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naire ; et Goadebaut * , leur législateur , daigna répondre aux plaintes et aux objections d' Avitus son sujet : ■ W'est-it pas vrai , » dit le roi de Bourgogne au prélat, que » Dieu dirige l'événement des guerres natio- * nales et des combats particuliers, et qu'il ■ accorde la victoire an parti le plus juste? > A l'aide de ces argumens spécieux, l'usage absurde et barbare des duels judiciaires, pratiqués originairement par quelques tribus sauvages de ta Germanie, s'introduisit et s'établit dans toutes les monarchies de l'Europe, depuis la Sicile jusqu'à ht mer Baltique. Apres dix siècles , le règne dé la violence légale n'était pas encore totalement anéanti ; et les censures inutiles des saints, des papes et des synodes , semblent* prouver qne l'influence de la superstition s'affaiblit quand olle veut agir ait profitdo la raison et de l'humanité. Les tribunaux furent teints du sang des citoyens respectables et peut-être innocent; la loi , qui favorise aujourd'hui l'opulence, se taisait alors devant la force; les vieillards , les faibles et les infirmes étaient' contraints ^'abandonner leurs droits évideas et leurs possessions, onde s'exposer aux dangers d'un combat inégal', ou biende confier la défense de leur fortune, de leur honneur et de lear vie, a» seie suspect d'un champion mercenaire. Cette jurisprudence tyraanique fut imposée aux provinciaux de la Gaule, qui se plaignaient d'avoir été lésés' dans leur personne eu dans leur fortune. Quels que fussent en général la force et le courage des particuliers, les conquérans barbares excellaient dans l'exercice des armes , dont ils faisaient leur plaisir et leur unique
, p. 48-50), qui décrit le due), e combattre à cheval, inconnu
lus (I. m, 543-628, admire l'art a jusqu'alors aux Francs.
i Dans l'original de son edit, publie â Lyon ;.\. D. 501), Gondebaul établit et justifie l'usage du combat judiciaire {Leg. Burgund., Ht. 15, l. H, p. 2 T, 268). Trois cents ans après, Agobard, évêque de Lyon, sollicita Louis-ie- Débonnah-e d'abolir la loi d'un tyran arien (t, ri, p. 356- 358). 11 raconte la conversation de Condcbaut et d'Avilus.
ï • Acndit, dit Agobard, ut non solum val entes viri-
• bus, sedeliam ihfirml et seneslacessanlurad pugnam, ■ etiam pro vilisstmls rébus. Quibus foralîbus certamini-
• uns contingnni homlcidia injusla, et crudeles ac per-
• verti «venins jndJciorani. • Il supprime, en habile rhétoricieo, le privilège de louer ou paver un champion.
occupation ; et 11 était injuste de faire répéter an Romain une épreuve personnelle et sanglante , suffisamment décidée par le sort de toute leur nation '.
Une armée de cent vingt mille Germains avait anciennement passé le Rhin , sous la conduite d'Àrioviste; Ils s'étaient partagé la troisième partie des terres fertiles occupées par les Scquani, et le conquérant exigea bientôt l'abandon d'un second tiers , pour le distribuer a une" nouvelle colonie composée de vingt-quatre mille barbares qui venaient, à sa sollicitation , partager les richesses de la Gaule*. Cinq cents ans après, les Vleîgoths et les Bourguignons, qui vengèrent la défaite d'Arioviste , exigèrent aussi la concession de -deux tiers des terres de leur conquête. Mais cette distribution , au lieu de s'étendre 'à toute la province, n'eut lien probablement que dans les districts particuliers qui furent choisis par le penple victorieux ou par la politique de son général. Dans ces districts , chaque barbare était attaché par les liens de l'hospitalité à quelque provincial romain qui était forcé d'abandonner à cet hôte incommode les denx tiers de sou patrimoine. Mais le Germain pâtre ou chasseur pouvait se contenter d'un grand bois ou d'une vaste pâture, et céder la portion moins étendue , maïs plus précieuse , a l'industrie du laboureur », Le silence des écrivains de
- ■«.uwH.i.eu (Esprit des lais, nvtn, e. 14), quireiBprcad pourquoi le dud judiciaire IU admis par tes Bourguignons, les Ripuïïres, les Allemands , les Bavarois, les Lombards, les Thuringiens, les Frisons et les Saxons , assure, et Agobard semble continuer cette assertion, que le combat n'était point au torisé par Ut loi salique. Cependant cet «sage, au moins dana le cas de trahison, est cite uarErmoWu3Nigdlus(t. iii,6I3, In, p. 48) et par le biographe anonyme de Loti is-le-Déhonna ire (c. 48, t. n, p. 112) comme • mot antiquus fraticorvm, mon Franclt tolUo. • Cet expressions sont trop générales pour exclureU phis glorieuse M la plnt noble de leurs tribu.
ï Cœsar, de Bell. Gall., 1. 1 , c. 31, 1. 1, p. 213.
3 Le président de Montesquieu a expliqué savamment (Esprit des lois, I. xxx , c. 7, 8, 9) les eilations obscures dans la division des terres qui se trouvent dans les lois des Bourguignons (Til.Lw. ,n« 1,2,1. rr, p. 271, 272) et des Visigotbs (I. x, HLi, n" 8, 9, 10, t. iv, p. 428, 420, 430). J'ajouterai seulement que, parmi les Goths, le partage semble avoir été constaté par le Jugement des voisins; que les barbares s'emparaient souvent du tiers
(5Mdep.J.-C.) l'antiquité autorise à croire que les- Francs ne modérèrent ni ue déguisèrent leurs usurpations par aucune formalité légale de portage ; qu'ils se répandirent dans les provinces de la Gaule au gré de leur caprice, et que chaque tyran victorieux mesurait ses nouvelles possessions avec son épée, à raison de ses besoins , de ses forces , on de son avidité. Les barbares qni se trouvaient éloignés de leur souverain, pouvaient eiercer . ces vexations arbitraires ; mais la politique ferme et habile de Clovis n'aurait point souffert un désordre qui, en aggravant la misère des vaincus , tendait à détruire la discipline et l'union des vainqueurs. Le- fameux vase de Soissons est un garant ;«t un monument de la régularité que Clovis observait dans la distribution des dépouilles. Son devoir et son intérêt V obligeaient de pourvoir aux récompenses d'une armée victorieuse, et à rétablissement d'un peuple nombreux, sans exercer une tyrannie atroce et inutile «outre les catholiques de la Gante qui lui étaient affectionnés. L'acquisition légitime du patrimoine impérial , des terres vacantes et des usurpations des Goths, diminuait la nécessité des confiscations, et les provinciaux devaient supporter plus patiemment leurs pertes lorsqu'ils les voyaient distribuées avec égalité et régularité '.
La richesse des princes mérovingiens consistait dans l'étendae de leurs domaines particuliers. Après avoir conquis la Gaule, ils aimèrent a conserver l'antique simplicité de leurs ancêtres. Les villes dépeuplées tombaient en ruines; et. leurs monnaies, leurs édits et leurs synodes portent tous le nom de quelque maison de campagne ou de quelque palais agreste où ils résidèrent successivement. On comptait dans les différentes provinces qui composaient le royaume cent soixante de ces palais , mot qui n'entraîne
restant , et que les Romains pouvaient réclamer leur droit en Justice, i moins qu'il n'y eût une prescription de cinquante ans.
i 11 est assez singulier que le président de Montesquieu (Esprit des lois, I. m, c 7) cl l'abbé de Mablv (Observations, L i, p. 21, 22) adoptent l'un et l'autre l'étrange le rapine arbitraire el individu die. Le deBoulainvilliers (Etat de la France, t. >, p. 22, 23)
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(536 dep. J.-C.) avec soi aucune idée d'art ni de luxe. Quelques-uns pouvaient passer pour des forteresses ; mais la plupart n'étaient que de riches fermes, environnées de basses-cours et d'étables pour nourrir des volailles et enclore des troupeaux. Les jardins ne contenaient que des légumes utiles; et des serviteurs gagés exerçaient les différens métiers et travaux de l'agriculture, et même la pèche et la ebasse au profit du souverain. Les magasins des rois chevelus étaient remplis de blés et de vins; ils vendaient le surplus de leur consommation; et toute l'administration était réglée par les plus strictes maximes de l'économie domestique '. Ces vastes domaines fournissaient à l'abondance de la table de Cloviset de ses successeurs, et servaient a récompenser la fidélité des braves compagnons qui, en temps de poix comme en temps de guerre, se dévouaient à leur service personnel. Au lieu d'an cheval ou d'une armure, chaque compagnon recevait à raison de son rang, de son mérite on de la faveur du prince, un bénéfice, nom primitif et forme la plus aâsnpte des possessions féodales. Le souverain pouvait le reprendre quand bon lui semblait, et ses faibles prérogatives tiraient leur plus grande fora de l'influence de sa libéralité. Mais l'indépendance et l'avidité de la noblesse française abolit * insensiblement cette mouvance précaire , et elle obtînt la propriété perpétuelle et héréditaire des bénéfices'. Cette révolution fut avantageuse 'A l'agriculture,
déploie une intelligence rare, au milieu d'un brouillard «S puis d'ignorance et de préjugés.
1 Voyez l'édit ou plutôt le code de Charlexoagne, qui contient soixante-dix reglemcns (t. v, p. 652-657). Il exige le compte des cornes et des peaux des chevaux, ordonne que l'an Tende son poisson, et qu'on nourrisse dang chacun de ses plus grands manoirs, capitanea, cent poules et trente oies, et dans les pins petits, umnsiorudes, cinquante poules et douze oie». Mahilion {de Re Diplomatied) a lait des recherches Eur les noms, le nombre et la situation des maisons de plaisance mérovingiennes.
1 D'après sa passage de- la loi des Bourguignons (t. i, n° 4 ; t. ir, p. 257), il esl évident qu'un llls qui s'en munirait digne pouvait espérer de conserver les terres que son père tenait de la libéralité Je Gondebaul. Les Bourguignons voulurent sans douta .conserver leurs privilèges, et laur exemple encouragea peut-être les béaéflcien de France.
qui avait été négligée par des maîtres précaires1.. Indépendamment . do ces bénéfices royaux , une grande partie des terres de la Gaule étaient divisées en saliques et en allodiales, exemples de tout tribut les uses et les autres ; les terres saliques se partageaient en portjon égale entre les descendant maies des Francs '.
Pendant les discordes sanglantes et la décadence de la race mérovingienne, une nouvelle espèce de tyrans parut dans les provinces : sous la dénomination de teniores ou seigneurs, ils usurpèrent le droit de gouverner ou plutôt d'opprimer les habitons de leur territoire particulier. La résistance d'un égal pouvait restreindre quelquefois leur ambition; mais les Lois étaient sans vigueur, et les barbares sacrilèges , qui ne craignaient point de provoquer la vengeance d'un saint ou d'un évéque ', respectaient rarement les bornes territoriales d'un voisin faible et obscur. Les droits naturels, tels qu'ils ont toujours été. définis par la jurisprudence romaine*, furent exposés à de fréquens empiètemens sous les -coaquérans germains, tyranniquement jaloux de la chasse, qu'ils aimaient avec passion. L'empire que L'homme s'est arrogé sur les sauvages babitans de la terre , de l'air et des eaux » n'appartenait qu'à quelques individus fortunés de l'espèce humaine. De vastes forêts reparurent sur la surface de la Gaule, et les animaux , réservés pour l'usage ou le plaisir d'un seigneur oisif, pouvaient ravager impunément les champs de ses vassaux industrieux. La chasse devint le privilège sacré des nobles et de leurs domestiques. La loi les
■ L'abbé de Hablv a s lions des Befs et des bénéfices, et se distinction des temps lui donne à cet égard une supériorité à laquelle Montesquieu lui-même n'a point alleint.
* Voyez la loi salique, lit. 62, t. rv, p. 156- L'origine et la nature de ces terres saliques, parfaitement connues dans les temps d'ignorance, embarrassent aujourd'hui ' nos critiques les plu instruits et les plus iutelligens.
* La plupart des 200 miracles de saint Martin de Tours furent destines à punir les sacrilèges (Grég. de Tours, tn maxUna. Brfiltothtca Patrum, L xi, p. 896-932). Auditt lixc.omnes, s'écrie l'éveque de Tours, pctcstaUm habeaia, après avoir raconté comment quelques chevaux, arrachés de ses saintes prairies , étaient devenus enragés
* Hcineccius, Elément. Jur. Germait., Lu, p. i,
aie DECADENCE DE L'EMPIRE ROMAIN,
autorisait à punir d'un certain nombre de coups de bâton , on à emprisonner les plébéiens assez hardis pour partager leurs plaisirs ' ; et, dans un siècle qui admettait une faible rétribution pécuniaire comme une compensation pour le meurtre d'nn citoyen , c'était un crime capital de tuer un cerf ou tin taureau sauvage dans l'enceinte des forets royales ■.
Selon les anciennes lois de la guerre, le vainqueur devenait le maître légitime et absolu de l'ennemi qu'il avait vaincu, ou dont il avait en la vie à sa disposition ». Les hostilités perpétuelles des barbares indépendans ressneitèrent et multiplièrent les motife lucratifs de (a servitude personnelle, abolie par le paisible gouvernement de Rome. Au retour d'une expédition heureuse, leGoth, le Bourguignon ou le franc traînait après lui une longue suite de bœufs, de moutons, de , femmes et d'hommes, qu'il traitait tous avec |t même mépris ou la morne brutalité. Ils réservaient pour leur service personnel les jeunes gens des deux sexes, qui se faisaient remarquer par leur beauté ou leurs agrémens, et qui, dans cette situation douteuse, étaient alternativement exposés au malheur de plaire ou de déplaire à des maîtres violens. Les ouvriers de toute espèce, serruriers, ebarpen-
i Jouas, évêque d'Orléans , A. D. 621-826. Cave (Htit. Litteraria, p. 443) blâme la tyrannie légale des nobles.
• Pro ftris, quas cura homhium non «luit, sed Deus in
• commune mortitibnsid ttteadun» eooeessit, panperesa
• potenlioribni spotiaMur, nageUaatair, ergastulU detru-
• duntur, et mulla alia paliunkir. Hoc enim qui faeiuni , ■ tege mundi se facere juste posse contendunt. • (De Institut, taïcorum, 1. n, e. 23, apûd Thomassin, Discipline de l'Eglise, 1. m, p. 1Î48.)
> Sur un simple soupçon , Chundo , chimbdlan de Contran, roi de Bourgogne, fui lapidé. (Grég. de Tours, 1.x, e. 10, t. il, p. 389.) Jean de Salisbury {Polycrat., 1. 1, c. 4} défend les droits de la nature, et se récrie contre la pratique cruelle do douzième siècle. (Voyea Heuwcchu, Elément. Jur. Germon., t. n, p. 1, n" 61-57.)
3 L'usage lie réduire les prisonniers en esclavage fui toula-fait aboli dans le treizième siéde par riulluance bien taisante dt christianisme. Mais on peut prouver par un grand nombre de passages de Grégoire de Tours qu'on le pratiquait sous les rois mérovingiens sans encourir de censure. Groliiu lui-même {de Jure Belii et Pacis, 1. m, e. 7), el Rarbeyrac, son commentateur, ont tâché de prouver qu'il ne blessait ni les lois de la raison, ni celles de la nature.
(636 dep. J.-C.) tiers, tailleurs, cordonniers, cuisiniers, jardiniers, teinturiers, orfèvres, travaillaient de leur métier an profit de leur maître ; et il condamnait, sans égard pour leur rang, les captifs romains qui n'avaient point d'industrie, à soigner ses troupeaux ou. à travailler dans ses terres. Le nombre des esclaves héréditaires attachés aux terres gauloises s'accroissait continuellement par de nouvelles recrues, et le sort.de ces malheureux dépendait de la situation el du caractère d'un maître, qui tantôt les élevait, par une indulgence momentanée, à une condition meilleure, et le plus souvent les accablait de son despotisme capricieux. 11 exerçait à son gré sur eux le pouvoir absolu de vie et de mort ', et, lorsqu'il mariait sa fille, il lui donnait pour présent de noces un certain nombre d'esclaves qui la suivaient, retenus par des chaînes à ses chariots, pour qu'ils ne pussent s'échapper*. La majesté des lois romaines protégeait te citoyen contre les effets des malheur ou du désespoir; mais les sujets des rois mérovingiens pouvaient vendre leur liberté personnelle ; et cet acte de suicide, qui se pratiquait légalement, est énoncé dans les termes les plus affligeons et les plus honteux pour la dignité de la nature humaine1. L'exemple des pauvres, qui rachetaient la vie au prix de tout ce qui peut rendre ta vie désirable, fut insensiblement imité par les faibles et par les dévots. Pans les temps de tronbles, ils couraient lâchement s'enfermer dans la forteresse d'un chef ou dans l'enceinte de quelque
1 On trouve on détail de l'état et des professions des esclaves germains, italiens et gaulois, dans Heineecius (Elément. Jur. Germon., I.i,n" 28-47), Mpralori (Dissertation., 14, 15),Ducauge (Gloss. ntb vote Servi), et l'abbé de Ma My (Observations, t. n, p. 3, etc. , p. 237, etc.)
3 Gr-fjî. de Tours (1. vi, c 45, l. u, p. 289) cite un exemple dans lequel Chilpéric abusa des droits de maître. Il Ot transporter de force en Espagne plusieurs familles qui appartenaient à ses donws focales, situées dans les
3 ■ Licentiam babeatis mini qualemcunque voluerHïs • disciplinant ponere, vel venundare , aut quod vobls » placuerit de me facere. ■ (Mareulf-, Formul., 1. n, 28, t. n, p. 497.) La formule de Lindenbrog (p. 559} et cette d'Anjou (p. 5B5) servaient au même objet. Grég. de Tours (l, vu , e. 45, t. n , p. 331) cite plusieurs citoyens qui se vendirent pour obtenir du pain dans un temps de famine.
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{536 dep. ;.-C.) sanctuaire révéré. Los patrons spirituels ou temporels recevaient leur soumission, et cette transaction absurde imposait 'l'esclavage jusqu'à leur- dernière postérité. Depuis le règne de Glovis, les lois et les mœurs de la Gaule tendirent, durant cînq'siêclês consécutifs , à multiplier la servitude personnelle et à en assurer la durée. Le temps et la violence anéantirent tous les rangs intermédiaires de la société, et ne laissèrent qu'un espace vide entre le noble et l'esclave. L'orgueil et les préjugés ont converti cette division arbitraire en distinction nationale, établie universellement par les armes et par les loisdes mérovingiens. Les nobles, qui prétendaient tirer leur origine, vraie oii-falmletise, des Francs indépendans et victorieux, ont fait valoir jusqu'à l'abus te droit de conquête sur une foule d'esclavesct de plébéiens, auxquels ils imputaient l'ignominie imaginaire d'une extraction romaine ou gauloise.
L'exemple particulier d'une province, d'un diocèse ou d'une famille sénatoriale, pourra donner une idée de Fêlât général et des révolutions de la France, qu'on appela ainsi du nom de ses conquérans. L'Auvergne avait anciennement obtenu une juste prééminence parmi les villes et les états indépendant de la Gaule ; ses braves et nombreux habitans avaient conservé un remarquable trophée, c'était l'épée que Gésar avait perdue lorsqu'il fut repoussé devant les murs deGergovie*. Comme descendans des Troyens , ils réclamaient l'alliance fraternelle des Romains * ; et, si chaque province eut imité le courage et la loyauté de l'Auvergne, elles auraient évité ou au moins différé la chute de l'empire d'Occident. Les Auvergnats conservèrent fidèlement aux Visigoths la foi qu'ils leur avaient jurée avec répugnance; mais , leur
1 Lorsque César la vit , Il se mil a rire. (Plut arque , in Cœiar.,Li, p. 409.) Cependant II raconte te mauvais sucrés du siège de Gergovie avec moins de franchise qu'on n'aurait droit d'en attendre d'un héros accoutumé a la victoire; mais il avoue qu'il perdit sept eents nommes et quarante-sept centurions a une seule attaque. {De Bell, Gatiic. , 1. vi , c. 44,53,1. i, p. 270-272.)
1 Attachant te quondam fratres Latio diccre, et sanguine ab lliaco populos computarr. (Sidon. Apollinar., I. to, éptt. 7, 1. 1, p. 790.) Je ne suis point instruit des degrés ou des circonsiaaces de celle fabuleuse parenté.
plus brave jeunesse ayant succombé à la bataille de Poitiers, ils acceptèrent sans résistance pour souverain un prince catholique donné par la' victoire. Tbéodoric, roi d'Austrasie et fils aîné de Clovis, acheva cette conquête; mais elle se trouvait séparée de ses états par les royaumes intermédiaires de Paris, d'Orléans et de Soissons, qui composaient, à la mort de leur père, l'héritage de ses trois fils. Le voisinage et la beauté de l' Auvergne tentèrent Childebert, roi de Paris '. La Haute-Auvergne, qui s'étend au sud jusqu'aux montagnes des Gévenucs, offrait nue riche perspective de bois et de pâturages; les Uanes des montagnes étaient plantés de vignes, et chaque coteau était couronné d'un manoir ou château. Dans la Basse-Auvergne , la rivière d'Allier traverse la belle et vaste plaine de Limagne, et la fertilité inépuisable du sol fournissait et fournit encore tons les ans des moissons abondantes sang aucun intervalle de repos '. Trompé par un fanx rapport qui annonçait que leur légitime souverain avait été tué dans la Germanie, le petit -61a de Sidoaïos Apollinark livra la ville et le diocèse d'Auvergne. Childebert jouit de cette victoire peu glorieuse, et les guerriers indêpendans de -Tbéodoric menacèrent de quitter sesdrapeaux, s'il s'occupait de sa vengeance particulière avant la Gn de la guerre contre les Bourguignons. Mais les Francs d'Austrasie cédèrent aisément à l'éloquence r persuasive de leur souverain. • Suivez-moi , |
• leur dit Tbéodoric, suivez-moi en Auver-
> gne, je vous conduirai dans une province » où vous trouverez de l'or, de l'argent, des » troupeaux , des esclaves, et des richesses de
• toute espèce. Je vous engage ma parole de
> vous abandonner les peuples et tous leurs
Dans le premier ou dans le second partage des fils de Clovis, Childebert avait eu leBerri (Grég. de Tours, I. m, c 12, t. », p. 192;. Vetim, dit-il, Arvemttm Lemanem, quœ ttatta jueimttUatis grati/t re/blger* lihcitur , oaitil centre, (i. Mi.e. 9, p. lit!.; Un brouillard épais cachait la -vue du pays, lorsque le rai de Paris lit son entrée dans Clermont.
i Vorez Sidonlus pour la description de l'Auvergne, I. iv, éptt. 21, t. i, p. 793, avec les notes de Savarou et deSiroionii, p. 279, et 51 de leurs édithxis. (Houlaiiirnliers, État de la France, I. m, p. 242-368-, et l'abbé de Longuerue, Description delà France, part, i, p. 132-130.)
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> biens ;yo«8 les transporterez, si tous vott-
► lez, dans votre pays. » Par l'exécution de celte promesse, Tbéodoric perdit tousses droits sur un peuple qu'il dévouait à la destruction. Ses troupes, secondées d'un corps composé des plus féroces barbares de la Germanie, semèrent la désolation dans la fertile Auvergne '. Une forteresse et un sanctuaire échappèrent seuls à leurs fureurs licencieuses. Le château de Meroliac * était situé sur un rocher élevé de cent pieds audessus de la plaine. II renfermait dans l'enceinte de ses fortifications un vaste réservoir d'eau vive, et quelques terres labourables. Les Francs contemplèrent avec dépit cette forteresse imprenable ; mais, ayant surpris cinquante traîneurs, et se trouvant embarrassés du nombre de leurs prisonniers , Ils offrirent de les rendre ponr une faible rançon, et se préparèrent à les massacrer en cas que la garnison refusât de les racheter. Un autre détachement pénétra jusqu'à Brive ou Brionde, dont les habitans s'étaient réfugiés, avec leurs effets les plus précieux , dans le sanctuaire de Saint-Julien. Les portes de l'église résistèrent à leurs efforts; mais un soldat audacieux entra par une fenêtre du chœur, et ouvrit un passage à ses camarades. Le peuple et le clergé, les dépouilles profanes
■ et sacrées, tout fut arraché des autels, et le partage sacrilège se fit dans les environs de Brioude. Mais le pieux fils de Clovis punit sévèrement cette violence impie; les plus coupables l'expièrent par lenr mort ; leurs complices secrets furent abandonnés à la violence de Saint-Julien; il relâcha les captifs, rendit le butin et étendit le droit de sanctuaire à cinq milles autour du sépulcre des saints martyrs *.
< Farorem gentùtm, quai de ulteriore Rheni ornai* parte vénérant juperare non potenU.{Gr4g. de l'ours, l.iv, c. 50,1. h, p. 229.) Celui ceU* même excuse dont ■n autre roi d'Austra* se servit, lorsqn« les troupes qu'il commandait ravagèrent les environs de Paris.
> D'après le nom et la position , les éditeurs bénédictins de Grégoire de Tours (l. n , p. 193) ptacest celte forteresse dans uo endroit nommé eatlet Merliae , à deux milles de Mauriac daas la Haute-Auvergne. Daas celle description, je traduis infra comme s'il y avait titra. Grégoire on set copistes confondent A tout instant ces deux prépositions, et le sens doit toujours décider.
* Voyei les révolutions et les guerres de l'Auvergne,
DÉCADEMCE DE L'EMPIRE ROMÀlïl,
(GSfi dep. I.-C.) Avant de rappeler l'armée atistrastenne de l'Auvergne, Théodoric exigea des gages delà fidélité future d'un peuple dont la haine ne pouvait plus être contenue quepar la terreur, et emmena les (ils des plus illustres sénateurs comme otages et garans de la foi de Cbildebert et dé la province. An premier bruit de guerre, on condamna ces jeunes infortunés à ta plus humiliante servitude; et l'un d'eux, Àttale ', dont les aventures sont pins particulièrement connues, fut réduità garder les chevaux de son maître dans le diocèse de Trêves. Après l'avoir cherché long-temps, les émissaires de son grand-père, Grégoire, évéqtte de Langres, le découvrirent dans cette vile occupation; mais son maître avide, se refusant à toutes les offres raisonnables , exigea dix livres d'or pour prix de sa rançon. Léon, esclave et cuisinier de Févêque de Langres \ se servit d'un stratagème pour le délivrer : un agent inconnu présenta Léon au barbare, qui l'acheta au prix dedix pièces d'or, et apprit avec joie qu'il avait servi dans les cuisines délicates d'un évêque. * Diman-
> che, lui dit fe Franc, j'inviterai mes pa-
> rensetmesamis. Exercez vostalens, etiai- » tes-leur avouer qu'ils n'ont rien mangé de » si bon, même à la table du roi.» Léon promit qu'il aurait satisfaction , si on lui fournissait une quantité de volaille suffisante. Lnvani lé du barbare s'appropria toutes les louanges prodiguées à son cuisinier, et Léon obtint
dans Grégoire de Tours , T. m, «. 37, t. n,'p. 183; et I. m, c. 9, 12. 13, t. n, p. 191, 191. (De MiraculU aancli Jutùuii, c 12 , t. u , p. 466.) Il laisse souvent apercevoir sa partialité pour son pays.
i L'Histoire d'AUnle M trouve dans Grégoire de Tours, I. m,c. 16, Lu, p. 193^195. Son éditeur, le père Don Ruinait , confond cet Attale encore enfant, puer, dans Tannée 532, avec un ami de Stdooius du même non, et qui était comte d'Autun cinquante ou soixante ans plus lot. Lue telle bévue, qui ne peut Être imputée à l'ignorance, est si grossière qu'elle en devient inoflensive.
1 Ce Grégoire, l'aïeul de Grégoire de Tonrs (t. n, p. 197, 490)*écul quatre-vingt-douze ans; il rot quarante ans comte d' A alun , et trente-deux smséveqmide Lsagres. Si l'on peut en croire le poète Forlunalus, Grégoire lit admirer également son mértle dans ces deux postes dis-
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(536 dep. J.-C.)
bientôt sa confiance et l'administration de toute sa maison. Après avoir resté patiemment une année entière dans cette situation, il instruisit Attale de son projet, et lui recommanda de se préparer à partir la nuit suivante, A l'heure de minuit, les convives tatempéraus quittèrent la table, et le gendre du Franc , que Léon accompagnait a. son appartement avec la boissonqu'il avait l'habitude de lui préparer pour la nuit, le plaisanta sur la facilité avec laquelle U pourrait trahir sa confiance. L'intrépide esclave, après avoir fort bien soutenu cette raillerie dangereuse-, entra dans la chambre à coucher de son maître , cacha sa lance et son bouclier, tira deux des meilleurs chevaux de l'écurie, ouvrit les portes pesantes et pressa Attale de sauver sa liberté et sa vie par une prompte fuite. La crainte les obligea à laisser leurs chevaux sur les bords de la Meuse ' ; ils passèrent la rivière a la nage , et errèrent pendant trois jours dans la forêt voisine, où ils seraient morts de besoin sans un prunier qu'ils trouvèrent par hasard. Cachés dans l'épaisseur du bois, les deux fugitifs aperçurent avec terreur Leur maître qui- s'était nùs à leur poursuite, et lai entendirent déclarer que, s'il parvenait à les atteindre , l'un serait haché en morceaux, et l'autre, pendu à un gibet. ÀUale et son fidèle Léon arrivèrent a Reims chea un ecclésiatique, qui rappela leurs forces avec un peu de pain et de vin, les mit à l'abri des recherches de leur ennemi, et les conduisit sans accident au delà des limites du royaume d'Austrasie jusque dans le palais épiscopal de Langres. Grégoire pleura de joie en embrassant son petit-fils ; il affranchit Léon et toute sa famille, et lui fit présent d'une ferme où il pût finir ses jours dans la paix et dans l'aisance. Peut-être cette aventure extraordinaire, dont les circonstances portent l'empreinte de la vérité, futelle racontée par Attale lui-même à son cousin ou son neveu, le premier historien des Francs. Grégoire de Tours * était né environ
I Comme H. de Valois et le père Ruinarl veolenl obstinément substituer Mosa a Htosetla,<\ui se trouve dans le texte, je dois me conformer à ce changement; cependant, après un examen de la topographie, i! m'a semblé que Je pouvais justifier \e HfoselUt du le île.
i Les parens de Grégoire (Gregorlus Florentin» Geor-
soixante ans après la mort de Sidonius Apollinaris, et leurs situations eurent beaucoup de ressemblance; ils prirent tous deux naissance en Auvergne , et furent successivement l'un et l'autre sénateurs et évêques. La différence de leur style et de leurs sentimens peut par conséquent servir à prouver la décadence de la Gaule, et combien l'esprit humain perdit en peu de temps de son énergie et de sa grâce1.
. Nous sommes enfin autorisés a rejeter les faux exposés qui ont diminué ou exagéré les vexations que les Romains de la Gaule ont souffertes sous le règne des Mérovingiens. Les conquérans ne publièrent jamais d'édits de servitude ou de confiscation générale ; mais un peuple . dégénéré, qui déguisait sa faiblesse sous les noms de paix et d'urbanité, se trouvait exposé aux lois et même au caprice des barbares qui insultaient dédaigneusement ses possessions, ses franchises et sa liberté; mais ces injures étaient personnelles et illégales, et le corps des Romains ne succomba point dans cette révolution. Ils conservèrent toujours les propriétés et les privilèges de citoyens. Les Francs envahirent une partie de leurs terres, mais celles qui leur restèrent furent exemptes de tributs *; et la violence qui détruisit les arts et les manufacturas de la Gaule, anéantit aussi tout le système ingénieux et dispendieux du despo-s
gins) étalent nobles d'extraction, nataUbut.... illustres, si possédaient d'amples patrimoine», latifundia, en Auvergne et en Bourgogne. Il naquit en 539 , (ut consacré évequedeToursen 573, et mourut en 593-595, peu de temps après qu'il eut fini son histoire. (Voyez sa Vie par Odon, abbé de Cluni, t. n, p. 129-135, et une nouvelle Vie dans les Mém. de l'Acad., etr, t. ixtn, p. 59f«37.)
■ Décalotte algue imnto potins perçante ab urhibus galtietuùs liberalium cultura lîlterarum, etc. (/a l'rafht., I. u , p. 137,1 Telles «ont les plaintes de Grégoire lui-même, qu'il Justine par ses propres outrages. Son strie manque également d'élégance et de simplicité. Dans un rang distingué il lut toujours étranger i son siècle et i ton pays; et dans un ouvrage prolise, dont les cinq derniers livres ne contiennent que l'espace de dis années, ils ean» presque tout ce qui peut eieiler la «urtatttdet génératkns suivantes. J'ai acquis, par un eiamen long et fastidieux , te droit de prononcer ce Jugement défavorable.
> L'abbé de Mablt (I. i, p. 247-3(7) « confirmé en le opinion du président de Montesquieu (Esprit des Lob,
tisme impérial. Les provinciaux déplorèrent souvent sans doute la jurisprudence sauvage des loissalkiùéset'ripuaires; mais te ; code de Théodose régla toujours leurs mariages t leurs testamens et leurs successions ; un Romain mécontent de son état pouvait aspirer ou descendre nu rang de barbare. Les honneurs de FÉtat étaient accessibles a son ambition. Le caractère et l'éducation des Romains les rendaient plus propres aux Tondions du gouvernement civil : et, des que l'émulation eut ranimé leur ardeur militaire, on les reçut dans les rangs et même à ta tète des vic~ torieuv Germains. Je n'essayerai point de calculer le nombre de générant et de' magistrats dont les noms * attestent la politique généreuse des Mérovingiens. Trois Romains exercèrent successivement le commandement en chef de la Bourgogne avec le titre de pairice; Mummotus', le dernier et le plus puissant *, tantôt le sauveur et tantôt le perturbateur de la monarchie, avait supplanté son père dans le poste de conte d'Autun, et laissa dans sou trésor trente taleus eu or et trois cent chiquante talens en argent.Les barbares sauvages et ignora»» furent exclus duraat plusieurs générations des dignités, et mène des ordres ecclésiastiques *. Le dei-gé de ta Goule était composé presque -entièrement d'indigènes provinciaux. L'orgueildes Francs s'humiliait aux pieds de leurs sujets décorés du caractère épisconal ; et la dévotion restitua peu ù peu aux Romains les richesses et la; puissance dont le sort des armes les avait dépouillés *. Dans les affaires temporelles, le
■ Voyez Oubos.Hisl- crii.de la monarchie française, ' l, ii, I. vi, c. fl, 10. Les antiquaires français posent pour
principe que les Humains et les barbares sont faciles a distinguer par leurs noms. Lenn noms MM sansdooie une présomption ; cependant, en Usant Grégoire de Tours, J'ai observé Qonduirns.d'eMraeiion romaine ou sénatoriale (I, vi, c. 2, t. u, p. 273) et Clndu»,«ui était barbare [1. ni, c. 29, p. 308).
* Ennius Mmnmohis est eU I différente* fois par Grégoire de Tours, depuis le quatrième livre (e. 42, p. 224; jusqu'au septième [c. 40, p. 310). LecatMUp» tahMest assez e-ilraord inaire; mais si Grégoire attachait nn sens a ce mot inusité, les trésors de Humant» devaient excéder rrnt mille livres sterling.
■ Ve-ye* Fleury, Discours 3 , sur Huit, ficelés.
* l/éveque de Tours a consigné M -même dans ses écrits les plaintes de Chflpéric, prtit-flls de «T.loiis, • Eeee
(6Wdqa.J.-C.) «ode de Théodose était universellement la loi du clergé ; .mais la jurisprudence barbare avait libéralement pourvu eUe-méiue à Leur envolé personnelle. Un sous-diacre était évalué comme deux Francs, le prêtre comme un -anstrustion, et l'on appréciait La vie d'un évoque, comme fort au-dessus de toute autre, à la somme de neuf cents pièces d'or '. Les Romains communiquèrent aux eonquérans ht connaissance du christianisme et de la langue latine *; usais leur langage avait autant dégénéré de la simplicité élégante du siècle d'Auguste que leur religion de la pureté du siècle des apôtres. Les pror grès de La ■ barbarie et du fanatisme s'étendirent universellement et avec rapidité. Le culte du Dieu des chrétieus. se trouva dcV robe aux yeux du vulgaire sous le culte des saints ; l'idiome et la prononciation, teulonique corrompirent le dialecte grossier des paysans et des soldats. Cependant les communications sociales et religieuses effacèrent les préjugés de naissance et de conquête; et toutes les nations de la Gaule furent in&ensiblemeat confondues sous le nom et le gouvernement des Francs. .
En s'uuissaot aux Gaulois, les Francs auraient pu leur faire un présent bien. précieux: l'esprit et le système d'une constituliou Libre. Sous une monarchie héréditaire, mais Limitée, les. ebefseL les ministres.auraient pu. tenir Jeurs conseils à Paris, dans le palais des césars- La plaine voisine, où les empereurs faisaient la revue de leurs légions mercenaires, aurait servi de lieu d'assemblée législa-
■ pauper remansit flscus noster; eeee divltix noslrw ad
• eccteslas snnt translatas : nuflipenitosniasoll epéaoofi
• régnent = (l. vi, c 441, t. n, p. 281).
i Voyea le Code Hipiuire (tiL 38, t. it, p. 241). U loi m iliqne.ne pourvoit poinl à la sûreté du cletgé, et nous pouvons supposer, il'bonneur delà tribn la plus Hr Elisée, qu'elle ne prévoyait pas qu'on put pousser Tunsirté jusqu'au meurtre d'un prêtre. Cependant Prétextât, ardwveque de Rauen, fat assassiné aux trieds des autels par l'ordre de FrédéEonile.^rég. de Tours, I. vur,c.31, L n, p. 326.)
i M. Bonami (Mém. del'Acad. des Inscript., L nn, p. ASt 670) a preuve, l'existence de la tingya romana ruttiea, qui, après être, devenue la. langue romance, s'est polie peu a peu et eU devenue la langue française actuelle. Sons la race etetovingicune, les prisées et les nobles de France ownpreaajent encore Vtncien <Ualecte.de leurs
(636 VIep. J.-C.) tïvé anx citoyens et aux guerriers, et le modèle grossier qui avait été ébauché dans les forêts de ta Germanie ' aurait été perfectionné par la sagesse et 1* expérience des Romains; Mïîh les barbares iusouoians, assurés d'une indépendance personnelle, dédaignèrent les travaux du gouvernement; les assemblées annuelles du mois de ntars tombèrent insensiblement en désuétude, et la conquête de la Gaule servit à désunir et, en quelque façon , a dissoudre la nation victorieuse \ La monarchie resta sans établissement régulier de justice, de finances et de forces militaires. Les successeurs de' Clovîs manquèrent du courage nécessaire pour s'emparer dn pouvoir législatif que le peuple avait abandonné, on de force pour l'exercer. Les prérogatives royales se bornaient a un privilège plus étendu de meurtre et de rapine ; et l'amour de la liberté, si souvent ranimé et déshonoré par l'ambition personnelle, se réduisit, parmi les Francs, au mépris de l'ordre et au désir de l'impunité. Soixante-quinze ans après la "mort de Clovis, son petit-fils Contran, roi de Bourgogne, envoya une armée pour envahir les possessions des Goths dn Languedoc et de la Septimanie. L'avidité du butin attira les tronpes de la Bourgogne, dû Berri, de f Auvergne, et des contrées voisines. Elles marchèrent sans discipline sons las 'ordres des comtes gaulois ou germains, attaquèrent mollement; et lurent repoussera. Hais les provinces amies et ennemies Furent indistinctement ravagées; les moissons, les villages, et même les églises, furent ht proie des flammes ; les habitons furent ou massacrés ou tminés en esclavage , et cinq mille de ces destructeurs féroces périrent dans leur retraite, victimes de la faim ou de la discorde. Lorsque Gontran, après avoir reproché aux chefs leur crime ou leur négligence, menaça de les faire exécuter sur-le-champ sans jugement et sans formalité, ils s'excusèrent sur les vices et l'indocilité des peuples. « Aucun
' ' ^Ce bran système a (UtriWTédsM les bo».. (Montesqriiea, Esprit des lois. 1. si, e. 6.)
1 Voyez l'abbe de MaMr, Observations, etc., t.- 1 , p. 34-56. Tl ftontUerait que Mlle iasttMUon dWemblees nationales, dont rorigfne e» France «I tussi ancienne «juo lan*tion, n'a Jamaia convenu au gfaie des franco*.
» d'eux,, dirent-ils, ne redoute ni ne respecte
• plus son roi, son duo ou son comte; cha- •■ cun se plaît à faire le trial, et satisfait sans ' scrupule ses inclinations criminelles. La
> punition la plus modérée entraîne une sé-
* dition ; et le magistrat téméraire qui veut
> blâmer ou entreprendre d'arrêter leurs fu- » reurs échappe rarement a. leur vea-
> geance '. > Il était réservé à la même nation de faire connaître par ses désordresjusqtt'où peuvent aller les abus de la liberté, et de suppléera, la perte de la liberté par des aeutiinena d'honneur et d'humanité qui allègent et honorent aujourd'hui sa soumission a un monarque absolu.
Les Visigoths avaient cédé à Clovis la plus grande partie de leurs possessions dans la Gaule ; mai» cette perte fut amplement confirmée par la conquête aisée et la jouissance tranquille des provinces de l'Espagne. La monarchie des Goths , qui comprit bientôt les Suèves de la Galice, inspire encore un sentimeni de vauitéaux Espagnols modernes; mais rien se force si' n'invite l'historien de l'empiré romain à fouiller dans la stérile obscurité de leurs annales '. Les Goths de l'Espagne étaient séparés du reste du genre bumain par la chaîne escarpée des Pyrénées. Nous avons déjà fait connaître leurs mœurs et, leurs institutions en pariant des tribus de la Germanie, J'ai anticipé dans le chapitre précédent sur lesévéneaaeusreligieux,la chute de l'arianisme, et In persécution des Juifs; et il ne me reste à observer que quelques circonstances relatives à la constitution civile et ecclésiastique du royaume d'Es-
> Grégoire de Toon (L un, c. 30,1. h, p. 325, 320) mante evee beaucoup d'induTorence les trimes, le reproche et l'apologie. ■ Nullua regem meluit, nullus ducem,
• nnllus comilem rerereturi et ai fbrtassts aliciii UU dis-
> plient, et ea, pro lengeevitatc vitx veslraj, emendare
• eonatur, stallni aedhio in populo , atalim tuauHui eio-
> ritar, et lu Untun umwfubquc conta» leniorem , «era » intention* gmsMur, ut rix te eradat évadant si tandem ■ àlere aequiverit. •
' L'Espagne a «te particulièrement malheureuse dans eea siètks d'obscurité. Les Francs avaient un Grégoire de Tours , les Saxons ou Angles nu Bede , les Lombarde un Paul Wameftid , etc. ; mais on m trouve l'histoire des Visigrtbs que dan tes ebremques eoaeum et iwparûù tes d'Isidore de Sértlle et de Jean de Bklar.
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Lorsque les Franca et lesVisigoths eurent renoncé à l'idolâtrie et enfin à l'hérésie de l'arianisiae , ils se montrèrent également disposés à subir les mœurs inhérentes à la superstition, et à profiter des avantages accidentels qu'elle peut offrir. Mais, long-temps avant l'extinction de la race mérovingienne , les prélats de France n'étaient plus que des chasseurs et des guerriers barbares. Ils dédaignaient l'usage antique des synodos, oubliaient les règles delà tempérance et de la chasteté, et préféraient les jouissances du luxe et de l'ambition peisojjnelle à l'intérêt général du sacerdoce '. Les évëques d'Jïspagne se respectèrent, et conservèrent la vénération des peuples. Leur union déguisait Leurs vices et confirmait leur autorité ; et la régularité de leur discipline introduisit la paix, l'ordre et la stabilité, dans le gouvernement de l'état. Depuis le règne de Recarède, premier roi catholique, jusqu'à celui de Witùa, prédécesseur immédiat de l'infortuné Roderic, seireconcilesnalionaus s'assemblèrent successivement. Les six métropolitains de Tolède, Séville , Mérida, Braga, Tarragone et Karbonne, présidaient, suivant leur rang d'ancienneté ; l'assemblée était composée de Leurs évèques suBragans* Ils y paraissaient en personne ou par procureur, et il y avait une place assignée pour les abbés distingués par la piété ou par l'opulence. Pendant les trois premiers jours de l'assemblée, on n'agitait que des questions de doctrine et de discipline ecclésiastique , et les laïques étaient soigneusement exclus de ces débats, qui se passaient cependant avec une solennité décente. Mais dès le matin du quatrième jour on ouvrait les portes et on admettait les grands-officiers du palais, les ducs,lescomtes , les nobles , les jnges des villes ; et te consentement du peuple ratifiait les jugemens du ciel. Les mêmes règles s'observaient dans les assemblées provinciales ou conciles annuels , chargés de recevoir les plaintes et de redresser les abus ; le gouver-
< Telles sont les plaintes de saint Bonilaee, apôtre de la Germanie et réformateur de la Gaule (t. w, p. 94). Les quatre-vingts ans de licenceet de corruption qu'il déplore semblent annoncer que tes barbares furent admis dans le clerçé vers l'année 660.
EMPIRE &OUAIH, (636 dep, J.-C.)
nement légal avait pour appuilinfluenec victorieuse du clergé. Les évoques, dont l'usage était, dans toutes, les révolutions, de flatter les vainqueurs et d'insulter les malheureux, travaillèrent avec succès à rallumer les flammes de la persécution, et à élever la mitre au-dessusde la couronne. Cependant les conciles nationaux de Tolède, dans lesquels la politique épiscopale dirigea et tempéra, l'esprit indocile des barbares, établirent quelques Jois sages , également avantageuses pour les rois et pour leurs sujets. Lorsque le troue vaquait , le choix duo monarque appartenait .aux çvèques e( aux palatins; et , après l'extinction de la race d'AJaric, ils conservèrent au sang des Goilis le droit exclusif de succession à la. couronne. Le clergé , qui sacrait le ■ prince légitime , recommandait toujours au peuple, et pratiquait quelquefois le devoir de l'obéissance ; et les foudresde l'église éclataient sur la tète des sujets impies qui conspiraient contre leur souverain , qui résistaient à son autorité , ou qui violaient la chasteté de sa veuve par une union indécente. Maïs, de son côté, en montant pour la première fois sur son trône , le monarque faisait à Dieu et aux peuples le serment de gérer fidèlement l'important dépôt qui lui était confié. Une aristocratie redoutable se réservait le droit de contrôler les fautes réelles ou imaginaires de son administration ; et une loi fondamentale assurait aux évèques et aux palatins le privilège de n'être ni emprisonnés ni dégradés, ni misa la torture, ni punis de mort ou même d'exil, sans avoir été jugés publiquement et librement par leurs pairs '.
Un des conciles législatifs de Tolède examina et ratifia le code de loi composé sous une succession de princes gotbs depuis le règne du féroce Euric jusqu'à celui du pieux Égica. Tant que les Visigoths conservèrent
1 Les résolutions des conciles de Tolède sont encore aujourd'hui les actes les plus authentiques de l'église et de la constitution de l'Espagne. Les passages suivans sont particulièrement importons, (m, 17, 18; ir, 75; v,2,3, 1, 9, 8; n, 11, 12, 13, », 17, 18; vu, I; iu.2,3, 6.) J'ai trouvé des renseignemens Iris-utiles dans Moscou , Hisi. des anciens Germains, iv, 29, et les Notes 26 et 27; rt dam Ferreras, Hist. gén. de l'Espagne, t, ».
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(536 dep. i.-C.) les mœurs simples et antiques de leurs ancêtres, ils laissèrent a leurs sujets de l'Espagne et' de l'Aquitaine la liberté de suivre les usages des Romains. Le progrès des arts, de la politique, et enfin de la religion, les engagea à supprimer ces institutions étrangères , et à composer sur leur modèle un code de jurisprudence civile et criminelle, à l'usage général des nations qui composaient la monarchie espagnole ; elles obtinrent toutes les mêmes privilèges, et contractèrent les mêmes obligations. Les conquérons renoncèrent insensiblement à l'idiome teutonique , se soumirent aux gènes salutaires de la justice , et firent partager aux Romains les avantages de la liberté. La situation de l'Espagne sous les Visigoths ajoutait au mérite de cette administration impartiale. Les souverains attachés à Tarianisme étaient séparés dépuis long-temps de leurs sujets par la différence irréconciliable de religion. Depuis que la conversion de Recarède avait fait cesser les scrupules des catholiques , l'empereur d'Orient , qui possédait encore les cotes de l'Océan et de la Méditerranée , encourageait secrètement les peuples a secouer le joug des barbares , et à soutenir la dignité du nom romain. La fidélité de sujets suspects n'est en effet jamais mieux assurée que quand ils craignent de perdre dans une révolte plus qu'ils ne peuvent gagner par une révolution. Hais il à toujours paru si naturel d'opprimer ceux qu'on hait ou que l'on redoute, que la maxime contraire doit obtenir le nom de sagesse et de modération *.
Tandis que les Francs et les Visigoths assuraient leurs établissemens de la Gante et de l'Espagne, les Saxons achevèrent la conquête de la Bretagne , troisième grande préfecture de l'Occident. Comme elle était séparée depuis long-temps de l'empire romain, je pourrais négliger sans scrupule une histoire connue du moins instruit comme du plus sa-
' Dom Bouquet a publié correctement ("t. tv, p. 273-460), 1c code des Visigoths, divisé en douze livres. Le président de Montesquieu (Esprit des lois , 1. xiyih, c. 0 l'a traité avec une sévérité excessive. Le style m'en déplaît, et je liais la superstition ; mais je ne crains point de dire que cette Jurisprudence civile annonce une société plus policée et plus éclairée que celle des Bourguignons ou même des Lombards.
vuntde mes lecteurs. Les Saxons , habiles à ramer et à combattre , ignoraient l'art qui pouvait seul transmettre leurs exploits à la postérité. Les provinciaux , retombés dans la barbarie , ne pensèrent point à décrire la révolution qnilcs y avait replongés , et la tradition Fort suspecte était presque éteinte lorsque les missionnaires de Rome 7 reportèrent la lumière des sciences et du christianisme. Les déclamations de Gildas , les fragmens ou fables de Nènnius , les lambeaux obscurs et tronqués dès lois saxonnes et des chroniques , et les contes ecclésiastiques do vénérable Bède ', ont été rassemblés soigneusement, et quelquefois embellis par l'imagination d'une succession d'écrivains que je n'entreprendrai ni de censurer ni de transcrire *. Cependant l'historien de l'empire peut être tenté de suivre les révolutions d'une province romaine jusqu'à ee qu'elles jéebsppent à sa vue, et il est pardonnable à un Anglais de vouloir tracer l'établissement des barbares dont il tire son nom, ses lois et peutêtre son origine.
Environ quarante ans après la dissolution du gouvernement romain , Voltigera paraît avoir obtenulegouvcrnementsuprême,niaîs précaire, des principautés et des villes de la Bretagne. On a condamné presque unanimement la politique faible et funeste de ce monarque infortuné *, qui invita des étrangers
'Voyez Gildas, de Excidto BrLtanniœ, e. 11-25,
p. 4-9,'édit. Gole-, HUt. BWionnm.deNïMius, e. 2£35- 66 , p. 1ÛM15, «il. Gale; HUI, Kento- de Bède. Genla Jngtorum,\.\ra. 12-16, >. 4ft-53;o.22, p. 58, édit. Sniilli.; Chfon. Saxonicum, p- H -23, etc., édit. Gibson, Les lois des Anglo-Saxons ont été publiées par Wilkins, Londres, 1731, in-folio ; et les Legcs WaiUea, par Wotlon et Clarté, Londres, 1130, uvfollo.
1 Le laborieux M. Carte et l'ingénieux M. WMtelMT sont les deux bistorieos modernes qui m'ont été le plus utiles dans nies recherches. L'historien particulier de Manchester embrasse, sous ce litreohscur, un sujet presque aussi étendu que Histoire générale d'Angleterre.
3 "Witikind, moiie saxon du dixième aiécie, a composé une histoire suivie de cette inviution, que les «pressions vagues de Gildas et de Bédé pourraient en quelque façon Justifier. (Voyez Cousin. Hisl. de l'Empire d'Occident, 1. 11, p. 356.) Rapin et Hume lui-même se sont servis trop légèrement de cette autorité suspecte, sans égard pour le témoignage précis et probable deîSeiiuius. « Intereavene-
• runt IreschiulsaGermania in cxiliv puiser, inquioui
• crant fiorsa et HcDgîsl. •
924 DECADENCE DE L'EMPIRE ROBtÀlK,
formidables à Tenir le 'défendre contre tes entreprises de ses ennemis nationaux. Les pins
graves historiens racontent qu'il envoya des ambassadeurs sur la cote de Germanie, qu'ils adressèrent un discours pathétique à rassemblée générale des Saxons, et que ces audacieux barbares résolurent d'aider d'une Botte et d'une armée les habitans d'une lie éloignée et inconnue-. Si la Bretagne eut été réellement inconnue aux Saxons, 1a mesure de ses calamités aurait été moins complète. Mais le gouvernement romain manquait de forces suffisantes pour défendre constamment cette province maritime contre les pirates de la Germanie. Les états indépendaas et divisés étaient souvent exposés à leurs attaques , et les ■Saxons pouvaient quelquefois se réunir avec les Pietés et les Écossais , par une alliance expresse ou tacite de rapine et de destruction. Vortigern ne pouvait que balancer les dàfférens périls qui menaçaient de toutes parts- son- trotte et son- pays"; et il est peutêtre injuste de blâmer ce prince d'avoir préféré, dans one situation si difficile, l'altkttice de barbares qne leurs forces navales pouvaient rendre ou ses pins dangereux ennemis ou ses amis les plus Viles. Hengist et Horsa parcouraient alors la cote orientale de l'Ile avec trois vaisseaux : ils furent invités, par la promesse d'une ample récompense, à entreprendre la défense de' la Bretagne; et leur intrépidité la délivra bientôt des usurpateurs de la Calédonie. Ces Germains auxiliaires obtinrentdans l'Ile de Thnnet une résidence tranquille et un district fertile. On satisfit aux conventions en leur accordant , avec libéralité, des vétemens et des subsistances. Cette réception favorable attira cinq mille nouveaux guerriers avec leurs familles ; ils arrivèrent dans dix-sept vaisseaux , et In puissance naissante d'Hengist se trouva consolidée par ce renfort. Vortigern se laissa persuader par le rusé barbare qu'il lui serait avantageux d'établir une colonie d'alliés fidèles dans le voisinage des Pietés ; et une troisième floue , composée de quarante vaisseaux, partit des cotes de la Germanie, sons la conduite du fils et du neveu d'Hengist , ravagea les Iles d'Orkney, et débarqua sur la côte de Norlhumberland ou Lollùau , a
(638 dep. I.-C.)
Fexiréhiité opposée de ce malhetfreux pays. Il était aisé -de prévoir , inaïs' impossible de prévenir les ma theOrs qui devaient "en résulter. La jalousie divisa bientôt les deux nations ; les Saxons exagérèrent leurs services et ce qu'ils avaient souffert pour la défense d'nn peuple ingrat; et les' Bretons regrettèrenrdes récompenses dont la libéralité n'avait pas pn satisfaire l'avarice des barbares du Nord. La crainte d'un cfiié , et de l'autre la haine , allumèrent entre eux une querelle irréconciliable. Les Saxons coururent aux armes ,- et, s'il est vrai qu'ils aient profité de la sécurité d'une fête pour exécuter un massacre , celte perfidie détruisit sans doute irrévocablement cette 'confiance- réciproque sans laquelle' aucune* alliance sure ne peut subsister entre lés nations ni pendant la part ni pendant la guerre '.
Hengist, qui aspirait à la Conquête de la Bretagne , exhorta ses compatriotes à saisir l'occasion. Il leur peignit la fertilité' dn sot, la richesse des villes, la timidité des habitans , et l'avantage de la situntion de cène ile vaste et solitaire , accessible de tons côtés aux flottes des Saxons. Les colonies qui, dans l'espace d'wn siècle, partirent successivement de l'Elbe , du Weser et du Rhia pour s'établir dans la Bretagne étalent principalement composées des trois pins vaillantes tribus de la Germanie , les Jutes , tes Angles, et les anciens Saxons. Les jutes, qui suivaient particulièrement les drapeaux d'Hengist, eurent le mérite de conduire leurs compatriotes à la gloire, et de fonder, dans la province de Kent le premier royaume indépendant. On attribua l'honneur de cette entreprise aux Saxons primitifs ; et on donna aux lots et au langage des conqoérans le nom du peuple qui produisit , au bout de quatre siècles les premiers souverains de la Bretagne méridionale. Les Angles, distingués
' Nennios accuse les Saxons d'avoir massacré trois cents cueft des Bretons, Ce crime ne partit pas fort «oigne de leurs océan «twagea ; maû noua ne sommes sas obliges de croire que SloacHeoRe est teu monument, tjM.les. géana avaient aaeuatemenl transporta d'Afrique en Irlande., ei qui fut Apporte en Bretagne «or l'ordre i'Ambroise et l'art de Merlin. (Vov«t Geoffroy de Honlmeutn , I. vut, c. 9, 12.)
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(536 dep. J.-C.) par leur nombre et par leurs succès, eurent l'honneur de donner leur non au 'paya dont ils occupaient la plus vaste partie. Les pirates et les brigands du Nord, qui cherchaient fortune sur terre et sur mer, sejoignireot insensiblement a cette triple confédération. Les Frisons, que le voisinage de la Bretagne avait tentés , balancèrent quelque temps les forces et la réputation des Saxons indigènes. Les Rugiens , les Danois et les Prussiens sont indiqués d'une manière obscure ; et quelques aventuriers huas, errans dans les environs de la mer Baltique , purent aussi s'embarquer sur les vaisseaux des Germnins pour conquérir un pays qui leur était inconnu ' ; mais l'exécution de cette entreprise exigeait indispensablemeut l'union des barbares, et cette union n'existait pas. Chaque chef rassemblait ses compagnons, dont le nombre dépendait de ses moyens et de sa réputation; il équipait une flotte de trente, quelquefois de soixante navires, choisissait le lieu de l'attaque , et dirigeait le reste de ses opérations suivant les événement de la guerre, ou conformément à ses intérêts particuliers. Dans l'invasion de la Bretagne, un grand nombre de héros , alternativement vainqueurs et vaincus , furent enfin victimes de leur ambition. Sept chefs victorieux prirent le titre, de rois , elle conservèrent. Les conqaéraos fondèrent l'beptarchie saxonne, composée de sept trônes indépendant, et de sept familles, dont l'une s'est perpétuée par les femmes jusqu'au souverain actuel de l'Angleterre , et qui prétendaient toujours tirer leur origine de Woden, dieu de là guerre. On a prétendu que cette république de rois était présidée par un conseil général et un' magistrat su* prénau; mais.ee système de politique compliquée est trop opposé au génie grossier et turbulent, des Saxons. Leurs lois n'en parlent point , et leurs' annales obscures ne présentent qne le spectacle de la discorde et de la violence *.
■ Bède awrtoekirçatnt de bob» <m tribus (1. i,cf5, p. 62;i.v, e. », p. 190), et, après awtîr examine les KmafflPWdeM. WhaafcR-(HM .de Manchester, vol. n, p. 53S-M3), je ne fttsaoM qu'il y rit d'absurdité è supposer que ta* Rimas , ek. , m taetanat mx Augle-
t BMe s cumulé sept rois, deux saxons , m Jute et
Ko moine, qui , malgré sa profonde ignorance des affaires du monde, n'a pas craint . de se charger de l'office d'historien, défigure d'une étrange manière l'état de la Bretagne au moment où elle se sépara de l'empire d'Occident. Gildas ' fait en style fleuri un tableau brillant des progrès de l'agriculture, du commerce étranger que chaque marée amenait dans la Saverne et dans la Tamise, et de la construction solide et hardie des édifices publics et particuliers : il blâme le luxe des Bretons, peuple qui, selon le même au-, teur, ne pouvait, sans le secours des Romains, ni élever des murs de pierre ni fabriquer des armes pour défendre ses foyers *. Sous la longue domination des Romains, la Bretagne était insensiblement devenue une province policée et servïle, dont la défense dépendait d'une puissance éloignée. Les sujets d'Honorius contemplèrent leur liberté récente avec un mélange de surprise et de terreur. 11 les abandonna , dépourvus de toute constitution civile ou militaire; et ses chefs incertains manquaient également de courage, d'intelligence etd'nutorilé pour diriger les forces publiques contre l'ennemi commun. L'arrivée . des Saxons décela- leur faiblesse, et dégrada le caractère du prince et des sujets. La consternation exagéra le danger, la désunion diminua les ressources , et la fureur des factions civiles se montra plus ardente à déclamer contre les malheurs dont elles accusaient la mauvaise conduite de leurs adversaires qu'à y porter remède. Cependant les Bretons n'ignoraient pas,, et ne pouvaient pas même, ignorer, l'usage des armes , et l'art de les fabriquer. Les attaques successives et mal dirigées des Saxons leur donnèrent le temps de revenir de leur frayeur; et les événemens, heureux ou malheureux de la guerre devaient
quatre angles , qu acquirent successivement dans l'hcptarctûe une supériorité de puissance et de renoomee. Mais leur règne «ail fondé 6Urlacouf.ueleet uou punir, la loi. 11 remarque que l'un d'eux soumit les fies de Mao et d'Anglesey, et qu'un autre imposa un tribut aui Pic- Us et aux Écossais. (Hisi. Ecclés., I. il, c. 5, p. 83.)
■ Voyez GïMaa, de Exeldio Britanniœ, c. i , p, 1 , Mit. Gâta.
ï M. Wbltaker ( llist. de Manchester, vol. a, p. 503- 510} a démontré habilement celle absurdité frappante , que la plupart des historiens ont négligée pour s'occuper , de laits plus Intéressa as.
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(USd4t.Jt.-C.)
ajouter à leur valeur naturelle et à leur expérience.
Taudis que les contiueus d'Europe et d'Afrique cédaient sans résistance aux barbares, la Bretagne, seule et sens secours, soutint long-temps avec vigueur une guerre dans laquelle il lui fallut à la fin céder à des piratée formidables , qui attaquaient presque au même instant les cotes maritimes de l'Orient, du Nord etduHidi. Les villes qui avaient été fortifiées avec intelligence se défendirent avec résolution ; les habitai» profilèrent de tonales avantages do terra», des montagnes, des bwe et des marais, etleetteuce pwdewdw aneaJin tes atteste fortement la défaite des Saxons. Hengîslputespérerd' achever la conquête delà Bretagne; mais, durant un règne actif de trentecinq ans, la possession de Kent fittout le succès de souambition.et la nombreuse colonie qu'il avait placée dans le Nord fut extirpée par la valeur des Bretons. Les efforts et la persévérance de trois générations martiales fondèrent la monarchie des Saxons occidentaux. Cerdic, un des plus braves descendaus de Wodea , passa toute sa vieà la conquête duUampshire et de l'Ile de Wight ; et ses pertes à la bataille de Mont-Badon le réduisirent à une inaction honteuse. Son fils Kenric entra dans le Wiltshire, assiégea Salisbury, située alors sur une éuiinence, et défit une armée qui venait an secours de la ville. Quelque temps après, a la bataille de Marlborougb ', les Bretons déployèrent leurs talens militaires. Leur armée formait trois lignes, chacune composée de trois corps diiîérens ; et la cavalerie, les piqniers et les archers, furent rangés selon les principes de la tactique des Romains. Les Saxons, rassemblés en une seule colonne serrée, fondirent vaillamment avec leurs courtes épées sur les longues lances des Bretons, et soutinrent jusqu'à la nuit un combat disputé Deux victoires décisives, la mort de trois rois bretons, et ta réduction
■ A Beran-Birig, ou château de Barburr prêt de Marlborougb. La chronique saxonne die le nom et ta date. Camden (Britannia, toi. i,p. 128) fixe le lien, et Henri d'Hnntlngdon (xcrtptores post Bedam, p. 314) raconte let circonstances de cette bataille. Elles paraissent probables, et les historiens du douzième siècle ont pu consulter de* autorités qui n'existent plus.
de Cirencester, Glooester et Batb, a rent la gloire et la puissance de Ceaulin , petit-fils de Cerdic, qui porta ses armes victorieuses jusque sur les bords de la Saverne. Après une guerre de cent ans , les Bretons indépandans possédaient encore toute l'étendue de la cote occidentale, depuis le mur d'Antonin jusqu'au promontoire de Cornwal 1 ; et les principales villes de l'intérieur du pays résistaient encore aux barbares. Mut» la résistance devint pu» molle en proportion de l'audace et du nombre des assaillons, qui augmentaient sans cesse. Gagnant insensiblement du terrain par de lents : et pénibles ef- -forts , les Saxons , ie& Angles et leurs confédérés, s'avancèrent à pas lents, dttNord, de l'Orient et du Midi, jusqu'au moment où ils réunirent Leurs armées victorieuses au «entre de l'Ile. Au-delà de la Saverne, les Bretons maintenaient toujours leur indépendance nationale, qui survécut à l'heptarcbie et même à la monarchie des Saxons. Les guerriers qui préféraient l'exil a l'esclavage trouvèrent uu asile dans les montagnes de Galles : le Cornwull ne se soumit qu'après plusieurs siècles de résistance l, et une troupe de fugitifs obtint un établissement dans la Gaole , soit par leur épée , soit par la libéralité des rois mérovingiens *. L'angle occidental de l'Armorique prit la nouvelle dénomination de Cornwall et de Petite-Bretagne; et les terres vacantesdesOsismieas se peuplèrent d'étran-
■ Le Coravcall fut totalement soumis (A. D. 827-941) par Athelstau , qui établit use colonie anglaise à Entier , el repoussa les Bretons au-delà de la rivière de Tamar. (Voyez William de Malmesbuiy, 1. n , dans les seriptorespost Bedam, p. 50.) La servitude dégrada l'esprit des chevaliers de Cor irwall , et 11 parait, par le roman de Tristan , que leur lâcheté était passée en proverbe.
2 L'établissement des Bretons dans ta Gaule an sixième siècle est attesté par Procope, Grég. de Tours , le second concile de Tours, A. D. 567, parla main; suspecte des chroniques el des ries des saints. La signature d'un étèque breton au premier concile de Tours , A. D. 461 ou plutdt 481 , l'armée de Riotamu), et les déclamations vagues de Gildas, alU transmarUiaspetebant regiones, c. 25, p. 8, semblent consister une émigration dès le milieu du cinquième siècle. Avant cette époque, on nelrouie les Bretons de l'Armorique que dans les romans, et je sus surpris que H. Whilaker (ïlistoiredcs Bretons , p. 2(4- 221) copie si fidèlement la méprise Impardonnable de Carte , dont il a si rigoureusement relevé des erreurs peu importantes.
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(&36 dep. J.-C.) gen, qui, «oos l'autorité de leirs contes et évoque*, conservèrent les lois et le langage de leurs ancêtres. Les Bretons de l'Armorique refusèrent de payer le tribut de convention aux faibles descendant de Clovîs et de Charlemagne ; ils envahirent les diocèses voisins de Vannes, Rennes et Nantes, et formèrent un état puissmir, quoique subordonné, qui fui réani dans la suite à ta couronne de France*.
Dans un siècle de guerres perpétuelles, ou nu moins implacables , il fallait beaucoup de valeur et d'intelligence pour défendre la liretagne; An reste , on regrettera peu que les exploits de ses guerriers soient ensevelis dans l'oubli , si or daigne réfléchir que les . siècles les plus dépourvus de sciences et de ' vertus ont produit cependant une foule de héros renommés et sanguinaires. La tornbe de VoMiner, Olsde Vortigern , fut élevée sur les bords de- la mer, comme une borne formidable contre les Saxons, qu'il avait vuioens trois fois -dans les plaines de Kent. Ambfoise Aurélien descendait d'une famille noble de Romains *. Sa modestie égalait sa voleur, que lu succès couronna jusqu'à l'action funeste dans laquelle il perdit la vie '. Mais les noms les plus célèbres de la Bretagne disparaissent devant celui de l'illustre Arthur* , prince des
.» Les antiquités de Bretagne, qui ont fourni te sujet d'une contestation politique , onl été éclaircies par Adrien de Valois (IfotiUa Galliaram, «A voce Sritamàa citmarina, p. 98-100 ) ; M. d' Anville (Notice de l'ancienne Gaule, CorltopiU, Cursiolites,Osisniii, Forgiuûum, p. 248, 258, 508, 720; et ÉUU de l'Europe , p. 7(1-80 ) ; Loagûerue (Description de la France, 1. 1, p. 81-94 ) , et l'abbé de Vertol (Hist. critique de l'è lablis.se ment des Bretons dans U Gaule, 2 vol in-12, Paris 1720). Je puis prétendre au mérite d'avoir eianiiné les autorités originales qu'ils ont citées.
*Bède, qui dans sa Chronique (p. 28), place Ambroise sous le regoe de Zenon (A. D. 474-491), remarque que ses parcus avaient été t purpura induU t, ce qu'il explique dans son Histoire ecclésiastique par • regium nomen et l'aligne ferentibus,* ( 1. 1, c. tfl , p. 53. ) L'expression de Nennius (<•„ 44, p. 110, ëdlt Gale) est encore plus singulière : • Unus lie consulibu* genlù romaaicœ , » esr pater meus. »
3 Laconjecture unanime mais suspecte de nos antiquaires confond Ambroise avec Natanleod, qui périt avec cinq milledeses sujets, A. D. 508, dans une bataille contre les Saxons occidentaux (ad Cerdic. Cbron. Saxon.,p. 17, 18).
* Comme les Bardes , Myrdbïn , Llomarch et Taliessin me sont parfaitement inconnus je ronde ma confiance,
PAR ED. .GIftBON. CH. XXXVI11.
Silures, an sud de la province de Galles, et roi ou général élu par la nation. Au rapport des écrivains les plus modérés, il vainquit les Angles et les Saxons de l'Occident dans douze batailles successives ; mais la vieillesse de ce héros fut empoisonnée par l'ingratitude populaire et les malheurs domestiques. Les événemens de sa vie sont moins inléressans que les révolutions singulières de sa renommée. Durant un espace de cinq cents ans , la tradition de ses exploits se conserva, et fut grossièrement embellie par les fictions des bardes obscurs du pays de Galles et de l'Armoriqne, espèce de poètes, abhorrés des Saxons et inconnus du reste du genre humain. L'orgueil et la curiosité des conquérans normands les portèrent à examiner l'ancienne histoire de la Bretagne. Leur cré- .dulitéadopta avidement le conte d'Arthur, et ils prodiguèrent Leurs Louanges au mérite d'un prince qui avait triomphé des Saxons, leurs ennemis communs. Son roman, écrit en mauvais latin, par Geoffroy de MonttBOUlh, et traduit ensuite dans la langue familière de ces temps, fut enrichi des ornemens incohérens et bizarres qui pouvaient être assortis aux lumières, a l' érudition et à l'imagination du douzième siècle, La fable d'une colonie phrygienne, transportée des bords du Tibre sur ceux de la Tamise, s'ajustait facilement à celle de l'Enéide. Ce fut de Troie que les augustes ancêtres d'Arthur tirèrent leur origine, et ils se trouvèrent ainsi les alliés des césars. Ses trophées furent décorés de provinces conquises et de titres impériaux ; et ses victoires sur les Danois devinrent en quelque façon une vengeance anticipée des inju- ,res de son pays. La superstition et la galanterie du herus breton, ses fêtes, ses tournois et l'institution de ses chevaliers de la Table-Bonde , sont calqués fidèlement sur le modèle de la chevalerie, qui florissait alors; et les exploits fabuleux du fils d'Uther paraissent moins incroyables que les entreprises
relativement à rexistence et aux exploits d'Arthur, sur le témoignage simple et circonstancié de Nennius (Hist Britaan., c 62, 63, p. 114). M. Whilaker (Hist. de Manchester, vol. n , p. 31-71) a composé une histoire intéressante et mime probable des guerres d'Arthur; mais H est impossible d'admettre la réalité de la Table-Ronde.
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exécutées par la valeur des Normands. Les pèlerinages et les guerres saintes introduisirent en Europe les miracles de la magie arabe. Des fées, des géans, des dragons volanset des palais enchantés, se mêlèrent aux -fictions plus simples de l'Occident; et on fit dépendre le sort de la Bretagne de l'art et des prédictions de Merlin. Toutes les nations reçurent et ornèrent le roman d'Arthur et de laîabl -Ronde : la Grèce et l'Italie célébrèrent son nom , et les contes volumineux de sire Tristan et de sire Lancelot devinrent La lecture favorite deB princes et des nobles qui dédaignaient les véritables héros et les historiens de l'antiquité. Enfin la lumière des sciences et de la raison se ralluma. Le talisman fat brisé, l'édifice imaginaire s'évanouit dans les airs; et, par un retour aussi injuste qu'ordinaire à l'opinion publique, notre siècle rejette non - seulement l'histoire d'Arthur, mais incline même à douter de son existence'. La résistance qui n'arrête pas la conquête ne peut qu'en aggraver les calamités , et jamais la conquête n'offrit un spectacle plus sanglant que dans les mains des Saxons, qui détestaient la valeur de leurs ennemis, dédaignaient la foi des traités, et violaient sans remords les objets les plus sacrés du culte des chrétiens. Des monceaux d'ossemens indiquaient dans chaque district les champs de bataille. Les fragmens des tours abattues nageaient dans le sang ; tous les Bretons , sans distinction de sexe ou d'âge , furent massacrés ' sur les ruines d'Andérida ' ; et ces
■ H. Thomas Wallon a éclaira avec le goût d'un poète eU'eiactàtHde active d'uu antiquaire les progrès des romani et l'état îles sciences dans le moyen ige. J'ai tiré des instruction! qui m'ont été fort utile* des deux savantes . dissertations qui se trouvant a la Ute de m premier volume de l'Histoire de la poésie anglaise.
» . Hoc «Mo («0), AJla et Cissa obséderont Andredes-
> adeo ni ne unm Brito ibi superstes tuerit. • (Coron. SaïOn.,p. 16.) U simplicité de celte expression ^ prus effrayante que toutes les lameatatious du Jéfémie de la firelagae.
î Andredes-Ceaaler on Andérida était située , selon Camden {BriUwoûa, vol. i, p. 258) i Newenden, dans les terres marécageuses de Kent, qui furent peut-être jadis couverles des eaux de la mer , et sur le bord d'une vaste Forêt (Anderida) qui couvrait une grande partie de Susse? etduBampshire.
(&S6dcp.J.-C.)
atrocités se répétèrent fpfqsMmjnwat sot» Theptarchie saxonne. Les aruw* la religion , le langage et les lois que l«i Romains avait nt cultivés en Bretagne avec tant de «ein /■disparurent sous -leurs barbues ssocessears.
Après la destruction des principales églises, ceux des évêques qui n'ambitionnaient pas la couronne du martyre se retirèrent avec les saintes reliques dans le pays de Galles ou dans l'Armorique. Les restes de leur troupeau furent privés de tous les secours spirituels. Les peuples oublièrent insensiblement les pratiques et jusqu'au souvenir du christianisme ; et le clergé breton tira peut-être quelque consolation de la damnation inévitable de ces idolâtres. Les rois de .France maintinrent les privilèges de leurs sujets romains ; mais les féroces Saxons anéantirent les lois de Rome et des empereur». Les formes de la justice civile et criminelle* les rangs de La société, et jusqu'aux droits de mariage, de testament et de succession, furent totalement supprimés. Cette foule d'enclaves nobles ou plébéiens n'eut d'antre loi que les coutumes conservées par tradition chez les pâtres et les pirates de la Germanie. La langue des sciences, des affaires et de la conversation , que les Romains avaient introduite, se perdit au milieu de la désolation générale. Les Germains adoptèrent un petit nombre de mots celtiques ou latins , sulfisans pour exprimer leurs nouvelles idées et leurs nouveaux besoins ' ; niais ces païens ignorans conservèrent et établirent l'usage de leur idiome national *. Presque tous les noms des dignitaires de l'église, ou de l'état annoncent une origine teutonique*; et la
qu'un trts-petH nombre de mois anglais tirent tour origine de toluène bretonne. M. Wnilaker, qui «ntend le brettu , «a ■ découvert plus de trois mille , et en a bit un catalogue <vot. n, p. 235- 329). Il est possible, t la vérité, qu'une partie de ees meta aient été transportés de la langue latine ou saxonne dans l'idiome de la Bretagne.
* Au commencement du septième siècle , les Francs et les Anglo-Saxons entendaient mutuellement leurs langages dérives du dialecte teulunique. (Bède, 1. 1, c 2& , p. 80.)
3 Apresla première génération de missionnaires écossais ou italiens, les dignités de l'église turent renudies nssr des prosélytes saxons.
(5M dep. J.-C.) géographie d'Angleterre fut universellement inscrite de bob» et de caractères étrangers. On tronverait difficilement un antre exemple d'une révolution si rapide et si complète ; elle peut faire raisonnablement supposer que les arts des Romains n'avaient pas poussé en Bretagne des racines aussi profondes qu'en Espagne ou dans la Gaule, et que l'ignorance et la rudesse de ses faabitans n'étaient couvertes que d'un mince vernis de mœurs italiennes.
Cette surprenante métamorphose a persuadé aux historiens que les provinciaux de la Bretagne avaient été totalement exterminés, et que les terres vacantes furent repeuplées successivement de colonies germaines. On fait monter à trois cent mille le nombre des Saxons qui se rendirent a l'appel d'Heugist '. L'émigration entière des Angles était constatée du temps de Bède par la solitude de leur pays natal * ; et l'expérience a démontré que les hommes se multiplient rapidement sur un sol désert et fertile, ou ils jouissent de la liberté et d'une subsistance abondante. Les royaumes saxons ressemblaient à un pays nouvellement découvert et cultivé. Les villes étaient petites, les villages éloignés, la culture languissante et mal dirigée. Le prix de quatre moutons équivalait à celui d'un acre de la meilleure terre *. Les bois et les marais étaient abandonnés à la nature; et l'évêché moderne de Durham , le territoire entier depuis la Tyne jusqu'à la Tèce, ne présentait plus qu'une vaste forât *. Des colonies anglaises ont pu suppléer, dans
* Histoire d'Angleterre par Carte, toi. i, p. 195. Il die les historiens bretons; mail Je soupçonne que Geoffroy de MounNtb est h seuls autorite, 1. vi, c. 1S.
* Bede , HW. leetts., L i, t. 15, p. il LeUl est probable et bien atteste; cependant tri était le mélange contas des tribut germaines, que nous trouvons dan s une période Minute la lui des Angles et des Warins de In Germanie. (Lindenbrog.Codeir, p. 478-486.)
3 Vot« In «mate histoire, de la Grande-Brelague par 1« docteur Henri, toi. n, p. 388.
* • Quiequïd, dit Jean de Tinemouth, iuter Tj'nani et
■ TesimfluvtuïeitKit sols frémi vastlludo tuuc temporis * fuit, etiddïWDultiusdiUonisMTiïii,eoquodsola in-
■ domUorum et srlreslriuai animaliunt ipeluoca et bnbi-
■ Ut» tult. ■ (Apud Carie, vol. i, p. 195.) id (Biblioth. Hitlor. Anglaise, p. 65, 06)
• d'Oxford, Lam-
le cours de quelques siècles, à cette faible population. Hais ni le bon sens ni les faits connus ne peuvent autoriser à croire que les Saxons tirent un désert du pays qu'ils avaient conquis. Après avoir assuré leur supériorité et satisfait leur vengeanee, l'intérêt personnel engagea sans doute les barbares à conserver les paysans et les troupeaux. Dans chaque révolution successive, les animaux domestiques devenaient la propriété utile de leurs nouveaux maîtres, et les nécessités mutuelles ratifiaient tacitement le pacte salutaire des travaux et de la subsistance. Wilfrid, apôtre de Sussex ', reçut en présent du prince qu'il convertit, la péninsule de Selsey, près de Chicbester, avec la propriété de quatre-vingt-sept familles qui l'habitaient. Ce saint personnage les affranchit sur-le-champ de toute servitude spirituelle et temporelle ; et deux cent cinquante esclaves des deux sexes reçurent le baptême des mains de leur respectable maître. Le royaume do Sussex, qui s'étendait depuis la mer jusqu'à ta Tamise, contenait sept mille familles ; on en comptait deux cents dans l'ilede Wight; et, en suivant ce calcul vague, il paraîtra probable qne l'Angleterre était cultivée par un million de serfs ou villains, attachés aux terres de leurs maîtres despotiques. Les barbares indigens se vendaient souvent , eux et leurs enfans, même à des étrangers, en servitude perpétuelle *. Cependant les exemptions accordées aux esclaves nationaux ' annoncent qu'ils étaient moins nombreux que les étrangers et les captifs qui avaient perdu la liberté ou changé de maître par les hasards de la guerre. Lorsque le temps et la religion eurent adouci la férocité des Anglo- Saxons, les lois encouragèrent la pratique de la manurai&sion ; et leurs sujets, d'extracbetb, etc., de très-beUe* copte* des collections volumineuses de Jean de Tinemouth.
i Voyez la mission de Wilfrid, eu., dans BMe (But, Ecdés., L IV, C 13, 16, p. 1C, p. 165, 156, 156).
i D'après le témoignage unanime de Bede (I. u , c. 1 , p. 78) et de GrâlUume de Mvlruesbury (1. m, p. 102; , Il paraît que les Anglo-Saions persévérèrent depuis le premier siècle jusqu'au dernier dans celte pratique qui offense la nature. Us vendaient publiquement leurs enfin» dans les nanties de Rmm.
a Selon les lob d'inu , ils ne pouvaient pus se vantra légitimement pour passer au-deU des mers.
tion galloise ou cambrîenne, possédèrent* avec le titre honorable d'hommes libres, des terres , et tous les privilèges de la société civile '. Celle politique humaine était propre à leur assurer la fidélité du peuple fier et indocile qui habitait les confins du pays deGnlles et de Cornouailles, et qu'ils avaient soumis récemment. Ina, le sage législateur de Vessex, réunit les deux nations par les liens de l'alliance domestique; et quatre seigneurs bretons du Sommersetshire parurent avec distinction à la cour du monarque Saxon*.
Les Bretons indépendans retombèrent, ù ce qu'il parait, dans l'état de barbarie primitive dont ils étaient imparfaitement sortis. Séparés du reste du genre humain par leurs ennemis, ils devinrent bientôt nn objet de scandale et d'horreur pour le monde catholique .*. Les montagnards du pays de Galles professaient encore le christianisme; mais ces schisoiatiques indociles rejetaient avec opiniâtreté les mandats du pontife romain , relativement à la forme de la tonsure de leurs clercs et ù la célébration du jour de Pâques. L'usage de la langue latine , les sciences et les arts, que l'Italie avait communiqués aux Bretons, furent abolis insensiblement : le pays de Galles et l'Armorique conservèrent et propagèrent la langue celtique, ancien idiome de l'Occident; et par les lois d'Elisabeth, les bardes, anciens compagnons des druides, se trouvaient encore, dans le seizième siècle, sous la protection du gouvernement. Leur chef, officier respectable de la cour de Pengwern , d'Àberfraw ou de Caer-
< La vie d'un valtm ou cambricia homo, qui possédai! une quantité de terre fixée , était appréciée par la même lo! d'ina à cent vingt schetlings (lit. nn, in tqg. Anglo-Saxon., p. 20). Elle accorde deux cents sdidjings pour un Saxon libre, et douze cents pour un seigneur saxon ou un officier du monarque. (Voyez aussi leg. An~ glo-Saxon., p. 71.) Sous pouvons obsener aussi que les Saxons occidentaux et lés Marêiens continuèrent leurs conquêtes dans la Bretagne âpre» avoir embrassé le christianisme. Les lois de quatre rois de Kent ne daignent pas même indiquer l'existence de leurs sujets bretons.
î Voyw Carte ( Hist. d'Angleterre , vol i, p. 278).
a AU fin de son histoire (*:!>, 731), Bédé décrit l'état ecclésiastique de l'Ile, et Marne la haine implacable , quoique impuissante, des Bretons contre les Anglais et l'église M(l.v,e.33,n.SI9).
(fiSôdep. J.-C-) mathaen , accompagnait les domestiques du roi à la guerre. Les vers- qu'il chantait à la tête de l'armée tondaient ù exciter le courage des soldais , et 4 justifier leurs déprédations ; elle chanteur obtenaitpour récompense la plus belle génisse qu'on pouvait trouver parmi les dépouilles. Les maîtres et tes disciples de musique vocale et instrumentale, qui lui étaient subordonnés, visitaient successivement dans leur arrondissement les palais du roi , les maison,des nobles et celles des plébéiens, et les bardes fatiguaient de leurs demander importunas des peuples déjà épuisés par les besoins du clergé. Les bardes subissaient des examens; on- fixait leur rang a raison de leur mérite, et l'opinion -générale d'une inspiration sunraliirolle excitait le génie de -ces poètes et la confiance de leurs auditeurs '. L'extrémité septentrionale de la Bretagne et de la Gaule, dernier refuge de la liberté celtique, était «oins propre à l'agriculture qu'aux pâturages ; les richesses des Bretons consistaient en troupeaux. Hs faisaient du lait et de la chair des animaux leur nourriture ordinaire , et regardaient ou rejetaient même le pain comme un luxe étranger. L'amour de la liberté peupla les montagnes du pays de Gattes et les marais de l'Armorique; «rais la malignité attribua leur population rapide à l'usage de la polygamie, et supposa que chaque barbare avait dans sa maison dix ou detm femmes et Hue cinquantaine d'enfans '. Naturellement étourdis et colères, Us parlaient avec chaleur, et combattaient mec intrépidité -■. Étrangers
' La tournée de M. Peunant dans le pars de G*)l« (p. 426-449) m'a fourni une iinecdote' Irès^lntéreasante surlrs bardes gallois. IttOU 'année i Bas , *n4at*Caerwys une session par l'ordre particulier de la reine Ëlîfabetlt , et riuqoinle-cinq chanteurs on ménestrels y recarent régulièrement leurs grades ; la famille de Mostn, qui présidait , adjugea pour prix une harpe d'argent.
> • Regio longe lateqne diffusa , milite , magis quant
> credibilesit, reTerla. Partions equidem in illis miks
> unusqirinquaginta générât, sorlilul more barbare dcoas ■ autampliusuxores. • Ce reproche de Guillaume de Poitiers, danslos historiens de France (L it, p. 88),. est rejeté ou nié par les éditeurs nettédioun*.
* Giratans Cambrenjisn'aswordccc don d'une éloquence prompte et hardie quant Romuna, auxFiaoeriset an Bretons. Le malicieux Genou ieûriue attela tuotumît*
(536 dcp- J.-C.) aux arts et aire jouissances delà paré, ils faisaient leurs plaisirs de la. guerre étrangère on domestique. On redoutait la cavalerie de l'Annorique, les lanciers de Garni, elles archers de Mérionothi mais l'indigence leur permettait rarement de se procurer des casques ou des boucliers; d'ailleurs ces armes pesantes auraient diminué leur agilité, et retardé la rapidité de leurs opérations. Un empereur grec pria un des plus grands monarques de l'Angleterre de satisfaire&a curiosité, relativement auxmœurs de la Bretagne ;< et Henri II put lui affirmer, d'après sa propre expérience, que le pays de Galles était habité par une race d'hommes qui combattaient tout nus, et attaquaient hardiment lents ennemis couverts d'armes défensives '. La révolution de la Bretagne diminua l'étendue des sciences et de l'empire. L'épaisse obscurité que les découvertes des Phéniciens avaient un peu éotarreie, et que les victoires de César firent touf à-Tuit disparaître , s'étendit de nouveau sur les cotes de la mer Atlantique; er une province romaine se trouva confondue daht. le nombre des lies inconnues de l'Océan. Cent oinqnanle uns après le règne (THonorhis, te plus grave historien de ces' temps raconté les prodiges a d'une Ile éloignée , dont In partie orientale est séparée ducotédel'Oceidentpar nn mur antique, qui nert' de borne entre la vie evla mort, ou , pour parler pltis proprement , entre ht Action et la' tertio. On' trouve à l'orient an beau pays, peuplé d'huMuns civilisés ,> un air sain, des eaux pures et abondantes, un sol fertile et cultivé. A l'occident, au-delà du mur, l'air est imprégné de vapeurs mortelles, la terre est couverte de serpens. Celte solitude horrible sert d'habitation aux âmes des
anglaise pourrai! Lien Etre l'etTel de leur esclavage sont le gouvernemen 1 des Nor ma nd s .
' Le portrait des mœurs du pays de Galles et de l'Armorique est tiré de Giraldus ( Deterlp. Cambriec, c. 6-1 5, Mer script. Cambdm. , p. 886-891 ) et des auteurs cites par l'abbé de Vertot (Hist. «rit., t. u, p. 2S9- 266).
i Voyez Prooope, deBeU.Goth., I. it.c. 20, p. 620- 625. L'historien grée paraît fi confondu des prodiges qu'il raconte, qu'il lâche vainement de distinguer les lies de (Initia el de Bf etigno, qu'il a identifiées (l'avance par tant de rireonsUuees inséra raWes.
morts, qui y sont transportées dans des bateaux par des rameurs vivans. Quelques familles de pécheurs, sujets des francs, sont exemptesde tribut, en considération de l'office mystérieux que ces Carons de l'Océan «Décalent. Chacun, d'eux veille à son tour pendant la nuit, entend la voix et mémo les noms des ombres, s'aperçoit de leur poids, et se sent entraîné par une puissance irrésistible. Ala fin de ce rêve de l'imagination, nous lisons avec surprise qu'on nomme cette île Briltia; qu'elle est située dans l'Océan en face de la bouche du Rhin, et à moins de trente milles du continent; qu'elle appartient À trois nations différentes, auxFrisiens, aux Angles, et aux Saxons, et qu'on a vu quelques Angles à Constanlinople, dans la suite des ambassadeurs français. Ce fut peut-être de ces ambassadeurs que Procope apprit une anecdote qui annonce plus de COurngé que de délicatesse chez une héroïne anglaise. Elle ayaît été fiancée à Radîgér, roi des Varncs , ou d'une tribu des Germains qui habitaient les environs du Rhin et de l'Océan; mais son amant perfide préféra, sans doute par des raisons de politique, épouser la veuve de son père, sœur deTUéodebert, roi des Francs'. La princesse des Angles , au lien de déplorer son abandon , résolut de venger son injure. Ses Sujeà; quoique belliqueux, ne connaissaient point la manière de combattre a cheval, et n'avaient même, dit-on , aucune idée d'un pareil animal : elle embarqua Une armée de cent mille hommes sur une flotte dé quatre cents vaisseaux, partit hardiment de la Bretagne , et prit terre vers l'embouchure du Rhin. Radiger, après la perte d'une bataille et de sa liberté, implora la clémence de sa victorieuse épouse, qui lui pardonna généreusement, renvoya sa rivale , et fit remplir fidèlement au rot vaincu les conventions et
■ Théodeberl, roi d'Australie el petil-tlls de Clovis, était le prince le plus puissant et le guerrier le plus renommé de son siècle; el on peut placer celle aventure eilraordinaire entre les années 53) el 547, époques du commencement et de la fin de son règne. Sa sœur Theudtchilde se relira dans la ville de Sens, où elle fonda des monastères et distribua des aumônes. (Voyez les noies des éditeurs bénédictins, l. n, p. 2160 Si nous en croyons l'éloge de Fortuna lus (I. vi, carm. 5, 1. ci, n. 507.) Radier perdit la plus estimable des femmes.
DECÀDESGE DE L'EHPHtE ROMAIN.
(fc»dep.l.-C.)
les devoirs du mariage *. Il parait que cet
exploit galant fut la dernière entreprise navale des Anglo-Saxons. Ces barbares négligèrent bientôt l'art de la navigation , qui leur avait valu la possession de la Bretagne et l'empire des mers, et abandonnèrent in-
> Elle était peut-être sœur d'un prince ou chef tas Angles, pi descendirent, «627 et dans les années suivante», (Dire l'Hnmber et U Tamise, et qui fondirent les royaumes de Merrie et d'Esl-Ànghe. Les écrivains anglais pamsseui Ignorer leurs Mm et laiu- tousteace; mets Procope peut avoir suggéré à H. Ko we le caractère et ta situation de Rndogune dans le Royal Converti.
J'ai enfin terminé le récit pénible delà décadence et de la cbute de l'empire romain, depuis le siècle heureux de Trajan et des Antonin jusqu'à son extinction totale dans l'Occident, environ cinq cents ans après le commencement de l'ère chrétienne, k cette époque funeste , les Saxons luttaient avec violence contre Tes habitans de la Bretagne, et travaillaient avec persévérance à s'y établir. La Gaule et l'Espagne étaient partagées entre les deux puissantes monarchies des Francs et des Visigoths, et les royaumes dépendans des Suèves et des Bourguignons.
L'Afrique gémissait sous les outrages des Mores et les cruelles persécutions des Vandales; Borne et l'Italie étaient devenues la proie d'une armée de barbares mercenaires, dont la tyrannie fut remplacée par le despotisme de Théodoric, roi des Ostrogoths. Tous
sensiblement les avantages du commerce et de leur situation. Sept reçûmes indépeadans s'élevèrent ; ils furent continuellement agités par la discorde, et n' eurent que da très- faibles relations avec le continent '.
1 On ne trouve aucune trace, dans la TohuniaeuR tâtoire de Grégoire de Tours, d'aucune liaison d'imité entre la France et l'Angleterre , si l'on eicepte le «net de ta Mlle de Caribert roi de Paris. Quai* npt eujeiew ki Cantiit ftliiu matrimonio copulauit, 1. n , e. %, t. ri, p. 3W, L'évftine de Tours Boit son nistoire rt a ™ presque immnetatement avant la coowtiw se ta r»riiwe de Kent
les sujets de l'empire, qui , par l'usage de 1) langue latine, méritaient de préférence le nom et les privilèges de citoyens romains, subissaient ihumUtation et les calamités de la conquête ; et les peuples victorieux de h Germante établissaient dans l'Europe ocodeatale des moeurs nouvelles et un Boareai système 4e gouvernement. Les prineps ce CoBstaatinople représentaient imparfaitement la majesté de Rome et les faibles successeurs d'Auguste. Cependant ils régnaient encore sur l'Orient depuis les rires du Danube jusqu'aux bords do Nil et du Tigre. L'empereur Jusiinien renversa les troues des Gothseldes Vandales en Italie et en Afrique; et l'histoire fie l'empire grec peut encore fournir une longue suite de leçons înstnKtivea et de révolutions* intéressantes.
OBSERVATIONS GÉNÉRALES