‹ Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain. Trad (volume 3)Chapitre 31 sur 42 · HISIOIRK OK LA DECADENCE · texte numérisé non relu

HISIOIRK OK LA DECADENCE

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Les Grrcs allcctaiciit tic nu'prisiT la jMiuvrt'té et Tignorance des Français et des Saxons -, et , réduits au damier degré de rabaissement, ils refusaient encore de prostituer aux rois de la Germanie le titre d empereurs romains.

Les empereurs d'Occident continuaient à exercer sur l'élection des papes Tinflueuce que s'étaient arrogée les princes goths et les empereurs grecs; et l'importance de cette prérogative augmenta avec les domaines temporels et la juridiction spirituelle de l'Église romaine. Selon la constitution aristocratique du clergé , ses principaux membres formaient un sénat qui aidait l'administration de ses conseils, et qui nommait à Tévéché lorsqu'il devenait vacant. Il y avait dans Rome vingt - huit paroisses : chaque paroisse était gouvernée par un cardinal prêtre ou preshjrter, titre qui , modeste à son origine , voulut ensuite égaler la pourpre des rois. Le nombre des membres de ce conseil fut augmenté par l'association des sept diacres des hôpitaux les plus considérables , des sept juges du palais de Latran , et de quelques dignitaires de l'Eglise. Il était sous la direction des sept cardinaux évéques de la province romaine, qui s'occupaient moins de leurs diocèses d'Ostie, de Porto, de Velitre , de Tusculum , de Préneste , de Tivoli et du pays des Sabins, situés, pour ainsi dire, dans les faubourgs de Rome , que de leur service hebdomadaire à la cour de l'évéque, et du soin d'obtenir une plus grande portion des honneurs et de l'autorité du siège apostolique. Lors([ue le pape mourait, ces évé-

ques dësignaient au collège des cardinaux celui qu'ils devaient choisir pour son successeur (i) , et le^applaudissemens ou les clameurs du peuple romain approuvaient ou rejetaient leur choix: mais, après le suffrage du peuple , l'élection était encore imparfaite; et, pour sacrer légalement le pontife, il fallait que l'empereur , en qualité d'avocat de l'Église , eût- déclaré son approbation et son consentement. Le commissaire impérial examinait, sur les lieux, la forme et la liberté de l'élection 5 et ce n'était qu'après avoir bien approfondi les qualifications des électeurs, qu'il recevait le serment de fidélité, et qu'il confirmait les donations qui avaient enrichi successivement le patrimoine de saint Pierre. S'il survenait un schisme (et il en arrivait souvent), on se soumettait au jugement de l'empereur, qui, au milieu d'un synode d'évêques, osait juger, condamner et punir un pontife criminel. Le sénat et le peuple s'engagèrent, dans un traité avec Othon i""' , de choisir le candidat le plus agréable à sa majesté (t^) : ses successeurs an-

(i) On trouve Porigine et les progrès du titre de cardinal dans Thomassin {Discipline de l'Eglise , t. i j p. 1261-1298)^ dansMuratorî {Antiquit, Ital, mediicet^i, t. vi, Dissert, 61, p. 159-182), et dans Mosheim {Instit. Hist, eccles^, p. 345* 347 ) , qui remarque avec exactitude les formes de l'élection et les changemens qu'elle a subis. Les cardinaux évêques , si fort relevés par Pierre Damien , sont tombés au niveau des autres membres du sacré collège.

(2) Firmiter jurantes , numquam se papam electuros aut ordinaturos y prœter consensum et electionem Othonis et fitii sui. (Luitprand, 1. vi , c. 6, p. /\']2') Cette importante con-

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