‹ Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain. Trad (volume 2)Chapitre 20 sur 37 · IV · texte numérisé non relu

IV

gtiepffe fcJvile etâH devétitié ôdieiîse. Deux déô officîètô princîpàui parfirent srir-ïé-cfiarnp poùr^ssûret Jtrliërt qUé tous lés soldats de Feïtfpire étaient pr^ts à ittai'cher sëùs sels drapeaîîx. Cet heureux événement rendit inutiles le's dispositions tnîlitaires dû prince , et prélntA trois différentes attaqiléà qu'il dirigeait côntf e la Thrace ; sans verser le sa% de ses concitoj^ftS , sâtis cotrrir le tiasard des ecrmbats , il obtint tthié lès stVàAtages d'une victoire c<ymplète. Impatient èe visiter le liéù de sa naissance et la nouvelle câpitàië dé Tèmpire, il s'avança de Nàissùs à ti*a^ers les montagnes d'Hérti'us et les tilles de là Thrace. Quand il etrt atteint Héraclée, à soixante ifiilles de Constantinopley la ville èntièfé éembla sortie des m tirs ppufi* le r^cevoff, et il fit son entrée triompha:le sfa milieu Julien fait dcs s^bïdats et du sénat.. Uiite mûitittfde innombrable

8un enlrëe - <

dansCons- Féritïronnait avec un respeêt avide, et fut peut-être

tantinople. i i i ' • •n- t

II déc. désagréablement surprise de la petite taille et du costume sifiïple d'un jeùrie héros dont les premiers explotts* avaient été là défaite des Germains, et qui venait de traverser, dans.une expédition heureuse, tout le continent de l'Europe depuis les bords de la mer Atlantique jusqu'à celtoi dn Bosphore (i). Peu de jours- après , lorsqu'on débarqua les restes de Constance d«ns le poi^l, les sujets de Julien applaudirent à

(ly Xlans là descrijptioïi dn triomphe de Julien, Am^aîen (ixii , ^> 2) prend le ton de Torateùr et du poète , tandis que iiîbd^iuB (Ofat, patentai, , c. 56 , p. 281 ) se renferme dams hi grave simplicité deThistorien.

DE L'EMPIRE ROMAIN. CHAP. XXII. SaS

la sensîbflité rëell'e ou afiTectëe de leur souverain. A pied , san^ diadème , et velu d^un habit de deuil ; il aiecompagna le convoi jusqu'à l'é^se des Saints- Apôtres, où le corpsTut dëposë-, et, si cette démarche respectueuse peut être regardée comine un homifiage rendu par la vaûitë au rang et à là naissance de son prédécesseur et de son parent , les larmes de Julien montrèrent à Ininivers qu'oubliant les crimes dé Constance , il se rappelait seulement les faveurs qu'A en avait reçues (i). Dès que les légions d'Aquilée apprirent avec certitude la mort de l'empereur, elles ouvrirent les portes de la ville , et , par le sacrifice de qaelqués chefs coupables , obtinrent aisément leur ps^donde l'indulgence ou de là prudence de Julien", ** «i

■ . *-' * reconnu par

<ruî, dans la trente-deuxième année de son âge , ac- ^»i »'en»tjoit la possession paisible de tout l'empire (ta). ' Julien avait appris de la philosophie à comparer

(i) On trouve la description de la pompe funèbre de Constance dams Ammien , XXI, i6; sarat Grégoire deNazîanze, oràt, 4 , p* 1 19>; Maroertin yin, Pantg, vet, ^ ii , 27 ; Libanîùs , OrAt, parent, y c. 56, p. 283; Pbîlostorgius, 1. Vi, c. 6, avec les Dissertations ieGodeîroj^ p; 205. Ces écrivains et leurs par* tisamsv païens , catholiques , ariens , etc. , voyaient à vie des" yeux bien différend le nouvel empereur et èeluiqù^ils venaient de perdre.

(2) On ne saU pas bien exactement le jour ni Tannée de la naissance de Julien. Le jour est probablement lé 6 de novembre, et Tannée, doit être ou 33 r ou 332. (Tillemonl, Mîst, des Ernper, , t. iv, p. '693; Ducangé, Fam, hyzdnt,\, p. 5o.) J'ai préféré la première de ces deux dates.

Son gou- les jouissances de la retraite à celles tl'un)9 vie active :

veraement •

civil ei sa mais l'éclat de sa naissance et les évënemens ne lui avaient jamais laissl^la liberté dû choix. Il aurait peutêtre sincèrement préféré les jardins de l'académie et 'la société d'Athènes; mais, forcé d'abord par la volonté de Constance et ensiiite |)ar son injustice à exposer âa personne et sa réputation aux dangers de la grandeur impériale , et à se rendre responsable devant l'univers et la postérité du bonheur de plusieurs millions d'hommes (i), Julien se ressouvint avec frayeur d'une des pensées de Platon (a). Ce philosophe observe que le soin de notre bétail et de nos troupeaux est confié à des /êtres qui leur sont supérieurs en intelligence , et que le gouvernemeùt des hommçs et des nations exigerait l^ntelligence et le pouvoir célestes des dieux et dés génies. En partant de ce principe, il conclut que rht)mmë qui a l'ambition de régner doit aspirer à une perfection plus qu'humaine, qu'il doit purifier son âme de toute la

(i) Julien (p. 253^267) a expliqué lui-même ces idées philosophiques avec beaucoup d^éioquence et un peu d^affecta^ tion , dans une Epître trè»-soignée qu'il adressait à Themistiiis. L^abbé de LaBletterie (t. 11, pi i46-;93),.qui en a donné une traduction fort élégante , incline à croire que c'est le célèbre Themistius dont les harangues existent encore.

(2) 'Julien à THemistius , p. 258. Péiau (not., p. 96 )• ob— sorye que ce passage est tiré du quatrième livre de Legibus ; mais ou Julien citait de mémoire , ou seç MSS^. étaient différons des nôtres. Xénc^phon commence la Cyropédie par une réflexion semblable.

partie terrestre et mortelle, éteiadre ses appëtits> cultiver son intelligence , rëglet^-ses passions , et dompter la brute sauvage qui, selon la vive expression d'Aris* tote (i), manque rarement de monter sur le. trône du despote. Celui de Julien , auquel la mort de Constance venait de donner une base solide et indépendante , fut le siège de la raison , de la vertu et peutêtre de la vanité. Ce prince méprisa les honneurs , renonça aux plaisirs, et remplit avec la plus grande exactitude tous les devoirs d'un souveraia« Il se serait trouvé peu d'hommes parmi ses sujets qui eussent consenti à le décharger du poids de son diadème, s'il eût Ëdla qu'ils soumissent leur temps et leurs actions aux lois rigoureuses que s'était imposées leur empereur, Un de ses plus intimes amis (a), qui partageait souvent sa table simple et frugale, a remarqué qi^e ses mets légers et peu abondans (ordinairement composés^dèvégétaux) lui laissaient toujours la liberté de corps et d'esprit nécessaire aux différentes Occupations d'un auteur, d'un pontife, d'un magistrat, ^'un général et d'un monarque. Dans unméme joùr,il don-

(1) O'ie avOpuTTOv xeXsi»o^v ap;(S^, 7rpooTtO>io'i xai Bripu^v, (Arist*.,^ ap. Julian., p. 261.) Le MS. de Yossîus, peu satisfait d^vta seul animal , y supplée parPexpression plus forte de ôvipia, et semble être autorise par rexpérience du despotisme.

(2) Libanius {Orat, parental, y c. 84 , .85, p. 3io, 3i i , 3 12 ) a donné ce détail intéressant de la vie privée de Julien. Ce prînce (m Misopogon, p. 35o) parle lui-même de sa frugalité , et déclame contre Ja voracité sensuelle des habilans d^Antioche.

52j6 HISTOIRE DE LÀ DÊGAI>£I«CE

naût tudience à plusieurs ambassadeurs.^ il .dictait et écrivait un grand nombre de lettres aux magistrats civils, à ses généraux, à s^s amis particuliers et aux différeutes.villes de son empire. Jl'ëcoutait la lecture des mémoires qu'on lui présentait , réfléchissait sur les demandes , et dicta^^es réponses plus vite qu'aucun secrétaire ne pouvait les écrire en abrégé. 11 avait une si extrême flexibilité d'esprit , une atteioion si facile et si soutenue , qu il pouvait employer en même temps sa main à écrire , son oreille k écouter, sa vxnx à dic(ef, et suivre ainsi à la fois trois différentes chainés d'idées jsans jamais hésiter ni les confondre. Lor^ que ses ministres se reposaient, il volait d'un travail à un autre-, après un court repas, il se (retirait dans sa Ijibliotbèque , et se livrait à 4'étude jusqu'à i'heare qu'il avait indiquée dans l'apriès-midi pour reprendre les affaires publiques^ Le souper de l'empereur était uo diminutif de son Êiible (Huer. Son sommeil n'était jamais appesanti par les vapeurs de la digestion ^ et , si l'on excepte le court intervalle d'un mariage auquel la politique présida phitÀt que l'amour, le chaste Jidien n'admit jamais de compagne dans son lit (i). Ses secrétaires se relevaient 5 ceux qui

(i) Lectulus... vestalium tùri^ purior, I^amerti» ( /?ai^€^. vet*. xi,j3)^àdresseeeUieJ|ouang^ a JiUipi] l)ii-ii;iéme^ Libaniu3 #fllrme en pieu de mots que Julien n'eut de familiarité avec aucune femme., ni ayant $on mariage , ni après la morl 4is sa femme. {Qrat^ parent,^ c. 88 , p. 3i 3. ) La chasteté de Julien est prouvée par le témoignage impartial d^Ammien

DE L'EMPIRE RQMAIN. C^Af. XXII. 527

a);aient dormi la veille se préseûjUiient chiest T^mpereur de très -grand V(^:^tîn 5 pt ses fjoinestiqu^s veillaient al.ternativenient ,*. tandis qm leur iaf^tiga))Ie maître ne $e r^pipsait giière qu'ea c^fingeant d'pçcju^<patipn3«Le§ prédécesseurs de Julieii^ 3011 oziicle, son frère, son epusin , - spus un prétexta spécieux dp de-* fërence pour le^ goûts di^ peuple , ^ë ^îvraiLe^t pujsp-r mêmes à leur goût puéri) pour Ijes jeux (du cirque, où ils passaient souvent la pfus gni^e pf^rtie ^e 1% journée^ spectateurs oisifs et faisant eux-fiiiémes par-, tie du Bpectacle , jusqu'à ce qHeJesviagl-qu^tneçoui^ ses ordinaires fussent terminée^ (f)- A^^ jpprs di^fétes solennelles , Julieu, qpi, pe<^$Qtvmifà49 qfiodp du ippipei^t, ne cherrait ppii^t ^. jcacl^pf s^^ rép^-

(xxv, ,4)j et'par le silence des chrétiens. Cependant Julien relève ironiquement le reproche que lui faisait Je peupje d'Antioche de presque toujours (wç eiriTrav ) coucher seul. Irt Misopog,^ p. 345. lï'ahbé de La Bletteric (HÙL de Jofien, t. w, p. I o3-} 09 )'exf)lique cette ejcpr^ssion suspecte avec autant d^esprit que de honne foi.

(i) yofez Sauipaise sur Suétone, in Claud., c. 21. On ajouta une vingt-cinquième course ou missus, pour compléter le nomhre de ceiit chariots. Xîhaque courte* était composée de quatre charité de différentes couleurs*.

Il |>9raU qu^ils 'tp^rflai|3|]t cinq ou s^ept fpj^ '.autour de la bprue ou nt^t^. Si^e^n., in DomÙian», c* 4* &; 4'a.pr^^ I9 me.i^urie du cirçus mapimUs di& Rome .e^ A» THippodrome de Cgustantinopie 9 la couràe devait vètre environ de quatre milles.

Décembre

Mars A. D.

Réforme du palais.

gnancepour ces frivoles passe-temps, avait la complaisance de paraître daiis le cirque. Mais, après avoir jeté quelques regards d'indifférence sur cinq ou six courses , il se retirait précipitamment avec Timpâlience d'un philosophé qui regardait comme perdus tous les mormens qu'il n'eniployait pas au bien public ou à la culture de son esprit (i). Par cette sévère économie de teriips, il a^ongea en quelque façon la courte durée de. son règne-^ et, si les dates étaient moins certaines , nous ne pourrions pas croire qu'il ne s'est p2(ssé«que seize tnôis entre la mort de Constance et le départ de son successetir pour la guerre de Perse. L'histoire ne peut conserver que le souvenir de ses actions^ mais ce qui èxisle encore de ses volumineux écrits atteste son application et l'étendue de son génie. Le Misopogon , les Césars , plusieurs de ses discours, et son ouvrage savant et rédigé avec soin contre la religion chrétienne , furent composés pendant les longues nuits de deux hivers j dont il passa le premier- à Constantinople , et l'autre à A-ntioche,

. ..La réforme de la cour impériale fut un des pre^ miers actes et des plus nécessaires du gouvernement

(1) Julien, in Misopogon, p. 34© . Jules-César avait offensé les Romains en lisant <fes dépêches au moment de la co^ «*e. Augnste se conforma à leur goét , ou suivit le sien , en prêtant toujours la plus grande attention aux jeux in^pontan» du cirque, auxtplelstil assurait prendre le plus grand plaisir. Sueton., in August. , c. 4^-

DE L'EMPIRE ROMAIN. CHAP. XXII. Sag

de Julien ^i). Peu après son entrée dans le palais de Constantinopte , il eut besoin du service d^un barbier. Un officier ihagnifiqûement vêtu se présenta respectueusement.-« C'est un barbier que je demande, s'é^ cria le prince avec une feinte surprise , et non pas un receveur général des finances (2). » Il lui demanda en quoi consistaient les profits de son emploi, et il apprit qu*en outre d'un salaire et de quelques profits considérables, le barbier avait encort la subsistance de vingt valets et d'autant de chevaux. L'abus d'un luxe inutile et ridicule avait créé mille chargés de barbiers , mille chefs de gobelets ; mille ouisiniers , et le nombre des eunuques ne: pouvait se comparer qu'à celui des insectes dans un jour d'été (3). Le monarque, qui cédait volontiers a ses sujets la supériorité de mérite et de vertu , se distinguait par la dé-

(i) ha, réforme du palais est détaillée par Ammien, xxii, 4$ Libanitis , Orat. parente y c. 62, p. 286 , etc.; Mamertin , in Panegjrr, vet., xi, 11; Socrate, 1. m , c. i ; et Zoiiaré, t. 11, 1. XIII , p. 24*

(2) Ego non rationalem jussi,-.sed tonsorem ncciri, Zonafe substitue au mot de finaucier celui de sénateur, qvti paraît moins naturel ; cependant un officier des finances , rassasié de richesses , pouvait désirer et obtenir l^êntrée du sénat. . '

(3) Moyeipouç \uv ^iXwvç, *xou|Nraç,^8 ovxc^arrovç, dcvo^oQ^Ç ^< rXitovçj ^nim rpaTreÇoTrotuv , evvov;fouç "Oirtp raç ptvcocç itotpùL rtitç iH^ufft gy i2pi. Telles sont les expressions de Libanius, qne j€ transcris -fidèlement,* pour ne pasnêtre soupçonné d'avoir eiQgéré les abus du palais 1

33o HISTOIRE DE LA OEGADEIMCE

sa^treuse i)aagmfic^.j}ça fi^ ses habits , de sa |i^b)e , de ses bâtimens et de sa suite. I^e^ parais ponç^ruits par Constantia et par ses. fils .ét^l&nt décorés d'uii gr^n^ nombre de marbres colorés et d'ornei^eps d'pr massif. Les jouis^nces de la se)isaa^té la pluç raffinée étabn^ rassemblées moins pour satisfaire leur goû^ qjqLe leujr vanité : de$ oiseaux 4^s climat^ le$ plus ^Ipigné^., des poissons de Tp^tréipité dçs mers, des fir^its hors de leur çaison^^ des roçes d^biver et des peiges danç la canicule (i). La dépei^se de cette- multitude .de dpuxestiques du palais surpassait celle ^es légiûps : et il n y ^n avait qu une fàilfle partie qu^ sejryit à Futilité p^ même à la splendeur du trôiie. La plupar|; 4e ces charges vénales et pb|;sçu.res , la honte du prince e^ 1} ruine des peuples , nét^ienjt qu^hpnorifiques , et les plus vils de la nat|pn pouvaient acfieter avec lepf* argent le droit de vivre dans Taisance et dans. Toisivetié , aux dépens du revenu public. Le pillage d'une énorme ms^ison , les suppl^mens de profits çt de gratifications bientôt réclamés comme un droit, et les dons qu'ils arrachaient également de ceux qui craignaient leur haine et de ceux qui réclamaient lepr faveur , enrip|)}s34ieqt promptiement ces valets i^uçl^cievjix. Us dîSr sipaient leurs richesses sans rj^éçhir à la misère dont

(i) A}»in(^rti9 fi^mprme avctc Tçrcc ai vivacité. Quin ^tian prandiorum et çcuiqrum laboralas magnàudirifs rofi^ntf^ p^pifjjis^ensit ; cimi' quc^itissimœ /kfp^' uon giustu , se^ fUffiçt^ tatiHus astiuiare/iUir; mir<icula ayi^m, longinqtii'mfi^ri^ pUc^s, aléeni temporis poma , œstwœ nivcs, h/berna rosœ.

DE L'EJMPXHE ROi>fAlN. CHAP. XXIL 55 i

ils yenajLaixt de sortir,, et dans laquelle ils pouy aient epcpre retoinber , et Fexçès ^e leurs ;*apiDes et de leur vénalité ae pouvait ^e^ comparer ç{\kk rext^^vàgance d^e leur^ diçsipatioiis. Ih portaient des rçbea fde Boi,e brodées d'or 5^ leurs . tables ^taieiit servies . gy ec délicatesse et profi^sion ^ les maisp^s construites poyr leuf servir d'habitation occupaient p].us de terrain que le pa|:riçipine d'un ancien consul -, et les qitpyens les plus distingués ^t^ient forcés de descendre de leurs cfayevfiqx poui: saluçr respectueusen^eiijt un çunugup .qu^il$jepçontrai.ent^$nr. les ^^^ds chemins. Le luxe 4^ p?laijs excita le mépris et L'indignation de Juliien , .qui fi^o^çb.aît h^ibitoellemçnt sur le pJiaQcbAr , qui s'a/ç- 4^iord^it à peinte, les j)remièreç nécessités (Je la v].e, et qui plaçait ça yaniljé ^ non pas dans ria>i|t^tion ^ liiais d^qs le méprjis du fastia de la royauté. 11 était impa- Ijent quç la suppression totalja 4'yn abu^ dopt l'opinioii publique exagérait ^encor^ l'étendue , d^miniiât les impôts et apaii^ât les mupoures des peuplés, qui 9uppprten,t.plus dçclJ^^fnent le poids des t^^es quand i^ sont Gonvainpus que le (mit de lepr indpstrie ^$t appliqué ^u servicp de rÊtat. ]\Ia^$ on acpuse Julien d'avoir ei?;écuté ce changement salutaire avec trop de précipitation §X (Je séyéri|té.« P^r nç seul édit , il fit du {^)ais de Çpnst^nUnople mti va$te dessert, et renvoya ifnominieusefnent les esclaves et les serviteurs (1)

if) Cependant Jjaliea ^t acctiisf^ d- avoir fait pré^nt àe yiUis entièrp^ à d^ eupuqnes (qjj^f. .7 , jîqatre Pglydet. , pag. 117-127). libanius se coûjtent^ de niier froides} ent ,

53â HISTOIRE DE LA DÉGADEIfCE

sans exception , et sans aucun des ^ards de justice ou du moins de bienveiltance que pouvaient mériter rage , les services ou la pauvreté des fidèles domesti^ ques de la famille impériale. Tel était à la vérité le caractère de Julien. Il oubliait souvent la maxime d' Aristote , qui place la véritable, vertu à une distance égale entre Içs deux vices opposés. La parure fastueuse et efféminée des Asiatiques, la frisure, le fiird, lés bracelets et les colliers qui avaient couvert Constantin de ridicule, étaient indignes. sans doute de la philpsophié de son successeur; mais, en s' éloignant d'une élégancje efféminée, Julien semblait renoncer à se vêtir décemment et s^enorgueillii: de sa malpropreté. Dans un écrit satiriquo^ et destiné au public -, Fempereur appuie avee complaisance , et même avec un orgueil cynique , sûr la longueur de ses ongles et sur Tencre dont ses mains sont toujours tacbées *, il proteste que, quoiqu'il ait presque tout le corps velu, jamais' le rasoir n-a passé que- sur sa tête , et il fait avec satisfaction Téloge de sa barbe tôiuffue et habitée, qu'il chérit, à Timitation des philosophes de la Grèce (i). Si Julien eû< suivi les prin-

mais positivement, le fait,' qui, à la véritë, semble plutôt convenir à Constance. ' Cette accusation est ^robabfement motivée sur quelque circonstance qui nous est kk^ Connue.

(i) Dans le Misopogon , p. 338, 339, ^ ^^^^ ^° singdier portrait de lui-même, et les mots suiyans sont élrangenent caractéristiques.: Autqç içpovsBtaw rov 6a0t>y vaircàm Teu^oiv..*.. rcojTf, TOC ^lâcOcovTAiV Avsypftai .T(ùv ^9icpo)9 oo-ir^p sv Xop^ ruy

cîpes du bon sen& , le premier magistrat des Romains aurait également dédaigné Forgueil de Diogëne et la Yanitë de Darius.

Mais Fouvrage de la, réforme pi|blique serait reste chambre imparfait , si , en corrigeant les abus du règne pré* ^''^^^"^''' cèdent, Julien eût négligé d'en punir les crimes. « Nous sommes enfin délivrés, dit ce prince dans une lettre à un de ses amis familiers*, nous sommes miraculeusement délivrés dé la gueule dévorabte de Thy^ dre (i). Ce n'est point lûon ftère Constance que je prétends désigner par cette épithète. 11 n*est plus ; que la terre repose légèrement sur sa tête ! Mais ses perfides et barbares favoris passaient leur vie à tromper et à irriter un prince dont il serait difficile de louer la douceur naturelle san^ se rendre coupable d'adulation. Mon dessein n'est cependant ]^as que ceux «-là même soient punis illégalement^ on les ac* cuse, ils jouiront du bienfait d'un jligement équitable et impartial. » Julieri nomma, pour faire les informations, ,six juges d'un rang distingué dans

Guptbtv. Les amis de Fabbé de La Bletterie le conjiiréreDt, au nom de la nation française , de ne pas traduire ce passage , qui choquait trop fortemeqtt leur délicatesse. (Hist. deJo^ ffien, t. II, p. 94-) J'ai usé de lïi même discrétion, et me suis contenté d^une légère allusion ; mais le pe:tit animal que nomme Julien est un insecte familier à Tbomme et un emblème d^affectipn.

( I ) Julien , epist. xxiii , page 389. Il s'e sert des mots TToXuxsfoXov udpav, en .écrivant à son aiiu Hermogènè, à qui les poè'tes grecs étaient, comme à lui, très- familiers.

l'État et dans Tarméê ; et , pour éviter te reproche d'atoir condamné lui-même ses ennemis p^èrsonnels, il plaça ce tribunal extraordinaire dans Chiilpédoîne, sur H rive asiatique dii Bosphore, et autorisa les romitiissaires à prononcer et à exécuter îeurs sfentences finales sans appel et sans délai. Le vénérable préfet d'Orient, un second Salltiste, occupa là pkee de président (i). Ses vertus lui conciliaient également Festime des philosopher grecs *et celle* des prélats chrétiens 5 il avait pour adjoint l'éloquent M'amertin (7)^ un, des deux consuls élus, dont le mérite supérieur nous est connu par le témoignage un peu suspect qu^il se'donne à lui-même. Mais la sage équité des d^ux ma^strats civils était contre-bàlàncée par la violende féroce des qtï'atre généraux ] Nèyitta , Agilb, Jovin et Afbétiô.* Arbelîo, que le public aurait vu avec inoins ffétonnement sur là sellette. que sur tm

(i) On doit distinguer av^ Mtention les deux Sallusle , Tua préfet delà Gaule „ et Uaiitre préfet de POcieut. (Hist. des Emper., t. iv, p. 696.) Je me suis servi de l*épitkète cbmmode ^e secjindus. Le second SaÏÏuste obtint Pestime même des chrétien^; et saiiit Grégoire de Nazian2è, <fui condamnait âa religion, a célébré ses vertus. (.Orat, 3^, p. 90.) Vùyfsz une note curiense dfe Pabbé de La Bletterié {yie de Julien^ p. 363).

(2!) Mamertfii îbue Pempereur (xi, 1) d!avoîr confié !és emplois dé trésorier et de préfet à nn homme sage , ferme et intégré conlkmeluî Maitfertin. .Ammieti le classe atisSi dans le nombre des ministres -de Julien ,m^riM qiwrum nârai et fidem.

tribunal, passait pour avoir le.sefcret de k commission. Les chefs armés et furieux des balides Jo'frienne et HercuKenrie environnaient le tribunal, et lès jugés obéissaient alternativement aux règles de la justice et àuxtîlâftieurs d'une faction (i).

Le chambellan Eusèbe , qui avait al)usé si long- Exëeniion temps de la faveur de Constance , expia par une mort *"î dw*" ignominieuse, Titisolence, lâ corruption et les fo- ^^^^p^**" reurs de son r%he servile. Les exÂiutîoris de Paul et d'Àpodème, dont le premier fut brûlé vif , passèrent potit une ijfble réparation aux yeux des veuves et des orphelifts de cette foule de citoyens roniains trahis et assassinés par eux. Mais la justice elle-même, si nottâ pouvons faire.usage de Fexpressron pathétique d'Àmmien(2)^ pleura sur le so^t<ï'Ursule, trésorier dèFcmpire -, et sa mort fût une tache d'ingtàtitudè' dans la- Wé de Julieii , que cet intrépide et vertueux ministre avait libéralement ^èouru dans ses besoins. La fureur des soldats irrités d^une* démarche indiscrète du trésorier fut ja cause de sa mort et lui servit d^excuse. L'empereur, profondément touri^enté.par ses profpres remords et par les reproches du public , offrit quelques consolations à la famille d'Ursufle, en

(i) AmmieD rend coinpt« dje8 formes judiciaires de cette chaimbre dé justice (xxti, 3), et Libanius en fait Téloge {Oraiparené,, fi. fj^yp-tig^j 3po).

(2) Ursuli vero necem ipsà Mihi videtuf Jlùse jûstitia, Libanitis , qui accuse ks soldats dé sa mort , tâch^ d^incuP per le côitile de» largesses.

556 HISTOIRE DE hA DÉCADENCE

lui. restituant sa fortune. Avant U fin. de Tannée dans laquelle ils avaient ôhienu les honneurs de la prëfecture et du consulat (i), Taurus et Florentins- se virent réduits à implorer la clémence de Tinexorable tribunal de Ghalcédoine<» qui bannit le prefiier à Vercelles en Italie , et porta contre Fautre une sentence de mort. Un prince sage aurait récompensé le crime que Ton. reprochait à Taurus : ce fidèle ministre, ne pouvant plus résister aux force;s d'un rebelle, s'était réfugié à la cour de s on, bienfaiteur, de son légitime souverain. Msûs Florentins ranéritait toute la sévérité de ses juges , et sa. fuite fournit à Julien l'occasion de montrer s^ générosité, en imposant si-

lence au zèle intéressé d'un délateur qui voidait lui indiquer la retraite de ce nysérable. fugitif (a). Quelques mois après la suppression du redoutable tribunal de Chalcédoine, lé substitua du préteur dJAfnquîe, le magistrat Gaudentiu» et Artemius (3) , duc d'É-

(t) On respectait encore' à' tel point les nom& vénérables et les dignités de la réptiblique , que le peuple fuf surpris et indigné de voir dénoncer Taurus comme criîninel sous le consulat de Taurus. On* différa probablement jusq^i-au commencement de Tannée suivante le procès de son collègue^.

(2^ Ammien, xx, 7.

(3) Relatiyement aux crimes et à la punition d' Artemius, vojrez Julien ( éptt. x , p^'S^g) , Ammien (xxii , 6)', et Yalois {ad loc). Les Eglises grecque et latine n^ont pu se* défendre d^honorer Artejnius comme martyr, parce qu^l eut le courage de démolir les temples des païens , et qu'il fut coâdamné à mort par un apostat. Mais comme lltistoice eçclé—

DE L*EMPIRE KOl^AITf. GfiAP. XXII. SSy

gypte, furent exéçirtés à Antioche^ Artémius, tyran cruel et corrompu^ avait long -temps désolé une grande province : Gaudenliusi avait long -temps pratiqué l'art ténébreuse de la calomnie contre les innocens , contre les- citoyens vertueux et contre Julien lui-même. Cependant on conduisit si maladroitement leur procès et. leur jugement, que ces hommes pervers passèrent dans Topinich publique pour les victimes honorables de l'opiniâtre fidélité avec laquelle ils avaient soutenu la cause àe Constance. Une amnistie générale fut accordée à tous les autres serviteurs; et ils purent jouir avec impunité des dons qu'ils avaient obtenus, soit pour défendre ou pour accabler les malheureux. Cette grâce, qui , considérée politiquement ,. peut. mériter notre approbation, s'exécuta d'une pianiëre qui semblait dégrader la majesté du trône. Une multitude d'importuns, la plupartÉgyp* tiens, assiégeaient ^Julien sans relâche, et redemandaient hautement'des dons obtenus- frauduleusement ou accordés par imprudence. L'empereur , prévoyant une longue suite de procès sans fin, donna aux Égyptiens sa parole, qui aurait dû toujours être sacrée , que s'ils voulaient se rendre à Chalcédoine , il irait lui - même écouter et juger leurs demandes ^ mais à peine furent -ils arrivés au rendez -vous, que Ju-

siastique atteste qu'Aartemius était non-seulement un tyran, mais un hérétique ariën , il ne serait pas aisé de justifier une promotion si indiscrète. Tillemont , Mém. écoles.-, tome vu, page 1319.

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