‹ Histoire de la décadence et la chute de l'Empire romainChapitre 28 sur 85 · MU · texte numérisé non relu

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PAR EH. GIBBON. Gif: XVill.

donnait le gouvernement. Le jeune Constantin tenait sa cour dans Les Gaules ; sou frère Constant! « avait échangé cet ancien patrimoine de son père pour les contrées plus riches et moins exposées de l'Orient. L'Italie, rillyrie occidentale, l'Afrique» obéissaient a Constat», le troisième des fils et le représentant du grand Constantin. On plaça Dalmatius sur les frontières de la Gothie, à laquelle os joignit le gouvernement de la ïurace, de la Grèce et de la Macédoine. La ville de Césarée fut choisie pour la résidence d'Annibalianas, et les provinces du Pont, de la Cappadoce et de la Petite-Arménie, composèrent l'étendus de son nouveau royaume. Chacun de ces princes eut un reveau fixe et convenable , un sombre de gardes , de légions et d'auxiliaires proportionné a leur dignité et a la défense de leur département. Constantin leur avait donné pour ministres et pour généraux des hommes sur la fidélité desquels il pouvait compter, et qu'il connaissait capables d'aider et même de conduire ces jeunes souverains dans l'exercice de l'autorité qui leur était confiée. Il en augmentait insensiblement l'étendue, en proportion de leur âge et de leur- expérience. Mais il se réservait à lui seul le titre d'auguste ; et, tandisqu'il montrait les césars aux armées et aux provinces, il maintenait également toutes les parties de l'empire dans l'obéissance supérieure qu'elles devaient a leur chef1. La tranquillité des quatorze dernières années de son règne fut à peine interrompue par la méprisable rébellion de l'île de Chypre1 , et la part que la politique de Constantin crut devoir prendre à la guerre des Gotha et des Sarmates.

Panai las diverses branches de la race humaine, les Sarmates semblent former une

i£usebe(l. rr,e. 51,52), qui Teut exalter l'autorité et la Gloire <k Constantin , assure qu'il flt le partage de l'empire romain, comme un citoyen aurait but le partage de son iwtrimuioe. On peut lira d'Eutrnpe , des deux Victor etdufragmeat de Valois ladwision qu'il établit pour les provinces .

3 Calocenu ,1e chef obscur de cette rébellion , ou plutôt de cette émeute, fut pris par la rigilaueedeualmatiiu, et brûlé vit au milieu du marché de Taise. Vorez Victor l'alité ,1a Chronique de Jérôme, et les traditions incertaines rapportera par Théophaae et Cedreuuî.

espèce particulière qui réunit les mœurs et les usages des barbares de l'Asie à la figure et a la couleur des anciens habitans de l'Europe. Selon les différentes conjonctures de la paix ou de la guerre , des alliances ou des conquêtes, les Sarmates étaient resserrés sur les bords du Tanoïs , ou s'étendaient sur les immenses plaines qui séparent le Tanaïs du Volga1. Le soin de leurs troupeaux, la chasse et la guerre, ou plutôt le brigandage, dirigeaient leurs courses vagabondes. Les campa ou les villes ambulantes qui servaient de retraite à leurs femmes et à leurs enfans , n'étaient, composées que de vastes chariots , tirés par des bœufs , et couverts en forme de tentes. Leurs forces militaires ne consistaient qu'en cavalerie; et l'habitude que chaque cavalier avait de conduire en main un ou deux chevaux de remonte, leur facilitait les moyens de fondre à l'imprévu sur des ennemis éloignés , et d'éviter leur poursuite par la rapidité de leur retraite*.

Leur grossière industrie avait suppléé à l'usage du fer.dont ils manquaient , par l'invention d'une cuirasse qui résistait à l'épéc et au javelot. Elle était faite de corne de cheval, coupée en tranches minces et unies, posées avec soin les unes sur les autres, et cousuesentre deux étoffes qu'ils portaient sous leur vêtement*. Les armes offensives des Sarmates consistaient en un court poignard, nne longue lance , un arc fort pesant et un carquois rempli de flèches. Ils étaient réduits à la nécessité de se servir d'os de poissons pour faire les tranchons et les pointe» de leurs armes. L'usage de les tremper dans une liqueur venimeuse qui rendait les blessures mortelles prouve assez leur barbare ignorance. Vn peuple qui aurait eu quelque sentiment d'hu-

i Cellarlus a recueilli les opinions des anciens sur la Sarmatic d'Europe et d'Asie; et M. d'AlfOJ* lésa appliquées a 1* géographie moderne , arec la sagacité et l'eiac tltude qui distinguent toujours cet excellent écrivain.

lAmmien, l.ira.C 12. [^Sarmates coupaient leurs chevaux afin de prévenir les accldens que pouvaient occasioner les passions bruyantes et invincibles des maies.

spausani», 1. i,p. 50, Mit. de Khun. Ce voyageur, avide de connaissances, a examiné avec soin une cuirasse de Sarmate, qu'où conservait dans le temple d'KscuIape à Athènes.

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inanité aurait abhorré cette pratique odieuse, et une nation instruite dans l'art de la guerre aurait méprisé celte ressource impuissante '. Lorsque ces sauvages sortaient de leur désert pour se livrer au pillage , leur longue barbe, leurs cheveux hérissés , la fourrure dont ils étaient couverts depuis la tète jusqu'aux pieds, et le maintien farouche qui annonçait la férocité de leur ame, inspiraient l'horreur et l'épouvante aux habitans civilisés des provinces romaines.

Le tendre Ovide, après une jeunesse passée dans les jouissances du luxe et de la renommée, fat exilé, sans espoir de retour, sur les bords glacés du Danube, et exposé presque sans défense, à lu foreur de ces monstres du désert. Dans ses lamentations pathétiques et quelquefois trop efféminées*, il donne une excellente description de l'habillement, des mœurs, des armes et des incursions des Getes et des Sarmates , qui avaient fait ensemble une alliance de brigandage et de destruction. L'histoire nous donne lieu de penser que ces Sarmates étaient tes descendus des Jazyges, la tribu la pins nombreuse et la pins guerrière de celte natioo. L'avidité du butin et de l'abondance leur fit chercher un établissement fixe sur les frontières de l'empire. Peu de temps après ie règne d'Auguste , ils obligèrent les Daces, qui vivaient de la pèche sur les bords de la rivière de Theiss ou Tibiscus, de se retirer sur les liau-

Voyez dam les Recherches sur les Américains, L u, p. 236-271, une dissertation trés-cu rieuse sur les flèches empoisonnées. On lirait communément le|:oison du régne végétal ; mais celui qu'employaient les Scythes paraît avoir été tiré de la vipère et mêlé de sang humain . L'usage des armes empoisonnées, qui s'est répandu dans les deux mondes , n'ajaraais garanti une tribu sauvage conlre uu en Demi discipliné.

' Les neuf livres de lettres en vers qu'Ovide composa durant les sept premières années de son exil ont un autre mérite que celui de l'élégance et de la poésie. Elles offrent un tableau du coeur de l'homme dans des circonstances peu communes , et elles contiennent des observalions curieuses qu'Ovide, te seul de tons les Romains, avait eu occasion défaire. Toutcequi'peut Jeter du jour sur l'histoire des barbares a été recueilli par le comte du Buat, dont les recherches ont beaucoup d'Eiacti tuile. (Histoire ancienne des peuples de l'Europe, loin. iv,c. 36, p. 186-317}

(334 dcp. J.-C.) teurs, et d'abandonner h leurs bandes victorieuses les plaines fertiles de la Haute-Hongrie, bornées par le Danube et les montagnes de Carpath, aujourd'hui montsOrapacst. Dans cette position avantageuse , ils guettaient on suspendaient le moment dé leurs attaques, selon qu'ils étaient ou irrités par quelque injure , ou apaisés par des présens. Ils acquirent peu a peu l'usage d'armes plus meurtrières ; et, quoique les Sarmates n'ittnstrassentpaS leur nom par des exploits- mémorables , ils secouraient souvent d'un corps nombreux d'excellente cavalerie les Goths et les Germains, leurs voisins à l'orient et à l'occident*. Mais, quand ils eurèntreçu parmi eux un grand nombre de Vandales fugitifs, que les Goths avaient chassés devant eux . ils choisirent un roi de cette naimri- et de l'illustre race dos Astingi, qui avait habité mr les rives de l'Océan occidental1.

Ces motifs d'inimitié envenimèrent sans doute les contestations qui ne peuvent manquer de s'élever souvent sur les frontières entre deux nations guerrières «indépendantes. Les princes vandales furent excités par la crainte et par la vengeance, et les' rais des Goths aspirèrent à étendre 4enr domination depuis l'Euxin jusque» aux confins de la Germanie. Les eaux du Mares, petite rivière qui se jette dans celle de Theiss, furent souvent teintes du sang des barbares. Après avoir éprouvé la supériorité du sombre et des forces de leurs adversaires, les Sarmates implorèrent le secours du monarque romain,

■ Les Sarmates Jazyges étaient établis sur les bords du Palhissus ou Tibiscus , lorsque Pline (l'an 79) publia son Histoire Naturelle (voyez le livre rv, e. 25 ). 11 paraît qu'an temps de Strabon et d'Ovide, lulunte ou soiïanle-dii années auparavant, ils se trouvaient au-delà du pays des Getes , le long de la cote de l'Euxin.

* Principes Sarmatorum lazygam pêne» quoi olvtttttis rr.gimen .... Plebem quoque et vint cquitnm quA tolit valent, ofprrebant (Tacite, llist. in. 5.) Il parle de ce qu'on avait vu dans la guerre drue érilre VitètliusetVespasien.

3 Cette hypothèse d'un roi vandale donnant des lots » des Sarmates paraît indispensable pour concilier le Gotli Jnmandes avec les auteurs latins M grecs qui ont écrit l'histoire de Constantin. On peut remarquer qu'Isidore, qui vivait en Espagne sous la domination des Goitw, leur donne pour ennemis, non les Vandales, mais les SarawtM. (Voyer sa Chronique, dons Grolius, p. 709.)

ïGooqIc

(3Mdep.J.-C.) qui voyait avec plaisir le* discordes des deux nations, mais à qui les succès des Gotha donnaient de l'inquiétude. Dès que Constantin se fut déclaré en faveur du plus faible, le présomptueux Araric, roi des Goths, au lien d'attendre l'attaque des légions romaines, passa hardiment le Danube, et répandit dans toute la province de Mœsie la terreur et la dévastation. Pour repousser l'invasion de ces hôtes destructeurs , le vieil empereur parut lui-même dans la plaine ; mais en celte occasion son intelligence ou sa fortune trahit la gloirequ'il avait acquise dans tant de guerres civiles et étrangères. II eut la mortification de voir fuir ses troupes devant une poignée de barbares, qui les poursuivirent jusques a l'entrée de leur camp, et les obligèrent à chercher leur sûreté dans une fuite prompte et ignominieuse. L'heureuse issue d'une seconde bataille rétablit l'honneur des armes romaines : après un combat long et opiniâtre, l'art et la discipline l'emportèrent sur les efforts irréguliers de la valeur. L'armée des Gotbs, rompue, abandonna en désordre le champ de bataille, la province dévastée , et le passage du Danube; et, quoique le fils aîné de Constantin eût tenu dans cette journée la place de son père, on attribua aux heureux conseils de l'empereur tout le mérite et l'honneur de la victoire.

H But au moins en tirer avantage par ses négociations avec les peuples guerriers de la Ghersonnèse ', dont la capitale , située sur la côte occidentale de la Crimée, conservait quelques vestiges d'une colonie grecque.

Elle était gouvernée par un magistrat perpétuel, aidé d'un conseil de sénateurs qu'on appelait avec emphase les pères de ta cité. Lesbabitansde la Ghersonnèse étaient irrités

i Je dots me justifier d'avoir employé sans scrupule le témoignage de Constantin Porpbyrogénète, et tout ce qui a rapport wi guerres et aux négociations des ChersoDRJtes. Je sais que c'était un Grec du dixième siècle, et que ce qu'il dit des anciens événemens est souvent confus et tabmleui ; mais sa narration est ici bien liée et vraisemblable, et il n'est pas difficile de concevoir qu'un emporeur a pu consulter des mwiuuienssec/etfi qui ont échappé aux recherches des autre» historiens. Quant i la position cl à l'histoire de Cherson, vojei Peyssonnel. des Peuples barbare* qui ont habité les bord* du Danube, c. 10, p. 81-00.

contre les Goths par le souvenir des guerres qu'ils avaient soutenues dans le siècle précédent contre les usurpateurs de leur pays avec des forces inégales. Liés avec les Romains par les avantages d'un commerce d'échange. ils recevaient des provinces d'Asie des blés et des ouvrages de manufactures , et les payaient avec le produit de leur sol, qui consistait en cire, en sel et en cuirs. Dociles à la réquisition de Constantin, ils préparèrent, sons la conduite de leur magistrat Dîogène , une nombreuse armée , dont la principale force consistait en chariots de guerre et en arbalétriers. Leur marche prompte et leur attaque intrépide partagèrent l'attention des Goths, et facilitèrent les opérations des généraux de l'empire. Les Goths, vaincus de tous les côtés, furent chassés dans les montagnes. On fait monteraient mille le nombre de ceux qui périrent de faim et de .froid-dans le cours d'une seule campagne. La paix fut enfin accordée a leurs humbles supplications. Araric donna son fils aîné pour otage , et Constantin essaya de prouver aux chefs , en les comblant d'honneurs et de récompenses, que l'alliance des Romains valait mieux que leur inimitié. Pins magnifique encore dans les preuves qu'il donna de sa reconnaissance aux fidèles Chersonnites, il flatta l'orgueil de la nation par des décorations brillantes et presque royales dont il revêtit leur magistrat et ses successeurs. Leurs vaisseaux de commerce furent exempts dé tous droits dans les ports de la mer Moire, et on leur accorda un subside régulier de fer , de blé , d'huile , et de tout ce qui peut être utile dans les temps de paix on de guerre. Mais on jugea que les Sarmates étaient suffisamment récompensés par leur délivrance du danger pressant .qui les menaçait ; et l'empereur., poussant -peutêtre trop loin l'économie, déduisit une partie des frais de la guerre de la gratification qu'on avait coutume d'accorder à celle nation turbulente.

Irrités de ce mépris apparent, les Sarmates oublièrent, avec la légèreté ordinaire aux barbares, le service-qu'on venait de leur rendre, elles dangers qui les menaçaient encore. De nouvelles incursions sur le territoire de l'empire décidèrent Constantin a les

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abandonner à leurs propres forces ; et il ne s'opposa plus à l'ambition de Gerberic, capitaine renommé, qui était monté sur le trône des Goths. Wisumar, roi vandale, quoique seul et sans secours, défendait Bon royaume avec un courage intrépide; une bataille décisive lui enleva la victoire avec la vie, et moissonna la fleur de la Jeunesse sarmatienné. Ce qui restait de la nation prit le parti désespéré d'armer tous les esclaves, composés d'une race hardie de pâtres et de chasseurs. A l'aide de ce ramas confus de troupes indisciplinées, ils vengèrent leur défaite, et chassèrent les usurpateurs de leurs coufint. Mais ils s'aperçurent bientôt qu'ils n'avaient fait que changer d'ennemis, et qu'ils s'en étaient donné un plus dangereux et plus implacable que celui dont il les avait délivrés. Se rappelant avec fureur leur ancienne servitude, et s' animant par la gloire qu'ils venaient d'acquérir, les esclaves, sons le nom deLimigantes, prétendirent à la possession du pays qu'ils avaient sauvé, et l'usurpèrent. Leurs maîtres , trop faibles pour s'opposer aux fureurs d'une populace effrénée, préférèrent l'exil à la tyrannie de leurs esclaves. Quelques Sarmntesfiigitifc sollicitèrent une protection moins ignominieuse sous les drapeaux de la nation qu'ils avaient repoussée. Un nombre plus coasidérable se retira derrière les montagnes de Carpath , chez les Quadi, leurs alliés germains, et ils furent admis, sans difficulté, à partager le superflu des terres incultes et inutiles. Mais la plus grande partie de cette malheureuse nation tourna les yeux vers les provinces romaines. Implorant l'indulgence et la protection de l'empereur , ils promirent solennellement , comme sujets en temps de paix, et comme soldats à la guerre , la plus inviolable fidélité à l'empire, s'il daignait les recevoir dans son sein. D'après les maximes adoptées par Probus et par ses successeurs, on n'hésita point à recevoir les offres des barbares; et on partagea une quantité suffisante des terres des provinces de Pannonie,de Thrace , de Macédoine et d'Italie, entre trois cent mille Sarmates fugitifs '.

1 Lu guerres des Goths et des Samales uni racontée s

EMPIRE ROMAIN, (335 dep.J.-C.)

En châtiant l'orgueil des Goths et en acceptant l'hommage d'une nation suppliante, Constantin assura la gloire de l'empire romain, et les ambassadeurs de l'Ethiopie, de la Perse et des pays les plus reculés de l'Inde le félicitèrent sur la paix et sur la prospérité de son règne1. En effet, si l'on comptait la mort dnfihatné de l'empereur, de son neveu, et peut-être de sa femme, an nombre des faveurs de la fortune, effectivement il a joui d'un cours continuel de félicité publique et personnelle jusqu'à la trenliemeannéede son règne ; avantage qu'aucun de ses prédécesseurs n'avait eu depuis l'heureux Auguste. Constantin survécut environ dix mois à cette pompeuse cérémonie, et à l'âge de soixantesix ans, après une courte indisposition, il termina sa mémorable vie au palais d'Aquyrion, dans les faubourgs de Hicomédie, où il s'était retiré à cause de la salubrité de l'air, et dans l'espérance de ranimer ses forces épuisées par le trop fréquent usage des bains chauds. Les excessives démonstrations de douleur, ou du moins de deuil publie, surpassèrent tout ce qui avait eu lieu jusques alors en pareille occasion. Malgré les réclamations du sénat et du peuple de l'ancienne Borne, le corps du défunt empereur fut transporté , selon ses ordres, dans la ville destinée à perpétuer le nom et la mémoire de son fondateur. Orné desvains symboles de la grandeur, revêtu de la pourpre et du diadème, on le

d'une «aiiere il imparfaite et *rec lut ée laeiin», que j'ai été obligé de comparer la écrivains cités i la fin de celte note, qui s'appuient, m corrigent et s'éclairent mutuellement. Qui qui prendront la même peine auront le droit de critiquer mon nédl. (VoyexAmnuen, [. xtn , e. 12; Anonyme dé Valois, p. 715 ; Eutrope , i , 7 ; Sexlua Rnnu, de Prwinciû, «. 26 ; Julien, Oral, i, p. », et la Commentaire de Spanheim, p. 94; Jérôme, in Ckron.; Eusèbe, in vit. Constantin., 1. tv, c. C ; Sccrate, I. t.c. 18; Sozoraene,). i, c 8;Zosime, Lit, p. 103; Jornandei, de Rebut Geticit,t. 22; lâdor., m Chron., p. 7U9;in Bitt. GoUitinim GrotU ; Constantin PorphTrogéoéle , de jtdministratwne Imperiï, c. 53 , p. 208 , édil. de Meursius.)

i Kusebe (in vit. Constantin., 1. iv, c. 50) toit trois remarques sur ces Indiens: Ie ils venaient des côtes de l'Océan oriental, ce qui peut s'appliquer à la côte de la Chine et A celle de Coromandel ; 2* Us olTrirent à Constantin des pierres précieuses et des animaux inconnus; 3° ils assurèrent que leurs rois avaient élevé des statues pour représenter la majesté suprême de Constantin.

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(337 dcp. J.-C.) déposa sur- un lit d'or, dans un des apparlemeus du palais, qu'on avait, à celle occasion, meublé et illuminé somptueusement. Les cérémonies de la cour furent strictement observées; chaque jour , à des heures fixes, les grands officiera de l'état, de l'armée et du pilais, s'agenouillaient auprès de leur souverain , et lui offraient gravement leur respectueux hommage, comme s'il eût été encore vivant. Dos raisons de politique firent continuer pendant quelque temps cette représentation théâtrale , et l'ingénieuse adulation ne laissa point passer l'occasion de dire que Constantin avait régné après sa mort par une faveur particulière delà Providence,. dont il était Le seul exemple1.

Mais ce prétendu règne n'était qu'une comédie; et l'on s'aperçut bientôt que le plus absolu des monarques fait rarement respecter ses volontés des que ses peuples n'ont plus rien à espérer de sa laveur, ou à craindre de son ressentiment. Les ministres et les généraux qui avaient plié le genou devant les restes inanimés de leur souverain s'occupaient secrètement des moyens d'exclure ses neveux Dalmatius et Annibalianus de la part qu'il leur avait assignée dans la succession de l'empire. Nous n'avons qu'une counaissance trop imparfaite de la cour de Constantin pour pénétrer les motifs réels qui déterminèrent les chefs de cette conspiration; à moins qu'on ne les suppose animés d'un esprit de jalousie et de vengeance contre le préfet Ablavius, favori orgueilleux, qui avait long-temps dirigé les conseils et abnsé de la conGance du dernier empereur. Hais on couçoil.aisément les argumens qu'ils durent employer pour obtenir le concours du peuple et de l'armée. Ils en trouvèrent dont ils pouvaient se servir avec autant de décence que de vérité, dans la supériorité de rang due aux enfilas de Constantin, dans le danger de multiplier les souverains, et dans les malheurs

*FuTiusnlaium in uriem sut mmtnit , guod sont P. ». œge'rrtme ttUit. ( Aurdios Vietor.) Constantin avait prépart un magnifique lomlicau pour lui dans l'église te SaSnts-ApOtres. (Eusebe, 1. iv, e. 600 Le meilleur récit, rt presque le seul que nous ayons de la maladie, de la mort et te fiiniraifles de Constantin , se trouve dans le quatrième livre de sa vie par Eusebe.

PAR ÉD. GIBBON. CIL XVlll.

dont la république était menacée par la discorde inévitable de tant de princes rivaux , qui n'étaient point liés par la sympathie de l'affection fraternelle. Cette intrigue, conduite avec persévérance , fut tenue secrète jusqu'au moment où l'armée déclara, d'une voix unanime, qu'elle ne souffrirait pour souverain dans l'empire que les fils de leur dernier empereur '.

Le jeune Dalmatius, auquel on s'accorde ;i donner une bonne partie des lalens du grand Constantin , était lié avec ses cousins autant par l'amitié que par l'intérêt. 11 ne semble pas qu'ilait pris en cette occasion aucune mesure pour soutenir par les armes les droits que lui et son auguste frère tenaient de la libéralité de leur oncle. Étourdis et accablés par les cris d'une populace en fureur, ils ne pensèrent ni à faire résistance, nî à s'échapper des mains de leurs implacables ennemis.

Leur sort demeura incertain jusques à l'arrivée de Constance, le second lus. et peut-être la plus favorisé de Constantin *♦

La voix de l'empereur mourant avait recommandé le soin de ses funérailles à la piété de Constance; et ce prince, par la proximité de sa résidence , pouvait aisément prévenir l'arrivée de ses frères, dont l'un était en Italie, et l'outre, dans les Gaules. Qnànd il eut pris possession du palais de Constantinople , ton premier soin fut de tranquilliser ses cousins en se rendant caution de leur sûreté par un serment solennel, et le second fut de trouver un prétexte spécieux qui pot l'autoriser à y manquer. La perfidie vint an secours de la cruaaté, et le plus odieux mensonge fut attesté par l'homme le pins vénérable par la sainteté de son ministère. Constance reçut un funeste rouleau des mains de l'évéque de Nicomcdie, et le

t Emette (1. rr, c. <S) termine son rétft par ce temolg*3f;e 4e 1» fidélité «tes fronces ,« il a soin de taire le massacre qui saMt.

1 Eutropius (1, 9) a tait un portrait avantageux , mai* en peu de mots, de Daim al iu s. Dtdmatiut Cœsarprosperrimd indote, neque patruo ab similis, haud mulù> pnst, opprejtius est faeiione militari. Urtmt et la Chrtmlqne d'Alexandrie indiquent la Iroiweme a*m<!e du Cet», qui ne commença qu'au 1S ou au 24 septcmliri

. A.D.337; il assure que ces fartions militaires dureroil

| pins ne quatre moto.

prélat affirma qu'il contenait les dernières volontés de son père. L'empereury annonçait le soupçon d'avoir été empoisonné par ses frères ; il conjurait ses fils de venger sa mort, et de pourvoir à leur propre sûreté par le châtiment des coupables'. Les raisons que ces malheureux princes alléguèrent pour défendre leur honneur et leur vie contre une accusation aussi peu croyable ne furent point écoutées. Les clameurs des soldats leur imposèrent silence, et ils furent à la fois leurs ennemis, leurs juges et leurs bourreaux. Les lois et toutes les formalités de la justice furent continuellement violées dans le massacre général, qui enveloppa les deux oncles de Constance et sept de ses cousins, dont les plus illustres étaient Dalmatias et Annibalianus, le patricien Optams , qni avait épousé la sœur du dernier empereur, et le préfet Abhrrius, qui, par sa puissance et par ses richesses, avait conçu l'espoir d'obtenir la pourpre. Nous pourrions ajouter, si nous voulions augmenter l'horreur de celte scène sanglante, que Constance avait épousé luimême la fille «le son oncle Julius , et qu'il avait donné sa sœnr en mariage à Annibalianus. Ces alliances, que la politique de Constantin, indifférente pour ie préjugé du peuple, avait formées entre les différentes branches de la maison impériale, prouvent seulement que ces princes étaient aussi insensibles à l'affection conjugale qu'ils étaient sourds a la voix du sang et aux supplications d'une jeunesse Innocente '. D'une si nom-

t J'ai rapporté celte singulière anecdote d'après Philoslorgius, (1. it, c. 1G.) Mais, si Constantin et ses adhérera firent Jamais valoir on pareil prétexte, ils y renoncèrent avec mépris dès qu'il «ut rempli leur dessein Immédiat. Alhanase (loin. 1, p. 856), parle du serment qu'avait bit Constance de proléger la sûreté de ses parens.

* Conjugia tobrinarum dta ignorata, temporeaddlfo percrebuiMc. .(Tacite, Annales, m, 6 et Lipsins. adloc.)Lu révocation de l'ancienne loi et un usage de cinq cents années ne suffi rent pas ponr détruire les préjugés des Romains, qui regardaient toujours un mariage etilre les cousins-germains comme une espèce d'inceste (August., de VwUate Dti, xv, 6); et Julien, qoelasuperstilionel le resientinKnl rendaieoi partial , donne à ces alliances la qualification ignominieuse de t«/*«t ti • yniuit (Oral, tii , p. 228). La jurisprudence canonique a depuis ranimé et renforcé celle prohibition, sans pouvoir l'introduire dans la loi civile et la loi commune de l'Europe.

DÉCADENCE DE L'EMPIRE -ROMAIN, (337 dop. J.-C.)

braise famille, Gallus et Julien, les deux

plus jeunes enfans de Julius Constantius, échappèrent seuls aux féroces assassins. On les sauva, dans l'espérance que la fureur se ralentirait quand elle serait rassasiée de carnage. L'empereur Constance, qui, pendant l'absence de ses frères , se trouvait chargé du crime et du reproche, lit paraître, dans quelques occasions, un remords faible et passager des cruautés que les perfides conseils de ses ministres et la violence irrésistible des soldats avaient arrachées à sa crédule jeunesse '.

Le massacre de la race Flavienne fnt suivi d'une nouvelle division des provinces, ratifiée dans une entrevue des trois Frères. Constantin, l'alné des Césars, obtint, avec une certaine prééminence de rang; la possession de la nouvelle capitale qui portait sou nom et celui de son père. La Thracc et les contrées de l'Orient furent le patrimoine de Constance, et Constans fut reconnu légitime souverain de l'Italie , de l'Afrique , et de 111lyrie occidentale. L'armée souscrivit a ce partage, et, après quelques délais , les trois princes daignèrent recevoir du sénat romain le titre d'auguste. Quand ils prirent en main les rênes du gouvernement, l'aîné était âgé de vingt et un ans, le second de vingt, elle troisième de dix-hoît '.

Tandis que les nations belliqueuses de l'Europe suivaient les étendards de son frère, Constance, à la tète des troupes efféminées de l'Asie, était chargé de tout le poids de la

(Voyex, sur ces mariages, Taytor's eivit Law, p. 381;

lîriinucr., de Jure Connub., 1. n, c. 12; Héricourl, des Lois ecclésiastiques, pari, m, c. 5; Fleury, Infltuilioni du droit canonique, I. i, p. 33t, Paris, 1767; et Fra Paolo , Maria del Canctiio Tridext. , 1. viUi)

' Julien {Je. S. P. q. Atlieiu, p. 270) «proche à Constance , son cousin , le massacre dans lequel il manqua de perdre la vie. Allianasc, qui, par des raisons trèsdifférentes, avait autant d'inimitié poor Constance (I. i, p. 656) , confirme celle assertion. Zotîme se réuni* a eux dans celte accusation ; mais les Irais abrévialeurs, Eutrope et les deux Victor , disent : • Suiente potûu

• qunmjubaUe. ■ . . , • Incrrtum quo suasore. • . . . .

• fi imlttum, >.

* Eusèbe, in fit. Constantin. , I. ri, c. 89; Zosime, l.n, p. 117; ldat.,iR(^n?n.(VoyeideuinolesdeTincmonl, Histoire desEmpereurs , t. rr, p. 1086-1091.) In Chronique d'Alexandrie fait seule mention du règne du frère aîné a Cciistantinoplc.

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guerre de Versa. AJamort.de Constantin , le trône était occupé par Sapor, fils d'Hormouz ou Hormisdas, et pei.U-fils.de Narses, qui, après la victoire de Galère, avait reconnu la supériorité des Romaine. Quoique Sapor fut dans la trentième année de son règne, il était encore dans tome la vigueur de la jeunesse; un fait assez singulier avait rendu la date de son avènement antérieure à celle de sa naissance. La femme d'Hormouz était enceinte quand son mari mourut, et l'incertitude de l'événement et du sexe de l'enfant qui devait naître excitait les ambitieuses espérances des princes de la maison de Sassan; mais les mages firent à la fois cesser leurs prétentions et les craintes de la guerre civile dont on était menacé, en assurant que la veuve d'Hormouz était enceinte et accoucherait heureusement d'un fils. Dociles à la voix de la superstition, les Persans préparèrent .sans. diUérer la cérémonie du couronnement- La reine parut publiquement dans son palais, couchée sur un Ut magnifique; le diadème fut placé sur l'endroit où l'on supposait le futur héritier d'Attaxerxés, et tes satrapes prosternes adorèrent la majesté invisible de, leur imperceptible souverain l; Si l'on peut ajouter foi. a ce conte surprenant, qui parajt moins incroyable d'après les mœurs de la nation et la durée extraordinaire de ce règne,. Hausserons forcés d'admirer également le .bosseur, et le génie du roi Sapor. Éle.vd .dans l'enceinte solitaire d'un harem; le jeune. p*ince sentit l'importance d'exercer la vigueur de son corps et celle de son esprit, et il fut digne, par son mérite personnel, d'un trône sur lequel on l'avait assis avant qu'il pût connaître les devoirs et le» dangers du pouvoir absoln. Sa minorité fut exposée aux calamités presque inévitables d'une discorde Intestine; sa capitale fut surprise et pillée par Thaïr, puissant roi d'Yémen ou d'Arabie; et la majesté de la famille royale

< Agautks. piFirait au siiicnae siècle, rapporte cette histoire (iv, p. 135, édit. du Louvre). H l'a tirée de quelques e.i Irai tu des Chroniques- de l'erse, que l'interprète Sergius s'était procurés et avait traduits durant sou ambassade a cette cour. Shikard (Tarlkh, p. 110) et d'Herltelol , ( Bibaolbeq. orientale , p. 763 , parlent aussi .du couronnement de la mère de Sapor.

PJLR ÉD. GiBBON. CH. XVIIL

fut dégradée par la captivité d'une princesse, sœur du dernier roi. Mais aussitôt que Sapor eut atteint l'âge de virilité, le présomptueux Thair, sa nation et son royaume succombèrent sous le premier effort du jeune guerrier, qui profita si habilement de sa victoire, que, par un judicieux mélange de clémence et de rigueur, it obtint de la crainte et de la reconnaissance des Arabes le surnom de Doulacnaf ou protecteur de la nation'.

Le monarque persan, dont ses ennemis reconnaissaient lestalens politiques et militaires, avait la haute ambition de venger la honte de ses ancêtres, et d'arracher aux Romains les cinq provinces situées au-delà du Tigre. La brillante renommée de Constantin , et les forces réelles ou apparentes de ses états, suspendirent l'entreprise; et, tandis que sa conduite irrégulière excitait le ressentiment de la cour impériale, il parvenait à la calmer par des négociations .artiuViiefl^es. La mort de Constantin fut le signal de la guerre*; et l'état de. négligence dans lequel étaient lee frontières <le Syrie et de Ménopotamie semblait promettre- aux Versons de riches dépouilles et une conquête facile. Les maesacres du palais avaient répandu l'esprit de licence et de sédition parmi les troupes de l'Orient , qui n'étaient plus retenue» que par uneobéissance d'habitude pour leur vieux commandant. Constance eutla prudence de retourner sur les bord» de ■ L'Eupurate aussitôt après son entrevue avec ses frères en Pannonie, et les. légions rentrèrent peu fi peu dans le devoir; maïs Sapor avait profité du moment d'anarchie pour former le siège de ÎSisibis , et s'emparer des plus importa n te s.places de la Mésopotamie- li En Arménie, le fameux Tirîdate jouissait depuis long-temps de la paix et de la gloire que méritaient sa valeur et sa fidélité pour lesRomains. Sa solide alliance avec Con-

■ D'Heradot, BiMiolbèque orientale, p. 764.

a Sexlufc Kuftas (c 36), qui , dans cette occasion., n'est pas une autorité méprisable, assura que les Persans deinandereBt en rain la paix , et qm Constantin se préparati à marcher contre oui. Mais le MaHâgnege i'Eaaenc , quia plus de poids, noue oblige a admettre les préliminaires , sjnon la ratineattdn du IraHe. (Voyer. Tillanwnt, Hist. de&Emaeieurs.t iv,p.4M.)

* Julien, Orat.i,p.20. - -

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stamin lai avait procuré un avantage infiniment préférable au succès de ses armes. La conversion de Tiridate ajoutait le nom de saint à celui de héros, et la foi chrétienne, préchée et établie depuis l'Euphrate jusqu'aux rives de la mer Caspienne, attachait l'Arménie a l'empire par le double lien de la politique et de la religion. Mais la tranquillité publique était troublée par quelques nobles Arméniens qui refusaient encore d'abandonner leurs dieux et leurs femmes. Celte faction turbulente insultait à la caducité du monarque , et attendait impatiemment l'heure de sa mon. IL cessa de vivre après un régne de cinquante-six ans, et la fortune du royaume d'Arménie fut ensevelie avec Tiridate. Son légitime héritier fut banni ; les prêtres chrétiens furent ou immolés ou chasses de leurs églises; les barbares tribus d'Albanie furent appelées; et les deux plus puissans gouverneurs, usurpant les signes de la royauté, implorèrent l'aaaàscance de Sapor, ouvrirent les portes de leurs villes, et reçurent des garnisons persanes. Le parti chrétien, sous la conduite de l'archevêque d' Artaxata , successeur immédiat de saint Grégoire -l'Illuminé, eut recours à la pieté de Constance. Après des désordres qui durèrent trois ans, Antiochus, an des officiers de l'empire, exécuta avec succès la commission qui lui fut confiée, de remettre Ghosroès, fils de Tiridate, sur le trône de ses pères , de distribuer des honneurs et des récompenses aux fidèles serviteurs de la maison d' A rsace, et de publier une amnistie générale, qui fut acceptée par la plus grande partie des satrapes rebelles. Mais les Romains tirèrent plus d'honneur que d'avantage de cette révolution. Ghosroès, prince d'une petite taille , avait le corps faible et l'esprit pusillanime ; incapable de supporter les fatigues de la guerre, et détestant la société, il quitta sa capitale, et se retira dans un palais- qu'il bâtit an milieu d'un bocage épais et solitaire, ou il récréait sa méprisable apathie par toutes les différentes espèces de chasse, tantôt avec des chiens, et tantôt avec des oiseaux. Pour s'en ménager le loisir, il accepta les conditions de paix qu'il plut à Sapor de lui imposer; et, consentant a payer un tribut annuel , il lui restitua la riche

(3-12 dep. J.-C,) province d' Alropatène , que la valeur de Tiridate et Les armes victorieuses de Galère avaient annexée à la monarchie arménienne'. Pendant la longue durée du rogne de Constance, lesprovincesde l'Orient eurent beaucoup à souffrir de la guerre contre les Persans. Les incursions des troupes légères semaient le ravage et la terreur au-delà du Tigre et de l'Euphrate, des portes de Ctésiphon à celles d'Antioche. Les Arabes du désert étaient chargés de ce service actif. Divisés d'intérêts et d'affections, quelques-uns de leurs chefs indépendans tenaient pour le parti de Sapor, et d'autres avaient engagé à l'empereur leur douteuse fidélité '. Les opérations de guerre plus sérieuses et plu» importantes furent conduites avec une égale vigueur, et les armées persanes et romaines disputèrent le terrain dans onze journées sanglantes, presque toujours défavorables aux Romains *. Constance commanda deux fois en personne , et à la bataille de Singara la valeur indocile de ses soldats donna une victoire presque complète et décisive à. son

■ Julien, Orat.i, p. 20, 21; Morse de Chorene, l.u, e. 89, 1. m, c i-9, p. 226-110. L'accord parfait qu'on remarque entre les mots vagues de l'orateur contemporain, el 1e rteit détaille de l'historien national, jetteitdn jour sur les passages concis de l'orateur et ajoutent du poids aux détails de l'historien. 11 faut remarquer, âl'avan toge de Moyse, qu'on trou tc le nom d'Antiochûs, peu d'années auparavant, dans la liste de ceux qui exerçaient un emploi elvjl d'un rang inférieur. (Voyez Godefroj-, Cod. Tbéados., t. <n, p. 350.)

î A ni mi en (xiv, 1) fait une description animée dt; la vie errante de ces voleurs arabes qu'on trouvait de,* contins de l'Arable aui cataractes du Nil. Les aventures de Mnlcnus, recontées par Jérôme d'une manière si 'agréable , foui croire que ces voleurs infestaient le grand chemin entre Bérée et Édesse. ( V. Jérôme , loin, i , p. 256).

'Eulrope(i, 10) nous donne une idée générale delà guerre: A Pertit enim mutin et gracia perpétua, tape eaptit oppidis, obtessis urbibut, ctesit mercittbtu , nuttamque et contra Saporem prosperum pra<lium fuit, rùsi quod apud Singaram , etc. Cette assertion impartiale se trouve confirmée par quelques mots d'Ammicn , de Rufus et de Jérôme. Lee deux premiers discours de Julien et le troisième de Liba ni us présentent un tableau plus naltenr;iiuùslaretracUiiou de cet deux orateur», aprea la mort de Constance, avilit leur caractère et celui de l'empereur , en mCmc temps qu'elle reuthlit la vérité. Spaulieim a été prodigue d'érudition dans son Commentaire sur le premier discours de Julien. (¥07. aussi les observations judf denses de TiCetnont, Hirt. des Empereurs , ton), rv , p. 066. )

ennemi. Les troupes qui occupaient Singara se retirèrent à l'approche de Sapor. Ce monarque passa le Tigre sur trois ponts , et campa près du village de Htlleh dans une position avantageuse. Ses nombreux pionniers l'environnèrent, en un seul jour, d'un fosséetd'un rempart. Lorsque ses innombrables soMat» étaient rangés en bataille, ils couvraient les bords de la rivière , les hauteurs voisines, et toute retendue d'uneplaine de douze milles qui séparait les deux armées. Elles désiraient le combat avec une ardeur égale ; mais, après une légère résistance, les barbares prirent la fuite en désordre, soit qu'ils ne pussent pas soutenir le choc des Romains, ou dans l'intention de fatiguer les pesantes légions, qui, accablées par la soif et par la chaleur, les poursuivirent dans la plaine, et délirent entièrement un corps de cavalerie armé de toutes pièces , posté devant la porte du camp pour protéger la retraite. Constance, entraîné lui-même dans la poursuite, tachait inutilement d'arrêter l'impétuosité de ses soldats, en leur représentant les dangers de lu nuit, qui approchait, et h) certitude de compléter leur succès au poinl du jour. Se fiant plus à leur propre valeur qu'à l'expérience ou à l'habileté de leur chef, ils imposèrent silence par leurs clameurs à ses sages remontrances, s'élancèrent dans le fossé, et se répandirent dans les tentes pour y réparer leurs forces épuisées et jouir du fruit de leurs travaux. Mais le prudent Sapor guettait le moment de la victoire. Son armée, dont la plus grande partie, secrètement postée sur les hauteurs, était restée spectatrice du combat , s'avança en silence à la faveur de l'obscurité; et ses archers persans, guides par la clarté du camp , lancèrent une grêle de traita sur cette foule errante et désarméc."Les historiens ' avouent qu'il y eut un grand carnage de Romains, et que le reste des légions fugitives n'échappa qu'en s'exposant à des peines et à des fatigues intolérables. Les panégyristes, même conviennent que la gloire de l'empereur fut obscurcie par lu désobéissance

'. Aeerrimà noctvriui concertations pugjtahim est, nottromm copiit ingenti tirage confossis. (Ammico, irai, 5. Voyez aussi Eutrope, s, 10, et S. RufuS, t. 71.)

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