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Persans , l'étendue réelle de la Scythio (Mail bornée à l'orient par les montagnes d'Immaùs ou de Cnf, et {(savaient les idées les plus ridicules et les plus fabuleuses de l'extrémité inaccessible de l'Asie. Mais ces contrées inaccessibles sont l'ancienne résidence d'une nation puissante et civilisée ', qui remonta, par une tradition vraisemblable , à quarante siècles*,- et qui peut justifier d'une filiation de deux mille ans, par le témoignage d'historiens exacts et contemporains \ Les annales de la Chine * éclairassent l'état et les
la vanité et l'ignorance des Grecs, décrit arec soin la mer Caspienne avec ses rivières et les tribus fixées dans ses environs.
1 La première habitation de ces nations semble avoir été au nord-ouest de la Chine, dans les provîntes de, Chensi ou Cbansi. Sous les deux premières dynasties, la principale ville était encore uii camp sujet à changer de position. Les villages étalent clair semés, et les pâturages étaient beaucoup pins étendus que les terres cultivées. On recommandait l'exercice de la chasse , pour détruire les animaux sauvages. Peleheli, ou le terrain que Pékhig occupe aujourd'hui, était désert, cl les provinces méridionales n'étaient peuplées que d'Indiens sauvages. La dynastie des Hall, 206 ans avant Jésus-Christ , donna A l'empire sa formect son étendue actuelle.
s L'ère de la monarchie chinoise a été Oxée à des époques différentes, depuis 21152 jusqu'à 2132 années avant Jésus-Christ , et l'année 2637 a été adoptée légalement par l'autorité du présent empereur , comme celle de l'époque terilable. Lu difficultés naissent de l'incertitude de la ilurée des deux premières dynasties, et de l'inlerrelle qui les a séparées jusqu'aux temps réels ou fabuleux de Fohi ou Hoangli. Semalsien date sa chronologie authentique depuis l'an 841. Les trente-six éclipses de Conlucius, dont oni vérifié trente-une, lurent observées entre les ■innées 722 et 480 avant Jésus-Christ. -La période historique de la Chine ne remonte pas plus haut que les olympiades des Grecs.
s Après plusieurs siècles d'anarchie et de despotisme , la dynastie des Han , 206 ans avant Jésus-Christ, tut l'époque de la renaissance des sciences. Un restaura les iragmens de l'ancienne littérature ; on perfectionna et l'on fixa les caractères , et l'on assura la conservation future des livres partes inventions de l'encre, du papier, et île l'art d'imprimer. Semalsien publia la première histoire de la Chine quatre-vingt-dix ans avant Jèsus-Chrisl ; une Mille de cent quatre-vingts historiens continuèrent et per- Itxtionnèretil ses travaux. Les extraits de leurs ouvrages existent encore, et la plus grande partie se trouve aujourd'hui déposée dans la bibliothèque du roi de France.
• Les travaux des Français, les mission na i res a PAing , rt MM. Freret et de Guignes à Paris nous ont rail connaître la Chine. Les Irais notes précédentes m'ont été fournies par le Chw-King, avec la préface ri le* notes de M. de Guignes, Paris, 1770.(Voyra te Tong-Kitn-Kon- I Mou, traduit parle père de Mailla, sous le nom d'Histoire i
IIFXADE3NCE DE L'EMPIRE ROMAIN, (376 dep. J.-C.)
révolutions des tribus pastorales , qu'on peut toujours distinguer sous la dénomination vague de Scythes ou de Tnrtares , successivement vassaux , ennemis et conqnérans d'un grand empire, dont -la politique habile a toujours résisté a la valeur impétueuse des barbares du Nord. De l'embouchure du Danube a la mer du Japon , la longitude de la Scythie s'étend à peu près à cent dïx degrés, qui comprennent dans cette direction plus de dix-sept cents lieues. II n'est pas aussi facile de déterminer la latitude de res immenses déserts; mais depuis le quartrutième degré, qui touche au mur de la Chipe , nous pouvons avancer à trois cent trente lieues vers le nord , oii nous serons arrêtés par le froid excessif de la Sibérie. Dans cet affreux climat , au lieu du portrait animé d'un camp rartave, on aperçoit sortir de la terre , ou plutôt des neiges dont clic est couverte, la fumée qui annonce les demeures souterraines des Tongoux et des Snmoïèdes. Des rennes et des gros chiens leur tiennent imparfaitement lieu de Iraenfs et de chevaux, et les conquérons de l'univers sont insensiblement transformés en une race de sauvages chélifs et difformes , que le bruit des armes fait trembler '.
Les Huns,qui menaçaient l'empire' romain sous le règnede Valens, avaient long-lerhps avant semé la terreur dans l'empire du la Chine1. Ils occupaient anciennement, et peut-être originairement , une vaste étendue de pays aride et stérile au nord du grand mur. Celte contrée est occupée, aujourd'hui par quarante-neuf hordes de Mongoux , nation pastorale composée d'environ deux cent mille familles \ Mais la vaîeurdes Huns
générale de la Cbiue, L i, p. 43-200 ; les Mémoires sur 1» Crrine.Paris, 1776, fie., I. i,p. t-323;t. Il, p. 5-364; l'Histoire des Huns, t. i,p. 131; t. 5, p. 345-36Î , et tes Mémoires de l'Acad. des lnscript. , t. x, p. 377-402; t. xv, p. 495-564; t. mu, p. 178-295; tom. XXXVI, p. 1M 238.)
i Voyez l'Histoire générale des Voyage», L xnu, M l'Histoire généalogique, vol. h, p. 620-464.
a M. de Guignes (t. h, p. 1-124) a donné l'histoire originale des anciens Hiong-non on Hnns. La géographie chinoise de leur pays semble comprendre une partie rie leors conquêtes.
a Voyet flans du HaJde (t. 4, p. 18-65 , troc description
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(376 dep. J.-C.) PAR ED. GIBBON. CH. XXVI.
recula tes limites de leurs états ; et leurs chefs, connus bous le nom de Tanjoux, furent successivement les conqaéraas et les souverains d'un empire formidable. Vers l'Orient, l'Océan seul put arrêter l'effort de leurs armes, et les tribus clair semées entre l'Amour et l'extrémité de la péninsule de Corée, suivirent malgré elles les drapeaux des Huns victorieux. Du côté de l'occident, à 1« pointe de l'irtis et des vallées de l'Imaùs, ils trouvèrent un pays plus vaste et des ennemis plus nombreux. Un des lieutenaus du Tanjou subjugua dans une seule expédition vingt-six nations. Les Igours1, distingués entre lesTartares par l'usage des lettres, étaient du nombre de ses vassaux; et, par une étrange liaison des événemens , la fuite d'une de ces tribus errantes rappela les Purllies victorieux de l'invasion, de la Syrie'. Au nord, l'Océan bornait encore les étals des Huns. Sans ennemis pour leur résister, sans témoins pour contrarier leur vanité , Us pouvaient exécuter à leur gré la conquête réelle ou imaginaire des régions glacées delà Sibérie, ctils fixèrent à l'Océan du Nord la dernière borne de leur empire. Mais le nom de celte mer, sur les rives de laquelle le patriote Sovou embrassa la vie de pasteur et d'exilé !, peut s'appliquer avec plus de probabilité au Baiital , vaste bassin d'environ trois cent milles de longueur, qui dédaigne lu dénomination modeste de lac*,
circonstanciée du part des Hongoux , arec une carte «acte.
'Les Igours ouVigours étaient partagés en Irois classes, les chasseurs, 1m patres et les laboureurs; et les dm derrières classes méprisaient la première. (Vojes Ahulgbaii, paît, h, c. 7.)
1 Mém. de l'Académie des lnscript. (t. iiv, p. 17-33;. M. de Guignes a déployé l'étendue de ses lumières eu comparant ces événemens éloignés.
s On célèbre encore à la Chine la renommée de Soiou ou So-ou, sou mérite et se* aventures extraordinaire*. (Voyez l'Eloge de lUoukdea, p. 30, et les notes, p. 241- 247 , et les Mém. sur la Cnine, t. m, p. 317-360.)
< Voyez Istirand Ires dans la collection de Harry, voL n, p. 931 ; les Voyages de Bell, v. i , p. 247-354 ; Gmelin , - dans l'Histoire générale des Voyages, t. mu, p. 383-330. Ils font tous la remarque, adoptée parla crédulité du peuple,que la sainte tuer s'irrite et menace d'une tempête lorsqu'on lui donne le nom de lac. Cette délicatesse grammaticale occasione souvent des querelles entre les mariniers superstitieux et les voyageurs follement obstine».
et qui communique aujourd'hui avec ht mer du Nord, par le long cours de I Angara, du Tongoska et du Jéniscea. La conquête d'un si grand nombre de nations éloignées pouvait itatter la vanité do Tanjou ; mais la valeur des Huns ne pouvait être satisfaite que par la jouissance des richesses et du luxe de l'empire du Sud. On avait élevé, dans le troisième siècle avant l'ère chrétienne , un mur de quinze cents milles de longueur, pour défendre les frontières de la Chine contre leurs incursions1; mais ce mur immense, qui . tient une place considérable sur la carie du monde, ne contribua jamais à la sûreté d'une nation pacifique. Le Tanjou rassemblait souvent trois cent mille hommes de cavalerie , redoutables par leur adresse à manier leurs arcs et leurs chevaux, par leur patience h supporter les rigueurs des saisons , et par l'incroyable rapidité de leur marche. Ils traversaient, sans hésiter, les torrens et les précipices , les montagnes les plus escarpées et les rivières les plus profondes. Ils se répandirent tous à la fois sur la surface du pays, et leur impétueuse célérité déroncerta la tactique grave et compassée des Chinois. L'empereur Kaoti, soldat de fortune* , élevé sur le trône par son mérite personnel , marcha contre les Huns avec les troupes de vétérans qui avaient servi dans les guerres civiles de la Chine. Mais les barbares l'environnèrent de tous cotés, et, après un siège de sept jours, le monarque n'ayant aucun espoir d'être secouru, acheta sa liberté par une capitulation Ignominieuse. Les successeurs de Kaoti ," occupés des arts pacifiques, et livrés aux délices de leurs palais , se soumirent a une humiliation plus durable. Ils perdirent toute confiance dans leurs troupes et dans leurs fortifications. Persuades qu'au seul bruit de l'approche des Huas, qui s'annonçaient en partant de toti» côtés la dévastation,
i Du Haute (t. n, p. 46) et do Guignes (fc n, •; ■§) parlent l'un et l'autre de la eatstnxtiea ào grand mur de la Chine.
3 Vo*« la Vie de Uewpang on Kaoti, dans l'Histoire de la Chine, publiée à Parti en 1777, etc. (t. i, p. 4«-523). Cet ouvrage volumineux du père de Mailla est une induction du Tong-Kiaa-Kang-Hoti-, l'abrégé de la grande Histoire de Senatawag , A. D. 1084, et de ses conli-
les soldais chinois , qui dormaient le casque en tête et la cuirasse sur te dos, usaient leur vigueur et 'leur courage par des travaux et des marches inutiles1, ils stipulèrent un paiement annuel d'argent et d'étoffes de pour se procurer une tranquillité précaire ; et le méprisable expédient de déguiser un tribut réel, sous la dénomination d'un don et d'un subside , fut également adopté par les empereurs de Rome et par ceux de la Chine. Mais le tribut de ceux-ci comprenait un article encore plus honteux , qui révoltait les senti mens de la nature et de l'humanité. Les fatigues d'une vie sauvage, qui détruisent dans leurs premières années les enfans nés avec une constitution faible, mettent une disproportion sensible d ns le nombre des deux sexes. Les Tartares sont généralement laids, et même difformes : et, tout en réservant à leurs femmes le fardeau de tous les travaux domestiques, leurs désirs ne s'en portent pas moins vers la beauté des formes. Les Chinois étaient obligés de livrer tous les ans aux Huns nn nombre fixéde leurs plus belles filles', et ils se maintenaient dans l'alliance des orgueilleux Tanjoux au moyen de leurs mariages avec les filles véritables on adoptives de la famille impériale, qui tâchaient en vaiu d'échapper à cet odieux sacrifice. Une princesse de la Chine a décrit en vers l'infortnne de ces victimes désolées. Elle peint pathétiquement la douleur qu'elle ressent d'être condamnée à un exil perpétuel , de partager la couche d'un barbare, d'être réduite pour boisson à du lait aigre, à de la viande crue pour nourriture, et de n'avoir qu'une tente pour palais. Elle termine son élégie ou sa romance par le vœu naïf d'être transformée en petit oiseau, pour
i Voyez un mémoire Tort long el Ires-ferme, présenté par un mandarin a l'empereur Venti, en l'an 180 avant Jeans-Christ. Dans Du Halde (l. n, p. 412-426), d'après une collection de papiers officiels, marques d'un crayon ronge de b main de Kunni lui-même (p. 384-612). Un second mémoire lia aùnittre de la guerre, Kang-Mou (I. n. p. 555), fournit quelques anecdotes curieuses sur les mœurs des Huns.
1 Ou trouve souvent parmi les articles du Imité le tribut d'un nombre de femmes, qui semble être une des conventions ordinaires. (Hist. delà Conquête de la Chine par les Tartares Hautcaoux, 1. 1, p, 186, 187, avoc des notes de l'odileur.)
{378 dtp. J.-C.) fuir la tyrannie et s'envoler dans sa chère patrie, l'objet de son regret perpétuel'.
Les tribus pastorales du Nord avaient fait deux fois la conquête de la Chine. Les forces des Huns n'étaient point inférieures à celles desMongouxoudesHanlchora, et leur ambition pouvait se flatter des même» succès; mais les armes et la politique de Vouli \ cinquième empereur de la puissante dynastie des Hans, humilièrent leurorgeuil et arrêtèrent leurs progrès. Durant sou long règne de cinquante-quatre ans (141 ansav. J.-C.) les ba rbares des provinces méridionales se soumirent aux loisdes Chinois; ils adoptèrent leurs mœurs, et les anciennes limite» de l'empire, qui se terminait à la grande rivière de ttiaue, s'étendirent jusqu'au port de Canton. Au heu de se borner aux opérations d'uno guerre défensive, ses lteulenans pénétrèrent dans ie cœur du pays des Huns. Ces vastes déserts n'offraient aucune ressource pour la subsistance des troupes; U était diOioiie d'y transporter une quantité de provisions suffisante; et les arméesdeVoutieure m souvent à souffrir de la disette autant que de la fatigue. De cent quarante mille soldats avec lesquels les généraux chinois étaient entrés en campagne, ils n'en ramenèrent que trente mille n leur empereur; mais cette perte était compensée par des succès brillons et décisifs. Ils avaient profilé habilement de la supériorité que, leur donnaient leur discipline , leurs chariots de guerre, etleseeoundesTariaresauKiliaires.
Le camp du Tanjou fut surpris dans le désordre et le sommeil. Le monarque des U uns s'ouvrit courageusement un chemin au milieu, des ennemis; mais il laissa quinte mille des siens sur le champ de bataille. Cependant cette grande victoire , précédée et suivie de plusieurs combats sanglans, contribua moins â détruire la puissance des Huns que la politique adroite dont Vouti Cl usage pour détacher les nations tributaires de leur obéissance. Intimidées par les armées de l'empereur chinuis, on séduites par ses promesses, elles rejetèrent l'autorité du Taujou (79 ans av. J.-C):
< De Guignes (Hist. des Huns, t.n,p.62).
! Voyez le règne de l'empereur Venti, dans le Knng- Mou (1. 3, p. 1-08). Son caractère inconstant et inconséquent paraît être peint avec impartialité
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(376 dep. J.-C.)
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quelques-unes se reconnurent alliées eu vassales de l'empire ; toutes devinrent les. plus implacables ennemies des Huns;. etdèsqueoe peuple bar bane se trouva réduit à ses propres forces, sa grandeur disparut, et son nombre aurait suffi à peine pour peupler une grande ville de' l'empire des Chinois '. La désertion de ses sujets , et les fatigues d'une guerre civile , obligèrent le Tanjou à renoncer luimême au titre de souverain «dépendant. On le reçut à Stgan (51 ans av. J:-C.), alors capitale de lanionarobie; les troupes, tes mandarins, et l'empereur lui-même, lui firent tons les honneurs qui-pouvaientdégurser son humiliation el l'orgueil du conquérant ". On le logea dans un palais magnifique , il eut le pas avant tous les princes de la famille royale , et on épuisa la patience du roi barbare dans un banquet à hait services, dorant Lequel ou exécuta neuf ditférens morceaux de musique : mais il rendit a gênons un respectueux hommage à l'empereur, prononça, en son nom et pour tous ses successeurs, un serment de fidélité perpétuelle, et reçut du victorieux Vouti un sceau qui portait l'emblème de sa nouvelle dépendance. Depuis cette soumission humiliante , le Tanjou manqua quelquefois à son serment de fidélité , et saisit l'instant favorable pour exercer son brigandage ; mais la monarchie des Huns déclina peu à peu, et des dissenaion s eivilesdi visèrent eufiu ces barbares en deux nations séparées et ennemies. Undefenrs prinees se retira vers le sud avec huit hordes, qui se composaientdc quarante à cinquante nulle familles. (48 ans. av. J.-C.) H obtint, avee le litre de Tanjou, un territoire commode sur les frontières des provinces chinoises, etlaconstance de son attachementpour l'empire fut maintenue par sa faiblesse et
■ On trouve cette expression dans le mémoire présenté A l'empereur Venti. (Du Haute, t. n, p. 417.) Sans adopter les exagérations de Marco Polo el d'isaac Vossius, noua pouvons raisonnablement supposer que Peking renferme deux millions dluuHUiDS. Les villes du sud, où les manufactures de Pôkiog sont placées , oui une population encore supérieure.
î Voyez le Rang-Mou (t ut, p. 150) et la suite des éveneiBens enacuti sous son année particulière. Celle teie remarquable est célébrée dans l'éloge de hloukden, et expliquée dans une note du Père Ciaubil (p. 89, 90).
par Je désir de se venger de ses anciens alliés. Depuis le moment de cette séparation , les Huns du nord continuèrent à languir environ cinquante ans, jusqu'au moment où ils furent attaqués par des ennemis étrangers et domestiques. Une colonne ', élevée sur une haute montagne, apprit a la postérité que les armées chinoises s'étaient victorieusement avancées à sept cents milles dans le pays des barbares. Les Sienpi ', tribu des Tartares orientaux, vengèrent sur les Huns les injures que leurs aucétres en avaient reçues ; et la puissance des Tanjoux , après un règne de treize cents ans , fut entièrement détruite , avant l'expiration du premier siècle de l'ère chrétienne1. (93 de J.-C.)
Les Huns, vaincus et dispersés, éprouvèrent différentes fortunes *. Cent mille des plus pauvres et des moins courageux restèrent dans leur pays natal, renoncèrent à leur nom, et se mêlèrent a la victorieuse nation des Sienpi. Cinquante-huit hordes, ou environ deux cent mille hommes, se retirèrent au sud , et préférèrent la protection de l'empereur chinois , qui leur confia la garde des frontières de la province de Cliansî et du territoire d'Orlous : mais les tribus les plus puissantes des Huns et les plus belliqueuses , conservèrent dans leurs revers, l'intrépidité de leurs ancêtres. Us tournèrent leurs regards vers l'Occident, et résolurent d'y chercher, sous la conduite de leurs chefs, héréditaires, un pays inaccessible aux fureurs des Sienpi et aux lois rigoureuses dela Chine s. Ils passèrent tous ensemble
< Celle lusciipUon lui composée au moment par Pankou, président du tribunal de l'Histoire. (KaDg-Moii, L m , p. 392.) Un a découvert des monumens semblables dans difTérens endroits de la Tartarie. (Histoire des Huns, t. n, p. 122.)
» M. de Guignes (l ■ , p. 189) a inséré ua article court sur les Sienpi.
> L'ère des Huns est placée par les Chinois 1214 ans. avant Jésus-Christ ; mais la mile de leurs rois iirrammence que dans l'année 230. (Histoire des Huns, toni. n, p. 21-123. )
« Kang-Mou { U m, p. 88, 91, 95, (39, etc.) racont» les différentes circonstances de la chute et de la utile des Huns. On peut expliquer le pelil nombre dont 11 compose chaque horde par leurs pertes et par leurs divisions.
s M. de Guignes a suivi habilement les traces des Huns,
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