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lien publia une défense absolue à tous les mariniers de transporter aucun Égyptien à Constantinople , et laissa en Asie ses diens trompés , jusqu'au moment où leur bourse et leur patience étant également épuisées , ils. retournèrent dans kur patrie avec des raurmures d'indignation (i). -
cicmence JuUeu cougédia la nombreuse armée d'espions*, d'^g^ns et de délateurs ,♦ que Constance avait enrôlés pour assurer le repos d'un seul homme, aux dépens de celui de tous les citoy^s de l'empire. Son généreux successeur était lent dans ses soupçons, et modéré dans ses punitions 5 un mélange déjugeaient, dé courage et de vanité, poftait Julien à dédaigner les traîtres^ Intérieurement convaincu de la supériorité de son propre mérite, il n'imaginait pas qu'aucun de ses sujets osât se soulever ouvertement contre lui, attentera sa vie en particulier, ni même s'asseoir 5ur son trône en son absence. Le philosophe savait excuserles imprudentes saillies du niecontentement, et le h^rps méprisait des projets ambitieux qui surpassaient la fortuné et l'habileté des conspirateurs. Un citoyen de la ville d'Ancyre s'était fait faite une robe pourpre 5 l'officieuse importunité d'un de ses ennemis personnels instruisit Julien de cette indiscrétion , qui, sous le règne de Constance, aurait été regardée
(i) Voyez Ammien, xxn,'6; 'et* Val., ad\ ioc; le Gode Thépd,, 1. u , tit 89, leg. i,' et le Comm. de God., tome i , page 218, o^/ Ioc.
DE L^EMPIRE ROMAIN. CHAP. XXII. SSg
comme un crime capital (i)« Le monarque, après s'être informé du rang' et du caractère de son rival , lui envoya, par Tofficieux délateur, une paire de pantoufles pourpres, pour compléter la magnifîcenae de son vêtement împériaL Dix de ses gardes tramèrent une conspiratipn plus dangereuse, et firent le .projet d'assassiner Julien à Antioche, dans Tendroit où Ton exerçai! les troupes. Ils trahirent leur secret dans Tivresse , et furent conduits chargés de chaînes en présence de l'empereur. Julien, aprèsleuravoirvivement feit sentir le crime et l'imprudence de leur entreprise, . au lieu des tortures et de la mort qu'ils méritaient et qu'ils attendaient, prononça une- sentence de ban-* rnssement contre les deux principaux coupables. La seule occasion dans laquelle Julien semble s'être écarté de sa clémence ordinaire , est l'exécution d'un jeune imprudent, qui, d'uiie main faible et impuissante, voulut saisir les rênes (Je l'empiré. Mais ce jeune ambitieux était fils de Marcellus, le. général de cavalerie qui, dans la première campagne contre les Gaulois , avait déserté les drapçaux du César et le parti de^ Romains. Julien , sans être soupçonné de
(i) Le président de Montesquieu {Considération» sur la grandeur y etc., des Romains, c. i4) excuse cette absurde et misérable tyrannie, en supposant que les actions qui nous paraissent indifférentes aujourd'hui , pouvaient paraître dangereuses et coupables aux Romains , et il soutient cette étrange apologie par une* méprise plus étrange encore sur les lois anglaises: « Chez une nation..:., dit -^ il, où il est défendu de boire k la santé d'une certaine persot]ine..' » *
34o HISTOIRE DE LA DÉCADENCE
vouloir venger son injure .personnelle, pouvait confondre dans un même châtiment Te crime- du fils et celui du père. Mais il fut touché de la douleur de Marcellus, et Tempereur tâcha d'adoucir; par ses libéralités, la blessure que le général avait reçue par la main sévère de la justice (i).
SoQ pen- Julien n'était point insensible aux avantages de la la liberié et liberté publique (2). Il s'était imbu , dans ses études ,
publique, de l'esprit des sages et des héros : sa fortune et sa vie avaient dépendu loilg- temps du caprice d'un tyran; • et quand il monta sur le trône , son orgueil souffrit souvent, en réfléchissant que des esclaves qui n'osaient pas blâmer ses défauts , n'étiaient pas dignes d'applaudir à ses vertus (3). Il abhorrait le système d€ despotisme oriental, que DiocMtien,* Constantin et les patientes babitudes de quatre-vingts années avaient établi dans l'empire. Un motif de sttperstitipn Tempëcha d'exécuter le projet sur lequel il s'était souvent arrêté, de soustraire sa/téte au joug d'un
(i) Le récit de la clémence de Julien et de la conspiration qui fui formée contre sa vie, se trouve dans Ammien, ). xxn, 9, 10; et Valois, adloc»; Libanius^ Orat. parental.,
(2) Selon quelques-uns, dit Aristote, .cité par Julien et Themistius, p. ri6i, la forme d'un gouv^memenk. absolu, lu^t&fMfÙAux. , est contraire à la nature.' Cependant le prinee et lej>hilosophe ont jugé à propos d^ehvelopper adroitement iiette vérité étemelle d*une profonde obscurité.
-(3) Ce noble sentiment est rapporté presque dans les termes employés par Julien lui-même. Âmmien , xxii, 10.
diadème .trop chèrement payé(i). Mais il refusa tpujours le titre de dominusoxx seigneur {t^^ dénomina* tion devenue ^i familière aux Romaine, qu'ils ne se rappelaient plus son origine servile et humiliante^ Ce prince, à <|Qi les débris, de la république inspiraient vu sentiment' de respect, chérissait Fofilce oa pl^jtôtle nom de consul; il adopta par choix. et par inclination la conduite qu'Auguste avait suivie par prudence. Aux dalendes de janvier , les nouveaux a. d. 363, consuls Mamertin etNevitta vinrent, dès le point du ** J"'''*'jour, présenter leurs respects à Tempereur. Quand on Teut informé de leur approche^ il descendit de son^rône, alla au devant d'eux, et força les magistrats embarrassés de recevoir les démonstrations de sonhumilité affectée. Du. palais ils allèrent au sénat; l'empereur à pied marchait devant leurs litières ; et la foule "du peuple étonné admirait Tirnage des anciens
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{\\\jih2iiï, XQrat parent, , c g5, p. 32o), qui rend compte du désir et du dessein de Julien , insinue en langage mystérieux (.Gs&)v ouToj yvovrcav..,. o^'yiv apeiVGJv o xoi>Xuuv) que Tein— pereur en fut détourné par une révélation.
{l) Julien, inMisopogon, p. 343. Gomme il n^abolit jamais par une loi publique les orgueilleuses dénominations de despote ou dominus, elles existent encore sur «es médail- .
les(Ducange, Fam byz(mt,,Yi' ^^9 ^9)* pt la répugnance qu^il affectait en .particulier ne servait qu^à donner une tour** nure différente à la basse adulation des courtisans. L^abbé de La Bletterie ( /Tilf f . de Jotnen, tom. n^ p- 99-102) a suivi avec soin le mot domdnu^ depuis son origine à travers toutes les différentes^significations qu^il eut successivement, sous, le gouvernement ipipérial..
54a . HISTOIRE DE LA DECADENCE
temps , jOu blâmait peut-être en secret une conduite qui dégmdait à ses yeux l'éclat de la pourpre (i). Mais Julien ne se démentit dans aucune occasion. Tandis qu'il assistait un jour aux jeux diï cirque, il affranchit, ou par inadvertance , ou peut-être à'êessein, uii es* ,<îlaveen présence .d» consul. Dès qu'on Peut aveiti qu'il empiétait sur la juridiction d'un autre magistral, il sç condamna lm*méme à payer une amende de tlix livres d'or , et saisit celte occasion de prouver qu'il était , comme tous les citoyens, soumis aux lois et même aux formes de la répubKque (q).. Des vues d'administration , et son respect pour le lieu de sa naissance, déterminèrent Julien à conférer au-séiiiM: de Coristantiriople l'es honneurs, les privilèges et l'autorité dont le sénat de Rom'e jouissait encore exclusivement (3). On supposa que la moitié du conâeil national était passée en Orient, et qette fixîtion légale
(i) Ammîén, xxii, «j . Le consul Mamertin {in Pcmegjrr.vet,, XI, 28, 2g, 3o) célèbre cet heureux jour, comme un esclave éloquent étonné et eniVré de lai bonté de son maître.
(2) Les lois des Douze-Tables condamnaient les satires personnelles.
Si malè condi^rit Jn ,quem q^iis çarniin^f ju9 est, -Ju^iciumque.
Julien, dans sûn Miwpogon (p. BS^),. avoue lai-méme avoir encouru la peine portée par la loi ; et Pabbé de La Blettepîe {ffist. de Joifien , X, 11) a saisi avidement une déclaration si favorable à son propre â^entiment et au véritable esprit delà eonstitùtion impéFÎale. - '
(3) Zozime', 1. m, p. i58.