérita l'attacbemeDl de ses sujets par un règne équitable , el constniisit une flotte qui donnait la loi sur la mer Adriatique, et menaçait altemati>-ement les côtes d'Afrique et d'Italie *.

■ Tillenonl, q«e les vertus des infUMes cbagriMOl tMjovs, attribue ce portrait avantageux de Mareelllnoi, que Suidas a eooservé, au zèle partial des auletirs piim, (Hist. des Emper., t. ti, p. 330.)

î Proeop., <te Bell, randal., 1. 1, c. «, p. 191. D«» plusieurs ciroonstancet de la vie de Marcellinus , il n'est pas aisé de coneilier les Mfloriens grecs avec tes dMTWiqacs de ces temps

(461 dep. J.-C.)

iflgidins, ma)lre>général de la Gaule, qni égalait ou imitait les hëros de l'ancienne Rome*, déclara son ressentiment implacable contre les assassins d'un prince qu'il chérissait. Une armée nombreuse et choisie suivait ses drapeaux ; et, quoique les artifices de Ricimer et les forces des Visigoths lui fermassent le chemin de Rome, il maintint au-delà des Alpes sa souveraineté indépendante et la fit req)ecter. Les Francs , qui avaient puni par l'exil les folies de la jeunesse de Childéric, placèrent le général romain sur le trône. Cet honneur singulier flatta plus sa vanité que son ambition; et, quatre ans après, lorsque la nation se repentit de son injustice pour la famille des Mérovingiens, il consentit à rendre le trône au prince légitime. i£gidius maintint sa puissance jusqu'à sa mort; les Gaulois, désespérés de sa perte, accusèrent Ricimer de l'avoir hâtée par le poison ou par la violence, et son caractère connu justifiait les soupçons de leur crédulité passionnée *.

L'empire d'Occident , réduit peu à peu au royaume d'Italie, fut continuellement dévasté sous le règne de Ricimer par les descentes et les incursions des pirates vandales '. An

1 Je crois devoir appliquer à ;Egidins tes louanges que SidoDiiis (Paoég. de Majorieo, 553) doone à un mattregénéral qu'il ne nomme pas, mais qui commandait l'arrière-garde de Majoriea. Idacius loue sa piété, d'après l'opinion publique; et Priscus parle de ses lalens militairej (p. 42).

2 Griég. de Tours, 1. h, c. 12, dans le lome ii, p. 168. Le P. Daniel a fait quelques objections contre l'histoire de Childéric (Hist. de France, 1. 1, préface histor., p. 78, etc.); mais Dubos y a répondu d'une manière victorieuse (Hist. Crit.,t. I, p. 460-510) , ainsi que deux auteurs qui ont disputé le prix de l'académie de Soissons (p. 131-177, 3(0-339). Kelativemeot A la durée de l'exil de Childérie, il est indispensable ou de prolonger la vie d'/l^gidius audelà tie la date fixée par la Chronique d'Idacius , ou de rnrriger le texte de Grégoire, en lisant quarto anno au lies A'oeUivo.

3 Priscus décrit la bataille navale de Genseric {Excerpt. Légation., p. 42); et Procope (deBell. fondai., 1. 1, c. 5, p. 180, 190, et c. 22, p. 228) ; Victor Vitensis (</« Persec. raneUU., 1. 1, c. 17); Ruinarl (p. 467-481); outre trois panégyriques de Sidonius , dont l'ordre chronologique a rlé ridiculement transposé dans les éditions de Savaron cl de Sirmond. (jivit. earm., vii, 411-451 ;ilf<^'o/-ian. earm. , y, 327-350, 38.'t-4«) ; jinthem. earm. , ii , 348- 386.) Dans un passage, le poète semble être animé par son sujet, et il exprime sa poisée par une image saillante.

Hlne VwHjalDS houts 1 1 frt : et in noMrum nninno») riassr inotannls

PAR ED. GIMON. CH. XXXVL

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