LAC ETC
ENTRETIEN xl.
M. Hunren. 2: tipenahé 1 Narvaez était déjà arrivé jusqu’à Compoalla. Sandoval, dans le dessein de rejoindre l’armée de Cortès , avait quitté Vera-Cruz dont il avait confié la garde de la colonie à ses alliés les Indiens. Coriès s'empressa de voler à la rencontre de Sandoval, auquel il se réunit à 12 milles de Compoalla. Malgré cette jonction, 250 hommes formaient toute son armée!
faible ressource. Mais l'âme ferme et courageuse de Cortès était inébranlable dans ses résolutions, et il se disposa à marcher contre son ennemi. Mais pour sa propre satisfaction, pour éviter l’effusion * du-sang espagnol, et en rejeler la responsabilité sur son adversaire’, il adressa successivement deux nouveaux parlementaires à Narvaez, qui, loin d’écouter aucune proposition pacifique, pour toute réponse mit à prix la tête de Cortès.
-: Alors celui-ci, qui avait tout à la fois à défendre sa vie, son honneur et sa gloire, marcha courageusement vers Compoalla, Narvaez, apprenant que Cortès n’était plus qu'à un mille de son camp, regarda celte témérité d’un ennemi qu’il méprisait, comme une injure qu’il devait lui faire expier ,
déjà
> desquitté colosa de b réujoncmée | euse ions , Mais 1ston bilité deux d’éoute
fen- >ouant np, ait,
- conTks. 83 pour lattaquér de suite, ‘il s’avança au devant de lui. Mais, dans cette journée; une grande pluie qui survint, et la position avantageuse que Cortès ‘avait prise au-delà d’un torrent, mirent Narvaez dans l'impossibilité de lui livrer bataille. D'ailleurs, ses soldats encore peu aguerris, et qui auraient préféré se battre pour Gortès que pour lui, faisaïient éclater des murmures si violens, que sur le soir il lui fallut regagner Compoalla. Dans son impatience, Cortès résolut de mettre un terme à cette guerre, dans la nuit même, par la perte de son adversaire ou par la sienne propre, Il réunit sa petite armée, lui fit part du projet qu’il avait conçu de tomber à l’improviste, pendant les ténèbres d’une nuit pluvieuse, sur N arvaez, dont les soldats étaient fatigués et nullement sur leurs gardes. vit avec plaisir que le courage des siens n'avait pas bésoin d'être excité, et que tous ne demandaient qu’à voler avec lui au milieu du danger, Il les divisa en trois corps , à la tête desquels il mit Sandoval et Olid , se réservant le commandement du troisième,
La nuit qui devait couvrir de ses voilés la ruine de l’un des deux chefs rivaux arriva enfin. Elle était profonde, la tempête mugissait, le torrent débordé, impétueux, rendait des sons bruyans qui ajoutaient à l’horreur de ce sombre tableau. Cependant, pour gagner la rive opposée, les soldats
de Cortès n'avaient pès d'autre moyen que de traverser ce torrent. Des gens aussi déterminés ne se: laissèrent pas un seul instant arrêter par le denger.. Cortès le premier s’élança dans l'eau, et tous imitèrent leur brave général: Après qu'ils eurent heureusement gagné l’autre côté, ils se rangèrent promptement en bataille, et s’élancèrent silencieusement vers Compoalla. Ils étaient armés d'une épée, d'un poignard et d’une longue pique indienne, dont ils connaissaient l'excellent usage contre la cavalerie.
Ainsi que Cortès l'avait préva, Narvaez, dans son orgueilleuse insouciance, n'avait garni ses postes avancés que de deux sentinelles, dont l’une . fut faite prisonnière et l’autre s’enfuit.et jeta l’alarme dans la ville, Mais qui le croirait? Narvaez, malgré. les raisons qu'il devait avoir de redouter un ennemi qu'un mépris insensé lui faisait regarder comme peu à craindre, ne put se résoudre à croire que Cortès osûtse mesurer avec lui avec sa poignée de soldats.
Cependant l'effroyable cri { de guerre jeté par Cortès et ses courageux compagnons se fit entendre tout-à-coup ; ils avaient, comme la foudre, pénétré dans la ville , qu’ils remplissaient d'épouvante et de consternation,
Narvaez s’aperçut trop tard de la faute qu'il avait commise; il se hôta toutefois de saisir ses
»@OBTS. 55 armes. Il habitait, svec.ses gens un vaste temple peu éloigné, Les compagnons de Cortès s'y. précipitèrent avec tant de fureur et de rapidité, qu'un coup -de canon seulement put étre tiré sur eux. Sandoval, à la tête de l'avant-garde, s’empara de toutes les pièces d'artillerie, et refoula l'ennemi en déroute jusqu'aux dernicrs degrés par. où l'on montait au temple, C’est là qu'eut lieu une lutte terrible .et sanglante. Narvaez encourageait ses soldats du geste et de la voix, et leur. préchait d'exemple, et Sandoval, secondé par Olid, les serrait toujours de plus près. L'intrépide Cortès lui-même marcha à la tête des siens, qui redoublèrent d'efforts pour se montrer dignes de leur vaillant général, .
L'un d'eux, inspiré par une idée subite, lança un tison enflammé sur l'édifice couvert de nattes de roseaux. Le toit s’enflamma tout-à-coup, et Narvaez, pour n'être pas brûlé vif lui et ses gens, se vit contraint de faire une sortio, et de se frayer un passage les armes à la main ; mais un coup terrible. dela pointe d’une lance l’atteignit au-dessus de l'œil et le renversa, sans connaissance. Sandoval se précipita pour le seisir; on le traina, sans qu'il donnêt signe de vie, au pied de l'escalier; on.le chargea de fers.et on le mit en lieu de sûreté. Les vainqueurs poussèrent des cris de joie, tandis que <eux qui venaient de perdre leur général, abattuset
découragés, n’opposèrent bientôt qu’une résistance de plus en plus faible, qui accélérait l’instant de leur défaite. Cortès, impatient de voir arriver cet:instant décisif, fit pointer les pièces de canon contre le temple et leur cria de se rendre ; que ceux qui seraient dociles à sa voix seraient accueillis comme des frères, et que ceux au contraire qui s’opiniâtreraient à combattre, paieraient de leur vie une plus longuc résistance. Une prompte reddition suivit celte sommalion énergique, et Cortès vit une armée trois fois plus nombreuse que la sienne, mettre bas les armes et se soumettre à ses volontés, Peut-être aussi les soldats de Narvaez furent-ils poussés dans leur détermination par une circonstance particulière survenue à propos pour seconder leurs vainqueurs.
Tukonone, — Laquelle ?
M. Hunren. — Ces soldats, déjà frappés de terreur et de consternation, aperçurent aa milieu de l'obscurité un nombre prodigicux de lueurs vacillantes, qu’ils prirent pour des mèches allumées ; et comme dans ce temps-là on se servait de mèches et non de pierres à fusil comme à présent pour tirer une arme à feu, ils crurent que Cortès avait derrière lui un corps considérable d'arquebusiers prêts à le soutenir.
Connap. — Mais quelles étaient donc ces lueurs ? +. M. Hunren. — Tu as sans doute vu la nuit des
stance le leur et'insontre X qui omme piniâe une dition ès vit enne, pntés,
ent-ils ons-
' nder
conTks, 87 vers luisans, espèce d'insectes qui brillent à travers. les tenèbres ? |
Connan. — Oui, mon papa, effectivement : on les prendrait pour des charbons embrasés,
M. Hunter, — Et comme ces vers luisans sont.
en Amérique beaucoup plus gros que les nôtres , il n’est donc pas surprenant que Jes soldats de Narvaez les aient pris pour des mèches allumées.
Cortès, aussi humain après la victoire que terrible dans le combat, traita ses prisonniers avec les. plus grands égards; il leur fit des présens et leur laissa le choix de se rembarquer pour retourner à Cuba, ou de servir sous ses ordres. Pénétrés dereconnaissance par une conduite si généreuse, presque tous demandèrent par acclamation à le suivre partout où il voudrait les conduire. Ainsi, l'heureux Cortès se vit tout à la fois délivré du péril le plus imminent auquel il ait été exposé, et à la tête de 800 hommes de plus, tous dispos et parfaitement armés, Cette augmentation de forces paraissait devoir l’élever au faîte de la puissance.
Aussitôt que Narvaez eut recouvré l'usage de ses sens, la honte et la douleur s'en emparèrent. J1 souffrait doublement de voir ses pieds et ses mains chargés de fers, et de se trouver à la discré-
tion d’un ennemi qui ne Jui avait. inspiré que du mépris. Cortès, toujours généreux , voulut le voir sans en être reconnu ; mais à peine fut-il entré dans
la chambre de son prisonnier, que celui-ci, remtarquant l'air respectueux que témoignaient les soldats en sa présence, sut bientôt à qui il avait äffaire. Alors, toujours fier, setou. ant vers son vainqueur : « Monsieur le capitaine, lui dit-il, vous devez vous » énorgueillir du bonheur de m’avoif fait prison- » nier! » Le ton hautain avec lequel il s'était exprimé n’attendit pas long-temps sa punition. «Bon » homme , lui répondit Cortès, tout ce que Dieu » fait est bien fait; et croyez bien que votre prise » et ma victoire sont pour moi des actions de trop » peu d'importance pour que je ir m'en glo- » rifier, »
À ces mots, il le fit enchaîner et l’envoya sous bonne escorte à Vera-Cruz; mais de même qu’un orage se forme au loin et s’avance vers la plaine où règne une parfaite sécurité, de méme aussi de nouveaux dangers rassemblés ailleurs menaçaient Cortès au milieu de son triomphe. Il avait à peine goûté pendant quelques heures la j joie qu'il avait droit d’en ressentir, lorsqu'un courrier arriva de Mexico avet la fâcheuse nouvelle que les habitans do cette capitale étaient en révolte ouverte avec la faible garnison qu'il y avait laissée, et que son lieutenant Alvarado, renfermé dans sa forteresse, avait peine à contenir les mutins. Montézume, de son côté, avait, par un exprès, engagé Cortès à revenir le plus vite possible, pour apaiser cette rébellion.
Je ne saurais, mes enfans, vous dire au jnste la cause de ce soulèvement. À ce sujet , les historiens:sont en contradiction; cependant on peut, avec raison, l’attribuer à la manière insolente avec laquelle les soldats espagnols traitaient les Mexicains. Quel qu’en fut le motif, le péril était pressant, et Cortès devait à l'instant même voler au secours de ses compatriotes ; aussi dut-il se regarder comme fort heureux d’avoir triomphé de Narvaez assez promptement pour se voir à même de retourner à Mexico. Comme il était plus sûr de ses anciens compagnons que de ses nouvelles recrues, il eut la précaution de former de ces premiers les équipages des vaisseaux; ensuite, commandant une armée alors réellement formidable , il marcha en toute hâte vers la capitale, en passant par Tlascala. Les Tlascalans fidèles, l’accueillirent avec enthousiasme , et mirent toutes leurs troupes à sa disposition; mais tout en leur exprimant combien il était sensible à leurs offres et à leur fidèle attachement, il ne prit avec lui que 2,000 Indiens. Il eut lieu de s’applaudir d'avoir accepté ce corps auxiliaire, d'autant plus qu'il s’aperçut que les sentimens des habitans des autres contrées qu’il lui fallut traverser, avaient subi une altération sensible. Nulle part il ne remarqua l'empressement qu'on avait autrefois mis à procurer à son armée des vivres et des approvisionnemens. Il en tira
Lo VOYAGES ET CONQUÊTES.
cette conséquence , que la capitale ne renfermait pas tous les mécontens, mais que la haine contre les Espagnols et l'esprit de rébellion s'étaient étendus dans toutes les provinces de l'empire. * Ces considérations le firent se tenir plus que jamais sur ses gardes ; mais son heureuse étoile et l’impéritie des Mexicains, rendirent vaines toutes les précautions dont il couvrit sa marche. En effet , rien n'était plus facile que de couper à Cortès le chemin de Mexico, et d'empêcher les Espagnols qui y étaient restés d'en:sortir; il suffisait de rompre les ponts de la digue, mais les habitans de cette capitale furent assez stupides pour ne pas songer à ce moyen de salut ; de sorte que Cortès, ayant retrouvé ces ponts tels qu'il les avait laissés, entiers et sans gardes, entra dans la ville avec son armée, sans rencontrer aucun obstacle, Mais quelle différence entre cette dernière en- - trée et la première ! Personne n'était là pour le recevoir, personne n'accourut à sa rencontre, personne ne -l'accueillit par un cri de joie : tout était plongé dans le plus morne silence; Mexico semblait une vaste solitude; les rues étaient désertes, et ce n'est que lorsqu'il fut arrivé au quartier des Espagnols que Cortès aperçut une figure humaine. Alors la joie la plus vive éclata de part et d'autre; on s'accueillit, on se félicita mutuel- Jement; Alvarado ct ses gens se voyaient, comme
epmait contre téten-
s que étoile es touhe. En à Cor- Espa- Misait abitans ne pas ortès, aissés, ec son
re enour le ontre, + tout Mexico nt déquarfigure e part utuelomme
:. CORTÈS. VA æar miracle, . délivrés du péril qui-les entourait ; -Cortès et ses compagnons, énorgueillis du souveair de leur. victoire, s’applaudissaient d'avoir retrouvé leurs vieux camarades. Montézume lui- .même, fidèle à la parole qu’il avait donnée à Corès de ne pas sorti: du quartier espagnol, paraissait sincèrement partager les transports des étran- -gers qui l'opprimaient.
Le premier soin de Cortès fut de s’informer de
-4out ce qui s’était passé pendant son absence. Les
Mexicains, indignés de l’insolence et de l'injustice
des Espagnols qui formaient la garnison, avaient
enfin volé aux armes. Le danger auquel ils s'ex-
posaient eux-mêmes, ni celui de leur empereur .captif, n'avaient pu arrêter Jeur exaspération ; ils étaient venus hardiment attaquer le quartier es-
pagnol où Alvarado, avec sa poignée de monde, eut peine à résister aux assauts réitérés qu'ils lui livrèrent. Ils avaient incendié les deux brigantins, mis à mort quatre Espagnols et blessé un plus grand nombre. Tous les autres regardaient leur perte comme inévitable, sans le retour inopiné de leur glorieux général.
Cortès, à l'aide des nombreux soldats dont il avait grossi son armée, et du respect qu'il inspiraitaux Mexicains, serait, sans nul doute, facilement venu à bout de calmer l’irritation des esprits, et d'apaiser la révolte, s’il eût toujours agi 2,
YOYAGES:ÉT: CONQUÊTES.
comme parte pèse; mais ; aveuglé par la bonne fortune qui l'avait secondé jasqu’alors, il fut assez idsensé pour changer brusquement sa manière d'agir accoutumée, Se croyant désormais à l’âbri de tout danger, il crut pouvoir le braver impunémént, et ne ehercha plus à dissimuler les projets qu'il avait conçus. C’est uinsi, dit-on, qu'iltraita l'empereur lui-même avec an mépris insultant; etprivé de cette prudence dont il avait donné tant de preuves, il laissa voir, dans toutes ses actions, un orgueil et une arrogance tels, qu'il se trouva en bütte à ns not d'un peuple courroucé. |
C'est ici, mes enfais, à un nouvel excaple des erreurs dans lesquelles tombent les hommes même les plus prudens, qui se laissent éblouir par la prospérité,
LR LR AVAL RS SALE ULR SOLS LEA A LULE LS RL VAL LRLY LLAS AAA LAS