‹ Histoire de la décadence et la chute de l'Empire romainChapitre 34 sur 85 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

Jalioncal déclaré eaiperent par Im légion» delà Gaol*. , — Sa marche ci sei succès. — llorl de Coni:ance. — Administrai ion de Julien.

. Tandis que les Romains languissaient sous la honteuse tyrannie des eunuques , tout l'empire, excepte le palais de Constance, retentissait des louanges de Julien. Les barbares delà Germanie, humilies par ses victoires, redoutaient la valeur du jeune césar. Ses soldats partageaient l'honneur de ses succès. Les provinces, heureuses et tranquilles, jouissaient de ses bienfaits avec reconnaissance. Mais ses vertus effrayaient les favoris qui s'étaient opposés à son élévation. Ils regardaient avec raison l'ami du peuple comme le plus dangereux ennemi de la cour. .Jusqu'au moment où sa gloire leur en imposa, les bouffons du palais s'exercèrent à eu faire des portraits ridicules. Ils avaient aisément remarqué que son ingénuité n'était pas exempte d'affectation, et Us ne désignaient le philosophe guerrier que par les sobriquets insultans de sauvage velu, de singe revêtu de la pourpre. Ses modestes dépêches passaient pour les fables ampoulées d'un pédant verbeux, pour les inventions d'un soldat pacifique., qui avait étudié l'art de La guerre dans les jardins de l'Académie d'Athènes '. L'éclat de ses victoires et les acclamations du peuple leur imposa silence. Le vainqueur des Francs et des Allemands ne pouvait plus être un objet de mépris. Mais l'empereur eut la vile ambition de dérober a sou lieutenant l'honorable récompense de ses travaux. Dans les lettres ornéesdelauriersqu'ilétaUd'usage d'adresser aux provinces, on omît exprès le nom de Julien. Elles annonçaient que Constance avait fait en personne les dispositions du combat ,

< • Omnes qui plus polerant in palatin , adirlsndi pro-

• fessoresjam docll, recte consulta, prospereqtre eoroptru

■ vertebant ïn ridiculum : tatis sine modo srrepenles fn-

■ sulsc, in odfnm renit cum vitforiis suis-, otpHto, non

• ItomoikUt htrsutum Juli.imwi earpente*, appeUantescfue

• loquacem lalpam , et purpuratam simîam, et IHlerioneui

• gracuni; et his congruentia pturima, alqse Teroaetria

■ princbjnrewnantes.audlrebaeclaiiaquegeStlenU.firlu-

• tes ejus obrnere verbis impudentibus eorwbantur, ri srg-

• nem ineessenies et tîmidum et nmbratilem , gedaque

• srens reruïs romptioribus eioriisntem. • (Amman. , xvii, 11.)

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(369d.cp.X-C.)

et signalé sa. valeur dans. les premiers rangs- La Victoire était ' le fruît de son intelligence , et tereiMptff degbat-bsrestar «ait été présenté sur le champ de bataille, dont il était cependant à plus de quarante jours de marche ait moment du combat '. Une fable si ridicule ne pouvait ni tromper le public,' ni satisfaire la vanité de l'empereur. Secrètement convaincu que la gloire de Julien lui avait acquis la faveur elle vécu des Romains, l'esprit inquiet du faible Constance se trouvait disposé à recevoir les impressions des flatteurs, qui cachaient leurs desseins perfides sous l'extérieur de rattachement et de la fidélité pour letir souverain ". Loin de dissimuler les brillantes qualités de Julien, ils exagéraient sa réputation, ses talons et ses services, mais en insinuant que le brave et vertueux césar pouvait en un instant devenir un ennemi criminel et dangereux, si le peuple inconstant sacrifiait son devoir a son enthousiasme, on si le désir de la vengeance et d'une autorité indépendante se faisait sentir au général d'une armée victorieuse. Le conseil de Constance décorait lés craintes personnelles du souverain (In nom respectable de sollicitude paternelle pour ta tranquillité publique, tandis qucTempcrenr, s'avouant intérieurement ses terreurs , essayait à se déguiser, sous le nom moins odieux du soin de sa sûreté, h haine et -la jalousie que les vertus de Julien hnprirrtàiènï daifs son cœur. '

'■ La tranquillité apparente des Gaules, et les dangers qui menaçaient les provinces dé l'Orient offraient un prétexte spécieux -aux ministres impériaux d'exécuter le dessein qu'ils avaient adroitement concerté. Ils réso>-

n, m,. IXL'tratenrTtiemktUu croyait a tout ceiDM«Mllfnaienl le^JefUres impériales adressées au aïult deConslantinople.Aurelius Victor, qui a publié son Abrogé dans la dernière année du régne de Constance, attribue les .■notoires remportées sur les Germains au génie de l'eniporanr etau courage du jeune césar. Cependant cet hUlqri(D futbiou tôt apresredCTableàl'esluue ou à la protection 4e Julien des honneurs d'une statue de cuivre , deladignile de consulaire de la seconde Pannooie et de prête! de ]H nUe.(Ainniien, m, 10.}

3 Caliidonocendi artifîcio, accusatoriamdirUatcm

Ituifltirn titalis perqgebtwt. U<k voces filtrant

tul injiamiiuuula otiiç. probris omnibus potentiores. ( Voyes- Manier tin , in Actions gratiarum, in ['et. Ponegjr., xi, 5, 6. )

lurent de -désarmer le césar, de hii enlever les fidèles compagnons de ses victoires, et d'employer. à la guerre de Perse les intrépides vétérans, qui venaient de dompter, sur les bords du Rhin, les belliqueuses nations de la Germanie. Tandis que. Julien passait laborieusement à Paris son quartier d'hiver à rendre la. justice aux peuple» qu'il avait délivrés des barbares. ,. on ■ lui annonça L'arrivée d'un secrétaire impérial et d'un tribun. Ils présentèrent, au césar. L'ordre de l'empereur, qui lui défendait .de s'opposera ce qu'ils exécutassent la. commission dont ils étaient spécialement chargés. Quatre légions entières, les Celtes, les Hérules, les Pétillons et les Bataves, devaient immédiatement quitter les drapeaux de Julien , et on faisait dans toutes les autres un. choix de trois cents des plus jennes et des ■plus vigoureux soldats, Ce nombreux détachement, la force de l'armée des Gaules, était soouné de se mettre en marche sans perte de temps , et d'usée de la plus grande diligence pour arriver sur les frontières de la Perse avant l'ouverture de la campagne '. Le césar prévit et déplora les suites de cet ordre funeste. La plupart des auxiliaires s'étaient engagés volontairement , sous la condition expresse qu'on ne leur ferait jamais traverser les Alpes. La foi publique et l'honneur personnel de Julien avaient été les cautions, de ce traité militaire. Une si violente perfidie ne pouvait que détruire la confiance et exciter le ressentiment des guerriers indcpendansdela Germanie, qui regardaient la bonne foi comme la première des vertus, et la liberté comme- lo bien, le plus 'précieux. .-Les légionnaires, qui jouissaient du riora et des privilèges de Romains, étaient enrôlés pour servir partout à .la défense de l'empire ; maisces troupes mercenaires entendaient prononcer avec indifférence les norosde Rome et de république. Attachés, par la naissance ou par l'habitude, aux mœurs était climat des Gaules, ils chérissaient et respectaient le victorieux Julien, ils mépri-

1 Le court intervalle que l'on peut supposer entre 1'ftfemc adulta et le primo vere d'Ammien (\x , 1-4.) , loin de suffire à une marche de mille lieues, forait paraître les ordres de Constance aussi eilravagans qulls étaient Injustes. Les troupes de la Gaule n'auraient pas pu arriver enSjriearantla fin de l'automne. Ou la mémoire d'Ammien était infidèle, ou il s'est mal expliqué.

. wiontet haSssaientpeut-fitrel'fsnipereur, etils redoutaient une marche pénible, les traits des Persans et les déserts brùiaaa de l'Asie. Les soldats regardaient comme leur patrie le pays qu'ils avaient sauvé ", et s'excusaient de leur défaut de zèle sur le devoir plus sacré de défendre leurs parens et leurs amis. Les habitans s'opposaient au départ des légions, en représentant que tout le sang qu'elles avaient versé devenait inutile, si leur absence exposait les provinces à la vengeance inévitable des barbares ; qu'aussitôt que les Gaules n'auraient plus de forces respectables à leur opposer , les Germains rompraient sans scrupule un traité que la crainte seule leur avait fait accepter ; et que, malgré la valeur et les talcns militaires de Julien, le général d'une armée dout il n'existerait plus que le nom se trouverait, après une faible résistance, prisonnier dans le camp des barbares , ou serait accusé et peut-être puai à la cour, des malheurs dans lesquels l'imprudence de l'empereur l'aurait précipité. En obéissant à Constance, Julien souscrivait a, sa propre destruction et à celle d'une nation qui méritait son attachement. Mais un refus positif était un acte de rébellion et une déclaration de guerre. L'orgueilleuse jalousie de l'empereur, son Ordre absolu, et peut-être insidieux, n'admettaient ni excuse ni interprétation, et l'autorité précaire du jeune césar lui permettait i peine le délai ou la délibération. Dans cette situation difficile, Julien se trouvait livré à lui-même; lés artificieux eunuques avaient éloigné Salluste, son'sage et Cdèle ami. Il ne pouvait pas consulter ses ministres , qui auraient refusé d'approuver la destruction des Gaules ; on avait d'ailleurs choisi le moment où Lupicinius ', général de la cavalerie, était occupé en Bretagne à repousser les incursions des Pietés et des Ecossais ; et Florentius était allé à Vienne pour y recueillir les tributs. Ce dernier, vil et rusé politique , refusait de se rendre auprès de Julien , malgré les lettres

i Ammien, xx, 1. Il reconnaît la nient, et les Ulens raililaires de Lupidnius , quoiqu'il affecte d'accuser ce général d'un orgueil ridicule et d'une cruauté presque égale à ton «varice. Les Fuites, elles Ecossais meuaçaieut si sérieusement la Bretagne , que Julien fut un instant tenté d'y passer lui-même.

EMPIRE ROMAIN, (360 dep. i. C.)

réitérées par lesquelles le prince lui représentait que , dans toutes les affaires importantes, le préfet devait indispessablemcnt assister au conseil. D'un autre côté , les messagers de l'empereur persécutaient le césar de leurs sollicitations, et lui représentaient qu'en attendant le retour de ses ministres , il se trouverait coupable du délai, et leur ferait honneur de tout le mérite de l'obéissance. N'osant pas résister à un ordre qu'il désapprouvait, Julien déclara publiquement sa, résolution de quitter la pourpre qu'il ne pouvait plus porter avec gloire, mais à laquelle il était dangereux de renoncer.

Après un combat pénible, Julien fut forcé de s'avouer que son devoir était d'obéir, et que le souverain devait seul décider de l'intérêt public. Il signa l'ordre de l'empereur, et les troupes se mirent en marche. Les détachemens des différentes garnisons s'avancèrent vers le lieu de l'assemblée, ils perçaient avec peine la foule des citoyens tremJblans et consternés. On n'entendait de toutes parts que des sanglots et des gémisse- ■ mens; les femmes des soldats accouraient, portant leurs enfans dans leurs bras, et tâchaient de retenir leurs maris en se livrant alternativement à l'expression violente de leur tendresse et de leur indignation. Cette scène de douleur affectait la sensibilité de Julien. Il accorda un grand nombre de chariots pour transporter les femmes et les enfans ', et tacha d'adoucir la rigueur d'un ordre dont il sentait tout le danger. Mais plus les soldats avaient à se louer de sa générosité, et plus ils faisaient éclater de mécontentement et de répugnance à se séparer de leur général. La douleur d'une multitude armée se change aisément en fureur. Les murmures se convertirent bientôt en clameurs, et, parcourant rapidement toutes les tentes, elles préparèrent les esprits à la plus audacieuse sédition. Les tribuns facilitèrent ta publicité d'un libelle qui peignait des plus vives couleurs l'humiliation du césar, les malheurs de l'armée, et les vices méprisables du tyran de l'Asie. Le

■ Il leur accorda ce que l'on nommait cursus elmmloris ou ctabularis. Ces chariots de poste sont souvent cités dans le Code, et passaient pour porter chacun quinze cents livre» pesant. (Vora Vales., ad Ammian. , ut, 4.)

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(MOdep.J.-C.) progrès de cette rumeur frappa de crainte et d'étonnement les messagers de Constance, ïls pressèrent le prince de hâter le départ de l'armée; mais ils rejetèrent imprudemment Taris que Julien leur donna, de ne pas faire passer les troupes par la ville de Paris , en leur expliquant les conséquences qui pourraient en résulter.

Aussitôt qn'on annonça leur arrivée, Julien alla au-devant d'elles, et monta sur un tribunal qu'il avait fait élever devant tes portes de la ville. Après avoir donné des louanges particulières aux officiers et aux soldats qui méritaient cette distinction, Julien s'adressa, dans un discours étudié, à la multitude qui l'environnait. Il exalta leur valeur et leurs exploits, et les félicita de l'honneur qu'ils auraient bientôt de servir sous les yeux d'un monarque puissant et généreux, auquel ils devaient obéir avec autant de joie que de promptitude. Les soldats, ne voulant ni offenser leur général par des clameurs indécentes, ni démentir leurs sentimens par de fausses acclamations, gardèrent un morne silence, et retournèrent quelques instans après dans leurs quartiers. Julien traita les principaux officiers, et leur témoigna, dans les termes les plus obligeais, le chagrin de ne pouvoir récompenser comme il le désirait les braves compagnons de ses victoires. Ils se retirèrent de cette fête pleins de douleur et d'incertitude, et déplorèrent les rigueurs du destin qui, en les arrachant de leur pays natal, les séparait d'un général si digne de leur affection. Le seul expédient qui pouvait le leur conserver fut proposé et unanimement adopté. La conspiration se trama régulièrement; les esprits échauffés exagérèrent les sujets de plaintes; le vin et la liberté dont les soldats jouissaient a la veille de lenr départ achevèrent de les enflammer. A minuit, cette impétueuse multitude, armée d'épées, de torches et de bouteilles, s'élança dans les faubourgs, environna le palais1, et, oubliant les dangers, fit retentir la place du cri fa-

■ Probablement le palais des bains (Thermamm) dont il subsiste encore une salle dans la me de la Harpe. Les Mtimens occupaient une grande partie du quartier connu aujourd'hui sous le nom de quartier de l'Université, «lies jardins, sous tes rois Mérovingiens , communiquaient avec

ta) et irrévocable de Julien augiute. Ge prince , dont les tristes réflexions avaient été interrompues par leurs acclamations tumultueuses, fit barricader ses portes, et, aussi long-temps qu'il lui fut possible, il déroba sa dignité aux événemens d'un désordre nocturne Hais, au point du jour, les soldats, dont le zèle était irrité par sa résistance, entrèrent de forcedans le palais ; et, saisissant l'objet de leur choix avec une respectueuse violence, ils le portèrent sur le tribunal d'où il les avait harangués, et le saluèrent comme leur empereur, en répétant à grands cris les mots de Julien auguste. La prudence et la fidélité lui prescrivaient également de désavouer cette trahison, et de ménager à sa vertu l'excuse de la violence. S'adressent alternativement à la multitude et à quelques officiers, tantôt il les conjurait de renoncer à une entreprise criminelle, et tantôt il leur reprochait avec indignation leur perfidie. Enfin il alla jusqu'à leur promettre que, s'ils rentraient à l'instant dans le devoir, il se chargeait nonseulement d'obtenir leur pardon de l'empereur, mais encore de faire révoquer l'ordre du départ. Hais les soldats connaissaient toute l'étendue de lenr faute, et comptaient plus sur la reconnaissance de Julien , que sur ta clémence de Constance. Leur zèle se changea en impatience, et leur impatience en fureur. L'inflexible césar résista jusqu'à la troisième heure du jour à leurs instances , à leurs reproches et a leurs menaces ; et il ne céda qu'aux clameurs réitérées, qui lui apprirent qu'il fallait ou mourir ou régner. On l'éleva sur un bouclier, aux acclamations de toute l'armée. Un riche collier militaire tint

l'abbaye Saint-Germain-des-Prés. Les injures du temps * et les ravages des Normands ont réduit en un tas de ruines, dans le domiéme siècle, ce palais antique, dont l'intérieur obscur «util destiné aux jouissances de l'amour

ïiptkil nli rinoi, KMnatut wjliillwr «i ,

Ctlalara net», farrltiuc itwBmodi furlto.

Ces vmsom tirés d'ArchUreuius(I. iv, e. 8.), ouvrage poétique de Jean de Hauleville ou Hauville, moine de Saint- Albans, versl'an 1190. (Voyez l'Histoire de la poésie anglaise par Warton , vol. 1, Dissertai. 2.) De pareils rois étalent moins funestes I la tranquillité du genre humain que lesdispules théologiques que la Sorbenne a agitées depuis sur le même terrain. (Bonomy, Hém. del'Ac. t. xt, p. 678-682.)

lieu .de diadème ' ; la promesse d'une gratification modeste ' termina la cérémonie , et le nouvel empereur, accablé d'une douleur ou réelle ou simulée , se retira dans L'intérieur de ses appartenons secrets *.

La douleur de Julien pouvait venir de son innocence; mais son innocence paraîtra douteuse * à ceux qui connaissent assez le caractère général des princes pour se méfier de leurs motifs et de leurs protestations. Son Ame active et véhémente était accessible aux différentes impressions de crainte et d'espoir, de reconnaissance et de vengeance, du devoir et de l'ambition, de l'amour de la gloire et de la crainte da reproche. Hais il est impossible de calculer le degré d'influence que chacun de ces sentimens eut sur Julien ; il ne distingua pas sans doute lui-même tous les inonvemens qui déterminèrent et dirigèrent sa conduite. Ses ennemis lâchaient de séduire les soldats; et leur violence était l'effet naturel de leur înqniétudo et de leur ressentiment. Si Julien eut entrepris de cacher un si grand dessein sous l'apparence du hasard, il se serait inutilement imposé une multitude de soins et d'embarras, et l'habitude consommée de la plus) fine hypocrisie aurait été probablement insuffisante pour lui assurer le succès. H déclara solennellement, en présence de Jupiter,

■ Dus ces momensdetumulte, Julien ne voulut point déroger eux. formes des cérémonies superstitieuses , et il refusa obstinément de se servir d'un collier de femme ou d'un collier tel qu'on les portiil à cheval , et dont les col' dais voulaient qu'il fit usage faille de diadème.

* Une somme proportionnelle d'or et d'argent, cinq pieV ces d'or et une livre d'argent; le tout maniait à peu près à la valeur de cinq livres sterling etdiïsol)eHiDg*,»peupré» cent quarante francs.

3 Nous trouvons le récit détaillé de celte révolte dans les ouvrages de Julien {ad S. P.Q. Atherùensem , p. 282, 2B3, 281), Lib»o\as (Orai. Parental, o. 44-48), dans F* bricius [Bibliot. Gnse., t. vu, p. 28B-273), AarouenCsr, 4)ctZosime (I. m,p. 151, 152,153), qui, pour le règne de Julien, semble avoir suivi l 'autorité plus respectable d*Eun*pe. Avec de pareils guides, nons avons pu nous passer des abrégés de l'Histoire ecclésiastique.

4 Eulropc, témoin irrécusable, se sot de mie expression vague, . eonsensu militwn . (i , 15) . Grégoire de Marianze , dont l'ignorance pourrait excuser le fanatisme, accuse l'Apostat de présomption, d~eictravaganee,*t donne a son élévation l'éplthéte de rébellion Impie, ««./,„,

«»»iu, ««r.,. (tVrtf, m, p.orj.

EMPIRE ROMAIN , (360 dep. J.-C.)

du Soleil, de Mars, de Minerve, et de tontes les autres divinités , que jusqu'à!» ùa du jour qui procéda celui de son élévation il ignora le dessein de l'année ' ; et il setail peu généraux de révoquer en doute,, l'honneur d'un héros, et la véracité d'un philosophe. Cependant, si- Julien étaitasseK -superstitieux poui> croire sincèrement qu«: Cuntiancc était l'ennemi des dieux,: dont il -se flattait d'être lui-même le favori, peut-être ise,perreit-il de désirer, do sollieitej*, et uaéme de hâter le moment de son règne , .pour .venger leur injure et rétablir leur culte présume abandonné. Quand la conspiration eut éclaté, Julien w livra ponr quelques instans au seromeil; et, quand il revit ses amis, il leur raconta que le génie de l'empire a'etait présenté à sa porte, et lui avait reproché son. défaut, de courage et d'ambition *. Sucpiࣣt.*gité, il s'était mis. eo prières, et 1» gond Jupiter, à qui il les adressait, 'lui svaitinanilesté par un signe favorable Tondra, de sesoutaetue à ut volonté des dieux et aux désirs, de l'arniée. Une conduite quiueneutôtneappcéfiéc par les maximes ordinaires de la raison «cite nos soupçons, et. nous laisse dus l'incertitude. Quand le crédule , et artificieux fanatisme s'empare d'une âme :gémùreuser il en bannit la vérité et. toute» les vertus

Le nouvel empereur employa les premiers jours de «on règne à modérer, lenàJe de ao» parti, à sauver lu vie à ses ennemi»*, et à dé-. concerter leurs entreprise*. . QuMMquo idéteri miné à conserver le tttee qu'il «venait deiprettdr«i il jurait vcoduévi 1er les. calamités d'unis guerre civile, ne -pas se commettre contre les

i Julian , ad S..P. Q, Mhm. , p. 284. Le pieui abbé delaBteiteric(Vie de Julien, p. 159) paraît lenlé de respeêter les pieuses protestations d'un païen.

2 Ammian. , ix , S avec H Note de Lindrtlbhirft'sw le Génie de l'empire, Julien hû-wone , dans une lettr» familière à Oribase , son médecin et son ami ( Epist. xvu, p. 384)', parle d'un songe antérieur à l'événement dont il fut frappé, d'un grand arbre renversé , et d'une petite plante, qui poussait en (erre une racine Porte et profonde. L'imagination de Julien était sans deaie agi' ïée de crainte et d'espérances jusque dans son soaireeiL Le récit de Zosime (1. m, p. 155) se rapporte * un songe postérieur.

* Tacile (Bist., i , 80-85. ) peint éloquemment la situation dangereuse du prince d'une armée rt*eTle. Mss Otbon était plus coupable H moins bsbile qne Julien.

(#0 dep,. IflCl.

forces supérieures de Constance, et conserver anepepinattonexempte du reproche d'ingratitude et de perfidie. Décoré des' oraemens impériaux et environné de la pompe militaire, il se montra dtins.k champ de Mars aux soldats, t|wiHHitei»plèroMt avec enthousiasme dans leur empereur leur élève, leur général, et leur ami. Il récapitula leurs victoires , se montra sensible à leurs peines , applaudit à leur courage, contint leur impétuosité, et de rompit l'assemblée qu'après leur avoir Tait gctennetlein ent promettre de renoncer à toute conquête, et de se contenter de la paisible possession' des Gaules, si l'empereur de l'O-i rient consentait à au traité équitable. D'après cet arrangement, il écrivit une lettre au nom de l'armée «t au sien '. Deux ambassadeurs, PeMadin», grand-maltrcdes offices, et, Euthérius, granéWriambellau; forent chargés 4e là remettre à Constance, d'examiner ses dispositions, et de rapporter sa réponse. La lettre de Julien est signée modestement du nom de césar, mais il réclame la confirmation du titre d'auguste, et, en avouant, rirtéguiarilé de son élection, il tache d'excuser le mécontentement et ta violence des soldats qui ont arraché Bon consentement.il reconnaît la supériorité de son frère Constance, et s'engage à lui envoyer annuellement des chevaux d'Espagne, de recruter tous les ans «on armée d'une troupe choisie de jeunes barbares, et de recevoirua préfetdu prétoire deson choix. Mais il se réserve la nomination de tous les antres officiers civils et militaires, le commandement des armées, les revenus et la souveraineté des provinces au-delà des Alpes. 11 invite Constance à consulter les lois de la justice , à se métier des flatteurs qui ne subsistent que de la discorde des princes, et à accepter la proposition d'an traité honorable, également avantageux pour les peuples et pour la maison de Constantin. Dans cette négociation, Julien ne réclamait que ce qu'il possédait d'avance, La Gaule, l'Espagne et la Bretagne reconnaissaient, sous le nom indéfendant d'auguste, l'autorité qu'il exerçait

' A celte lettre ostaisiWe, il en ajouta, dit Amœien, de particu 1 ieres, objurgalorias etmordtuxs, que l'historien n'a pas vues, qu'il n'aurait pas publiées, et qui n'ont peut-être jamais existé.

depuis long-temps sur ces provinces , avec le titre subordonné de césar. Les soldats et les peuples se félicitaient d'une révolution qui n'avait pas' même été teinte dn sang de ceux qui s'y étaient opposés. Florentîus avait pris la fuite, Lupicinius était prisonnier ; on s'était assuré des personnes mal intentionnées pour le nouveau gouvernement , et les places vacantes avaient été accordées au mérite et aux talens , par un prince qui méprisait les intrigues de la cour et les clameurs des soldats *.

De vigoureuses préparations de guerre accompagnèrent et soutinrent les propositions de paix. Les derniers désordres de l'empire aidèrent à recruter et à augmenter l'armée que Julien tenait prête à marcher. La cruelle persécution exercée contre la faction do Hagnence avait rempli la Gaule de vagabonda et de proscrits. Ils acceptèrent avec joie une amnistie générale , se soumirent à la. discipline militaire , et ne retinrent de leurs fureurs qu'une haine implacable pour la personne et le gouvernement de Constance '.

Aussitôt que la saison permit à Julien d'entrer en campagne, il se mit à la tête de ses légions , jeta un pont sur le Rhin auprès de Clèves, et courut châtier la perfidie' des Altuaires, tribu des Francs, qui avait cru pouvoir pronier des dissensions de l'empire pour ravager impunément les frontières. La gloire et la difficulté de cette expédition consistaient dans une marche dangereuse et pénible , et Julien fut vainqueur dès qu'il eut pénétré dans'un pays que plusieurs princes avaient jugé inaccessible. Après avoir accordé la paix aux barbares, l'empereur visita soigneusement les forts le long du Rhin, depuis Clèves jusqu'à Bille, et examina avec une attention particulière les cantons dont il avait expulsé les Allemands. Il passa par Besan-

■ Voyez le* premiers événements, de son règne (i* Julian, ad S. P. Q. Jthen., p. 285 , 286 ; Àmniieo . xx.ô.SiUtan., Orat. Parent., v. 48, 50, p. 273-275.)

2 Libanais , (OraL Parent. . c 50, p. 275, 276.) É transe désordre, puisqu'il dura pendrai plus de sept ans. Dans les factions des républiques grecques , les exilés montèrent au nombre de vingt mille ; et Isoerate assure sérieusement Philippe qu'il serait plus aisé de former une, année des vagabonds que des habitansdes villes. (VoTea les Essais de Hume , I. « , p. 426-427. )

çon ' qu'ils avaient ravagé , et marqua son quartier à Vienne pour l'hiver suivant. Après avoir réparé les fortifications de la barrière des Gaules, et en avoir ajouté de nouvelles, il se Oatta que les Germains seraient contenus, pendant son absence, par le souvenir de ses victoires et par la terreur de son nom. Vadomair était * lé seul prince des Allemands qui méritât l'estime de Julien, et qui pût lui donner de l'inquiétude. Tandis que le rusé barbare feiguait d'observer fidèlement les traités, le succès de ses opérations militaires menaçait d'une guerre dont les circonstances augmentaient le danger. Dans cette situation critique, Julien ne dédaigna point d'imiter la conduite de son ennemi. Au milieu d'une fête où Vadomair s'était rendu imprudemment, à l'invitation des gouverneurs romains, il fut saisi et envoyé prisonnier dans le fond de l'Espagne. Sans attendre que les barbares sortissent de leur étonnement, l'empereur parut sur les bords du Rhin à la tête de son armée, et, après l'avoir traversé, il renouvela dans leur pays l'impression de terreur qu'il y avait répandue par ses quatre expéditions précédentes *.

Julien avait ordonné à ses ambassadeurs d'exécuter leur commission avec la plus grande diligence. Mais les gouverneurs d'Italie et d'Illyrie inventèrent dUTérens prétextes pour retarder leur marche. On les conduisit à petites journées de Conslantinople a Césarée en Cappadoce, et, lorsqu'ils furcntenfln admis en la présence de Constance, il était déjà instruit et prévenu défavorablement contre Julien et contre l'armée de la Gaule. L'empereur écouta la lecture de la lettre avec impatience, et renvoya les ambassadeurs avec mépris ; ses regards , ses gestes et ses discours emportés attestaient le désordre de

1 Julien (Epist. , lïïviK, p. 414) donne Une description abrégée de Vesoulio ou Besançon , une péninsule pierreuse presque environnée par le Douta, jadis ville magnifique , remplie de temples et réduite aujourd'hui a une petite ville sortie de ses ruines.

a Vadomair entra au service des Romain* , et d'un roi barbare ils firent un duc de l'hênieie. Vadomair conserva toujours la duplicité do iwn caractère. (Voyea Ammien, m, 4.) Mail bous le régne de Valons , il signal» ta valeur dans la guerre d'Arménie.

3 Ammien , x\ , 10 ; m, 3 , 4; Zotime , I. in , p- 155,

(380 dep. J.-C.) son ame et son indignation. La princesse Hélène, femme de Julien, aurait peut-être contribué à calmer la colère de son frère Constance; mais, après plusieurs couches toujours fatales à ses enfans, elle venait de périr elle-même dans la dernière ' ; et depuis la mort de la princesse Eusébia, qui avait conservé jusqu'au dernier moment pour Julien ta tendre amitié qu'elle poussait jnsqu'à la jalousie , l'empereur était abandonné à ses propres passions et aux artifices de ses eunuques. Mais le danger pressant d'une invasion étrangère lui fit suspendre le châtiment de son ennemi personnel. Il continua à marcher vers les frontières de la Perse , et crut qu'il suffisait de dicter à son cousia et à ses coupables partisans (es conditions qui pourraient leur obtenir la clémence de leur souverain. Il exigeait que le présomptueux césar renonçât immédiatement au titre et au rang d'auguste qu'il avait accepté des rebelles, et qu'il redescendit au poste de ministre docile et subordonné ; qu'il rendit les emplois civils et militaires aux officiers choisis par In cour impériale, et qu'il se fiât de sa sûreté aux assurances de pardon qui lui seraient données par Epîctète, évéque arien de la Gaule, et l'un des favoris de Constance. Les deux empereurs, à mille lieues l'un de l'autre, continuèrent pendant plusieurs mois, de Paris à Antiocbe , une négociation inutile. Convaincu que sa respectueuse modération ne servait qu'à irriter l'orgueil de son implacable rival, Julien résolut courageusement de confier sa fortune et sa vie aux hasards d'une guerre civile. Il donna audience au questeur Léonas, et on lut publiquement la lettre impérieuse de Constance. Julien protesta, qu'il était prêt à quitter le litre d'auguste, ai ceux

1 Ses restes lurent envoyés à Rome , et enterres près* ceux de sa sœur Constantin», dent le faubourg de KiaUo-

mentana. (Ammien, ixi, 1.) Ubaniusa composé une?]»1 logie très- faible, pour Justifier son berce d'une eccwabeii tfés-abeurde , d'avoir empoisonné ta femme, draoeaneneé sou médecin en lui donnant les bijou de sa attr* (Voyeï la septième des dix-sept nouvelles Oraiswspabuées à Venise, 1754 d'après un manuscrit de la BMolaequede Saint-Marc, u. 117127.) Elpidius, le préfet du prétoire de l'Orienl, an témoignage duquel l'accusateur de Julien en appelle, est traité par Ubanius é'efl&nini et : A' ingrat. Cependant Jérôme a loué lapiétod'Elpklius { t ', I p. 211), et Ammien a (ait réloge de son huma ailé (m,*1'

(300 dep. J.-C.) PAU ED. GIBBON,

qai l'avaient forcé de le prendre voulaient y consentir. Cette proposition peu sincère fut suivie d'une clameur générale; le peuple et les soldats répétèrent unanimement : i Julien i auguste, continuez àrégoer par le vœu de

* l'armée, du peuple et de l'état que vous a avez sauvés. > Ou continua la lecture de la lettre, dans laquelle l'empereur se plaignait de l'ingratitude de Julien, qu'il avait élevé avec soin, et revêtu des honneurs de la pourpre; il déclamait avec véhémence contre la perfidie d'un misérable orphelin qu'il avait sauvé lorsqu'il ne lui restait aucun secours.

* Quoi.' > dk vivement Julien ensaisïssant l'occasion de se justifier et de se livrer à la colère qu'il ne pouvait plus retenir, « l'assassin

> de mon gère, de mes frères et de toute ma ■ famille ose encore me reprocher que je

> suis resté orphelin ? Il me rappelle ses cri-

* mes, et veut me forcer a venger des inju-

> res que je tachais depuis long-temps d'ou-

> blîer. > On quitta l'assemblée; etLéonas, qu'il avait été difficile de mettre a l'abri de la fureur du peuple, retourna vers son maître avec une lettre dans laquelle Julien peignait à .Constance, avec toute l'énergie de l'éloquence enflammée par la colère, les sentimeos de baîne etde mépris qu'une dissimulation forcée nourrissait depuis vingt ansdans son âme. Après ce message , qui équivalait à la déclaration d'une guerre implacable,- Julien , qui, quelques semaines auparavant , avait célébré la fête de l'Epiphanie ', déclara publiquement qu'il confiait le soin de sa vie aux dieux immortels , et renonça avec la même publicité à la religion et à l'amitié de Constance \

* Feriarum die qacm célébrantes mente Januario, Chrittiwù Epiphania diatitant , progressif ire corum eccleiîam, solemniter rumine orato , discessit (Am- Hûeo, m, 2). Zonare observe que ce fut le jour de Noël; et cette assertion paraît assez juste, puisque les églises ' d'Egypte, d'Asie, et peut-être de la Gaule, célébraient le mime Jour , le 6 de janvier , la nativité et le baptflme de Jesus-CarUt. Les Romains, aussi ignorât» que leurs confrères, de ui véritable date de sa naissance, filèrent la fête an 26 de décembre, les Brumalia , ou sotetiee d'hiver, époque a laquelle les païens célébraient tous les ans la naissance du MrieK. ( Vorex Ringtiam , Antiquités de l'Eglise chrétienne, 1. n, c. 4; et Beaus bre, Histoire eriUq. du MauidiéiESe, t.ii.p. 690-700. )

i On peut extraire les négoeiaikw» publiques M secrè-

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