‹ Histoire de la découverte de l'Amérique [microforme] (volume 3)Chapitre 16 sur 29 · ENTRETIEN IX · texte numérisé non relu

ENTRETIEN IX

M. Hunrer. — Un peuple, mes enfans, est près de sa perte lorsqu'il n'est pas uni, parce qu’alors un ennemi ou un chef de faction qui se présente suffit pour le subjuguer. Un Etat n’est réellement fort, quoiqu'il le paraisse , que lérsque les actions de tous les membres de la société ont le même but, La moindre division dans la société, ou l'indifférence des individus pour l'intérêt commun , renverse facilement les institutions les plus: durables. Maïs un gouvernement comme celui de Atabualpa doit craindre les moindres troubles ; un tel roi ne peut mettre au rang de ses amis que

les hommes payés chèrement pour exécuter ses ordres , les princes de celte nature ont contre.eux tous ceux qui sont cuclins au travail, eb qui pensent que la justice est préférable à la générosité.

Fanapipannr. — Qu'a-t-il donc à se méler, le peuple, des querelles des gonvernans à Puisque l'obéissance est son devoir, ape à qi il obéisse P

M. Hunren, — Je continue mon bistoiro; tu verras ce qui résulte de la divergence d'opinions sur le chef d’un grand État,

Pizarre alla de Tumbès vers le sud jusqu’au moment où il parvint près de l'embouchure d’un fleuve qui est sur la carte et dont le nom est Piura. Près de là on voit Saint-Michel, premier établissement de l'Espagne dans le Pérou. Ayant trouvé ce pays favorable à ses vues, Pizarre résolut d’y laisser des troupes pour le cultiver, tandis que lui, accompagné de quelques soldats, pénétrerait bien avant dans le pays.

Sur ces entrefaites arrivèrent des députés de Huascar, qui, toujours prisonnier, implorait son appui contre son frère Atahualpa. La députation donna des détails étendus sur les troubles de ce pays; il conçut alors pourquoï on ne s'était pas opposé à ses projets. Des circonstances aussi heureuses firent justement concevoir de grandes espérances à un si rare génie, Qu'il est facile de

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PIZARRE. 183 subjuguer un peuple chez lequel on voit tant de divisions ! Sans la moindre hésitation, il marcha contre Caxamalca , où se trouvait Atahualpa avec des troupes nombreuses, l'élite des on de guerre du Pérou.

Ge dernier lui envoya bientôt des ambassadeurs avec de superbes présens. Les Espagnols avaient trouvé à Pu : un jeune homme qu’ils firent baptiser et qi appelèrent Philippino (petit Philippe) ; ils l'amenèrent, et dans cette circonstance ils en firent un interprète. Mais ce

‘secours n'aurait guère pu faire connaître le but

de l’ambassade si les présens remarquables des ambassadeurs n’en eussent donné l'explication. Philippino ne savait guère d'espagnol, et il ignorait presque les finesses de la lensue péruvienne. En effet , les présens annonçaient clairement des intentions pacifiques. L’interprète fit comprendre que l'Inca engageait les Espagnols à venir le trouver pour faire alliance. Des fruits, des étoffes magnifiques et bien travaillées , des vases d’or, d’argent et des pierres précieuses formaient les présens ; à cela se joignaient des brodequins de tonte beauté et des bracelets d’or destinés à Pizarre , et. il devait les porter pour que l'Inca pôût le reconnaître au premier abord.

Pizarre accepta cela avec plaisir, et march?

dès lors en confiance. Ferdinand , son frère, et

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