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tîcipèrent ou prévinrent leurs suflTrages ; ils donnèrent à Iwr chancelier Tëvéchë de Rome, ainsi que les évéchés de Cologne et de Bamberg ; et quel que fat le mérite d*un Français ou d'un Saxon, son nom prouve assez Fintervention d'une puissance étrangère. Les inconvéniens d'une élection populaire excasaient, d'une manière spécieuse, ces actes d'autoiMMrJrr*. rite. Le compétitcur exclu par les cardinaux en appelait aux passions on à l'avarice de la multitude : des meurtres souillèrent le Vatican et le palais de Latran; et les sénateurs les plus puissans, les marquis de Toscane et les comtes de Tuscule , tinrent le siège apostolique dans une longue servitude. Les papes des neuvième et dixième siècles furent insultés, emprisonnés et assassinés par leurs tyrans ; et lorsqu'on les dépouillait des domaines qui dépendaient de leur Église, telle était leur indigence, que nonseulement ils ne pouvaient pas soutenir l'état d'un prince, mais qu'ils ne pouvaient pas même exercer la charité d'un prêtre (i). Le crédit qu^enrent alors
cession peut suppléer ou confirmer le décret du clergé et du peuple de Rome, rejeté avec tant de hauteur par Baronlus, Pagi et Muratori (A. D. 964)1 si bien défendu et si bien expliqué par Saint-Marc {Abrégé, t. ii, p. 808-816; t. IV, p. 1167-1185). Cet historien critique doit être consulté, ainsi que les Annales de Muratori, surPélection et la confirmation de chaque pape.
(1) L^Histoire et la Légation de Luitprand (vo/. p. 44*^ 45o, 47 ^"4*56» 479> ^**^0 peignent avec force Toppression et les vices du clergé de Rome au dixième siècle. Il est assex
deux sœurs prostituées, Maroziaet Thëodora, ëtait fonde sur leurs richesses et sur leur beauté , sur leurs intrigues amoureuses ou politiques : la mitre romaine était la récompense des plus infatigables de leurs amans, et leur règne (i) a pu faire naître (2), dans
bizarre de voir Muratori adoucissant les invectives de Baronius contre les papes ; mais il faut observer que ces papes avaient été cboisis non par des cardinaux , mais par des laïques. « .
(i) L^épbque où Ton place la papesse Jeanne {papissa Johanna) est un peu antérieure à celle de Théodora et de Marozia, et les deux années de son règne imaginaire sont insérées entre Léon iv et Benoît m ; mais Anastase , leur contepiporain , établit d^une manière indubitable que Pélévation de Benoît suivit immédiatement la mort de Léon {illico, mox, p. 247). L'exacte chronologie de Pagi , de Muratori et de Leibnitz , fixe ces deux événemens à Tannée 857 . (2) Les auteurs qui soutiennent qu'il y a eu une papesse Jeanne , produisent cent cinquante témoins , ou plutôt cent cinquante échos du quatorzième , du quinzième et du seizième siècle. En multipliant ainsi les témoignages, ils fournissent une preuve contre eux et contre la Légende, puisqu'ils prouvent à quel point il eût été impossible que cette histoire si curieuse n'eût pas été répétée par les écrivains de tous les genres , à qui elle aurait dû être parfaitement connue. Un fait si récent aurait fait une double impression sur ceux du neuvième et du dixième siècle. Photius aurait— il négligé une pareille accusation? Luitprand aurait- il oublié un pareil scandale? Ce n'est pas la peine de discuter les diverses leçons de Martin us Polonus, de Sigebert de Gemblours , ou même de Marianus Scotus ; mais le passage de la papesse Jeanne , inséré par surprise dans quelques manuscrits et éditions du Romain Anastase, est d'une fausseté palpable.
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les siècles d'ignorance, la fable (i) d'une papesse (%), Un bâtard de Marozia, un de ses petils-fils et un de ses arrière- petits^Gls, descendant du bâtard ( singulière gcnéalogie ) , montèrent sur le trône de saint Pierre; et ce fut à Tâge de dix -neuf ans que le second d'entre eux devint le chef de l'Église latine. La maturité de son âge répondit à ce qu'on avait dû attendre* de sa jeunesse; et la foule des pèlerins qui venaient visiter Rome, pouvait attester la vérité des accusations qu'on forma contre lui dans un synode romain et en présence d'Othou le Grand. Après avoir renoncé à l'habit et aux bienséances, de son état , le pape Jean xi , en sa qualité de soldat, pouvait n'être pas déshonoré par ses excès de boisson, ses meurtres,
(i) Cette histoire doit être regardée comme fausse , mais non pas comme incroyable. Supposons que le fameux chevalier français (mademoiselle d^Eon), qui de dos jours a fait tant de bruit, fût né en Italie, et qu'il eût été élevé dans rÉglise ; le mérite ou la fortune aurait pu Télever sur le trône de saint Pierre , il aurait pu se livrer à Tamour, et il aurait été malheureux , mais non pas impossible , quMl accouchât au milieu de la rue.
(2) Jusqu'à la réformation on répéta et on crut ce conte, sans que personne en fût révolté ; et la statue de la papesse Jeanne se trouva long-temps parmi celles des papes dans la cathédrale de Sienne (Pagi, Critica, t. m, p. 624-626). Ce roman a été bien anéanti par deux protestans trè»-écl aires, Blondel et.Bayle {Dictionnaire critique, article Papesse, PoLONus, Blondel); mais leur parti fut scandalisé' de cette critique équitable et généreuse. Spanheim et Lenfant essaient de maintenir ce misérable objet de controverse , et Mosheim lui-même veut bien encore conserver des doutes (p. 289).
ses incendies, son goût effréné pour le jeu et pour la chasse : ses actes publics de simonie pouvaient être la suite de sa détresse; et supposé qu'il ait, comme on le dit, invoqué Jupiter et Vénus, ce put n'être qu'en plaisantant; mais nous voyons avec quelque surprise ce digne petit -fils de Marozia vivre publiquement en adultère avec les matrones de Rome , le palais de Latran changé en une école de prostitution, et les attentats du pape, contre la pudeur des vierges et des veuves, empêchant les femmes de se rendre en pèlerinage au tombeau de saint Pierre , où elles auraient bien pu , dans cet acte de dévotion , être violées par son successeur (i). Les protestans ont insisté, avec un plaisir malin, sur ces traits de ressemblance avec l'antechrist; mais, auxyeux d'un philosophe, les vices du clergé sont beaucoup moins dangereux que ses vertus. Après de longs scandales, le siège apostolique fut purifié et relevé par l'austérité et le zèle de Grégoire vu. Ce moine ambitieux s'occupa Réforme et toute sa vie de l'exécution de deux projets, dont le S^rÉdue. premier était de fixer dans le collège des cardinaux 1073 , etc. la liberté et l'indépendance de l'élection du pape, et de l'affranchir à jamais de l'influence, soit légitime.
(i) Lateranense palatium prostibulum meretricum
Testis omnium gentium , prœter quam Romanorum , absentia mulierum, quœ sanctorum apostolorum limina orandi gratiâ timent visere , càm nonnullas ante dies paucos, hune audierint conjugatas, viduas , virgines vi oppressisse. Luitprand, Hist,, 1. VI, c. 6, p. 47'* ^oyez aussi ce qui a rapport à la conduite et au libertinage de Jean xii, p. 47i-'47^'
soit usurp<!c, des empereurs et da peuple romain; le second objet de toute sa conduite fut de parvenir à donner et à reprendre Tempire d*Occident comme un fîef ou bénéfice (i) de TÉglise, et à étendre sa domination temporelle sur les rois et les royaumes de la terre. Après cinquante années de combats, la première de ces opérations se trouva achevée par le secours de Tordre ecclésiasticiue , dont la liberté était lic*e à celle de son chef; mais la seconde, malgré quelques succès apparens ou partiels, trouva dans la puissance civile une vigoureuse opposition, et s'est vue totalement arrêtée par les progrès de la raison humaine.
Auiotiu Lors de la renaissance de Fempire de Rome, pcreort Tévêquc ui le peuple ne pouvaient donner à Charteà Root, magne ou à Othon des provinces perdues , comme on les avait acquises , p^r le sort des armes ; mais les Romains étaient libres de se choisir un maître, et le pouvoir délégué au patrice fut accorde d^une manière irrévocable aux empereurs français et saxons. Les annales incomplètes de ces temps -là (a) nous
(i) On peut citer comme un nouvel exemple des maux qu^a produits l^cquivoquc , le beneficium (Ducange, tom. i, p. 617, etc. ) que le pape accorda à l'empereur Frédëric i", puisque le terme latin pouvait signifier un fief légal ou une simple faveur, un bienfait. Voyez Schmidt, Histoire des Allemands , t. m, p. 393-408; Pfefiel , ^^r^^g"^ chronologiq., t. I, p. 229, 296, 317, 324, ^20, 43o, 5oo, 5o5, 509, etc.
(2) F'oj-ez sur Phistoirç des empereurs relativement à Rome et à Tltalie , Sigonius {de Regno Italiœ , 0pp., t. n,
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ont conservé quelques souvenirs du palais , de la monnaie, du tribunal, des ëdits de ces princes, et delà justice executive que, jusqu'au treizième siècle, le préfet de la ville exerça en vertu des pouvoirs qu'il recevait des Césars (i) ; mais enfin cette souveraineté des empereurs fut détruite par les artifices des papes et la violence du peuple. Les successeurs de Charlemagne, contens des titres d'empereur et d'Auguste, négligèrent de maintenir cette juridiction locale *, dans les temps de prospérité, des objets plus séduisans occupaient leur ambition , et , lors de la décadence et de la division de l'empire , leur attention fut entièrement absorbée par le soin de défendre leurs provinces héréditaires- Au milieu des i^evoiie désordres de l'Italie, la fameuse Marozia détermina un a. d. 99a. des usurpateurs à devenir son troisième mari, et sa faction introduisit Hugues , roi de Bourgogne , dans le môle d'Adrien, ou château Saint- Ange, qui domine le pont principal et l'une des entrées de Rome. Son fils Albéric, qu'elle avait eu d'un de ses premiers maris , fut contraint de servir au banquet nuptial : irrité de la répugnance visible avec laquelle il s'acquittait de ses fonctions , son beau-père le frappa. Ce coup produisit une révolution. (( Romains , s'écria
avec des notes de Saxias), et les Annales de Muratori, qui aurait pu faire des renvois plus précis aux auteurs contenus dans sa grande collection.
(1) y^oy. la dissertation de Le Blanc à la fin de son Traité des Monnaies de France, où il fait connaître quelques monnaies romaines des empereurs français.