‹ Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain. Trad (volume 2)Chapitre 15 sur 37 · V, c. 1-4; 1. VI, c · texte numérisé non relu

V, c. 1-4; 1. VI, c

(i) Sozômètie, 1. iv, c. 23; saint Athan. , t. ï,'p.83i. Tillemont (Mém. ecclés., t. vn , p. 947) a tiré des traités détachés de Lucifer de Gagliari différens eicemplès du fanatisme impérieux àe Constance. Le seul titre de ces traités lespire le zèle et inspire la terreur iMoriendum pro Déifia lio ; De régiBus apostaticis ; De non con^^eniendo cum kœre^ tico ; De nonparcendo in Deum delinquentibus ,

des ëyéques, que lui conféraient des ecclésiastiques qui oubliaient les intérêts de leur ordre pour ceux de leurs passions. Le projet d'établi? une uniformité de doctrine , pour laquelle il assembla tant de conciles dans les Gaules, dans lltaliç, dans r4sie et dans rillyrie, fut sans cesse déconcerté par sa. propre inconstance , par les dissensions des ariens. » et par la résistance des catholiques. Il résolut enfin, par un dernier effort qu'il pensait devoir être décisif, d'assembler un concile général dont il dicterait impé' rieusement les décrets. Le terrible 1;reinbleinei;it de terrée Nicomédie , la difficulté de trouver un. lieu convenable, et peut-être des motifs secrets.de politique, firent changer les arrangemens. Les évêques de l'Orient recurent ordre de s'assembler à Sél^ucie en Isaurie, et ceux de l'Occident tinrent leurs sé^^nces à Rimini^ sur la côte de la meç Adriatique. Au lieu de ne demander à chaque province que deUx ou tirais députés, l'empereur convoqua Iç corps entier des évêques* Après quatre jours de débats^ violens, le concile d'Orient se sépara sans rien décider. Celui d'Occident continua pendant sept mois. Taurus, préfet prétorien, avait ordre de ne laisser partir les prélats que quand ils auraient unanimement adopté la même opinion-, il était autorisé à exiler quinze des plus in* dociles , et aVàit la promesse du consulat en cas qu'il fit réussir cetle difficile entr^rise. Ses sollicita tiens et ses menaces, l'autorité du souverain, les sophismes de Valons et d'Ursace , le malaise , le froid , la faim, l'eiinui profond d'un exil sans terme, arra-

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chèreni enfin à la rc^pugnance des évéques de Rimini A. D. 36ii. le consentement qui leur était den^^ndé. Les dépotés de rOrient et de TOccident se rendirent à Constantinople dans le palais de Tempereur, et il eut la satisfaction de cipnner à Tunivers une profession de fbi qui établissait la ressemblance sans exprimer la con^ substantialité du fils de Dîen (i). Mais le triomphe de Tarianisme avait été précédé de f éloignement du clergé orthodoxe , qu'on ne put ni corcompre ni intimider \ et la persécution injuste et inutile du grand saint A thanase déshonora le règne de Constance. caraci^rc Qu a rarcmcut occasion de remarquer, soit^ans

et aven turcs *

d'Aihanase. \^ yje dctive , soit daus la vie spéculative , les effets que peut produire , et les obstacles que peut surmon- . ter le génie d*un seul hymme quand^ |^ s'applique invariablement à un seul objet. Le nom immortel d'Athanase (2) sera toujours étroitement lié à la doctrine catholique de la Trinité , à la défense de laquelle il consacra tous les momens de «a vie et toutes les

(i) Sulpice-Sévère, Histor. sacra, l. 11, p. 4i8-43o. Les historiens grecs étaient fort mal instruits des affaires de PQccident.

(2) Noos pouvons regretter que saint Grégoire de iVazianze ait composé le panégyrique et non pas la vie de saint Athaqase; mais nous pouvons tirer des matériaux authentiques de ses propres épîlres et de ses apologies , I. i, p. 670-951. Je' n'imiterai "pas l'exemple de Socratç (l. 11, i*. i^ qui publia la première édition de son histoire sans consulter les écrits de saint Athanase. Cependant Socrate même, Sozomène, écrivain beaucoup plus actif dans ses

facultés de son étre« Élevé dans la maison d'Âlexaudre, il s'élit vigoureusement opposé à Thérésie arienne dès ses commencemens. Il avait jrempli , pendant la. vieillesse de ce prélat, les importantes fonctions de son secrétaire , et les vertus naissantes du jeune dia^ cre frappèrent les pères du C(mcile de Nicée de surprime et de respect. Un danger public fait souvent ^ 373^^^ oublier les misérables prétentions de Fâge et du rang \ et , cinq mois après son retour de Nicée , le diacre Âttianasé obtint le siège archiépiscopal d'Alexandrie. 11 Toccupa pendant quarante-^six ans , et cette longue administration sepassa en combats contre Farianisiiie. Banni cinq fois de son siège , il consuma vingt ans de sa vie daHs Texil et dans les dangers; et presque toutes Les provinces de^ l'empirçr furent successivement témoins de son mérite et des persécuùoAS qu^il souffrit pour la cause de Vhomoousion^ dont il considérait la défense comme le seul plaisir, la seule affaire y le premier devoir et la gloire de sa vie. Au milieu des orages de la persécution , l'archevêque d'Alexan4rie se n\ontra patient dans ses travaux, jaloux de Sa ré^ putation, indifférent pour les dangers; et, quoique atteint ^e la contagion du fanatisme, saint Athanase déploya une supériorité de cs^ractère et de talées qui le rendait plus digne que les fils dégénérés de Cons-

recherches, et le, savant Théodoret, lient la vie de saint Athanase à l'histoire ecclésiastique.' Par les soins de- Tillemont (tyViji)jret (^s éditeurs' bénédictins, les faits ont été recueillis , et toutes les difficultés e:^mioées.

tantin, de gouverner une grande monarchie* Eusë})e de Césarée avait une érudition plus profonde et plus étendue ; l'éloquence sans art d'Athanase ne pouvait se comparer au style élégant d'un Grégoire et d'un Basile 5 mais lorsqu'il était appelé à défendre sa conduite ou ses sentimens, il écrivfiit et parlait , sans préparation, avec une véhémence et une clarté qui entraînaient la persuasion. L'Église orthodoxe l'a toujours considéré comme un de ses plus sages professeurs de théologie, et il avait la réputation d'être versé dans deux sciences profanes , moins convenables à un prélat , dans la jurisprudence (i) et dans la divination (2). Ses partisans attribuèrent à l'inspiration divine , et ses ennemis imputèrent à une magie . infernale quelques conjectures justes, qu'il fit sur l'avenir, et dont, en raisonnant avec impartialité, on aurait dû faire honneur à son expérience et à son jugement.

Mais comme le primat d'Egypte eut continuellement à combattre les passions et les préjugés des hommes de tous les états, depuis le moine jusqu'à l'eiope-

(i) Sulpice-Sévère •( /Tw^ sacra, 1. 11, p. 896) le traite de chicaneur , de jurisconsulte. On ne découvre ce caractère ni dans la vie ni dans les écrits de saint AthaAase.

(2) Diceba(ur enim fatidicarum sortium fidem , qiuet^e ojll^ gurales portenderent alites scientissimè callens aliquoties prqs^ dixisse futura. (Ammien , xv, 7.) Sozoïnène raconte une prophétie, ou plutôt une plaisanterie (1. iv, c. 10), qui prouve évidemment*, si les corbeaux parlent iatin-, que saint Athanase comprenait le langage des corbeaux. • .

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reur, la conàaissance du cœur humain fut^sa première étude et la plus importante de ses acquisitions. Il conservait, au milieu des diflRéréns aspects d'un théâtre continuellement changeant , un coup d^ceil toujours également juste et sûr, et ne manquait jamaia de saisir ces momens- décisifs dont leû génies médiocres ne sentent le pris qne quand ils les ont irrévocablement perdus. L'archevêque d*Alexandrie savait distinguer quand il fallait déployer là hardiesse du commandement, ou suivre les voies de Tinsinuati^il , combien de temps il pouvait combattre l'autorité , et quand il était prudent de fuir la persécution. Tandis qu'il dirigeait les. foudres de l'Église contre l'hérésie et la rébellion , il conservait au milieu des siens la douceur indulgente et flexible d'un prudent chef de parti. L'élection d'Âthanase n'a point échappé aux reproches de précipitation et d'irrégularité (1)5 mais la défcence de sa conduite le rendit cher au peuple et au clergé. Les habitans d'Alexandrie voulaient prendre les armes pour la défense de leur éloquent et généreux prélat. L'attachement invariable de son clergé lui servit de soutien ou du moins de consolation dans ses malheurs, et les c«t évêques de l'Egypte

(i) Dans les conciles tenus, contre saint Athanase, on relève légèrement Piffégularîté de son ordination.. Voyez Philostorgius , l. 11, (i. 11; et Gotïefroy, p. 71. Mais on ne peut guère supposer que rassemblée, des évéqueç de TEgypte ait attesté soIeRnellement une fausseté reconnue. Saint Athan. , t. i , p. '^26.

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