‹ Histoire de la décadence et la chute de l'Empire romainChapitre 26 sur 85 · CHAPITRE XVn. j · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVn. j

Fondation de Constantin pôle. Syitùmu politique de Constantin et de ses surcessourt. En la Discipline militaire. De la Cour et des Finances.,

L'infortuné Licinius fut le dernier rival qui combattit la puissance de Constantin , et le dernier captif qui servit d'ornement à son triomphe. Après un règne heureux et tranquille , pendant lequel le conquérant avait donné ù ses peuples une capitale , une politique, et une religion nouvelles, il légua in possession de l'empire à sa famille , et les innovations qu'il avait établies furent adoptées .et conservées par une longue suite de générations. Le siècle de Constantin- lu-Grnntl et de sa postérité fut fécond en ovénemens mémorables ; mais l'historien se perdrait dans leur nombre et dans leur variété, s'il ne séparait pas avec soin ceux qui n'ont ensemble d'autre rapport que celui de l'ordre des temps. Il décrira les institutions politiques qui donnèrent de la force et de la stabilité fi l'empire , avant d'entrer dans le détail des guerres et des révolutions qui en bâtèrent le déclin. Il adoptera la division inconnue aux anciens, d'affaires civiles et d'affaires ecclésiastiques. Enfin, la victoire des entretiens et leur discorde intestine présenteront tour a tour des scènes d'horreur et des traits de grandeur dignes d'admiration.

Après la défaite et l'abdication de Lûàsius, son rival victorieux posa lesfondemens d'une ville destinée à devenir un jour la maîtresse de l'Orient, et a survivre à l'empire et à la religion de son fondateur. Les motifs , soit d'orgaeil, soit de politique, qui avaient engagé Dioctétien à s'éloigner le premier de la capitale de l'empire, acquirent un nouveau poids par l'exemple de ses successeurs et par quarante années d'habitude. Rome fut insensiblement confondue avec les villes conquises, qui avaient long-temps reconnu leur dépendance et sa supériorité ; et la pairie des césars n'inspirait que de l'indifférence à un prince

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(324 dep. J.-C.) guerrier, né sur tes rives du Danube , élevé dans les cours ou dans les armées d'Asie , et revêtu de la pourpre par les légions de la Bretagne. Les Italiens, qui avaient regardé Constantin comme leur libérateur, obéirent servilement aux édîts qu'il avait quelquefois la condescendance d'adresser au sénat et au peuple romain; mais ils eurent rarement l'honneur de posséder leur souverain. Pendant la vigueur de son âge, Constantin, selon les différens besoins de la paix ou de la guerre, visitait successivement les provinces de ses vastes étais avec l'appareil imposant de sa dignité, ou volait avec célérité dans celles ou sa présences était nécessaire, et se tenait toujours en état de défense contre ses ennemis particuliers et contre ceux de l'empire. Hais, comme il atteignit en même temps le latte de la prospérité et le déclin de sa vie, il conçut alors le dessein de fixer dans une résidence moins variable la force et la majesté du trône. Dans le choix d'une situation avantageuse, il préféra les confins de l'Europe et de l'Asie, pour en imposer, avec une puissante armée, aux barbares qni habitaient entre le Danube et le Tanaïs, et ponr éclairer de plus près la conduite du roi de Perse, qni supportait impatiemment les entraves d'un traité ignominieux. Telles étaient lés vues de Dioctétien quand il avait choisi et embelli le séjour de Nicomédie. Mais la mémoire de Dioctétien était justement odieuse au protecteur de l'église , et Constantin n'était pas insensible à l'ambition de fonder une ville qui put perpétuer la gloire de son nom. Pendant les dernières opérations de la guerre contre Licinîus, il avait eu souvent l'occasion d'admirer, comme capitaine et comme homme d'état, l'incomparable- position de Byzance, et d'observer combien la nature, en la mettant a l'abri d'une attaque étrangère, lui avait prodigué de moyens pour faciliter et encourager un commerce immense. Plusieurs siècles avant Constantin , un des plus judicieux écrivains de l'antiquité' avait décrit les avantages de sa situation, qui avait donné l'cm-

i Polybe, 1. iv, p. 423, Mil. deÇasautraa, flobserteque les incursion» des sauvages habitant de la Tbrace troublèrent souvent la paix et resserrèrent quelquefois l'c'Ira-

diw des domain»

CIBBOfl

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pire des mers ù une faible colonie échappée de la Grèce , et en avait fait une république indépendante et florissante '.

Si nous examinons Byzance d'après l'étendue qu'elle acquit avec le nom de ville impériale , nous pouvons nous la représenter comme un triangle inégal. L'angle obtus qui s'avance vers l'orient et vers les rives de l'Asie est battu par les vagues du Bosphore de Thrace. Le nord de la ville est borné par le port, elle sud est baigné par la Proponlidc ou la mer de Marmara. La base du triangle regarde l'occident, et termine le continent de l'Europe.

Le canal tortueux à travers lequel les eaux du Pont-Euxin s'écoulent avec une constante rapidité vers la mer Méditerranée reçut le nom de Bosphore , aussi célèbre dans l'histoire que dans les fables de l'antiquité1. Une foule de temples et d'autels expiatoires, profusément epars sur ses rochers et sur ses bords, attestent les horreurs, l'ignorance et la dévotion des navigateurs de la Grèce, qui, a l'exemple des Argonautes, déploraient les dangers de l'innavigable Euxin. La tradition a long-temps conservé la mémoire du palais de Phinée, infecté par les harpies1, et celle du règne d'Amicus-le-Sylvain, qui proposa le combat du ceste au fils de Léda *. Le détroit

l Le navigateur Byïas , qu'on appelait le fila de Neptune, fonda la ville de Byzance 656 ans avant Vire rtoittienne. Ses compagnons étaient originaires d'Argos et de Mégare. Byzance Ail ensuite rebâtie et fortifiée par le général lacédémonîen Pausanlas. (Voyez Scaliger, Jnimadvers. ad Busek., p. 81 ; Dacange, Conttantinopolis, I. (, part, i, c 15, 16.) Quant aux guerres des Byzantins contre Philippe, les Gaulois et les rois de Btlhynie, on ne peut accorder sa confiance qu'aux anciens écrivains qui vécurent avant que la grandeur de la ville impériale eut donné lieu a la flatterie et aux fictions.

5 Le Bosphore a été décrit fort en détail par Deny* de Byzance , qui vécut au temps de Donûtien (Hudsou.Geograpti. min., t. 3) et par Gilles ou Gyllius, voyageur français du seizième siècle. Toumefort ( lettre xv) a profilé de l'érudition de Gyllius , et il y ajoute des remarques qu'il a faites lui-même.

> Le Clerc (Bibliothèque universelle , 1. 1 , p. 148) suppose que les harpies n'étaient que des sauterelles, et il n'y a guère de conjectures [dus heureuses. Le nom de ces insectes, dans ta langue syriaque et phénicienne; leur vol bruyant , la mauvaise odeur et la dévastation qu'elles produisent, et le vent du nord qni les dusse dans la mer , rendent sa conjecture très-vraisemblable.

t Amrcw résidait en Asie cuire les vieux châteaux et

dti Bosphore est terminé par les rochers de Cianée, qui, selon les poètes, flottaient autrefois sur les eaux , et avaient été destinés par les dieux à défendre l'entrée de l'Euxin contre la curiosité des profanes '. Depuis les rochers de Cianéc, qui sont a la pointe du port de Byzance, la longueur sinueuse du Bosphore se prolonge l'espace d'environ six mules*, etsa largeur lapins ordinaire peut se calculer à peu près à an mille et demi. Les nouveaux Torts d'Europe et d'Asie sont construits sur les deux continens et sur les fondemeos des deux temples célèbres de Sérapis et de Jupitcr-Urius. Les anciens châteaux, ouvrage des empereurs grecs , défendent la partie la plus étroite du canal, dans un endroit où les bancs de la rive opposée ne sont qu'à cinq cents pas de distance l'un de l'autre. Ces citadelles furent rétablies et fortifiées par Mahomet H, quand il médita le siège de Constantinople !. L'empereur ottoman ignorait que, près de deux mille ans avant lui, Darius avait choisi la même position pour lier ensemble les deux continens par un pont de bateaux4. A peu de dislance des anciens châteaux, on découvre la petite ville de Chrysopolis on Scutari, qu'on peut regarder comme ' le faubourg de Constantinople, du côté de l'Asie. Le Bosphore, en se jetant dans la mer de Marmara, passe entre Byzance et Chalçé-

te ehitotox net*, dam nalks appâté Ltutnu irwmtt. Phinee résidait en Europe , pris du rilhge dp Mauroluole , ou de ta mer Noire. ( Voja Gyttius , de Bosph, , 1. il, cran. Touroerort, lettre ir.)

» Marieurs rocher* terminés en pointe, alterna avenant couverts et abandon**» par le* nguet, •eeuiMulent eelle méprise. On 7 volt aujourd'hui d«i petite fies : il y es ■ une prêt de eflaeune des cotes. La colonne de Pompée dislingue celle d'Europe.

1 Les anciens l'évaluaient il cent rfnet stades «a ouinie mFUeâ rcastas. Hs ne comptaient aue depuis les eMteMri neafi; nuls ils ctendai nt le détroit Jusqu'à h Tille de Cbalcédedne.

1 Ruas, Hst. t. xxxnr; LeundsTRH, Jflst. fureta Ma.tulmaiU.ea, I. xv, p. 57T. Sous rempife. grec, ces rhâleauT serraient de prisons d'étal, et on leur donnait le nom eflrnTitnt de tétbé 00 tour* d'oubli.

* Dnrkis grsTC sur deux colonnes de marbre , en lettres grecque* et assyrienne* , tes noms des peuples auxquels ft donnait des lois, et l'immense tableau rlo ses forées dp mer et de terre. 1« Byzantins transportèrent ensuite ces colonnes dans leur Tille, et ils les employèrent aux autels deteursdÎTiBUestuielaires.

EMPIRE ftOMAlN, (aw dep. J.-G.)

doîne. La dernière de ces villes fut bâtie par les Grecs, quelques années avant l'autre; et l'aveuglement de ses fondateurs a été tourné en ridicule (par une expression de mépris qui a passé en proverbe ') , pour avoir négligé la précieuse position de la cote opposée. Lé port dé Constantinople, qu'on peut regarder comme un bras du Bosphore , fut connu très-anciennement sous le nom de la corne d'or. La courbe qu'il décrit a a peu près la figure du bois d'un cerf, ou de la corne d'an bœuf*. L'épithète d'or fait allusion aux richesses que tous les vents amènent des pays les plus éloignés dans le port vaste et sur de Constantinople. La petite rivière de Lycus verse constamment une quantité d'eau douce qui en nettoie le fond , et qui invite les différons poissons à s'y réfugier dans le temps du frai. Comme le flux et le reflnx sont peu sensibles dans ces mers , la profondeur invariable des eaux permet, dans tous tes temps, de décharger les marchandises sur te quai , sans le secours de bateaux, et on a vu en quelques endroits les plus gros vaisseaux rester à flot, tandis que leur proue était appuyéecoutre les maisons1. De la bouche du Lycus à l'entrée du port, ce bras du Bosphore a plus de sept milles de longueur. L'entrée a environ cinq cents toises de largeur. On y tendait, dans le besoin , une forte chaîne de fer qui en défendait l'entrée, aux flottes ennemies *. Entre le Bosphore et lTtellespont, les

quittât, Pftkiw

rtnt urbem, nddittmortieulumert, qmererent sedem

rœcorum territ advenant. Edambagt, Chalet dorai

mvnstrttbuntitr, qnod prit**» tilutr mttidi, prmiad

loconun utUUaUp&raUçutetit. (Ta*), AiuMuea,

» StrnbOB, 1. 1, p. 492. La plupart dt* andouulrmj sont maintenant brÎBés , on , pour parler d'une manière moins figurée, ta plupart des recoins du navre sont «oaAlea. (Y Grltius , de B&fhero 7nnS0M>,Li,&S.)

*Pracoptiutd*jmitiftoii*,\.\, u. ». Lewss/agMirs moderne* amËrmentsa description. (Voyez Tnémurt, part. 1 1. 1 , *- 1 5 i Toumefort, lettre xu;N»ebuhr, Voyage d'Arabie, p. 22.)

' Voyei Dncange , C. P., 1. 1 , part. 1 , c, 10, ei senonserrathms sur VHk-Hardonin, p. 28» La chaise te prolongeait depuis Aeropons, près du modem* Kiosk, jussaï la tour deOalsta , et elle étatt soutenue deriiitanos en'dur tanee par de grandes plus de, bols.

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0McMpi'X$:j "■'* '■vtotopk''&fatoBt. en. XVII.

e8t« deJ'Europe et die l'Asie 'enlou+ent, e», se retirant ,r la mer de Marmara, cotmûc âea. anciens sous, te nom de Proponlîde. La navigation , depuis la sortie du Bosphore jusqu'à l'entrée de la Proportiide , est d'environ cent vingt milles. Ceux qui dirigent kttt cbttrsé £ l'Accident, en traversant fa mer de Marmara ', peinent suivre lés côtes escarpées de la Thrace et 'de la Bithynie, sans jamais perdre de vue la cïritc orgueilleuse de l'Olympe, toujours couverte de.Aeîge'. ifs laissent à leur gaflche un golfe au fond duquel était située la ville de Nicomédle , où IttocWtïcii avait fixe sa résidence impériale , et ils dépassent les petites tics de Cizique et de Procoriûèse, avant de jeter l'ancre à Gallipoïï, ofc la mer, qui dépare l'Europe de l'Asie, se rétrécit dé notiveaael forme un canalétroit. Lés nàViïjatenrs qui ont examiné avec" le

fjftts éfiiifeltigence et de soin la tonrie et l*é-

îértdsé 3e t'HelIespoct lui donnent environ

softsatcmSUesde cours sinueux , et ils' évaluent t peu près à" trois milles la largeur de

ce célêbVe dietrolt*. La partie la pins étroite

du canal se trouve au nord des anciens Forjs

ottomans , entré lés Villes de Cestns et d'A-

bydris i ce ïui la que l'aventurier Léandre

htxïa Je danger, i« passa la mer a Ih nage ,

pouf t ôler dans les" bras de la tendre Héro*.

Ce fat dans ce même endroit où les bancs

dés dent rives, sont Au phts a cinq Cents pas-,

i tlkérenot (Voyages u Levant, part, i , 1. 1, e. 14) se a>MpMqn<wrtMgt^toiii»a« Grées. Beien (Obsem- OMtf,li««:«.^4tek Itoa-^JaPropontufe; mit il » nuirai* * dire MgaMTMiU'fu'il bat m Jour d une mutait tpmgtfiaK pour 1» (mener. Sa«dyt<{ Voyages, p. 31 > laaBoue cm* «tauwiitoatadei pour ta longueur «t paetr ta largeur, «I on ne Vent -supposer uti'uue faute i'îuupreBÎM «ttH le Uite.de ep voyageur judicieux.

* Voyez une dissertation admirable sur l'Hellesnant ou ieahrhKIlnt.ptf-Mi^'Aa'tte dan* twMw>N* de rAamiWtt»JHtW#k*p>tom,i*-mi, p- 318-3J6. *u teste , cet habits gtagnvbe «tant trop t supposer. Je» bkwres Bonveltei a pcnl-éU* imaginaire*, «Un, de rendre leftéemMDSdel'antiqiiiléauul exacts une loi. Le» stades •jBfntiptoioiiârodote doue la description de l'Ëuxin. du ■fcaatnott, «te. Cb n,c.B& ), detMenl Être tous de ta même espèce , et il paraît impossible d'accorder ses eateuls «aire eux ou avec!* vérité.

s La distant* entre Cestus et Atydui était de trente stade». H. Maïudd a tait voir lï nuisent blancs du conte «seBéroct téaudee; malsM. de la Nauze le défend d'après les poètes «tesBMUtilkv.<yoïei; Aca<l«aietl«,loscripUons , tout, vu -, Histoire , ç. 74 ; Méro, p. 240.)

l'un de Tautrc, qâc Xcrxès plaça cetincrovable pont de bateaux, pour faire ! passer en Europecerit soixante-dix myriades dçbarbares'. Une mer resserrée dans des limites si étroites né semble guère mériter t'épUhètc de vutie, qu'Homère et Orphée donnent souveut à nietlespont. [Mais nos idées de grandeur sont d'une nature relative; le voyageur, et surtout le poète qui naviguait sur l'ilcllcspont, oubliait insensiblement la mer, en suivant ses détours , et en contemplant avec admiration le. spectacle pittoresque qui termine de tous cités cette riante perspective. Son imagination séduite lui peignait ce détroit fameux avec tous les attributs d'une rivière majestueuse , qui coulait rapidement entre des coteaux délicieux, et versait enfin ses eaux par une vaste embouchure dans la mer Egée ou l'Archipel*. L'ancienne Troie*, située sur une éminence au pied du mont Ida, avait négligé l'entrée de l'Hellespont, qui reçoit à peine quelques eanx dès fameux ruisseaux du Siinols et du Scamandrc. Le camp tics Grecs occupait un espace de douze milles, le long du rivag*e, entre le promontoire de Sigéc et celui de Rliète ; et les flancs de leur armée étaient dérendus par les chefs les plus conragenx , qui combattaient sous les drapeaHx d'Agamemnon. Le premier de ces promontoires était occupé par Achille et ses invincibles Myrmidons. Le dédaigneux Ajax occupait l'autre. Quand Ajax eut mit te sacri-

i Voyes te septième: litre d'Hérodote qui élevé en cet endroit* son. ouvrage uu beautroBbèe a M gloire et à celte de son pays, U dénombre nient deiarmée de Xerxès paratt»Mr âé bit avec assetd'eKaetitiidi. Mbîs la vanité des Ttrses , et crtsoite ta vanité des Grées, furent intéreseees à çiageier l'armement et. la .rioloire. Je doute beaucoup qte , dans une invasion , lee tUàBJmt aient jamais surpassé en nombre ta population totale de la contrée où ils portaient tes armes. , ,

i Voyea Wood's Observations on Borner, p. 320. J'ai du pUisiri tirer celle nanrrqne 4;u& auteur qui, en général, semble avoir trompé l'atlenilcdu jwblic, comme critique , et «icore plus «oauno vovagenr. U avait parcouru les borda de I'Heue»pout;H Mail luStnbon, et Unirait .du consulter les itinéraires m mains.. Comment n-t-il nu condMdre IHum tt.Jiexaiulria Trvat(Ohiervalkm*, p. 340, 341), deux villes placées a seize milles dcénttanee»

3 Deractriiis.de Scepsis a écrit soi m nie livret sur trente lignes du «tatogut d BaMMt. Ut Wuièaw litre de Strabon suffit à notre curiosité.

fice de sa vie aux prétentions déçues de sa vanité, on éleva son monument dans l'endroit où il avait défendu la flotte contre la colère de Jupiter et d'Hector ; et lea habitans de la ville de Rhèle, que l'on commençait à bâtir, lut accordèrent les honneurs divins*. Constantin, avant de donner a la situation de Byzance la préférence qu'elle méritait , avait eu dessein de placer le siège de l'empire sur ce terrain fameux, d'où les Romains prétendaient tirer leur fabuleuse origine. Il choisit, pour bâtir sa nouvelle capitale, la vaste plaine qui s'étend au-dessous de l'ancienne Troie jusqu'au promontoire de Rhète, où reposent les cendres de l'orgueilleux Ajax ; et, quoique cette entreprise ait été bientôt abandonnée, les restes imposons des tours et des murs imparfaits frappèrent long-temps les yeux et l'attention des navigateurs*.

Ce tableau succinct doit avoir mis le lecteur en état d'apprécier la position avantageuse de Constantinople. La nature semble l'avoir formée pour être la capitale et le centre d'un grand empire. Située au quarantenhïème degré de latitude, la ville impériale dominait, du haut descs sept collines™ sur les rives de l'Europe et de l'Asie. Le climat était Sain et tempéré, le sol fertile, le port vaste et sûr. Le seul endroit- susceptible d'être attaqué du côté du continent était d'une petite étendue et d'une défense facile. Le Bosphore et CHclIespont sont les deux portes de Constantinople ,.ct le prince qui était le maître de ces deux passages pouvait toujours les

< SlrabOD , L xin , p. 595. Homère ( v. l'IL , n . 220) décrit trcs-neticment la disposition des vaisseaux retins sur la grève, ainsi que les postes d'Ajax et d'AeIrille.

" Zosime.l.n, p. IOâ;5ozomene, 1. n,fc.3;Thcophaues, p. 18; Kiceplioras Callistus, I. vit, p. 48; Zonaras, tom. n,l. xiii, p. C. Zosime place la nouvelle tille entre H'mm et Alexandrie; mais cela peut s'expliquer par ta grande étendue de sa circonférence. Cedrenus (p. 283) assure qu'avant la fondation de Constantinople, on roulait établir le siège de l'empire aThessalo nique; et Zonaral dit qu'on voulait l'établir à Sardiquc. Ils supposent l'un et l'autre., avec peu de vraisemblance , que, si un prodige* n'eût pas arrête l'empereur , il aurait commis la faute des aveuglai cnalcédonieas.

3 Pocock's, Description ofthe Etut, vol. n, part, h , p. 127. Soa plan des sept collines a de la netteté et de ] 'exactitude. Il est rare que ce voyageur soit aussi salis--

(824 4ep. J.-C.) fermer aux flottes des ennemis , et les ouvrir à celles du commerce. La politique de Constantin sauva les provinces de l'Orient. Les barbares de l'Euxin, qui, dans le siècle précédent, avaient conduit leurs flottes jusqu'au centre de la Méditerranée, furent arrêtés par cette barrière insurmontable, et renoncèrent bientôt à leur brigandage. Lorsque les portes du Bosphore et de l'IIellespout étaient fermées, la capitale n'en souffrait point. Les denrées de nécessité , et les jouissances du luxe et de l'opulence, se trouvaient en abondance dans sa spacieuse enceinte. Les côtes maritimes de la Thrace et de la Bithynie, qui languissent sous le glaive du despotisme ottoman, pré sentent encore une riche perspective de vignes, de jardins et de terres fertiles et cultivées, et la Proponlide a toujours été renommée par la quantité inépuisable de ses poissons délicieux ; Us s'y rendent régulièrement tous les ans dans la même saison, et on peut en pêcher abondamment sans adresse et presque sans peine1. Quand le passage des détroits était ouvert au commerce, toutes les richesses de la nature et de l'art s'y rendaient du nord et du sud, par l'Euxin et par la Méditerranée. Tout ce que les forêts de la Germanie et de la Soytbîe pouvaient rassembler d'industrie jusqu'aux sources du Tanaïs «t du Borystbène, tout ce que l'art de l'Europe et de l'Asie produisait, les blés de l'Egypte, les pierres précieuses et les épices des parties lès plus reculées de l'Inde, étaient amenés par les venu jusque dans le port, de Constantinople, <]ui attira pendant plusieurs siècles le commerce du monde entier1.

Le spectacle de la beauté, delà sûreté et de la richesse réunies dans ce coin de la terre, suffirai t pour justifier le choix de Constantin. Mais , comme on avait imaginé dans tous les temps d'attribuer l'origine des gran-

t Voyez Belon , Observations, c. TM6. La ■flmtOc .espèce de thon, était le plus célèbre de tous tes poisson*. Poly be, Strabon et Tacite disent que le* bénéfices de la péeie formaient le principal revenu de Conslantitfnple.

î Voyez l'éloquente description de Busbequlus, epitt. t, p. 64. Est in Europrt, hàbet in conspeetu Jsiam, JE&ptum, Jfticamque & dextrd: Qua tametsi con~ tigua non suit, marif iiunen navigaiidiqu* eommoditate, vetutijwtgiintur. Almistrà vf.ro, pontut est Euxinus, etc.

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(324 dep; T.-C.)

des villes * à quelque prodige fabuleux , pour te rendre plus respectable, l'empereur voulut persuader que' sa resolution lui avait été dictée moins par les conseils incertains de la politique humaine que par les infaillibles décrets de la divine sagesse. Dans une de ses lois, il a pris soin d "instruire In postérité que c'était par l'ordre exprès de Dieu qu'il avait posé les inébranlables fondemens de Constantinople1; et, quoiqu'il n'ait pas jugé à propos de raconter- de quelle manière- la céleste inspiration s'était communiquée à son esprit, 1'iogénniié de plusieurs écrivains a libéralement suppléé à son modeste silence. Us ont donné un détail intéressant de in vision que Constantin eut pendant son sommeil dans l'enceinte'de Byzance. Le génie tutélaice de la ville, sons la figure d'une vieille matrone affaissée par le poids de l'âge et des infirmités, fut tout-à-coup changé en une jeune fille fraîche et brillante, que l'empereur revêtit tai-méme des ornemens de la dignité impériale*. Le monarque s'éveilla , interpréta le songe mystérieux, et obéit sans hésiter à la volonté du ciel. Le jour où une vUle , ou bien une colonie prenait naissance était célébré chez les Romains avec toutes les cérémonies que peut inventer une superstition qui prodigne les merveilles *- Constantin aurait du peut-être négliger des pratiques qui semblaient tenir du paganisme; mais il avait à cœur de laisser une profonde impression d'espérance et de vénération dans l'esprit des spectateurs. L'empereur, à pied et une lance à la main , conduisait solennellement la pro-

< ïïaturhaeveniaantiqiàîatitutmiseendokumana divinti primordia urbium augustiora facial. (Tite- Ijve, Proœm.)

* On trouve dans nne de ses lois : Pro commadtt.au urbis quant atertio aomiae, jubente Dec, dohavimus. ( Cad. Thcodos., I. xut, tU. 5, leg.7.)

*Les Grec», Tbéophanes, Cedrenus et l'auteur de la Chronique d'Alexandrie ne s'expriment que d'une manière vague et générale. Si l'on veut trouver de plus grands détails sur celte vision, il faut recourir aux auteurs, latins : i Guillaume de Malmesbury, par exemple. (VoreiDueange.C. P., 1. i,p. 21, 25.)

* Voyez Plutarque, in Jtamul. , 1. 1, p. 40, édition de Bfyan. Entre autres cérémonies, on creusait un grand trou qu'on remplissait de terre. Chacun des émigrans en apportait une poignée du lieu " adoptait ainsi sa nouvelle pairie.

cession, et dirigeait le sillon destiné à former l'enceinte de la capitale; il le fit continuer si long-temps , que les spectateurs en furent étonnés. Quelques-uns lui ayant observé qu'il avait déjà excédé les plus vastes dimensions d'une grande ville : J'avancerai , répondît ' Constantin, jusqu'à ce que le guide invisible qui marche devant moi juge à propos de ■n'arrêter'. Je ne chercherai point à deviner l'intention ou les motifs de ce pieux conducteur, et je me bornerai modestement à décrire l'étendue et les limites de Constantinople*.

Dans l'état on la ville est aujourd'hui, le palais et les jardins du sérail occupent le promontoire oriental, la première dos sept collines,.et renferment environ cent cinquante acres , mesure d'Angleterre. Le siège de la jalousie et du des potisme- ottoman est posé sur les fondations d'une république des G recs ;. maison peut supposer que les Byzantins furent tentés, par la commodité du port, d'étendre leurs habitations de ce côté au-delà, dos limites modernes du sérail. Les nouveaux murs de Constantin commençaient au port, et joignaient la Propontide à travers le diamètre élargi d'un triangle, à la distance de quinze stades de l'ancienne fortification; et; avec la cité de Byzance, on renferma cinq des. septcollînes.A l'approche de Constantinople, elles paraissent s'élever symétriquement, l'une au . dessus de l'autre , et présentent un spectacle enchanteur *. Environ cent ans. après la mort du fondateur, les nouveaux batimens furent continués, d'un côté jusqu'au port, et de l'autre le long de la Propontide. Ils couvraient déjà la pointe étroite de la

i Pliilostorgius , 1. n,c. 9. Cet incident est' tiré d'uni écrivain suspect; mais il est analogue au caractère de Constantin , et vraisemblable.

ï Voyez, dans tes Mémoires de l'Académie des Inscriptions (tom. mv, p. 747-756), une Dissertation d« M.d'Anvillesur l'étendue de Constantinople. Le plan inséré dans Y/mperium orientale de Banduri lui parait le plus, complet; mais, par su ile'd 'observations très -Judicieuses, il réduit ta proportion extravagante de l'échelle, el il fixe. la circonférence de la ville à environ 7800 toises de France, au lieu de 9500. .

s Codions, Jntiquitat. Const.'p. 12. 11 indique l'église de saint Àololne comme ta borne du calé du havre. bucauge (t.iv.e. 6) en parle; mais J'ai essayé vaintment de découvrir le lieu précis où elle était située.

sixième colline , et le large sommet ■ de fa septième. La nécessité de défendre les faubourgs contre les invasions fréquentes des barbares engagea le dernier des Théodoses à entourer sa capitale d'une enceinte de murs solides et uniformes '. Du promontoire oriental à lu porte d'or, la plus grande longueur deCoo- Btantinople était de trois milles romains ' ; la circonférence était de dix à onze.1 et la surface peut être calculée comme égale à deux milles acres anglais. On lie peut excuser la crédulité et les exagérations des voyageurs modernes qui comprennent quelquefois dans les limites de Constantlnbple les villages de la rive européenne, et même ceux de la cûte asiatique'1. Mais les faubourgs de Péra et de GataU, quoique situés au delà* du port , peuvent être regardés comme faisant partiede la ville'*', et celle augmentation pent, en' quelque façon, justifier on historien de Bvzance , qui donne à cette ville, où il est né, seize milles grecs ou quatorze milles romains .de circouforence '. Celle

t La nouvelle muraiQe de Tfaéoaose fut construits en l'année 413. Elle Tut reversée par un tremblement de terre en ,447 , et rebâtie dans l'espace de trois mois , par la diligence du préfet Cyrtu. Le faubourg des Blacfiema fut renfermé daas la ville, sous le régna iThér»dius. (Ducauge, Const., 1. 1,«. 10, 11.)

i La lYotitia détermine celle mesure a MOTS pied». If «t raisonnable de supposer qu'il s'agil ici de pieds grecs dont H. d'Anvitle a flié la proportion arec beaucoup de sagacité. Il compare les cent quatre-vingts pieds arec les soixante-dtx-huit coudées hastiémilrs, que difrérens écrivains donnent à la hauteur de Sainte-Sophie. Chacune de ces coudées éqnîraut ù vlngt-sépt pouces de France.

* L'exact Thévenot (1. i, c. 15) «t en une heure trois quarts le tour de deux des cotes du triangle, depuis le Liosk du sérail jusqu'au i Sept-Tours. P'Anrille examine arec soinet adopte avec con (tance ce témoignage décisif, qui donne une circonférence de dii ou doure milles. Le calcul extravagant de trente-quatre on trente rifles, sans j comprendre Scutari, que bit Tonrncforf (lettren), offre une contradiction étrange arec sa justesse et ta raison ordinaires.

«Le quartier désuet», ou fb*Uten, était ie trer/léme, et Justin ien l'embellit beaucoup. On l'a nommé depuis Péra et Gatata. L'éty mologie de la premf tre dénomination est fort claire ; celle de ta seconde est Inconnue. ( V. Ducange, Const., 1. i, c. 22, etGvunis tteByzaiice,!. ir, clO.)

S C'est le calcul des cent on» stades convertis en milles grecs modernes, chacun de sept stades, m six cetrlsoixante

(324 dep. J.-C.) étendue paraît assez digne d'une résidence impériale ; cependant Consiantinople le eède à cet égard à Babyfone, à Thêbes >, à l'anciehnc Rome, à Londres, et même a Paris*. Le mai ire du monde romain, qui aspirait «élever un monument éternel ùw gloire et à ta prospérité de son régne, pouvait y employer les richesses, les travaux et tout ce qu'il restait encore de génie à ses nombreux et dociles sujets. On peut se faite une idée de la dépense qu'a entraînée la construction de Constant utopie par celle des mtm, des portiques et des aqne<tacs, dont les froissé mutilèrent à deux millions croif cent mirte fouis ', Les forets qui couvraient lesrÎYesdfrVEtfxin, et- les fariieustes- cdW-rères *le «arbre blaftc qnî se trouvaient dans la petite lie de Ptwonnèse ,. fbtttfnirent Une q moitié inépuisable do matériaux, qu'on t»«rt trajet de 'met» transportait sanspeine dans le port de Byzanoo *. Une miiKitnde de manoeuvres et d'ouvrier» dataient, par leurs travaille assiéras, la fin «fc cette entreprise. Mais l'impatience de Constantin l'évlaira bientôt sur nnsufltsnnce dn nombre et du génie de ses architectes peur l'exécution de ses desseins; îl ordonna aux magistrats des provinces les plus éloignées de former des écoles, de payer des professeurs, et d'engager, par l'esptir dos récom-

e( quelquefois seulement six cents loists de France. (Voyei d'Atmlk', Mesures itinéraires, p. 53.)

i Quand on a flié le* anciens textes qui Ittdrquent retendue de Babyktne et de Tbebes, quand on a réduit les exagérations et détermina les mesures, os trouve que la circonférence deces villes fameuses était dcvin^t-cinq ou trente milles, étendue vaste, mais non pas ineroyatle. (Compare! le Mémoire de d'Anvitle, dan) le recueil de l'Académie des Inscriptions, t. mm, p, 1*5, arec sa Description de l'Egypte, p. 301, 202.)

* SI on divise Consiantinople et Paris en arm égaux de etnquente-nne toises do France, la aremMra «Ole eoaliendra huit cent cinquante et la seconde onze cents soixante de ees carrés.

«Six cents centenaires ou •atuatemibe lirrea pesant. d'or, ditCodinus {Anti4*il Const., p. 11); ce méprisable anteur n'aurait point connu celte maniée* de aMaajH 1er si ancienne s'il ne l'eût pas tirée d'une aatwee fans pure.

* Consullei Touraefnrl, lettre sciilème, sur leafbreèS de la mer Noire et sur les carrières de marbre de 1U9 de Proeonnése. (Voyer Strabon, I. toi, p. 508.) Les carrières avaient déjà fourni tes matériaux des U '" mens tic tyriqae .

(Sttdep. J.-G.) peases et de» privilèges, les jeuneagens qui avaient reçu itae éducation distinguée ' , à se livrer à l'élude et à ta pratique de. l'architecture. Les constructions 4e la nouvelle ville furent exécutées par des ouvriers tels que le règne de Constantin pouvait les fournir ; mais elles furent décorées par la. main des artistes les plus çélébreadu siècle de Périclès et d'À- Jeiitndre. Le pouvoir d'un empereur romain n'allait pas jiuwtu'à ranîmep lé génie de Phidias et de Lysippe; mais les immortelles productions qu'ils avaient léguées a la postérité furent livrées sans défense a l'orgueilleuse avidité dit despote. Par ses ordres, les villes île la Grèce, et. de l'Asie furent dépouillées de les» pins r*ftUea. ornemens *. Les trophées de» gM«rr« nrfnwflbicft, tes :t>bie*s de U véflératioB religieuse, les situes les plus précieuses des diew et des héros, des sages et de» poètes, de l'antiquité, contribuèrent a l'enihellissemeat 4a la superbe Coastaniinopje, et damèrent lieu à la, réflexion de l'historien C*ii/jssu* *, 11 observe avec une espèce d'entbousiAsme qu'il ne manquait plufi£tie l'èiqe et le génie des hommes illustres que cesadmirables monumeus çppresenuienfci mais ce n'est ni dans la ville de Constantin, ni dans un empire sur le déclin, qu'il faut tJaercluw le génie d'Homère et de Dcmostliène.

Pendant le siège de Byzance , la tente du conquérant avait été placée sur le sommet de laseoonde colline ; et, pour perpétuer le souvenir de sa victoire, il fit de cet emplacement le principal Forum*. Il semble avoir été construit sur une forme circulaire, ou plutôt el-

» V*j« M Code TfcéodM., I. iib, Ul. 4, kg. t. Celle loi est datée de 334; tut ht adressée au préfet d'Italie, dont la juridiction s'étendait sur l'Afrique. Le w»— taire de GodeTrc]-, anx kl titra entier mente d'Ilre eonsutté.

1 CoiutantùiopoUideditatur, pêne omnium urbium nutWato. Hien*ra. Chraai. , p. 181. (Voyea Codiow, p. 8, 9.)L'*Ulenr des Anliqtùt. ConsL, I. m (apuJ Banéuri, Imp. OH. , tom. i, p. 41 ), indique Heine, Li Stèle, Meeche, Athènes etbeaouau» d'autres vUee. H j a Ken de croire que tes proriBcee de la Crète et de l'Ase-

, p. 36». lldeeriUaitateeea.ptulot avec beaucoup debout; et on nilcuureaneat m'A tettait la style d'np. âge puai aeareus. 'Zuinu.L u, p. JOB^Chroniq, Àkiaarfri*.. rtl Ea>

PÀJt ÉD. 6IBBON. CH. XVII,

Sù9

liplique; les deux entrées, qui se faisaient (ace formaient deux arcs de triomphe ; les portiques qui.renvironuaient.de tous cotés étaient chargés- de statues. Au milieu du Forum s'élevait une colonne très-haute , dont le fragment mutilé est aujourd'hui dégradé par la triviale dénomination de pilier brûlé. La base de celte colonne était un piédestal de marbre blanc, de vingt pieds d'élévation. Elle était composée de dix blocs de porphyre, chacune de dix pieds de hauteur, et de trente-trois de circonférence '. La statue colossale d'Apollon était placée sur le sommet de la colonne, a, cent vingt pieds de terre. Elle était de bronze, et avait été apportée d'Athènes , . ou d'uAeviHedePhrygie.Onprétenduit qu'elle était l'ouvrage de Phidias. L'artiste avait représenté le dieu du Jour, ou,, comme on l'a suppose depuis, Constantin lui-même, avec un sceptre dans la main droite, le globe du monde dans la gauche, et une couronne de rayons étincelans sur sa tète *• Le cirque ou. hippodrome était un bâtiment magnifique ; il, avait environ quatre cents pas de longueur , et cent pas de largeur ', L'espace qui séoarait— les deux bornes était rempli d'obélisques et de statues ; et Ton y remarque encore on singulier monument de l'antiquité : les corps de trois serpens entrelacés forment un pilier de cuivre. Leur triple tête soutenait autrefois le trépied d'or qui fm consacré dans le temple de Delphes par tes Grecs après la défaite de- XerK.es et leur victoire'. Il y a déjà long-temps que l'hippodrome a été défiguré par les mains

chai, n.384tDneMga, ConsL, 1. i, t 24. Le demlec de «s ecrirauu parait confondre le Forum de Constantin avec VAugiuteum on eoar du Pilais. Je ne suis pas sûr d'avoir bien diiUagud ce qui appartient à l'un et S. l'antre.

) C'est Pocoeke qui donne la meilleure description de cette colonne. (Description af ihc Hast, vol. a, part, u, p. 131.) Mais ce qu'il eu dit est confus etpeu salbTaisaiil sur plusieurs pointa.

iDucange, ConstanL , L i.e. un.f.î», et ses fiolesadAteciad., p. 3(Q. La statue de Constantin et d'Apollon fut rawcnèt son* le règne d'Aleue Coronene.

iTeurnefart (batte su) dilque l'Alméidan a quatre cents pas de longueur. S'il veut parier de pas géométrique^ cinq pieds rfiaeun, c'est trois cents taises de longueur, c'est-à-dire environ auaraa te toises de pins que lagrand drque de Ronae. (Voyez d' AnviUe, Mesura ttinénttts.f.n.)

* Des tdBHnpMgpSSIHMMlM »* preecntcBt ici. (Voy.

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DECADEîïCE DE L'EMPIRE ROMAIN

barbares des conquérans turcs. Sous la dénomination équivalente d'Atméidan , il sert aujourd'hui d'emplacement pour exercer les chevaux. Du trône d'où l'empereur voyait les jeux du cirque, un escalier tournant ' le conduisait au palais. Ce magnifique édifice le cédait a peine au palais de Rome ; avec les cours , les jardins et les portiques qui en dépendaient , il couvrait une étendue considérable deterrain, sur les bords de la Propontide, entre l'hippodrome et l'église de Sainte- Sophie*. On pourrait aussi faire la description et l'éloge des bains. Ils conservèrent le nom de Zenxippe, quoique la libéralité de Constantin les eût enrichis de superbes colonnes de marbres de toute espèce et de plus de soixante statues de bronze s ; mais le but que l'auteur de cette histoire s'est proposé ne

BudurindAntiquit. Coulant., p. «6». GyUius de Bvlance, 1. u, c. 13. 1° La consécration du trépied et de 1* colonne dam le temple de Delphes peut m prouver par Hérodote el Pausanias. 2° Le païen Zosime convient arec . les trois historien* ecclésiastiques, Eusebe, Socrate et Soiomèoè, que les «rumens sacré» du temple de Del-

l'empereur;

de colonne de l'hippodrome. 3° Tous les voyageurs européens qui ont «aminé Constanunople, depuis Buou del Monte jusqu'à Pocoeke, l'indiquent dam le même endroit, et presque de la même manière. Les différentes qu'on remarque dans leur description sont une suite du dégât qu'ont tait les Turcs. Mahomet II lui donna, nu coup de sa hache de bataille , et D brisa la mâchoire inférieure de l'un des serpeus. (Tuévenut, L î, t, 17.)

' Le nom latin Cocklœa fut adopté par les Grecs, et on le trouve très-souvent dans l'Histoire Byzantine. (I)ucange, Constant., 1. n, ci, p. 104.)

a Trois points topographiques indiquent la situation da palais : 1° l'escalier qui établissait ia «mm uni cation avec l'hippodrome ou YMméMan; 2° un petit pont artificiel sur la Propontide, d'où. Ion montait aisément aux jardins du palais par une rampe de marbre blanc; 3* \'Augus~ ttu.ru , cour spacieuse , dont un des cotés était occupé par le devant du pilai*, el un second par l'église de Sainte- Sophie.

' Zeuiippu» était une épilhèie de Jupiter, et cet bains faisaient partie de l'ancienne Byaance. Ducange n'a pas aenti combien il.esl difficile de déterminer leur véritable position. Les historiens semblent lot réunir i Sainte-Sophie d au palais; mais, dans le plan original qu'a donné Banduri, ils se trouvent de l'autre coté de la ville, près du havre. Quant à leur beauté, TOjez Chrau. Pascal-, p. ISS, et GyUius de Byzanee, I. b.c. 7. Chrislodoras (Antiquil. Constant., I. tu) composa des inscriptions en vers pour chacune de cet statues. U était Thébain par ton talent ainsi que par sa naissance.

(324 dcp. }.■£.)

lui permet pas de décrire minutieusement les bà timons et les différens quartiers de la ville. IL suffira de dire que tout ce qui peut contribuer à la magnificence et à la majesté d'une vaste capitale , et aux jouissances de ses riches habiuins, se trouvait en abondance à Consiantinople. Une description qui fut faite cent ans après sa fondation en donne le détail suivant : le Capitole , une école pour les sciences , un cirque, deux théâtres, nuit bains publics, et cent cinquante-trois bains particuliers , cinquante-deux portiques , cinq greniers publics, huit aqueducs ou réservoirs d'eau, quatre grandes salles ou cours de justice où te sénat s'assemblait , quatorze églises, quatorze palais, et quatre mille trois cent quatre-vingt-huit maisons que leur grandeur et leur magnificence distinguaient des habitations du peuple '»

La population de cette ville chérie fut, après sa fondation , l'objet de la plus sérieuse attention de son fondateur. Bans l'obscurité des temps postérieurs à la translation de l'empire, les suites prochaines et éloignées de cet événement mémorable lurent étrangement altérées et confondues par la vanité des Grées et par ta crédulité des Latins '. On assura et on cratque toutes les familles nobles de Rome, le sénat et l'ordre équestre,* avec le nombre prodigieux de gens qui leur appartenaient , avaient suivi leur empereur sur les bords de la Propontide; qu'il n'était resté à Rome qu'une race ignoble d'étrangers et de plébéiens, et que les terres d'Italie, dont onafait

i Voyez la Notitia. Rome ne comptait que 1780 grande* maisons ; mais le mol domus détail signifier un tris-bel édilice. Les écrivains ne disent pas qu'il r eût des Inaiia àConstaolinople. L'ancienne capitale renfermait Gi rues, et la nouvelle 322.

2 Luitprznd , Lcgalio ad imp. NLccphomm, p. 159. Les Grecs modernes ont défiguré d'une manière étrange les antiquités de Constanunople. On doit eicuser les erreurs des écrivains turcs ou arabes ; mais il est étonnant que les Grecs, pouvant étudier les monumens auibenliques conserves dans leur langue, aïeul préféré la ficlioa à la vérité, et d'incertaines traditions aui témoignages de l'histoire. Une seule page de Codinus offre douze, erreurs impardonnables : la réconciliation de Sévère et de Niger , le mariage de leurs eufims, le siège de Byaance par les Macédoniens , l'invasion des Gaulois qui rappela Sévère à Home, lessoixanUajuquis'écoulèraildGsaïuortâ ta fondation de Constantinople , etc.

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(32*4 dep. J.X:) long-temps après des jardins, restèrent sans cultivateurs et sans habitans '. Dans le cours de cette histoire, de pareilles exagérations seront réduites à leur juste valeur. Cependant, comme l'on ne peut attribuer l'accroissement de Constanlinople à l'augmentation générale du genre humain ou de l'industrie, il Faut bien que cette colonie se soit élevée et enrichie aux dépens des autres villes de Fempire. 11 est probable que l'cmpereurinvita les riches sénateurs de Rome et des provinces orientales à venir habiter l'endroit fortuné qu'il avait choisi pour en faire sa propre résidence. Les invitations d'un maître sont difficiles à distinguer de ses ordres, et l'empereur y ajoutait des libéralités qui obtenaient une obéissance prompte et volontaire. Il fit présent ù ses Favoris des palais qu'il avait fait bâtir dans les dilFérens quartiers de la ville ; ïl leur donna des terres et des pensions pour soutenir leur rang * ; et il aliéna les domaines du Pout et de l'Asie, pour leur assurer des Fortanes héréditaires, sous la légère redevance d'avoir leur principal domicile dans la capitale". Ces encouragemens et ces récompenses devinrent bientôt superflus ; et ils furent supprimés peu à peu. Une grande partie du revenu public est toujours dépensée dans la résidence du gouvernement, par le prince, par ses ministres , par les officiers de justice, et par les officiers et les domestiques du palais. Les plus riches habitans des provinces y sont attirés par les motîFs pnissans de l'intérêt eti du devoir, de la curiosité et des plaisirs.

■ Montesquieu, Grandeur et décadence des Romains, e. 17.

î Tliemtil. Orat. '3 , p. ÎO ; Édit. Hardonin. Soioméues, 1. il, c. 3;Zosime, 1-2, p. VX1%Anonym. Valeslan., p. 715. Si ou peut ajouter toi a Codhl (p. 10), Constantin bâtit des maisons pour les sénateurs , exactement sur le modèle île leurs palais de Rome, et il leur ménagea ainsi le plaisir d'une surprise agréable; mais son rédl est plein de fictions et d'incohérences.

ï La loi par laquelle Tbéodos» te jeune changea, en £38, cet arrangement, se trouve parmi les Hovelles de cet empereur, 1 la fin du CodeTModosieD.t. 6, nov. 12. M. de TBIemont (Hist. des Empereurs, t. 4, p. 371) rf1 est évidemment mépris sur la nature de ces domaines: ' on accolait avec reconnaissance une condition qu'on auraitJugéereiaKnresiette eut porté sur des propriétés particulières , et non sur des domaines accordes par l'em-

Une troisième classe encore plus «ombreuse s'y forme' insensiblement; celle des domestiques, des ouvriers, et des marchands, qui tirent leur subsistance de leurs -propres travaux et des besoins ou de la fantaisie de leurs supérieurs. En moins d'un siècle , Consiantinoplc le disputait à Rome même, pour les richesses et pour la population. De nouveaux rangs de maisons entassées les unes sur les autres , sans égard pour la santé, on pour la commodité des habitons, ne formaient pins que des rues trop étroites pour la foule d'hommes, de chevaux et de voitures. L'enceinte devint insuffisante pour contenir l'accroissement du peuple; et les bàtimens qu'on poussa des deux côtés jusqu'à la mer auraient senls composé une grande vitte '.

Les distributions fréquentes et régulières de vin et d'huile, de blé ou de pain, d'argent ou de denrées , avaient presque dispensé dn travail les citoyens les plus pauvres de Rome. La magnificence des premiers Césars Fut eu quelque façon imitée par le fondateur de Constautinople-*; mais, quoique sa libéralité ait excité les applaudissemens du peuple, elle n'a pas obtenu ceux de la postérité. Une nation de Législateurs et de conquérons pouvait réclamer ses droits aux moissons de l'Afrique, qu'elle avait achetées au prix de son sang; et Auguste se conduisit prudemment en faisant perdre aux Romains le souvenir de la liberté, dans les fêtes et dans l'abondance. Mais ta prodigalité de Constantin ne pouvait avoir pour excuse ni son propre intérêt, ni celai du public. Le tribut annuel de blés , imposé snr l'Egypte en faveur de sa nouvelle capitale, était répandu sur une populace paresseuse et insolente, aux dépens

• Gyllius de Byiancc, 1. 1 , t. 3 , a recueilli et lié les patsagesdeZosime,d'Eunapiua, de Sozoméne et d'Agethtas, qui ont rapporta l'accroissement des édifices et dt ta population de Constanlinople. Sidonius Apollnurlt (in Pcwegrriq. Anthom., t. 6, p. 290, édition Sirmond) décrit les moles qu'on éleva dans la mer:on les construisit avec celte fameuse pounolane qui se durcit à l'eau.

» Sozoméne,!. il, «. 3; Phiiostorg, 1. u, e. 9; Cottln. jfnliqaitat. Constant.; p. 8. Un passage de Socrale (I. il; e. 13) donne lieu de croire que l'empereur accordait chaque jour i la ville huit myriades de rm , qu'on peut traduire avec Valois, par mottu de blé, ' au nombre de pains que le prince faisait distribuer.

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des cultivateurs d'une province indus trieuse '. Cet empereur fit encore quelques autres règlemiens moins blâmables, mais peu dignes d'attention. Il divisa Constantinople en quatorze quartiers *, honora le conseil public du nom de sénat ', accorda aux habitans les privilèges des Italiens*, et décora la nouvelle ville du nom de colonie et de fille aînée de ^ancienne Rome. Celie-ci conserva la supériorité légale etreconuue que méritaient sou rang et le souvenir de son ancienne grandeur*. Comme Constantin pressait les constructions avec l'impatience d'un amant, les murs , les portiques , et les principaux édi* lices furent achevés en peu dansées, ou, selon d'autres, en peu de mois'. Hais cette

I Voyes te Code IHodatka, L ira « «v; et Code Jsstlnien, édiUl2, 1, 2, p.&K.édit. Genèv. Voyez aussi la belle plainte de Rome, dans le poème deClaudien, de BeltoGUdonieo, vers 46-64.

CnaiimUa par Rohm ndtf, Mngaiin^i Jtouala aanra total; Mwptàa ntr*

1 Le Code de Justin! en parle des quartiers de Coustanlir,opie,et la JWjtffca du jeune Théodosc en lait h descriplion; nuis, ta quatre derniers n'étant pas renfermés dau£ lis murs de Constantin, ou no sait si cette division de la ville Tut l'ouvrage dit fondateur.

* Senotum constitua securuli ordinis. Claros vocavit. {Ànonym. Vcdesbu, p. 715.) les sénateurs de l'ancienne Rome étaient encore appelés ctarisMmi. Voyez une note curieuse de Valois sur Aunnienr-Haredlin (un , 9}. U parait, d'après la onzième lettre de Julien , que l'emploi de sénateur était regardé corne un fardeau plutôt que comme un honneur; mais l'abbé de taRletleric (Yie de Jovien , 1. 2 , p. 371 ) a fait voir que cette épttre ne peut avoir rapport à Constant iuo pie. Au lieu du célèbre nom de BuJaiTiHt, ne peut-on pas lire le vieux nom de&«-«- 9.(«i[? ByzaDtheouKbœdestus, aujourd'hui Rhodosto, était une petite ville maritime de la Thrace. (Voyez Stephan. Byxant. de Urbibus, p. 225, ri CeUarius, Géog. t. i.p.848.)

« Code Théodosien, 1. iit, 13. Le commentaire de Gode- Iroy (t. 5, 220) est long et confus, et il n'est pas aisé de dire ce que pouvait être le jus itaticum, après qu'on eut donné a tout l'empire le droit de cité.

s Julien ( Oral, i, p. 8) dit que Constantinople était aussi supérieure a toutes les autres Tilles , qu'elle était inférieure à Rome. Son savant commentateur ( Spmheim , p. 75 ri 76) justifie ces expressions par divers rapprochemens avec les auteurs con tempo rains. Zoslnte, ainsi que Socrato et Sotosnène , Técurenl après que la division de l'empire entre les deux Bis de Théodose eut établi une parfaite égalité entre l'ancienne ri la nouvelle capitale.

«Codinna {Jntiquitat., p. 6) assure que les fondemensde Constantinople lurent Jetés Tan du monde 5637 (A. D. 3»), le 20 septembre, et quo la dédjeaca de la I

(324 dep. J.-C.)

diligence extraordinaire paraîtra moins incroyable , quand ou saura qu'un grand nombre de bâlimens furent finis si à la hâte et si imparfaitement, qu'on eut beaucoup de peine à les empêcher de s'écrouler, sous le régne suivant '. Pendant qu'ils avaient encore la vigueur et l'éclat de la jeunesse, l'empereur se préparaît à célébrer la dédicace de sa nouvelle ville*.

On. peut aisément supposer les jeux et les. largesses qui couronnèrent la pompe de celte fête mémorable. Hais une cérémonie singulière, et qui fut plus durable, mérite quelque attention. A chaque anniversaire de la fondation, lu statue de Constantin, *ncadrée par ses ordres dans un bols doré, était portéesur Un char de triomphe, tenant dans sa tnatn droite une petite image du génie de la ville. Les gardes , dans leur plus riche* appareil, portaient des flambeaux de cire blanche, et accompagnaient cette procession solennelle dans sa marche à travers l'Hippodrome. Quand elle arrivait vis-à-vis du troue, l'empereur régnant se levait, saluait avec l'air du respect et de la reconnaissance, et adorait la mémoire de son prédécesseur '. A la fête de la dédicace , un édit P gravé sur

villese fit te 11 mal 6838 (A. D.330). IT lie cet dates a plusieurs époques remarquables ; mais elles se contredisent. L'autorité de cet écrivain a peu de poids, ri l'intervalle qu'il assigne doit paraître insuffisant. Julien {Orat. i, p. 6) en donne un de dix années; et Spaiitaeùh s'ef- Ibrce d'en prouver l'exactitude (p. 69-75), t l'aide de deux passages de Themlsllus {Orat. rr, p. 56) et de Philostorgius (1. u, c. 9). Selon ce calcul, les fondera eus furent jetés en 324, ri la dédicace de la ville cul lieu en 334. Les critiques modernes ne sont pas d'accord sur ce point de chronologie, et TUlemont { HisL des Empereurs, t. 4, p. 619-625 ) dhjcate très-bien leurs diverses opl-

■ ThemlstiM, Orat., ni, p. 47; Zoeime, I. n, p. 106. Constantin lui-même bisse assez voir son Impatience dans nne de set lois (Code Tbéodos., 1. xr, UL t).

* Cedreuus et ZoHsns , plus reûgfeoz que dairrovat», nous assurent qqe Coastsatlnople fut consacrée t la Flerge, mère de Pieu, comme si, i cette époque, on est pensé de la mime manière que de leur tersps.

s La chronique «V Alexandrie ( p. 286), donne la description la otus ancienne et la pus complète de cette cérémonie eztrawrdrsralre. TOttfnont et lot autres, amti de Constantin, Messes de l'air de pagantaM, qui semble indigne d'un prince chrétien, trairaient m regard*1 comme douteuse) rosis Ht H Aéraient pas ta paner secssilence. '

(324 dep. J.-C) une colonne de marbre, donnait à Constanlînople le nom de féconde ou nouvelle Rome ', Mais le nom de Coostantinople * a prévalu sur cette honorable épithète, et, après une révolution de quatorze siècles, elle perpétue encore la renommée de Constantin '.

La fondation d'une nouvelle capitale 9e trouve nécessairement liée avec l'établissement d'une pareille administration civile et militaire. La connaissance du système compliqué de la politique introduite par Dîoelétien, suivi par Constantin, et perfectionné par ses premiers successeurs, offrira nonseulement a l'imagination le tableau intéressant d'un grand empire, mais elle aidera en même tepnps à découvrir les causes secrètes de son déclin rapide. La recherche de quelques institutions remarquables, nous entraînera spuveqt A des temps plus éloignes de l'histoire romaine, et nous ramènera quelquefois à des époques plus récentes: mais nous la renfermerons presque toujours dans les cent trente années qui se sont écoulées depuis l'ayénement de Constantin jusqu'à la publication du code de Théodose *. C'est dans ce code et dans la .'Vofiiia de l'Orient et de l'Occident s que nous avons puisé le

■ Staomène, 1. n, c.2-, Ducange, C.P., 1. 1, c. 6. Peint ipsius Homa filiam; c'est l'eipression de saint Augustin, ifc CUHt. ftti, J.v, c. 15,

ïEutrope, 1. i,,e. 8; Julieu. Oral., 1, p. 8; Ducauge, C. P.,1. i, c. 5. Le nom de Conslantinople se trouve sur les médailles de Constantin.

1 L'UigiJriieiu Foateoelk (Dialogue des Morls, xu) sa moque de I» vanité de l'ambition humaine, et parait Iriqmpnerdecequola dénomination vulgaire (Tlilamliul ( mot composé par les Turcs de trois mots grée», «c nr "■"n ) ne transmet pu» le nom immortel de Constantin. Mais le nom prioiilif est encore employé , 1» par les dations de l'Europe; 2" par les Grecs modernes; & par les Arabes, dont-les écc Us sont répandus sur- ta vaste étendie de leurs conquêtes en Asie et en Afrique. ( Voyez d'Horbelot, fJi|jlù>lWqu.a Orientale, p. 275); 4° par les plus éclaire*. des Turcs, et par l'empereur lui-même dans ses ordonnance» publiques. (Hnjoire- de l'Empire tjuojnan, par (juLemir, p, fil.)

« Le Code TUodotieu hit promulgué A. D. 436. V«jn lesPnAègoiaèaeadeGodellroy.c.s, p. 185.

5 l'aoeirole, dans son Conuaentaire, qu'il a liwuillé aveu soir,, donne à la XattUa presque la mente do te ou au Coder Tbéodosieni mais ses preuves , on plutôt ses sonjecturat, sont silréinaaest faibles, Je serais plus disposé 1 placer l'époque de cet .utile ouvrage entre la division finale de l'empire ( A. D. 305) et l'invasion finale de U

plus grand nombre de nos remarques, et les détails les plus authentiques sur l'état de cet empire. Ces éclàircissemeus retarderont un peu la marche de l'histoire; mais cette anspension ne déplaira qu'aux lecteurs superfi- • ciels qui ignorent combien la connaissance des lois et des mœurs est importante, et qui ne repaissent leur avide curiosité que des intrigues passagères d'une cour, ou de l'issue d'une bataille.

Le sage orgueil des Romains , content de la réalité du pouvoir, abandonnait à la vanité de l'Orient lés formesel les cérémonies de la représentation1; mais, quasd ils eurent perdu jusqu'à l'écorcedes vertus dont leur ancienne liberté avait été la source , la simplicité de leurs manières disparut insensiblement, et les Romains s'abaissèrent jusqu'à imiter la fastueuse affectation des courtisans de l'Asie. Les distinctions du mérite personnel, son influence ai brillante dans une république, si faible et si obscure dans uno monarchie , furent abolies parle despotisme des empereurs. Tous. les. rangs, toutes les dignités IV rent asservis à une subordination sévère , depuis l'esclave titré, assis sur les degrés du trône, jusqu'aux plus vils instrument du pouvoir arbitraire. Celte multitude de serviteurs abjects étaient intéressés à maintenir le nouveau gouvernement , dans la crainte qu'une révolution ne détruisît leurs espérait» ces, et ne leur enlevât le prix de leurs services. Dans celte divine hiérarchie, c'est le titre qu'on lui donne souvent , chaque rang était marqué avec la plus scrupuleuse exoctitndc, et chaque dignité était asservie à une quantité de vaines cérémonies , dont il fallait faire son étude, et qu'on ne pouvait négliger sans commettre nn sacrilège», La pureté de

Gaule par tes barbares (A, D.40T), Voyei l 'Butoir* des anciens peuples de l'Europe , t 7 , p. 40.

i Scitict.textcrniR&upcrbiœsiLeto, nonineratnotitta nostri (peu Wtre nostn), aputi quot vit imperti votet, inaMmtranuuttantur. (Tacite, Annales, sv, 31.) La* lettres de Cicérou, de Pline et de Syrarasaue, montrent bien la gradation du style de la liberté etde U simplicité,, a celui des [ormes et de la servitude.

l L'empereur Grattea , après avoir conflrmé une loi sur ta préséance, publiée par Vslesunien, Dira ûetadtob' nité, continue atssi; Si «vit igitur iMebUum «** latumutvpavtrtt, miil*MiguaratùrBe<iefitiutaC,,tU-

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la langue latine ne corrompit , eu adoptant une profusion d'épilhètes enfantées par la vanité des uns et par la bassesse des autres. Cicéron ne les aurait point comprises, et Auguste les aurait rejetées avec indignation. L'empereur Lui-même traitait insidieusement les principaux officiers de l'empire de votre ttnciritê , votre gravité , votre émhunce , votre sublime grandeur, votre illustre et magnifique altesse1.

Les codicilles on patentes de leur office étaient blasonnés et chargés d'emblèmes qui en expliquaient les fonctions et la dignité ; on y voyait le portrait de 1* empereur régnant, nn char de triomphe , le registre des édits placé sur une table couverte d'un riche tapis et éclairée de quatre flambeaux , la figure allégorique des provinces qu'ils gouvernaient, les noms et les étendards des troupes qu'ils commandaient. Quelques-unes de ces enseignes officielle* étaient exposées à la vue dans leurs salles d'audience ; d'autres précédaient la pompe de leur marche, quand ils paraissaient en public ; enfin , dans toutes les circonstances, leur magnificence et celle de leur suite nombreuse, servaient à inspirer le plus profond respect pour les représentons de la suprême majesté. Un observateur philosophe . -aurait pn regarder le système du gouvernement romain comme un magnifique théâtre rempli d'acteurs , qni , jouant dîflerens rôles, répétaient les discours et imitaient les passions des personnages qu'ils représentaient*. Tontes les magistratures assez importantes pour être inscrites dans l'état général de l'empire , furent divisées en trois classes. 1° Les illustres; 2° les spectabites ou respectables; 3° les elariuimi, qu'on peut rendre par le mot honorable*. Dans les temps de la simplicité romaine, on ne se servait de la dernière épithèie, honorable, que comme d'une expression vague de déférence ; maïs elle

yae plané sacriïegit ma, qui divina prœcepta negtexerit. (Cod. Théodos. , 1. ix, Ht. 5, loi. 2.)

' Consultez la Notitin dignitxtum , à la fin du Code Theodosien , t. 6. p. 316.

i Pantirolus adnotUtam utmisque imperil ', p. 39. Mais ses explications sont obscures, et il ne distingue pas m*m les symboles en effigie, cl tes emblèmes effectifs des empMt,

(324 dep. J.C.)

devint à la fin le titre particulier de tous les membres du sénat', et par conséquent de tous cenx qu'on en tirait pour gouverner les provinces. Dans des temps postérieurs, on accorda le rang de respectables à la vanité de ceux qni, par leur place, prétendaient à une distinction supérieure à celle d'un simple sénateur ; mais on n'appelait illustre* que quelques personnages émiaens auxquels les deux ordres inférieurs devaient du respect et de l'obéissance : 1° aux consuls et aux patriciens; 2° aux préfets du prétoire, et aux préfets de Rome et de Constantinople ; 3° aux commandans généraux de la cavalerie et de l'infanterie; 4a aux sept ministres du palais, dont les fonctions sacrées étaient de servir la personne de l'empereur*. Parmi ces illustres magistrats, qui étaient égaux par leur rang, l'ancienneté était un titre pour posséder plusieurs dignités' ; et, par le moyen d'un codicille ou brevet d'honneur, les empereurs, qui aimaient à répandre des faveurs pouvaient quelquefois satisfaire la vanité des courtisans4.

Tant que les consuls romains furent lés premiers magistrats d'un pays libre, ils durent leur pouvoir légitime au choix du peuple, et , tant que les empereurs consentirent à déguiser leur despotisme, les consuls continuèrent d'être élus par les suffrages réels ou apparens du sénat. Depuis le règne de Dioctétien , ces vestiges de liberté furent abolis, et les heureux candidats qui recevaient les honneurs annuels du consulat, affectaient de déplorer l'humiliation de leurs prédécesseurs. Les Cicéron et les Caton avaient été obliges de solliciter les suffrages des plébéiens , de s'assujettir aux formes dispendieuses d'une élection populaire, et de s'exposer à la honte

« Clarisslmas est le titre ordinaire et légal du s*»-leur, dans les Pandectcs qu'on peut rapporter aux régnes des Anlonins.

1 Pancirole, p. 13-17. je n'ai pas indiqué les deux titres inférieurs de perftetissimus el d'egreglas, qu'on donnait a plusieurs personnes qui n'avalent pas le rang de sénateurs.

s Code Théodos. ,1. Vf , t. 6. Les règles de la préséance lurent déterminées par les empereurs avec l'exactitude la plus minutieuse, et les commentateurs les ont éclairdés avec la mené prolixité.

* Co«f. Théodos. , 1. vi , tH. 22.

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{324 dep. J.-C.) d'un refus public ; el eux se félicitaient de vivre dans un siècle et sous nn gouvernement où an prince juste et éclairé distribuait les récompenses au mérite et à la vertu'. Dans une lettre que l'empereur écrivait aux deux consuls, après leur élection, il leur déclarait qu'ils n'avaient été nommés que par sa seule autorité ». Il faisait graver leur nom et leur portrait sur des tablettes d'ivoire, qu'il envoyait dans toutes les provinces, el dont il faisait des présens aux villes, aux magistrats, an sénat et au peuple*. Leur inauguration se faisait dans le palais impérial, et, pendant une révolution de cent vingt années*, Rome fui constamment privée de la présence de ses anciens magistrats*. Le matin du i" janvier, les consuls prenaient les marques de leur dignité. Ils portaient une robe de pourpre bro- . dée en sole et en or, et quelquefois ornée de brillât»'. Ils étaient suivis, dans cette cérémonie , par les principaux officiers civils et militaires en babit de sénateur, et des lictenrs8- portaient devant eux les inutiles fais-

' kvsaut(pigraliarumactione) se traîne lâchement NT cet indigne sujet, que Maniertin (Panegyr. Vel. , n , 16, 19) développe avec un peu plus de nberti et de bonne fcl. ■ '

i Cumd* eonsulibut inannumcrearuLa solut me-

raw» votutaraa te considem et duignavi et dccla-

raii,etpriûrem nuneupavi. Ce sont quelques-unes des expressions de l'empereur Gralien dans sa lettre au poêle Ausone , qui avait été son précepteur.

Steulflnittm ■ donné la figure de plusieurs de «M latmtt-m ^pttqnes. (V**ea Suppléaient i l'Anttfuité

*,*.3,,p.-atw ,

pilUlfim api I «Mirait m

','. B<xtt>rit,-m.

Du règne de Carus au sixième consulat de Honorius , HynifcMlutefTalleo'e cenlvingtans durant lequel les empereur» furaH toujours absens de Rome le premier de janvier. (Vojei la Chronologie de Tilleraonl , t. 4 et 5.)

a Vejez Claud't-ii, in Cons. Prob. et Olybr. , 178, etc. et in it Con*. llonorii , 585 , etc. ; maïs dajis le dernier passage, il n'est pas aise désemparer les ornement del'empereur de ceux du consul. Ausone reçut de la libéralité de Gralien une vestu palmata , ou robe de cérémonie , où l'on avait brodé la figure de l'empereur Constance.

6 4mii et wmwum rtortta kgsiuinH polmlci :

ccaux et les haches si respectées dans les premiers temps. La procession ' allait du palais au forum, principal marché de la ville. Là , les consuls montaient. sur le tribunal , s'asseyaient dans une chaire curule construite comme les anciennes, et exerçaient un acte de leur autorité, en affranchissant un esclave qu'on leur amenait exprès. Cette cérémonie était destinée à rappeler l'action célèbre de l'ancien Brutus, l'auteur de la liberté et du consulat , quand il déclara citoyen romain le fidèle Viadex,qui avait révélé la conspiration des Tarquins'. La fête publique continuait plusieurs jours dans les grandes villes; à Rome, par habitude; a Constantinople, par imitation; à Carthage, à Antiocho et à Alexandrie , par goût pour ces plaisirs et ces spectacles, qu'inspirait l'abondance*. Dans les deux capitales, les jeux du théâtre, du cirque et de l' amphithéâtre * coûtaient quatre mille livres d'or, environ cent soixante mille livres sterling». Quand cette dépense surpassait les facultés ou la libéralité cfos deu\ magistrats, ,1c trésor impérial y suppléait". Dès que les consuls avaient rempli ces devoirs d'usage, ils pouvaient rentrer dans l'obscurité de la vie privée, et jouir tout le reste de l'année du spectacle de leur otstvo grandeur. Ils ne présidaient plus aux conseils de la nation ; ils ne se mêlaient plus

Wkma> Unnh, «.mur niJDi mMU.

Lfctwl Mdiiat jqulle , ridttcoe WfBtM

Clauà. in rc Cota. Bmtril, i.

StrlrtaïqiK proml rullait «cirai.

M Caa.Prvt. B9.

i Voyei Valeiïus,n<i 4mm. Mont. , 1. int, e. 7. 1 *uflae*ox.lMa Kn^iitinon tranoil, .

TtllMOS InmaU quilrr ; tolcmnli lufflt email llberm: tk*Ktm»'l«iii™ ™t»m Lu. hiii , (mmlwiiue fit' liubv 1«1U

CùBidian. . fn n Cent. Bmerft, SU.

I * Centrant quidem seleowes istoa die*, omnes utique, urbes quse sub légions agunt; et Roma de more, et Constantinopolis de imitatioue, et Anliochiaproluxu, el disetneta Carlhago , et domus Muminis Alexaudria , sed Treviri principis benellcio. >

Austm., ia grat. actione.

'Claudien(inCons. MaU.Theodori, 278-331 ) décrit avec de l'imagination et de la vivacité les divers jeux do cirque, du tbéâtre et de l'amphithéâtre, que donna le nouveau consul. Les sanguinaires combats des gladiateurs étaient déjà défendus.

s Proeopius, ia Mist. arcana, c. M.

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ni de Id paix-, til de la guerre. Leurs lalens n'étaient plus d'aucune utilité, 6 moins qu'ils fie possédassent quelque attire emploi plus effectif; et leur nom ne servait guère qu'à indiquer la date de l'année oft ils s'étaient assis sur le siège des Marins et des Cieéron. On conserva cependant Un grand respect pour ce nom sans autorité, même dans les derniers temps de la servitude romaine. 11 flattait encore autant et peut-être plu* la vanité", qu'on autre titre avec pins de pouvoir : celui de consul fut constamment le principal objet de l'ambition, et la recompense la plus estimée de la fidélité et de la vertu. Les empereurs eux-mêmes , qui méprisaient l'ombre illusoire de la république , croyaient ajouter a leur majesté et à la vénération dn peuple, toutes les fois qu'ils se faisaient nommer consuls '.

La distinction la plus orgueilleuse qui ail jamais existé chez nue dation, entre la noblesse et le peuple , est sans doute celle des patriciens et des plébéiens, telle qu'elle fut établie dans les premiers temps de la république. Les richesses et les honneurs, les dignités de l'état et les cérémonies de la religion étaient presque exclusivement entre les mains des premiers, qui, conservant la pureté de leur race avec Une jalousie insultante', tenaient leurs cllens dans le plus humiliant , vasselage. Hais ces distinctions, si incompatibles avec le génie d'un peuple Wbre , furent anéanties après de longs débats, parles efforts coBstan* des' tribuns. Des plébéiens actifs et industrieux virent le succès couronner leurs travaux ; ils açqnirent des richesses , aspirèrent aux honneurs, méritèrent des triomphes , contractèrent des alliances , et

1 In consulatu honot sine labore aueipibtr ( Mamertin, in Panegyr. Val. il, 2). Celle idée exagérée du consulat est tirée d'un discours (3, p. 107) prononcé par Julien dans Ta cour servile de Constance. Voyez l'abbé de la Bklleri* (Méat, de l'Acad. des Inscription! , t. 24 , p. 288 ) , qui se plaît a suint tes traces de l'ancienne constitution, et qui les trouve quelquefois dans son imagination fertile.

a La loi des Douze-Tables défendait les mariages des patriciens et des plébéiens, et le cours uniforme de la nature humaine peut attester que l'usage survécut à la loi. Voyez dans Tite-Live (1. iv , 1-6) l'orgueil des anciennes familles, et la dignité de l'homme réclamée par le tribun Canuleius contre le consul.

EMHRE ItOMAlN , (5M dfcp; J.-C.)

devinrent, après queltar-s générations, anssi vains et aussi arrogans que les anciens nobles '■ D'ttn antre coté, les premières familles patriciennes , dont le nombre ne fat jamais augmenté tant que la république subsista , s'éteignirent, on par le cours ordinaire de la nature, on par les ravagés des guerres civiles et étrangères ; on bien elles disparurent , faute de mérite et de fortune, et se mêlèrent insensiblement à la massé du peuple*. H en restait <peu qui pnssent faire remonter clairement leur origine aux ■ premiers temps de Rome, ou même à l' enfonce de la république, lorsque César et Auguste, Claude et "Veâpasien, firent d'une partie des sénateurs un grand nombre de nouvelles familles patriciennes, dans l'espoir de perpétuer cet onlre qu'on regardait encore comme sacré'. Mats ces nouvelles créations, dans lesquelles la famille régnante était toujours comprise, s'anéantissaient rapidement par la fureur des tyrans , par les fréquentes révolutions, par le changement des mœurs, et par le mélange' des nations étrangères4. Le projet de former un

1 Voverle tableau animé que trace SaHoele (inBtllo Jug. ) de l'orgueil des noble*, et même du vertueux Mttellua, qui ne postait se familiariser avec ridée que les honneurs du consulat devaient être accordés au mérite obscur de Marins, son lieutenant (e, M). Ikin cents années auparavant, la race des Metellus eux-mêmes était confondue parmi les plébéiens de Rome, et l'élytaalogta de leur nom de Cxcillus 4«M fit» de noire que ces au blés hautains tiraient leur origine d'un vivandier.

'L'an de Rome 800, il restait un très-petit nombre, non-seulement des anciennes ramilles patriciennes ,' mais du celle* qui avalent été eréées par Céstr et par Auguste ( Tacite , Amaks^x, 35). La famille de Scannu (braoene de la famille patricienne des Atniliiis) se trouvait à>o* un tel étal d'abaissement, que le père, après avoir été marchand de charbon, ne laissa à son fils que dit esclaves et an peu moins de trois cents livres Sterlings (Valérc Maxime, 1. rr , c. 4 , no 11. Aurelius Victor , in Scauro). Le mérite du fils rendit quelque lustre g cette famille.

a Tacite, Annales,!», 25-, Dion Cassius, 1. 52, f. 6113. Les vertus d'Agricota , qui fut créé patricien par l'empereur Vespasien , honorèrent cet ordre antique; mais ses ancêtres n'étaient aue dans la classe des chevaliers,

* Col anéantissement- serait presque impossible , si, comme Casaubon le fait dire à Aurelius Victor {ad Stut In Cas., C 42. Voyez Hisl. Aug- , p. 203 , et Casaubou , Ccmment., 220), Vespasien eut crée mille familles pal riciennes en un jour-, mais ce nombre extravagant «cède mCrne celui de l'ordre entier des sésaleurs , a moins qu'on n'y comprenne tous les chevaliers romains qui «aient la permission de porter le laliclave.

<3M dap. 4-rC.) corps de «blessa qui pût ceotonir l'autorité du monarque, dont ii fait la sûreté, ne convenait ni au caractère ni à la politique de Constantin { mais, quand il se le serait sérieusement proposé , il eut peut-être été au-dessus de sa puissance de ratifier, par une loi arbitraire, «un institution qui ne peut attendre sa sanction que de l'opinion a da temps. Il fit revivre, a la vérité, le titre de patricien» ; mais, comme une distinction personnelle, et non héréditaire. Us ne cédaient qu'a la supériorité passagère des consuls , et jouissaient de la prééminence sur tous les grands-officiers -de l'état, et de leur entrée libre ches le princa dans tons les temps. Ce rang honorable était accordé à vie , et ordinairement à des ministres et à des favoris qui avalent blanchi dans la cour impériale. Ainsi la véritable étTmoJogie do mot fut corrompue par l'ignorance et par la flatterie, et les patriciens de Constantin Turent respectés comme les pères adoplifo de F empereur et de la république*.

Le sort des préfets du prétoire fut bien différent de celui des consuls et des patriciens. Ces deniers rirent lenr ancienne grandeur se changer en un vain titre. Les prenrier&,an contraire, s'ëlevant par degrés du rang le plus modeste, s'emparèrent à la fin de l'administration civile et militaire du monde romain. Depuis le règne de Sévère jusqu'à celui de Dioctétien, les gardes et le palais, les lois et les finances, les armées et les provinces, furent confiés à leur surintendance; et, comme les visirs de l'Orient, ils tenaient d'une main le sceau, et de l'autre réwwdurd de l'empire. L'ambition des préfets, toujours formidable, et quelquefois fatale a leur maître, était soutenue par la force des bandes prétoriennes ; mais quand Dioclélien eut affaibli ces troupes audacieuses, et que Constantin les eut toot-à-Tait supprimées, les préfets ne furent point entraînés dans leur chute; mais ils devinrent des ministres Miles et obéissons- Quand ils ne répondirent pms de ht vie et de la sûreté de l'empereur, Us abandonnèrent la juridiction qu'ilsavaient

'Zostne-, I. n, *. 118, rt Godefroj-, ad Cod. Tlieo- ■fot..T.n, lit.fl.

PAR ÉD. GIBBONi GU. XV».

réclamée et exercée jusqu'alors sur les département du palais. Constantin leur ôta tout commandement militaire, dès qu'ils eurent cessé -de conduire et de commander à la guerre l'élite des troupes romaines. D'après le pian de gouvernement institué par Dioctétien , les quatre prince» avaient chacun leur préfet du prétoire. Constantin, ayant réuni sous sa puissance la totalité de l'empire , continua à nommer quatre préfets, et leur confia les mêmes provinces que leurs prédécesseurs avaient gouvernées. Le préfet de l'Orient étendait sa vaste juridiction sur les trois parties du globe qui obéissaient aux Romains , depuis les cataractes du Nil jusqu'aux bords du Phase, et depuis les montagnes de la Tbracejusqu'aux frontières de la Perse. Un antre commandait aux importantes provinces de Pannonie, deDacie, de Macédoine et de la Grèce, jadis confiées au préfet d'IUyrie. Le pouvoir du préfet d'Italie n'était pas restreint à cette province ; il s'étendait sur toute la RUétie, jusqu'aux bords du Danube, sur les lies de la Méditerranée, et sur la partie de l'Afrique qui est. située entre les confins de Cyrène et ceux de la Tingitane. Le préfet des Goules comprenait sous celte dénomination générale les provinces voisines de la Grande-Bretagne et de l'Espagne, et on lui obéissait depuis te mur dÀntonia jusqu'au fondu mont Atlas '. Quand on. eut été le commandement militajfiB aux préfets du prétoire, les fonctions ântes qu'ils exercèrent sur tant de nation* soumises suffisaient pour satisfaire l'ambition et occuper les talens des ministres les plus consommés. Ils avaient la snprèsaa administration de la justice et des finances; et ces deux objets comprennent, en temps de paix, presque tous les devoirs respectifs du souverain et de ses peuples : des souverains, pour protéger les citoyens qui obéissent aux lois ; et des peuples, pour contribuer, à- raison de leur fortune, aux dépenses indispensables

f Zosime, t. n, p. 109,110. Hnircasemeni que nous avons le détail satisfaisant de la division da pouvoir et des prorinees des préfets àa prétoire. Sons <x guide, nous serions souvent embarrassés, au milieu des nombreux détails du Code et des explications miuuliwses de la Nolitid.

de l'état. Les monnaies, les grands chemins, les postes, les greniers publics, les manufactures, tout ce qui pouvait intéresser la sûreté o» la prospérité publique, était administré par les préfets du prétoire. Comme représentans immédiats de la majesté impériale , Us étaient autorisés à expliquer, à augmenter, et à modifier, au besoin, les règlemens généraux par leurs interprétations. Us veillaient sur la conduite des gouverneurs des provinces ; ils déplaçaient les négligeas, et punissaient les coupables. Dans les affaires de quelque importance, soit civiles ou criminelles, on pouvait appeler de toutes les juridictions inférieures au tribunal du préfet; et sa sentence était définitive. Les empereurs refusaient de recevoir aucune plainte contre des hommes auxquels ils accordaient une confiance si illimitée < ; leurs appointemens répondaient à leur dignité*; et, si l'avarice était leur passion dominante, ils avaient de fréquentes, occasions de la satisfaire par d'abondantes moissons de prësens, par des taxes, et par d'autres manœuvres coupables et arbitraires. Quoique les empereurs n'eussent plus rien à craindre do l'ambition de. leurs préfets, ils n'en avaient pas moins l'attention de contre-ba lancer le pouvoir de cette grande charge par la brièveté et l'incertitude de sa durée \

Rome et Coustantinople , à raison de leur importance, furent les seules villes sur lesquelles les préfets du prétoire n'eurent au-

t Vorei une loi de Consistai rt hH-meme. Jpmfeettt autemprrrtorio provocare non tinimus. Cod. Justin, I. va, lit. 62. Leg. 19. CbarisUis, jurisconsulte dn temps de Constantin (Heinecc. flist. Juris Homani , p. 349 ) , qui reconnaît celle loi pour un principe fondamental de Jurisprudence, compare les préfets du prétoire aux maîtres de la cavalerie des anciens dictateurs. ( Pandect. , 1. 1, lit. 11.)

' Lorsque Justinien , au milieu de l'épuisement de l'empire, institua un préfet du prétoire pour l'Afrique, il lui accorda un salaire de «al livres d'or. ( Code Justinien, L i, lit. 21 , loi, i ).

' Sur celte dignité .ainsi que sur les autres de l'empire, il suffit de renvoyer aux commentaires étendus de Pnntirole et de Godefroy , qui ont recueilli avec soin et disposé avec exactitude et arec ordre, tous les matériaux tirés dp la loi et de l'histoire. Le docteur Holwell (HUtory ofthe WojUL, vol. 2, p. 24-77) a lait, d'après ces auteurs, un précis très-net de l'état de l'empire romain.

{3?.4dep.)>Ç.) cune autorité. L'expérience avait, démontré que la marche ordinaire des lois était, trop lente pour conserver l'ordre et la tranquillité dans des villes d'une si vaste étendue, et elle avait fourni à la politique d'Auguste us prétexte pour établir à Rome un magistrat qui contint une populace licencieuse et turbulente, par la terreur d'un pouvoir et de chulimeus arbitraires '. Valcrius Messala fut décoré le premier du titre de préfet de Roaic, afin que la réputation dont il. jouissait diminuât ce que ses fonctions avaient d'odieux. Mais ce citoyen distingué ■ ne les exerça, que, peu de jours; et il déclara, en quittant sa place, comme il convenait à L'ami de Brutus, qu'on ne lui ferait jamais accepter une .administration incompatible avec la liberté publique*. A mesure que. le seatiiuentide cette liberté s'éteignit* on sentit même le besoin d'autorité; et le préfet, qui avait, semblé d'abord n'être destiné qu'à contenir par la crainte les esclaves et les gens sans aveu, fut autorisé à étendre sa juridiction civile et criminelle sur l'ordre équestre, et sur les familles nobles de Rome.

Les préteurs, qu'pa choisissait tous les ans pour juger d'après les lois et l'équité , ne purent disputer long-temps la possession du forum à un magistrat puissant et permanent, qui avait l'oreille et la confiance du prince. Leurs tribunaux furent déserts; et leur nom-

'Tadte, Ann., Ti.lt; Eusèbe, in. Chron., p. 155;

Dion Cassius.surle discours de Mécéoas (1. vu, p. RTS), décrit les prérogatives du préfet de la ville , telles qu'elles subsistaient de son temps.

ïLe mérite de Messiii était encore aii-deesus de sa ré- • putation. Dans sa première jeunesse, il fut recommanda par Cicérop a l'amitié de Brutus. Il suivit l'étendard de la république jusqu'à sa destruction aux champs de Philippe. Il accepta ensuite , et il mérita la faveur du plus modéré desconquérans,et dans la cour d'Auguste il montra toujours la noblesse de son caractère et son amour de la liberté. Son triomphe lut Justifié par la conquête de VnWniïlaine. En qualité d'orateur, il disputa la palme de l'étoquenceà Cicéron lui-même. Il cultiva toutes les muses, et il fut le protecteur de tous les hommes de génie. Il passait ses mirées à converser phlIosopWquement arec Horace; à table.il se plaçait entre Délie et Tibune, et il amusait ses loisirs en encourageant les talens poétiques qusnton- Irail le jeune Ovide. •

s JnçiviUm tsse potestatetn eonttstan», éfit le traducteur d'Eusèbe. Tacite exprime d'une antre manière!* même idée: Quasi nescius exercendl.

(3M dep. J>C.) .

bre, qui avait varie de douze a dix-huit ', fût insensiblement réduit à deux ou trois, dont les fonctions se bornèrent à la dispendieuse nécessite de donner des fêtes au peuple Quand la dignité de consul ne fut plus qu'un vain simulacre, qui paraissait rarement dans la ville, les préfets prirent leurs places dans le sénat, et furent bientôt regardés comme les présidera de cette auguste assemblée. 11 leur venait des appels de pays éloigués de cent milles; et l'on reconnut, comme un principe de jurisprudence , qu'ils étaient les chefs de toute autorité municipale '. Le gouverneur de Rome avait , pour l'aider dans l'administration de ses travaux pénibles, quinze officiers, dont les uns avaient été ses égaux, et les autres" ses supérieurs. Les principaux départemens étaient relatifs à une nombreuse garde, établie pour veiller à la sûreté contre les vols, les incendies, et les désordres nocturnes; à la distribution que l'on faisait au peuple de grains et de denrées; an soin du port, des aqueducs, des égoots, du lit et de la navigation du Tibre ; à l'inspection dos marches, des théâtres et des travaux publics et particuliers. Leur vigilance était chargée des trois principaux objets d'une police régulière : la sûreté, l'abondance et la propre té. Le gouvernement, pour prouver son attention à conserver la magnificence et les orneronns de la capitule, payait un inspecteur particulier pour les statues : H était le gardien de ces êtres inanimés, qui-, d'après le calcul extravagant d'un ancien écrivain , n'étaient guère- inférieurs en nombre aux habitans quivivaient à Rome.

Trente ans après là fondation de ConStantinople, on y créa un magistrat de la même

< Voyez Lipsiua, Excwsus D. Ad. i , tib. Tacit. Ami. 3 JlewtecU £lemeiU,Jtaii civilii tecuad.ordinem

Pamkct,t L «vp. 70. Voyez aussi Spauuehn de Vsu hut.2, Disscrl-i, p. 119. L'an 450, Marcien m par une Inique trois citoyens seraient créés chaque * préteurs de Couslanlinople , au elioU du sénat, .arwumeon«eiilenieul.(Cud.Just.,t.[,[il.3S),lei;-2.; 3 Qtyâq*hl igitur iiilra urbeni ttdmittatar, ad P. V. videtur ptrbncrc ; soi cl siquid inli'a centesimum •nUUariam. Ulpieo., in Pand«I. , 1. 1, lit. 3, n° 1.11 se met «suite a df«(ire l«s diverses fonctions du préfet, auqWteGaù>.JusCiHen<l. i, tiL39, leg.3) attribue la preùoincaee et If raaimaiidcineoliielous les magistrats de la riUe, tint injuria ac dctrùnento honoris alieni.

PAR ED. GIBBON. Cil. XVII. 368

espèce ; et il eut les mêmes fonctions. On établit une parfaite égalité entre les deux préfets municipaux, et entre les quatre du prétoire '. Ceux qui dans la hiérarchie impériale étaient distingués par le litre de respectables formèrent une classe intermédiaire entre les illustres préfets et les honorables magistrats des provinces. Les proconsuls de l'Asie , de î'Achaîe et de l'Afrique réclamèrent la préséance dans cette classe : on l'accorda au souvenir de leur ancienne dignité; et l'appel de leurs tribunaux a ceux des préfets fut la seule marque qui resta de leur infériorité *. Le gouvernement civil de l'empire fut distribue en treize grands diocèses, qui contenaient chacun retendue d'un grand royaume. Le premier de ces diocèses était régi par le comte de l'Orient; et nous pouvons donner une idée dé l'importance et du nombre de ses fonctions, en observant qu'il avait sous ses ordres six cents appariteurs, qui composaient ce que Ton appelle aujourd'hui secrétaires, messagers ou commit ë. La place de préfet augustal de l'Egypte ne fut plus occupée par un chevalier romain ; mais on conserva son emploi, et l'on continua au gouverneur les pouvoirs extraordinaires que là situation de la province et le génie des habitans rendaient indispensables. Les onze autres diocèses de l'Asie, du Pont, de la Thrace, de la Macédoine, de la Dacic et de la Pannonie ou lltyrie occidentale, d'Italie et d'Afrique, des Gaules et de lo Grande-Bretagne , Turent gouvernés par des vicaires ou vice-préfets *, Leur nom explique suflisam-

i Outre nos guides ordinaires, Felii Canlrioriiu a écrit ud IttUé particulier, de Pnrfccto urbis; et on trouve dans le quatorzième livre du Code Tnéodosicnplusieurs détails turleui sur la police de Rome et de Constantinople.

sKunapius assure que le proconsul d'Asie était indépendant du préfet ; ce qu'il ne but adopter toutefois qu'avec quelque m oditi cation. 11 est sur qu'il n'était point soumis a la Juridiction du rice-pren*. (Pancirolas.p. 61.)

3 Le proconsul d'Afrique avait quatre cents appariteurs, et le trésor ou la province leur payait à tous de gros sala!res. (Voyei Pancirol. ,p. 30, elle Code Justin. ,1. su. 111.56,57.)

* En Halle , on trouvait aussi le Vicaire de Borne. On a beaucoup disputé pour savoir si sa Juridiction s'élendalt à cent milles de Kome , ou si elle comprenait le» dix provinces nièridtouates de la ville.

ment leur rang et l'infériorité de leur place. On peut ajouter que les lieutenans-généraux des armées romaines , les comtes militaires et les ducs, dout on aura occasion de parler, eurent le rang et le titre de retpectabies.

Comme l'esprit de méfiance et de vanité prévalait dans les conseils de l'empereur, on mit la plus grande attention à diviser le pour voir et à multiplier les titres. Les vastes pays que les conquérons romains avaient réunis sous une administration simple et uniforme furent si impitoyablement morcelés, qu'à lu fin l'empire se trouva distribué en cent seize provinces, chacune desquelles était cruellement rançonnée pour les frais de son gouvernement particulier. Trois furent régies par des proconsuls, trente-sept par des consulaires , cinq par des correcteurs, et soixanteonze par des présidens. Les dénominations de ces magistrats étaient différentes ; leur rang se trouvait classé ; les marques de leur dignité ne se ressemblaient point ; et leur situation devenait plus ou moins agréable et avantageuse , d'après des circonstances accidentelles.Mais ils étaient tous, en exceptant les proconsuls, compris dans la classe des honorable*, amovibles à la volonté du prince , et en possession d'administrer la justice et les finances de leur district sous l'autorité des préfets et de leurs députés. Les énormes volumes du code et des Paudectes ' nous fourniraient de grands détails sur le système du gouvernement des provinces; maïs l'historien se bornera au choix de deux précautions singulières, destinées à restreindre l'abus de l'autorité. 1° Pour conserver l'ordre et la paix, les gouverneurs des provinces étaient armés du glaive de la justice ; ils infligeaient des punitions corporelles , et jugeaient à mort dans les crimes capitaux. Mais ils ne l>ouvaient pas accorder au criminel le choix du genre de son supplice, ni prononcer la moindre sentence d'exil. Ces prérogatives étaient réservées aux préfets, qui ordonnaient seuls la ruineuse amende de cinquante livres d'or. Les vicc-gérans n'avaient le droit

i Le recueil des ouvrages du célèbre Ulpien offre on traité en dit livres sur radiée de proconsul , dont les devoirs en plusieurs points essentiels étaient les mêmes que ceux d'un gouverneur de province .

(224 dep. J.-C.) de condamner qu'à quelques onces '- Celle distinction, qui parait accorder une grande autorité, et en refuser une moindre, était infiniment plus sujette à des abus. Les passions d'un magistrat provincial pouvaient lui luire commettre des actes d'oppression , qui n'attaquaient que la fortune ou la liberté des citoyens, quoique, par un motif de prudence ou d'humanité, il fut incapable de verser le sang innocent. On doit aussi considérer que l'exil, les fortes amendes, ou le choix d'une mort douce , ne regardaient guère que les citoyens riches ou les nobles. De cette manière , les personnes les plus exposées au ressentiment ou à l'avidité d'un magistrat de province se trouvaient à l'abri de sa persécution obscure, et s'adressaient au tribunal plus auguste et plus impartial du préfet. 2° Comme on sentait que l'intégrité d'un juge pouvait être corrompue par son intérêt ou par ses liaisons , les règlemens les plus sévères excluaient du gouvernement de la province où l'on était né, à moins d'une dispense particulière de l'empereur *; et il était expressément défendu aux gouverneurs et à leurs fils de contracter des mariages avec des familles de leur arrondissement *, ou d'acheter des esclaves, des terres ou des maisons dans l'étendue de leur juridiction *. Maigré ces précautions rigoureuses, Constantin, après trente-cinq ans de règne, déplore eu-

■ Les présidens et les consulaires paument imposer une amende de deux onces; les vice-préfets, de trots; les proconsuls , le comte de l'Orient et le préfet d'Egypte , de six. (Voyez Heinoe., Jur. civil. , 1. 1 , p. 75 ; PaudecL, I. ilviii, 1», n» 8 ; Cod. Justin., 1. 1, lit. 54, leg. 4-6.)

* Ut nulli patriœ suit administratio , sine spcdali principâ permissu,permittatur. (Cod. Justin., 1. 1, lit. 41.) L'empereur Marcus, après la rébellion de Cassîus, établit le premier celte loi. ( Dion Cassius , uui, ) On observe ce règlement à la Chine avec la même rigueur el avec le même effet.

a Pandect. , I. XXUI , lit, 2, n» 38 , 57 , 83.

* Injure continetur, ne qui» in administration* consUtutus aliquid compararet. ( Cod. Thëodos. , I. nu, lit. 15, leg. i.) Celle maxime de la loi commune rut confirmée par une suite d'édits ( loyez le reste du litre ) depuis Constantin jusqu'il Juslin. Us n'exceptent que des habits el des provisions de cette prohibition, qui t'cleudait aux derniers odloiers du gouverneur, lu donnent cinq ans pour renlrcr dans la chose tendue, et il* déclarent ensuite qu'après une in tonna lion elle tombera au

(324 clep. J.-C.)

core l'administration vénale et oppressive de la justice, et se plaint avec indignation de ce que les juges vendent eux-mêmes on font vendre publiquement leurs audiences, leur travail, leurs délais, et leurs sentences. La répétition de lois et de menaces impuissantes prouve la durée , et sans doute l'impunité de ces désordres '.

Gomme les magistrats civils étaient pris parmi les jurisconsultes, les célèbres ïnstitntes de Jusiinicn s'adressent à la jeunesse de ses états qui se dévouait à l'étude de la jurisprudence romaine; et le souverain daigne animer leur zèle en promettant de récompenser leur intelligence et leurs lalenspar des charges dans le gouvernement \ Les élémens de celte science lucrative étaient enseignés dans tontes les grandes villes de l'Orient et de l'Occident; mais l'école la plus fameuse était celle de Béryte », sur ht côte de Phénicie. Elle fleurit pendant plus de trois siècles après Alexandre Sévère, qui fat probablement l'auteur d'nne institution si avantageuse à son pays natal. Après un cours régulier d'instruction qui durait cinq ans, les étudians se dispersaient dans les provinces, pour y chercher la fortune et les honneurs ; et ils ne pouvaient guère manquer d'occupation dans un grand empire déjà corrompu par une multiplicité de lois, d'arts, et de vices. Le tribunal du préfet du prétoire de l'Orient employait seul cent cinquante avocats , desquels soixante-quatre jouissaient de privilèges particuliers. On en choisissait deux tous les ans , auxquels on donnait pour ap-

1 Cessent rapacesjam nune offlcialium manu»; cessent, inquam, nom, si monîti non cessavehnt, gladils prteidentur, etc. (Cod.Tnéodos. , f . », lit. 7, leg. i J Zenon ordonna a tous les gouverneurs de rester dans les provinces cinquante Jours après l'expiration de leur office, pour y répondre a toutes les accusations. (Cod. Justin. , I. n Ut. 49,l.i.)

1 Summd igitur ope et alaeri studio has leges nostras aeeipite ; et vosmetipsos sic crudités ostendUe, us spes vos puleherr/ma foveat ; toto légitime opère perfecto , passe etiam rempubticam nostram in partions ejus oobts credaidis gubcrnarl. (Juslinien , in ProeemJnsUtutionem.)

ï La splendeur de l'école de Béryle , qui eonserra en Orient la langue et la jurisprudence des Romains , paraît s'être maintenue depuis le troisième jusqu'au milieu dn liiieiue siècle. (Heinec., Jur. rom. Hist. , p. 351-356.)

pointemens soixante livres d'or, pour plaider les causes du trésor. Pour premier essai, on les faisait servir d'assesseurs aux magistrats dans quelques occasions, et on leur faisait souvent occuper ensuite le tribunal devant lequel ils avaient plaidé. Us obtenaient le gouvernement d'une province , et par leur mérite, leur réputation, ou la faveur, ils arrivaient successivement aux dignités illustres de l'état \

On ne pouvait guère espérer que des hommes accoutumés, dans ia pratique du barreau , à regarder le raisonnement comme l'arme de la dispute, et a interpréter les lois as gré de leur intérêt, se dépouillassent de cet esprit dangereux et méprisable en passant à l'administration publique. Il y a eu sons doute dans les temps anciens et modernes des avocats qui ont honoré leur profession , en remplissant tes postes les pins importante avec autant de sagesse que d'intégrité; mais dans le déclin de la jurisprudence romaine, la promotion ordinaire des hommes de lais ne pouvait produire que honte et désordre. La noble et séduisante éloquence avait été long-temps le patrimoine particulier de la noblesse ; mais elle s'était corrompue dans la bouche des affranchis et des plébéiens1, qui

1 J'ai indiqué i une époque antérieure les emplois civils et militaires qu'obtint successivement Pertinai, et je vais parler ici des honneurs civils qu'on accorda pur degrés a Hiniua Théodore. 1* Il se distingua par son éloquence, lorsqu'il plaidait à la couc du préfet du prétoire; 2" i] gouverna une des provinces de l'Afrique en qualité de président ou de consulaire et il mérita une statue d'airain ; 3° il rut nommé vicaire ou vice- préfet de la Macédoine ; 4° questeur; 5" corata des saorées largesses; 6" préfet prétorûu des Gaules, et mime alors il pouvait passer encore pour un jeune homme ; 7° après une retraite , peut-être une disgrâce de plusieurs années , que Mallius( que des critiques confondent avec le poêle, Manllins , voyez FaMeias , Biblioth. lai. edit. Ernesti, t. 1, c 18 , p. 501 ) employa a l'élude de la philosophie grecque, on le fil préfet du prétoire de l'Italie, l'an 397; 8° il exerçait encore cette grande charge , lorsqu'il fut nommé consul pour l'Occident, en 399 ;el souvent les fastes ne rappellent que son nom, à cause de l'infamie de son collègue, l'eunuque Eutrapius; 9° en 408, Malllusfut nommé une seconde fois préfet du prétoire en Italie. Le vénal Claudien fait lui-même entrevoir, dans son Panégyrique, le mérite de Maliius Théodore, qui, par un rare bonheur, fut rinumeamideSymmaqueetde saint Augustin. (Voyei TiTlemonl, Histoire des Empereurs, t.5, p. 1110-1114.) 1 Maraertinus. in Panegrr. Fet. , xj, 20; Auslc rius, apud Photium, p. 1500.

en Taisaient nn trafic sordide et funeste. Quelques-uns d'eux ne cherchaient à faire des liaisons que pour fomenter la discorde dans les familles. Ils encourageaient les procès, et se préparaient d'amples moissons a eux et à leurs confrères. D'autres, enfermés dans leurs retraites impures , n'alimentaient leur gravité magistrale qu'en fournissants de riches cliens les moyens d'obscurcir la vérité la plus évidente par les subtilités de la chicane , et de soutenir les plus injustes prétentions. Les plus distingués des avocats étaient ceux qui faisaient retentir le Forum de leur voix glapissante et de leur verbeuse rhétorique. Aussi indifférens pour leur réputation que pour la justice, on les peint la plupart comme des guides infidèles , qui consommaient la ruine de leurs clieus par des dépenses inutiles et dés délais concertés. Les procès étaient interminables , et les malheureux plaideurs les abandonnaient quand leur patience et leur fortune étaient à bout '.

Dans le système politique d'Auguste , les gouverneurs des provinces impériales étaient investis de tous les pouvoirs de la souveraineté. Ministres de la paix et de ta guerre, eux seuls accordaient les récompenses, et infligeaient les punitions. Ils, portaient , sur le tribunal, la robe civile du magistrat, et une armure complète à la tc.te des légions *. L'influence des richesses, l'autorité deJa loi, et le commandement militaire , concouraient à rendre leur pouvoir absolu; etquand ils étaient tentés de renoncer a l'obéissance, la province fidèle qui se trouvait enveloppée dans leur révolte s'apercevait à peine d'aucun changement dans son administration. Depuis le règne de Commode jusqu'à celui de Constantin, plus de cent gouverneurs ont levé, avec dif-

l'Le passagi; d'Aromien (l.xxx, C. 4) oui 'peint les mœurs des gens de loi de son temps est curieux : il offre un mélange bizarre de km eomoitm, d* lauste rhétorique, et 3e satire poussée jusqu'à l'extravagance, Gedefrov (Proiegomen. ad Cod. Thèod., c i, p. 185) articule les mêmes plainte* et rapporte des faits aullwnlkpies. I>aas le quatrième siècle , les livres de la lot auraient fourni la charge d'un grand nombre de chameaux. (Eunauius, éb Fit. Etlcn, p. 72.) ■ I La vie d'Agrkoîa, et surtout aux eb. 2& , 21 , en fournit nn bel exemple. Le houteuant delà Bretagne était rov*tn du poutoirqucCieéron , proconsul de la Cflicie , «ail exerce m nom du sénat et du peuple.

L'EMPIRE ftOMAIN, (3Mdep.L-C.)

ferais succès , l'étendard de la rébellion ; et, quoique l'ombrageuse cruauté de leur maître ait sacrifié beaucoup d'innocens , il est possible qu'elle ait aussi prévenu des desseins criminels '.

Pour ô ter à ces formidables serviteurs tout moyen d'alarmer le prince, ou de troubler la tranquillité publique , Constantin résolut de séparer le service militaire de l'administration publique» et de faire une profession distinguée et permanente de ce, qui n'avait été jusque là qu'une fonction passagère ; il créa deux maîtres généraux, l'un pour la cavalerie, l'autre pour l'infanterie, et leur donna, sur les armées de l'empire, toute l'autorité qu'avaient exercée les préfets du prétoire. Quoique, chacun de ces iiltutret officiers fût plus particulièrement chargé de veiller à la discipline des troupes qui étaient sous ses ordres immédiats, il commandait également, à la guerre, tous les corps , sort à pied, ou a cheval, qui composaient son armée '. Le nombre de ces maîtres fut bientôt doublé par la séparation de l'Orient et de l'Occident; et ils eurent chacun, pour département, avec un titre et un rang égal, ont des quatre importantes frontières du Rhin , du haut et du Bas-Danube,, et de l'Euphraie. La défense dé l'empire romain fut à la fin confiée à huit maîtres généraux de cavalerie et d'infanterie. Ils eurent sous leurs ordres trentencinq flommandanp- militaires. .attaphép aux provinces) troisdanslu Gran4e-Br*Jtfl>nre, six dans les Gaules, un en Espagne, na-e* Italie, cinq-sur le haut, et quatre sur le bas Danube, huit en Asie,, trois m Egypte».** quatre je» Afrique. Les titres de tforolBs etde d*ei\ qui leur étaient particuliers, ont, dans

> L'abbé Dûtes, qui a examiné arec exactitude (Hist. de la Monarchie française, t. r, p. 41-100, «Mil. 1M»);res institutions d'Auguste et de Constantin, «fesene-qwvui Ottou eût été Mis à nwrt l» «Jitle.de sa oeuiptralion , il parattraii doua l'histoire aussi innocent que Corbulo..

i Zosime, 1 u,p. IfO. Avant la tin du règne de Constance, ](sSfagUbi mililum étalent déjà au nombre dt quatre. <Voyex VHtmis,adjmrUan.,ljm,i-'l). "■

» Quoique l'histoire ef les rodes parient soavwt des noalesel de» ducs militaires, on doit rceourir à)* P/attii», si on veut avoir une connaissance exade de leurnombre el de leur département. Quanta l'institution , an rang, aux privilèges des comtes m géBéral,' vbvet Cod. Théodos., 1. n, «t. JMBj avec les eoniDMWaires deGo<tf*rov.

(324 dep. 1.-C.) boa langues modernes, nn sens si différent que je crains d'exposer à des erreors en en faisant usage. Au reste, on doit se rappeler qnc ta' seconde de ces dénominations n'est qu'une corruption du nom latin que l'on donnait indistinctement à tous les chefs militaires. Ces commandans de provinces étaient par conséquent connus sons le nom de ducs. Dix seulement obtinrent celai de comte* ou comité» : titre d'honneur, on plutôt da faveur, récemment inventé à 'la cour de Constantin. Va baudrier- d'or était la marque dtstinctivé de la dignité de comté1 et de duc. On leur faisait , en outre 'de leurs appbintemens , une forte pension , pour qu'ils1 entretinssent cent qua t re- vragt-d it valets' et cent cinquante-huit chevaux: Il leur était expressément défendu de se nifiierd*àncmlfe 3fFaire relative à la justice ou aux deniers publics t- maïs leur autorité sur les troupes qu'ils commandaient était toiit-a-fait indépendante des magistrats.

Constantin introduisit la balance déheate de ■ l'autorité civile' et militaire, u peu près dans le même temps qu'il donna «ne sanction légale a l'ordre ecclésiastique. L'éittulation , et quelquefois la discorde qui régnait entre deux professions si incompatibles d'humeur et d'intérêt , produisît de bons et de mauvais effets. On ne pouvait guère présumer que' le général et le gouverneur civil d'une province s'uniraient pour souffler la discorde, ou pour y maintenir » paix. Taudis que l'un négligeait d'offrir les secours que l'antre ne daignait pas demander, les troupes restaient souvent sans ordres et sans subsistance; la sûreté publique était trahie , et les sujets , abandonnés de leurs défenseurs, étaient exposés aux incursions, des barbares: Le partage de l'administration qu'avait fait Constantin assura la tranquillité du monarque; mais il relâcha le nerf de l'étal.

■On a blâmé avec raison Constantin d'une autre innovation qui corrompit la discipline militaire, et précipita la ruine de l'empire, Les dix-neuf ans qui précédèrent sa dernière victoire sur Lioinius avaient été un temps de licence et de guerre civile. Les rivaux qui se disputaient l'empïre avaient retiré la plus forte partie de leurs années des grandes Irontièresvsur les confins de leurs étais respectifs.

Les principales villes étaient remplies de soldats qui regardaient leurs concitoyens comme lenrs plus implacables ennemis. Quand la fin de la guerre civile eut rendu les garnisons intérieures inutiles , l'empereur n'eut pas asseï de sagesse ou de fermeté pour ramener la discipline sévère de Dioclétien et supprimer la fatale indulgence a laquelle le militaire avait pris goût par habitude et croyait presque avoir drdit. Depuis le règne de Constantin, il y avait une distinction d'opinion, même une distinction légale, entre les troupes palatines * , que l'on nommait improprement tes troupes de la cour, et celles qnï gardaient les frontières. Les premières , fièresdé'lasupérioritédèfeursolde et de leurs privilèges', passaient tranquillement leur vie au centre de l'empire, à moins d'une guerre extraordinaire ; et' les villes 'les plus riches étaient obérées par les frais de leur subsistance. Les soldats perdaient insensiblement l'esprit de leur état, et prenaient tous les vices de rofslveté ; ou ils s'avilissaient par une industrie basse et sordide, ou bien ils s'énervaient le corps et l'âme par les bains et par les spectacles. Ils négligèrent bientôt les exercices militaires pour se livrer a la parure ei à la bonne chère; et, tandis qu'ils étaient la terreur de leurs concitoyens, ils tremb'aient à la vue des barbares *.

La cfaaine.de fortifications que Dioclétien et ses collègues avaient tendue sur les bordsdes grandes rivières n'était ni entretenue avec le même soin ni défendue avee le même courage. Les troupes connues sous te nom de garda des frontière* auraient pu suffire à une défense ordinaire mais elles étaient découragées par d'humiliantes réflexions.

Tandis qu'elles étaient exposées, toute l'année, aux travaux et aux dangers d'une guerre

■ Zorime.l. n, p. 3. Leshiîtorlïoi, les lob, et l*!Vor- Hfiu.iiidiqoMJtd'UBftBra.iiArelrfi-obsturelwdeoiclssfce des troupes romaines. On peut consulter cependant ta Paratitton, en extrait étendu que Uodefroy ■ tire du septième (tire 4e Remilitari, duCodeThéodos., [.tu, Ht. ■, leg. 18; I. rai, lit. 1 , lef. 10.

> Fcroxeratinsaos miles et râpas, igxama vtrain. hottes et fraetut. (Aminbn. , I. xxn.e. 4.) Il observe qu'ils aimaient les lits de duvet et ks maisons de martire, « que leurs coupes avaient plus de pesanteur que leurs épees.

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continuelle , eliea n'obtenaient que les deut tiers de la paie et des émolnmens qu'on prodiguait aux troupes de cour. Les bandes, les légions mêmes, qui jouissaient à peu prèB du même sort que «es indignes favoris, se trouvaient dégradées par le titré d'honneur qu'on accordait aux autres. Ce fut en Tain que Constantin menaça des plus cruels chèliniens ceux des frontières qui abandonneraient leurs drapeaux, qui favoriseraient les incursions des barbares, ou qui partageraient dans leur brigandage'. Le désordre qui suit les démarches imprudentes se corrige rarement par une injuste sévérité, et, quoiqu'une suite de princes aient fait chacun, dans leur temps, leur possible pour recruter et ranimer les garnisons des frontières, jusqu'au dernier moment de sa dissolution l'empire a souffert de la blessure mortelle que lui avait faite l'imprudente faiblesse de Constantin.

La même politique timide qui sépare tout ce qui est uni , qui abaisse tout ce qui est respecté, qui craint toute autorité active , et qui n'attend de la docilité que de la faiblesse, semble avoir été le système de plusieurs monarques, et particulièrement celui de Constantin. L'orgueil martial des légions , dont les camps victorieux avaient été si souvent le foyer de la révolte, se nourrissait du souvenir de leurs anciens exploits, et du sentiment île leurs forces présentes. Tan t. qu'elle s conservèrent leur ancienne composition de six mille hommes , «lies ae soutinrent sons le règne de Dioctétien , et chacune d'elles fnt un objet respectable dans l'histoire militaire de l'empire romain. Peu d'années après, leurs corps nombreux furent réduits a trèspeu de chose; et, quand sept légions, avec quelques auxiliaires, défendirent la ville d'Amida contre les Perses, toute la garnison avec les habitans des deux sexes , et les paysans qui avaient déserté la campagne , n'excédaient pas te nombre de vingt mille1.

" Cod. Théodus. , t. *n,tit- tt.kg, ■, tit. 12, teg. i.

(Voyez Holwell, BUtory oftite JTorld, vol. 2, p. 19.) Ce savant historien , qui n'est pas usez connu , tache de juslilier le caractère et la politique de Constantin.

1 Amnùan, 1. xu, c. 2. Il remarque (c; 5) que les sorties désespérées de deux légions de la Gaule produisirent reflet d'un peu d'eau qu'on jette sur un grand incendie.

(ÎMdep.J.-C.) D'après ce fait , et d'autres qui le confirment, il y a lieu de croire que la constitution des troupes légionnaires, à laquelle elles doivent en partie leur valeur et leur discipline, fut changée par Constantin , et que les bandes d'infanterie romaine qui en retinrent te nom et les honneurs n'étaient pins composées que de mille i quinze cents hommes1. On pouvait aisément arrêter les complots de ces détaehemens séparés, qne le sentiment de leur faiblesse particulière rendait timides et incertains ; et les successeurs de Constantin pouvaient satisfaire tenr vanité par le plaisir illusoire de commander à cent trentetrois légions inscrites sur l'état de leur nombreuse armée. Le reste de leurs troupes était divisé , l'infanterie en cohortes,et ta cavalerie en escadrons : leurs armes , leurs noms et leurs enseignes tendaient a inspirer la terreur, et à faire distinguer les différentes nations qui marchaient sous les drapeaux de l'empire. Il ne restait plus rien de cette simplicité sévère , qui , dans les siècles brillans de victoire et de liberté , distinguait une armée romaine de ce ramas immense et confus de soldatsdont un monarque d'Asie marchait environné *-

Un dénombrement particulier, tiré de la PiotiHa , pourrait occuper l'attention d'un amateur de l'antiquité. Hais l'historien se contentera d'observer que les garnisons placées sur les frontières de l'empire montaient à cinq cent quatre-vingt-trois; et que, sous tes successeurs de Constantin, les forces totales de l'établissement militaire étaient composées de six cent quarante-cinq mille soldats1. Dans les siècles précédens, cet effort aurait surpassé les besoins de l'empire ; dans les suivaus , il surpassa ses facultés.

Dans chaque espèce de gouvernement, dif-

■ Panclrolus, ad NotUiam , p. 96. Mémoires de l'Acad. des Inscriptions, t. 25, p. 481.

2 ISomana actes unius prope forma erat et konunum et armorum génère. — lïcgia actes, varia magù mattis gentibus dissimUttudine armorum auxiliorumque erat. (Ttle-Lvre, l.mra, e. 39,40.) Flaminlus, avant une bataille, avait comparé l'armée d'Autioehus a un souper, où l'habileté d'un cuisinier diversifie l'apprêt de la chair d'un ril animal. (Voyez ta fie de Flaminlus dans Piutarque).

J Agatbias , 1. 5 , p. 157 , édit. du Louvre.

PAft ED. GIBBON. CUA1'. XV11.

férena motifs servent à recruter les armées. Chez les barbares, le goût de la guerre; chez une nation libre, le devoir et l'amour d« la patrie; dans une monarchie , le sentiment de l'honneur; mais les timides et vohsptàeox habitons d'an empire sur le déclin ne sont attirés au service que par l'espoir du profit, «t n'ysoat retenus que par la crainte des chaume us. Les ressources da trésor romain furent épuisées par l'augmentation de la paie , par des gratifications multipliées , par l'invention de nouveaux émolumens, ci par de nouveaux privilèges qui pussent compenser aux veux d'un jeune villageois les fatigues et les dangers de la vie militaire. Cependant, quoiqu'on fat devenu motus exigeant sur la taille * , quoiqu'on fermât les yeux sur r admission des esclaves, ces tolérances ne saflirent pas ; le» troupes ne furent recrutées qu'imparfaitement, et les empereurs furent obligés d'avoir recours aux moyens de contrainte. Les terres qu'on donnait d'abord aux vétérans, en toute franchise, comme une récompense de leur valeur, ne leur furent accordées que sous une condition qui fut sans doute Lu source des redevances féodales; leurs lils n'en héritaient plus, à moins qu'ils ne se dévouassent à prendre le métier des armes, dès que leur âge le leur permettrait. Leur lâche refus était puni pur la perte de l'honneur, de Infortune, et même de la vie'; mais, comme les fils des vétérans étaient loin de suffire aux besoins du service , on fit de fréquentes levées dans les provinces. Chaque propriétaire fut obligé de prendre les armes, ou ije payer un substitut, ou de se racheter par. le paiement d'une amende considérable.

■ Valentinien (Cod. Tbéodos., I.vn, tit. 13, teg. 3)

fixe la stalured'unsoldala cinq pieds sept pouces, c'est-atlrre a cinq pieds quatre pouces et demi, mesure d'Angle* terrefle pied d'Angleterre est plus petit que celui de France). — Elle avait été autrefois de cinq pieds dix pouces, et dans les plus beaux corps de six pieds romains. Sed tune erat amptior multitudo et plurcs sequebantur niiliïiamarmatam.(\'e£<À\us, de Re militari, l. i,C. S.) 1 Voye» les deux titres de FeterarUs et de FiliU Veteranorum, dans le septième livre du Code Thcodosien, L'âge où l'on exigeait d'eux le service militaire variait de vingt-cinq a seize ans. Si les fils des vétérans se présentaient avec uu cbeval , ils avaient le droit de servir dans la cavalerie Deux chevaux leur donnaient des privilèges importons.

Le rachat, qu'on réduisit à quarante-deux pièces d'or, nous donne une idée du prix exorbitant que se vendait un soldat, et de la répugnance avec laquelle le gouvernement accordait une dispense'.

Les Romains abâtardis avaient une telle horreur pour kt profession de soldat , que , pour en être dispensés, plusieurs jeunes hommes de l'Italie et des provinces se coupaient les doigts de la main droite, et cet abominable expédient fut d'un usage assez commun pour nécessiter la sévérité des lois', et un nom particulier dans la langue latine1.

L' admission des barbares dans les armées devint de jour eu jour plus commune , plus nécessaire et plus funeste. Les plus hardis des Scythes, des Goths et des Cermains, qui aimaient la guerre, trouvant plus de profit à défendre qu'à ravager les provinces, s'enrôlaient , non-seulement parmi les auxiliaires de leur nation ; ils étaient encore reçus dans les légions, et parmi les plus distinguées des troupes palatines. Admis familièrement chez les citoyens, ils apprenaient à mépriser leurs moeurs, et à imiter leurs arts ; ils secouèrent le respect que l'orgueil des Romains n'avait dû qu'à leur ignorance , et ils acquirent la

>C«de Tbéodos., 1. vu, lil. 13, lcg.7. Selon l'historien Socrate (Voyez Godcfroy, ail toc), l'empereur Valens exigeait quelquefois quatre-vingts pièces d'or pour ut soldai de recrue. La lot suivante énanec Irts-obsenrémeat que les esclave* Be seront •** admis iaterogâaa* UctLssinwrum mUitum turmat.

2 La personne et la propriété d'un chevalier romain qui avait mutilé ses deux Mis furent vendues à l'encan par ordre d'Auguste (Suétuoe, àiJug., e.27). U modératkw de eel babil» usurpaVeur prouve que l'esprit duleiups justifiait sa sévérité. Anunien distingue les Italiens cfrécjinés des robustes Gaulois (1. xv, c. 12). Cependant, quinze années après, Valentinien , dans une loi adressée au préfet de la Gaule , crut devoir ordonner de briller vifs ces laebes déserteurs ( Code Théodosiea, I. vu, tit. 13,leg. 6). Leur nombre en lllyrie était si considérable, (pic la province se plaignait de ne pouvoir y foire de recrues (IJ. Leg. 10).

3 On les ap pelai tMurcj. Murcùlus est employé par Piaule et Feslus pour désigner un homme paresseux et lâche , qui, selon Arnobe et saint Augustin , était sous la protection immédiate de la déesse luurcia. Les auteurs latins du moyen âge se servent du mol Mureare, comme synonyme île Nidilare, d'après ce trait singulier delàcbclé.(VoyeïLindenbrogiuscl Valcsius, aAÂmmxan. atwelHn.il X*. t. 12.)

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possession des avantages qui soutenaient encore la grandeur expirante (le leurs anciens maîtres. Les soldats barbares qui montraient des talens militaires arrivaient aux postes les plus importuns, sans exception. Les noms de tribuns, de comtes, de ducs et même de généraux, annoncent une origine étrangère qu'ils ne consentirent pas a déguiser. On leur confiait sauvent la conduite d'une guerre contre leurs compatriotes, et, quoique la pinpart préférassent les liens de la fidélité à ceux du sang, quelques-uns cependant furent ingrats, ou du moins soupçonnés d'entretenir une correspondance criminelle avec les ennemis ,de les favoriser dans leurs incursions, et de les épargner dans leur retraite, i Le fils de Constantin laissait gouverner bob palais et ses camps par une faction puissante de francs dont tous les ' membres avaient une liaison ferme et suivie entre eux et avec leurs compatriotes, et qui regardaient un affront fait à un des leurs comme une Insulte nationale'. Lorsque le tyran Calïgula fut soupçonné de vouloir donner la robe de consul à un candidat d une espèce tresextraordinaire, ce sacrilège aurait excité presqueautaat de surprise, si, au lieu d'us cheval , le chef le plus noble de la Germanie ou de la Bretagne avait été l'objet de son choix, La révolution de trois siècles avait fait un changement si considérable dans les préjugés du peuple, queConstantin fut approuvé des Romains, lorsqu'il donna l'exemple à ses successeurs d'accorder les honneurs du consulat mu barbaresquî méritaient par leurs talens et leurs services d'être classés dans le nombre des Romains les plus distingués'. Mais, comme ces audacieux vétérans, qui avaient été élevés dans l'Ignorance et dans le mépris

' Sfularictuu , adMbttit Francis , quorum ta UmpesCate inpataUo multitude /tombât , erecliu» jatn lorjaehatur tumultimbaturjiar. ( Ajjrraien Marcdlin Lxf.cS.)

* Barbara) omnium primas ad luque faices aux& ratettrabacontulares.Ammica, (l.«,e. 10), fcusebe (ùivittt Conilantini, 1. i,r.c.7) et Aurelius Victor semblent confirmer celle assertion; mais Je ne trouve pis lo nom d'un seul barbare dans tes trente-devi Fastes consulaires du régne de Constantin. Je croirai» dose que ce prince aceerda mx barbares les oraemens pJut+l que l'emploi de consul.

DÉCADENCE DE L'KMPIRE ROMAIN , (324 xlép, J.-C.)

des lois, n'étaient jamais admis à exercer a*cun emploi civil, l'essor de l'esprit humain était arrêté par rirréconciliable séparation des talens et des professions.. Os citoyens accomplis des républiques grecques et romaines , dont le génie brillait également au barreau, dans le sénat, dans les camps et dans les écoles, apprenaient a écrire, parler et agir avec la même habileté. ■

IV; Indépendamment des magistrats et des généraux qui exerçaient 'loin de In cour- l'autorité qu'on lenr avait- donnée sur les provinces ou sur les armées, l'empereur accordait le rang û'ilhtstrcx ù sept de ses ping intimes serviteurs, auxquels il confiait là sdretérie sa personne, cette de ses conseils et de ses trésors. .1° L'intérieur <ln palais était gouverné par un eunuque favori, qu'on nommait ntveposilut an préfet de (a thttmbrc sacrée, où le prince reposait. Son devorrérait'duccoMHWgner l'empereur dans ses conseils et dans set parties de plaisir, d'être toujours près de s» personne, et do lui rendre tous lès menus services dont la majesté royale -peut ««le faire la gloire et dissimuler la petitesse. Sees un prince digne derégner, le grand-diambet» Lan, car nous pouvons le nommer ainsi, n'était qu'un serviteur tuile et modeste; mais, sous un prince faible , la confiance est toujours la suite de la familiarité, et la complaisance donne bientôt au serviteur adroit «m ascendant qu'un mérite distingué et nne austère vertu parviennent rarement a -obtenir. 1 -es petits-fils dégénérés du grand Théodose, invisibles à la nation, et méprisés des ennemis, élevaient la préfet de leur chambre audessus de tous les ministres dn palais', et son substitut même, chef de cette pompeuse suite d'esclaves qui gardaient leur maître, avait le pas sur les rctpeciable» proconsuls de I» Grèce et de l'Asie. La juridiction du chambellan s'étendait sur les comtes ou sur-intendans chargés des deux emplois important de la table et de la garde-robe du prince1. 2°La

' Cod. Triéodos. , 1. ti.Ul. 8.

1 Par une singulière méupnore empruntée du caractère guerrier des premiers empereurs, l'intendant de leur maison senommait le comte de leur camp {cornes cas tixruû). Cisîlodore reprosenbit sérieusement au prince que sa réputation cl celle de tempi w dépendaient de l'opi-

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(321 -dep. S.-Q.) PAR ED. fil»BO&L €11. XVII.

principale administration des affaires publiques fut confiée à l'intelligence et à l'activ ité du naître des offices '; suprême magistrat du palais, il inspectait la discipline des écoles civile&etmilitaires, et recevait des appelsde toutes-les provinces de l'empire, dans les affaires qui concernaient la multitude de citoyens privilégies qui , commo . valets; de la cour, avaient pour enx et pour leurs familles le droit de décliner Ja juridiction de» autres tribunaux. Quatre icrirtiar ou bureaux, dont ce ministre d'état était le chef, conduisaient la correspondance du prince avec ses sujets. La premier bureau s'occupait des mémoires, le second des lettres, le troisième des demandes, et le quatrième des ordres et des expéditions de to nie. espèce. II. y avait, à la tète de chacun, un sousr-cbef, de l'ordre des respectable*, et le nombre total des commis montait à cent quarante-huit : ou les tirait ordinairement du barreau , à raison des extraits et des rapports qu'ils avaient sauvent l'occasion de faire dans l'exercice de leurs fonctions. Par use condescendance qui, dans les siècles précédons, aurait paru indigne de la majesté romaine, il y eut un secrétaire particulier pour la langue grecque, et l'on paya des inUrptètes pour recevoir les ambassadeurs des barbaries t mais le département des affaires étrangères! qui oonstkae aujourd'hui une partie s* essentielle de la poKitque moderne, intéressait peu le grand-maître ; il s'occupait plus sérieusement des postes et des arsenaux 4e l'empire , des compagnies d'ouvriers ■■■ placés dans trente - quatre villes, quinze à l'Orient et dix-neuf a ' l'Occident , qui fabriquaient continuellement des armes offensives^ défensives , et des macbmes de guerre que l'on déposait dans les arsenaux, pour les distribuer aux troupes dans l'occasion. 3° Dans le cours de neuf siècles, l'office

nioo qu'auraient les ambassadeurs étrangers de la profusion et de la magniucence de la table ravale. {Fariar. , L n, tpiit. 9. )

I Gutberius {de Offlciïs domutAugiuta, I. n, e. 20, 1. 3) a très-bien expliqué les fonctions du maître des offlces, et la constitution des scrinla qui dépendaient deluî. Hais, d'après des autorités douteuses, il essaie vainement de' faire remonter à l'époque des Antonio, ouaceUede Néron , l'origine d'un magistrat qu'on ne trouve pas dans l'histoire avuul !e règne de Constantin.

S77 de questeur avait essuyé de singuliers cliaugemensi Dans l'enfance de Borne, le peuple choisissait , tous les ans, deux magistrats inférieurs pour remplacer les consuls dans l'administration délicate et dangereuse des deniers publics*. Chaque proconsul ou prêteur, soit qu'il eût un commandement militaire ou provincial, avait ponr assesseur un de «es officiers. A mesure que Les conquêtes étendirent l'empire, les deux questeurs furent multipliés au nombre de quatre, de huit, de Vingt et enfin de quarante *. Les citoyens de la première classe sollicitaient un emploi qui leur donnait l'entrée du sénat, et l'espoir fondé d'obtenir les dignités de la république. Tant qu'Auguste affecta de maintenir la liberté des élections, il se réserva le droit de présenter, on pourrait dire de nommer, un certain nombre de candidats, et il choisissait ordinairement un de ces jeunes gens de distinction, pour lire dans le sénat ses oraisons et ses «pitres1. L'usage d'Auguste fat imité par ses successeurs; ils firent de celte fonction particulière un office permanent , et le questeur qui en fut revêtu survécut, sous un nom et un titre plus brillans, à la suppression de se&anciens et inutiles confrères*. Gomme

■ Tidt£{Amudes,n,22) dit que V* premiers questeurs ninatéta s par le peuple, soiiannvqnatr* ans aprti lafbndaUondelsrépaulitiueiniaUacrnitouelODg-tenips avant celte époque les consuls et même les rois les nommaient chaque année. D'autres écrivains contestent ce peint obscur d'antiquité.

ï Tacite (ieiii.)«mbie dire qu'Un'ï eut jamais plu» de TingLqnesteurs;etSion(l. mu,p. 374) insinue que, si le dictateur César en créa une fois quarante , ce ne fut que peur payer avec plus de facilité une immense dette de services; mats que son augmentation du nombre des préteurs Mbéuta tona le» régnes tatnttf.

■3 Suéton, la Auguat., t. 66, et Torrent., ad loe.; Dion Cassius, p. 355.

« Le Jeunesse et l'inexpérience des questeurs , qui , à lreute-«mqaiKIarriTairait*eetempteiimf>ortant<Llpa., Excan.tdftmt., Lin, D.) engagèrent Augustea leur 6terradn^i5U^U)ndulrés«.atudelcleitrrendil;mtii Néron les supprima tout-à-ftit (Tacite, Annales, un, 29; SuétoB.in^dg., c. 36; in Omd., fi. M; Dion, p. 69», 361, eu., Pline, epist. x.ao.etaiftO-DsnslespranQces du département de l'empire , tes procurateurs , ou , comme on les appela ensuite, les nationales, remplaçaient très-utilement tes questeurs (Dion Cassius, p. 707; Tacite, in vit. Agric, c. 15; Hill. Aug., p. 130); mais on trouve, jusqu'au régne de Marc-Auf fie une suite de .questeurs dans les provinces du sénat. (Voywlesuucrip-

les 01 aiosns qu'il composait bu nom de l'empereur * acquéraient la force, et, à la longue, la forme d'ordonnances absolues, il était devenu le représentant du pouvoir législatif, l'oncle du conseil et la source de tonte la jurisprudence. On l'invitait quelquefois à siéger dans le consistoire impérial, avec les préfets du prétoire et les grands-maîtres ; c'était à lui que les juges inférieurs s'adressaient pour décider les questions douteuses. Comme il ne s'occupait pas du détail des affaires ordinaires , il employait son loisir et ses talens à exercer ce style d'éloquence admirable , qui, malgré la corruption du goût et du langage, conserve encore la majesté des lois romaines*. On peut comparer, à quelques égards, l'office de questeur impérial à la charge moderne de chancelier; mais l'usage du grand sceau , dont l'invention parait appartenir à l'ignorance des barbares, ne fut jamais introduit dans les actes publies des empereurs. 4" Le titre extraordinaire de comte îles targettes fut donné au trésorier général du revenu , dans l'intention de persuader peut-être que chaque paiement était un don volontaire de l'empereur. Les forces de l'imagination la plus vigoureuse et la plus étendue ne suffiraient pas pour concevoir les détails presque infinis de la dépense annuelle et journalière qu'entraînent les administrations civiles et militaires d'un grand empire. La comptabilité seule occupait plusieurs centaines de commis, distribués en sept différentes classes, très-adroitement combinées

lions de G rater , 1** 1 dires de Elira , et un bit décisif dus l'Hist. Aug.,p. M. ) Ulpien nous apprend (Pandecl., 1. 1, lit. 13) quo. sous !e gouvernement de la maison de Sévère, leur administration dans les provinces fut supprimée, et qu'au milieu des troubles qui suivirent , le» élections annuelles ou triennales des questeurs durent cesser.

1 Cùmpatris nomine et epuioias ipse dictant, et edietaconscribtrctctiam quittions vice. (Suet., in til. c, 0.) Cet office dut acquérir un nouvel éclat, paisque l'héritier présomptif de l'empire l'exerça quelquefois. Trajan donna la même commission a Adrien, son questeur et son cousin. (Voyez îtoaveil, Pralection. Cambden ,x ,xi, p.362,3M.)

SarpUcUnu raponu ; — oranili r«l> lloqulo antre tua ; Me 4lgsiw n situant

Claudien , in Consulat. Mail. Theodot., 33. (Voyez aussi S ymmaque , Epût. , x, 17 ; et Cassiodore , Fariar. i

1 dep. J.v€.)

pour se contrôler réciproquement. Le nombre de ces agetis tendait toujours à s'augmenter, et l'on fut obligé plusieurs fois de renvoyer d'inutiles surnuméraires , qui avaient déserté les honorables travaux de la campagne pourse livrer avec ardeur à la partie lucrative des finances '.Vingt-neuf receveurs provinciaux, dont dix-huit avaient le titre de comtet, correspondaient avec le trésorier. Sa juridiction s'étendait sur les mines d'où l'on extra itlea métaux précieux, et sur les établissemens où ils étaient convertis en monnaie courante, et déposés pour le service de l'état Le commerce de l'empire avec l'étranger était conduit par ce ministre ; H dirigeait aussi les manufactures de toile et d'étoffes de laine, dans lesquelles les opérations successives de filature , de tissu et de teinture étaient exécutées principalement pur des femmes de condition servtte , pour l' usage du palais et des soldats. On comptait vingt-six de ces établissemens dans l'Occident, où les arts étaient plus récemment introduits, et l'on -doit en supposer un plus grand nombre dans les provinces industrieuses de l'Orient*. 5° Outre le revenu public qu'un monarque absolu peut lever et dépenser à son gré, les empereurs possédaient une propriété très-considérable, en qualité de citoyens les plus opulens. Elle était administrée par Le comte ou le trésorier du revenu particulier. Une parue provenait sans doute des anciens domaines des rois , des républiques subjuguées et de ce qu'y avaient ajouté successivement les différens monarques de l'empire; mais le principal de ce revenu venait de la source odieuse et impure des confiscations et des proscriptions. Les domaines de l'empereur étaient répandus dans toutes les provinces depuis la Mauritanie jusques a la Grande- Bretagne. Ce prince fut tenté par la richesse et la fertilité du sol de la Cappadoce d'y ac-

«Cod.Théodoï.,1. ti.Ut. 30iCodeJa*tlnieu, I. m , til. 24.

itjparUedebiivohna qui traite de l'Orient esltrèsilérectueusesurlesdépartemetisdes deux comtes du trésor. On peut observer qu'il y avait une caisse du tréaoe a Londres, et un grneceum ou une manufacture * Winchester. Mais la Bretagne ne lut pas jugée digne d'une iabrique de monnaie ou d'un arsenal. I.i Gaule seule avait trois fabriques de m

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(3M dep. J.-C.) quérir les plus belles possessions1, et Constantin ou ses successeurs saisirent l'occasion de couvrir leur avidité du masque d'un zèle religieux. Ils supprimèrent le riche temple de Comaoa , où le grand-prêtre de la déesse de la guerre Cuisait une dépense égale à celle d'un souverain. Ils s'approprièrent les terres habitées par six mille sujets ou esclaves de la divinité et de ses ministres* ; les hommes n'étaient pas les plus précieux habitons de cette contrée. Les plaines qui s'étendent du pied du mont Argée aux bords de la rivière de Sarus nourrissent une race Je chevaux estimés dans l'ancien monde, supérieurs à tons les autres par la beauté de leur structure et par leur incomparable vitesse. Ces superbes animaux étaient destinés an service du palais et des jeux impériaux'. La loi qni les déclarait sacrés défendait sévèrement de les souiller, en les vendant à des particuliers. Les domaines de la Cappadoce étaient assez, importons pour exiger l'inspection d'un renie* ; on plaça des officiers d'un rang inférieur dans ceux dn reste de l'empire; les représentans des trésoriers publics et particuliers conservèrent l'exercice indépendant de leurs emplois, et furent protégés dans toutes les occasions contre l'autorité des magistrat» de la province \6°et7°Les bandes choisies de cavalerie et d'infanterie qui gardaient la personne de l'empereur prenaient les ordres des comte* de* domettique*. Cette garde consistait en trois mille cinq cents hommes, partagés en sept écoles ou troupe»,

i Cod. Théodos. , I. n, lit. », loi 2, et Godefroy,

*Slrabon, Géographie, 1. in, p. 809. L'autre temple de Comana , dans le l'ont , était une colonie de celui de Cappadoce , 1. vi , p. 825. Le président de Brosses ( Ver. son Salhisle , t. 2 , p. '21 ) conjecture que la déesse adorée dans les deux temples de Comana était Betlis, la Vénus de l'Orient , Ta déesse de la génération , qat serait ainsi touta-lait différente de la déesse de la guerre,

1 Cod. Théodos. , 1. x, lit. 6, de Grege domâueo. Godefroy a recueilli tous les passages de l'antiquité relatifs aux drtraux de Cappadoce. Une des pins belles races , la' PrimatieMe, fut confisquée sur nn rebelle, dont les domaines étaient placés i environ seize railles de Thyana , prêt du firaudchemindeC.onslanlinuplea Auliuche.

* JasUnÎMi (nordl. ,30) soumit la prorince du comte de Cappadoce i i'autorilé immmédiate de l'eunuque favori qni présidait a la chambre sacrée.

s Cod. Théodos., Lti, lit. 30, lui. 4, etc.

chacune de cinq cents, cl les Arméniens étaient, en Orient, presque les seuls en possession de ce service honorable. Lorsque, dans les cérémonies publiques , ou les rangeait dans les cours et dans les portiques du palais, leur haute stature, leur discipline silencieuse, et leurs magnifiques armes brillantes d'or et d'argent, présentaient un spectacle digne de la grandeur romaine'. On tirait de ces sept écoles deux compagnies choisies, moitié à pied, moitié à cheval, desquelles on formait ta protecteurs; l'ambition des meilleurs soldats se bornait à obtenir une place dans cette troupe d'élite. Ils montaient la garde dans les apparlemens intérieurs , et c'étaient eux que leur maître chargeait d'exécuter, dans les provinces, les ordres qui demandaient du courage et de la célérité*. Le* comtes de* domestiquez avaient succédé aux préfet* du prétoire, et, du service du palais, ils aspirèrent, comme eux, au commandement des armées.

La communication entre la cour et les provinces fut facilitée par les constructions des routes et l'institution des postes. Deux ou trois cents agens ou messagers furent employés, sous les ordres du grand-maître, à annoncer aux provinces les noms des consuls de l'année, et les victoires des empereurs. Ayant pris peu à peu la coupable habitude de rapporter à la cour tout ce qu'ils pouvaient observer de la conduite des magistrats et des particuliers, ils furent regardes comme le* yeux, les espions du prince ', et le fléau des citoyens. Les craintes et les soupçons d'un règne faible les multiplièrent jusqu'au nombre incroyable de dix mille. Ils méprisèrent les fréquentes admonitions des lois, ils exercèrent dans la régie des postes les exactions les plus odieuses et les vexations les plus insolentes. Ces espions de cour , qui avaient

iPancirolns, p. 102-136. L'imposant appareil de ces domestiques militaires est décrit dans le poème latin de Corippus, Dr. lautlibus Justiniani , 1. ni , 157-179. I', 419, 420 de l'Appcudii , Hist. Byzantin., Rom., 1777.

i AmmienMarcellin, qui servit tant d'années, n'obtinl que le rang de protecteur. Les dit premiers de ces honorables soldats avaient le titre de ctarissimi.

iXénoplion, Cyropédie, 1. vm; Brisson, de Hcgno Penioo,]. i, n°190, p. 204. Les empereurs adoptèrent avec plaisir celle métaphore , oui venait de la Perse.

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une correspondance exacte avec le palais, furent encourages, par des faveurs et des récompenses, à veiller attentivement sur tout ce qui pourrait tendre ou ressembler à des complots, d'après des symptômes faibles et sourds de mécontentement et de dispositions à use révolte ouverte. Ils couvraient du masque révéré du zèle les (aux rapports qu'Us faisaient par négligence ou par perfidie, et lançaient impunément leurs traits perfides dans Le sein du criminel ou de l'innocent qui s'était attiré leur haine, ou qui avait refusé d'acheter leur silence. Un habitant des provinces les plus éloignées était exposé a la crainte et au danger d'être traîné sous le poids des chaînes jusqu'à Milan ou à Gonstantinople, pour y défendre sa vie contre les accusations insidieuses de ces délateurs privilégiés. L'administration adopta ces cruels moyens, qu'une extrême nécessité pourrait Seule rendre moins abominables ; elle suppléa aux défauts de preuves par des tortures dignes des tyrans qui les ont inventées '.

La trompeuse et féroce invention de la torture criminelle fut reçue, mais non pas approuvée par la jurisprudence des Romains. Ils en firent usage sur des esclaves, dont ces fiers républicains pesaient rarement l'infortune dans ta balance de la justice et de l'humanité. Mais ils ne consentirent jamais à violer la personne sacrée d'un citoyen, à moins que la preuve du crime ne fut évidente '. Les annales de la tyrannie, depuis le règne de Tibère jusqu'à celui de Domitien, détaillent les supplices d'un grand nombre de victimes innocentes. Mais aussi long-temps que la nation eut un faible souvenir de sa gloire et de sa liberté, un Romain fut jusqu'à la mort à l'abri d'une torture ignominieuse \

' Voje» sorte agmte» ùt rrbus, Ammten,l. xv, e. 9,l.m,e.6;l. «m, e. 7; ara te Nota furieuses de Valois. Cod. Théo**. , i. „, «t. W, 28, 29. De tons te trait» rassembles par Godefroy, dans son commentaire , IsplusimsranaWeesteeirideLibanias.dansson discours sur la mort de Julien.

J Le* Pandecto (I. aura, «t. 18) indiquent te opinions des plut célébra Jurisconsulte sur la torture. Ils la

s Lot» de la conspf raiî0D de Plstm , Epidiaris ( Ubertlu nralier) (M seule mise à la torture. Les autres twojaré*

(321 dep. J.-C.) Les magistrats des provinces ne suivirent ni les usages de la capitale , ni les maximes des gens de loi ; ils trouvèrent l'usage de la question établi, non-seulement chez Les esclaves de la tyrannie orientale, mais aussi chez les Macédoniens, qui n'obéissaient peint à un despote, chez les Rhodîens, et.même chez Ibb sages Athéniens, qui avaient soutenu et vengé souvent les droits de l'homme et de l'humanité '•

Cet odieux usage les excita à demander et peut-être à usurper le pouvoir arbitraire d'arracher des accusés vagabonds et plébéiens l'aveu de leurs crimes par les tourmens ; Us confondirent ensuite peu n peu les distinctions de rang, et ils dédaignèrent .les privilèges des citoyen» de. Rome, Les sujets, eflVayés sur. pe point, sollicitaient, et le souverain avait soin d'accorder des exemptions spéciales qui approuvaient tacitement, et même qui autorisaient l'usage de la torture. Tous les hommes de la classe des illut- Iret ou des konorabUt, les évoques, et leurs prêtres, les professeurs des arts libéraux, les soldats et leurs familles , les officiers municipaux et leur postérité jusqu'à la troisième génération, et tous les enfans au-dessous de l'âge de puberté n'y étaient point soumis *. Mais U s'introduisit une maxime fatale dans la nouvelle jurisprudence de L'empire ; le cas de trahison, qui comprenait toute espèce de délit que la subtilité des gens de loi pouvait déduire d'une intention hottiie envers le prince ou la république ', suspendait tous les privilèges et réduisait toutes les conditions au même niveau d'ignominie. Du moment où

turent intaeti fejrDsentfj.il serait superflu d'ajouter i» exemple plus faible, et il serait difficile d'en trouver u» plus fort. (Tacite, Annales, xv, 57.)

■ Dicéndum de instîtutis Jlhenientian,

Rhodionrm , doetUtimonm hominum , dpitd quoi etiam(id quod accrbissimiim est) liberi, civetque torquenttw ( Clceron , Partitions oratoires , e. 34. ) L'histoire de Philo tas n uns Instruit de l'usage des Maeédonlens.(Diod.deSicile,l.xïu,p.0O4.Qn3nte-Cure,l.v,c.110

* Heinccdus (Elemrnta juris avilis, part. 7, p. 8( )a (ait le tableau de ces exemptions.

s Cette définition du sage Ulpien ( Pandedes , I. «rai, til. 4) paratt aroh- été adoptée dans la cour de Caracalla plutôt que dans celle d'Alexandre Serere. (Voya te Codes de Théodosien et de Jnstinien, ad Ugem JuRam majettatit.)

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(3M dep. J.-C.) l'on mit la sûreté de l'empereur au-dessus de toutes les considérations de ta justice et de l'humanité* ,' on soumit aux plus cruelles tortures les vieillards et les enfans ; et les citoyens principaux du monde romain avaient toujours à craindre qu'un vil délateur ne les dénonçât comme complices et même comme témoins d'un crime peut-être imaginaire l. Quelque terribles 'que ces maux puissent hors paraître -, 3s ne tombaient que sur un petit nombre de sujets romains , dont les dangers étaient, en quelque façon, compensés par les avantages de la nature ou de la fortune qui les exposait à la jalousie du monarque. Ces minions d'habitans obscurs d'un grand empire ont moins à craindre de la cruauté que de l'avarice de leur maître. Leur humble bonheur n'est troublé que par l'excès des impositions , qui, passant légèrement sur les citoyens opulens, tombent, en doublant de poids et de 'vitesse ^ Sur la classe faible et indigente de la société. Un philosophe ingénieux * a calculé la mesure universelle des taxes publiques, par tes degrés de servitude et de liberté, et il établit comme une règle invariable de la nature, qu'on peut lever des tributs plus forts eu proportion de la liberté des sujets, et qu'on est forcé de les modérer 4 mesure 'que la servitude augmente; mais l'histoire ufc l'empiré romain ne confirme pas la vérité de «ette réflexion, par le reproche qu'elle fait à ses' empereurs d'avoir en même temps 'dépottiflé le sénat tic son autorité, et les provinces de leurs richesses. : Sans aboi '& les droite ont tes marchandises, que l'acquéreur acquitte comme un tribut volontaire dont 11 peut se dispenser, Constantin et ses successeurs préférèrent une taxe simple et directe, prou conforme du géoied'nn gouvernement arbitraire1.

' Arcadius Cbarisius est le premier des jurisconsultes rite dans les Pandectes nui ait osé justifier l'usage unitend de la torture dans touslcs cas de trahison; mai* pUuieanloU des «necassems de Constantin donnent de la force ». cette maxime de tyrannie , qu'Ammie» adrael ateeeflWd. stt.e. 12). (Voyez le Code Tneodos., I, •x. 1H.3S. In nuijettatis ciimine omnibus aqua est •xndtiïo. ) .

ïMwjjesfjOeu . Esprit des Lois , L nu, e. 12.

»M,Hus»^Essai»,ïoU,i,p.3»)&U des remarques "0 exacts sur ce. point. .......

Le nom et l'usage des indictions ', dont on se sert pour fixer la chronologie du moyenâge, sont tirés d'une coutume relative aux tributs romains *. L'empereur signait de sa main, et en caractères de couleur pourpre, ledit solennel , ou indiction , qu'on exposait publiquement dons la principale ville de chaque diocèse, pendant les deux mois de juillet et d'août. Par une liaison d'idées très-naturelle , le nom d'indtctîon fut donné a la mesure du tribut qu'il ordonnait, et au temps de l'année fixé pour le paiement. Cette estimation générale des subsides était proportionnée aux besoins réels de l'état, et à ceux qui n'étaient qu'imaginaires. Tontes les fois que la dépense excédait la recette, on que la recette rendait moins qu'elle n'avait été évaluée, on y ajoutait un supplément de taxe, sons le nom de tuperindietion ; et les préfets du prétoire jouîssaientdetouslesattributs de la souveraineté dans certaines occasions où il leur était permis de pourvoir, selon leurs prévisions, aux besoins extraordinaires et imprévus du service de l'état. L'exécution de ces lois, dont il serait trop fastidieux de suivre les détails, consistait en deux opérations distinctes: 1° à réduire l'imposition générale en particulière, et a fixer la somme que devaient payer chaque province , chaque ville , et enfin «taaqne sujet de l'empire romain; 2" a recueillir les différentes impositions, étales verser dans les coffres de l'empereur. Mais comme le compte était toujours ouvert entre le prince et le sujet; et que la nouvelle de-* mande venait avant que la précédente fût entièrement acquittée, la lourde machine des finances était , pendant toute l'année, dans ses mêmes mains. Tout ce qu'il y avait d*îm-i portant et d'honorable dans cette administra-

. i La cour de Rome se sert encore aujourd'hui du cycle des iuditt ions , dont l'origine remonte an règne de Constance, du peut-être «celui de son pire Constantin; nuis elle a eu raison de fixer le commencement de l'année au premier janvier, (Voyez l'Art de vérifier les dates, p. 11, et le Dictionnaire raisonnéde la Diplomatique,!. 2, p. 36, deux traites exacts que nous devons aux Béaédktius.)

1 Les vingt-nuit premiers titres du onzième livre du Code Théodosieu sont pleins de reglemens détaillés sur le sujet important des tributs ; nuis ils supposent une connaissance des principes fondamentaux admis daas l'eu». pire,plusiieUen^eB<)iWDeDwvorwl'aeque/iraBiourdhui.

tion était confié à la sagesse des préfets et de leurs représentai!» provinciaux. Une foule d'officiers (Ton rang inférieur réclamait ces fonctions lucratives; les nos dépendaient du trésorier, les antres du gouverneur de la province; et, dans les inévitables conflits d'une juridiction incertaine , ils trouvaient tous de fréquentes occasions de se disputer tes dépouilles du peuple. Les emplois pénibles, qui ne pouvaient procurer à leurs possesseurs que la haine du peuple, les reproches et les dangers, étaient donnés à des décurions, dont les communautés des villes étaient composées, et qne la sévérité des lois impériales avait condamnés à soutenir le poids de In société publique '. Tontes tes terres de l'état, sans excepter le patrimoine de l'empereur, étaient assujetties à la taie ordinaire, et chaque nouveau propriétaire était tenu des dettes de l'ancien. Un cens et un cadastre exact auraient été * le seul moyen équitable de fixer ce que chaque citoyen devait pour sa contribution au service public; et il parait que , depuis la trop fameuse époque des irtdictions , cette opération se répétait tous les quinze ans. Des inspecteurs envoyés dans les provinces arpentaient toutes les terres. On stipulait dans les registres l'espèce de la culture, comme pré, vigne, ou bois; et l'on faisait une estimation de la valeur moyenne , d'après le revenu de cinq ans. On comptait les esclaves, les chevaux, lesbètes à corne, etc. Les propriétaires étaient contraints de déclarer tout ce qu'ils possédaient, et d'affirmer par serment la vérité de leur déclaration; on faisait les recherches les plus minutieuses, ei la moindre prévarication était punie comme un crime capital, qui joignait le sacrilège à la trahison '. Une forte partie du tribut devait être payée en espèces , et on ne recevait

< Le titre sur In Décorions ( 1. xn , lit . 1) est le plu» étendu de tous ceux du Code Tbéodosieu. 11 ne contient pas moins décent quatre-vingt-douze lois , qui ont pour but de déterminer les devoirs et les privilèges de cette classe Mile de citoyens,

5 Babcmus enim et hominum numerum quidetati tant , et agrûm modum. Eumenius , in Paoegyr. Vct., nu, 6. ( Voyez Cod. Théodos. , 1. mi, lit. 10 et 11 , ftTecteCommeirtairede Godefroj.)

* Si quis sacrilrga vîtem faire sucridirit , autferaeiitm ramorum fœtus hebetaverit, quod dedinet fidem

(324 dep. J.-C.) qne la monnaie d'or *. Le surplus était levé d'une manière encore pins vexaloîre. Le produit des différentes terres ou cultures , comme le vin , l'huile , le blé , le bois , ou le fer, devait être conduit dans les magasins impériaux parles propriétaires, ou au moins à leurs frais. Les commissaires dn trésor étaient souvent forcés dé faire de très-gros achats, malgré le produit de l'indktion ; il leur était expressément défendu d'accorder la moindre remise sur l'impôt en nature-, ou d'en accepter même la valeur en argent. Cette méthode peut servir à recueillir dans une petite communauté naissante des dons presque volontaires ; mais susceptible à la fois de beaucoup d'abus d'une part, et de beaucoup de rigueur de l'antre, elle expose, dans un gouvernement despotique et corrompu, n une guerre continuelle, entre la fraude et l'oppression ". La culture des provinces romaines fut détruite peu à peu , et les progrès dn despotisme , qui tend toujours a sa propre ruine, obligèrent souvent l'empereur à se faire un mérite de remettre à ses sujets des dettes ou des tributs qu'il leur était impossible de payer. Dans la nouvelle division de l'Italie , l'heureuse et fertile province de la Campante s'étendait entre la mer et l'Apennin, depuis le Tibre jusqu'au Silare. Elle avait été le théâtre des premières victoires romaines , et un grand nombre de citoyens y jouissaient de retraites délicieuses. Environ soixante ans après la mort de Constantin , on

censwim , et mentiatur callide paitpertatis ingauitm, inox detectus , capitale subibit exiiium , etbonaejus inflscijuramtgrabunt. (Cod. Théodos., 1. mi, tit. 11 , loti.) Quoique cette loi ait été rendue obaeun a dessein.

la disproportion de la peine.

< L'éionnement de Pline aurait cessé. Equidem mirer P. R. vietU gentibus argentum semper imperitaise, norraurum. (Hisl. Hat. , rain.lS. )

a On adopta quelques expédient (Voyex. Cod. Théodos., 1. », til. '1 , ad Cod Justiniam. , 1. i , tit. W , toi 1 , 2, 3) pour empêcher les magistral* d'abuser de leur autorité , lorsqu'ils exigeraient on qu'il» achèteraient dn blé ; nuls ceux qui avaient assez de lumières pottr lire le* oraisons de Cieéron contre Verres (33 d» fhmtento) pewnSent connalU-e les divers abus d'iaterlté , rdativemeftt au poids, au prix, a la qualité et aux transports 4» grains ; et, dans tons les cas, la capldilé d'an gouverneur qui ne savait pas lire suppléait i rianonawe d» peuple et de l'exemple antérieur.

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{3M dcp. J.-C.) l'ut obligé, d'après une nouvelle inspection, faite avec soin sur les lieux, d'exempter de tout tribut trois cent trente mille acres de terres incultes et désertes. On ne peut attribuer cette affreuse désolation qu'à la mau- TaUc Administration des empereurs romains, dans uu temps où les barbares n'avaient point encore pu pénétrer en Italie '.

La répartition semblait réunir, soit à dessein, soit par hasard, les Tonnes d'une taxe territoriale à celle d'une capitation ". Les comptes qu'envoyait chaque ville ou chaque district spécifiaient te nombre des sujets tributaires, et le montant des impositions publiques. On divisait la somme totale parle nombre des têtes; on disait communément que telle province contenait tant de têtes de tribut, et que chaque tête payait telle somme. Cette opinion n'était pas reçue du peuple seulement, mais elle était admise dans le calent fiscal. La valenr de ce tribut personnel a sans doute varié avec les circonstances. Hais on a conservé la mémoire d'un fait curieux et d'autant plus frappant, qu'il s'agit d'une des riches provinces de l'empire, aujourd'hui le plus puissant royaume de l'Europe. Les ministres de Constance avaient épuisé les richesses de la Gaule , eu exigeant viugt-six pièces d'or pour le tribut de chaque habitant. Mais la politique humaine de son successeur réduisit à sept pièces * cette énorme capitatiou. En prenant un terme moyen entre la plus grande vexation et une indulgence passagère, on peut évaluer le tribut ordinaire d'un Gaulois à sept pièces d'or, ou neuf livres sterling * ; mais ce calcul , on plutôt les

i Cod. TMmIm.,1. xi, tu. 28, toi 3, publiée le 24 manu A. D. 395 , par l'empereur BonorUu , deux mois après la m»rt de «on père Théodoae. 11 parle de 528, 042 arpea* reanias, que j'ai réduits à la mesure d'Angleterre. Ujugenan contenu 3&8N pieds carrés.

* Godefroy ( Cod. Tbesdaa., t. 6, p. 11) neutre de l'antïljoo et de Injustes» daus ses rwaarquessurlac»pûaiioe; nais, en expliquant le eapat comme une portion m mesura de la propriété , il exclut d'une manière trop aJMabui l'idée d'une taxe personnelle.

■* Quid profitent < JnUanut ) anhelaniibus extrema pemria Gaitit, tûne ma^Um daret , quodprimitai ea* portée ttingrmtut , pro oapitibm tingulis tribuii ne-mine vicenas gainât aurcos reperit fiagiiari;dk-

PAtl ÉD. 'GlfiBOK. Cil. XVII.

«.(Ara

* Lorsqu'il s'agit de l'évaluation d'une w

faits sur lesquels il est appuyé , offrent à la réflexion deux difficultés ; on sera surpris et de l'égalité et de l'énormité de cette capitation. En essayant d'en donner la raison, peutêtre jetterai-je quelque lumière sur l'état où étaient alors les finances de cet empire a son déclin.

1° Il est évident que l'inégalité de fortune parmi tes hommes est l'effet de l'immuable constitution de la nature humaine , et que tant qu'elle subsistera, une taxe générale qui serait imposée indistinctement sur tous les habitons d'un royaume, ne donnerait ausouverain qu'ua faible revenu priverait le plus grand nombre de ses sujets de subsistance. La théorie de la capitation romaine a pu être fondée sur ce calcul d'égalité ; mais, dans la pratique , l'injustice disparaissait , parce que l'imposition était levée comme réelle, et non pas comme personnelle. Plusieurs pauvres citoyens réunis ne formaient qu'une tête, ou une port de la taxe , tandis qu'un riche propriétaire représentait, à raison de sa forlune, plusieurs de ces tètes imaginaires. Dans une requête poétique adressée à un des derniers et des plus vertueux empereurs romains qui aient régné sur les Gaules, Sidonius Apollinaris personnifie sa part du tribut sous la figure d'un triple monstre, te Géryon de la fable; et il supplie le nouvel Hercule de lui sauver la vie en lui abattant trois , têtes '. La fortune de Sidonius était sans

sous Constantin et ses successeurs, on peut recourir i l'excellent discours de M. Greaws sur le Denarius. On y trouvera la preuve des principes suif ans: 1" nue la livre romaine , ancienne et moderne , contenant 6,256 grains , poids de Troie, esl d'environ un douzième moindre que la livre anglaise , qui contient 6,760 des mêmes grains ; 2* que la livre d'or, antérieurement divisée en quarantehuit aura, donnait alors A la monnaie soixante-douze pièces qui étaient plus petites, mais qui avaient la même dénomination ; 3" que cinq de ces aarei étaient l'équivalent égal d'une livre d'argent, et qu'ainsi la livre d'or s'échangeait contre quatre livres huit onces d'argent , poids de Rome, ou contre environ treize livres, poidi d'Angleterre; 4" que la livre d'argent, poids d'Angleterre, donne soixante-deux schillings a la fabrication. On peut, d'après ces élémens, évaluer a quarante livres sterling» la livre d'or romaine qu'on emploie ordinairement pour compter les grandes sommes, el par-la déterminer k cours de l'once i un peu plus de onie schellings.

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doute fort au-dessus tle celle d'un poète, ordinaire; mais, pour suivre l'allégorie, il aurait fallu qu'il peignît les nobles de la Gaule sous la forme de l'hydre qui dévastait toute une province, ei dévorait, en un jour, la substancedecent familles.

On ne peut raisonnablement croire que la somme de neuf livres sterlings ait été la mesure proportionnelle de la capîtation des Gaules, et l'on en sentira mieux l'impossibilité, sï l'on examine le rapport de ce même pays aujourd'hui riche, industrieux , et affectionné à son monarque. Il est impossible de porter les taxes de la France au-dessus de dix-huit millions sterlings, qui doivent être répartis entre vingt-quatre millions d'babitans . Sept millions d'entre eux, soit pères, frères ou maris, acquittent le tribut du reste, composé de femmes et d'enfans. La contribution de chacun de ces sept millions d'individus n'excède guères cinquante sbelb'ngs d'Angleterre, ou environ cinquante-six livres tournois ; et cette somme est presque quatre fois au-dessous de celle que payait annuellement un Gaulois. Cette <li If éren cornent beaucoup plus du changement qu'a éprouvé la civilisation de la France, que de la rareté ou de l'abondance relative des espèces d'or et - d'argent. Dans un pays où la liberté est l'apanage de tous les sujets, la masse totale des impôts sur lu propriété ou sur les consommations peut être répartie sur tous les sujets ; mais la plus grande partie des terres de la Gaule et des autres provinces romaines étaient cultivées par des esclaves , ou par des paysans dont l'état précaire n'était qu'un esclavage mitigé ', Les pauvres travaillaient pour les riches et vivaient à leurs dépens ; et comme l'on n'inscrivait sur le rôle des impositions que ceux qui avaient une certaine propriété, le petit nombre des contribuables

D'après la réputation du pire Syrmoud , je m'attendais i trouver une Dole plus satisfaisante ( p. 144) , sur ce passage remarquable. Les mots tuo vel suorum iwmùie, annoncent rembarras du commentateur. '

i Cod. Théodos.,l.ï,tit. 9, 10 et 11 ( Cod. Jnstinkn, 1. », Lit. 63. Coloiù appeUanlur qui caiulitioaem dehent genitali solo , propter agricalturam sub dominio poueisorum. (Augustin; de Civ. Dtt ,4. i , c 1.)

EMPIRE ROMAIN, (324 dtp. L«.)

explique et justifie ce qui paraissait injuste dans le taux de leur impôt. Ou sentira mieux la vérité de cette observation, à t'aide d'u exemple. Les Axluens , une des tribus les plus puissantes et les plus civiliséesde la Gaule, occupaient les deux diocèses1 de Neven et d'Autun, dont la population monte aujourd'hui à plus de cinq cent mille habitats; et ra y joignant le territoire* de Chàlonsetde Maçon, qui y était probablement compris, alors on trouve huit cent mille âmes. Sous le règne de Constantin, les jEduens n'étaient compris dans les rôles que pour trente-cinq mille têtes de capîtation, et sept mille étaient exempts de tout tribut, parce qu'ils étaient ', hors d'état d'en payer*.

Ces remarques paraissent justifier l'opinûM . d'un ingénieux historien *, qui prétend que l'empire n'avait pas plus de cinq cent mille lètes ou contribuables inscrits sur les registres du fisc. Et si dans l'administration ordinaire du gouvernement, les paiemens annuels pouvaient être calculés à quatre millions et demi sterlings, environ quatre-vingt-huit millions tournois, il s'ensuit que , quoique la pari de chaque citoyen fut des trois quarts plus forte

■ L'ancienne Juridiction d'Autan {Jugustodunum} , en Bourgogne , comprimait le territoire adjacent fc Neven { Noviodunum.) ( Voyez d'Aaville, Notice àt l'ancienne Gaule, p. 491. ) Le diottee d'Autun est aiqowd'bui compose de 810 , et celui de Revers de 160 parois». Lé relevé des registres de onie années sur 478 paroisses de b même province de Bourgogne , calculé d'après b proportion modérée de 1 a 25 ( V. MesKHtw , RecfeerdHtv taipQpulaliou.p. 142), nousaulorist a donner un nembn moyen de 656 personnes a chaque paraisse; e.1, si» P* tiplie ce nombre par 770, nombre des paroisses des diocèses de Meren et d'Autun , on trouvent 505,120 habitais sur l'étendue de pars quInbuaieM autrefois- les *toras.

» La popubtion dos diocèses de Cbltau («nbOtamO eldeMàcon(jtfoiiico) paraît être de 301,750 babils», puisque l'un a200et l'autre 260 paroisses. Des raison très-spécieuses autorisent celte addition. P Cbàlons fl MâconBe trouvaient mcoDtestablementdarrs la JnridiflrM primitit* des /Educns (Voy«-d'Air*ille, Notice, p. (W- 443 );2"bffe(iaadeU Gaule les indique non paswnM civitatu, mais comme castra; 3* ils ne devinrent 1* siège de deux évèques qu'au cinquième et an sfriène aède. Au reste , un passage d'Eumenlos (Panegrr. (W„ rnr, 7) vous arrête avec force, lorsque vous voulo (Ici dre le district des «dans , seul le règne de Centatfii , le long des beHes rives de U Saône.

SEamenlns.iAAtMKp'.net, vnt,1t.

* L'abbé Dnfcos , HaMr*eritt«.8« de la ■ unm* Française, t. », p. 13t. - - " ' "

{3*+d«pv J.-C.)

PAR ÉD. GIBBON. Cfl. XVIÏ.

qu'aujourd'hui, la Gaule, comme province romaine, ne payait cependant qu'un quart de ce que la France paie de nos jours. Les exactions de Constance portèrent les tributs à sept millions sterlings, ou cent cinquantequatre millions tournois; ils furent réduits à deux millions sterlings, ou quarante-quatre millions tournois, par ta sagesse ou l'humanité de Julien.

Mais comme une nombreuse et opulente classe de citoyens se trouvait exempte d'une taxe ou capilation qui ne frappait que sur les propriétaires des terres , les empereurs f qui voulaient aussi partager les richesses dont l'art et le travail est la source, et qui ne consistent qu'en argent Comptant, imposèrent personnellement tous ceux, de leurs sujets qui s'occupaient du commerce '. Ils accordèrent à la vérité quelques exemptions à ceux qui vendaient le produit de leurs propres domaines, et quelques faveurs a la profession des arts libéraux; mats toute autre espèce de commerce ou d'industrie fut traitée rigoureusement par les lois. L'honorable marchand d'Alexandrie qui rapportait dans r empire les diamans et les épîces de l'Inde, le vil usurier qui tirait de son argent un revenu ignominieux-, l'ingénienx manufacturier, l'adroit mécanicien, et jusqu'au plus Obscur détaillant d'un village écarté , tous étaient obligés de donner, a,ux préposés du fisc, connaissance de leur recette et de leur profit ; et le souverain d'un grand empire consentait à partager 1c gain honteux des Infâmes professions qu'il tolérait. Comme on ne levait que tous les .quatre nos la taxe assise sur l'industrie, on la nommait la contribution lustrale. On peut lire les- lamentations de l'historien Zosime ', snr rapproche de la fatale période, annoncée par les terreurs et par les larmes des citoyens, qui se trouvaient souvent forcés d'usé* des ressources les plus humiliantes pour se procurer la- somme qu'on extorquait à leur misère par la crainte des chitimens. Le témoignage de Zosime peut, à la- vérité, parai-

« Vojtt WMe aéodos, L un, lit. tel \. iZowme.Ln, p. ils, Upurui j «roirMnnt dspwlion et de prérestMm iam.it wproeta.de Zotisw que dans

feW docteur HolweU (Bit tory ofUtetrmU, «LA* VU- G1BB0B, I.

tre suspect; mais la nature de ce tribut suffit pour démontrer que sa répartition devait être arbitraire, et sa perception rigoureuse. Les richesses secrètes du commerce, et les profits précaires du travail et de l'art ne sont susceptibles que d'une estimation modérée , qui est rarement désavantageuse à l'état. Le commerçant ne pouvant offrir pour caution de son paiement des terres et des récoltes à saisir, toute sa solvabilité consiste dans sa personne; et l'on ne peut guère le contraindre que par des punitions corporelles '. Les cruautés que l'on exerçait sur les débiteurs insolvables sont attestées par Constantin luimême dans un édii respectable, où il proscrit l'usage du fouet et des tortures, et accorde nnc prison spacieuse et aérée pour le lieu de la détention.

' Ces taxes générales étaient imposées et perçues par l'autorité absolue des empereurs , mais les offrandes accidentelles des couronnes d'or conservèrent toujours le nom et l'apparence de dons volontaires. C'était une ancienne coutume chez les alliés qui devaient on leur délivrance ou leur sûreté aux années romaines, même dans les villes de l'Italie qui admiraient les vertus de leurs généraux , d'enrichir la pompe de leur triomphe par le don volontaire d'une' couronne (for que l'on plaçait , après la cérémonie, dans le temple de Jupiter, comme un monument durable qui rappelait à la postérité le souvenir de la victoire et celui dn vainqueur. Ce zèle et l'adulation eu multiplièrent bientôt le nombre , et en augmentèrent le poids. Le triomphe de César fut orné de deux mille huit cent vingtdeux conronnes d'or massif, dont le poids montait à vingt mille quatre cents livres d'or. Le prudent dictateur fit fondre immédiatement ce trésor, convaincu que ses soldats en tireraient plus d'usage que les dieux. Son exemple fut suivi par ses successeurs, et l'on convint de convertir ces magnifiques ornemens en une somme d'argent , au coin de l'empire *. L'offrande libre fut à la fin exigée «oinme-ane dette de rigueur; et, an lieu de la

» Cod. TWodos.,1. ti, lit. 7 lot 3,

i Vovez LipsltK, deMagiittadUieromana, 1. ii.c.O. ï/ftpagne tungotMtae effrit A l'empereur Claude une couronne qui 'peutt test cents Jfws , et in fiante loi ni

restreindre aux cérémonies d'an triomphe, on [a demandait aux différente» provinces et aux villes de l'empire, toutes les fois que le monarque daignait annoncer ou son avènement, ou son consulat, ou la naissance d'un prince , ou la création d'un césar , ou une victoire sur les barbares, ou enfin quelque autre événement réel ou imaginaire qu'il jugeait propre à être inscrit dans les annales de son règne. Le don particulier du sénat romain était fixé par l'usage à seize cents livres d'or , environ soixante-quatre mille livres sterlings, ou à pen près seize cent mille livres tournois. LeB citoyens opprimés se félicitaient de l'indulgence avec laquelle le souverain daignait accepter ce faible témoignage de leur reconnaissance et de leur fidélité '.

. Un penple enflammé par l'orgueil , ou aigri par le malheur, est rarement susceptible de juger sainement sa propre situation. Les sujets de Constantin n'apercevaient ni le déclin du génie, ni celui delà vertu, qui iea rendait si différens de leurs ancêtres. Mais ils sentaient douloureusement les vexations de la tyrannie, le relâchement de la discipline, et l'augmentation énorme des impositions. L'historien impartial, en reconnaissant la justice de leurs plaintes, remarque avec plaisir quelques précautions prises ahjts pour adoucie leur esclavage. L'irruption menaçante des barbares qui détruisirent les fondemens de la grandeur romaine était encore arrêtée ou repoussée snr les frontières. Les sciences et les arts étaient cultivés , et les habitans d'une grande partie du globe jouissaient des plaisirs séduisans de la société. La forme, la pompe et les dépenses de l'administration civile contribuaient à contenir la licence des soldats ; et quoique les lois fussent souvent ou violées par le despotisme , ou corrompues par l'artifice, les sages principes de la jurisprudence romaine maintinrent un fonds d'ordre et d'équité inconnu aux gouvernemens absolus de l'Orient. Les droits de l'homme

offrit une seconde qui en pesait neuf «ails. J'ai suivi la correction raisonnable de Lipsius.

1 Cad. Tbeodos., 1. m, lit. 13. Les sénateurs passaient pour affranebig de Xaurum eoronarium, mais Vauri cbiatio, qu'on uigeiU d'eux, «tait srêciaénent de la

(M4;dep,J.-C.)

étaient encore protégés par la religion et par la philosophie ; et l'antique nom, de liberté, qui n'alarmait plus les successeurs d'Auguste, pouvait encore leur rappeler que tons leurs sujets n'étaient pas des esclaves ou des barbares1. -

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