ENTRETIEN XIII
M. Huxran. — Benalcazor, que depuis quelques jours Almagro avait joint avec ses soldats, fut vivement inquiété en apprenant l’arrivée d’une armée européenne, On ne connaissait pas les in-
tentions d'Alvarado : venait-il en allié ou en ennemi ?
; que 2 VOYAGES, AT. .CONQUÊTES.
« 08, rétolof. dans, Set: embarrass: de:s'avañcer vers 4 et,sept çavaliprs, furent. à la découvert. . Le.hesard les poussa au miligu des, troupes; d'Al yarado,. où on les fit prisonniers, Ils favent pré- ‘sentés au commandant, qui, après quelques. Jégères questions sur le nombre et. la situation de leurs troupes, eut pour eux beaucoup: d'égardasiet .Jes, rendit ibres sans leur donnee aucune, rnials
commença ‘les féparatifs d’une lus Hibeltiute. Né exécrable ep dont, le vil intérêt :ouvrhit toujours le cœur aux lâches détours; ourdit ‘Ace sujet une horrible perfidie. Il ,s’avança dans le camp d'Alvarado, et lui fit l'offre de loi livrer Almagro et tout le pays. Alvarado, usant d'une noblesse généreuse, refusa cette vile proposition : une fois dû moins ; le crime et la trahison ne profitaient pas à ce malfaitcur.
Les deux armées continuaient cependant leur route, Quand elles se. virent. en présence, elles s’arrêtèrent comme pour attendre l’une de l'autre, ou une attaque ou une embuscade conciliatrice; mais aucun des deux partis n ‘était prêt à commencer ; et tout porte à croire que le combat se serait engagé sans l'intervention d’un homme prudent qui n'était pas militaire. Il conseilla aux deux armées de mettre bas les armes vingt-quatre
radcer uveréé.
a d'AIni prénes. kétion de arda, @t ommiscons de @& on ureuse.
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nt leur e, elles le l’auonciliaprêt à combat homme la aux “quatre
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“hoëres pour éontlure! unepaix une convention dans:lesirèglesfnt-faiteialors: On fi à Alvarada la promesse de Jui donner cént mille: piastres pour le dédemmager :déitèus lés::frais qu'avait nécessités
cette axpéiition.} moyennant cette somme, il pro-
mit, de son côté, dé reprendré/son gouvernement,et
.de,:ne plus «'ayisen-des entreprises qu'on:y-pourrait
tonter. sur Je. Pérou. Il implora et obtint ;la grâce de Philippino, doht;la vie fut encore un tissu, de -Houveaux: érimes. A ali do diniaitqul esf sine :.o Parlons 'un, pau. maintenant des infortanés Péruvions Depuis. leur réglement, Titu-Autaché, le frère d'Atahualpa; dontije vous. eptretenais hier, -axait droit au-trônes mais la mort vint metire fin .à.ses jour etison. frère; appelé Mancoi, hérita de ses prétentions, Co,dernier résolut d’aller.droit à Cuspo, pauriayoir mn.enlretien avec dpu , c'est le titrp:que,.dans leur.lpogage. les Péruviens, donnaient auchef.espagnol.. Ses amis Jui conseillèrent de. se désister de çe projet; de sc défendre plutôt les:armes à la main , et de forcer Pizarre à le re- .Barder comme seul et légitime souverain du, Pérou : aprne pouvait, disaient-ils, honorer, d'aucune confiance ces perfides Européens, qui pourraient bien, ua jour, le traiter avec toute la cruauté dont ils avaient usé envers son frère Atahualpa: Manco ne les écouta pas. Né généreux, il disait ne devoir redouter auoun danger de ceux vers: qui il. ne s’a-
vaucçait que pour négocier la paix ; il pénétradonc
dats. Guido: Dans cetteicirconstance!,; Pisabre ent |
la noblesse de né pas abuser dela confiance que Manco semblait avoir en:lui : il: f4:à l'Inca un ac- -cueïl plein d'égards, et le celguit ju bandeau pr insigne qui distinguait lés rois, °°. Cependant Alvarado, désirant voit Pistes avant à partir pour le Mexique, se dirigéait vers Quito avec Benalcazür et Almagro, qui l'accompagnaient.
Quisquiz les inquiétait, et ils furent obligés de li- | vrer plusieurs combats; dans lesquels ils eurent |
quatorre tués et cinquante blessés: mais enfih, lors-
qu'ils furent près de la villé où Quisquiz s'élaitreti- | ré,éelui-ci ne sut plus quel parti pretidre. Quelques |
officiers lui conseillaient de‘demandér paix; mais il déclara qu'il tuerait le premier qui li ferait une seconde fois cette proposition; ‘tant étuit grande sa haine contre les tyrané de'sa patrie; d'autres étaient d'avis de tentéh'ane bataille décisive ; mais ayant Fepoussé cette'préposition, un officier, outré d’indignation, le perça’ de sa lance. À l'instant les soldats péruviens se séparèrent : les’ Espagnols prirent possession de la ville sans difficulté.
À la nouvelle de l’arrivée d’Alvarado, et d'après |
l'accord qui avait été fait avec lui, Pizarre pensa qu'il y aurait du danger à cé qu'un rival aussi redoutable eût connaissance du riche butin qu'il avait trouvé à Cusco, Ilse décida à aller au devant
de lui r venir à mille pc time ét:
tres, eh
Qui avai magnif varadé des hor son got
\1Piga
pour € partir 4 traiter qui sé Jaissés
manité J’aban … Pis qui fù ç0n gr bord |
étradonc sabre: ent | nee: ‘que ja un acbandeau
rré avant rs Quito agnaient.
rés deli- | ls éurent | ati, dors- | re réti- |
Quelques Jaix; mais férait une t. grande d'aatres ve ; Mais er, outré istant les spagnols &
bd’après |
ré pensa aussi rein qu'il 1 devant
PIZARRE, |! | ‘215 delui , et l'éngagea à remplir :sapromosse, de :revenir à Guatimala. :Pour flatter'sa vanité, il lui fit mille politesses et le combla de témoignages d’estime ét d'égards ; il joignit même cent mille piastres, eh gratification, aux cent mille piastres qu’il
lui avait promises, et il y ajouta même dés ‘vases
magnifiques:et beaucoup de belles pierreries. : AL mc laiésa dans le pays la plus grande quantité des hommes qu'il avait amenés, et ae pe son gouvernement.
-Pizarre; étant obligé de se Die vers es côtes pour exécuter un projet dont je vais parler, fit partir .Almagro pour Gusco, lui reeommandant de traiter avec douceur Finca et tous les Péruviens qui s'étaient rendus volontairement 'et:qu'il avait laissés sous la surveillance de ses frères. Cette hamanité et cette sage pose n'auraient ras l'abandobner.
Pizarre avait tré AE & fond: ‘ane ville qui fût le contre de ses conquêtes et la capitale de son gouvernement. À cet effet, il choisit, sur le bord d’unifleuve appelé Kimae , et qui prit le nom de Limaiét peu loin de la mer, une vallée agréoble et fertile, à treize degrés de latitude sud. Il en posa Ja première pierre le jour des Rois, d’où il nomma cette ville Los-Reyes.
.Taéôpons. -— Porte-t-elle encore ce nom ?
M. Hunrsn, — Qui, mais ce n'est que dans les
tribanaux d'Espagne; :partont: ailleurs, on la nomme Lima, ainsiique-votis le savez, car nous -avons, dans quelques: occasions!, parlédes trem-
blemens de terre qu'elle a éprüuvés souvent.
(UT Le faste, lailuxe:et la volupté:ne furent :portés
aussi haut dans aucune autre ville dun monde; car |
Ja femme.d'un négociant met: jusqu'à:cent ivingt mille francs. de RER de dentelles ua sa “parure:: THE : L Hp 2 Cette nouvelle ville parti chtiecies ti tant les, travaux furent poussés avec rapidité 1Pigarre y fit bâtir un palais superbe,xt ses officiers ; à son Ææxemple , des maisonssuivant leur fortune.
Cependant Ferdinand Pigarre, porteur de l'immense quantité, d'or. et d’argénét, qui revenait à T'empereur, arriva en Espagne. L'empereur et la mation. farent dans l'enthousiasme à le mue de ces immenses richesses. Ferdinand fut comblé decaresses. et de preuves-de ;cansidération parila cour et la ville, I1 fut nommé , chevalier! deSaint-Jacques, honnèur qui était: brigué par:les plus anciennes familles d'Espagne, Son frère François:ét Almagro furent.nommés marquis, «et Pizarre! fut confirmé dans sa qualité de gouverneur da Pérou, dont le gouvernement fat étendu soixante-dix lieues de côtes vers le sud, et on ‘dorina à ces vastes contrées le nom de Nouvelle-Gastille. Almagro fut nommé vice-gouverneur, comme Pisärre
» Lon Ja car nous xs frem-
né:
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de; car |
ùtivingt | déns: sa
,: tant Pigarre rs; à son 1e. :: :
de: l’imevepait à euret la ue de ces lé decar'la cour aint-Jacplus anañçois:ét garre! fut a:Pérou, kante-dix na à ces tille. Al- 18 Pisérre
2 PIZARBE, : … 0? 17 le Jai avait promis, ave plus de deux cents lienes marines vefs-le sud,.come gouveshement indépendant » dcpuis les limites de ' celui. de: Pizarre.
* Hennr.— Ne -donnait-on: pas à Almagpoile gouvernement d'un Pays encore incônnü aux) sla-g gnolsP, ,, ui », He
M Hunren. + C'est vrai, mais on pensait qu'ils s'en rendraient maîtres. ::: ©} .! 0:
Joux.—C'est le-.Chilis: 01 il
M. Huxren. — Précisément, et qui: ft: tinppélé Ja Nouvelle-Tolède dans la patenté que délivra l'empereur.
: Tout cela fut conau,eu à Pérou aventile retour de Ferdinand, Qu'en: résulta-t-il? ce; qui :arrive presque toujours aux hommes; dé devenir inso- Jens et; de prendre uné trop haute opinion de soimême. Nous en,yerrons,un exemple demain dans Jes deux/chefe.de Larmée éépagnole.., 1: 1
AENTRETIEN XIVe ' | e | (ATIITE \
1 JON. Pivarre et élire 8e, quersllèrenh enpris eux sur le partage des fruits de: Jeurs,crimes et dé leur cruauté, +25
M. Hunren. + En, effet ; mes enfans, ' eut à peine connaissance qu'on venait de lui don-
ul, 10
ner üaigouvernement indépendant, qu'il'soutint queila! villede: Cusco, résidence dés Intas , était dans lé pays qu'il devait éonquérir du côté du sud, ét'qn'en tonséquence Pizarre devait lui céder-cette ville: Mais celui-ci,/que les faveurs dent. il venait d’être comblé rendaient encore plus avide de-domination’, se refusa fortement h:sa demande. La querelle s’anima , et les Espagnols prenant parti les uns pour Rizarre êt les autres pour Almagré , les Péruviens étaient sur le point de voirla guerre civile allumée entre leurs oppresseurs.
Ces deux chefs désiraient cependant secrète
ment: parvenir ‘à un éécommodemenñt, tant ils. avaienti ane/haute opinion l'un dé l'autre. Pizarre fit des propositions de paix, et Akñagro, naturellementlfranc, ne fat pas éloigné de les écouter. On convint: donc qu'Almagro commeneerait à tenterde s’emparer.du Chi, ét'que fi ce pays n'était pas aussi grand qu'on le croyait, et que le rapport n’en fût pas assez-considérable, Pizarre lui céderait alors une partie du Pérou.
Quoique Almagro fut ; pét-l'expérience qu'il en avait faite, combien il pouvait peu compter sur les promesses de son associé, il conséntit à-cet arrangement , qui fut scellé avee les mêmes cérémonies religieuses que le premier serment de leur confédératien, et Almagro:se prépara de suite pour son
expédition contro le Chili.
- autres
Ur trepris ses dr:
quinze
On.
lune, frayée Ligne Pérou qu'au à caus monts on é monta viens, quoi Je payi ces m certitu Le fro
pouva cice c
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moyer leursc
posiia
int ils.
izarre urelle-sr. On enter n'était apport éderait.
qu'il en sur les }arranmoriies .conféour:40n
‘., RIZARRE: , 219
Il rassembla une armée praportiannée à son entreprise. Six cents Européens se rangèrent sous ses drapeaux, et l'inca Manco fournit un corps. de quinze mille Péruviens,
On se rendait de Cusco an Chill par Fe ee l'une, dans la plaine, tout le long de la mer, était frayée et pratiquée; et l’autre, traversant.en droite Jigneles hautes montagnes.qui séparent Je Chili dau Pérou, était beaucoup plus courte. Mais ce n’est qu’au cœur.de l’été.que cette route est praticable à cause du froid excessif.et des neiges dont ces montagnes sont couvertes ordinairement, et même on yéprouve.en.été des difficultés, presque. ingurmontables. On n’écouta pas le conseil des Péruviens, qui était de prendre le chemin le.plns aisé, quoiqu'il fût plus long. Aussi Almagro et la:traupe le payèrent bien cher, car plus ils avançaiont dans ces montagnes hornibles , plus ils :açquéraiant. la certitude de ce que leur avaient dit les Péruviens. Le froid était si violent .que.le mouvement seul pourait les empêcher de périr; Cependant.cet.exercice conlinuel épuisa bientôt leurs, forcpg, , et les horreurs de Ja famine se: joigeantià tontes, leurs
- autres mrisères , puisque dans ce pays.continuelle-
ment couvert de neiges ils ne trouraient, aucun moyen de subsistance, ils furent obligés le manger leurschevaux. Mais ce.quiaserat laur melheunense position, c'est qu'ils étaient souvent attaqués, par
les sauvages qui habitaient ces montagnes , et qui n'étaient pas moins courageux qu'habiles à tirer de l'arc.
L'armée d'Almagro diminuaït sensiblement par tant de calamités réuniés. On voyait des Espagnols et des Péraviensentore plus gelés, sans vie, debout comme des statues, adossés contre un arbre ou
‘un rocher, dans la même position où ils s'étaient trouvés en expirant. Au rapport même de quelques historiens, cette armée, de retour diaq mois après, aurait vu ces hommes gelés dans la méme po-
‘sition , teñant les rênes de leurs chevaux gelés
| -cémmé éux, ét 'dônt la chair encoré bonne servait à rassasier les Etpägnols affamés qui trouvaient ce mets excellent.
‘Enfin ils arrivèrent ‘au pays fertile et en‘hanté del Gi ; après des fatigues inexprimables. Ils furent entièrement satisfaits de la partie bassé, qui, du levant au sud , longe les côtes dé la mer. Le climat est des plus agréables et des plus tempérés, et la fertilité du sol est incomparable. Ce pays, ‘situé près de” l'équateur, devrait être regardé commetrès éhaud, mais les hantes montagnes des Cordillièrés ou Andés d’un côté, 'et l'Océan du sud | ‘dé l'autre , témpèrent Ja chaleur et entretiennent | ‘an agréable printemps. Toutes les plantes euro- ‘péennes ÿ viendent comme sur le sol natal. Les ‘Hétés L'cbrnes et les Chevaux qu’on y a introduits
s, et qui s tirer
», debout arbre ou s'étaient
bnne ser ouvaient
en‘hanté ables. Ils )assé, qui, \ mer. Le tempérés, Ce pays, e regardé tagnes des
éan du sud |:
retiennent ntes euronatal. Les introduits
PIZARBE, , 291,
de l'Espagne ont tellement gagné en. taille et.en. beauté, qu'ils surpassent les plus | belles races es pagnoles. Enfa,,le climat a tous les avantages de la belle province de Quito, et il n’en a pas les inconvéniens ; il n’est pas sujet aux orages et aux tremblemens de terre qui riligent les habitans de cette contrée.
Lima et Saint-[ago, ciitales du Pérou et du.
Chili, font entre elles le commerce , quoiqu'elles ve soient pas sur l'Océan, mais sur des fleuves qui ont à leur. embouchure deux petites villes uommées Galao et Valparaiso, qui servent de port à Lima et à Saint-lago. Avant qu'on eut porté les <onnaissances de la navigation au point où elles sont aujourd'hui, la crainte de s’égarer dans l'Océan du sud, faisait qu'on ne se hasardait pas à perdre les côtes de vue. Ces côtes, comme on le voit sur la eatie, font un grand contour,et comme la navigation. est plus dangereuse près des côtes qu’en haute mer, on mettait alors un an pour aller de Calao à Valparaiso.
Cette route longue et pénible a été suivie, pendant un siècle; mais enfin un habile pilote s’ayança plus loin en mer, trouva les vents alisés, et indiqua une route plus accélérée dans laquelle on était exposé à moins d'écueils,
Ce pilote était digne d’une récompense; mais l'inquisition vit sa conduite d’une tout autre ma-
: nféré ; trop ‘peu éclütréd pont juger les arantages : dé Ta nduvétlé routé, ellé pensé qu'il n'avait pi exé cütef' cé long voyagé’/ent un: duèsi! court: espace: de temps, à moins qu’il'ne fût sorciér, Ir fut misen ptibon ‘et allait périr sur ati! bûcher, suivant la coûtume de cet infämre tribunal.
Mais heureusement le pilote, dans sa prudente, aYait conservé le journal de son voyage, où il avait détaillé avec exactitude le chemin qu'il avaît parcouru’ chaque jour ; il l’exhiba pour se justiflef, et'alors on conçut 1x célérité dé sontrajet, et on ne püt pas le condamner,