CHAPITRE III
0* la constitution de l'empire romain dans le siècle du intooiat- Une monarchie, selon la définition la plus générale, est nn état dans lequel une seule personne , quelque nom qu'on lui donne , est chargée de l'exécution des lots , de la direction des revenus, et du commandement des armées. Mais, amoins que des protecteurs vigilans et intrépides ne veillent à la liberté publique, l'autorité d'un magistrat aussi formidable dégénère bientôt en despotisme.
Dans le siècle de la superstition , le genre humain , pour assurer ses droits , aurait pu tirer parti de l'influence du clergé ; mais il existe une union si intime entre le trône et l'autel, que l'on a vu bien rarement la bannière de l'église flotter du côté du peuple : une noblesse belliqueuse et des communes inflexibles , attachées à leur propriété, prêtes à la défendre les armes à In main , et réu-
Longui, traité du Scbli»e,e. «. p. 2», édlt. Toll. Nous pouvons! dlrede ce grand érrrraln qu'il Joint l'oiernple au précepte. Au tien de proposer ses scnlûnens xrtc :, il les insinue avec la plus grande réserve; H\ea tnel dans la bouche d'un ami ; et, autant qne nous eu polirons juger d'après un texte corrompu , il parait vouroîr les router.
3fi DECADENCE DE.L'EMPJRE jBCjMAIN
nies dans des assemblées régulières, sont la
seule digne qui puisse résister aux attaques continuelles d'un prince entreprenant.'
La constitution de la république romaine n'existait plus ; la vaste ambition du dictateur l'avait renversée; la main cruelle du triumvir lui porta les derniers coups. Après la victoire çTActiiim, le destin de l'univers dépendait de cet Octave , surnommé César en vertu de l'adoption de son oncle , et décoré ensuite du titre d'Auguste par la flatterie du sénat, te vainqueur était àia tétc de quarante-quatre légions1, toutes composées de vétérans, fières de leurs propres forces, méprisant la faiblesse de la constitution, accoutumées, pendant vingt ans de guerre, a répandre des flots de sang et à commettre toutes sortes de violences, enfin passionnément dévouées à la maison de César, dont elles avaient déjà reçu et dont elles attendaient encore des récompenses excessives. Les provinces, longtemps opprimées par les ministres d'une république orageuse, soupiraient après le gouvernement d'un seul homme, qui fût le maître et non le complice de cette foule de petits, tyrans. Le peuple de Rome, triomphant en secret de la chute de l'aristocratie , ne demandait que du pain et des spectacles, et il était séduit par û libéralité d'Auguste, qui s'empressait de satisfaire à ses désirs. Les . plus riches habitàns de l'Italie avaient presque .tous embrassé la philosophie d'Épicure ; ils jouissaient des douceurs de la paix et d'une, heureuse tranquillité, sans se livrer aux idées de cette ancienne liberté si tumultueuse, dont le souvenir aurait pu troubler le songe agréable d[ une vie entièrement consacrée au plaisir. Lfisénat perdît sa puissance avec sa dignité. La plupart des familles nobles étaient éteintes; les républicains, dont le zèle et les miens auraientpu sauver l'état , avaient péri dans les proscriptions, ouïes armes à la main, (Je sénat, sîloug-temps renommé pour »a .sagesse, était composé de plus de mille personnes , multitude rassemblée Bans choix, et qui , loin de retirer quelque lustre de leur Wft». dégradaient parleur conduite la digBitddant.ellesseUHwvaioutrevétues '. ■ ,1.0mse,Tt, 18.
f&O dep. J.-C.) Lorsque Auguste n'eut plus d'ennemis, il montra', parlé s'tfin qu'il'p'rit'dè r^dfiéf le sénat', q«fl ne voulait pas étrenVtyrau flé sk patrie, mais qu'il aspirait à en être le père: Elu censeur arec son fidèle Agrippa, il examina fa liste des sénateurs; il en 'cûSsfeà ùti petit nombre dont les vices ou rrfjftnuuVétë exigeaient un exemple public. Près' de Jeux cents, à sa persuasion, prévinrent, pat1 une retraite volontaire, la honte d'une expulsion. fi fut ordonné que l'on ne pourrait cnrrW dans le sénat sans posséder envîrQn-'di*t« céntmQle livres. DcnouveUes'famiuW|tëtHA dennes remplirent le Vide qu'avaienï'itttaii sloné les fureurs des guerres ciïilesV'Ehfiti Auguste se fit nommer prince du sériât"! titra honorable, que les censeurs' n'avaient fàniàis donné qu'au citoyen le plus distingué par's'c-ri crédit et par ses senîces1,.'Maïs','îanâ%i'qU'ÎI rétablissait la dî^ïiédececoi^i^pcViabrtr; il en détruisait l'indépendance. L\^ wîwMp-és d'une constitution libre sont purdusa jamais^ lorsque l'autorité législative est cWéé'pàt'là puissance executive. ': '' '" "" '■""''"' Auguste crut devoir paraître ^JêTé¥é'i1'au,x avis d'une assemblée qu'il avait W-uiBmc formée. Il prononça devant elle un discours' étudié, oh l'ambition était cachëesoùs le Voile du patriotisme. • Il déplorait, il] dsti liait méhiij » sa conduite passée; la piété filiale avait » exigé qu'il vengeât le meurtre de sbiléére; » son humanité s'était trouvée' quelquefois: i obligée de céder aux lois cruelles d^la'tië* » cessité ; il s'était vu forcé de s'udSt S tt'hi'- » dignes collègues. Là répupliqneMhenàcIée » par Antoine, lui avait défendu de làlivror
* entre les mains d'un citoyen désh'ôMpM et » d'une reine barbare. Libre mainfénaiit<itJ » satisfaire à la fois son devoir et'siJfa 'iflcli- > nation, il rendait solennellement âiV'sëflai » et au peuple leurs anciens droits.' Siin'kéul » désir était de se mêler dans là' fofile^dë ies
• concitoyens, et de partager avec eux le » bonheur dont Jouissait la patrie I1» ,,nirhi«rt
«rangeras des barbare nonvetlenient wnqiiis ÇNéntÂe, riedeCétar,c.7T, MJ. Apres si mort, «t HUi'téfM encore plus scaiidsleui. ••i>T.::i:
' Dion Cassios, 1. m, p. 663. Snflone , vie rf'A nantie : C.K. *■'■ ■"'■.
> Dion C«ssins (I. im,p, W8) met t crttë tiè^iaa
■■''■"■■■ - umii ^«swus 1,1. un, p. woj un t eau «caHaa
Julw-CéWnu^uu^daMlejéMt dès spld»U, dej l taMtabotKtad'Aiïttiteiadisto^proUierteiiW^iï
., Si Tacite avait #ê prisent k,f%m sfcia.ce, U nleftl appartenu gu' à,, ce. grand écrivain d'exprimer,, l'agitation, du sénat. Sa plume sevdpjf lirait pu décrire les sentimens .cachés desajn&rst Jeàèle affcctedesautres.il était d^^çrrevi d'ajouter foi aux parles d'Auguste; paraître doujKr de »a sincérité aurait pu devenir, ençor.e plus funeste. Les avantages respectifs, de |a monarchie et du. gouvernement .répuhjiçaiû. avaient souvent été balani ces. .La.grandflur.de Rome, la corruption des mœurs, lfclieen.ee; des, soldats faisaient pencher beaucoup d,esriril8, spéculatifs du côté de la monarchie,;, ces' principe» généraux d'admirûstratipn. se irqujfaient mêlés, avec leç. espé)rançes ,et .aye'c, les craintes de chaque partiT cutier.. Au milieu, de celte incertitude, la réponse (les sénateurs fut unanime et décisive; ils. refusèrent d'accepter la résignation d'An? gustc; ih le conjurèrent de ne pas abandonner la république qu'il avait sauvée. Après une feinte, résistance , l'habile f yran se soumit aux ordres du sénat. Il consentit à recevoir le gouverneraient des provinces, et le commandement,, général des années .romaines, sous les titres si connus de proconsul et d'empereur ' -r mais il déclara qu'il n'acceptait ce pouvoir que pour dix ans. H se flattait, disaitil , qu'avant l'expiration de ce terme les blessures faites, à l'état par les discordes civiles seraient. entièrement fermées, et que la république, rendue à son ancienne splendeur, n'aitraU plus besoin delà présence dangereuse d'un magistrat si extraordinaire. Celte comédie fut jouée plusieurs fois pendant la vie d'Auguste; et l'on en conserva la mémoire jusqu'aux, derniers âges de l'empire; les monarques, perpétuels de Rome célébrèrent toujours, avec une pompe solennelle, la f|ixîème„année de leur règne '.
Lei.généraldes. .armées romaines pouvait,
emprunté de Tacite et rie feuétçne les eipmsioai qui pouvaient contenir à ce prince.
i.typçrator. (d'où "pus ayons tiré le mot empereur) p^signiûaiJ, «us Wrépuliliiaie, qutgénéral; et les wrtdals donnaient solennellement ce titre sur le champ de batûÇeiiflur, ckpr ïiclorifijii. lorsque foemyereurf romainste prenaient dans ce sens, 16 le plaçaient après leur HO^^ils.^ijjnajentcpnjbiun de. roisijaeji avaient été
«.f' ïi'-Wtt'-- ■■«■- -'■■'■'- ■■*
* Dion, t. un, p. 703, etc.
PAR ED. GIBBON. CH. ni.
sans enfreindre en aucune manière les principes de la constitution , recevoir et exercer nue autorité presque despotique sur les soldats, sur les ennemis et sur les sujets de la république. Rome, si jalousé de sa liberté dans les premiers siècles, la, sacrifiait â l'espoir des conquêtes, et à une connaissance profonde de la discipline militairejLeaiciaieur ou le consul pouvait exiger de tout jeune Romain qu'il portât les armes. Ceux qui '', par lâcheté on par opiniâtreté, refusaient. d'obéir, s'exposaient aux châtiniens les plus, sévères et les plus ignominieux. Le, coupable était retranché de la liste dés citoyens , ses biens confisqués, sa personne vendue pour l'esclavage '. Plus fort que les lois, rengagement militaire suspendait les institutions les plus sacrées. Le général avait droit de vie et de mort dans son camp. Son autorité n*était soumise & aucune forme légale ; il jugeait en dernier ressort, et l'exécutfcn suivait de près la sentence ». L'autorité législative désignait f ennemi que la république avait à combattre. Dans les occasions les plus importantes, lé sénat décidait de la guerre et de la paix, et ses résolutions devaient être ratifiées solennellement par le peuple; mais,' dans les régions situées à une grande distance de l'Italie, les généraux n'attendaient pas d'ordre supérieur pour déclarer la guerre à une' nation; ils agissaient de la' manière' qui leur paraissait la plus avantageuse au bien public. Ce n'était point sur la justice de leurs entreprises qu'ils s'appuyaient pour demander l'honneur du triomphe; Te succès était leur seul titre. Ils usaient de la Victoire en despotes, et ils exerçaient une autorité sans bornes, principalement lorsqu'ils n'étaient plus retenus par la présence des commissaires du sénat. Pompée, dans son gouvernement dé l'Asie, récompensa tes légions et les alliés' dé l'état, détrôna des princes, démembra de* royaumes, fonda des colonfeiy et distribua les trésors de Mîthritiate. A son retour a
*iïleiite, Epit.,I. m. Valère-Maxime, «, $.' ' s forer dans (é huiiïèraeltvre de' Tite-Lr» Ta' ctionhi faManuuilWqaalkttt aeWpKtfr Carter: 11» wiottretti
lia lois de la nature et de l'humanité; mais ils assurèrent celles de la discipline militaire; et le. peuple, îjui abnorntt l'action, fut oblleéde respecter îé principe^
Rome , il obtînt, par On seul acte du sénat et do peuple, la ratification générale de -tout ce qu'il avait lait1.
Tel étuit le pouvoir dont jouissaient légalement , ou par usurpation, les commandons des années romaines sur les soldats et sur ' lea ennemis de la république. Ces généraux étaient en même temps gouverneurs des provinces conquises ; ils réunissaient l'autorité civile et militaire , administraient la justice , étaient chargés de la direction des finances et exerçaient la puissance executive et législative de l'état.
D'après ce que nous avons déjà rapporté dans le premier chapitre de cet ouvrage , on peut se former une idée des armées et des provinces de l'empire , lorsque Auguste prit en main les rênes du gouvernement. Gomme il eut été impossible à ce prince de commander en personne tes légions répandues sur des frontières éloignées , il obtînt , comme Pompée , la permission de confier son autorité a des lieutenans. Ces officiers paraissent avoir eu le même rang et le même pouvoir que les anciens proconsuls; mais leur commandement était subordonné et précaire; ils tenaient leur commission des mains d'un chef suprême , qui s'attribuait la gloire de leurs exploits ; ils n'agissaient que sons ses auspices*; en un mol, ils étaient lès représentai de l'empereur, seul général de la république, et dont l'autorité civile et militaire s'étendait sur tous les domaines de Home. Le sénat avait la satisfaction de voir que les membres de leur corps jouissaient
1 Pompée obtint, par les suffrages inconsidérés, mais libres, du peuple, nu commandement militaire à peine inférieur* celui d'Auguste. Parmi plusieurs actes extraordinaires d'autorité, le vainqueur de l'Asie fonda TÎngt-neuf villes, et distribua aux troupes soixante ou qualre-Tingls Uulions.U ratification de ces adessouirrit desdélais et quelques oppositions dansleséaat. Vovei Plularque, Appten, Dion Cassius, et le premier livre des lettres a Attirais.
2 Sous la république, le triomphe n'était accordé qu'au général, autoriséa prendre les auspices au nom du peuple. Par une conséquence juste, tirée de ce principe de religion et de politique, le triomphe lut réserve à l'empereur; et ses lieutenans, au milieu des emplois les plus érlalani, se contentèrent de quelques marques de distinction, qui, sous le litre de dignités Iriompliales, furcut imaginées en leur
DECADENCE. DE L'EMPIRE ROMAIN , (ûft dep. J.-C.)
seuls de ces dignités importantes. -Les, lietite nans de l'empire tuaient choisis parmi les anciens consulaires ou les anciens préteurs ; les légions avaient a leur (été des sénateurs ; et, de tous les gouvernemens de pronnees, il n'y eut que la préfecture d'Egypte qui ait confiée à un chevalier romain.
Auguste venait d'être élevé m premier rang; six jours après il résolut de satisfaire, par un sacrifice aisé, la vanité des sénateurs. Il leur représenta que son pouvoir a' étendait même au-delà des bornes qu'il avait été nécessaire de tracer, pour remédier aux'maax de l'état. < On ne lui avait pas permis de refui ser le commandement pénible des années
> et des frontières; mais il demandait en
* grâce la liberté de faire passer, les, pro
* vinces plus tranquilles sous la douce ■adm*-
> nistration dn magistrat civil. nDant-la division des provinces, Auguste consulta également son intérêt personnel et la dignité, de la république. Les proconsuls nommés, par le sénat, et principalement ceux de l'Asie, de la Grèce et de l'Afrique, jouissaient .d'une distinction plus honorable que les lieutenans de l'empereur, qui commandaient dans. la Gaule ou en Syrie." Les premiers étaient accompagnés de licteurs; ceux-ci avaient à leur suite des soldats ; cependant le souverain ne perdait rien de ses droits réels; en effet, il fut ordonné par une loi que la présence de l'empereur suspendrait, dons: chaque département, l'autorité ordinaire du gouverneur. Les nouvelles conquête» devinrent une portion du domaine impérial; et l'on s'aperçut bientôt que la puissance du prince, dénomination favorite d'Auguste, était la mêmedans toutes les parties de l'empire.
Auguste exigea, pour cette concession imaginaire, un privilège important, <jui lui livrait Rome et l'Italie. Il fut autorisé a retenir le commandement militaire , et à conserver auprès de sa personne une garde nombreuse, même en temps de paix et dans le centre de la capitale; prérogative dangereuse qui renversait les anciennes maximes. 11 n'avait réellement d'autorité que sur les citoyens engagés dans le service; mais les Romains étaient si portes à foteiirragti, que
dbyGoOgle
(Mdef,'J.-G.}
le» «agktrat», les sénateurs et Tordre équestre tf«apr*»6èrent de prêter serment. Enfin, l'Hommage de la flatterie tut converti insen- «blennt en une protestation de fidélité, qui m Mootrrelait tous les ans avec une pompe
Auguste regardait la force militaire comme h base lapins solide du gouvernement; mais fl m pouvait m dissimuler combien an pareil instrument devait paraître odieux. Sort caractèreet H politique hii firent adopter des mesures plus sages; il aima mieux régner sous M titres respectables de l'ancienne magistrature , et rassembler sur sa tête tonales rifOWépar» de l'autorité civile. Dans cette vue , SI permit au sénat de lui donner pour ta 'via Je" mandat1 et la puissance tribunitien&e V
Tbar tes empereurs imitèrent son exemple :les consuls avaient succédé aux premier* rois de Rome; ils représentaient la aation, avaient l'inspection sur les cérémo- «es de 1* religion, levaient et commandaient tm années, donnaient audience aux ambassadeurs étrangers, et présidaient aux assemblée» do sénat et du peuple. L'administration dan ftmtees leur était confiée ; et , quoiqu'il leur fat rarement possible de rendre la justice en personne, la nation voyait en enx les défenseurs suprêmes des lois , de la paix et de l"ée;n?îé. Telles étaient leurs fonctions ordtùaifes ; maïs ce premier magistrat se trouvait au-dessus de toute juridiction, dès que le sénat roi enjoignait de veiller à la sûreté de la république. Alors, pour conserver la ■bette* ^' 3 exerçait un despotisme momentané*. '
i Ckuroa (delegtbus, m, 3) donne à ta dignité cousu- MniemtmâtnegiapoUttru; et Polybe 0. **. e. 3} ob-
*' Coanae la puitseaee tiibunitienae (différente de l'em- ^rtttowl dttnlmn) fat Inventée pour le dicUleur César (Dm, i. «w, pas» 3B4), die lui fut probablement •ajpfl «tjHl aaja piessysMa , peur «voir li généreusesneatatsûé iMc ta. ans» ta droits mot» des tribuns et ta taitk. Voy. st* Commentaires , de Bell, civil., 1. 1.
* AnjMte exerça U consulat pendant neuf ans sans âaUrTiam», «nwlt* H refuse aruficieusement cette ditad*a«««i**«e*U«M«a^^/«toiffawtd«llD«e, il attendît «ne les suites funestes du tumulte et de l'esprit
Bien différons des consuls, les tribuns n'en imposaient point par une pompe extérieure : ils paraissaient humbles et modestes; maisleur personne était sacrée; ils avaient moins de force pour agir que pour repousser. Chargés par leur institution de défendre les opprimés, de pardonner les offenses et d'accuser les ennemis du peuple, ils pouvaient, lorsqu'ils le jugeaient à propos, arrêter d'un seul mot toute la machine du gouvernement. Tant que la république subsista, on n'eut rien à redouter du crédit que des citoyens auraient pu retirer de ces places importantes. Elles étaient entourées de plusieurs barrières : l'autorité qu'elles donnaient expirait au bout d'un an; on élisait denx consuls; et les tribuns étaient au nombre de dix. De pins , comme les vues publiques et particulières de ces différena magistrats se trouvaient diamétralement opposées, cette diversité d'intérêts, loin do détruire la constitution, contribuait à en maintenir la balance toujours égale ; mais lorsque les puissances consulaire et tribunitienne furent réunies, lorsqu'une seule personne B'en trouva revêtue pour toute sa vie, lorsque le général de l'armée devint en même temps le ministre du sénat et le représentant du peuple , il fut' impossible de résister à l'autorité impériale; on eût même entrepris difficilement d'en tracer les limites.
Tant d'honneurs accumulés sur la tête d'Auguste ne contentaient point encore sa politique. Ce prince y ajouta les dignités' splendides et importantes de grand-pontife et de censeur. L'une lui donnait le droit de veiller à la religion, l'autre une inspection légale sur les mœurs et sur les fortunes du peuple romain. Quel assemblage monstrueux ne devait pas former la réunion de tant de pouvoirs distincts , et jusqu'alors séparés l'un de l'autre? Mais la complaisance du sénat faisait disparaître ces imperfections; elle remplissait tous les intervalles par les concessions les plus étendues. Les empereurs étaient les premiers ministres de la républi-
était représenté el exerce par ta
de fecBmi eussent forcé le sénat à le revêtir du consulat peur toute Batte. Ce Briiiec et «es saccesseïirs affectèrent cependant de cacher uu litre qui pxundt lear attirer la baùte de leurs sujets.
DECADENCE DE L'fcMWKE ROMAIN. '{50'dep.'i.ic^
que:, occupe tels, ils furent dispensés de .l'obligation et de la peine de plusieurs lois incommodes. Ils pouvaient convoquer le sénat, proposer dans le même jour plusieurs questions, présenter les candidats destinés aux 'grandes charges, étendre les limites de la vîye, disposer à leur gré des revenus de l'état^ faire la paix et la guerre , ratifier les traités;, enfin, en vertu.de la clause la plus étendue, U leur tuait permis d'exécuter ce qui leur paraissait être le plus avantageux à l'empire r et convenir le mieux ù la majesté des lois, du gouvernement et de la religion'- Lorsque toutes les différentes branches de la puissance executive eurent été remises à un seul chef, les autres magistrats languirent dans l'obscurité. Dépouillés de leur autorité, à peine même leur laissait-on la connaissance de quelques affaires. Auguste conserva avec le plus grand soin le nom et les formes de l'ancienne administration. On élisait tous les ans, avec les cérémonies ordinaires, le même nombre de consuls, de préteurs et de tribuns*, qui tous continuaient à exercer quelquesunes des fonctions les moins importantes de leur charge. Ces honneurs flattaient la vanité des Romains. Les empereurs même, quoique revêtus pour toute leur vie du consulat, se mettaient souvent sur les rangs pour obtenir ce titre ; et ils ne dédaignaient pas de le partager avec les plus illustres d'entre leurs concitoyens *. Sons le règne d'Auguste, l'élection
■ Voy« iin -fragment d'un décret do sénat , qui contenu a l'empereur Vetpastm Mus 1» pouvoirs attarda; à te» pFédtotfçaKir Auguste , Titiêre et Claude. Ce monument curieux et important se trou™ dans les inscriptions deGruter.n'ccxu.
s On élisait deux consuls aux calendes de janvier ; mais, ■^msletotirsdel'aunée, on lear en sobsuiuslt d'autres, juasu'* ec mute ombre 4ea conçois annuels se montât au mo^tisàdoiiTe. On choisissait ordinairement stiie ou dixnuit préleurs (Juste-Lipse, in excurs. D. ad Taciti Annal., 1. 1). Je n'ai point parlé des édiles ui des ques- 4MnJB*sia*lssm«g3ti^,ata^efe la notice ou des Menus , h «ratent atsènient i tontes les formes de rouv<nwd»«tjS«iislor^it^Wéfon(iwttiB«UBpwGédainat léguassent Mdnit i'ôtien&tùm, qwkra'il eût «té dangereux d'en taire usage (Tacite, Anu., >v>, 26). Du temps de Isajanm ignoroilsi te tribunal. Anit une dignité ou un comCWtre* da l'Un*-, i, 23).
* Us Xfom «ua-eJnw briguèrent 1* consulat. Les nrU»*SMtui*i*E*k»awlBrw8 eelte digailéaTee modération, et l'ewrcewtiV ajtc eunctituri*. Ts*i»» rauwnm .
.des magistrats fut souvent accompagnée des mêmes troubles auxquels elle avait été exposée dans les derniers temps de la république. Loin de laisser apercevoir le moindre signé d'ùnpatiencc, ce prince dissimulé sollicitait humblement pour lui, ou pour ses amîs'i les suffrages du peuple, et il remplissait avec la dernière exactitude tous les devoirs d'un candidat ordinaire' . Mais, selon toutes les apparences, son successeur n'agit que par ses conseils, lorsqu'il transféra le droit d'élection au sénat de Rome*. Les assemblées du peuple furent abolies pour jamais, et les souverains n'eurent plus à redouter les caprices 'd'une multitude dangereuse, qui, sans' 'rétablir la liberté, aurait pu troubler la nouvelle Administration, et peut-être y porter dés atteintes mortelles.
Marins et César, en se déclarant les 'protecteurs du peuple, avaient rénverse'la constitution de leur patrie : mais deS'qïïé'Te' sénat eut été humilié, et qu'il eut 'pèribi''tbuté sa force, cette assemblée ', composée 'aVcinq ou six cents personnes, devint entré les mains du despotisme un instrument utile efftVxnVIè'. Ce fut principalement sur la dignité' dit sénat qu'Auguste et ses successeurs Fohtlèrerii leur nouvel empire ; ils affectèrent , en fbùtè occasion, d'adopter le langage et les' principes des patriciens. Dans l'exercice deienr puissance, ils consultaient le souvéraïtf conseil delà nation, et ils paraissaient se conformer â ses décisions pour les grands 'intérêts de la paix et de la guerre. Rome,' l'Italie et les provinces intérieures étaient sous le gouvernement direct du sénat. Ce tribunal déridait en dernier ressort de tontes les affaires civiles : il connaissait des prévarications commises par des hommes 'en placé, et des délits qui concernaient la paix ou la majesté du peuple romain. Ses occupations brtîhtM-
l>wnentBrMeM,MjnTVdw«lleArt>DijsSdn««<niI<qb'il
obMr™naltk8lols(t^ne,P»iléff»rique,c;94). '■■' 1 iQnoties Magtstratuum comitks intemset., tribu*
■ cutn eandidatls suis tiroutbat-, atinpiicote unw more to-
* lemai. Ferufcàt etiotesummemm in trttainur,i «limai
■ e-pomtto. i>CSuetamt,*ie<d)Àagm«B,ic.fi6i)' tir ,- ■ s* rutnprùaurii<onmtla A o*ihpa*iI patpet tratit-
• latamnt,' Taeiia, ■Ann.ii , 16. La nwtpitrtjo» stm- Me unre allusion 1 ipoeHbcsfMMcfl.et wurtitei efftirtsmst
res consistaient à rendre la justice. Les causeVuSjjo^ntes'oùyràicnt'unç carrière briltaîle iasgraûds orateurs ; c'était le dernier jg&'oavenait se réfugier l'ancien génie de uJnkk^. Comme conseil de la nation, et éçoune cour de justice , le sénat jouissait de prérogatives. très-considérables, tandis qu'en u qoabté de corps législatif il était supposé représenter. le peuple et paraissait avoir conservé; les droits de la souveraineté; les lois recevaient, leur sanction de ses décrets ; toute puissance ,'éttfe, dérivée de son autorité. Ce corps ^respectable s'assemblait, régulièrement trots fois par mois, aux calendes, aux nones '■'■ --'*— .Op discutait les affaires avec une «m; et les empereurs, qui se glo- |.u'ijre.desénaleur,i>i'enaients<:ance, leur voix, et se confondaient avec
. ï(ésunjons^en ,peu de mots le système du jvijHyritAmBBt îiupérial institué par Auguste, ei.nuûsienn.parles princes qui connurent tow jWffllWW intérêts et ceux du peuple. f1, jj>î^ ifnfi monarchie absolue, revêtue de lortçS^fÀfm^e^.d'mie république. Les souverains, >dr},ce,.>aste état plaçaient leur trône an Bfjfc^es^ges. Soigneux de dérober aux rax 4ft ^«HfSiSW6** 'eU)' ^orce irrésistible, ils faijgxieu profession d'être les ministres du sefltfl^ot eJbéîssaieut aux décrets suprêmes qn^asajçot eux-mêmes dicté» '.
. . Ljt ,r,o^r, jÈUft formée but le modèle de VailaMi^rsujftû, publique. Si nous en exceptons ç*»,JtQr»iist.11gnt , emportés par leurs folles pa3&ktn$,,,£pu&teut aux pieds toutes les lois tle, fea na^njre, et de l'honneur , les empereurs dé4a*tn&eiu,;uae pompe dont l'éclat aurait pti.pif^ijl^ ,knra concitoyens, sans rien ajouter à Jeox,pni*saur.e réelle. Dans tous lesde- Tt*îre-/de,b fiQCjétê , ils semblaient oublier la SWR^doritfj, dateur rang ;souveut ils visitaient
. *jfli»fl.Lnm.l-f.7»T!M«*t»«i d'un» ■
a partiale
téêépàl, «mst mtmt pwf le corriger, j'.
1»àtÊ*wmtlwi Suétone e* «mmuIU parmi ha modernes
viwit iiÉ»» 1 1 iéi \ iir ii riiii^-. rj- '- ri 1 1 ii
**r m. TTW>TTT.iHrr. -rnirri Beiatot, Mp-rw». tom. VfvVMKsidM^«iicftati«M de Nondt et de Grono-
» O «I ATM OfUlM ;
*.VP-2M*tte.
leurs sujets, et les invitaient à venir partager leurs plaisirs ; leurs habits', leurs râblés, lents palais, n'avaient rien qui lés cUst'mjjuflt tFnn sénateur opulent; leur maison, quoique nombreuse et brillante, n'était composée que d'esclaves et d'affranchis1'. Atigirste ou Trajan auraient rougi d'employer aux services domestiques le dernier des citoyens. Que devons-nous penser, en voyant les seigneurs les plus fiers de l'Europe rechercher avec tant d'empressement l'honneur d'être admis dans l'appartement d'un' monarque dont la puissance estsi différente de celle des anciens souverains de Rome?
Si les empereurs peuvent être acéusés d'avoir passé les bornes de la prudence et de la modestie qu'ils avaient eux-mêmes tracées, c'est lorsqu'ils ont voulu être mis au rang des dieux *. Ce culte impie, et dicté par hne basse adulation , fut institué dans l'Asie en l'honneur des successeurs d'Alexandre. Des monarques il fut aisément transféré aux gouverneurs de cette contrée; bientôt les magistrats romains, adorés comme des divinités de la province, eurent des temples où brillait la pompe des fêtes et des sacrifices1. Jl était bien naturel que les empereurs acceptassent ce que de simples proconsuls n'avaient pas refusé. Ces honneurs divins , rendus dans les provinces, attestaient plutôt le despotisme que la servitude de Rome; mais les ïiâtions vaincues enseignèrent à leurs maîtres l'art de la flatterie.
Le génie impérieux du premier ,des Césars l'engagea trop facilement à recevoir pendant sa vïe une place parmi les divinités ttitéîrrires de ta république. Une démarche sï dangereuse était bien éloignée du caractère modéré de son successeur; et morne par la -suite tous les princes, excepté CurrgmVet Dwmfctien, renoncèrent à cette folle ambition. Au-
> Ua pri»ce feiNeierrloujooregouwnwparsfBilswef. tiques. U pouvoir (teseiclawi.BsgraTa la tonte an ttt* m*ias, mes sénateur» ftrMrtk«r*>ur a un-PHb»,* un NaRàK. Il peuLwtwer qu'on favori madame solide Hb- Hm illustre. ■ ■•< '•• >■•:
» Vaftt m TttBfd an Vw-Dale , d» œonsWMttotte principam. TJ nie serait plas aiséde fcopier, q»'if ait me l'«éWdaiortnwl«sclt«tiMw aew.Ra»»MbftBBBdii»s:
'Voyezune^iBs«rl»ti«nd«rB!}!»*aeMMlisaulr', flans U te dM'iiaortpUw. ■■'
(»dêM<-C.)
({liste, il est vrai, permit à quelques villes de lui &ever des temples; mats il exigea que l'on célébrerait le culte de Rome avec celui du souverain. Il tolérait une su perstîtîon particulière dont il était l'objet*; tandis que, satisfait des hommages du sénat et du peuple, il laissait sagement à son successeur le soin de sa déification. De là s'introduisit, à la mondes empereurs, la coutume constante de les placer au nombre de dieux. Le sénat accordait, par un décret solennel, cet honneur aux princes dont la conduite n'avait point été celle d'un tyran ; et les cérémonies de l'apothéose accompagnaient la pompe des funérailles. Cette profanation légale, mais si opposée a nos principes, n'excitait aucun murmure * dans un siècle où le polythéisme avait tant multiplié les objets sacrés.
Au reste, cette institution avait été dictée moins par la religion que par la politique. Ce serait dégrader les Antonins, que de mettre leurs vertus en parallèle avec les vices de Jupiter ou d'Hercule : le caractère même de César ou d'Auguste était bien supérieur à celui des divinités populaires. Ces princes d'ailleurs vivaient dans un siècle trop éclairé , et leurs actions avaient trop d'éclat, pour que l'histoire de leur vie fût mêlée de ces fables et de ces mystères qu'exige la dévotion du peuplo : à peine leur divinité eut-elle été établie par les lois, qu'elle tomba dans l'oubli , sans contribuer à leur réputation, ou à la dignité de leurs successeurs.
Lorsque nous avons examiné toutes les parties qui composaient l'édifice de la puissance impériale , nous avons souvent donné le titre d'Auguste à celui qui en avait jeté les fondemens avec tant d'art : cependant il ne fut connu sous ce nom qu'après avoir mis la dernière main à son ouvrage. Né d'une famille obscure, dans la petite ville d'Aricie, il s'appelait Octave, nom souillé par tout le sang
l Jurandasque tuumpcr rumen ponimui ara», dit Horace & l'empereur lui-même; et ce poêle courtisan connaissait bien la cour d'Auguste.
ï Voyra Liseron , Pailip. i,fl; Julien, tnCataribru ;
Inque Deuiu templii jurabit Rama per umbnuf Bïcrie Lucain iodigaé; mata cet d'un patriote, et ma d'um dévot,
versé dus 1m pfltseriptleae. Lorsqu'il Ait asservi la république, il désira pouvoir effacer le souvenir de ses premières action». Comme fils adoptif du dictateur, II a via pris le surnom glorieux de Céaarj nuis il avait trop de jugement pour imaginer qu'il «trait jamais confondu avec ce grand homme, pour aspirer même à lui être comparé. L'en proposa dans le sénat de donner ua aeuveau titre au chef de l'état. Après use dieouaaion sérieuse, celui d'Auguste fut choisi parmi plusieurs autres, et parut rendre d'une manière propre le caractère de painet.de pfeodeV ration que le tyran affectait'.
Ainsi le nom d'Auguste étal* uns disiino» tion personnel!» ; celui de César indiepiait la famille illustre qui l'était frayé un cânninan trône. Il semblait que le premier dut esnwrer avec le prince qui l'avait reçu : l'entre pouvait se transmettra par adoption, et panser avec les femmes dans une nouvelle btnnnhe. Néron aurait donc été le dernier poinee «ni eut eu le droit de réclamer non si noble entraction ; cependant à sn mort oes titrée m trouvaient déjà lié», par nue pratique oetistante, avec la dignité impériale; et, depuis la chute de la république jusqu'à no» jeut<», ils ont été conservés par une longue suite d'empereurs romains, grecs, franes et nUe> manda. Le monarque se réservait le Boni sacré d'Auguste , tandis que ans para»
étaient plus communément appelés Césars.
Tel fut, au moins depuis le règne d'Adrien, la titre que l'on donna à l'héritier présomptif de la couronne.
Les égards respectueux d'Auguste pour une constitution libre qu'il avait lui interne renversée, ne peuvent être expliqués que par une connaissance approfondie du caractère de ce tyran subtil. Une tête froide, un cœur insensible, une âme timide, lui firent prendre,, à l'âge de dix-neuf ans, le masque de l'hypocrisie, que jamais il ne quitta. Il signa de la même main, et probablement dans le même esprit, la mort de Cîcéron et le pardon de Cinoa. Ses vertus, se» vice* même, étaient artificiels» ton intérêt teul la
• Bton, I. un, p. 710, avec les notes curieuse» de
{«Hep7!I.«.) noOtiltabotd *»«*»*» la république roaaine; SJe porta dans la suite à en être le pèreV Lorsque ea prince éleva le système in- -tjtfpitK de- l'administration impériale, ses atanbe* M'diatèreat la modération qu'il afixtmt; il 'Cherchait i en imposer au peuple, imbu prtM&tut «no ombre de liberté, et à -tromperlee armées par nue image du gonmwmni ci*fl.
'i'4*JW«*t*i César se présentait sans cesse è«**ywft«. Auguste avait comblé' ses partisans de biens et d'honneurs ; mais il se rapp*Wl, "SB Wmissaïrt, qne les plus intimes unis de son onde avaient été an nombre des. .-Si la 'fidélité des légions le s Ites efforts impuissans d'une witm&Mumdttty la vigilance d«s troupes pmfiJt-JènW mettre sa personne a l'abri dn ■'"d'an républicain déterminé? Les », qui révéraient la mémoire de **i atmtiew applaudi à l'imitation de sa *arau"4éMf avait provoqué son destin, atttsnt>**r ¥ ostentation de sa puissance, que aw^sa-'^nlManee elle-même. Le consul ou le trffcaw pdtt¥âtt régner en sûreté : le titre seul aV*0*i-§t -Totei' les citoyens aux armes; Augw»*i«T«*t"qu*'le genre humain- se laisse fjoawmaefpaT des noms. Il ne ht pas trompé dWa son attente, lorsqu'il s'imagina que le •ÉMt et le peuple se soumettraient à I'esclavat*5 is'lto peavaient être persuadés qu'ils joapsteaieaffctijorirfide leur ancienne liberté, t un peuple énervé chérirent a agréable, tant qu'elle fut soutenue par la vertu ou far la prudence des saaecesseetrs d'Auguste. Ce fut un motif de csftkeas» personnelle, et non un principe de liberté, «frianima les meurtriers de Caligula,
f ■ Ensailo Octave te présenta. A voir les couleurs M
r aatxtlfer *nr *b tirage, mis Vtwla pris pour un mj
».*»*a*iha.Mar/d^o*d, «Mute mu^e, puis i^t, brun,
J^«»,ln4-€«r«bbéisla fiUterlo.) Wto liMa«, une Ku^naptoie dans son Ingénieuse netten, «l laite M agréante. Hall lorsqu'il considère «e «hangecient de ea- »■***, et qu'il l'altritm* an pouvoir île la
PAR ÉD. GIBBON. CH. m.
au
eti
Oaatt.
'Detxceab iu «prà^l'éUbuaemeDldelirtnciuaatue, •■■^-^m TÎsi&luiele tante le carwtcre de Bnitw ■ Modèle partait de la vertu romaine.
dé Néron et de Domitten. Us attaquèrent le tyran, sans diriger leur coup contre l'autorité de l'empereur.
L'histoire nous présente cependant une époque mémorable ou le sénat, après un silence de soixante-dix ans, s'éleva tout-à-coup et fit de vains efforts pour réclamer des droits si long-temps oubliés. Les consuls convoquèrent cette respectable assemblée dans le Capitole, lorsque le trône devint vacant par le meurtre de Caligula : ils condamnèrent la mémoire des Césars, et donnèrent le mot de liberté au petit nombre de cohortes qui paraissaient vouloir suivre leurs étendards. Enfin, pendant quarante-huit heures, ils agirent comme les chefs indépendans d'une constitution libre; mais, tandis qu'ils délibéraient, les gardes prétoriennes avaient pris leur résolution. L'imbécile Claude était déjà dans leur camp, revêtu de la pourpre impériale, et disposé à soutenir son élection les armes à la main. Cette lueur de liberté disparut, et le sénat n'aperçut de tous côtés que les horreurs d'une servitude inévitable. Abandonnée par le peuple, menacée par les troupes, cette faible assemblée fut forcée de ratifier le choix des prétoriens, trop heureuse de pouvoir profiter d'une amnistie que Claude eut la prudence d'offrir et la générosité d'observer '..
L'insolence des armées inspirait à l'empereur Auguste des alarmes beaucoup plus vives. Le désespoir pouvait porter les citoyens à des entreprises dangereuses; mais les soldats étaient toujours maîtres de l'dxécution. Quelle devait être l'autorité de ce prince sur des hommes sans principe , auxquels il avait appris lui-même à violer toutes les lois de la société! Il avait entendu leurs clameurs séditieuses; il redoutait les momens calmes de la réflexion. Une révolution avait été achetée par des récompenses immenses : il aurait fallu les doubler pour opérer une seconde révolution. Quoique les troupes témoignassent un attachement iuvio-
> Motif ne pouTto» trop regretter l'endroit de Tacite t| ni traitait de «et rrenemenl, et qui a été perde. Nous sésames forces de nous contenter des bruits populaires rapportés par Josèphe, et de ta narration imparfaite de
Dion et de Suétone.
DÉCADENCE DE i/EHPBX IlOHAIN,
(5ftd*miVe.î-
hbtc à la maison de César, était-il possible de se' fief à tue multitude inconstante et capricieuse? Auguste sut tirer parti de ce qui restait encore d'idées romaines dans ces âmes Seras; Il apposa te sceaudeslois à la rignenr de ladiserptiiie; et, faisant briller la majesté do sénat entre l'empereur et L'année, il osa bien exiger «ne 'obéissance qu'il prétendait lui tire dne comme an premier magistrat de ht république *.
Dnraat une période de deux cent vingt ans, qui s'écoulèrent depuis l'établissement de sort système- jusqu'à la mort de l'empereur Commode, l'état s'éprouva point les malheur* attaché» a un gouvernement militaire; le danger était encore éloigné. Le soldât* eut -rarement occasion alors de connaître sa propre force et la faiblesse de l'autorité ointe ; découverte fatale qui, dans la suite , enfanta de si terribles maux! Calcula et Domiiien furent assassinés dans leur palais par leurs domestiques. A la mort de ces princes, les secousses qui agitèrent la ville de Rome ne s'étendirent .point au-delà de l'eneeinte de cette capitale. A la vérité, Néron enveloppa tout l'empire dans sa ruine. Dans l'espace de dix-huit mois quatre princes furent massacres, et le choc-dés armées ennemies ébranla l'univers. Hais cet orage violent, formé par la licence des soldats, fut biennal dissipé. Les deux siècles qui suivirent la mort d'Auguste ne furent point ensanglantés par des guerres civiles, ni troublé* par aucune révolution. L'empereur était éhf par l'autorité du sénat et par le consentement des troupes. Les légions respectaient leur- serment de fidélité; et on serait obligé de faire une recherche exacte et minutieuse desannaJes romainesdans ce long intervalle, pour y découvrir trois rébellions un peu considérables, étouffées an bout de quelques
» Auguste rétablit la sévérité de l'ancienne discipline. Apres tes guerres cmles, il mm servit plut du Dont de atmifiafas eu . parlant * «et troupes , et il h» appela MMvltBual. aaldala (Suétone dans Auguste, c 2.'>). V«jw ffauneat Tibère m senit du sénat pour apaiser la réwued» leg^ns de, l'aonoui*. (ïaciie.Aun. Ij.
* Ces mots , Vantarde du sénat et le eonseqlantfAt de* ttowuefi , eçmWeuf aïoir été le langage consacre1 pour cette cérémonie (Vu^ T/acjle, AusaJ^.RBij jjfj, .
mois, sans même q*Biîpnjeftti**é «bUgéjd'eai venir au hasard d'uafchMaiMe-f'.h . ■.,
Daureles.mftnarDbiasi électneSiilAïauTtréU' souverain est unifnomeut de -crise atiiddua* ger.' Les empereurs' roinainfl, léDwàxB ié* l'esprit Bédioeoa desi légjons -, ernianânat qu'elles ne profitassent de , c*s/imbmtss|«rat toute autorité- est fliBpfcndnn- J?o«r «Matùr bM choix qui aurmtipii de\tia>^fniw6te(èil'4tatj Hs eonsentirent à se o^epoHi^errd'«M*^NMilK dcleuf pouvoir en feveu»icW.lîWrittWajaré«* somptif de àa couronuet A' & œortxdôudo prinoet 'son ifficce5swar:iétattr*iptu|aABJiiJ . qnrïti montait paisiblement OÊmio'trtm^i^ peine -même 4' empire! aîapegoetakviai-i^'fl changeait de maltr*. Ainsi f-enopesarr As(* gusto tourna ses; regards Jvbib ïibèreiiis»B« que des 'pertesireïtérriesie des espérances phi» donc ce fils adoptif 1» oenHUfe' et le tribqnaM « à* l'associa par une kiformeUe an esnaBande* ment des armées et «a geuvernentieiib dn» provinces*; Ainsi VespsniuttismtitmeBéJu»
l'âme généreuse do ■l'amé'dc'SoaififcU'EiWi. était l'idole des légions 'de. t'Oitatoajui'ihuM iraient d'achever sons aesbrdres btlconqhnei de la Judée. Sa . puissance derewfcn redouta* ble; et, comme les passions, dei Ht -jéttuesâei jetaient nn voile sur se» vertus, on nefiéêmi de ses projets. Loin de seilûrreri* de<paw*Ha, soupçons, le pradetnrataaiarampsxiadataBfcJ ronne sur la tète de soa fils, et hs revêtit 4» toute la dignité impériale. Titus-; pdoétndlde reconnaissance, se conduisit toujours- damne, le ministre respectueux etfidètod'an ptrnai indulgent. urn .«ii.1.
L'habile Vespaïuenprit teimai*W'nie*wci*
< Le premier de ces rebelles fat CamUli» Scriboni*nus, qui prit les armes en Dahnatie contre Claude, et qui fut abandonne' par M troupes es etao; Jéunt fc*»^ cend, Lurinai^«hsi^Éatik:Q«rm«Bli,JBUtautdWiili) contre Doraituat et la tro&éon, iim*£mm,fi<m le règne de Marc-Aurele. Les deux derniers ne se soutinrent que peu demis, et ils furent trahi* par leurs partisans. Cauûllus- «l C*«a«fc.«c^*|ranfr.J«Hr4WBbttto «a projet de rétablir la répiuuiq«o;4iilKprisa,i(u>Jt £mh~ sius-,.pria«p»lemeiit nlsenéa à «m-aw ajka^^aupV.
?VflUei«s.ratareuMas,1fc «yc iM.j-.Çtwtcscïiarfa.- Tibsm, c.»;... -.: .il .i -, -,;..-,..,1 ^...H-!- **.* , ,3;*i«>ae, via.fc^uiii.a.qsfluWhàiBjaifsJtar^w,
auiuuïium prmtfeortrnuep swëtésMKutTë»
cotte et penasàtadeJ Depbis BHisièule, le saunaut araMîwiWjat) huifldttié^dw trêves asAst^dté-^onsa^ea'Qj* titrée! -A- bmhan *èG*«rtiftneiqtt*o«te*BBiitenesefiksoasssnwisnwpar tdopconvle peuple respectait ■sûestw'dâna-ta personne de Néron le petit- Mi <»^w<MlBw*-aHaWCWtwr direct -de tHÈfànmtàmgtetai habftêuùBM n'avaient ataîdoBBe'qTi'Uiiregrtt la cause du tyran essst déMJWiwt aTsàsmeinj tour» regarda '. L» cbtrt*> rapide de Galbai, d'Othsa , de Vjsr*. Usafapptat auti-irniées à regarder les euv-
HUB Bfe «BRHOM. GB\ 111,
l'ipùe licéQcej Vespasienv né % nvtteûtBmmiitiBtrc a«*9S*xetc<M aï^ avasVtté soldat; et son ■iMs^sÙMÉÏiiliauiiiiiiiplia mi'iliniiii il ml les frrasptnnW élit l.Leniéritd d« caprine» IV Mb GëtupérresirM lieaqwre dans un âge MèneA^MS «alens>rnvniesrt usas < de solidité •sa dléoteWisenTertiiB mêmes: étaient ofosiiii^wé |in min iniiifipiniliirtîiln 11 importait dtN*Tà£sn*éBét<deeer monarque d*> s' associer anvnn»slolit*'earaMèw. aimable et brillant psnisjuiii ilid tegwd*du-f«iblîo, faire oublier ■MiiMlsgiiiliisn'wiwni. il miiiiiiii ftjliiinii la jHâniju «HWtWfci Sous le règne de Titus , lUëhrc goûtai les dnaenn. d'une félicité psànuujècèt. ctAasdmenir de ce prince adora- Mfc-fahBfHBpBtwv pwdarat pins de quinise uun.ihs lii ist de «M «rare Donatien.
■JiMn'iBaqlSanwi cat.êteirm»êt» de la pour* pn»(yifc«faperçat iqswson grand âge le renàWtnà*r^|ia»hs!«TBrr*ter le torrent des désordres publics qui s'étaient multipliés sous la ■ »»}SMiitiws>isi>iideiiSQn.-prédécesseiir, Les sress de bien respectaient sa vertu; mais les Romains dégénérés avaient besoin d'un cafcwB¥^ imprimât la ffti.feE'C«p,ode»,«^pal4e*.. Nerva t,HÊmolbdéua»omdMa parie»
v^H«r!lbnïH!»54. ■ ©fltrfqWen'rironné dfi pa-
-«qninf -uqoidn Jm ■••'• -Ji : ■
"* rJ^W^iaiMw»Wyt-lbrtawpf ttprtm* to«T*-
«■r ttêtwa WxrsfMflrtWaire,
-k>*tnffn»,ft»feuwa>IUrte(M»i t**T«'mlM)' 9mtm,ctt.
rens, il adopta Trajan, figé pour fors de quarante ans, et qui commandait use grande armée dans la Basse-Germanie. Ce général fut aussitôt déclaré, par le sénat, collègue et successeur du prince ' . Les crimes et les fureurs de Néron ont été transmis à la postérité par le plus grand peintre de l'antiquité : qu'il est malheureux que nous n'ayons, pour, conaattreles actions brillantes da Trajan, que le récit obscur d'un abrégé ou la lumière douteuse d'an panégyrique! 11 existe cependant à la gloire de ce prince un autre panégyrique que la laiterie n'a point dicté : deux ee».t omqMuUe ans environ après sa mort, lese-t nat, an milieu des acclamations ordinaires qui retentissaient à l'avènement d'un nouvel empereur, lui souhaita la félicité d'Auguste et lu vertu de Xrojan *.
Seientootes les apparences, un monarque qui chérissait si tendrement sa patrie dut long-temps balancer sur le choix de son successeur. 11 ne pouvait se résoudre à confier ht puissance souveraine à son neveu Adrien, dont le caractère singulier ne lui était1 pas inconnu. Hais rartifiofede.rimpératrice>Motinesutfaer l'irrésolution de Trajandana ses derniers moment. Peut-être- suppoas>t*eBe. hardiment une fausse adoption*. Quoiqu'il e» soit, il eût été dangereux d'approfondir la: vérité ; ainsi Adrien tut reconnu paisible nient; dans tout l'empire. lions avons déjà parce- do la prospérité de- l'état sous son règne. Go prince encouragea lésants, réforma les. lois, resserra les liens de la disciptwe mUuire , et parcourut lui-même toutes les provinces. Son génie vaste et actifs embrassait également les vues les plus étendue» et tes -peu* petits détails de l'administration f ■ mai» la vanité et la cnriosité furent ses passions, do^ minantes. Gomme elles étaient sans *etse ex*. citées pur «ne foule d'objets- dtftnreM ,-wu. aperçut tour à tour dans Adrien un prince
' Dton.l. LT»m, p. Ii2*i Fli(ie,P(ro#. ' ■■ :*
Xf&H&TJngiatOf/neUorTrajano. tMriïpe,«HfS.
ïfiion (i.iin,p. 1240) rcgirde tetaoteottuBeM* BrliW , <Taprè» rautorîtiS lie son p*rf , qui, 'étant gw^ verceur de lenNrinee <A Trajan mount , pouràl ft<flem»«ri«.r(iuinM'cfruiTsWre.CeptnJa»t'>DilwH(P/w^rt. Cswbdrt , m^ a soutenu qirAflrien' M flftigtt* ««*««-' mut et Tr»jin pensant ni vie de « prtnee. ■'■'■
excellent , ub sophiste ridicule et un tyran jaloux de son autorité. En général «a conduite avait pour base une modération et une équité bien recommandables. Cependant il fit mourir, dans les premier» jours de son règne, quatre sénateurs consulaires» ses ennemis personnels, et dont tout le crime était d'avoir paru dignes de lu pourpre impériale. Tourmenté sur la fin de sa vie par une maladie longue et douloureuse, il devint farouche et crue! ; le sénat ne savait mémo s'il devait le placer an rang des dieux, ou le confondre parmi les tyrans; et le» honneurs rendus à sa mémoire M forent accordés qu'aux vives sollicitations d'Antonia-le* Pieux'.
Adrien ne consulta d'abord qu'un caprice aveugle pour le choix de son successeur. Après avoir jeté les yeux sur plusieurs citoyens d'un mérite distingué , qu'il estimait et qu'il haïssait, il adopta Elias Venu, j*uno seigneur livré aux plaisir* , dont la grands beauté était une recommandation puissante auprès de l'amant d'Antinous *. Mais, tandis que l'empereur s'applaudissait de son choix, et des acclamations des soldats dont il avait obtenu le consentement par des libéralités excessives , une mort prématurée vint toutà-coup arracher de ses bras le nouveau césar '. Elius Verus laissait un fils ; Adrien en confia l'éducation à«cs successeurs. Ce jeune prince fut adopté par Antonin-le-Pieux , et partagea dans ta suite arec Marc-ÀurôJe la dignité impériale. Parmi tous set vices , il possédait une seule vertu : c'était une déférence aveugle pour la sagesse de son collègue ; Il loi abandonna volontairement les soins pénibles du gouvernement. L'empereur philosophe ferma tes yeux sur la conduite de Verus , pleura sa mort , et jeta un voile sur sa mémoire.
1 Dion,l.Li$,p. 1171. Aurtf. Victor.
2 La déification, les médailles, les statues, les temples, les villes , les oracles et U constellation d'Antinous sont bien connus, et sanwswtent ani yeui é» h postérité h mémoire * l'capercvr Adrien. Cependant nous poutGBÉ remarquer que , des sainte premiers Césars, danse fut ta seul dent les aanun a'akstt ant ftét maak la nature. Pour tes honneurs rendu* 4 Antir.oiis , royes Spanbém,CMtLineoUire«*iu;l«st^»s*9d*JiMTe»,p.lO.
J Hist. Aug.,p. 13. iard. Victor , m KpiUm-
DECADENCE DK LTBHPUffi HUMAlN, (117 dep«*VC.)
Adrien venait de satisfaire est fanahna. Lorsque toutes aee osperanaas forent évanouies, il résolut de mériter la reconnaiesancade la postérité, en plaçant sur 1* premier trôna de l'univers le mérite le pans émi* nentî «on ail pénétrant démêla feeûtement , dans la foule de ses sujets, «a tnVMeur-ageïi de cinquante ans environ , dont tenta la sk avait été irréprochable , et un jeune nomma de dix-sept ans, dont U sages*» annonçait le germe des vertus qui davateatee développardans la suite avec tajrtd' éclat. La premier fut déclaré fila eUuec*i*«urd'AauH6n».à>ca*H ditiontouteioiequ'rl udotttejsajttumtfr lepbsa jeune. Ainsi le» dattt AaUttaa* «oUvatnètan* le suondespandaBt près d'un cfeauraioerA, auec le même esprit de modération nt rln lagaann Antouia-le^Pieux avait deux al» 'm «««il préférait Rome à sa famille. Après trot» donné eà Alla Faustine «a mariage:»»! jfiisnt» Hnreut , il engagea le séant à luiacooinkrLoa dignité» de proconsul et de tribun ; enfin, toujours occupé du bien publie, et incapaMet d'aucune jaèauaie, il l'associa, par un nobhi désintéressement, à ton» le» travaux du l'-auV ministration. De son coté:, Marenewréle re»>' pecta son bienfaiteur, le chànst iihiuaaw mi père , et lui obéit comme à an» souverain ** et lorsqu'il tint seul les rênes de l'état,, i] s'empreasa de marcher sur ses tfaofts, et d'adopter les maximes d'an si grand pvinctt. Ces deux règne» sont peut-être la seule période de l'histoire dans laquelle le .bonheur d'un peuple immense ait été l'unique objet du gouvernement
C'est avec raison que Titus AntoBai a été nommé un second Wuma. La . néane zèle pour 1a religion , la justice et la paie, caractérisait ces deux princes; niais la situation de l'empereur ouvrait un champ bien plus vaste a ses vertus. Leesoins de Numa se itonwiea* à empêcher le» hahttatts, asreaajars dm omet» ques villages de piller les campagnes «t tte détruire la récolte de leurs voisins. Àntoniu ,
1 Sans le secours des coéOsiNoi «t des ùwrisuwas, «s igsorsrieas «**K satioa d'Aals*u>ft>**MX, «tttùll
a Peauaut ha riogMroi* ssauateU iftgnatfUMS»*»,
ntoadeKfoUdttestntti tu*. -iauva. » -\
(tilde*. a^-C.)
Mlkndl pd^MNM ta terre, maintenait Perdre et ht tranarerliité dan tontes les partie* d'na état immeiisej Son régne a le rare avantage de as foatrair qu'un lret>pettt nttnbre de«at*riauï à l'biMoire , ce tableau efnayantties «rimes, des forfaits et dm mai-
PAS Éa (HBBOR. en. m.
€e prince n'était paa moins admirable dans sa ri* privée; il possédait toute» les qualités mai f*a* àt efearme de la société;. sa vertu simple et naturelle fuyait la vanité et l'affectatioeb B jouissait avec modératien de son rang elearf; cf , aa milieu des plaisirs inaocauBsmïiiparttg eaitavec ses eoneitoyens S la sbbMh âa Jcenw Jmte Meufefeanté se pei- 'i» ns*»nmt 4oace majesté, sur un front
Le wtn de Mnrr>Auréle Anton» paraissait pins austère M moins naturelle*. Elle était le frtdtierëdacatio», d'nfie é>ude proft»de,€t<r«i travay infatigable. A l'âge de dcwe(m» H embrassa le système rigide dei dont les préceptes lui apprirent a r sus, corps * aen esprit, à faire a M' raison pour enehafner ses pas* i à- céufeidérer la vwrtt comme le bien Wlèftu comme le seul mal, et Mus le» objet» ewériear* tomme des choses intnf-
Le» BêftuÂvmt de Marc-Aurèle , ouvrage amftti ilae*. le tunmfte des camps, sont
itamiÀ JuBqu'àitons.Ilestvrai que ce prince, nulfinm quelquefois la modestie du sage et la mgwtétiî «M empereir , ne dédaignait pas
» Caarian amant lat spectacles , et n'était point Insensé* Mèana 4a beau seie. Mare-AurHe, 1, 16; nstriMAaaaanati p. Be\ 8*t Mm, «ans les Césars.
1 MtTùriiWiik »Ua accusé d'hypocrisie, et ses enoo- ■is W eut ISM) de n'avoir paiirt «a cette simplicité rd iMiaélmÊi Âmsnin-le-rTett, et même Vent*
Mcst sa vêum y—ife renawrtcm, «n pn oss nouanusp fartes/foctas switles. Wtre-Anrtîe laf-méme a* egjPM. aTlyaaama ; nuis le sceptique te pfcv entré as tfn jsééid ^ae vjèsar fat peot-Stre in penron, en Oéran aa îaafc**. L'«s»t«t et la valeur sédrôenl trien tanaata» npaTIaaaaaanuhuunmnur as la Jasrta. >taal|c«a4K«BSSi4efeMlalnitiadsw«fBeelD " » mafa* auf, e*ai
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da donner an public des leçons de philosophie' ; mais en général sa vio est le commentaire le plus noble qui ait jamais été fait des principes de Zenon. Sévère pour lui-même , Marc-Àurèle était rempli d'indulgence pour les faiblesses des autres; il distribuait également la justice, et se plaisait à répandre ses bienfaits sur tout le genre humain; il déplora la perte d'Avidius Cassius qui avait excité une révolte en Syrie, et dont la mort volontaire lui enlevait le plaisir de se faire uu ami; il montra combien ses regrets étaient sincères, par le soin tju'il prit de modérer le sèle dHaénateontreles partisans de ce traître1. La gnarre était à ses yeux le fléau de la nature humaine; cependant, lorsque la> nécessité d'une juste défense le forçait de prendre les Tannes, il ne craignait pas d'exposer sa personne , et de paraître à la tête des troupes. On le vit, pendant huit hivers rigoureux, cam* par sur les bords glacés du Danube. Tant de fatigues portèrent enfin le dernier coup à lafaiblesse de s* constitution. Sa mémoire fut long-temps chère À la postérité ; et, plus d'un siècle encore après sa mort, plusieurs personnes plaçaient l'image de Marc-Àurèle parmi celles de leurs dieux domestiques *.
Quel spectacle magnifique que cet état heureux et florissant, dont la nature humaine a joui depuis la mort de Domitien jusqu'à l'avéoement de Commode! Ce serait en vain que l'on chercherait une autre période semblable dans les annales du monde. Un seul monarque gouvernait alors l'étendue immense de l'empire, sous la direction immédiate de la sagesse etde la vertu. Les années forent contenues par la main ferme de quatre empereurs successifs, dom le caractère imprimait la vénération, et qui savaient se faire obéir, sans avoir recours à des moyens .riolens. Les formes de' l'administration forent respectées par Nerva, Trajan, Adrien et res deux Antonio , qui , loin de vouloir ren-
' < Arant sa saconde expédMoa contre les Germains , il donna , ■nattât trois Jours , des lamas «te saaaaaMjMaaa peupla raaaatn. U «nat é** tau) te sauna rata dans kl riaea4*<Mc« et d'Asie. BWatn Augwune, a» Cauio, e.J.
■ Mnst.ÀUB.,mWarc,J'N«w., c 18.
48 DEC AflEHOE BE L'«MP«E , JtÇMALN ,
Tenter l'image de la liberté , se glorifiaient de
n'ètn que les dépositaires et les ministres
de la loi. De tels princes auraient été dignes
de rétablir h république, si
eussent été capables de goûter \e& avantages
d'une constitution libre*
Ces monarques recueillaient sans cesse fruit de leur travaux. Ils avaient pour récompensa la, pureté de leurs mœurs, l'orgueil •qu'inspire la Y$rtu , et le plaisir inexprimable qu^ib éprouvaient à la vue de la félicité .■générale dont .ils- étaient les auteurs. Cependant one réflexion, jaste, mais bien triste, venait obscurcir ces idées brillâmes. De quelle douleur ne devaient-ils pas.ôtre, pénétrés, en pensant a4'instabiiité d'un bonbe.ur.qui dépendait d'un seul homme? Le moment fatal approJ.ait .peut-être où cette puissance, dont Us ne faisaient usage que pour rendre leurs sujets heureux, allait devenir un instrument terrible entre les mains d'un jeune prince emporté par ses passions, ou de .quelque tyran jaloux de son autorité. Le frein idéal du sénat et des lois pouvait bien servir à développer les ver tus des empereurs; .mais il était trop faible pour corriger leurs vices: le despotisme trouvait dans les troupes une multitude immense de bras prêts à frapper, et dont la force paraissait irrésistible; et les raœura des Romains étaient si corrompues, qu'il se. présentait sans cesse des flatteurs empressés à applaudir aux dérèglement, do souverain, et des ministres disposés à servir ses cruautés, son avarice ou ses crimes.
L'expérience avait déjà justifié ces sombres alarmes. Les fastes de l'empire sont bien précieux pour celui qui veut approfondir la uatnre d« l'homme. Les caractères faibles et incertains que l'on trouve dans l'histoire moderne, ne nous présentent pas des peintures si forces ni si variées* .11 serait facile de découvrir* dams «a conduite des empereurs
romains, toutes tes nuances de la vert a et du vice, la perfection la plus sublime , et la dégradation la plus, basse de notre espèce. l'fiapr ff-r é» Trijnn m àm kaèmm mnk
tile de parier des indignes successeurs d'Auguste ; s'ils ont été sauvés de l'oubli, ils en
sont .redevables £ llexcès. de hîurs^yjces.età la grandeur du. théâtre sur., lequel Us ont paru, h^ farottpbe Tibère , |fi furieux \Caligula, l'imbéoile. Claude , Je, cruel Néron,', (e brutal Yitejbus', ef je lâche, I)omjtie.u, sont condamnés à une réputation immorteUé^Pendant près de quatre-vingts, ans, Romonc respira que sous Vespasien et sous TituS.^I l'on en excepte ces deux règnes qui, durèrent pen, J'empire1, dans ce long intervalle, gémit, sons les coups redoublés d'une tyrannie.quî eï termina les anciennes famille^ de, là;r£jmbljgu/î, et qui se déclara l'ennemie de la vertu c\ du talent.
Tant que ces monstres tinrent les rênes de l'état, deux circonstances particulières. vinrent encore aggraver la servitude des Romains, et, rendirent leur position i jjjên.,pi|iis affreuse que celle des victimes (feja jyra.im je dans tout autre siècle,^. dafts^fl^e autre centrée ; l'une;, étaft le, sou,vem>. d^leur ancienne liberté , l'autre l' è tendue. .de. [la. monarchie. Ces causes produisirent Ja .sensibilité excessive des opprimés, et. l'impossibilité où ils se trouvaient d'échapper aux poursuites, de l'oppresseur.
I. Lorsque la Perse était gouvernée par les descendans de Seti , princes barbares qui faisaient leurs délices de la cruauté, et dont le divan, le lit et la table étaient tousleyours tciuts du sang de leurs favoris^ pn rapporte d'un jeune courtisan, qu'il ne sortait jamais de la présence du monarque, sans essayer si sa tête était encore sur ses épaules. Une expérience journalière justifiait le scepticisme de Rustan* : cependant il parait que la vue de répéo fatale ne troublait point sonsomÂeil, et n'altérait en aucune manière sa tranquillité.
< Viteffius dépensa, ponra table, «a
«Texprûaa les vices et ta ea
aux décence. Tuile rappelle un pourceau; nuis c'est an
substituant à ce mot grossier une très-belle imagé. ■ At
• FiteUùu, umbraeulis hortorum abditui, ut ignar» ■ tnimalia, quibut fi cibian suggéras, jacent, torptttt- ' W&t prateriia, iasuuitia, fittura, pari obttfUmm
• diaûtmU. Jtqœ Muai aeiiwre Arieino ilaidem et » mstrmtem,£tc. .«.(lacite, flirt, m. 36, a, 95. Suétone, in FiteLft- 13. JMan, L m, p. 1062.)
? L'CTJcnboniniBlvid iutPriscus et de la vertueuse Epo- HiaeaeaboiioteatlerÉgaeile Viaptsùn,.
»Voï»gesdeQwdineal,e»e,ïûi.nf,p..293,'
Il 'tSjM (fàë fe re#àrVj. flli SôTivèira'm trouvait te fflr^mrtrer flans' 1â; poussière; mais tin éa*t ifc'lH' fondre, une maladie subite, n'élawto pas nioiris funestes, 'lia sagesse ne (*HnnVanâdlr^éllepas de détourner les regards (leifeftA&i 1(M; tnalhèïirs ■ inévitables de la vie îunna'tne, éoof" se ' livrer entièrement aux plàis'irV Cjut fin 'font' le charme? Rustan se gWritiâï! d'être appelé l'esclave du roi. Vendu pent^eirt? pair des' parcns obscurs dans un piifs îdfn'iï ttitviiit jamais connu, if avait été eléVe'ihWllialicipfînc sévère du sérail ' : son Corn/' 'iès ISchèssés,' ses honneurs étaient autant de présens d'un maître qui pouvait, MuV'ftjftwiw',' Ws"' lui retirer. L'éducation qulf a^wtt'M?"'**. "loin dé détruire ses préju- ; gi^WnWéMniair'plus' fortement dans son Stik^lii f^gàë'^i parlait n'Agit dé mot poifr'éiprînVe'ritne constitution, Vjne celui de ilttttWe 'ttfH&fcte, !1 Ifeaîï dans l'histoire de' rtMtâH r/taVeette forme de gouvernement étàifrW,WnnVqTie fes hommes eussent jamais coïlÉ^.t/Alh>ranctléscommentairessacrés , detfë Ihrfc dry^n fit! enseignaient que le sultan AesAàïittlftfc âh grhntl prophète, et tenait son autorité du ciel même; que hi patience était ta prtÎBiféVe'Vcrtri d'un musulman, et qu'un svptaferfelt A son 'souverain une obéissance saW borues'. '
iWftoittiitiis avaient reçu pour l'esclavage des dhpiisitlons bien différentes. Courbés sonsle poWs dé leur corruption , asservis par la violence tnilita'ire , u"s conservèrent longtemps te» septimens de leurs ancêtres; et le souvenir de Cette noble libertédont ils avaient joà'pmâètaît ne pouvoir être entièrement dï*# ofcW*r mémoire. L'éducation d'HelvidSmif CcA^tfa^séas, de Pline et de Tacite, éUML la . mém» que celle de Cicéron et de Çnii 1 tt sajets de l'«npire avaient puisé rtaftrta |Mta»B^*ie He» Grecs , les notions les pÏHSJBjfïeV et terphjs sublimes sur la dignité
eT^e^ravmui premières dignités de
" fw rhra tes Turcs que eher les
«fcurb^ers de Géorgie et de Ctreasste
î iZMfeJM «V»* i^: lU-^PP"" européens ont ré- 'm^ft^BBÊnÈB^fVfwBÊif '^UAI|UL S idées de ht liberté el de bMMr éa gHWfcHnW éffcnr patrie : Bs leur ont lomhi ■■("■"■^^We. *■ ---*»— einon î.
T*lRi8b.'GÏLkON. ch. m.
de la nature humaine, et sur l'origine de la société civile. L'histoire de lenr pays leur inspirait une vénération profonde peur cette république dont la liberté, les vertus et les triomphes avaient été si célèbres. Pouvaientils ne pas frémir an récit des forfaits benreux deCésar et d'Auguste? Comment n'anratentils pas méprisé intérieurement ces tyrans, auxquels ils étaient obligés de prostituer l'encens le plus vil? Comme magistrats et comme sénateurs, ils étaient admis dans ce conseil auguste, qni avait autrefois donne des lois à l'univers, qui jouissait do privilège de confirmer les décrets du monarque, et qui faisait indignement servir sa puissance aux entreprises méprisables du despotisme. Tibère et les empereurs qui marchèrent sur ses traces cherchèrent à couvrir leurs attentats du voile de la justice. Peut-être gootaient-ils un plaisir secret a rendre le sénat complice aussi. bien que victime de leur cruauté. Le mérite n'osa plus se montrer. On voyait tous les jours les Romanis les pins illustres condamnés poor des' crimes imaginaires et pour des vertus réelles : leurs' vlfa accusateurs prenaient le langage de zélés patriotes , qui auraient cité devant îe tribunal de la nation un citoyen dangereux. Vu service aussi important était récompensé par les richesses et par les honneurs '.Des jnges'inîques et corrompus vengeaient la majesté dm la république, violée dans la personne dé son premier magistrat* : ifs vantaient surtout la clémence de ce chef snprerhé, dans le moment où ils redoutaient le plus les suites de sa fureur et sa cruauté Inexorable'! Le ty»
1 Ils alléguaient l'exemple de Scipion et de Caton (Tacite, Ann., m, 66). MarcrUuaEprtaa et. Crispa* VUutça guèrent, sous le règne de Héron, cmquaole-sii million* Leurs richesses, qui aggravaient leurs crimes, les protégé reot sous Vespasien. Voyez Tadle, Htsl. iv, «, Dialog. de Oral., e. S. KegHus, dont Pline-fe-Jeane nous» laisse In f iirïnii n iii lu il—i înm nui «■ miMlw. »■ oraemepa consulaires ci m oreaeal. d'*n OUicp trvw cent wiunte mille livres.
1 Le crime de lese-majesté Cul d'abord une offense de hurle trahison eontrr lepeapte romain. Comme" tribim «apeapte, AvgukterM ■n^rt tffkfitn* btw de erâaedetwr twhwleewtWiej mtmtMfmmm*, ei ils y donuÉreaL une «lcusiua munie.
3 Lorsqu'il ripjiiue, celte vertueuse et infortunée veuve de Gmonieus, eut éternise i mort, 1e sénat 'rendit du
ran regardait cette bassesse avec un juste mépris; et, loin de déguiser ses sentîmens, il opposait, à l'aversion secrète qu'il inspirait, une haine ouverte pour le sénat et pour le corps entier de la nation.
11. L'Europe est maintenant partagée en différens états indépendans les uns des autres, mais cependant liés entre eux par les rapports généraux de la religion, du langage et des mœurs. Cette division est un avantage Lien précieux pour la liberté du genre humain. Aujourd'hui un tyran qui voudrait fouler aux pieds les lois de son état, et dont le peuple serait trop faible pour oser lui résister, se trouverait enchaîné par une foule de liens. Le soin de sa propre gloire , l'exemple de ses égaux, les représentations de ses alliés, la crainte des puissances ennemies , tout contribuerait à le retenir ; la fuite ou l'exil lui déroberait bientôt les victimes de sa violence- Apres avoir franchi sans obstacles les limites étroites d'un royaume peu étendu, un sujet opprimé trouverait facilement, dans un climat plus heureux, un asile assuré, une fortune proportionnée à ses talens , la liberté d'élever la voix, peut-être même les moyens de se venger. Mais l'empire romain remplissait l'univers; et, lorsqu'il fut gouverné par un seul homme , le -monde entier devint une prison affreuse, ou l'ennemi du souverain était sans cesse poursuivi. L'esclave du despotisme luttait en vain contre le désespoir. Obligé de porter une chaîne dorée a la cour des empereurs, ou de traîner dans l'exil sa vie infortunée, il attendait son destin en silence à Borne, dans le sénat, sur les rochers affreux de l'Ile de Sérîphos, ou sur les rives glacées du Danube'. La résistance eût été fatale, la faite impossible. Partout une vaste étendue de terres et de mers s'opposait à son passage.
actions de grices a Tibère pour sa clémence. Elle n'avait ^agétéétra'SBjeepabtiquemeBt, etson corps n'aiait point ékeiposéaYi^ceuxdsainaltaiteursordinaircs.VoyM Tacite, Aiu., vi, 25; Suétone, »ic de Tibère, c. 53.
< Sérîphos, tle de la mer Egée , était un petit rocher dont on méprisait les habitans plongés dans les ténèbres de rignorance. Les chants d'Ovide nous ont bien mit conuatlre le lira de son exil. 11 paraît <rw ce poète reçut simplement ordre de quitter la capitale en tant de Jours, et de le rendre à Tomes. Il obéit, sans être accompagné de gardes aide geôliers. *
EMPIttE KOMAIN , (Ity dep, J.-C.)
11 courait à tout moment le danger inévitable d'être découvert, saisi et livré à un maître irrité. Au-delà des frontières, de quelque coté qu'il tournât ses regards inquiets, il ne s'offrait à lui que le redoutable Océan, des contrées désertes, des peuples ennemi*, wt langage barbare , des mœurs féroces, ou enfin des rois dépendans , disposés à acheter la protection de l'empereur par le sacrifice d'un malheureux fugitif. « Partout où vous lerex, * disait Cicéron à Marceilus, n'oubliez.. pas i que vous vous trouverez cgalenienl. à la > portée du bras du vainqueur .*. * ■ -