‹ Histoire de la décadence et la chute de l'Empire romainChapitre 49 sur 85 · B*n»t(BT«lil*««l«,Wl»«»»l · texte numérisé non relu

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\m harangue* {dt Bell. Get., 479-640) duNwbr Cl de l' Achille du Gotha Mut parfaitement adaptées à leurs caraelirei et aux circonstances.

> OroseCl. vn, c.37) est irrité de l'impiété des Romains qui attaquèrent de si pieux chrétiens le dimanche de Pâques. On offrait cependant des priera àlachissede saint Thomas d'Edesse, pour obtenir la destruction du brigand arieu. Voyez Tillemont ( Hist. des Empereurs , t, r, p. $30) qui eile une homélie attribuée mal i propos a saint Cbrysoslome.

s Les vestiges dcPoJlcotia se trouvent a vingt-cinq milles au sud-est deTurin. Urbs, dans les mêmes eut irous, était une foret royale, où les rois de Lombardie prenaient le plaisir de la chasse, et une petite rivière excusait la prédiction : « Penetrabis ail Urbem. * (Clu- ¥«\ liai., Aoliq. 1. 1, p. 83-85 0

lilé par les efforts de son oourage, et sacrifia sa vie pour servir les Romains. Giaudien a conservé imparfaitement dans ses vers la mémoire de ce vaillant barbare dont il célèbre ht gloire, sans nous apprendre son nom. En le voyant tomber, les escadrons qu'il commandait prirent la fuite, et la défaite de l'aile droHedela cavalerie romaine aurait pu décider la victoire en faveur d* Alaric, si Stilicon ne fût pas promptement arrivé à la tété de tonte l'infanterie. Le génie du général et la valeur des soldats surmontèrent tous les obstacles; et, sur le soir de cette sanglante journée, les Goths se retirèrent du champ de bataille ; les retràncbemeus de leur camp furent forcés , et les barbares essuyèrent dans cette occasion tous les maux dont Us avaient affligé les provinces de l'empire '. Les vétérans de l'Occident B'enrichirent des dépouillés magnifiques de Corinthe et d'Argos ; et l'épouse captive d'AIaric, qui comptait^ d'après les promesses de son mari, sur des bijoux précieux et sur des esclaves patriciennes * , se vît réduite à implorer la clémence de ses ennemis. Des milliers de prisonniers, échappés de leurs chaînes, Se dispersèrent dans toutes les villes de l'Italie, et chantèrent les louanges de leur libérateur. On comparait le triomphe de Stilicon * u celui de Marins, qui, dans le même canton de l'Italie, avait attaqué et détruit une armée des barbares du Nord. La postérité pouvait aisément confondre la défaite des Cimbres avec celle des Goths, et élever un trophée commun aux deux illustres vainqueurs des plus formidables ennemis de Rome *.

i Orose cherche , par des «pressions ambiguës , i (aire entendre que les Romains furent vaincus. « Pugnantet vicimas, victores victi sumus. »Protper(t'n Chron.)tM fait une bataille sanglante et douteuse; mais les écrivains des Goths, Cassiodore (In Chroit.) et Jornandès (de Ileb. Cet,, c. 29), prétendent à une victoire décisive.

nomaiiupie «"» hailat trrvitr petctui.

M Betl. en. sa.

s Claudien ( de Bell, Get. 560-647) et Prudence ( in Slymmack. ,\. u, 694-718), célèbrent clairement la victoire de Pollentia gagnée parles Romains. Ils sont poète» et écrivains de parti ; cependant les témoins les plu» suspects méritent quelque confiance, quand ils «ont retenus par la notoriété récente des faits, i La péroraison de Claudien est vive et élégante j mais il

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DECAJBBJSCE DE L'EMPIRKi ROMAIN,

(403 (fepi J.-c:)

Claudien a célébré ' la bataille de Pollenlia avec son enthousiasme ordinaire, comme le jour le plus glorieux de la vie de son lieras ; mais sa muse partiale ne peut pas cependant refuser des louanges au génie de son rival. Quoique le poète de Stilicon donne au rai des barbares les épitliètes de pirate et de brigand , il est forcé d'avouer qu'Alaric possédât cette grandeur d'âme qui, toujours supérieure a la fortune, tire de nouvelles ressources du sein de l'adversité. Apres la défaite totale de son infanterie, il s'échappa on plutôt se retira du champ de bataille avec presque tonte sa cavalerie, qui avait peu souffert. Sans perdre te temps à déplorer la perte Irréparable de tant de braves compagnons, il laissa aux ennemis victorieux la satisfaction d'enchaîner son image1, et résolut de traverser les passages abandonnés des Alpes , et de vaincre ou mourir aux portes de Itomc. L'activité infatigable de Stilicon sauva la capitale; mais il respecta, le désespoir de sou ennemi; et, au lieu d'exposer le salut de l'état au hasard d'une seconde bataille, il proposa de payer la retraite des barbares. Le généreux et intrépide Alaric aurait rejeté. avec mépris la permission de se retirer et l'offre d'une pension; mais il n'exerçait qu'une autorité limitée et précaire sur les chefs indépendans, qui, pour l'intérêt commun, l'avaient élevé au-dessus de ses égaux. Ces chefs n'étaient plus disposés à suivre un général malheureux, et plusieurs d'entre eux inclinaient à traiter personnellement avec le ministre d'Honorius.

faut entendre l'identité du champ d« bataille des Cirobres et de celui des Golhs, selon la géographie vague et peu certaine des poètes. Vercelli et rolleutia sont a soixante milles l'une de l'autre ; et la distance est encore plus grande , si les Cimbrcs furent vaincus dans la plaine vaste et stérile de Vérone. (MaOei , Ferona Jllustr t. i,)

' Il est indispensable de suivre Claudiea et Prudence avec circonspection, pour réduire leur exagération, et extrairede ces poètes le sens historique.

ï FLpaiant en Ibata ta IMemictaga, Pc an («i roïiqiiis «tintait! la taïga.

Cet usage d'exposer en triomphe les images des rois et des proiinces était très-familier aux Romains. Le buste de Milhriilalc, haut de dou/e pieds, était d'or massif. (Freinslicm., supplément de Tïlc-Uw,w, 47.)

'Le monarque se rendit ou vœu de ses peuples , ratifia le traité avec l'empire d'Occident, et repassa le Pô avec les restes de l'année florissante qu'il avait conduite en Italie, Une partie considérable des troupes romaines veilla sur ses mouvemens ; et Stilicon, qui entretenait une correspondance secrète avec quelques chefs des barbares, fut instruit ponctuellement des desseins formés dans le camp et dans les conseils d'Alaric. Le roi des Goths, jaloux de signaler sa retraite par quelque coup de main hardi ci avantageux, avait résolu de s'emparer de la ville de Vérone , qui sert de clef au principal passage des Alpes Khéûennes, et d'envahir la Gaule, en dirigeant sa marche à travers le territoire des tribus germaines, dout l'alliance pouvait réparer les pertes de sou armée. Ne se doutant point qu'il était trahi, Alaric s'avança vers les passages des montagnes, déjà occupés par les troupes impériales, et dans le même instant son armée fut atUqnée de front, sur les flancs, et sur les derrières. Dans celte action sanglante, à une trèspetite distance des murs de Vérone, les Goths firent une perte égale à celle de la défaite de Pollentia ; et leur intrépide commandant, qui dut son salut à la vitesse de son cheval, aurait inévitablement été pris mort ou vif, si l'impétuosité indisçiplinable des Alains n'eut déconcerté les précautions du général romain. Alaric rallia les débris de son armée sur les rochers voisins , et se prépara courageusement à soutenir un siège contre les troupes qui l'environnaient de toutes parts. Mais il ne pnt pas parer au besoin impérieux de subsistances, ni éviter la désertion continuelle de ses barbares. Réduit à cette extrémité , il trouva encore, de» ressources dans son courage; et sa retraite fut regardée comme la délivrance de l'Italie1. Cependant le peuple et même le clergé, également incapables de juger de la nécessité de la paix ou de la guerre, blâmèrent hautement la politique de Stilicon, qui laissait échapper un ennemi dangereux qu'il avait vaincu si souvent , tant de fois envî-

■ La guerre Gétique et le sixième Consulat d'Honorius lient ensemble aaseï obscurément les dé/aîbsel La retrait*

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(4Hd«p,J.-C.):

ronné et ensuite laissé échapper. An premier moment de sa délivrance, le peuple fait habituellement éclalcr sa reconnaissance et son admiration ; mais ces senlimens s'évaporent bientôt, et sont remplacés par l'ingratitude et la calomnie '.

L'approche d'Alaric avait effrayé les citoyens de Home, et l'activité avec laquelle il* travaillèrent ù réparer les murs de la capitale annonça leurs craintes et le déclin de l'empire. Après la retruite des barbares, Jlonorius daigna recevoir l'invitation respectueuse da sénat, et célébrer dans la ville impériale l'époque heureuse de la défaite des Gotbs et de son sixième consulat *. Depuis le pont Milvicn jusqu'au mont Palatin, les rues et les faubourgs étaient remplis par la foule pressée d'un peuplequi, depuis cent ans, n'avait joui que trois fois de l'honneur de contempler son souverain. En fixant leurs regards sur le char dans lequel Stilicon accompagnait son auguste pupille , ils applaudissaient sincèrement à la magnificence d'un triomphe qui n'était point souillé de sang romain comme celui de Constantin ou de Théodose. La procession passa sous un arc fort élevé, et construit exprès pour cette cérémonie. Hais, moins de sept ans après-, les Goths, vainqueurs de Rome , purent lire sur ce monument la fastueuse inscription qui attestait ta défaite et la destruction totale de leur nation s. L'empereur résida plusieurs mois dans la capitale, et eut soin de se conduire toujours de manière à captiver l'affection da clergé, du sénat, et du peuple romain. Le clergé fut édifié de ses fréquentes visites et de la libéralité de ses dons aux chasses des saints apôtres. Le sénat fut dispensé de précéder a pied, selon l'usage, le char de l'empereur durant la marche triom-

■ TtKeo de Alaneo.... tape eicto , tape emolaso , scnipcrqtte dimissa. (Orosius, '• vu, C 37, p. 567.) Claudieu (vi Contai. Bonor., 320) termine son récit en présf n tant une fort belle Image.

î ~\jt reste du poème de Claudieu sur le sixième consulat d'Uonoriu* doue la description du voyage , du triomphe , et des jeu* (330-660.)

a Voyez l'inscription dans l'Histoire des anciens Germains, par ktaeow (tiu, 11). («s expressions son! positives et indiscrètes : Gctarum nationem in orme (tvttm l!omilam.tix.

phale , et il obtînt toutes les marques du respect que Stilicon affectait de montrer pour cette assemblée. Le peuple parut flatté de l'affabilité d'Honorîus, et de la complaisance avec laquelle il assista aux jeux du cirque, dont le spectacle magnifique n'était pas indigne d'un monarque. Dès que le nombre de courses fixées pour les chars était accompli, la décoration changeait; une chasse d'animaux sauvages offrait une nouvelle scène d'nmuscmens, et se terminait par une danse militaire, qui, d'après la description de Glaudicn, parait ressembler aux tournois modernes.

Dans ces jeux célébrés par Honorius, le sang ' des gladiateurs souilla pour la dernière fois l'amphithéâtre de Rome. Le premier des empereurs chrétiens eut la gloire de publier le premier édit qui condamnait cet amusement sanguinaire * ; mats cette loi bienfaisante, en annonçant les vœux du prince, ne réforma pas un abus antique qui dégradait une nation civilisée. Plusieurs centaines, peut-être des milliers de victimes offraient tous les ans dans les grandes villes , et particulièrement dans le mois de décembre, aux yeux des citoyens enchantés, le spectacle sanglant de la fureur, de l'agonie et de la mort. Tandis que la victoire de Pollcntia excitait les transports de la joie publique, un poète chrétien exhorta l'empereur à détruira un usage barbare qui s'était perpétué malgré les cris de la religion ci de l'humanité '. Les représentations pathétiques de Prudence furent moins efficaces que la généreuse audace de Téléniaqiic, moine asiatique , dont la mort rendit plus de services au genre humain que sa vie*. Les Romains s'irritèrent de voir interrompre

< Sur le curieux et horrible sujet des gladiateurs, consulter les deux livres des Saturnales deUnse,qui, en sa qualité d'antiquaire, est dispose â excuser les usages de l'antiquité (t. ni, p. 403-545).

i Code Theodos., I. n, lit. 12, toi 1. Ut commentaire de Godefroy otTre une grande abondance de matériaux (t. v, p. 396) pour l'histoire de; gladiateurs.

îVoveï la péroraison de Prudence {in Sjmmaeh., l.n, 1121-1131), qui avait saus doute lu la salireéloquente de Laclance (Divin, institut., l.vi, c. 20). Les apologistes chrétiens n'ont pas épargné les jeux sanglan» qui faisaient partie des fDles religieuses du paganisme.

* Théodore!, 1. v, e. 2U. J'aurais grand plaisir à croire l'histoire de saint 1 eléuisqûo; cependant on n'a point dé-

Iran plaisirs, et écrasèrent sons une grêle de pierres le moine imprudent qui était descendu dans l'arène pour séparer les gladiateurs. Mais le peuple rougit bientôt de sa barbarie ; U respecta la mémoire de Télémaque qui avait mérité les honneurs du martyre , et se soumit sans murmure à la loi par laquelle Honorius bannissait pour toujours les sacrifices humains des amphithéâtres. Les citoyens qui chérissaient les usages de leurs ancêlres pouvaient peut-être alléguer qne les derniers restes de l'ardeur martiale se conservaient dans cette école d'intrépidité, qui accoutumait, les Romains à la vue du sang et au mépris de la mort. Vain et cruel préjugé si honorablement réfuté par la valeur de l'ancienne Grèce et de l'Europe moderne1. Le danger récent que l'empereur avait couru dans son palais de Milan le décida à choisir pour retraite quelque forteresse inaccessible de l'Italie, ou il pût résider sans craindre les entreprises d'une foule de barbares qui battaient la campagne. Sur la cote de la mer Adriatique, environ à dix ou douze milles de la plus méridionale des sept embouchures du Pô, les Thessaliens avaient fondé l'ancienne colonie de Ravenne * , qu'ils cédèrent depuis aux natifs de l'Ombrie. Auguste, ayant remarqué la commodité de cette place, fit construire, a trois milles de l'ancienne ville, un port susceptible de contenir deux cent cinquante vaisseaux de guerre. Cet établissement naval , qui comprenait des arsenaux, des magasins, des casernes pour les troupes , et des logemens pour les ouvriers,

die d'église, on n'a point élevé d'autel au seul moine qui soit mort martyr delà cause de l'humanité.

i Crudele gladiatorum tpectaculumet inhumanum nonnullis videri solet : et baud sciotfB itatit, utnuao fit. (Cicero, Tiuculan. , n. 17.) Il blâme légèrement l'abus, el détend chaudement l'usage de ces spectades : Oeulis nutta poterat eue forlivr contra ttoloran et mortem disciplina. Séaeque (Epist, ni) montre la sensibilité d'un homme. '.

1 Celle description de Uavenne est tirée de Strabon (l.v.p. 327), Pline (m,20) , Etienne de Ryiance(aumot Fatnw, p. 651, édit. Berlel.), Claudieu (in vi Consul. Honor., 494, ele,), Sidonius Apollinarig(lj ,Epiit. y, S,) Jornaiidès {de Reb.get., c. 29), Procop.(t/« Bell, gol/iic, 1. i, cl, p. 309, édit. Louvre), el Clureriui (liai. antiq.,t. i, p. 301-307). 11 me manque cependant encore un antiquaire local et une bonne carte topographique.

(4M dep. I.-C.1 tire Son origine et son nom de la station permanente de la flotte romaine. Les places vides se remplirent bientôt de batunenset d'habitans ; et les trois quartiers vastes et peuplés de Ravenne contribuèrent insensiblement à former Une des pins importantes villes de l'Italie. Le principal canal d'Àugoste conduisait à travers la ville une partie des eaux du Pô , jusqu'à l'entrée du port ; ces mêmes eaux se répandaient dansdes fossés profond» qui environnaient les mors. Elles se distribuaient , par le moyen d'un grand nombre de petits canaux, dans tous les quartiers de la ville, qu'ils divisaient en autant d'Iles séparées, et qui n'avaient de communication que par des ponts ou des bateaux. Les maisons de Ravenne , bâties sur pilotis comme celles de Venise, présentaient à peu près le même aspect. La campagne environnante , pendant plusieurs milles, était remplie de marais Inabordables ; et on pouvait aisément défendre ou détruire, à l'approche d'une armée ennemie, la route artificielle qui joignait Ravenne au continent. L'intervalle des marais était cependant parsemé de vignes; et, quoique le sol fut épuisé par quatre ou cinq récoltes , ou trouvait plus facilement à se procurer en abondance le vin que l'eau douce '. L'air, au lieu d'être imprégné des vapeurs malignes et presque pestilentielles qui sortaient des marais voisins, avait, comme celui des environs d'Alexandrie, la réputation d'être pur et salubre; on attribuait cet avantage aux marées régulièrcsdela mer Adriatique, qui balayaient les canaux, et amenaient tous les jours les vaisseaux des pays voisins jusqu'au milieu de Ravenne. La mer s'est retirée insensiblement à quatre milles de la ville moderne. Dès le cinquième ou sixième siècle de l'ère chrétienne, le port d'Auguste se trouvait converti en vergers, et une plantation isolée de puis occupait l'endroit où les vaisseaux des Romains avaient

i Martial (Kpigramme, m, 56, 57) plaisante sur le tour qu'on lui Joua en lai livrant du vin au lieu de l'eau qu'il avait achetée. Mais il assure ires-aérieuscment qu'une bonne citerne est plus précieuse a Kaveane qu'une bonne vigne. Sidonius se plaint de ce que la ville manque ôe fbnlaines et d'aqueducs, et compte au nombre de ses incommodités locales le début d'eau douce, le crvasiemeoticsgreaouiUesrtlesiiîqarwdesinieetes, ele-

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(4M dep. J.-C.) jadis jetél'ancre*. Cette révolution contribua encore à rendre? accès de Ravenne plus difficile et le peu .de profondeur des eaux suffisait pour arrêter les vaisseaux des ennemis.

Ces fortifications naturelles étaient perfectionnées par les travaux de l'ait : et, dans la vingtième année de son âge, l'empereur de l'Occident, uniquement occupé de sa sûreté personnelle , se confina pour toujours entre les murs et les marais de Ravenne. Les faibles successeurs d'Honorius imitèrent son exemple. Les rois des Goths et les exarques, qui depuis occupèrent le trône et le palais des empereurs, Grent de Ravenne, jusqu'an milieu du huitième siècle, le siège du gouvernement et la capitale de l'Italie *.

Les craintes d'Houorius étaient fondées, et ses précautions nécessaires. Tandis que l'Italie se réjouissait d'être délivrée des Goths , il s'élevait une tempête violente parmi les nations de la Germanie. Elles cédèrent a l'impulsion irrésistible qui parait s'être communiquée successivement depuis l'extrémité orientale du continent de l'Asie. Les annales de la Chine, dont l'industrieuse érudition de ce siècle nous a donné connaissance, peuvent aider utilement à découvrir les causes secrètes et éloignées qui entraînèrent la chute de l'empire romain. Après la fuite des Huns, les Sienpi victorieux occupèrent leur vaste territoire au nord du grand mur. Tantôt ils se répandaient en tribus indépendantes , et tantôt ils se rassemblaient sous un seul chef, jnsqifà'l'époqiteou, sous le nom de Topa ou de maîtres de la terre, Us acquirent une consistance plus solide et une puissance plus formidable. Les Topa forcèrent bientôt les nations pastorales du désert oriental a reconnaître la supériorité de leurs armes. Us envahirent la Chine dans un moment de faiblesse et de discorde intestine ; et ces heureux Tartares,

■ La fable de TModoM M d'Donoria, que Dryden a Urée de Boccace et traitée si supérieurement (fiiarnata, m, novetl. 8), se passait dans le bols de Chiassi, corruption dà mot ClMsis, Station navale qui , aï* la route ou lu faubourg Intermédiaire, la via Cœ$arls, oompotall la triple filé de Ravenne.

* Depuis l'animée 404, les lois du Code Théodosien sont toujours datées de Congtanlhnple ou de Ravenne. r Vojea eodtfre-r, Ctawwiogte 4M lois, 1. 1, p. 148, etc.)

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adoptant les lois et les mœurs du peuple vaincu, fondèrent une dynastie impériale qui régna près de soixante ans sur les provinces septentrionales de cettemenarchie. Quelques générations avant qu'ils se fussent emparés da trôna de la Chine, un des princes Topa avait enrôlé dans sa cavalerie nn esclave nommé Moko, renommé par sa valeur, mais qui, pour éviter quelque punition, déserta ses drapeaux et s'enfonça dans le désert, suivi d'une centaine de ses compagnons. Cette troupe de brigands proscrits, journellement recrutée par d'antres, foraad'aborduncainp, ensuite une tribu, et enfin un peuple nom* breux, connu bous le nom do Geougen; et leurs chefs héréditaires , descendans de L'esclave Moko , prirent rang parmi les monarques de la Scythie. La jeunesse de Tortlun, le plus célèbre de ses successeurs , fut formée a l'école des héros, ou de l'adversité'. Il détruisit la puissance orgueilleuse des Topa, devint le législateur de sa nation, et le conquérait de la Tartane. Ses troupes étaient distribuées en bandes de cent et de mille guerriers. Les loches périssaient par le supplice de la lapidation , et la valeur obtenait pour récompense les honneurs les plus magnifiques. Toulun , nsses instruit pour mépriser l'érudition chinoise, n'adopta que les arts et les institutions favorables a l'esprit militaire de son gouvernement. H campait durant l'été dans les plaines fertiles qui bordent le Sélinga , et se retirait u l'approche de l'hiver dans des contrées méridionales. Ses conquêtes s'étendaient depuis la Corée, jusque fort au-delà de la rivière Ittis. 11 vainquit, au nord de la mer Caspienne, lu nation des Huns ; et le surnom de Khan ou Chagan annonça l'éclat et la puissance qu'il lira de cette victoire mémorable '.

Depuis le passage du Volga jusqu'à celui de la Vistule , la chaîne des événemens se trouve interrompue , ou du moins cachée dans l'intervalle obscur qui sépare les dernières limites de la Chine de celles de la géographie romaine. Cependant le caractère de ces barbares, et l'expérience desémigra-

iVoye» M. deGuIgnes, Hitt. des Dans, L i.p, 179- 188,l.ii,P.3M"3M-m

tîons précédentes autorisent à croire que les Huns, après avoir été vaincus par tes Geougen, quittèrent bientôt le voisinage des vainqueurs. Des tribus de leurs compatriotes occupaient déjà les environs de l'Euxin ; et leur fuite , qu'ils changèrent bientôt en une attaque hardie, dut naturellement se diriger vers les plaines fertiles qui bordent la VistuLe , jusqu'à l'endroit oit elle se jette dans la mer Baltique. L'invasion des Huns doit avoir encore alarmé et agité le Nord ; et les nations qu'ils chassaient devant eux ont sans doute reflué avec violence sur les confins de la Germanie '. Les habitons des régions où les anciens placent les Suèves, les Vandales et les Bourguignons , parent prendre la résolution d'abandonner aux Sarmates fugitifs leurs bois et leurs marais, ou du moins de rejeter le superflu de leur population sur les provinces de l'empire romain '. Environ quatre ans après que le victorieux Toulon eut pris le titre de khan des Geoogen , un autre barbare, le fougueux Rhadagaste ou Radagatse *, marcha, de l'extrémité septentrionale de la Germanie, presque jusqu'aux portes de Rome, et bissa eu mourant les restes de son armée, composés d'une multitude de Suèves, de Vandales et de Bourguignons, pour acliever la destruction de l'empire d'Occident. Les Alains ajoutèrent un corps formidable de cavalerie légère à la pesante infanterie des Germains; elles Goths indépcndnns joignirent les drapeaux de Radagaisa en si grand nombre que quelques historiens lui ont donné le titre de roi des Goths. L'avant-garde était conduite par un corps de douze mille guerriers distingués par leur naissance et par

' Procope (tic Bell, vantlal:, 1. 1, c. 3, p. 182) a fait mention d'une émigration des Palus-Méolides , qu'il nllribuea une famine. Mais ses idées sur l'histoire ancienne sont étrangement obscurcies par l'erreur et par l'ignorance.

: Zosime. (1. », p. 331) se sert de la qualification générale des nations au-delà du Danube et du Rhin. Leur situation géographique , et par conséquent leurs noms, sont faciles à deviner, ne fût-ce que par les épithetes que chaque auteur ancien leur donne dans l'occasion.

J Le nom de Rtiadagast était celui d'une divinité locale des Obotribes (dansleMeclitenbourg), On héros pouvait prendre le nom de sa divinité tutélaire; mais 11 n'est pas probable que les barbares adorassent un héros malheureux. (Voyei Mas«w,Hlst. des Germains, vin, H.) j

(«fdep.U.i leurs exploits ' ; et l'armée emiew, forts de deux cent mille combattait!, pent s'évalue, en y ajoutant les femmes et les eafans, a quatre cent mille personnes. Cette effrayai» émigration descendait de cette meute c&ttde la mer Baltique, d'où des myriades de Ombres et de Teutons avaient fonda sur Rome et sur l'Italie dans les temps glorieux de la république. Après le départ de ces barbares, leur pays natal, où ils laissaient des vcsiip» de leur grandeur, de vastes remparts et des moles gigantesques ', ne fut, durant plusieurs siècles, qu'une immense et effrayante solitude. Le genre humain s'y renouvela peu à peu, et les déserts se remplirent de uoumm habitons. Les .nations qui occupent aujourd'hui une étendue de terrain qu'elles ne per vent pas cultiver trouveraient bientôt du secours dans la pauvreté industrieuse de leon voisins, si les gourernemens de l'Europe ne défendaient pas les droits du souverain cl b propriété des particuliers.

Ln correspondance entre les nations était si imparfaite etsi précaire dans ce siècle, nw la cour de Ravenne put ignorer les révolutions du Nord jusqu'au moment où la tempête, formée sur les cèles de- la mer Baltique, vint éclater avec violence sut les bords oi haut Danube. Le monarque de l'Occident, ji ses ministres daignèrent lui foire part du nouveau danger, se contenta d'être l'objet «le spectateur, de la guerre *. Rome confia sa sareté à la valeur et au gène de Stilicoa. Mw tels étaient la faiblesse et l'épuisement <k l'empire , qu'il fut impossible de réparer 1b fortifications du Danube, ou de prévenir l'avasion des Germains par un-effort rigoureux1.

> Orympiodore (opjut Pkocium, p. 180) a* sert* mot grec o«t^i«toj, qui ne donna pas roc idée riaût J'imagine que ceUe troupe était composée de princes, * nobles et de leurs fidèles compagnons, des ctierabsi « de leurs écuyera, comme oa aurait pu les déwiarr p* ques siècles plus lard.

i Tacite, de Moribut Germanorum, & 37.

Claudîen, nCoasul. Honor.,Ç3i. Tel est le modisk langage d'Honorius en parlant de la guerre des Goths «n'il avait vue d'un peu plus près.

* Zosime (1. v, p. 331) transporte la guerre el u iktoire de Stilicon au-delà du Danube; étrange erreur ou» répare imparfaitement en lisant Apiu pour le?». fi**

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■4û-tddp. J.-C.)

'foule l'autorité du ministre d'IIonorius se tourna vers I» défense de l'Italie. Il abandonna tuie seconde fois les provinces , rappela les troupes, pressa les nouvelles levées, exigées à la rigueur, et éludées avec pusillanimité, employa les moyens les plus efficaces pour arrêter ou ramener les déserteurs , et offrir la liberté et deux pièces d'or atout esclave qui consentait à s'enrôler *. Ce fut à l'aide de ces ressources humiliantes, que SUlicon parvint à rassembler, parmi les sujets d'un, grand empire, une année de trente ou quarante mille hommes, que les seuls citoyens de. Rome auraient fournis volonlairemeut * dans les. temps de Seâpion ou de Camille. A ces treuie légions, le général romain iyoitla.ua corps nombreux d'auxiliaires. Les fidèles AJaius lui étaient personnellement afïuclionacs, et la jalousie animait les G oths, qui, s;ms ia conduite de leur» princes légitimes , : JliiIJin et-Surus, avaient pour but de s'opposer aux entreprises et aux succès dclladagaisn. Le roi des Germains confédérés passa sans résistance les Alpes, le Pô et l'Apennin , laissant d'un côté le palais inaccessible d'IIoiiorius, et de L'autre le «amp de Stilicon qii avajt pris, ses quartiers à Ticinum ou Pavio , et qui évitait probablement une bataille dcçjsi vu, .jusqu'à ce qu'il eut rassemblé les ibrcçs jél^igpiées.qa'il -attendait. Un grand nom - Ivre» des. .villes- de l'Italie furent détruites ait pillées;. et le siège de Florence " par Radafïaist- est un des premiers événemens rappor-

BMMt. Hîst. de* Empereurs, l. v, p. SOT.) Nous sommes forcés, et* «orme politique, de nous servir de Zozime «)Mew|l]« mm ne lui accordions ni «Urne ai confiance.

4 i>fo ThéodoK I- «i, «•■ Wfc loi 16). La date de cille loi (A. D. «0, mai 18) obtient ma ton fiance comme elle a obtenu ce«edcGodelroy(t. h, p. 387); et jeta j-afprtactMiQwb véf iUMe époque de l'invasion de Radai-»Jsc "ilHem«nt , PagJ et Murale?) préfèrent l'année pré- *~.à6cate; mais ils ne peuvent se dispenser d'un peu de respect H de reconnaurumee pour saint Paulin de Note.

* Pe*4* temps après que tel Gaulois se furent empares 43c Itomc, te 6onat leva dii légions, trois mille hommes de cu»»ïlcrie, elinjaraHlc mille hommes dlnfantcrie, effort que te capitale n'aurait pas pu faire du temps d'Auguste . (THe-Live, vu, 25.) Celte assertion peut étonner un anli- «■Kiiîrc; mais .Montesquieu en explique clairement la raison.

3 .Machiavel a éipi'iue. au moins en philosophe, l'orifçîtse <feTTorence,ijueles bénéfices du commerce entraiss^rcot nuttulblcmeni des rochers de Résille aux bords

t>Àft Et». GIBBON. CH. XXX. tlf

tés dans l'histoire do, cette fameuse république, dont la fermeté arrêta quelque temps la maladroite impétuosité des barbares. Quoiqu'ils fussent encore à cent quatre-vingts milles de Rome, le peuple et le sénat selîvraient à la terreur, et comparaient en tremblant le danger dont ils venaient d'eire délivrés , avec celui qui les menaçait. -Marie était chrétien, et conduisait une armée disciplinée ; il connaissait les lois de la guerre , et respectait la foi des traités ; il s'était souvent trouvé familièrement avecles sujets de l'empircdans leurs camps et dans leurs églises. Mais le sauvage lïadagaise n'avait pas la moindre uotion des mœurs, de la religion, ni même du langage des nations civilisées du midi; une superstition barbare ajoutait à sa férocité naturelle; et on croyait généralement qu'il s'était engagé, par un vœu solennel, à réduire la ville en cendres, et à sacrifier les plus illustres sénateurs sur l'autel de ses dieux, que le sang Immain pouvait seul apaiser* Le danger pressant, qui aurait dû éteindre toutes les animosilés intestines, développa au contraire la manie incurable des factions religieuses. Les adorateurs de Jnpiter etde Mercure respectaient, dans l'implacable ennemi de Rome, le caractère d'uu païen zélé; ils déclaraient hautement craindre moins ses armes que ses sacrifices, et se réjouissaient secrètement d'une calamité qui détruirait le culte de leurs adversaires '.

Florence fut réduite à la dernière extrémité, et le courage épuisé de ses citoyens n'était plus soutenu que par l'autorité do saint Ambroiso qui leur annonça en songe leur prompte délivrance *, Peu de jours après, ils aperçurent, du haut de leurs murs,

del'Aruo (Voyez l'Histoire de Florence, 1. 1, 1. u, dans noire collection). Us triumvirs cnvoveienl unotolouie A Florence, qui, sous leregncdc Tibère (Tadt., Annal., t, 79), mérita le noaici la réputation d'une ville florissante, (Yoy« Cluvevius, lUd.Jtaïqutt. 1. 1, p. 507, etc.)

> Cependant le Jupiter de Kadngaise, qui «dorait Tnor etWoden, était tort différent des Jupiter Olympique ou Capitolin. Le. caractère conciliant du polythéisme pouvait s'accommoder de toutes eus divinités différentes ; mais les véritables ltomouii abhorraient les sacrifices humains de la Gaule et delà Germanie.

' l'aulin [in vit. Ambras., c. 50.) raconte celle histoire qu'il lient de l'ausoplûa , pieuse nuiront de Florence. Ce*

les étendards de Stilicon, qui s'avançait à la tête de toutes ses forces réunies, an secours de la ville, et qui rendît bientôt ses environs célèbres par la débite des barbares, j

Sans faire beaucoup de violence à leurs opinions respectives , on peut concilier aisément les contradictions apparentes des écrivains qni ont raconté différemment la défaite de Radagaise. Orose et Augustin , intimement liés par l'amitié et par la dévotion , attribuent cette victoire miraculeuse à la protection du ciel, bien plus qu'à la valeur des hommes •. Ils affirment qu'il n'y eut ni combat, ni sang répandu; que les Romains, oisifs dans leur camp, où ils jouissaient de l'abondance, virent les barbares affamés, eipîrer lentement sur les rochers de Faesule qui dominent la ville 'de Florence. Il serait ridicule de croire que l'armée chrétienne ne perdit pas un seul soldat, et qu'aucun d'eux ne périt de la main des barbares; mais le récit d*Orose et d'Augustin s'accorde avec les circonstances et avec le caractère de Stilîcon. Convaincu qu'il commandait la dernière armée de la république, il n'ent pas l'imprudence de l'exposer aux hasards d'une bataille décisive ; mais, se servant avec habileté du moyen qu'il avait déjà employé deux fois avec succès contre le roi des Goths, le général enferma ses ennemis dans une forte ligue de circonvallation. Le moins instruit des Romains ne pouvait ignorer l'exemple de César et les fortifications de Dyrrachium, qui, liant ensemble vingt-quatre forts par un fossé et un rempart de quinze milles de circonférence, présentaient le modèle d'un retranchement susceptible de contenir et d'affamer la plus nombreuse armée *. Les troupes romaines n'avaient pas autant perdu de

pendant rwdKrèqne cessa bientôt de se mêler des affaires de ce monde, et ne devint jamais m saint populaire.

' Augustin, deCivitotc Del, r, 23; Orose, l. vn, e. 37, p. 687-571. Les deux amis écrivirent en Afrique dix ou douze ans après la victoire, et leur autorité est implicitement suivie par Isidore de Séville (to Gnron..,'p.7l3, ediU Grot.). Combien de ftdls intéressa» Orose aurait pu insèrer dans l'espace qu'il remplit de pieuses inutilités !

(4M dep. J.-C.) l'habileté que delà valeur de leurs ancêtres; et , si les travaux servîtes et pénibles blessaient la vanité des soldats , la Toscane pouvait fournir des milliers de paysans pins disposés à travailler qu'à combattre pour le salut de leur patrie. Le manque de subsistance, les horreurs de la famine , servirent sans doute plus que Tépée des Romains à détruire la multitude d'hommes et de chevans enclos par Stilîcon1, - mais, durant le progrès d'une fortification si étendue, lesRomaïns forent exposé s aux fréquentes attaques des ennemis. Les barbares affamés firent sans dôme les plus violens efforts pour arrêter on détruire les travaux commencés. Stilîcon céda peut-être quelquefois à Fardeur de ses bravo auxiliaires, qui demandaient à grands cris l'assaut du camp des barbares ; et ces entreprises réciproques ont pu donner lieu aux combats sanglans et opiniâtres qui ornent le récit de Zosime et les chroniques dé Prosperet de Marcellin*. Florence reçut un secours (Tbommes et de provisions; et l'orgueilleux Radagaise, le chef de tant de nations belliqueuses, après avoir vu languir et périr une partie de ses meilleurs guerriers, fut réduit à se fier à la foi d'une capitulation ouà la clémencedt son vainqueur '. Mais la mort de cet illustre captif, ignominieusement décapité, déshonora le triomphe de Rome et du christîanisme ; et le court délai de sou exécution suffit pour flétrir le général victorieux de l'accusation de ernanté réfléchie*. LesOrmaiBs

Cependant le simple réeil de la vérité {César, dtSéL ciWl.,ni,44)estfort m-des«u«ta*jufÀncatioBadeLtcain iPhonal., I. n, 3MB).

i Lee «referions d'Orose : ■ M arido et ttspm » MOMHp }*go, • • M ÉHHs»«f parvint vertùxm, • se cODTicnnenl guère au camp d'une grande armée. Ma** fluarner générai de Kadagalse pouvait être placé tFssalt on Fiésole, a troll milles de Florence, et devait être a- Tisonné par les fbrtificalfoM des Romains, comme k reste de l'armée.

*Voyef Zosime, I. f , p. 33 f , et les ChrMunws'* Prosper et de Mnrcetlin.

■' Olympiodore < apud Pkoelum, p. ISO) emploie l'expression de *f ° ttmipiiJle , qui semble annoncer une alliance solide et amicale, et rendrait Stilicon encore plu) coupable. Le pauiisper detenttu , deùuti intafecW d'Orose, est déjà suffisamment odieux.

« Orose, dévotement barbare, sacrifie le roi et le peaafci Agag et le* Amalédtes, sans le moindre mouvement de compassion. Le brigand qui commet un crime me pardi

(406 dep. J.-C.)

gui échappèrent a la fureur des auxiliaires furent vendus comme esclaves au vil prix d'une pièce d'or par tète. Hais la différence de climat et de nourriture fit périr le plus grand nombre de ces malheureux étrangers; et les ! inhumains qui les avaient achetés , au lieu de profiter du fruit de leurs travaux , euro»! à payer les frais, de leurs funérailles. Slilicon informa l'empereur et le sénat de ses iwuveaux succès , et mérita use seconde fois le titre glorieux de libérateur de l'Italie '.

La renommée de cette victoire, eiplnsparticulièrement de ce miracle, a fait croire assez généralement que l'armée entière, ou plutôt tonte la nation des Germains, descendue des côtes de la mer Baltique, avait été anéantie sous le» murs de Florence. Tel fut effectivement le sort de Radagaise , de ses braves et fidèles compagnons et de plus d'un tiers de la multitude de Sucves, d' Alains, de Vandales et de Bourguignons qui suivaient les drapeaux de ee général *. La réunion d'une pareille armée pourrait nous surprendre; mais les causes de la séparation sont claires et frappantes: Vorgueil.de ta naissance, la fierté de la valeur, la jalousie du commandement, l'impatience de toute subordination, et le- couflït opiniâtre d es-opinions, désintérêts et des passions, parmi tant de princes et de guerriers aussi peu disposés à céder qn'à obéir. Après la défaite de Radagaise, deux des par- U£sdeHo?inée.gerinaine, qui devaienteomposerptits-deceni mille combat tan s, étaient enc»re sous les armes entre les Alpes et tes Apcnnius, ou entne les Alpeaetle Danube. On ne sait patiiC *iia cherchèrent à- venger la mort de iitut'ffénéœtl; mata il parait certain que Sti- IleotiHsxde son activité ordinaire pour arre-

nK.iiis odieux que L'écrivain qui l'approuve dam le calme de l.i réflexion.

■ V.i la muse de CUudlén , qn'êtalt-elle devenue? dornuït-cUe, du avait-elle été mal récompensée ? Il me semble que le septième consulat d'Honoiius (A. D. 407) aurait pu fournir le sujet d'un beau poème, avant qu'on eut découvert qu'il n'était plus possible de sauver l'état. Slilicon , (îjwtsHojnnra*, Camille et Marins, aurait pu être surnommé le quatrième fondateur de Rame.

- L'n passage lumineui des Chroniques de Prosper,. • in 1res partes, per iliversos principes, divisas extrcitus,' réduit un peu le miracle, et lie ensemble l'iiistoira de l'IUlic , de la. Gaula et de la Germante.

PAR ED. GIBBON. Clf. XXX. 719

ter leur marche dévastatrice et favoriser leur retraite. Le grand objet du général d'Honoritvs était de sauver Rome et l'Italie, et il sacrifiait avec trop d'indifférence les richesses et la tranquillité des provinces éloignées '. Les barbares acquirent de quelques déserteurs pannonieus la connaissance du pays et des routes; et l'invasion de la Gaule, projetée par Alaric, fut exécutée par les restes de l'armée de Radagaise s.

Cependant , s'ils avaient conçu l'espérance d'obtenir le secours des Germains qui habitaient les bords du Rhin, elle ne se réalisa pas. Les Allemands conservèrent strictement la neutralité, et les Francs firent briller leur valenr et leur zèle pour la défense de l'empire. Slilicon s'était occupé avec attention des moyens d'assurer l'alliance de cette nation guerrière, et d'éloigner les ennemis irréconciliables dé la paix et de la république. Marcomir, un de leurs rois , ayant été publiquement convaincu, devant le tribunal dn magistrat romain, d'avoir violé la foi des traités, fut exilé dans la province de Toscane; et cette dégradation de la royauté excita si peu le ressentiment de ses sujets , qu'ils punirent de mort le turbulent Sunnon , qui voulait entreprendre de venger son frère , et obéirent avec fidélité au prince placé sur le trône par le choix de Slilicon *. Lorsque l'émigration septentrionale arriva sur les con-

< Orose et Jérôme l'accusent d'avair suscité l'invasion , • Excitât» d StUichone gtntos , etc. • Leur intention était sans doute d'ajouter mdirtetement. 11 sauva l'Italie e s'sacrïf ian t la Gaule.

} Le comte de Ruai assure que l'invasion de la Gaule se fit par les deux tiers restant de l'armée de Radagaise. (Voveï l'histoire ancienne des peuples del'Europe,!. vu, p. 67-121'. Paris, 1772 ; ouvrage savant que jeo'ai eu Tavantas» 4e lire que dans l'année 1777.) Dés 1771, j'ai Ironvé la marne idée dans une ébauche démon histoire, et depuis dans Mascow (vur, 15); un pareil concert de sentiment sans communication peut donner un peu de valeur à notre opinion commune.

Claudien (i Consul. Stilich., 1. 1, 2-35, etc.) est clair et satisfaisant. Ces rois des Francs sont inconnus à Grégoire de Tours-, mais l'auteur des Gâta Francoram parle de Sunnon et de Marcomir, et désigne le dernier comme père de Pbantmond (t. n, p. 343). Il semble avoiederit d'après de bons guides qu'il ne comprenait pas.

TM

fins de la Gante et de là Germanie, tes Francs attaquèrent avec impétuosité les Vandales, qui, oubliant les leçons de l'adversité, s'étaient encore séparés de leurs alliés.' Ils payèrent cher leur imprudence, dont Godigiselus, lenr roi , et vingt mille guerriers furent les victimes. Toute la nation aurait probablement été détraite, si les escadrons des Aiains ne fussent pas accourus & son secours. L'infanterie desFrancs, ne pouvant tenir contre les efforts de cette impétueuse cavalerie, fit sa retraite après une honorable résistance. Les alliés victorieux continuèrent leur route; et le dernier jour de l'année, dans une saison où les eaux dtl Rhin étaient probablement glacées, ils entrèrent sans opposition dans les provinces de la Gaule. Ce passage mémorable des Suèves, des Vandales, des Mains et des Bonrgnignons , qui ne se retirèrent plus de cette contrée, peut être considéré comme la chotede l'empire romain dans les pays au-delà des Alpes; et, dès ce moment, les barrièresqui avaient séparé si long-temps les peuples sauvages des nations civilisées furent anéanties pour toujours '. f

Tandisque la fidélité desFrancs et la neutralité des Allemands semblaient assurer la paix de la Germanie, les sujets de Borne, sans mé- Gance des calamités qui allaient fondresnreux, jouissaient d'une douce sécurité, à laquelle la Gaule était peu accoutumée. Leurs troupeaux paissaient librement sur le terrain des barbares, et les chasseurs s'enfonçaient sans crainte et sans dangers dans Fobscurrlé de la forêt hercinienne'. Les bords dultliiu étaient, comme ceux du Tibre, couverts de maisons

'Voyez Zosime, I. n, p.3T3; Orose, I. ni, r. 40, p. 0T8, rt les Chroniques. Grégoire de Tours (1. n, c. 9, p. 185 , dans le second toI urne des historiens de France) a conservé ira fragment précieur de Renalns Prefurorw Frigeridus, dont les trois noms annoncent le chrétien, le sujet romain, et le demi-barbare.

iCIaudienfi Cons. StUieh., I.i, SI, elt.n, JW) fait le tableau de la paix et du bonheur des frontières de la Gaule. L'abbé Ftubos (Htst.crit., etc., t.i, p. 174) Tondrait substituer Alba (ruisseau inconnu des Ardennes) au liéud'-JÏÈû.el appuie sur les dangers que les troupeaui de la Gaule auraient courus en paissant sur tes bords dcl'Klbe. La remarque est suffisamment ridicule. En style poétique , l'Elbe on la forêt Rerclnicnne signifient tous les bois ou rivières de la Germanie. Claodîen n'est pas de force I supporter le rigoureux examen de nos antiquaires.

EMPIRE fiÔSAlN. (*6*dcrW.-C.)

élégantes et de fermes bien contrées; et, si tin poète eut descendu cette rivière, il aurait pu demander lequel des deux cotés appartenait aux Romains '. Cette scène de pah et d'abondance fut tout-à-conp changée en ira désert, et l'affreux aspect des ruines fontaines distinguait senl la désolation de l'homme de la désolation de la nature. La' florissante vifle de Mayence fat Surprise et détruite , et des milliers de chrétiens furent inhumainement égorgés dans l'église. Wormssuccombaaprès un long siège ; Strasbourg, Spire , Reims , Tournai, Arras, Amiens, éprouvèrent tonr a tour les fureurs des Germains; et le feu dévorant de la guerre s'étendit des bords du Rhin dans les dix-sept provinces. dé ht Ganle. Les barbares se répandirent dans cette vaste et opulente contrée jusqu'il l'Océan, airc. Alpes etauxPyTcnées;chnrgésdcs dépouilles des maisons et des autels , ils chassaient devant eux les hommes, les filles, les éveques et, les sénateurs '. Les ecclésiastiques, qui nous ont laissé la description vague des calamités publiques, saisirent cette occasion pour exhorter les chrétiens à se repemir'despciMs qui attiraient la vengeance du Tout-Puissant, et à renoncer aux jouissances précaires d'un monde trompeur et corrompu. Mais, comme In controverse de Pelage * , qui prétend sonder le mystère de la grâce et de la prédcMination, devint bientôt la plus sérieuse afïaîie du rlergé latin, la Providence, qui avait ordonné, prévu ou permis cette suite do calamités, fin citée audâcieusenient an" tribunal de la raison ; la faible et trompeuse intelligence des mortels osa juger les décrois incompréhensibles du créateur de' l'univers. Les peuples, aigris par les malheurs, comparaient leurs souffrances et leurs crimes à

î Jérôme, t.i,p. 95. (Voyez le premier volmurocs historiens de France, p. 777-782 ; les exr/tH> ewts A Oam. de Provitt. divin. ; «t Sat rie*.) Le ptéteatHtjBK

était lui-même captif 3tbc son évequoel ses. ooflcjtaycBia La doctrine de Pelage, qui fut discutée pour ta première fois A. D. 405 , fut condamnée, dans un iulenalle de dii ans, a la fois a Rome et à Cannage. Saint Augustin combattit et triompha. Mais l'église grecque nu favorable à son adversaire ; et , ce qui est assez particulier, le peuple né prit aucune part* une dispute qu.il ne comprenait f*.

(4« dep. l.-C.) ceux de leurs ancêtres, et blâmaient la justice divine, qui souffrait que la destruction générale s'étendit sur la faiblesse, et sur l'innocence , qui n'en préservait pas même les enfans. Ces raisonneurs aveugles oubliaient que les lois invariables de la nature ont attaché la paix à l'innocence, l'abondance à l'industrie, et la sûreté à la valeur. La politique timide de La cour de Ra venue pouvait rappeler les troupes palatines pour la protection de l'Italie. Le reste des troupes siationnaires aurait été sans doute insullisant pour la défendre , et les auxiliaires barbares pouvaient préférer la licence illimitée du brigandage, à la rétribution modique d'une paie régulière; mais lesprovincesdela Gaule étaient remplies d'une race nombreuse d'hommes jeunes, robustes et hardis, qui, s'ils avaient osé braver la mort, auraient mérité de vaincre en défendant leurs maisons, leurs familles et leurs autels. La connaissance du pays leur aurait constamment fourni des obstacles insurmontables à opposer aux progrès des usurpateurs; et les barbares, manquant également d'armes et de discipline , ôtaient aux Gaulois le seul prétexte qui pour-, rait excuser leur soumission à une armée si inférieure en nombre. Lorsque Charles-Quint fit une invasion en France, il demanda d'un ton présomptueux à un prisonnier combien on comptait de journées de la frontière a Paris ; < douze au moins , » lui répondit fièrement le soldat, < si votre majesté les compte i par les batailles*. >Tellcfut la réponse hardie qui rabattit l'orgueil de ce monarque ambitieux. Les sujets d'IIonorius et ceux de François 1" étaient animés d'un esprit bien différent. En moins de deux ans, les sauvages des côtes de la mer Baltique, don t le nombre paraitrait méprisable s'il était bien connu, pénétrèrent sans corn bat Ire jusqu'aux pieds des Pyrénées, quoiqu'ils eussent divisé leurs troupes. Dans les premières années du règne d'IIonorius, la vigilance de Stilicon avait défendu aveesuccès l'île de la Grande-Bretagne contre ses ennemis perpétuels de l'Océan, des montagnes et de la cote d'Irlande *. Hais ces bar-

< Voyez les Mémoires de Guillaume du Bellay, 1. yi.

b Claudien, i Cons. StUich., I. u, 250. On suppose que les Ecossais, «Ion Oies en Irlande, Breul une invasion peu- mer, et occupèrent taule la cote occidentale de 111e de GIBBON , I.

PAR ED. GIBBON. Cil. XXX.

bares inquiets ne négligèrent pas l'occasion de la guerre des Goths , dès que les troupes romaines eurent abandonné!» province. Lorsque quelque légionnaire obtenait la liberté de revenir "de l'expédition d'Italie, ce qu'il racontait de la cour et du caractère d'Honorius devait naturellement affaiblir le sentiment du respect et de la soumission, et enflammer le caractère séditieux de l'armée bretonne. La violence capricieuse des soldats ranima l'esprit de révolte qui avait troublé le règne de GaUien, elles candidats infortunés et peut-être ambitieux, qu'ils honoraient de leur choix fatal , devenaient les instrumens et enfin les victimes de leurs fureurs '. Marcus eut le funeste avantage d'être le premier qu'ils placèrent sur le trône, comme légitime empereur de la Bretagne et de l'Occident. Les soldats violèrent bientôt, en lui donnant la mort , le serment de fidélité qu'ils s'étaient imposé volontairement, et leur prompt repentir est favorable à la mémoire de Marcus. Gratîen fut le second qu'ils revêtirent de la pourpre et du diadème; et, moins de quatre mois après, Graiien éprouva le sort de son prédécesseur. Le souvenir du grand Constantin, que les légions de la Bretagne avaient donné à l'église et à l'empire, donna lieu à la troisième élection. Elles découvrirent dans leurs rangs un simple soldat qui portait le nom de Constantin , et leur enthousiasme impétueux le plaça sur le trône, avant d'avoir aperçu son incapacité a soutenir la gloire d'un si beau nom *. Cependant Constantin eut une .

etagne; el on peut accorder quelque confiance mime i Nennius el aux traditions irlandaises. (Carte , Histoire del'AngleUsrre, vol.i, p.16B; Histoire des Bretons, par Wilaker, p 199.) Les soixante-six vies de saint Patrice, qui existaient dans le neuvième siècle, devaient contenir aillant de milliers de mensonges. Cependant nous pouvons croire que, dans une de ces excursions des Irlandais, le futur apôtre lut emmené captif. (Uàier, jntiquit.Eecles. Brilan,, p. 431, el TiUemonl, Mém. Ecdés., t. m, p. 456-782. etc.) > Les usurpateurs bretons sont cilés par Zosime 0- «■ ' 371-375) , Orose Q. vu, c. 40, p. 576, 577), Olympiode-re (apuit Photium, p. 180, 181), les historiens ecclésiastiques , et tes Chroniques. Les Latins ne prient point de Marcus.

a Cùm in ConsUmtino incoutlanliam axerarentur (Sidooius Appollinwis, 1. v. épi t. 9, p. 139, ei(U. uamd. Sirmoiul. ) Cependant Sidouius a pu «ire tenté de saisir

autorité moins précaire et plus de succès que ses doux prédécesseurs. Les exemples récens de l'élévation et de la chute de Marcus et de Gratieu luîfirentseutirledangerdelaisserses .soldais dans l'inaction d'un camp deux fois souillé par la sédition et le sang , et il résolut d'entreprendre la conquête des provinces de l'Occident. Aprèsavoir traversé le canal, Constantin prit terre a Boulogne, suivi d'un petit nombre de troupes ; il somma les villes de la Gaule , échappées au joug des barbares , de reconnaître leur souverain légitime; et elles obéirent sans résistance. L'abandon de la cour de Ravenne les relevait suffisamment du serment de fidélité. Leur triste situation les dispesait à accepter sans crainte tous les changemens, et les peuples pouvaient es* pérer que les troupes , l'autorité, ou même le nom d'us empereur romain qui fixait sa résidence dans la Gaule, défendraient le pays de la fureur des barbares. La voix docile de l'adulation exagéra les premiers succès de Constantin contre quelques partis de Germains; mais l'audace des ennemis les réduisit bientôt ù leur juste voleur. A force de négociations, il obtint une trêve courte et précaire; et si quelques tribus des barbares, séduites par ses dons et ses promesses , consentirent a entreprendre la défense du Rhin , ces imités incertains et ruineux, au lieq de rendre la siroté aux frontières de la Goule , ne servirent qu'à avilir la majesté du souverain , et à épuiser les restes du trésor public. Enorgueilli toutefois par ce triomphe imaginaire, le soi-disant libérateur de la Gaule s'avança dans les provinces méridionales, pour parer à un danger pins pressant et plus personnel. Sarus, le Gotli, reçut l'ordre d'apporter la tête de Constantin aux pieds de l'empereur Honoris»; et cette querelle intestine consuma les forces de la Bretagne et de l'Italie. Après la mort de ses deux plus braves généraux, Justimen et Nevigastes, dont le premier perdit la vie sur le champ de bataille, et l'autre par trahison dans une entrevue , le nouveau monarque d'Occident se retira dans les fortifications de Vienne. L'armée impériale l'attaqua sept jours de suite sans succès, et fut honteu-

•Mte occasion peur noircir un prince qui avait dégradé ■m grud-ptft.

EMPIRE ROMAIN, («8 dep. I.-G.)

sèment forcée de paver aux brigands et tu aventuriers des Alpes la liberté de se retirer avec précipitation \ Ces montagnes séparaient alors les état) des deux monarques rivaux ; et les fortifications desdeux frontières étaient gardées par les troupes de l'empire , qui auraient été employées puis utilement i chasser les Scythe, et Icb Germains des provinces romaines.

Du coté des Pyrénées , b proximité dn danger pouvait justifier l'ambition de Con< siantin; mais sa puissance se tnowvn bientôt affermie par la conquête , ou plutôt par la soumission de l'Espagne, qui se laissa aller aux habitudes de la subordination , et reçut les lois et les magistrats de la préfecture da la Gatde. La seule opposition qu'éprouva son autorité ne vint ni des gouverneurs m' des peuples, mais du zèle et de l'intérêt personnel de la famille de Théodosc. Quatre frères *, parens de l'empereur défunt, avaient obtenu , par sa faveur, nn rang honorable et d'amples possessions dans leur pays natal ; et ces jeunes gens reconnaissaiiB étaient déterminés à employer ses bienfaits au service de son fils. Après des efforts inutiles pour repousser l'usurpateur avec le secours des troupes stationnées en Lusiianie, Us se retirèrent dans leurs domaines, où ils levèrent et armèrent à leurs dépens un corps considérable de paysans et d'esclaves, avec lesquels ils s'emparèrent des passages et des postée fortifiés des Pyrénées. Le souverain de la Gaule et de la Bretagne, alarmé de cette révolto , soudoya une armée de barbares auxiliaires , pour achever la coiquéte de l'Espagne. On les distinguait par la dp nomination d'Hoaoriens, qui semblait devoir leur nippes 1er la fidélité due au souverain légitime'; et

' Bag*m/ir ts\te rmia ÇMÎtmme leur Inné; owrtêtreen DsériUtett-tlt u nwins odieux. (Votoi DnMs, Histoire Critisue. t. ■ ,». VU; H celte WJeioire,wi. i, p. 429, troisième édition.) fiws auront encore «otasotj d'eu parler.

i Vf rmiani», Didrme, Tbéodose et Lagodhra, ejtrî , dm nos court modernes, seraient décorés dn titre do priant du sang, n'étaient distingués ni par le rang, ni par tes privilèges, au-dessus de leurs ronciioyeui.

S Ce* HenariaiUoo ffauariaci consistaient on doux bandes d'Ecossais ou .SKacotti.dMideHaores, deux do Harconuas, lot jfictorw ,les Asoarii,&\a GoIUc«kU

ÏM

si l'on peut supposer que les Écossais furent entraînes par un sentiment <Ie partialité pour un prince breton , les Maures et les Marcomans n'avaient pas cette excuse ; mnis ils aidèrent aux profusions de l'usurpateur, qui distribuait également aux barbares les honneurs civils et militaires de l'Espagne. Les neuf bandes d'Ilonoriens n'excédaient pas le nombre de cinq mille , el cependant cette force peu redoutable suffit pour terminer une guerre qui avait menacé In puissance et la sûreté de Constantin. L'armée rustique de la famille de Tliéodose lut cernée et détruite dans tes montagnes des Pyrénées, Deux des frères eurent le bonheur de se réfugier par mer en Italie ou en Orient, tes deux autres perdirent publiquement la vie a Arles, après quelque délai. Si Honorius pouvait être inscnsibleaux calamités publiques, il ne dut pas sans doute voir avec indifférence les malheurs particuliers de sa généreuse famille. Tels furent les faibles moyens qui décidèrent de la possession des provinces occidentales de l'Europe, depuis le mur d'Antouîn jusqu'aux colonnes d'Hercule. Les événemens de la guerre et de la paix ont sans doute été tronqués par l'ignorance lit's écrivains de ces temps, qui ne connaissaient ni les causes ni les effets de ces importantes révolutions. Mais l'anéantissement des forces nationales avait déduit la dernière ressource du despotisme, et le revenu des provinces épuisées no pouvait plus acheter le service militaire d'un peuple pusillnoime et mécontent.

Le poète adulateur qui a attribué les victoire» de Polleuiia et de Vérone i l'intrépidité des Romains , représente Marie fuyant hors (je l'Italie, et poursuivi par une année de spectres imaginaires, tels que pouvait les enfanter l'esprit troublé des barbares, exténués par les fatigues1, la famineet las maladies qui en «ont les suites- Dans le cours de cette expédition malheureuse, le roi des Gotbsdut éprouver une perte considérable; il lui fal-

(Tfçtitia imperii, tcd. 38, edlt Lab.) Ils faisaient partie des soixante-cinq auzilia palatina, el sont propremmlAéaoaméf,nn*ji\fn*tnf pwZosîaiff.l.vt.p.iiM.

lut du temps pour recruter ses soldats Harassés, et pour ranimer leur confiance. L'adversité avait donné autant d'éclat que d'exercice au génie d'Alaric , et la renommée de sa valeur amenait sous ses drapeaux les plus braves guerriers des barbares, qui , depuis les bords de l'Euxia jusqu'à ceux du Rhin , étaient enflammés du désir de la conquête et du brigandage. Alaric avait mérité L'estime de Stilicon , et accepta bientôt sou amitié. Renonçant au service d'Arcadkis, il conclut avec la cour de Ravenne un traité de paix et d'alliance, par lequel l'empereur le déclarait maître-général de toute la préfecture d'Illjrie, telle que le ministre d'Hooorius la réclamait selon les limites anciennes et véritables'. L'irruption de Radagaise semble avoir suspendu l'exécution de ce dessein ambitieux, stipulé ou au moins sous-entendu dans les articles du traité; et l'on pourrait comparer la neutralité du roi des Goths à l'indifférence de César, qui, dans la conjuration de Catilbu, refusa son secours et pour et contre l'ennemi de la république. Après la défaite des Vandales, Stilicon renouvela «es prétentions sur les provinces de l'Orient, nomma des magistrats civils pour l'administration de la justice et des finances, et déclara qu'il lui tardait de conduire l'armée des Romains et des Goths réunis aux portes de Constantinople. Cependant la prudence de Stilicon , son aversion pour les guerres civiles , et sa parfaits connaissance de la faiblesse de l'état , portent à croire que sa politique avait plus en vue de conserver la paix intérieure que de faire des conquêtes, et que son but principal était d'éloigner les forces d'Alaric de l'Italie, Ce dessein n'échappa pas long-temps a la pénétration du roi des Goil» , qui continua d'entretenir une correspondance suspecte ou peut-être perfide avec la cour de Constanlinoplc, et eu mercenaire mécontent laissa languir ses opérations en Êpîre et dons la Tliessalic , et revint promptenjeut demander des récompenses extravagantes pour des service? imaginaires. De son camp, près d'OK-

' Le comte de Biut ■ examiné eu négociations obscure* ( liisl. des Peuples de l'Europe, t. va, c. 3-8. p. 69-206 ) et sa laborieuse exactitude peut fatigua quelquefois sa i lecteur superficiel.

714 DECADEKCE DE L'

mona ',aor les frontières de l'Italie, il fit passer a l'empereor de l'Occident une longue liste de promesses, de dépenses et de demandes, exigea une prompte satisfaction snr ces objets et fit sentir nettement les conséquences du refus. Cependant, si sa conduite était hostile, ses expressions étaient décentes et respectneuses. Alaric se déclarait l'ami de Stilicon , le soldat d'Honorins, offrait de marcher sans délai à la tête de toutes ses troupes contre l'usurpateur de la Ganle , et sollicitait pour sa* nation quelque canton vacant dans les provinces de l'Occident.

Les négociations de deux habiles politiques, qui cherchaient à se tromper réciproquement et à imposer au public, auraient été enveloppées d'un voile impénétrable, et enterrées dans le secret du cabinet,si les débats de l'assemblée nationale n'eussent pas jeté quelques rayons de lumière sur la correspondance d'Alaric et de Stilicon. La nécessité de soutenir par quelque expédient un gouvernement qui, à raison non pas de sa modération, mais de sa faiblesse , se trouvait réduit h traiter avec ses propres sujets, avait ranimé insensiblement l'autorité du sénat de Rome ; et le ministre d'Honorins consulta respectueusement le conseil législatif de la république. Stilicon assembla les sénateurs dans le palais des césars, représenta dans un discours étudié l'état actuel des affaires, exposa les propositions du roi des Goths , et soumit à leur décision le choix de la paix on de la guerre. Les pères conscrits , comme s'ils se fussent réveillés d'une léthargie de quatre cents ans, parurent inspirés dans cette importante occasion plutôt par le courage que par la sagesse de leurs prédécesseurs. Ils déclarèrent avec une Berté unanime, soit pardes disconrs élaborés , soit pat- des acclamations tumultueuses, qu'il était indigne' de la majesté de Rome d'acheter une trêve honteuse d'un roi barbare, et qu'un peuple magnanime devait toujours préférerle hasard de sa destruction à

i Voypï Zosime, 1. v, p. 331, 335. Il suspend «m rfdl peu satisfaisant pour raconter la table d'OEmona et du v aisseau d'Argos, qui tut iratné sur lofe jusqu'à la mer Adriatique. Soiontae (I. vm, c. 25; I. n, t. 4), et So- . enta (L m, c. 10) jettent tua bible tonnera; et OroK (1. vn, c 38, p. Ul) «t norribtenail partial, |

EMPIRE ROMAIN, . (408 dcp. J.-C.

la certitude du déshonneur, Le ministre, dont les intentions pacifiques n'étaient approuvées que par quelques-unes de ses vénales et serviles créatures, essaya de calmer la fermeniDlioa générale par l'apologie suivante de sa propre conduite et des demandes d'Alaric. • .Le paie-

• ment du subside , qui semble exciter l'ia-

> dignation de cette auguste assemblée , ne

> devrait pas être considéré , disait-il , sous

> l'aspect odieux d'un tribut ni d'usé rançon

> arrachée par les menaces d'un ennemi bar-

> bnre. Alaric a fidèlement soutenu les jus-

> tes prétentions de la république sur les

> provinces usurpées par les Grecs de Cen-

• stantinople. Il ne demande qu'à stipuler » une récompense de ses services; et, s'il i s'est désisté de poursuivre son entreprise,

> sa retraite est une nouvelle preuve de son

> obéissance aux ordres particuliers de l'eoi-

> pereur lui-même ; et je ne dois point dissi-

• mulcr que ces ordres contradictoires ont

> été obtenus par l'intercession de Sérène-

> La discorde des deux augustes frères affeoi lait vivement son âme, et les senttmens

> de la nature l'ont emporté, trop facilement » peut-être , sur ceux de l'intérêt public. > L'autorité de Stilicon appuya des raisons spécieuses qui déguisaient faiblement les intrigues obscures de la cour de Ravenne, et, après un long débat , il obtint du sénat une sanction accordée avec répugnance. La voix du courage et de la liberté fut étonnée, et l'on vola sous le nom de subside use somme de quatre mille livres d'or, pour assurer la paix de l'Italie et conserver l'alKaace du roi des Goths. Le seul Lampadius, un des plus Illustres membres de l'assemblée , persista dans son refus, et après s'être écrié avec véhémence : < Ceci n'est point nu traité de i paix, mais un pacte d'esclavage1,» il évita le danger d'une si audacieuse opposition par une retraite précipitée dans le sanctuaire d'une église chrétienne.

Mais le règne de Stilicon tirait a sa fin, et le ministre orgueilleux pouvait apercevoir les premiers symptômes de sa disgrâce pro-

' Zonime, 1. v, p. 338, 339. Il répète les expressions de LaupadUK daoi la langue où «Ues furent pfMWedw : ■ Non est Utapox, tedpœtio ien4ttttit; • et ensuite il les traduit en grec, peur la coainodlle de un lecteurs

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408 dep. J.-C.) chaîne. On avait admiré la résistance courageuse de Lampadius , et le sénat, quoique résigné depuis long-temps à la servitude, rejetait avec dédain une liberté. honteuse et imaginaire. Les troupes qui , sous le nom de ■ légions romaines , en possédaient encore les privilèges , voyaient avec colère la prédilection de Stilicon pour les barbares, et le peuple imputait à la politique odieuse du ministre les malheurs dont sa propre corruption était la suite naturelle. Cependant Stilicon aurait pn continuer à braver les clameurs de peuple, et même des soldats, s'il eut conservé soigneusement la confiance de son auguste pupille. Mais le respectueux attachement d'Honorius s'était changé en crainte, en soupçons et en haine. Le perfide Olympius1, qui cachait ses vices sous le masque de lu piété chrétienne, avait sourdement déchiré le bienfaiteur dont il tenait sa place dans le palais impérial. L'indolent Honorius , qui accomplissait sa vingt-cinquième année, apprit d'Olympius avec élonnement qu'avec te nom d'empereur il n'en possédait ni l'autorité ni la ce nsidémtian. Le courtisan rusé alarma adroitement la timiditéde son maître par tin tableau animé des desseins de Stilicon , qui méditait, disait-il, la mort de son souverain', dans l'espérance de placer le diadème sur la tête de sou ils Eucherius. Le nouveau favori engagea l'empereur à prendre le ton de l'indépendance et de la dignité; et le ministre vitavec surprise adopter à la cour et dans les conseils, des desseins opposés à ses intérêts ou à ses intentions. Au heu de- rester dans le palais de Rame , Honorius déclara qu'il voulait se renfermer dans sa forteresse de Ravenne. Dès qu'il apprit la mort de son frère Arcadtus, il résolut de partir pour Cous tan tinople, et. d'administrer * en qualité de tuteur, les provinces de Tbéodose encore dans l'en-

1 11 Tenait de la cote de l'Euiio, et exerçait un emploi

distïusop, lafit/KA^n., „ to,( g*rjui.,e «f(„- />Htt. Set actions justifient la caractère que lui donne Zostwe, qui Mante le diffamer aree sbHsEkiIou. Augustin révérait la piété d'Olympius, qu'il appelle un vrai fils de l'église. (BareaiuE, AuaL Ecole*. A. D. 408, a" 19, «te; Tillemwrt, Hem. Ecoles,, i. un, p. 467. 468.} Mais ha louanges que le saint d'Afrique prostitue si mal à propos venaient peut-être autant de son ignorance que de ion adulation.

fance .'. Des représentations sur les dépenses et sur In difficulté de cette expédition lointaine réprimèrent celte étrange saillie d'activité; mais il suivit obstinément le projet de se montrer aux troupes romaines dn camp de Pavie, toutes composées des ennemis de Stiliconet de sesauxiliairesbarbares.Justinien, célèbre avocat de Rome et confident du ministre', pressa son protecteur de détourner un voyage si dangereux pour sa gloire et pour sa sûreté ; mais Olympius triompha de tous ses efforts * et le prudent jurisconsulte abandonna son patron , dont la ruine lui paraissait inévitable.

Dans le passage de l'empereur à Bologne , Stilicon apaisa une sédition des gardes que sa politique l'avait engagé à exciter sourdement. H annonça aux soldats la sentence qui les condamnait à être décimés, et se fit un mérite vis-à-vis d'eux d'en avoir obtenu la révocation. Lorsque ce tumulte eut- cessé. Honorius embrassa pour la dernière fois le ministre qu'il no considérait plus que comme . un tyran, et poursuivit sa route vers Pavie, où il fut reçu aux acclamations de toutes las troupes rassemblées pour secourir la Gaule, Le quatrième jour, le monarque prononça , en présence des soldats, une harangue roilitaire,cotnposée par Olympius, qui les avait disposés d'avance à exécuter sa sanglante expédition. Au premier signal, ils massacrèrent les amis de Stilicon, qui étaient les officiers les plus distingués de l'empire, les deux préfets du prétoire de l'Italie et de la Gaule, les deux maîtres-généraux de la cavalerie et de l'infanterie, le maître des offices, le questeur, le trésorier et te comte des domestiques. Ua grand nombre de citoyens perdirent la vie, beaucoup de maisons furent pillées, et le tumulte dura jusqu'à la nuit. Le monarque épouvanté, qu'on avait vu dans les rues de Pavie, sans diadème et vêtu comme un particulier, obéit à ses favoris, condamna la mémoire des victimes, et reconnut publiquement l'innocence et la fidélité des assassins. La

'Zosime.LT,p. 338,33B;Sw»inène,l.ii,e.4, Siitieon offrit de faire le iwyage de Conttantiiwpte, pour détour- ' ner Honeri us de celte raine entreprise. L'empire d'Orient n'aurait peint «M, et il ■'«tait paaen état, d'en taire ta. copquMe.

nouvelle du massacre de Pavie remplit l'âme de Stilicon de tristes et justes appréhensions. U assembla sur-le-champ dans le camp de Bologne un conseil des chers confédérés, attaches à sa personne et exposés à partager sou sort. Ils crièrent tous impétueusement : Aux armes! à la vengeance! et voulurent marcher sans délai sous les étendards d'un héros qui les avait si souvent conduits à la victoire, pour surprendre, saisir et exterminer le perfide Olympius et ses méprisables Romains, peut-être pour placer le diadème sur la tète de leur général. Au lieu d'exécuter une résolution qui pouvait cire justifiée par le succès , Stilicon hésita jusqu'au moment où sa perte devint inévitable. Il ignorait encore le sort de l'empereur, se méfiait de son propre parti, et considérait avec horreur le danger d'armer une multitude de barbares indisciplinables contre les soldats et les peuples del'Italie. Les chefs, impatientes de ses douteset de ses délais, se retirèrent frappés de crainte et enflammés d'indignation. A minuit, Sarus, guerrier de la nation des Goths, et renommé , même parmi eux, par sa forceet par son intrépidité, entra dans le camp de son bienfaiteur à la tête d'un corps nombreux et déterminé, pilla le bagage , tailla en pièces les fidèles Huns qui lui servaient de gardes , et pénétra jusque dans la lente où le ministre , inquiet et pensif, réfléchissait aux dangers de sa situation. Stilicon échappa avec difficulté à la fureur des assassins, et, après avoir fait publier un généreux et dernier avis a tontes les villes d'Italie de fermer leurs portes aux barbares, sa confiance ou sou désespoir le conduisit à Ravenue, déjà occupée par ses ennemis. Olympius, «qui exerçait déjà toute l'autorité de l'empereur, apprit bientôt que son rival avait embrassé en suppliant l'autel d'une église chrétienne. Également incapable de remords et de compassion, il conserva son caractère d'hypocrisie, et tacha d'éluder les privilèges d' un asile qu'il feignait de respecter. Le comte Héraclien, suivi d'une troupe de soldais, parut au point du jour devant les portes de l'église , et l'évéque se contenta du serment par lequel le comte affirma que l'empereur ne lui avait ordonne que de s'assurer de la personne de Stilicon ; niais , dès que

EMPIRE ROMAIN, (406 dep. J.-C.)

l'infortuné ministre eut passé le seuil de la porte, le commandant perfide montra sa sentence de mort. Stilicon souffrit avec tranqnillîté les noms injurieux de traître et de parricide r réprima généreusement le zèle inutile de sa suite prête à mourir pour Je sauver, et tendit le cou au glaive avec une fermeté digne du dernier général des Romains1.

La foule servite du palais , qui avait si long-temps adoré la fortune de Stilicon, affecta d'insulter à son malheur; et la liaison la plus éloignée avec le graud-muitre de l'Occident, considérée peu de jours avant comme un titre pour parvenir, devint un motif d'exclusion ou même de persécution. Sa famille, unie par une triple alliance à celle de Tliéodose , se voyait réduite à envier le sort du citoyen le plus obscur. Son fils Eu> cherius fut arrêté dans sa fuite, et la mort de ce jeune homme innocent suivit de près le divorce de Thermantia, qui avait pris laplaee de Marie, et qui conserva comme elle sa virginité dans le lit impérial \ L'implacable Olympius persécuta tous les amis de Stilicon échappés an massacre de Pavie, et employa ' les plus cruelles tortures pour leur arracher l'aveu d'une conspiration. Us moururent en silence. Leur fermeté jastiûe le choix * de leur protecteur, et prouve peut-être son innocence; et le despotisme, qui, après lui avoir ô té la vie sans examen , a flétri sa mémoire sans preuves, n'a aucun droit au suffrage impartial de la postérité *. Les services

i Zosime 0- T. P< 336-345) a très-4ongDement, tnak Irès-obscuYeuient, raconté la disgrâce et ta «art 4e Slilicon. Olymptodoras (apud Phot.,p. r77.),'OMas<l, vu, c. 38, p. 571 , 572), Soiomèoe ( 1. u, c.<1}c1T'blIo*torge (1. xi , c. 3 ; 1. xii, c. 2) y suppléent un peu dam leur* «ffcrei) s passages.

i Zosime, I. t, p. 333. Le mariage ffro prfacc cnrlttUi arec deux ktiik scandalise TlUewant (Hlst. dei Baïye. reure, l. v, p. 557), qui prétend que le pape Innocent I aurait du Ikire quelque démarche retattre k une iliirntim ou h une opposition.

* Zosime parie honorablement de deux de ses inù (L t, p. 346), Pierre, chef de l'école des notaires, et le granil-cftnmbeltan Dcaterius. Stilicon l'était assure an refuge dans la chambre à coucher, et il M étonnant qac, tous un prince bible , cet asile ne l'ait point samé.

* OfOMfl- vu, c. 38, p. 571, 572) semble copier les manifestes laux et violais que ta nouvelle « répandait dans les provinces.

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(408 dep. Jf.-C.) de Stitfcon sont grands et manifestes ; ses criinM , Vaguement énoncés par la vois de la haine ou de l'adulation, sont obscurs et peu probables.' Quatre mois après sa mort, ub édit public au nom dlionorius rétablît entre les deux empires la communication si long-temps interrompue par V ennemi public'. On accusait le ministre, dont h gloire et la fortune étaient liées avec la prospérité publique, d'avoir livré l'Italie aux barbares qu'il vainquit succès si veroent n Pollentïa, à Vérone et sous les murs de Florence. Son prétendu dessein déplacer le diadème sur la tête de son fils Eucherius ne pouvait pas se conduire sans complices et sans préparations ; et us père ambitieux, avec de semblables vues, s'aurait pas laissé jusqu'à sa vingtième année, dansle poste obscur de tribun des notaires, un jeune nomme- destiné à l'empire. Pour rendre la mémoire de Stificon complètement odieuse, Olympius le fit accuser d'irréligion ; et le clergé» en célébrant dévotement le jour heureux qui en avait délivré presque miraculeusement l'église , assura que si Eucherius eût régné, le premier acte de sa puissance aurait été de rétablir le aille des idoles et de persécuter l'église. Le ElsdcStilicon avait cependant été éievédans le sein du christianisme, dont son père s'était toujours montré le prosélyte et le aélé défenseur*. Le magnifique collier de Sérène venait de la déesse Vesta s, et. les païens abhorraient la mémoire d'un ministre sacrilège qui avait livré aux flammes les livres prophétiques de ta sibylle *. La puissance et

» V»ï« Cad. Tkéod. , 1. vu, lit. ie, loi 1 ; I. il, lit. 42, toi 32. Slilkoo «U désigné pH |e nom de prailo publient, qui en ployait ses richesses ad omnem ditandam , m fM »lnttttaa»jtte barbaricm,

> Augustin lui-mime est satisfait des lois promulguées ft» Slilicon contre les hérétique» et les idolâtres, lessnsrtlM «listent encore dans le code. 11 s'adresse a Olymdmis seulement pour en obtenir la confirmation. (Baroniw , AnnaLEcdés., A. D-, 40S, n« 19.} | 3 Zosime, 1. v, p. 35!. Nous pouvons observer comme une preuie du mauvais goût de ce siècle les ornemens 'dont ils décoraient leurs statues.

{ * Voyez Kulilûis Mumantlanus (Itinerar., 1. n, 41-60), A i|oi l'enthousiasme religieux avait dicté quelques ver* élégant et expressifs. Slilicon dépouilla aussi les portes .du Capitole dès lames d'or dont elles étaient ornées, et lut .une sentence qui était gravée au-dessous. Ces histoires ( mot ridicules ; cependant l'accusation d'impiété peut aider

l'orgueil de Slilicon firent tout son crime. Sa généreuse répugnance à verser le sang de ses concitoyens a contribué an succès de Ses indigne rival; et la postérité ne pouvait pas donner une plus forte pretrve de son mépris pour le caractère d'Honorins, qu'en dédaignant de remarquer sa basse -ingratitude pour le fidèle gardien de sa jeunesse et ie soutien de son empire.

Dans le nombre de ses protégés , dont Ee rang et fa fortune ont mérité l'attention d» leur siècle , nous ne pouvons nous défendre d'un mouvement de curiosité pour le célèbre poète Claudien, qui, après avoir joui delà faveur de Slilicon , fut entraîné dans ta chute de son bienfaiteur. Les titres de tribun et de notaire lui donnaient un rang a la cour impériale. Par la puissante influence de Sérene, il épousa une héritière opulente d'nne province d'Afrique ' ; et la statue de Claudien, élevée dans le Forum de Trajan, atteste le goût et la libéralité du sénat de Rome \ Lorsque Téloge de Stîlicon devint un crime, Claudien se trouva exposé à la vengeance d'un courtisan puissant, qnî ne pardonnait pas à l'esprit du poète de s'être exercé ù ses dépens. Il avait comparé dans une épigramme les caractères opposés de deux préfets du prétoire de l'Italie , et fait contraster le repos innocent du philosophe qui donne quelquefois au sommeil, ou peut-être à l'étude, dos heures consacrées aux affaires publiques, avec l'activité funeste d'un ministre avide et infatigable dans l'exercice de sa rapacité. < Que les peuples de l'Italie, dit Claudien, se-

a obtenir la confiance pour l'éloge que Zosime- sentnhr Taire Involontairement des vertus de ce ministre.

'■ Aux noces d'Orphée (la comparaison est' modeste), tontes tes parties de ta nature animée contribuèrent de quelques dons; et les dieux eux-mêmes enrichirent leur favori. Claudien n'avait ni troupeaux , ni vignes , ni oliviers. L'opulente héritière possédait tous ces biens. Mais il porta en Afrique une lettre de recommandation de la part de Serine, sa Junon, et il obtint l'héritière et sa fortune fBptL % ad Sertntun.)

i Claudien a pour ceL honneur la sensibilité d'un homme qui le mérite {In prerfat. Bell. Get.). L'inscription sur marbre fut trouvée a Morne dans le quinzième siècle et dans la maison de Pomponius I-a-uis. La stslue d'un poète infiniment supérieur a Claudien aurait dû être élevée, durant ta vie, par les hommes de lettre* tes compatriotes et ses cnlemporains, c'était un noble dessein .

» raientheurenn,stMa]linsTeiilait i etsi Adrien donnait toujours ' ! > Celte plaisanterie amicale ne troubla point le repos de Maffias ; mais la vigilance d'Adrien guetta l'occasion de se venger, et obtînt sans peine des ennemis de Stilicon le faible sacrifice d'un poète indiscret. Claudien se tint caché durant le tumulte de la révolution ; et, consultant plus les règles de la prudence que les lois de l'honneur, il envoya au préfet offensé un humble et suppliant désaveu en forme d'épltre. Claudien déplore tristement son imprudente folie, et, après avoir présenté ponr exemples à son adversaire les actes de clémence des dieux, des héros et des lions, il ose espérer que le magnanime Adrien dédaignera d'écraser un infortuné obscur, suffisamment puni parla disgrâce et la pauvreté, et profondément affligé de l'exil , des tortures et de la mort de ses amis les plus intimes *. Quel qu'ait été le succès de mie prière humiliante, ou le destien dn reste de sa vie peu d'années établirent l'égalité du tombeau entre le ministre el le poète. Mais le nom d'Adrien est presque inconnu, et on lit encore Claudien avec plaisir dans tous les pays qui ont conservé ou acquis la connaissance de l'idiome latin. Après avoir balancé son mérite et ses défauts avec impartialité, nous devons avouer que Claudien ne satisfait ni ne subjugue notre raison. Il serait dillidle de trouver dans ses œuvres un passage qui mérité l'épithète de sublime ou de pathétique. On n'y rencontre point de ces vers qui pénètrent l'âme ou agrandissent l'imagination. Mous chercherions en vain , dans les poèmes de Claudien, l'invention heureuse, ou la conduite ingénieuse d'une fable intéressante, ou la peinture juste et frappante des caractères

' Voy« Epigramme M.

Adrien était un pbarten d'Alexandrie. {Voya sa vie dans GodeTroy.Cod. Tbéod., I. vi, p. 364.) Mallius ne dormait .pas toujours ; il a composé des dialogues écrits avec élégance sur les systèmes grecs dans les sciences naturelles. (CtawL, inMaU. Theodor. Consul., 61-1 12.)

* Voyex la première épltre de Ctaudleo. Elle trahttla répugnai) ce qu'il voudrait cacher. L'ironie H l'indignation semblent percer dans quekiiifs passages

(408 d«p. J.-C.} et des situations de la vie réelle. 11 publia, en faveur de Stilicon, beaucoup de panégyriques et de satires, et le dessein de ces compositions servîtes le faisait toujours softir des bornes de la vérité et de la nature. Ces imperfections toutefois sont compensées par les talens poétiques de Claudien. Il avait l'art d'ennoblir le sujet le plus ignoble, d'orner le plus sec, et de varier le plus monotone. Son coloris, surtout dans les descriptions, est brillant et doux ; et il manque rarement l'occasion dedéployer, souvent même jusqu'à l'abus, les avantages d'un esprit orné, d'une imagination féconde , d'une expression facile et quelquefois puissante, etenQn d'une versification harmonieuse. A cet éloge , indépendant des accidens de temps et de lieu, nous devons ajouter le mérite particulier d'avoir su vaincre le» circonsiancesdéfavorablesde sa naissance. Claudien était né en Egypte * , dans le déclin des artsci de l'empire. Après avoir reçu une éducation grecque, il acquit dans la maturité de son âge la connaissance familière et l'usage de la langue latine1, s'éleva au-dessus de ses faibles contemporains, et se plaça, après un intervalle de trois cents ans, au nombre des poètes de l'ancienne Rome *.

i La vanité nationale en a bit un Florathi m ua Espagnol. Mais la première épure de Claudien atteste au'il est oé a Alexandrie. (Fabrieius, Biblioth. Latin.,

L m , p. 101-302, édiU Ernest)

= Ses premiers vers latins lurent composés sou le consulat de Probinus, A. D.,395.

Roman» Hbtaua prlûiOB , la wmnlr, MM El latlB eailt dali Thall* tope.

Outre ses épigrammes.qui existent encore, le poète latin a composé en grec les antiquités de Thnree, d'Aa» 2nrbt',deHeryte,cld(Nta*e,ett Il eat pins aisé dé retoplacer la perle d'une Mk poésie, que calle d'une histoire authentique.

3 Slraua {Prolusion, v, vi) le place en concurrence entre LucriVe, Virgile, Ovide, Lucain, et Statius. Batthasar Casliglione est son grand admirateur; Ses ptrtts*** sont très-no m breu» et tort passionnés; cependant tes critiques sévères lui reprocheai une abondance» de métaphores , d'ornemens et de fleurs de rhétorique peu convenable au dialecte latin.

(408dep.J.-C.) PAU ED. GIiBON.GR. XXII,

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