ENTRETIEN XVII
M Mes sa Nous allons voir, mes ‘enfans quels:moyens Pizarre va mettre en usage rss se âirer de sa position critique.
| Il ne savait encore rien des événeméns dé Cüs-. co et des environs; les nouvelles qu'il et’réçut bientôt, firent sur lui l'effet d’un coùp de foudre. La mort de son frère Juan , lé retour d'Almagro l'arrestation de ses deux autres frères , la prise de la capitale : la défaite de son fidèle ami Alvarado, un seul de'ces événemens eût été capable de faire perdre la tête à tout autre hommé moins ferme que notre héros. Mais son âme était assez forte pour soutenir ces orages redoublés. La franchise d'Almagro lui était connue; il savait aussi combien lui-même était fécond ‘en expédiens et en subtilités ;. il fonda, sur ces deux basés, l'espoir d'améliorer bientôt ses affaires. Comme 'il atténdait la prochainé arrivée d’ün renfort comidée table parti de Panama, ik cherchait à gagner dû
temps-ét à tenir Almagro en action Jusqu'à cé
qu'il eût des forces égales où même supérieures à
celles de son rival, 11 sut si bien faire durer les
négociations, qu'il parvint facilement au but qu’il 10,
voulait atteindre. Tantôt il paraissait adhérer à ce qu'Almagro lui proposait; tantôt'il suscitait des incidens que son adversaire, trop loyal, n’avait pu prévoir. De cettemanière, ilréussit à tenir Almagro dans l’inaction pendant un mois entier, mais lui n'yrestait pasi Il mità profit cet: interalle pour. se procurer des renfortsiconsidérables, tant en soldats qu'en munitions; et ik était au moment de se montrer à découvert, lorsque) la fortune lui apporta un secours.tout-à-fait inespéré. Non seulement ses: frères Gonsalg et Alvarado parvinrent à.s'échapper. de leur prison, mais encore à faire déserter soixante cavaliers d'Almagro, avec lesquels ils vinrent le rejoindre: Gét événement remplit Pizarre de joie, autant que le perte de deux otages si han: causade douleur à Almagro.
Comme Ferdinand, l'antre frère de Pizarre était resté dans les fers ; il n'était pas prudent de Jever le masque avant de lui avoir promis la: Hiberté, Cela était d'autant plus difficile, ‘qu'il évait gardé, avec. plus de vigilance depuis l'évasion de Gonzalg et d'Alvarado, Pizarre cependant y réüssit, à l'aide d’une nouvelle perfidie : il maaifestal le plus vif désir de se réconcilier, et proposa de soumettre la décision de leurs différens: à l'empereur lui-même, Almagro accepta ces propositions, et le fourbe négociateur ajouta qu'il lui fallait
érer à rscitait 1, n’aà tenir entier, t'interpables, btait au sque la espéré Jvarado pais CD imagro,
la perte vuleur à
| lui fallait
D'Aañdes ‘435 vendreila Hisürté'd'son frère , ét'qu’élors ils pour ruine: l'envoyor comtthé ‘lebr “pléhipotentiairo commen, afin: qu'il pût raconter à: l'éipeleür l'étatiet la: oause deleurs différens. Cette rust: produisit soneffet, et Ferdinähd técouvra 4 Hberté, Alors: l'inféne hypocrité agit à découvert , ét Alamageo' apptit’ avec surprise que leurs: discussibnis étaient de nature # finir por l'épée, et non attrement: :
Que:votre pensée s'arrête un instahf sur-an si dégoûtant procédé; et votre indignation sera à son comblé, Quelqu'un de vous pütrtait-il avoir de l'estivne ou de’ Fattachemént pour Pizarre ? Voudriez-vous vivré/avec c:' scélérat ? or il “Vous pour ami? |
Vraïment noni Vous voyez par là, mes aimables amis, que les talens les-plas rares (et Pizarre en
avait beaucoup), ni les’actions les plus brillantes, me sauraient faire qu’un homme soit digne d’es-
time lorsqu'elles ne marchent point de pair avec la franchise etila justice. L’homme rusé et hypocrite'se couvre d'une infamie que ne sauraient beffe- <er les plus grands talens, :
Lorsque Pizarre eut entre ses mains ceux dont la vie était exposée, sa manière dé parler et d’agir changèrent entièrement, Son armée s’était accrue d’une manière considérable pour le temps et pour
le pays où il'était : il avait deux compagnies en-
tières de. fusiliers, çe: qui. était.-fort étonnant | alors; les armes à feu étaient, même en Europe, peu employées. Ses frères, étant impatiens de se venger envers Almagro de leur captivité , il leur livrala plus grande partie de’ ses troupes, et:où ge mit.en marche pour entreprendre cetté guerre civile. Almagro aurait po aisément se poster d'une manière avantageuse dans les Andes où Gordillières, par où devaient inévitablement passer les soldats ; s’il l’eût fait, il aurait po, dans les-défilés des montagnes, et avec peu de monde, détruire Jarmée des: ennemis composée. de ‘sept! cents hommes. On est d'autant plus fondé à croire celà que le climat de cette contrée, que: de nombreuses expériences ont fait connaître d’une manière incontestable, lui eût été tout-à-fait favorable, :
Joux. — Pourquoi cela? :
M. Hunren. — Quand après avoir passé par les plaines de Quito, on traverse les Andes, toujours couvertes de neige, on est inévitablement atteint d’une maladie semblable à celle qu’on éprouve à un premier voyage de mer ; on lui donne pour cela le nom de mal de mer. Ilte.sera facile, Ferdinand, de nous dire ce que c’est, car tu en as ressenti les effets avec moi,
Fenpinanr. — Je ne puis y penser sans frisson-
ner. J'eus d’abord des vertiges; tout tournait à mes côtés, mer, vaisseaux, cnfin tout ce qui s’of-
frait :
ouver vais r avec
sayai:
tomb yais ] était
mir,
à tot
Loujours t'atteint rouve à our cela dinand, senti les
frissonurnait à qui s’of-
vo BISARBES : 20 257 frait.à mes .regards; les yeux.ne pouvaient rester ouverts. J'étais pâle.çomme un cadavre; jene pouvais rester, dans aucune position; je me. ttainais avec peineiet j'avais de cruelles angoisses. :J’essayais en vain de. me lever.et de faire un pas ; je tombais et je ne pouvais plus me relever, J’éprouvais les effets d'un évanouissémerit; mon estomac était vide,et cependant je ne céssais pas de :vomir, et tout cela dure Jlong-temps. Je fus en butte
à tous ces maux pendant, quaranté-huit heures,
c'est-à-dire pendant tout le temps de l'orage.
M. Hunren, — Ceux qui traversent les’ plaines chaudes de: Quito, en passant parles montagnes froides qui,sont à l’entur, ressentent tous les ef- {ets de la maladie que tu viens de nous représenter comme si affligeante. I1 eût donc été facile à Almagro.de détruire l’armée de Pizarre : il n’aurait eu qu’à aller à.sa rencontre jusqu'aux défilés des montagnes. [l aima mieux attendre l'ennemi dans les plaines de: Gusco; ce fut pour deux raisons, D'abord il ne voulait pas être accusé d’avoir commencé la guerre. civile, et puis sa cavalerie étant meilleure-que celle de l'ennemi, il était bien aise de la mettre dans une bonne position. C’est pourquoi il fortifia Cusco de son mieux, et il mit soi armée en bataille: et dans une situation favorable.
Mais il sentit son malheur lorsqu'il jugea qu'il m'était pas en,état; de se mettre à la tête de ses
238 VOYAGES #4 CUNQUÊTES.
troupes, Sarsnté était alréiée piatinés ‘iighes et son) gturid ‘âges il ne pouvait gubré #e séttètir, Parmi ses cffitiers, iren était pléir débtavoure ot’ d'imtrépidité ; :c'étwit/uxy serwidur dévéné à son grinee. Cependant les'sohlats: n'avalestiÿas pour Jai d'attachement:et la vérération queis'étaient:acquislevénérable Almagre ; son:nom était Orgo- | gnes, :Ge fut: lai qui: eut derniers troupes, : .: :
À l'approche de jonx déiaf, Pisarse franchit les montagnesi sans accident, et s’avaitee vers-Guseo. Lestroupes étaiontien face et sur le point d'en venir aux mains. Le drapeau impérial: flottait dans les “leux camps, et la grande:lutte quialbais s'engager, avait aitiré un nombre considérable d'habitans qui, placés sur des élévations , voulaient contempler le massacre que les insatiables oppresteurs de ce pays devaient occasionner entre eux. Almagro était malade ; il se fit porter: de la ville snr'une petite élévation d'où l’on pouvait, tout à'son aise, voir le lieu où devait se livrer la bataille.
Le sang coule à grands flots; partout on se bat avec rage: on :appellerait cela du courage, et on l'admirerait, si on no savait que l'ambition et d'intérêt font mouvoir tous les ressorts. Les preamiers corps d'Orgognes souffrirent beaucoup au premier abord; aussi ils lâchèrent pied, et finirent par ne plus entendre la voix de leurs chefs, qui
'habitans Contembresieurs x, Alma- > sur'une son aise,
n se bat
e, et on bition et es pre- Coup au finisent fe, qui
voulsient les rie dbalinnni perdit espoir,
et ne voulut point être témein derseitiinfortonset
docelle.ds son chef. Accablé dedoulbur, et poussé
per le désespoir, il fitane nouvelle attaque en di-
sant : « Per:la Divinité-qhipent tout, je remplirai
»-mon devoir, :et courrai à la mort! vienne avec
moi qui voudra» Aussitôt: il court sur lai troupe
commandée par Gonzales Pizarré et Alvarade : il
se fit une mélée, le éarnage devint'affrenti :
… Orgognes fut:blessé à Ja tôte par uné balle qui
brismsoncasque, mais il ne quitta pas le combat
pour cela; ayant soif de sang , il tus-deux soldats
ennemis,iet enfonça sa lance danis La bouche d'en
domestique de Ferdinand Pizarre, qu'il'avait pris pour son maître à cause. de son megtilique costume,,
Orgognes eut beeu faire dés prodiges de valeur, ses ennemis étaient trop nombreux pour qu'il pût se tirer de Jà : deux cavaliers s’ensparèrent de lui.
Ges soldats, ayant encere quelque sentiment d'humanité , ne lo maltraitèrent point ; mais pendant qu'ils cheminaient, ilen vint un troisième qui prétendit avoir reçu de lui, dans le temps, une injure personnelle, et qui eut la barbarie de le décoller d’un seul coup de sabre. Sur d’autres points, il so faisait aussi de pareilles atrocités; c'était presque en vain que Ferdinand Pizarre et ses officicrs, sûrs de la victoire, s’efforçaient alore de
s4o VOYAGES BT 'CONQUÊTES,
mettre ün-terme au cèrnagé. Ruÿdias l'un ‘des officiers de Pisarre, sauve: an'de sès amis, et pour le mettre tont-à-fait hors de dimger, il'le prend en croupe derrière lui : ‘un sldsi ; s’en ‘apèrcevant, l’étend raide mort d'an (coup de lance.
> Vous n'aves pas oublié, mes amis, que le respectable Almagre voyait, du haut de là montagne, la triste défaite de l’arrnée, et ne pouvait remédier à ce malheur. Accablé d'inquiétude, transporté de colère et de rage, son âme guerrière oubliait son âge avancé;. mais quand il.vit que ses troupes étaiént vaincues sur tous Jes points; il fut près de succomber à là douleur, Il vit que! tout le monde fuyait, iltenta de fuir, mais il tomba vivent entre les mains de ses ennemis.
À Dieu ne plaise que ses walbeuté: soient sans consolation ! Sa destinée dépend à cette heure de ces vainqueurs inhumsins, qui ne voient que des victimes dans leurs prisonniers; il n'est guère probable qu’ils aient pour lui les. v— ad réclame sa position.
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ENTRETIEN XVIIIe.
M. Hunran. — Cusco se rendit sans résister le moins du monde. On enchaîna Almagro et on
droit la vol le po
J'un ‘des ), et pour le prend l''apérceice.
e le resobtagne, remédier sporté de bliait son troupes t'près de le monde ont entre
ient sans
PIZARRES CIA
chercha à s'assurer de lui comme d’un prisonnierd'État. Pendant plusieurs mois on fit en sorte de taire ce qu’on ferait de lui, et on eut soin, en attendant, d’éloigner de Gusco tous les hommes qui pouvaient l'aimer. Ils conseillèrent aux chefs les plus vigoureux d'essayer de soumettre à Ja puissance espagnole les parties les plus reculées del'État. Les partisans d’Almagro sortirent du lieu où leur maître était en captivité; ils s’en allèrent parce qu’ils ne pouvaient lui porter aucun secours, Alors on ne vit plus à Cusco aucun des hommes qui portaient ombrage aux Pizarre.
Leur départ mit : rinqueurs à lour aise ; ils se préparèrent à fa. :vndamner le vieillard par des juges de leur choix. On disait qu’il avait trahi l'État, ou du moins qu'il avait commis un délit envers le pouvoir législatif. À les entendre, la ré-. bellion envers l’empereur et l’empiétement sur les droits du gouverneur étaient évidens , tandis que la volonté du maître était encore inconnue, et que: le pouvoir de Pizarre n'avait pas encore été fixé. Almagro soutenait qu’il n'avait eu nulle envie de nuire à son associé; que s'il était devenu maître de Cusco, c’est qu'il avait vu là une ville qui lui appartenait d’après les traités. Un arrêt de mort fut la réponse à ses justes raisons.
Cette condamnation émut vivement Almagro,
| quoique d’ailleurs il eut affronté la morten mille
Ile 11
circonsiances. Il eut horreur de la mort qui lui serait donnée par un bourreau; son héroïque courage l’abandonna ; il demanda grâce , en pleurant, à ses féroces vainqueurs. Il parla de la vieille amitié qui l’avait lié à son frère et à lui-même, Il leur dit que ses prisonniers, à lui, n'avaient jamais été maltraités. Il voulut les toucher en leur parlant de son âge et de ses infirmités, enfin du désir qu’il avait de réparer ses fautes par un sincère repentir, et du besoin de s'occuper exclusivement de son salut éternel, dans le peu d’instans qu'il lui restait à vivre.
La plupart des vieux soldats furent sénaibles k toutes ces choses, mais rien ne put fléchir les féroces Pizarre ; on insulta à son malheur; on lui disait qu'un grand homme devait savoir mourir, et qu'il ne fallait pas s’abaïsser jusqu’à demander la vie; qu'il fallait s’armer de courage, ct se résigner noblement et en bon chrétien à une triste fin que rien au monde ne saurait pu Les tigres |
Almagro renouvela ses supplications; tous ses efforts furent inutiles ; la sentence ne fut pas révoquée , et ce fut alors qu’il s'arma d’un véritable courage. « Arrachez-moi la vie , leur dit-il, buvez mon sang! » Par son testament, qu'il fit avec beaucoup de calme, il donna tous ses biens à l'empereur et à son fils unique. On ne se contenta
rt qui lui ique coupleurant, la vieille même, Il ent jamais leur parfin du déin sincère usivement stans qu'il
sénsibles à chir les féur; on lui mourir , demander t se résie triste fin cher. Les
; tous ses
PIZARRE, VAS pas de l’étrangler en prison, il fallut encore le décapiter sur la place de Cusco. Telle fut la triste fin d’un vieillard honorable , âgé de sorxante-dixsept ans.
Personne ne fu: plus sensible à la mort d'Almagro que Diègue Alvarado, officier distingué,
Tuigrai. — Get Alvarado n'’était-il pas très attaché à Pizarre ?
M. Hunren. — Celui dont je vous parle portait le nom de Diégo, tandis que l’ami de Pizarre
s’appelait Alphonso.
Diègue d'Alvarado avait puissamment contribué, par ses conseils, à la mise en liberté de Ferdinand Pizarre ; aussi, se reprochant d’avoir. contribué à la perte d'Almagro, il en ressentit la plus vive douleur, et résolut d'en tirer vengeance.
Pour exécuter son projet, il saisit la première occasion pour aller en Espagne, et dès son arrivée, il se rend à la cour et y fait un tableau horrible, mais bien juste et bien mérité des frères Pizarre. Il s'aperçoit de la sensibilité de l’empereur, et. il en profite pour solliciter la permission de demander justice l'épée à la main à François Pizarre , qu’il accusait comme l’auteur de tous les maux, Cet usage de défier en un combat singulier existait encore. Le souverain ne donna pas sur-lechamp une réponse décisive, ct quelques jours
après Alvarado mourut subitement. On pensa que les amis de Pizarre l’avaient fait empoisonner.
Du reste, l'accusation avait produit son effet sur tous les esprits. Mais on ne savait comment se: défaire des Pizarre , tant était ER l’idée qu’on avait de leur puissance,
FenpiNAnn. — Je serais bien fiché que ces brigands ne fussent point punis !
M. Hunter. — Vous ne tarderez pas à voir quelle fut leur récompense.
- Sur ces entrefaites , Ferdinand Pizarre forma le projet d'aller en Espagne pour se disculper et tâcher de détourner l'orage. Ses amis l’en détournaient et lui conseillaient d'attendre au moins le résultat des délibérations de la cour. Ferdinand, plein de confiance, ne voulut rien écouter; il partit.
Avant son départ, il recommanda à son frère François de se méfier des partisans d'Almagro, et de ne pas les laisser réunir en un nombre de plus de sept personnes. Il ajouta que, sans cette précaution , il s’exposerait à quelque attentat contre sa vie. Ils étaient aveugles : l’un voyait le danger de l’autre , et aucun ne voyait le sien.
Ferdinand se présenta à l’empereur avec la magnificence d’un roi; il prétendit qu'Almagro avait été agresseur, et que, dès lors, il avait fallu le traiter comme un rebelle. Tel était son langage
Jensa que aner.
son effet
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Jée qu’on e ces brias à voir forma le per et tâ-
nn détour- . moins le
PIZARRE, 245 pour détruire l'accusation d’Alvarado. La cour ne se crut pas assez éclairée, et ne se prononça pas. Cependant , comme la mauvaise foi et la tyrannie des Pizarre étaient de la plus grande évidence, on crat devoir s'emparer de Ferdinand. Je ne vous parlerai plus de lui, car on le je‘: & ‘son, etil y resta plus de vingt ans. Les uns diseut qu'il y périt, d’autres assurent qu’il récouvra la liberté avant de mourir.
François Pizarre, de son côté, était fort tranquille, et la cour n’osait l’obliger à rendre compte; elle voulait cependant savoir au juste ce qui se passait au Pérou. On résolut d’y envoyer.un com-
missaire qui pôt prendre sur les lieux les rensei-
gnemens les plus positifs et donner des ordres sur la manière d'administrer à l’avenir.
La mission était délicate et importante; il fal- Jait pour la remplir un homme qui eût de grands &alens, une probité et une fermeté à l'abri de toute atteinte : on trouva toules ces qualités dans Vasca de Castro, qui fut nommé commissaire.
Pendant qu'il sc prépare à partir, nous allons æevoir ce qui se passe au Pérou.
Pizarre gouvernait avec une autorité ct un despotisme d'autant plus illimités qu’il n'avait plus de rival; il donnait indistinctement des titres et des terres , et il ne fit en cela ni acte dé justice ni acte de sagesse. Il s’empara pour ses frères , pour
ea ee TS TT TS Ne CCS SE
ses favoris et pour lui-même, des contrées les plus productives et les plus agréables , et accorda le rebut à ceux qui s'étaient illustrés par leur valeur on ieurs services. Les partisans d’Almagro, quoïque braves et dignes de considération sous tous les rapports, étaient écartés de tous les em- -plois ; ils avaient la misère en partage. Écoutez, à ce sujet, un trait que nous a conservé l’histoire : Douze nobles qui avaient figuré parmi les officiers les plus distingués de l’armée d'Almagro s'étaient retirés dans une maison où ils vivaient en commun ; ils n’avaient à eux tous qu’un habit; il était toujours destiné à celui qui sortait; les autres restaient au logis. | R Cnanies. — Et parmi les officiers , ne s’en trouvait-il pas qui pussent leur donner des habits ? M. Huxren, — Les amis s'étaient éloignés pour ne pas être suspects aux yeux du gouverneur; on n’osait avoir aucun commerce avec eux. On conçoit très bien que ces hommes qui avaient tout . perdu devaient avoir conservé le plus grand ressentiment contre Pizarre : aussi il devait constamment craindre l’animosité et la haine de ces bommes dont il connaissait tous les sentimens héroïques. Le gouverneur, aveuglé par son imprudente témérité, ne voyait pas où tout cela pouvait le conduire ; il faisait peu de cas des murmures , et continuait toujours à combler d’honneurs et de biens
; ilétait s autres
en trouabits ?
nés pour erneur ; eux. On jent tout and res- ‘onstambommes poïques.
dente tétle con- - et conde biens
PIZARBE, 947 tous ses favoris, Parmi les victimes de: son despo: tisme se, trouva Benalcazar, qui s'était rendu maître de Quito; il lui enleva le gouvernement de cette contrée, et le confia à son frère Gonzalez. Ce fut ce même Gonzalez qui eut la conduite d’une expédition de la plus hante a ss Je vous en parlerai demain.