IX. Il
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surtout contre les habitans de Cherson, qui avaient insulld à son exil et enfreint les lois de Thospitalitë, que se dirigèrent les efforts de son implacable haine. Comme leur position ëloignëe leur laissait quelques moyens de défense ou du moins d'évasion, Constantinople fut chargée d'un impôt qui devait payer les frais d'une escadre et d'une armée levée contre eux : u Us sont tous coupables et ils doivent tous périr, » tel fut Tordre de Justinien -, il chargea de l'exécution de ce sanguinaire arrêt Etienne , son favori , recommandé près de lui par son surnom de Saavage. Cependant le sauvage Etienne ne remplit qu'imparfaitement les intentions de son souverain. La lenteur de ses attaques permit à la plus grande partie des habitans de se retirer dans l'intérieur du pays , et le ministre des vengeances du prince se contenta de réduire en servitude les jeunes gens des deux sexes, de brûler vifs sept des principaux citoyens, d'en jeter vingt dans la mer , et d'eu réserver quarante-deux qui devaient recevoir leur condamnation de la bouche de Justinien. Au retour d'Etienne, son escadre échoua sur les rochers qui hérissent les côte^de l'Anatolie, et Justinien applaudit à l'obéissance de l'Euxin, qui avait enveloppé dans un même naufrage tant de milliers de ses sujets et de ses ennemis. Cependant , altéré de sang, le tyran ordonna une seconde expédition pour anéantir les restes de la coloaie qu'il avait proscrite. Dans ce court intervalle , les Chersonites étaient revenus dans leur ville et se préparaient à mourir les armes à la main : le khan des
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Chozares avait abandonne la cause de son détestable beau-frère; les exilés de toutes les provinces se réunirent à Tauris, et Bardanes fut revêtu de la pourpre sous le nom de Philippicus. Les troupes impériales ne voulant ni ne pouvant exécuter les projets vindicatifs de Justinien, éclbappèrent à sa fureur en renonçant à son obéissance; l'escadre conduite par Philippicus arriva heureusement aux havres de Sinope et de Constantinople; toutes les bouches prononcèrent la mort du tyran, tous les bras s'empressèrent d'y concourir : il était dénué d'amis , il fut abandonné des Barbares qui le gardaient, et le coup qui termina sa vie fut célébré comme un acte de patriotisme et l'effet d'une vertu romaine. Tibère , son fils , s'était réfugié dans une église ; sa grand' mère , fort avancée en âge, en défendait la porte-, l'innocent jeune homme suspendit à son cou toutes les reliques les plus respectées-, il s'appuya d'une main sur l'autel et.de l'autre sur la vraie croix •, mais la fureur populaire, lorsqu'elle ose fouler aux pieds la superstition , est sourde aux cris de l'humanité , et la race d'Héracliu3 s'éteignit après avoir porté la couronne durant un siècle.
Entre la chute de la race des Héraclides et l'avéne- PhHippicus ment de la dynastie îsaurienne , se trouve un inter- ^'ecemi^rV.' valle de six années seulement divisé en trois règnes. Bardanes ou Philippicus fut reçu à Gonstantinople comme un héros qui avait délivré son pays d'un tyran-, et les premiers transports d'une joie aussi sincère qu'universelle, purent lui faire goûter quelques
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momens de bonheur. Justinien avait laisse un grand trésor, fruit de ses cruautés et de ses rapines ; mais son successeur ne tarda pas à le dissiper par de vaines profusions. Le jour de Tanniversaire de sa naissance, Philippicus donna au peuple les jeux de l'hippodrome; il se montra ensuite dans toutes les rues, précédé de mille bannières et de mille trompettes, alla se rafraîchir dans les bains de Zeuxippe, et, de retour à son palais, il y donna un festin somptueux h sa noblesse. A Thcure de la méridienne, il se retira au fond de son appartement , enivré d'orgueil et de vin, et oubliant que ses succès avaient rendu ambitieux chacun de ses sujets, et que chaque ambitieux -était secrètement son ennemi. Au milieu du désordre de la fête, de hardis conspirateurs pénétrèrent jusqu'à lui , surprirent le monarque endormi , le garottèrent , lui crevèrent les yeux et le déposèrent avant même qu'il eût-eu le loisir de sentir toute l'étendue de son danger. Mais les traîtres nu profitèrent pas de leur crime-, le choix du sénat et du peuple revêtit de la pourpre Artémius , qui exerçait auprès de l'empereur déposé les fonctions de secrétaire. Artémius .natiateii. prit le uom d'Anastase ii , et, durant un règne court jiHa4. et rempli d'agitations, déploya, soit dans la paix, soit dans la guerrf! , les vertus qui conviennent à un souverain. Mais , par l'extinction de la ligne impériale, le frein de l'obéissance avait été rompu, et chaque avènement au trône répandait les germesd'une nouvelle révolution. Dans un soulèvement de la flotte, un obscur officier du fisc fut revêtu malgré lui de la
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pourpre ; après quelques mois d'une guerre navale , Anastase abdiqua la couronne , et Thëodose m , son ,jy)'^]I^**D. vainqueur, se soumit à son tour à Tascendant supë- 7«^»i"^rieur de Léon, gênerai des troupes de l'Orient. On permit à Anastase et à Thëo^ose d'embrasser l'état ecclésiastique : l'ardeur impatiente du premier le conduisit à risquer et à perdre la vie dans une conspiration-, les derniers jours du second furent honorar blés et tranquilles. On ne grava sur sa tombe que ce mot : K santé, » dont la simplicité sublime exprime la confiance de la philosophie ou celle de la religion, et le peuple d'Éphèse garda long-temps le souvenir • de ses miracles. Les ressources qju' offrait l'Église pur rent ainsi quelquefois rendre aux princes la clémence plus facile^ mais il n'est pas sûr qu'en diminuant les périls d'une ambition malheureuse,. on ait travaillé pour l'intérêt public.
Après m'êlre arrêté sur la chute d'un tyran , je vais i^^^on m ,
risauiien
indiquer en peu de mots le fondateur d une nouvelle a. d. 718 dynastie, connu de la postérité par les invectives de ses ennemis , et dont la vie publique et la vie privée sont mêlées à l'histoire des iconoclastes. En dépit des clameurs de la superstition , l'obscurité de la naissanee et la durée du règne de Léon l'isaurien inspirent une prévention favorable au caractère de ce prince.. Dans un siècle de force , l'appât de la couronne impériale aurait été propre à mettre en jeu toute l'énergie de l'esprit humain, et à produire une foule de compétiteurs aussi dignes du trône qu'ardens à y parvenir. Au milieu même de la corruption
mars 29.
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et de la faiblesse des Grecs à cette époque , la fortune d'un plébéien, qui s'éleva du dernier aa premier rang de la société, suppose des qualités audessus du niveau de la multitude. 11 y a lieu de penser que ce plébéien ignoi:^it et dédaignait les sciences, et que, dans sa carrière ambitieuse, il se dispensa des devoirs de la bienveillance et de la justice ; mais on peut croire qu*il possédait les vertus utiles , telles que la prudence et la force , qu'il conhaissait les hommes et Fart important de gagner leur confiance et de diriger leurs passions. On convient généralement que Léon était né dans Tlsaurie, et qu'il porta d'abord le nom de Conon. Des écrivains , dont la satire maladroite peut lui servir d'éloge, le représentent comme courant les foires du pays a pied , suivi d'un âne chargé de quelques marchandises de peu de valeur. Us racontent ridiculement qu'il trouva sur sa roule quelques Juifs, diseurs de bonne aventure, et qui lui promirent l'empire romain, sous la condition d'abolir le culte des idoles. D'après une version plus vraisemblable , son père quitta l'Asie - Mineure pour aller s'établir dans la Thrace, où il exerça l'utile profession de nourrisseur de bestiaux , et où il devait avoir acquis des richesses considérables , puisque ce fut au moyen d'une fourniture de cinq cents moutons qu'il obtint de feire entrer son fils au service de l'empereur. Léon fut d'abord placé dans les gardes de Justinien 5 il attira bientôt l'attention du tyran, et devint ensuite l'objet de ses soupçons. Sa valeur et sa dextérité se firent remarquer dans la guerre de
Colchide. Ânastase lui donna le commandement des légions de FAnatolie, et les soldats l'ayant revêtu de la pourpre, Tempir^ romain applaudit à ce choix. Léon m, élevë à ce poste danger^eux, s*y soutint malgré l'envie de ses égaux, le mécontentement d'une faction redoutable, et les attaques de ses ennemis étrangers et domestiques. Les catholiques, tout *en s'élevant contre ses innovations en matière de religion , sont obligés de convenir qu'il les entreprit avec modération et qu'il les exécuta avec fermeté. Leur silence a respecté la sagesse de son administration et la pureté de ses mœurs. Après un règne de vingt- quatre ans, il mourut tranquillement dans le palais de Cônstantinople, et ses descendans héritèrent , jusqu'à la troisième génération, de la pourpre qu'il avait acquise.
Le règne de Constantin v , surnommé Coprony me , consiamin
V, Gopro-
rme.
fils et successeur de Léon, fut de trente -quatre ans 5 nyn il attaqua avec un zèle moins modéré le culte des juin?!/' images. Tout le fiel de la haine religieuse s'est épuisé dans la peinture que les partisans des images nous ont laissée de la personne et du règne de ce prince , de cette panthère tachetée , de cet antechrist , ce dragon volant, ce rejeton du serpent qui séduisit la première femme : selon eux , il surpassa les vices d'Élagabale et de Néron-, son règne fut une longue boucherie des personnages les plus nobles , les plus saints et les plus innocens de l'empire : il assistait au supplice de ses victimes -, il examinait les convulsions de leur agonie, écoutait avec plaisir leurs gémisse-
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mens, et ne pouvait se désaltérer du sang qu'il se plaisait à répandre; souvent il battait de verges ou mutilait ses domestiques de sa main royale. Son surnom de Gopronyme lui venait de ce qu'il avait souillé les fonts baptismaux; son âge, à la vérité, pouvait lui servir d*excuse *, mais les plaisirs de sa virilité le rabaissèrent au-dessous du niveau de la bnite : il confondit dans ses débauches tous les sexes et toutes les espèces, et sembla tirer quelque plaisir des objets les plus faits pour révolter les sens •, l'iconoclaste fut hérétique, juif, mahométan , païen, athée ; et ses cérémonies magiques , les victimes humaines qu'il immola , ses sacrifices nocturnes à Vénus et aux démons de l'antiquité , sont les seules preuves que nous ayons de sa croyance en Dieu. Sa vie fut souillée des vices les plus contradictoires, et enfin les ulcères qui couvrirent son corps anticipèrent pour lui les tourmens de l'enfer. L'absurdité d'une partie de ces accusations, que j'ai eu la patience de copier, se réfute d'elle-même; et, dans tout ce qui regarde les anecdotes privées de la vie des princes, rien n'est plus aisé que le mensonge, rien n'est plus difficile que de le repousser. Je n'adopte point la pernicieuse maxime, que celui à qui on reproche beaucoup est nécessairement coupable de quelque chose ; cependant je puis clairement démêler que Constantin v fut dissolu et cruel. Le propre de la calomnie est d'exagérer plutôt que d'inventer; et sa langue audacieuse est contenue, à quelques égards, par la notoriété établie dans le siècle et dans le
pays dont elle invoque le témoignage. On désigne le nombre des évêques , des moines et des généraux , victimes de sa cruauté; leurs noms étaient illustres , leur exécution fut publique et leur mutilation visible et permanente/ Les catholiques détestaient la personne et le gouvernement de Copronyme,.inais leur haine elle-même est un indice de leur oppression. Ils dissimulent les fautes ou les insultes qui purent excuser. ou justifier sa rigueur; mais ces insultes durent échauffer peu à peu sa colère et Tendurcir à l'habitude et à Tabus du despotisme. Toutefois Constantin vn était pas dénué de mérite, et son gouvernement ne fut pas toujours digne de l'exécration ou du mépris des Grecs. Ses ennemis avouent qu'il répara un ancien aqueduc , qu'il racheta deux mille cinq cents captifs ; que les peuples jouirent sous son règne d'une abondance peu commune , qu'il repeupla par de nouvelles colonies Constantinople et les villes de la Thrace : ils louent malgré eux son activité et son courage. A l'armée on le voyait à cheval à la tête de ses légions ; et , quoique ses armes n'aient pas toujours été également heureuses , il triompha par terre et par mer,. sur l'Euphrate et sur le Danube, dans la guerre civile et dans la guerre contre les Barbares. 11 faut d'ailleurs , pour servir de contre-poids aux invectives des orthodo-xes , mettre aussi dans la balance les louanges des hérétiques. Les iconoclastes révérèrent ses vertus ; ils le regardèrent comme un saint , et quarante ans après sa mort , ils priaient sur son tombeau. Le fanatisme ou la supercherie propagèrent
une vision miraculeuse. On publia que le héros chrétien s'était montré sur un cheval blanc, agitant sa lance contre les païens de la Bulgarie, a Fable absurde, dit rhistorien catholique , puisque Copronyme est enchaîné avec les démons dans les abimes de l'enfer. «.
i^'oDiT. Léon IV, (Ils de Constantin v et père de Constanfept'.i^ tin VI , fut faible de corps et d'esprit , et durant tout son règne , il s'occupa principalement du choix de son successeur. Le zèle officieux de ses sujets le pressa d'associer à l'empire le jeune Constantin : l'empereur , qui s'apercevait de son dépérissement , se rendit à leurs vœux unanimes après avoir examiné cette grande affaire avec toute l'attention qu'elle méritait. Constantin , qui n'avait que cinq ans , fut couronné ainsi que sa mère Irène, et le consentement national fut consacré par toutes les cérémonies dont la pompe et l'appareil étaient le plus capables d'éblouir les yeux des Grecs ou d'enchaîner leur conscience. Les différens ordres de l'État prêtèrent serment de fidélité dans le palais , dans l'église et dans l'hippodrome -, ils adjurèrent les saints noms du fils et de la mère de Dieu : <c Nous en attestons Jésus- Christ, s'éçrièrent-ils -, nous veillerons sur la sûreté de Constantin, fils de Léon -, nous exposeront nos jours à son service , et nous demeurerons fidèles à sa personne et à sa postérité. i> Ils répétèrent ce serment sur le bois de la vraie croix , et l'acte de leur soumission fut déposé sur l'autel de Sainte-Sophie. Les premiers à faire ce serment , les premiers
à le violer , furent les cinq fils qu'avait eus Copronyme d'un second mariage 5 et l'histoire de ces princes est aussi singulière que tragique. Le droit de primogéniture les excluait du trône ; l'injustice de leur frère aîné les avait privés d'un legs d'environ deux millions sterling-, ils ne crurent pas que de vains titres pussent être regardés comme une compensation de la richesse et du pouvoir 5 et ils conspirèrent à diverses reprises contre leur neveu , soit avant , soit depuis la mort de son père. On leur pardonna la première fois ; à la seconde , on les condamna à embrasser l'état ecclésiastique ; à la troisième trahison , Nicéphore , l'aîné et le plus coupable, eut les yeux crevés -, et , ce. qu'on regardait comme un châtiment plus doux , on coupa la langue à Christophe, à Nicétas, à Anthemeus et à Eudoxas, ses quatre frères. Après cinq ans de prison , ils s'échappèrent, se réfugièrent dans l'église de Sainte-Sophie, et y. offrirent au peuple un spectacle touchant. « Chrétiens , mes compatriotes , s'écria Nicéphore en son nom et en celui de ses frères privés de la parole , voyez les fils de votre empereur , si toutefois vous pouvez les reconnaître dans cet affreux état. La vie, et quelle vie ! voilà tout ce que la cruauté de nos ennemis nous a laissé : oh la menace aujourd'hui cette misérable vie , et nous venons implorer votre compassion, w Le murmure qui commençait à s'éle*» ver dans l'assemblée se serait terminé par une révolution , si ces premiers mouvemens n'eussent été contenus par la présence d'un ministre qui , par des
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flatteries et des promesses , vint à bout d'adoucir ces princes infortunés et de les conduire de Tégiise au palais. On ne tarda pas à les embarquer pour la Grèce, et on leur donna pour exil la ville d'Athènes. Dans cette retraite , et malgré leur état , Nicéphore et ses frères , encore tourmentés de la soif du pouvoir, se laissèrent séduire par un chef esclavon, qui promit de les remettre en liberté et de les conduire en armes et revêtus de la pourpre aùi portes de Constantinople ; maisie peuple d'Athènes , toujours zélé en faveur d'Irène , prévint sa justice ou sa cruauté , et ensevelit enfin dans l'éternel silence jusqu'au souvenir des cinq fils de Copronyme. CoDtUB' Cet empereur avait choisi pour lui une Barbare , Irène, fille du khan des Chozares ^ mais lorsqu'il s'était agi 8 Mpt. * de marier son héritier , il avait préféré une orpheline athénienne , âgée de dix-sept ans , qui paraît n'avoir eu d'autre fortune que sa beauté. Les noces de Léon et d'Irène se célébrèrent avec une pompe royale : elle gagna bientôt l'amour et la confiance d'un faible époux ', il la déclara dans son testament impératrice , et remit sous sa garde le monde romain et leur fils Constantin vi , alors âgé seulement de dix ans. Durant la minorité du jeune prince , Irène , dans son administration publique , se montra , avec autant de talens que d'assiduité, exactement fidèle à ses devoirs de mère -, et son zèle pour le rétablissement des images lui a mérité le rang et les honneurs d'une sainte , qu'elle occupe encore dans le calendrier des Grecs. Mais l'empereur, lorsqu'il fut sorti de l'ado-
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lescence , trouva le joug maternel trop pénible ; il écouta de jeunes favoris . qui , du même âge que lui , et partageant ses plaisirs , auraient voulu partager son pouvoir. Convaincu par leurs discours et de ses droits à l'autorité et de ses talens pour régner , il consentit à ce qu'en récompense de ses services , Irène fût exilée pour sa vie dans l'île de Sicile. La vigilance et la pénétration de l'impératrice déconcertèrent aisément leurs projets mal combinés. Ces jeunes gens et leurs instigateurs furent punis par l'exil qu'ils avaient voulu lui imposer , ou par des châtimens plus sévères encore. Celui d'un fils ingrat fut la punition infligée d'ordinaire aux enfans. La mère et le fils fiirent dès-lors à la tête de deux factions domestiques , et au lieu de régner sur lui par la douceur, et de l'assujettir à l'obéissance sans qu'il s'en aperçût , elle tint dans les chaînes un captif et un ennemi. Elle se perdit par l'abus de la victoire : le serment de fidélité, qu'elle exigea pour elle seule , fut prononcé avec répugnance et avec des murmures ; et les gardes arméniennes ayant osé le refuser , le peuple , encouragé par cette hardiesse , reconnut librement et unanimement Constantin vi pour légitime empereur des Romains. 11 prit le sceptre en cette qualité , et il condamna sa mère à l'inaction et à la solitude. Alors la fierté d'Irène descendit à la dissimulation -, elle flatta les évêques et les eunuques, elle ranima la tendresse filiale du prince, regagna sa confiance et trompa sa crédulité. Constantin ne manquait ni de sens ni de courage : mais on