HISTOIRE DE LA DÉCADEI9CE
ques d'Orient, et tenaità sa parole : Cyrille fut réduit à modiCer ses anathémes ; et, avaut de jouir du plaisir de satisfaire sa vengeance contre l'infortuné Mestorius , il lui fallut forcer sa répugnance à confesser, d'une manière équivoque et malgré Lui , la double nature de Jésus -Christ (i).
ExiNe L'imprudent et opiniâtre Nestorius fut, avant la A. D. 435! fin du synode , accablé par saint Cyrille , trahi par la cour, et faiblement soutenu par ses amis de l'Orient. Soit frayeur, soit indignation, il se détermina, tandis qu'il en était temps, à se donner l'honneur d'une abdication qui pouvait encore paraître volontaire (s). On acquiesça promptement à ses désirs ou du moins à sa demande ^ on le conduisit d'une manière honorable d'Éphèse au monastère d'Antioche , d'où l'em-
^i) Les ennuyeuses négociations qui suivirent le synode d^Ëpbèse sont racontées longuement dans les Actes originaux {ConciL, t. III, p. 1879-1771, ad fin,, voL, et dans le Synodicon, in t. iv) , dans Socrate (1. vu , c. 28-35 , 4^40» dans Evagrius (1. i,c. 6, 7,8— i2),dansLiberatus(c. 7-10), dans Tillemont [Mém, ecclés., t. xiv, p. 487-676). Le lecteur le plus patient me saura gré d^avoir resserré en un petit nombre de lignes tant de choses fausses ou peu raisonnables.
(2) AuTO\» T6 oK^eyiOsvTOç , CTTSTpaTmi xara ro otxsiov STroeva^o'ai jxovaoTïjpiov. (Evagrius, 1. i, c. 7.) On voit, d'après les Lettres originales qui se trouvent dans la Synodicon (c. i5-24 , 25, 26), que son abdication fut du moins en apparence volontaire , comme Ebed Jésus , écrivain nestorien , affirme quVUe le fut en effet. j4p, Asseman , BUfL orient., tom. m , pa— ges 299-302.
DE L'EMPIRE ROMAIN. CHAP. XLVII. 4y
pereur l'avait tiré, et, bientôt après , Maximien et Proclas, ses successeurs, furent reconnus légitimes évéques de Constantinople. Mais le patriarche déposé ne put retrouver dans sa paisible cellule l'innocence et la sécurité d'un simple moine. 11 regrettait le passé, le présentie inécontentait, et il avait lieu de craindre l'avenir. Les évêques d'Orient abandonnaient peu à peu la cause d'un homme' condamné par, l'opinion publique, et chaque jour diminuait le nombre des schismatiques qui avaient révéré Nestorius comme le confesseur de la foi. 11 était à Ântioche depuis quatre ans, lorsque l'empereur signa un édit (i) qui le mettait au même rang que Simonie magicien, qui proscrivait ses opinions et ses sectateurs , et qui condamnait ses écrits : quant à lui^ il fut d'abord exilé à Pétra en Arabie , et ensuite à Oasis , une des îles du désert de la Libye (2). Là, séparé de l'Église et du
(i) Voyez les Lettres de l'empereur dans les Actes du synode d'Ëphèse. {ConciL, t. m, p. i^So— i^SS.) L'odieux nom de simoniens qu'on donna aux disciples de ce rsparw^oi^ç ^i^avxaXioç, était désigné uc ov ovsidso-i TrpoSXyi^evreç àiuviov VTTO/Aevotev rtjxcdpiûçv t&>v aptapT>]paT&>v , xai pt^irs^uvraç ri/xciopiaç pirreôavovTaç ariptiaç exrot vTrap^^giv. Ce sont des chrétiens qui se traitaient ainsi , et des chrétiens qui ne différaient guère les uns des autres que par des mots et de légères nuances.
(2) Les graves jurisconsultes {Pandect., 1. xlviii, tit. 22, leg, 7 ) ont donné ce nom métaphorique à'ûes à ces petites portions des déserts de la Libye 6ù Ton aperçoit de l'eau et de la verdure; on en distingue trois sous le nom commun à^Ocuis ou à!Alçahat :■ i** le temple de Jupiter Ammon ; 2** l'Oasis du milieu , trois journées à l'occident de Lycopolis;