‹ Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain. Trad (volume 2)Chapitre 3 sur 37 · XIX, II · texte numérisé non relu

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les arrêter, et Tindolent monarque fat enfia pb)îgë * de jcappeler de9 extrémités de ses Étals Yéliie ûek troupes palatines, et de se mettre Im-méme à leur tête. Cette guerre Vxxxsupa sérieusement pendant une campagne entière, durant Tautomne qui la précéda, et le priïitemps dont elle fut suivie. L'empereur passa le Danube sur un pràt de bateaux ^ tailla en pièces tout ce qui se présenta devant lui-, pénétra dans le coeur du pays de»Qua4es, et leur rendit avec usure les maux dont ils avaient aâligé les provinces romaines. Les Barbares^ épouvantés, fiirent bientôt ibr^ çés.de demander la paik. En réparatipn du-passé, ils offrirent la restitution de tous leurs prisonniers^ et les plus distingués de leur nation, pour otages et pour garans de leur Qonduke à l'avenir. Laréceptioo favorable et flatteuse qu'obtinrent les premiers d'entre leurs chefs qui implorèrent la clémeaoe. de l'empereur, encourajgea les plus timides ou les plus obstinës.à suivre, leur exemple : lé camp impérial fut rempli d'une foule de princes et d'ambassadeurs d^s tribus les plus éloignées , qui occupaient les plaiues de la petite Pologne, et qui auraient pu se croire en sûxelé derrière la chaîne escarpée des mo^tagnes Car-, pathiennes. En Élisant la loi aux Barbares qui habitaient au-delà du Danube ,. Coâsiance parut sensible au inalheur.des Sarmates y qui , chassés de leur pays par leurs esdaves révoltés , s'étaient réfugiés ches^ les Quades , dont ils avaient considérablement augmenté la puissance. L'emj;>ereur, embrassant un système de politique adroit autant que généreux,, tira les Sar-

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* ifhilids dé cet ëlat de dépendance hutniKante: Par un traité séparé, il le^r<%ablit en corps de nation amie et alliée de la république , sous le gouvememeiit d'un tnonàrcpie ; . il déclara qu'il avait' résolu de soutenir la justice de leur cause, ret d'assurer k paix de leurs proTÎnces par la de$|:tuction ou dû moiïis par le bannissement des Limigantes , qui conservaient tous les vices ^t toute la bassesse de leur méprisable origine. L'exécution de ee dessein offrait moins de gloire que de difficultés. Le territoire des Limigantes était défendu du côté des-Romaitls par le Danube, et par la Thei^s du côté des Barbares. Le terrain marécageux qui sépsttâît ces deux, rivière^, fréquemment inondé de leurs etfut, présentait un labyrinthe dangereux et inabordable , excepté pour les habitaus qui en .connaissaient les passages secrets et les forteresses inaccessibles. Â l'approche de Conètance ^ les Limigantes eurent altemativêtnent recours aux supplications, au!3t iaiikie^ et à laperficUe. II. rejeta sévèrement leurs prières^^y après, avoii* éventé leurs grossiers stratagèmes^ i) repoussa 'les eflbrts irréguliers de leur valeur par une conduite prudente et courageuse. Une des plus guerrières de leurs tribus s'était fixée dans une pefite île au confluent de la Theiss et du Banube. Elle avait côn^eati à pa^ef la rivière sous le prétexte d'une conférence amieale , pendant la-^ quelle ces Barbarejs projetaient de se saisir de l'eraperetir, qu'ils ne croyaient pas sur ses gardes. Mais les trakres fiitent victimes de leur entreprise ; environnés dé toufè^ parts-, écrasés par les chevaux de

la cavalerie, hachés par les légions, et dédaignant de demander quartier , its périrent les armes à la main , et<5onservirent jusqu^au dernier soupir leur maintien &roache et leur air de férocité. Après celte victoire, an corps considéraUe de Rondains passa sur la rive opposée du Danube. Les Tàifalse , tribus de& Goths , qui s'étaient engagea au service de l'empire, entourèrent les Limigantés delVutre celé de la Theiss. Leurs anciens maîtres ,^ les Sarmates libres, animés par Tespoir et la vengeance , gravirent les montàgiiés et pénétrèrent dans le cœur du pays qui leur avait appartenu. Un incendie gédéral* fit déicouvrîr les huttes des Barbares qui s'étaieht retirés dans le fond du désert, et lé soldat combattit avec intrépidité sur un terrain marécageux , où Ton courait à chaque pas le danger d'être englouti. Les plus braves des Limigânîtefi. auraient résolu de se défendre jusqu'à la mort-, mais rauAorité des vieillards ^t prévaloir un avis m'oins violent» Les suppliaiis en foule se rendirent au eamp des Romains , suivis de leurs femmes et de leurs enfans, pour apprendre de là bouche de Tempereor le sort qu'il leur réservait. Après avoir fait réloge de SA'propre démence , qui le portait à pardontter leurs crimes multipliés, et à sanver les restes d'une^nadon coupable , Constance leur assigna pour exil un pays éloigné , où ils auraient pu jouir d'un repos honorable. Les Limigantés obéirent avec rér pugnanea, et, -«vaut d'aVoir atteint à cette nouvelle patrie; ils revihrent suivies bords du; Danube, déplovèremt le malheur de leur situation, et conjurèretit

Tempereiir, en lai januiC onè fidélité à toate épreave, de leur accorder une habitation tranquille dans qnàr que canton d^une province romaine. Constance , ou^ bliant les preuves récentes de leur perfidie, écouta ses flatteurs qui s^empressèrent de Ini représenter l'avantage qu'il tirerait d'une colonie de soldats, dans un temps où les sujets de Tempire accordaient plus facilement des cootributions d'argent que des services militaires. On permit aux Limigantes de pas* ser le Danube, et l'empereur leur donna audience dans une vaste plaine près du lieu où est située Bade. Ils entourèrent son tribunal ; et tandis qu'ils semblaient écouter avec respect un discours rempli de douceur et de dignité , un des Barbare^ , lançant en l'air une de ses sandales , cria d'une voir terrible : Marha! marhal cri de guerre et d'alerte, qui lut le sigoal de la plus horrible coniusion. Les Barbares s'élancèrent avec violence pour enlever l'empereur. Son trône et son lit d'or furent pillés par leurs mains grossières \ mais là courageuse fidélité de ses gardes, qui reçurent la mott à ses pieds , lui donna le temps d'échapper de cette sanglante mêlée , et dç s'élmgner rapidement sur un de ses meilleurs coursiers. Le nombre et la discipline des Romains tirèrent une prompte vengeance de l'aifrQu.t que leur avait fait essuyer cette trahison ; le combat ne fut terminé que p^r Textinc-* tioh du nom et de la nation des Limigantes. On remit les Sarmates errans çn possession d^ leurs ancienne^ terres. Constance , quoique leur i^aractère léger lui inspirât peu de confiance , espéra que. h Sentiment

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de la reconnaissance pourrait avoir quelqae influence sur leuc conduite future ; il avait remarqué la taille avantageuse et- la conduite respectueuse de Zizais , un de'.leurs che& les plus distingues, et il le fit roV des Sàrmates. Zizais prouva par son inviolable attachement pour Tempereur qu*il ëtait digne de son choix ; et Constance , aprèg ce succès, fot surnommé le Sarmatique, aux acclamations de son armée vic<« torieuse (i).

Tandis queTerapereur romain et le monarque per- N^gociaiioD san défendaient , à trois mille milles l*un de l'autre , *'*^ror***^ ' les limites de leurs États contre les Barbares des rives du Danube et de TOxus , leurs confins intermédiaires étaient exposés aux vicissitudes d'une guerre languissante et d'une trêve précaire. Deux des ministres orientaux de Constance, le préfet du prétoire Musonien, dont les talens étaient flétris par la fausseté et' le déÊiut d'intégrité , et Gassien , duc de Mésopotamie, vétéran intrépi^Cy entamèrent secrètement une né'^ gociation avec le satrape Tamsapor (a). Ces outertures de paix, tradtntes en languei persane , étrédi^ gées dans le style flatteur et servîle de Msie, flfreht portées dans le camp du grand roi^ qui^ésolut de faire savoir aux Romains,; par un ambassadeur, les oondi-

(i) Genti Sarmatarum ntagno- dècori considens apud eos Kcgem dédit. { Aurelius * Y ictoir. ) Dans une pompeuèe harangue prononcée par Constance lui - même , il célèbre ses propres exploits avec beauopup d'orgueil et quel^jue vérité.

(2) Axi(iinieR , xvi , 9. ^

tions qu'il daignait leur aecorder. Nanès, qa'il revêtit de ce caractère , reçut toutes, sortes dliouneurs dans le cours de son voyage depuis Antioche jusqu'A Gonstantinople. Arrivé à Sinninm après une longue route, *il i^çut sa première audience, et développa respectueusement le voile de soie qui couvrait la lettre hautaine de son soui(^rain. Sapor, roi des rois, frère du Soleil et de la Lune (teb étaient les titres pompeux affectés par la vanité orientale), féli^âtait son {rèi:e Constance César de ce qu'il avait puisé de la sagesse dans Fàdversité. Comme légitime successeur de Darius -Hysfaspes, Sapor déclarait qjOfi la . rivière de Strymon> eu Macédoine était rancienne et véritable borne de son empire ,. mais que telle était ^ modération , qu'il se contenterait des provinces d'Arménie et de Mésopotamie, qu'on avait frauduleusement enlevées à ses ancêtres .; ajoutant que sans cette , restitution il était . impossible d'établir une paix solide entre les deux empires , et que , si son * ambassadeur ne rapportait pas .mte réponse satisfaisante, il était préparé à soutenir, dès Iç printemps suivant, la justice de sa cause par la force ^e ses armes invincibles. Naiisès, nalurellem^il rempli de politesse et de grâces, tâcha d'adoucir , autant que son devoir lelui permettait, la hauteur de cette proposition (i). Le conseil impérial , après avoir mûre-

(i)' Amioien (xvji,* 5) transcrit cette lettre hautaine^ Themistius {opatio iv,,p* 67, édit. Petav«) fait mention de Tènveloppe de soie. Idatius et Zonare parlent du voyage de

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ment pesëie style et le conii^au de la lettre , renvoya rambassadeùr avec la rë{>eii8e suivante : ;« .Qnoîqae Cimstance pût lëgitimement désavouer des ministres qui avaient entamé nûe négociation sans. se$ . (Hrdres positifs, il était disposé à ccmelare un .traité juste.et honorable» Mais il regardait comme indécent et ridi^ eule de proposer au seul et violorîeux pos3i9sseur de tout Tampiref omain , des conditions qu^il avait reje-^ téèa avec itidignatton dans un tiemps où sa puissance se Ténfemoait dans les limites étroites deTOrient. he sort des armes était sans doute incertain ; mais Sapor ne devait pas oublier que si^, dans le.cour$ de leurs nombreuses guerres ; le&Romains avaient p»du quelques bataîllea, ils .les avaient cependant terminé^ toutes par lavictcnre. » Peu.de jours après le. dépari d^ Narsès, on envoya trois ambassadmirs^à la cour de Sapor , qui était déjà revenu de son . expédition de Syrie dans sa résidence ordinaire de Ctésiphoii. Un comte ^ un notaire et un sophiste, firent t^bargés de cette importante commission^ et CoAsIance , quidési-ràit secrètement là coacluMpn de la* paix , espér^ que le rang du premier, l'adresse du second, et'l'élor quence du troisième (i), oblio^draient de Sapor un

ramhasstdeur-, et 'P^rre t^atrice rend compte de sa conduite conciKante , in Exctrpt, iegut, , p. 28.

(i) Ammîen, \vii, 5; et Yalois, adloc. Le sophiste ou philosophe (dans ce siècle ces denx noms étaient syno— njines ) , le sophiste était Ëustache de Gappadoce , discipjc de Jamhlique , ,et Tami .dé "saint Basile. Eihiape {in vit. Edcsii, p. 44~'47 ) ^^^^il'^^ ^ l-ambassàdeur philosophe \t\.

4o HISTOIRE DE LA DéCADEHCC

aidoucusement à ses prétentions. Mais leur n^ociation ^choaa par Toppositioa et les manœavres cTAntoniiinsy sujet romain (i). Forcé par l'oppression lie fuir de la Syrie , il avait été admis dans les conseils de Sapor , et jnéme à sa tajile royale , oà , selon IHisage des Persans , se discutaient les affaires les pins importantes (%). L'adroit réft^gié satisfaisait par les mêmes moyens à son intérêt et à sa vengeance. Il excitait sans cesse Vambition de son nouveau maître à pro^ fi ter du moment où Télite des troupes palatines était occupée avec Temperenr à combattre sur les bords éloignés du Danube , et où les provinces épuisées de l'Orient offraient une conquête facile à ses nombreuses armées de Persans , maintenant fortifiées par TalKance et la jonction des plus redoutables d'entre les Bar* bares. Les ambassadeurs romains se retirèrent sans

gloire d'avoir enchailté le roi barbare par les cbarmes pepàaasifs de PéloqueBce et de la raison. F'ojr. TlHemoat, Itùt. des Emper. , t. iy, p. 8â&-si3a.

(1) Ammien ^ xyiii , '^, 6, 8,. La conduite Récente et re»r pectueuse d^Antçninns yis-à-vis. du général romajn , l,e prér*. sente dans, un jpuv très— favorable , et Ammien lui— même ne peut s^emp$cher de pailler du traître avec estime et compassion.

(2) Cette s^peodote , telle qu'elle est ri^portée par Âm^ mien , sert à proiftver la véracité d'Hérodote (l. i,e. i33)^ çt la constance des Perses à conserver leurs usages. Dans tous les siècles les Ptr^s ont été ^dQimés à l^intempérance , et les vins .de Gbitaz ont triomphé de la loi de Mahomet. Bri^son, «b Regno Pers., h Uj p* 4^2-472; et Gbardrn,^ f^ojrage en, Pèi^se^ t. lu , p.. 90.

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succès., et ceux qui leur succédèrent, quoique d'un rang supérieur , furent enfermés dans une étroite prison , ef menacés de la mort ou de Fexil. >

L^histprien mifitaire ( i ), envoyé pour observer Tar* inrasion mée des Persans tandis qu'ils construisaient un pont poiamie

, ,^ ' par Sapor.

de bateaux sur le Tigre , mpnta sur une colline d'ooi a. d. 359. il vit toute la plaine d'Assyrie, aussi loin que Tborison lui permettait de l'apercevoir , couverte de soldats , d'armes et de chevaux , et Sapor à leur' tête , vêtu d'un habit éclatant de pourpre; A sa gauche , la place d'honneur chez les Orientaux ,. Grumbates , roi des Chionites, présentait le maintien austère d'un guerrier ^vénérable par ses années , et célèbre par ses exploits. A la droite de Sapor était , dans un rang pareil , le ro^ d'Albanie , qui amenait des rives dé la mer Caspienne ses tribus indépendantes. Les satrapes et les généraux étaient placés selon leur rang, et, enoutre de la foule immense de femmes et d'esclaves qui suivent toujours les armées orientales , on comptait plus de cent mille combattans effectifs , tous exercés à la fatigue , et choisis parmi les plus braves nations de l'Asie. Le transfuge romain, qui dirigeait en grande partie le conseil de Sapor , lui avait sagement recommandé de ne pas perdre la belle saisonà entreprtodre des sièges longs et difficiles ; mais de marcher vers l'Euphrate , et de s'emparer sans délai de la faible et opulente capitale de la Syrie. Mais, à peine entrés dans les plaines de la Mésopotamie , les ■ ' ...... I . — I ,-.'*.. , » ■-.,■■.. ■ ■ ■ , . ■

(i) Ammîen , 1. xviii, 6', 7 , 8, 10..

4a HISTOIRE DE LA DÉGADENGE

Berses s'aperçurent qcCon avait pris toutes, les précautions propres à retarder leurs progrès et à déconcerter leurs desseins. Les babitans et leurs troupeaux étaient retirés dans des forteresses*, leafonrrages verts avaient été brûlés sur pied *v ^^^ pieux serrés et pointus défeûdaient leâ gués des rivières; on avait garni la rive opposée deniacbines de guerre, etJa crue favorable des eaux de l!£uphrate ne permit point aux Barbares de tenter le' passage sur le pont do Tbapsacus* X'habile Antoninus changea son- plati d'opérations , et conduisit Tarméé par un long, détour, mais à travers des territoires fertiles , vers h source de TEupbrate, où le peu dé profondeur de aes eaux offre unpassage^cile. Sapor dédaigna prur demment de s'arrêter devant les murs de l'impre^ nableNisibis ; mais, en passant spuslés murs d'Anîida, il voulut essayer si la majesté de sa présence n'amènerait pas sur-le-champ à ses pieds la gamisen pénétrée de respect et de terreur. L'insolence d'un dard sacrilège qui,, laneé aubasard, vint effleurer son Goyal diadème , le convainquit de son erreur ; et le monarque indigné n'écouta plus qu'avec impatience l'avis de ses ministres , qui le conjuraient de ne pas sacrifier à son ressentiment tout le succès de ses armes et de son ambition. Le lendemain ^ Grumbates. s'avança sous la porte de la ville avec un corps de troupes choisies , et somma la garnison de se rendre à. l'instant , pour réps^rer de la seule manière qui fut en son pouvoir un semblable trait d'audace et d'insolence. On répondit à cette proposition, par une

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grêle de traiu^ et nn javelot laacé d'une baliste traversa le cœur du fils unique de Grumbates; jeune prince ëgalfflieat remarquable par $a valeur et par sa beauté; Le fils du roi des'Cbionites fut inhume avec toutes les cérémonies d'usage thez cette nation; et Sapor adoucit un peu la douleur du vieiu^ guerrier, en hii jurant que la coupable ville d!Âmida serait k bûcber funèbre qui servirait à expier la mort et à perpétuer la mémoire de.son fils.

L^ancienne ville d'Amid ou Amida (i), qu'on ap- si^ge pelle quelquefois Diatbekir (2) , du nom de la provinee, est située avantageusement dans** une plaine fedile arrosée par le cours naturel du Tigre et par des canaux artificiels , - dont le plus considérable forme un dëraifCercle autour de la partie orientale de la ville. L'empereur Constance lui avait récemment accordé l'honneur de porter son nom , et l'avait fortifiée de nouveaux niars défendus par de bautes tours. L'arsenal était muni de toutes les machines de

(r) Jour la description d'Amîda, voyez d'flerbèlot, Bi~ bKoih. orient, , p. 108 ; Histoire de Timur-Bec, par GheVefeddÎBrAli, 1. m, c. 41 ; Ahmcd-Arabsiades , t. i, p. 33i , C.43; F'oyagesdeTwernier,t. i, p. 3oi ; F^ojrages (TOtter, t. u , p. 278 ; et les Voyais de Niebuhr, t. m , p. 324-3^8. Le dernier de ces voyageurs, I>aat)is savant et exact, a donné un plan d^Amidaqui éclaircit les opérations du siège.

(2) Diarbekir , que les Turcs , dans leurs acte» publics-, nomment Kara-Amid, contient plus de seize mille mai— sons ; elle est la résidence d'un pacha à trois queues. L'épithète de Kara vient de la couleur noire de la pierre dont sont construits les sojides et anciens murs 'U'Amida.

guerre propres à la défense , et la garnison avait été nouvellement renforcée de sept légions , quand la place fat investie par les armées de Sapor (i). Ce prince fondait sur un assaut général son premier et principal espoir. Les différentes nations qui suivaient ses drapeaux prirent les postes qui leur furent assignés ; la nation des Vtrlœ au midi : ai| nofd les Âlbaniens ^ à Torient les Chionites , enflammés par la douleur et Findignation ; et à Toccident les Ségestins, les plus braves de Tarmée , dont le front de bataille était couvert d^une ligne formidable d^éléphaas (s). Les Persans de tous cAtés secondaient leurs eflforts et animaient leur courage. Sapor lui - même , sans ^rds pour son rang, basardait sa propre vie et pressait le si^e avec Timpétuosité d*un jeune soldat.

(i] Les opérations jLu siège d^AmidU sonjt décrites dans le plus grand détail par Ammien (xix, 1-9)» qui combattit honorablement pour sa défense, et s*échappa avec peine ^and la ville fut emportée par les Persans.

(2) J)e«ces quatre nations, les Albaniens sont trop bien connus pour exiger plus de détails; les Ségestins habitaient un pays plat et vaste , qui porte encore leur nom , au sud du Khorasan , et à Poccident de Tlndostan. (Voyez Geogra^ phia nubiensis, p. i33; d'Hérbelot, B^Uoihique orientale , p. 797. ) Nonobstant la victoire si vantée de Bahram (tome i, p..4io)> les Çégestins, plus de quatre-vingts ans après, paraissent encore être une nation libre et alliée de la Perse. Nous ignorons où habitaient les Verta et les Chionites; mais jMnclinerais à croire que ces deux nations , ou au moins la dernière , ^occupaient les confins de Pl^de et de la. Scythie. Voyez Ammien , };vi , 9.

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Après un combat opiniâtre, les Barbares furent repousses. Ils revinrent à la ebarge, et furent repousses encore avec un épouvantable carnage^ Deux légions rebelles des Gaules, qui avaient été reléguées en. Orient , signalèrent par une sortie leur courage iadis^ ciplihé , et pénétrèrent, à la faveur de la nuit , jus* qu^au .milieu du camp des Persans. Pendant la plus terrible de ces attaques répétées , Âmida fut trahie par un déserteur qui indiqua aux Barbares un escalier secret, taillé -dans le creux d^un rocher sur lebord du Tigre. Soixante -dix archers de Ja garde royale 'montéreu^ en silence au troisième étage d'une tour très-élev^e qui commandait le précipice., et y attachèrent Tétendardr oyal , signal de con|iance pour les assaillans, et de désespoir pour les assiégés. Si cçs braves avaient pu se maintenir dans Ijeur poste quelques instabs de. plus, peut-être le sacrifice généreux qu'ils firent de leur vie aurait^il du moins assuré la réduction de la place. Après avoir essayé s^ns succès les assauts et les stratagèmes , Sapor eut recours aux opérations plus lentes , maïs plus sûres , d*uii siège régulier, dont les travaux furent dirigés par des déserteurs romains. On ouvrit la tranchée à une dis-^ tance convenable , et les soldats destinés à ce service s'approchèrent, couverts de fortes claies, pour remplir le fossé et saper le n)ur dans ses fondemens. Des tours de bois , posées sur, des roues , s'avancèrent , et mirent les soldats , qn'x>n avait pourvus de toutes sortes d'amies de trait, à portée de combattre , presque de plain«pied , avec ^eux qui déiendaient lès remparts.

Tout ce que le courage et Vwt pouTaient exécuter, fut employé à- la défense d^Âmida , et le feu des Romains détruisit souvent le^ ouvn^es de Sapor; •mais les ressources d'une TÎUe assiégée ne sont pas inépuisables» • Les Perians réparaient leurs pertes et ayançaient leurs travaux ^ les bâiers firent une large brèche, et la garnison réduite et épuisée ne put résis* •ter à rimpétuosité d*ttn nouvel assfiut. Les soldats , les citoyens, leurs femmes et leurs enSzns^ enfin tons ceux qui n'eurent pas le tqups de fuiv par la porte opposée , fiirent enveloppés parles vainqueurs dans uiii: massacre général.

DeSin^. Maîs la ruine d'Amida sauta les provinces romaines. Quand les premiers transports que donne la vic^ foire furent un peu calmés, Sapor dut réfléchir avec regret que, pour châtier une cité indocile, il avait perdu Félite de ses troupes etla^son la plus favorable pour les conquêtes (i). Un siège de soixante^

(i) Amnûen a marqué la qhronologie de oette annép par trois signes , quî ne se rapportent pas très^bien entre eux , ni avec le cotifs d^ l^istoîte'. i" Le Lié était mûr lorsque Sapor entra dans la Mésopotamie : tùmjam slfulâfiat^ente turgerent, Getfe circODstaR^ce ^ dans la latitude d^Alep, noi(|s i^ejetterait au. mois dldvrîl ou* de mai. Voyez les Ob*enf€^ iwns de If armer sur VMcrU*^ y , i , p. 4i - 1^ f^^çg^ de Shaw , p. 3o5 , édit. in-4*' 3^ Les progrès de Sapor furent arrêtés par le débordement de TEuphrate ^ qui arrive ordinairement dans les mois de juillet ou d*août.'Plîne, Hùt: nat., y, 21 ; Viaggi di Pietro delta Voile, tome i,- p.jSgS. 3^ Quand <S«por'«e fuU rei|dtt maître d^Amîda , . apr^ mi

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tseké jours lui avait enlevé treille mille de ses vétérans- tombés sous les mûrs d'Amida- Trompé dans'son espoir, le monart[ue retourûa dans sa capitale, en caehant son déplaisir secret sous un extérieur triomphant. Il est plus que probable quhine* guerre qtû avait présenté des obstacles et des dangers inattendus , dégoûta rinconstance de .ses alliés barbares , et que le vieux roi des Chionites , rassasié de vengeance , s'empres^ de quitter le pays funeste où il avait perdu Fespoir de S9 famille et de sa natâoUi-les. forces et le courage de Fàrmée avec laquelle Sapor entra en campagne le printemps suivant , ne pou^ vaient jplus .remplir ses vues ambitieuses. Au lieu d*ei^reprendre la conquête de TOrient , il fallut se contenter de réduire deux places fortes de la Mésopotamie, Singaca et Bezabde. ( i) , situées Tûne dans le roilien d'un désert dé sables , et Fantre sur une petite pén»lsule entourée presque de tous côtés par le fleuve rapide et profond du Tigre. Cinq des. légions romaines, réduites par Constantin à un nombre de soldats peu considérable , furent faites prisonnières , et envoyées en captivité sur le$ confins les plus reculé$ de la Perse. Après avoir démantelé ^iiiga]:a, le

siège- de soixante-treize jours , Fatitomne était fort availcé. Auttimno prœcipiti hœdorumqiie ifnproho sidère exorto, ]^our concilîet ces . contradictions frappantes , il faut siipposer quelque délai :dn roi de Perse, quelques inexactitudes de lliistopten, ou quelque désordre extraordinaire dans les saisons. ^ ' *

(i) Ammien (xx ^ 6, 7) fait le* récit» de ces sièges.

couquëranl quitta cette ville éloignée et soliteire. Hais il répara soigneiuemeiit les fortifications de Bezabde^ la- poarvut abondamment de tous les moyens de défense , et mit dans cette place importante une garnison ou colome de vétérans, dans llionnenr et la fidélité desquels il avait la plus grande confiance. Vers la fin de la campagne ^ il reçut un échec en essayant d^enlever Virtba ou Técrit, ville forte des Arabes indépendans, qui passa pour imprenable jus- . qu*au règne de Tamerlan (i).

coMiaiie La défense de TOrient contre les années de Ssq)or Romaiot. exigeait et aurait employé les talens du générad le plus expérimenté. C'était un bonheur pour FÉtat que cette province se trouvit confiée , dans^ cette circonstance , au brave Ursicinos , qui méritait seul la confiance des peuples et des soldats. Mais , au moment du danger (a), les intrigues des eunuques firent rappeliîr Ursicinus, et le commandement militaire de rOrient fut donnée par la même influence ^ à

(i) Pbur Tidentîté de Virtha et de Técril, voyez d'Anville. Géographie ancienne, t. ii , p. aoi. Pour le sîége de ce châteAu par Timor -Bec ou Tamerlan, voyrez Gherefeddm , 1. III 9 G. 33. Le biographe persan exagère le mérite et la difficulté de cette expé^tion , qui délivra les caravanes de Bagdad d^une troilpe formidable de yc^eurs.

(2) Ammien ( xviii, 5, 6 ; xix , 3 ; xx , a ) parle du mérite et de la disgrâce d^Ursicinu^avéc les détails et les sentimens de fidélité qui conviennent à un soldat relativement à son général. On peut le soupçonner dVn peu de partialité; mais au total son récit parait probable et conséquent.

Sabinien , riche et pisé vétëpan , qui avait atteint l'âge des infirmités sans en acquérir rexpérience. Un se-* cond ordre émané de ces conseils inconstans et soup* çomieux renvoya Ursiqinus sur la frcMitière de Méso* potamie , et le condamna aux travaux d'une guerre dont les honneurs étaient réservés pour son indigne rival. Sabinien campa tranquillement sous'les murs d'Édesse \ et , tandis qu'il y récréait son indolence par une vaine parade d'exercices militaires , tandis qu'au son des flûtes il exécutait la danse pyrrhique , le soin de la défense publique était laissé aux talens et à l'activité de l'ancien général. Mais lorsque Ursicinus présentait un plan vigQureux d'opérations, quand il proposait de tourner autour des. montagnes avec un corps de cavalerie et de troupes légères pour enlever les convois des ennemis, &tiguer par des attaques la vaste étendue de. leurs lignes , et secourir la ville d'Âmida , le commandant, timide et envieux, répondait qu'il avait des ordres positifs de ne point exposer les troupes. Amida fut prise -, ceux de ses braves défenseurs qui échappèrent au fer des Barbares, tombèrent dans le camp des Jlomains sous celui des bourreaux; et Ursicinus lui-même, après une enquête humiliante et partiale, fut puni par la perte de son grade de la mauvaise conduite de Sabinien. Mais le général , injustement condamné , osa dire à l'empereur que si de pareilles maximes continuaient à prévaloir dans les conseils, toute sa puiss^ce suffirait difficilement à défendre ses provinces orientales des invasions de l'ennemi-, et Constance

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