‹ Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain. Trad (volume 3)Chapitre 34 sur 42 · S7O HISTOIRE DE LA DECADENCE · texte numérisé non relu

S7O HISTOIRE DE LA DECADENCE

L*af;riculturc et le commerce se ranimèrent peu à peu ; la prcîsencc du danger entretenait le caractère guerrier des Lombards ; et dès qu'on sonnait le tocsin ou qu'on arborait le drapeau (i), les portes de la ville rc^pandaient au dehors une troupe nombreuse et intrt^pide, dont le zèle patriotique se laissa bientôt diriger par la science de la guerre et les règles de la discipline. L'orgueil des Césars se brisa contre ces remparts populaires, et l'invincible génie de la liberté triompha des deux Frédéric, les deux plus grands princes du moyen âge : le premier plus grand peut-être par ses exploits militaires, mais le second doué certainement à un degré bien supérieur des lumières et des vertus qui conviennent à la paix. h4Àtnt Frédéric i'\ ambitieux de rétablir la pourpre danf A, IV tout son éclat, envahit les républiques de la Lombaixlie avec l'adresse d'un homme d'État, la valeu' d'un soldat et la cruauté d'un tyran. La découverte des Pandectes , retrouvées depuis peu , avait renouvelé une science très - favorable au despotisme , e des jurisconsultes vendus déclarèrent l'empereur maître ubsiUu do la vie et de la propriété de ses sujeb. La diète de Roncaglia reconnut ses prérogatives roy;le$ dans un sens rooin> odieux; le revenu de Thaïe

V I ^ L«^ Lovubmnb inventèmit le cmrocium , étendard plscé <L«f uu vli»rù»l attelé de bœtt&. IKican^ , toni. 11, p. i^^, HV^i MurAt%»rt , .-êmisifmîi. . ton. 11. Dissertai. !>6, p. 4^

fut fixé à soixante mille marcs d'argent (i), mais les extorsions des officiers du fisc donnèrent à ces impôts une étendue indéfinie. Les villes les plus obstinées furent réduites par la terreur ou la force de ses armes : il livra les captifs au bourreau ou les fit périr sous les traits lancés par ses machines de guerre. Après le siège et la reddition de Milan , il fit raser les édifices de cette magnifique capitale ^ il en tira trois cents otages qu'il envoya en Allemagne, et les habitans , assujettis au joug de l'inflexible vainqueur, furent dispersés dans quatre villages (2). Milan ne tarda pas à sortir de ses cendres ^ le malheur cimenta la ligue de Lombardie^ Venise, le pape Alexandre m et l'empereur grec, en défendirent les intérêts : l'édifice du despotisme fut renversé en un jour, et dans le traité de Constance, Frédéric signa, avec quelques réserves , la liberté de vingt-quatre villes. Ces villes avaient acquis toute leur vigueur et toute leur maturité lorsqu'elles luttèrent contre son petrt-fils 5 mais des avantages personnels et particuliers distinguaient Frédéric n Frédéric 11 (3). Sa naissance et son éducation le re- 1198^1250.

(i) Gunther Ligurinus, 1. viii, p. 584 ^^ suiv. ; apud Schmidt, t. ni, p. 899.

(2) Solus imperatorfaciemsuamfirmavitutpetram, (Burcard., de Excidio Mediolani, Script. Ital,, t. vi , p. 917.) Ce volame de Muratori renferme les monumens originaux deThistoire de Frédéric i", qu'il faut comparer entre eux, en n'oubliant pas la position et les préjugés de chacun de ces écrivains , soit germains , soit lombards.

(3) y^oyez sur Thistoire de Frédéric 11 et de la maison d^ Souabe à Naples, Giannone, Istoria cmlc^ t. 11, 1. i4'i9*

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