I "" J ___MI 4__
(i) B régnait à Mycène, (éloignée d'Argos d*environ cinquante stades ou six m-illes. Ces villes , alternativement ce* lèbres , ont été confondues parr les ppëtes grecs. Strabon , 1. VIII, p. .579,édit. Amster. 1707.
(2) Marsham , Canon. Chron,,^. 421* Cette généalogie , qui remontait jusqu*à Hercule , peut être suspecte ; cependant elle fut reconnue, après des recherches exacte^, par les juges des jeux olympiques (Hérodote , 1. v, c. 2a), dans iftn . temps* où les. rois ^^ Macédoine ne jouissaient pas d^une grande considération che; les Gi^ecs. Lorsque la ligue achéeune se déclara contre Philippe, on jugea décen^t de faire retirer les députés d*Argos. TJte-Live, xxxii, 22.
(3) Sofn éloquence est célébrée par Libanius , qui distingue positivement en lui les différens orateurs que-fait .parler Homère. {Orat parental,, c. 76, 76, p. 3oo, 3.o i . ) Socr^tef (1. lu, c. i:) a faussement assuré que Julien était le seul prince qui eC^t harangué le sénat depuis Jules-r-César^ Tous les prédécesseurs. de Néron et une partie de SBs successeurs possédèrent le tjalent de parler en public ; et op • pourrait prouver par plusieurs exemples, qmHls l'exercèrent souvent dans le sénat.
(4)Anjmien (xxii, 10) a établi avec impartialité les . a va n-< tàges et les défauts ie ces formes judiciaires. Libanius((?ral. parent., c. 90, 91, p. 3i5) n'a vu que le beau côté; n^ais son .tableau., en.&atUint la personne dii prince, établit du moins les devoirs du juge. Saint Grégoire de ]Nla»ianaiQ
peine connues des souverains de TEurope moderne. L'art de la persuasion, si cultivé par tes premiers Césars , avait été négligé par l'ignorance guerrière et par Porgueil asiatique de leurs successeurs ; s'ils daignaient .haranguer- des soldats qu'ils craignaient, ils gardaient un silence dédaigneux avec les sénateurs qulils méprisaient. Julien regardait les assemblées du sénat, que Constance avait évitées, comme le lieu le plus propre à faire briller ses maximes républicaines et ses talens de rhéteur. 11 y employait tour à tour les tons de la censure', de U louange et de l'exhxïrtation, comme dans une école de déclamation. Son ami Libanius a remarqué que l'étude dlHpmère lui avait appris à imiter le style simple et concis de Ménéla$ ,
Tabondançe de Nestor, dont les paroles descendaient comme les flocons de la neige en hiver, et l'éloquence pathétique et victorieuse d'Ulysse. Julien se livrait , non-seulement par devoir , mais par amusement , aux fonctioas*de juge j qui sont quelquefois incompatibles avec celles d'un souverain y et quoique l'intégrité et ' lejugement de ses préfets du prétoire méritassent sa confiance, souvent, assis auprès d'eux, il écoutait leurs jogemens. La vive pénétration de son esprit se plaisait à découvrir les ruses et à déconcerter leg chîcanes des avocats , qui tâchaient de dégufser là vérité
(arat, IV,' p. *i2a) , qui omet les vertus efexagéme les fiaibié» défauts ée Papostat , demande d^un tou de triomphe si un pareil juge est digne de. siégei; entre Minos et Rha damante dans les 'Champs-Elysées.
des faits , ou de corrompre I!esprit de la loi. Il dérogeait quelquefois à la majesté de son fang , en hasardant des questions indiscrètes et déplacées, et trahissait l'impétuosité de ses* passions par les éclats de sa voix , ou par la vivacité de ses gestes, quand il soutenait un avis contraire à celui des juges , des avocats ou de leurs çliens. Mais, connaissait le vibe de son propre caractère , il encourageait, il ordonnait même k ses amis et à ses ministres de l'en avertir: et quand ils hasardaient d'arrêter les écarts de sa vivàcité, les spectateurs apercevaient avec satisfaction la honte et la reconnaissance de leur souverain. Julien fondait presque toujours ses décrets sur des principes de justice, et 11 résista constamment aux deux plus dangereuses tentations qui assiègent lé tribunal d'un mpharque, sous la fofhie séduisante de l'équité et de la compassion. 11 jugeait les causes sans égard à la condition des parties , et quoique disposé àr soulager le pauvre , il le condamnait âahs hésiter, quand la cause du riche adversaire était 'là plus juste. 11 distinguait avec soin le juge du législateur (r)-, et, quoiqu'il méditât une réforme nécessaire dan§ la jurisprudence romaine , .il prononçait ses sentiences con-
(V)" Dans le nombre des lois que Julien promulgua durant un règne ^lé'seize mois, cinquante— quatre ont été admises dans les codes dç. Théodose etdeJustinifen.-Godefçoy, ChrofK îeg'um, p- 64-67, L^abbé de La Bietjerie (t. 11, p. 32^^36) a choisi une de ce$.lois.pouF donner une idée de la latinité de Julien. Son style est nerveux et soigné; mais il écrivait plus purement en grec.
4ere.
Ibrmément ai^ sens strict et littéral des Ipis établies, qui devaient servir de règle gux magistrats et aux citoyens. . '
Son carac- . Si l'on dépouiUait quelques princes dé leur rang et de leurs richesses , si on les jetait nus au milieu du monde , ils tomberaient à Finstant dans la dernière classe , sans çspoir de se tirer jamais de Tob^curité. Mais le mérite personnel de Julien était indépendant de sa fortune. Quelque état qu'il eût embrassé, l'intrépidité de son courage, la vivacité de son esprit, et la constance de son application, lui auraient obtenu, ou au moins lui auraient mérité les premiers honneurs de sa profession. V Julien, dans un pays où il sepait né simple citoyen, aurait pu s'élever, par son génie, au rang de ministre. ou d^ général, ^i la jalouse capricieuse de l'autorité avait trompé ses espérances , s'il s'était éloigné sagement des sentiers de la grandeur, l'exercice de ces mêmes talens, dans une studieuse solitude, aurait mis hors de l'atteinte, des rois k bonheur de sa vie et l'immortalité de sa gloire. Quand on examine le portrait de Juliea avec une attention minutieuse ou peut-être malveillante, quelque chose semble manquer à la grâce et à la perfection de la figure.'Sou génie était moins vaste et moins sublime que celui de Cés^r, et il n'égalait point Auguste en prudence^ Les vertus de Trajan paraissent plus sûres et plus naturelles î la philosophie de Marc- Aurèle est plus simple et plus suivie. Cependant Julien a soutenu courageusement l'adversité, et il à. joui de sa fortune avec modération. Après un inter-
valle de cent vingt ans, depuis la mort d'Alexandre- Sévère, les Romains virent paraître un empereur qui ne connaissait point d'autres plaisirs que -ses devoirs , qui travaillait à soulager les malheureux et à ranimer le courage de ses sujets , qui tâchait de joindre toujours le. mérite. à l'autorité, et de donner le bonheur à la vertu. L'esprit de parti lui-même, et, pour dire encore plus , l'esprit de parti réligifeux a été forcé de rendre hommage à la supériorité de son génie dans \^ paix et dans la guerre , et d'avouer, en soupirant, que Julien l'Apostat aimait son pays et méritait l'empiré de l'univere (i).
(r) ........ Duct9r fortissinuLs amùs ; '
Conditor et legiitn celeberrimus ; ore manugue Con5^ltar patriœ ; sed non consultor habendœ ' fielligionit ; arhans tercentûm^millii^ Divûni, Peffidus ille Deo, sed non et perfidus orbi.
Prudent.., Apotfaeosis, 4^o, etc.
làSL conscience d'un sentiment généreux semble avoir élevé le poëte chrétien au-dessus, de sa médiocrité ordinaire.
35o HISTOIRE DE LA DÉCADENCE