‹ Histoire de la décadence et la chute de l'Empire romainChapitre 10 sur 85 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

f"ft.JPi(3*^è,fr'~ 3fiW" ie Carlcalla. — Uior-

MJewBwJrit SéVire,' — Lircnre des troupes.— Élal *" 'É'fairâ dé* Hiiocei des Romains.

.. iMWnttf.qnlnièttentà.Ia grandeur sont

esceipéesciÇt bordées de précipices. Cepen-

.datUQ.capyit acliE, en. parcourant cette car-

. mr^d»aa«ren«e, trouve sans cesse un nou-

: t«l «irait dw&la difûcnUé de l'entreprise et

dawl'tt] dév«loppejruf nt de ses propres forces;

■MM» nwMWH>O.B>hW d'un trône ne pourra

-JanMIttaaùpwcCifln homme ambitieux. Sé-

v*rej*ent't.fcifin .vivement cette triste vérité.

Jj^ftfnufte^L .lei.HWriie, l'avaient tiré d'un

'éiat^^r^JO^r.Vfjlevcrà la première place

uViBtiijdeM • Jfitisté tout, s-'écriait-il, et tout

- > a Wefcften.jjKyjaleiv '. > Agité sans cesse

■ papJft4oiir,Béi)ibb3».noQ,d' acquérir, mais de

■ -ii-.,l|«M ,.;] !.. .ir.if.|.|..|, ,'.

qvfle MUnité m jurisconsultes trwiiuMOit pour U f— e de b prifogtfiw iwpérinjt.» ■■ n *, .■• i »Hist.Au6.,p.71..«Omrt*<(/W etMkUaepedU.*

conserver un empire, courbé sous le poids de i'àgc et des infirmités , peu sensible à la renommée ', rassasié d'honneurs , il n'apercevait plus rien autour de lui qui pût fixer ses regards inquiets. Le désir de perpétuer la puissance souveraine dans sa famille devint le seul objet de son ambition ; et H ne forma plus de vœux que pour la gloire de sa postérité.

Ce prince, comme presque tous les Africains, s'appliquait avec la plus grande ardeur aux vaines études de la divination et de la magie; il était profondément versé dans l'interprétation des songes et des présages, et connaissait parfaitement l'astrologie judiciaire; science qui de tout temps, excepté dans noire siècle, a conservé son empire sur l'esprit de l'homme. Sévère avait perdu sa première femme lorsqu'il commandait dans la Gaule lyonnaise*. Résolu de se remarier, il ne voulut s'unir qu'avec une personne dont la destinée fût heureuse. On lui dit qu'une jeune dame d*Émèse en Syrie était née sons une constellation qui présageait la royauté : aussitôt il la recherche en mariage, et obtient sa main s. Julie Domna (c'est ainsi qu'on la nommait) méritait tout ce que les astres pouvaient lui promettre. Elle conserva Jusque dans un âge avancé les charmes de la beauté1, et elle joignit à une imagination plemc de grâces une fermeté d'âme' et une force de jugement qui sont rarement lc'partage de son sexe. Ses grandes qualités ne 'firent 'jamais une impression bien vive sur' le caractère sombre et jaloux de son mari. Sous le règne de son fils, lorsqu'elle dirigea les principales affaires de l'empiré, elle montra aiié? prudence qui affermit fautoriié ae'Cfl'JcQne

1 Dion Cassius,!. uLiïi.p. 1284. ,

î Vers l'année 186. M- de TiUemoirt est sûigùlïeTement embarrassé pour expliquer un passage de Dion , dans lequel on toit l'impératrice Fausline, qui mourut en 175, contribuer au mariage de Sévère et de Julie (\. luit, p. 1243). Ce savan^ compilateur ue s'est pas aperça que Dion rapporte un souge de Sévère, fl non un Tait réel. Or les songes ne connaisse rit. pas les limites du temps ni de l'espace. M. dé TiUemoni's'est-ïlimagiité que les mariage» étaient consommés dans te' temple de Venus a Jl^e.? histoire .des Emp^eurs, loni.ju.p, 389, note Ç.)

J Hist. Àug., p. «Si ' ' ,; >Wt .,"..'

' Hist. Aug-, p. 85,

prince, et une modération qui en corrigea quelquefois les folles extravnganoes '. Julie cultiva les lettres et la philosophie avec quelques succès et avec une grande réputation. Elle protégea les arts et fut l'aime de tout homme de génie*. Son mérite a été célébré par des écrivains qui représentent cette princesse comme un modèle accompli. La reconnaissance les a Bans doute aveugMs. En effet, si nous devons ajouter foi a l'histoire, la chasteté n'était pas lu vertu favorite de l'un» pératrice Julie *.

Deux fils, Curacnlta * et Uéta, étaient le fruit de ce mariage , et devaient un jour goeverner l'univers- Les idées n-agnifiques que Sévère et ses sujets s'étai ml formées en voyant s'élever ces appuis du trône furent bientôt détruites. Les enfaus de l'empereur passèrent leur jeunesse dans l'indolence si ordinaire aux princes doatinés a porter le couronne, et qui présument que la fortune leur tiendra lieu de mérite et d'application.

Sans talens, sans amour pour la vertu, Us conçurent Fun pour l'autre, dès leur enfance, nnc haine implacable. Leur aversion éclata presque dans le berceau ; elle s'accrut avec Cage, et, fomentée pat des favoris intéressés a la perpétuer, elle donna naissance à des querelles plus sérieuses; enfin elle divisa le théâtre, |e cirque et la cour, en deux factions , sans cesse agitées par les espérances et par les crainte» de leurs chefs respectifs. L'empereur mit en -œuvre tout ce que lui sugpéra sa prudence pour étouffer cette aaûoogité dans son origine. II employa tour è tour les conseils et l'autorité : ht malheureuse antipathie de ses enfaus obscurcissait l'avenir brillant qui s'était offert à ses yeux, et loi faisait craindre la chute

tïHonCiMiui,! irmi.p. 13M, 1311.

> Voye* une Dissertation de Ménage , à I» fin de ion édition de Dlogène Uttrce, de FtmùUt Philosopha.

«Dion, 1. mn , p. 1186] Anreflui Violer.

* 11 fut d'ibord nomme BtiBlema, rtuorns ton transpire nuterad. Pendant ton regee. Il Sfll )• bsk *'**■ lesm.MBtlesMlletjiiiieeiuMUeielleindeM hkUrien* l'ont $Mgn*. Aprte ta mort, se» lujelii iadigv** 1kl donnèrent let sobriquets de Tareului et de CaraeaUa. Le premier était le «on d'un eMèbM gladiateur i l'autw va. mit d'une longue roue sauloite dont 11 un de SrrSTc flt prêtent au pcuplr romain.

(MBdBp.J.-G.)

d'un trône élevé à travers mille dangers* cimenté par des flou de sang, et qui lui avait coûté tant de crimes et de fatigue». Dans U vue de tenir entre eux la balança toujours égale, il donna aux deux frères le titre d'Au* guste et le nom sacré d'Antonio. Rouie fut gouvernée, pour k première fois, par trois empereurs1.

Celte distribution égale de faveur; Desservit qu'à exciter le feu de la discorde i tandis que le superbe Caracolla sa vantait d'être le fils aine du souverain, Gela, pins modéré, cherchait a se concilier l'amour des soldats et du peuple. Sévère, dans la douleuc.d'un père affligé, prédit que le plus fsiWedases eafans tomberait un jour sous le* .coups -du plus fort, quiseraitàson touryictigiedese» propres vices1.

Dans ces circonstance» malheureuses, ce prince reçut avec plaisir 1a nouvelle d'une guerre en Bretagne et d'une iavasioe de» habitons du nord de cette province* Quoique la vigilance de ses lieutenans eut eU capable de repousser l'ennemi, il prit 1« psjrti.de saisir un prétexte si hoaorable pour arracher ses fils au luxe de la capitale, qui éneryaitj leur Ame, et qui irritait leurs passions, et pour endurcir ces jeunes princes, aux, travaux de la guerre et de l'administration. Malgré sonate avancé (car il avait alors plus de soixante ans), et malgré sa goutte, qui l'obligeait de se faire porter eu litière, .il se rendit eu personne dans cette lie éloignée, accompagné de ses deux fils, de toute sa cour, et d'une armée formidable. Immédiatement après son arrivée, U passa les murailles d'Adrien et d'Antoniu, et entra .duos le pays ennemi, avec le projet de terminer la conquête si souvent entreprise de la Bretagne, Il pénétra jusqu'à, l'extrémité septentrionale de l'ite sons rencontrer aucune armée; mais les embuscades des Calédoniens, qui, voltigeant sans cesse au-dessus des troupes romaines , tombaient touf-à-coup sur les flancs et sur l'amer e-gar Je, le froid

lL'oaotH.4eTiIleB^ltorartMnratfeUi»»U»

i Fsauss tus, et l'sMssisttsi 4» «ta I rtsns» 3P8. i BeretSes, 1. sa, M»t Vin «s Gsrstslls. si de

(MA'dep. J.-<%)

rigMrarc dn eKmat, et les fatigues d'une marche pénible ù travers les montagnes et les lacs giaeés de l'Ecosse , coûtèrent, dit-on, à l'empire; plu» da cinquante mille hommes. But» les Calédoniens, épuisée par des attaques -mes «t réitérées , demandèrent la paix, rettlrem m vainqueur um partie de leur* armes , et loi cédèrent nne étendne trea-conskMntfcîe- «le leur territoire. Hais leur souraîMlrta rf était qu'apparente; elle cessa avec la terreur one leur inspirait la présence de l'ennemi. Bée} que les Romarins se furent retires, le* barbares secouèrent le 'joua; et reconwiencAreni lanrs hostilités. Leur esprit Wpamsjélt) ewtamma le- oowrroux de Sé- »ere-. ieprtfcoeréseltrt d'envoyer une autre armé* anas là Calédmiie, avec l'ordre barbare de marcher contre les habitas*, non pour tes neoBtéttre, mais pwr Im exter- «iner. Iia'lrjori vint le surprendre tandis ajafll tnédttnk cette cruelle exécution

Oemfgwenre calédonienne, pen fertile en WwdwbS' rewarqwaBete, et dont les suites a' ont point été importantes, semblerait ne pas 4evkM> mérlteri notre attention j mats on suppose, QVeflfe plus grande vraisemblance, que feivaseoB de Sévère tient à l'époque la plus brisante de l'histoire on de la Table des anciens Bretons. Vn auteur moderne vient de nous faire connaître tes exploits et la réputation des poètes et des héros qui vivaient dans ces temps récités. Fingal, dit-on, commandait-«tors les Calédoniens; il osa braver la puissance formidable de Sévère, et il remporta, strr tes rives du Carum, nne victoire àgsalée, dans laquelle le fil* du roi du monde, C«»*e«I,' prit !a fuite avec précipitation 4 tm**n lu éumpt ds tan oiyiteil ',

Les annales écossaises sont toujours courettes de quelques nuages, qne jusqu'à présent !«■ rocberches les plus ingénieuses des v n'ont pli dissiper entièrement.

< Btai.t inVt, p, 13», etc.; Heredien.Lm, p. «SI. tic

l FMsW d'Ouiaa, vol. I, p. 131, Mil. de 1765.

* L'asiaûoa «M la Ceracul d'Osnaa est le Ciraealla da ftoausta est jfM' Hfl I* seul palet d'antiquité LrUsiviuq««rlaa«M.daM«-»h««M*M.WlUUlcM«iiMl JWcerdyatsiSanasntiaefte apfaian iW pu sua Ultrahé. Dan* u guerre àe «Matasse, a» ff» asMrtHi

Mais livrons-nous au plaisir d'imaginer que Fingal exista, et qu'Ossian a fait retentir les montagnes de ses chants harmonieux : en admettant ces suppositions séduisantes, le contrasta frappant des mœurs et de U position des peuples rivaux est un spectacle intéressant pour un philosophe. Si L'on compare la vengeance implacable de Sévère avec la noblesse, la générosité da Fingal; le caractère lâche et féroce de Caraculla avec la bravoure, le génie brillant, la douce sensibilité d'Ossian ; si l'on oppose à dea chefs mercenaires que la crainte ou l'intérêt force à suivre les étendards da l'empire des guerriers iudépendans, qui volent aux armes à la voit du roi de Morven; en un mot, si l'on contemple d'os coté la liberté, l'innocence et les vertus éclatantes des Calédoniens inspirés par la nature; de l'autre, l'esclavage, la corruption et les crimes Bétrissana des Romains dégénérés, le parallèle ne sera pas a l'avantage de la nation la plus civilisée.

La sauté languissante et la dernière maladie de l'empereur enflammèrent l'ambition atroce de Caracalia. Dévoré du désir de régner, déjà le fils de Sévère souffrait impatiemment que l'empire se trouvât partagé ; il médita le noir projet d'abréger les jours d'un père expirant, et même il essaya d'exciter une rébellion parmi tes troupes ', Ses intrigues furent inutiles. Le vieil empereur avait souvent blâmé l'indulgence aveugle de Harc-Aurèle, qui pouvait, par on seul acte de justice, sauver les Romains delà tyrannie de son indigne Gis, Placé dans les mêmes circonstances , ce prince sentit avec- quelle facilité la tendresse d'un père étouffe dans le cœur des souverains la sévérité d'un juge. Il délibérait, il menaçait, mais il ne pouvait punir; son ame s'ouvrit alors pour la première fois à la pitié, et sa sensibilité fut plus

n'«tait connu sue par le nom d'Awtonlu. ÏN'wL-it pa* singulier iu'uh potteéeoMali ail doute ie« priace ua nohriauet [■vente ajwireaw «prêt celte «psduiw, dont leaKtmsuuwlipauwMHiaRedeaaavivaiit, cl tue les iKiew nàloricoa euptoient Ires-rareraeol ? (Vor* Dion,]. Liivn, p. 1317; Hist- Ang.,p. 89; AureL Victor; Eaaèbe, ùt Chnm. ad «**.,3H0

i Dion, l.Wn, p. 1»»; Hftt. Aug-, p> «1 Aurai. Victor.

fatale à l'empire que tontes les cruautés qu'on pouvait lui reprocher '.

Le désordre de son Sme irritait les donleurs de sa maladie : il souhaitait ardemment la mort ; son impatience le Et descendre pins promptement au tombeau: il rendît les derniers soupirs à Yorck, dans la soixante' sixième année de sa vie, et dans la dix-huitième d'un règne brillant et heureux. Avant d'expirer, il recommanda ses fils à l'armée, et il les exhorta à vivre dans une parfaite union. Les dernières instructions de Sévère ne parvinrent pas jusqu'au cœur des jeunes princes ; ils n'y firent pas même la plus légère attention; mais les troupes, fidèles à leur serment, obéirent à l'autorité d'un maître dont elles respectaient encore la cendre ; elles résistèrent aux sollicitations de Caracalla, et proclamèrent les deux frères empereurs de Rome. Les nouveaux souverains laissèrent les Calédoniens en paix, retournèrent dans la capitale, où ils rendirent les honneurs divins a leur père, et furent reconnus solennellement comme monarques légitimes par le sénat, par le peuple et par les provinces. 11 parait que l'on accordait , pour le rang, quelque prééminence au frère aîné ; mais ils gouvernèrent tous les deux l'empire avec un pouvoir égal et indépendant '.

Une pareille administration aurait allumé la discorde entre deux frères qui se seraient le plus tendrement aimés; il était imposable que cette forme de gouvernement subsistât long-temps entre deux ennemis implacables, qui, remplis d'une méfiance réciproque, ne pouvaient désirer une réconciliation. On prévoyait que l'un des deux seulement pouvait régner, et que l'autre devait périr. Chacun en particulier jugeant par ses propres sentimens des desseins de son riva), usait de la plus exacte vigilance pour mettre sa vie à l'abri des attaques du poison ou de l'épée. Ils parcoururent rapidement la Gaule et l'Italie ; et, pendant tout ce voyage, jamais ils ne mangèrent à la même table, ni ne dormirent sous le même toit, donnant ainsi, dans les provinces qn'ils traversaient, le spectacle odieux de l'inimitié fraternelle.

I Dkm, I. ivm, p. 12» i HW. Aag., p. 89.

a Won, L xxxn.p. OU; Btodka, 1. ni, + «S.

(212 dep. J.-C.)

A leur arrivée dais la capitale, ils partagèrent aussitôt la vaste éteudue du paLûs impérial '. Toute communication était fennec entre leurs appartenions; on avait fortifié avec soin les portes et tes passages, et Les sentinelles qui les gardaient se relevaient avec la même précaution que dans une ville assiégée. Les empereurs ne se voyaient qu'en public, en présence d'une mère affligée, estouré chacun d'une troupe nombreuse et toujours armée ; et mène, dons les grande» cérémonies, la dissimulation, si ordinaire dans 1rs cours, cachait à peine ianimosité des deux frères \

Déjà cette guerre intestine déchirait l'état , lorsque Ton proposa toot-à-epup un plan qui semblait également avantageai anx.. deux princes. On leur représenta que, puisqu'il leur était impossible de se réconcilier, ils devaient séparer leurs intérêts et se partager l'empire. Les conditions du traité avaient été soigneusement dressées; on était convenu que Caracalla, comme l'aîné, resterait en possession de l'Europe et de l'Afrique occidentale, et qu'il abandonnerait à son frère la souveraineté de l'Asie et de l'Egypte. Géta pouvait fixer sa résidence dans la ville d'Alexandrie ou dans celle d'Aniioche, qui le cédaient a peine à Rome pour la grandeur et pour l'opulence. De nombreuses armées.

1 M. Hume s'étonne, avec raison, d'un passage d'Hérodien (I- nr. P- 139) qui représente 1 cette occasion le palais des empereurs comme égal en étendue au resta te Hou». Le mont Palatin, sur lequel il était blti, avait onze ou douze mille pieds de circonférence (Yoy . Notit. et Victor ; dans 1* Borna antica de Nardini) ; et il ne faut pas oublier que les palais et les jardins immenses des sénateurs entouraient presque tonte la ville, et que les empereurs en avaient confisqué la plus grande partie. Si Géta demeurait sur le Janicule , dans les jardins qui portèrent sou nom , et si Caracalla habitait les jardins de Mécène sur le mont Esquilin , les frères rivaux étaient sépares l'un de Vautra par une distance de plusieurs milles : l'espace intermédiaire était occupé par les jardins Impériaux de SaUtutn , de LucuUus, d' Agrippa, de Dwnilien, de Caius, etc. Ce* jardins formaient un cercle autour de la capitale , et ils tenaient l'un à l'autre , ainsi qu'au palais, par des ponts jetés sur le Tybre , et qui traversaient \m rnea de Keanc

Si ce passage d'Hérodien asériUK d'être nation* , il exigerait une dissertation partieuatra et une carte ds l'ancienne Rome.

I, tv, p. 139.

f2l94èptfJi<4;}:

/.UlMft .ISM0J39ON; CH. VI.

canpë^UeftidM^, aâtttBnUa,.H^0lWti de Tbràoe, >4uraifeat 'gandé; /-le»» ïpoo*ièflfs,:d«s: laoïiafchjtsi iwale» ; «ainv leg.j(nMipi.e ih:ès imj » . en.EnrépedayaétMtpofiwuftiHTflje^ottTeiaw de-ttMMt -fan plpurt jfc: ^'jpnpéeairiee . roinpireat cette «égMiatHB^ *tonhf£id4& seule arait rempli «DiiBiJes.omwrsiTOiftWMs-d'JiMiigntiqB/etds'Xiirpriae. i iLa liâmes. puissance il'wnw. wcmwchi* -«om(M5Bé« .,«te- ■ tapfi de uallOM, tétaifc wttwMHt ^âwcBtéc pur la. juaiu Ha lemjp^KKite^ polltif*»e,-.q»j'il fallait une fun<e-'fféYftiigiaiisB< pu«r .lai séparer «i deux pwtikgfa»ft—a famat*itiH f ai&on.de cca**dre qu'une guerre civile n'en rejoignit -biepr ; ti>Btafe*«ubre*,rifatimj3.i ety sil' empire, néstak;dWi*4i'tD%t.prési^Baii-l»,cuuUi.dfuiiédi'" fcc« vtont llonioa. «**«;. été jnsqu'aiors Ift.botve. Î3pM»*'ferni«Ml»iplusaplk!t['.; t. -,

S» te irrita projeté eolie las -deux princes eàt-ét^PtiîdiUjMe.1 souverain «le. l'Europe seserait ' totaux «tripote de : LTAs« .- Mais Ci wcîrttarewrpéfta, arecJ'awne'du crime, ime iTClofVtipItW'fiMîiteï- U pftffat s«:rewW' aim ânppticKtJort'cle « taàrev <l conéeatità une rWrtMe'Hvefl sontfréredans l'appartement te lïmpêfuiFi^o Jnlie. Tandis que le» empenfcrs WÈÊUêU&km de réeunciikMiJu et de l'irist'ou^iie*' centurions, ;que le barbare G»r**afc»aitllii->ï^e caesés, fondirent, l'<^a^a^al»H ko* l'infortuné Gela. Julie vent en vain le soustraire à leurs coups ; elle **■ IPÔflfiUS j>S-devant des assassins , et serre sendretueoi son fils dans ses bras; mais tous s*»efforM40Bt inutiles. Blessée elle-même à h matft ;:etuy est* couverte du aang de Géta; ■t (fle^'apériçoh le frère impitoyable de ce u-alheureux prince animant les meurtriers, et learmoeijrapi .lui-même l'exemple *.

Bé*- que ee-forfait eut été commis , Cararalfa £Srdt saisi d'horreur, et courut avec prêdpï^on se .réfugier dans le camp des ...«ouimeilans son unique asile; il i pied» des statues, des dieux .' Les soldats entreprirent de le

■ytiwifrfffr. --'

(»v «ais-v» imfiaAe Sraapis, l'épée ■w "PI BW I— ÉVtfWdl lue un frère Géta. Dion, I. irnn.p. 1307.

3 tiérodien, 1. w, p. 147. Dans tous les camps romains, « fierait, pr*s du «nurtitr-genitrat', âne ptfne 'chapelle GtBBOH 1.

relover et de le consoler. H IfuT afiprij, dans* lin discours souvent interrompit, et'.qni peignait le trouble de sou-une, qu'il avait eu le bonheur d'échapper à. vu .danger imminent; et, après leur avoir insinué qu'il avait prévenu , ies desseins cruels de son ennemi, il leiir déclara qu'il était résolu de vjvre et de mourir' avec ses fidèles prétoriens, Géta, avait été le favori des troupes; mais leur regret devenait ^ inutile, et la vengeance dangereuse; '.d'ail-, leurs, elles,, respectaient toujours' lé fijs-.dç. Sévère. Le rnécpoteutemcnt s,c | dissipa . en -vaius.nuriiuç&s;, et.C3racaua.sut. bientôt les r convaincue de la justice. de sa-.caùse, en leur distribuant les Iauueoses ;trésors de. son' père '«,, Les dispositions des .soldais importaient seules .à. Impuissance et à la sûreté du prince. Leur déclaration en sa faveur entrai-, nait L'obéissance et id fidélité du sénat; cette assemblée docile était toujours prête à rati-, fier la décision de.la fortune,. .Mais,, comme. CaracaJla. voulait apaiser les premiers mouvemensde l'indignstion.publique , il respecta la mémoire de son frère, et lui fit rentre (es. mêmes honneurs que l'ou décernait a,ux, empereurs romains '. La postérité, en déplorant le sort de Géta, a fermé Jes^yejix sur ses vices. Nous ne voyeurs dansi ce jeune prince qu'une victime innocente, sacrifiée à J ambition de son frère, -sans faire attention qu'il manquait plutôt. de pQu.vaic.que de volonté pour seporter ans jaêaies -excès, . '<

Le crime de Caracalla ne demqura. pas iuû puni. TSi les occupations, ni les plaisirs, ni. la (laiterie ne purent le sous traire aux remords déebirans d'une conscience coupable, Souvent le front sévère- de son: père et l'ombré sanglante de Gela ,se présentaient .à son imagination troublée. 11 croyait les voir sortir tout-à-coup de leurs. tombeaux-; il croyait en»

on lœ Arinttes .tulélafraa «talent garait et, adorées. ,Le* aigles et te* autres enseignes militaires tenaient le premier rang parmi cet divinités -, institution excellente, qui affermissait la discipline par la Sanction dé la 'religion, voyei Juatfrtîps^ifei««l<**«**tt«rtVW;Sv».fïi ■■ " '■«iwnesjti. r*.,,fh-H*) ttw'Casttusvl. um,

r.vm. -.•.,.-.,.,

ï Geta tut placé parmi' les dieux. < Sit dwùt , dit son • frère, dùm nonsitvivtts. • Hîst. Aiig.,'p. 91. On trouve encore sun^aiott^e$!«iteiir*w œ^q^ de tacontéora* uoRdtQélai, . ,., ...); ;>. . , .

tendre leurs reproches et les menaces effrayantes dont ils l'accablaient '. Ces images terribles auraient dû lui faire apercevoir toute l'horreur du vice. Les vertus de son règne auraient prouvé qti'une nécessité fatale l'avait soûle rendu cruel ; mais le repentir de Caracalla ne fit que le porter à exterminer tout ce qui pouvait lui rappeler son crime et le souvenir de son frère assassiné.

A sou retour du sénat, il trouva dans le palais sa mère entourée de plusieurs dames respectables par leur naissance et par leur dignité , qui toutes déploraient le destin d'un., prince moissonné à la fleur de son âge. L'empereur furieux les menaça de leur faire subir îe même sort. Fadilla, la dernière des filles de Marc-Aurèïe, mourut la première par l'ordre du tyran ; et l'infortunée Julie fut obligée d'arrêter le cours de ses pleurs, d'étouffer ses soupirs, et de recevoir le meurtrier avec des marques de Joie et d'approbation. On prétend que vingt mille personnes de l'un et de l'autre sexe souffrirent la mort, sous le prétexte vague qu'elles avaient été amies de Géta. L'arrêt fatal fut prononcé contre les gardes et les affranchis du prince, contre les ministres qu'il avait chargés du gouvernement de son empire, et contre les compagnons de ses débauches. Ceux qu'il avait revêtus de quelque emploi -dans les armées et dans les provinces, subirent la même destinée ; et avec eux périt une longue suite de cliens. Enfin , il suffisait d'avoir en la moindre liaison avec Géta, de pleurer sa mort, de prononcer même son nom ', pour être coupable de lèse-majesté. Un bon mot déplacé coûta la vie à Helvius Pertinax, fils du prince de ce nom ". Le seul crime de Thraséas Priscus fut d'être descendu d'une famille illustre , dans laquelle l'amour de la liberté sem-

' Dion, 1, txivit, p. 1307.

! Dion, I. mxvo, p. 1290; Hérodien, 1. tv, p. 160; Dion Cassius dit (p. 1298) que les poêles comiques n'osèrent pins employer le nom de Géta dans leurs pièces , et que l'on confisquait les biens de ceux qui avaient nommé ce malheureux prince dans leurs testameus.

3 Caracalla avait prit les noms de plusieurs nations vaincues. Comme il avait remporté quelques avantages sur lesCoths on G êtes, Pertinax remarqua que le nom de Geiiens conviendrait parfaitement a l'empereur , après ceux de l'artbiçus , Allemanicua , etc. Hist. Aug., p. 89.

(112 dep. I-C.) blaît héréditaire '. Apres tant de sang répandu , on n'emprunta plus la voix de la calomnie. Lorsqu'un sénateur était accusé d'être l'ennemi secret du gouvernement , l'empereur se contentait de savoir, en général, qu'il possédait quelques biens, et qu'il s'était rendu recommandable par sa vertu. Ce principe une fois établi , Caracalla en tira souvent les conséquences tes plus cruelles.

L'exécution de tant de victimes innocentes avait porté la douleur dans le sein de leurs familles et de leurs amis, qui répandaient, des larmes en secret. La mort de Papinïen , préfet du prétoire, fut pleurée comme une calamité publique. Durant les sept dernières années du règne de Sévère , ce célèbre jurisconsulte avait occupé le premier poste de l'état, et avait guidé, par ses sages conseils, les pas de l'empereur dans les sentiers de la justice et de la modération. Sévère, qui connaissait si bien ses talens et sa vertu , le conjura, au Ht de la mort, de veiller a La prospérité' de l'empire, et d'entretenir l'union entre ses fils '.

Les efforts généreux de Papinien ne servirent qu'à enflammer la haine violente que Caracalla avait déjà conçue contre le ministre de son père. Apres le meurtre de Géta , le préfet reçut ordre d'employer tonte la force de son éloquence pour prononcer, dans nn discours étudié, l'apologie de ce forfait. Le philosophe Senèquc, dans une circonstance semblable , n'avait point rougi de vendre sa plume au fils et à l'assassin d'Agrippine ', et d'écrireau sériai en son nom. Papinien refusa d'obéir au tyran : « 11 est plus aisé de com- > mettre un parricide que de le justifier. » Telle fut la noble réponse de cet illustre personnage , qui n'hésita pas entre la perte de la vie et celle de l'honneur *. Une venu si intrépide , qui s'est soutenue pure et sans tache au milieu des intrigues de ht cour, des aflai-

' Dion, I: lxxto, p. 1291. Il descendait probablement d'Helvidius Frisais et. de Pcetus Thraséas , ces illustres patriotes dont la vertu intrépide, mais inotne et déplacée, a été immortalisée par 'radie.

> On prétend que Papinien était parent de llnperatrta Julie.

î Tacite, Ann., xtr, 11.

« Hist. August., p. 86.

(213 dep. J.-C.) res les plus sérieuses et du dédale des lois, jette un éclat bien plus vif sur les cendres de Prtfiinîen, que toutes ses grandes dignités, que ses nombreux écrits, et que la réputation immortelle dont il a joui daus tous les siècles comme jurisconsulte '.

Après la destruction de la république, ce Tut un bonheur particulier aux Romains, et une coDsoIatioD pour ce peuple, dans la trisfe situation où il était réduit, que d'être gouverné par des princes dont les vertus étaient actives, et les vices sans énergie. Auguste, Trajan, Adrien et Marc-Aurèlc visitèrent eu personne la vaste étendue de leurs domaines. Partout la sagesse et la bienfaisance marchaient à leur suite. Tibère, Néron et Donatien, qui firent presque toujours leur résidence à Rome, ou dans des campagnes aux eorirons de cette ville, n'exercèrent leur tyrannie que contre le sénat et l'ordre équestre '. Caracalla déclara la guerre à l'univers entier. Douze mois environ après la mort de Gela, 3 quitta la capitale; et jamais il n'y retourna daus la suite. Durant les autres années de son règne, il promena sa fureur dans tout l'empire, et principalement eu Orient. Chaque province devint tour à tour le théâtre de ses rapines et de ses cruautés. Les sénateurs, obligés de suivre tous ses caprices, dépensaient des sommes immenses piiir lui procurer tous les jours de nouveaux dhertissemens , qu'il abandonnait avec mépris à ses gardes. Ils élevaient dans chaque ville des théâtres et des palais magnifiques, que l'empereur ne daignait pas. visiter, ou qu'il faisait aussitôt démolir. Les sujets les plus ttnulens furent ruinés par des confiscations et par des amendes , tandis que le corps entier de la nation gémissait sons le poids des impôts '. An milieu delà paix, l'empereur, pour une offense très-légère, condamna généralement à la mort tous les habitans delà

1 An sujet de Papinien , voyez Bistoria Jurit romani de UànHdus , 1. 330 , etc.

1 Tibère et Donatien ne s'éloignèrent jamais des environ* de Rome- Nerim Ut un petit. voyage eu Grèce. Et laudalocma princifuim mus ex œquo quamvis prend agentibus. Saviproximis ingruunt. • Tacite, Hist.

er.TS.

•Dio»,l.iwvu,p. 1,294.

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