IL
50 VOYAGES BT: CORQUÊTES.
peine les Mexicains eurent-ils vu tomber leur souverain, que, frappés de stupeur, de repentir.et d’ef: froi, ils se dispersèrent de toutes parts, comme s’ils: eussent craint que la foudre ne les écrasôt-pour les. punir de l'attentat qu'ils venaient. decommettre. : :: L'empereur, cependant, avait:recouvré l'usage de,ses sens, mais, sa position n'en était que plus dé-: plorable. L'idée de se voir ainsi frappé de la main. de ses propres sujets lui causait dés transports de: rage. Pour l'empêcher d’attenter à sa vie, il fallait. lui tenir les mains, Cortès en vain cherchait à ra mener Je calmo dans ses esprits; se refusant à - toute consolation, et voulant se donner la mort. il arracha , dans sa fureur, l'appareil. qui couvrait ses blessures. La violence de ces agitations.et l'opiniâtreté avec laquelle il repoussa toute espèce de nourriture, accélérèrent le terme de sa vie. Il ex pira en vomissant des imprécations contre ses sujets, et après avoir, jusqu'à son dernier soupir, répondu par le mépris aux pressantes sollicitations des Espagnols qui désiraient le, voir mourir en chrétien. Lois x Triste jouet des caprices de la fortune, ce prince, naguères au faite dos grandeurs, adoré per un. peuple nombreux, devait trouver une fin aussi tragique, après être devenu , en tombant , la risée de quelques aventuriers, et un objet de malédiction pour ses propres sujets. Et cela, pour avoir.
CORTES.. ÿr vu arriver-dans:ses états: une poignée d’ étrangers dont ut ilne ESA ARE nina existence. :: :
Les Mexicains, désire: tont-hi faits tranquilles tant que Montézume n’eut pas succombé à ses. blessures; mais dès que cct infortuné -monarque:eut cessé de vivre ils s'occupèrent de lui choisir un successeur, afin de continuer la 6.000 contre les Espagnols. .
F ERDINAND, — Quel fut ce successeur 9
M. Hunter: — Un frère du défunt, qui alors était cacique d'Istspalapa; ville dont nous avons déjà parlé.
Lucien. —Ah! je m'en souviens, elle est voisine de la mer; Gortès y passa en marchant sur Mexico.
M. Hunran: — Précisément. Ce nouvel empereur se fit connaitre par un hardi projet qui inquiéta beaucoup les Espagnols: IL voulut que les toits et la tour du grand temple, voisin du quartier espagnol, fussent occupés par la fleur de ses gens, et qu’on y portât: beaucoup de pierres et de poutres pour les diriger de cet endroit dans la cour
intérieuro du quartier, Cortès comprit combien il était urgent de faire fuir. l'ennemi de ce poste. Pour y réussir ilent recours à Escobar , un de ses: plus intrépides offibiers, et lui, se chargea d’expulser les Mexicains:hors des murs, et d'efféctuer ensuite une diversion fa rorable.
Escobar avait pénétré jusqu’à l'escalier du temple sans ‘avoir d’abord rencontré une résistance: sérieuse. Ce prémier avantage double son ardeur, il continue à monter, mais arrivé au milieu, il est soudain ‘attaqué ‘par une foule d’ennemis, qui, postés sur la hauteur d’une galerie, l’accablent lui et sa petite armée, d’une nuée de javelots;, de pierres et de poutres. Malgré son courage et celui de ses soldats il ne put vaincre d'aussi grands obs— tacles. Trois fois la lutte se renouvelle. L’intrépide Escobarse multiplie. Vaine résistance, chaque fois il recule et cède en frémissant au nombre insurmontable des combattans.
.ortès, qui de son côté n’était pas resté dans l'inaction, est informé de ce revers ; rapide, il s’élance de son cheval, fait lier à son bras droit son bouclier que n'aurait pu porter son bras gauche, affaibli par la blessure qu’il avait reçue , et saisissant son épée, il vole à l'escalier du temple. Ses nobles compagnons, vainqueurs tant de fois, le suivent de près; il se précipite vers la galerie, sème le carnage sur ses pas, et parvient à la plate-forme du temple, où l'élite des Mexicains se trouvait réunie pour vaincre ou mourir, Alors l’acharnement fut à son comble, et le combat le plus horrible s’engagea de part et d'autre. La massue et l'épée, telles étaient leurs armes. Chacun défendait sa vie avec une opiniâtreté incroyable. Les Mexi-
M Ace: :
pur, est qui; t lui ;. de:
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‘sé it son uche, aisis- >, Ses is, le sème forme ouvait arnes hor- | sue et endait Mexi-
conTks. ‘ : 55 cains se laissaient mutiler plutôt.que de se rendre. Plusieurs même d'entre eux aimèrent mieux se précipiter du haut du temple que de survivre à la honte de l'esclavage. Du reste, tous déployèrent dans ce: combat üne valeur: dont le Nouveau- Monde n'avait pas encore fourni d'exemple. :
Nous ne passerons pas sous silence le trait héroïque de deux jeunes nobles Américains qui ont droit à une immortelle gloire. L'amour de la patrie, le désir de la voir libre, enflammèrent leur <œur, prêt à tout sacrifier pour ellé, et s’appro- <hont de Cortès, ils prennent unair: humble et suppliant comme s’i:: avcient l'intention de se rendre; quandils sont}: ::e lui, ils lesaisissent avec force, puis se préc..«cnt du haut du temple, <royant l'entrainer et le faire périr avec eux. Mais Cortès, aussi agile que robuste se retient heureusement à la galerie, et laisse nos deux héros s’écraser dans leur chute; on dit pourtant qu'il ad- ‘mira cet héroïsme : c'était en effet une inspiration 4e deux nobles âmes, et tant d'énergie est rarement Je partage d’un peuple à peine civilisé et <ourbé sous le joug du despotisme.
Pendant que Cortès échappait à un danger si pressant, les siens, dans les rues de la ville, soutenajent contre l’ennerai une lutte non moins terri-
ble. Maitre du temple, l'infatigable Cortès vole à de nouveaux périls , et va prêter main-forte à ses
intrépides compagnons.
Il remonte à'cheval, ottache la bride à son bras gauche, et ariné de sa lance;'ilse précipite au plus fort du’ combat. 'Une aûssi belle ardeur a trompé sa prudence ; il regnrde derrière lui et se voit séparé dés ‘siens par ‘uni nombre: considérable: de Mexicains, etil se regarde: Hcsois de franchir cette redoutable barrière, | : Ise trouvait éffectivement dans station périllebse, mais il: dut'encore une fois son salat à sa formreté à toute épreuve et à la promptitude avec laquelle il savait prendre un parti, Apercevant un chemin de traverse où l'ennemi était en moins: grand nombre , il s’y précipita résolument,
et, par cette action hardie, il fut assez heureux.
pour regagnerde là son quartier par un détour, et sauver en même temps l’un de ses mega” qu'il affectionnait le plus.
André Duero, étant malheureusement tombé de cheval, avait été fait prisonnier, et les Mexicains, dans le dessein de l’immoler aussitôt à ‘Jeurs idoles , l'emmenaïent vers un dé leurs temples. Cortès, no prenant conseil'que de son'courage et sans se laissér intimider par le nombre des ennemis, se jette au milieu d'eux pour délivrer son ami, et rénverse et met en fuite cetrt qui Île
tenaient. À peine Duerd put-il' se servir Hbretment .
de ses moins ; qu’à l’aide d'un poignard ‘qu’offlui avait imprademment laissé, il renversa ceux qui gardaient son cheval, l’enfourcha précipitamment,
mé da À:
n'bras a plus ptiipé Dit: séle de nnchir
nation à salat titude Dercetait en iment,
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tombé Mexisitôt à s temh'couré des élivrer ‘qui le tient .
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a ana dau mans aa ae PAR LARG ARR RS POP PAARVEMYS
PATHÉ GORTES, … : : ‘55 et les: deux Espagnols: ainsi réunis, après avoir vaillamment . combattu, ‘parvinrent enfin à re- ‘joindre: leurs compagnons. Dans le cours de sa
‘vie, Cortès a toujoursregardé cette action comme celle qui lai rappelait les plus doux souvenirs.
Voyant que l'ennemi reculait de toutes parts, Le général ‘espagnol, afin: d'arrêter l'effusion du
saûg ; fit sonner-la retraite. C’est-ainsi que , reti-
rés dans la: citadelle, ses: soldats firént panser Jeurs blessures , et que tous ces héros purent se
æeposer promus quelque nés d’une
| ENTRETIEN Xe.
M. Hunren, — Le jour suivant ‘fut consacré au repos par les deux partis. Coriès ne songea qu à son départ , et les Mexicains semblaient avoir mis bas les armes ; mais ce calme était trompeur , la paix n'était que simulée; bien plus, leur haine, plus active que jamais, méditait de. massacrer toute l’armée ‘espagnole. Seulement la manière d'exécuter J'entreprise les embarrassaitz aubsi avaient-ils pris de prudentes mesurés. Leur unique soin. fut donc de détruire entièrement leurs opprosséurs par la famine et de couper les ponts. Mais rien n'échappait à l'œil pénétrant de Cor-
:56 YOYAGES :ÉT: CONQUÊTES.
tès, qui, prévoyant les manœuvres hostiles: des Mexicains, se-prépara vigoureusement à les renvorser. Soudain. il fit: constraire un:pont volant qui, placé dans les ouvertures de:la digue,) pourrait favoriser la:retraite qu'il devait effectuer. Ges travaux finis, il'prépara ses:tronpes:à marcher la nuit suivante. Îl comptait s'enfuir;inaperçu-à:la faveur dé l'obscurité et trouver une route sûre, grâce à la superstition.des Mexicains.:! ::4: :! Dès que la nuit: eut commencé à: paraitre, il äivisa son, armée en trois colonnes. Il donna à Sandoval le commandement de la première , qui servait d'avant-garde ; lui-même voulut diriger celle . du centre; la troisième, où l’arrière-garde, fut confiée à la prudence de Velasquez de Léon, proche parent du gouverneur de Cuba. Au moment de partir; Cortès leur démontra combien il était urgent de se défaire des lourds-trésors qu'ils possédaient s'ils voulaient conserver l'agilité nécessaire pour résister à une attaque imprévue. Get avis parut convenable à quelques uns; cliez d’autres il excita de si grands murmures, que-le :général se contenta d'exiger qu'on:ne gardêt que ce qui donnerait le moins d’embarras. Ce+conseil plut à ceux qui avaient de Ja prudence mais coux que la soif de l'or entraînait firent la: sourde oreille, et conservèrent un butin qui, peu de après , devait leur être funeste.
LIT ÉCORTRS. à -::" : 57:
A -misuit-on se mit en marche ; :le:plus profond silence régnaît dans les rangs ; lapluie même semblait assurer:leur retraite. En-effet; rien:ne s’opposa à leur-passage jusqu’à la diguerqui menait à Tacuba. Il était naturel de penser.qu’on neV’avait pas rompue : puisqu'elle: ‘conduisait à: la route qu 'araient: — bol DU pt >, verrà Mexite.-sies ue sole end pamdg & Mais lorsqu' en listé sur ‘cette qu on'eut atteint l'endroit. où le premier, pont se trouvait
placé, on vit avec douleur qu'elle était coupée, Le pont volant: que le prudent général avait fait construire fut d'un grand secours à presque toute l'ar-
mée, qui, sans péril, traversa cette ouverture
pour se diriger vers un autre. Elle était sur le point d’y arriver; lorsque des cris aussi terribles qu’ivattendus donnèrent de toutes parts le signal du massacre. le plus sanglant. De nombreux bateaux couvrirent: aussitôt la surface du lac ; une grêle
æffroyable de javelots et de pierres obscurcit les
airs, et fut le prélude d’un combat inoui jusqu’a- Jors , tant à cause de l'endroit qu’à cause de l’obscurité.et.du courage incroyable des deux partis. : Les Mexicains, prudens et silencieux, ‘avaient suivi les. moindres mouvemens de. l'ennemi, et tant. de mystère.avait présidé à leurs sourdes machinations, que l'armée. de Cortès ne comprit leurs affreux desseins qu’au moment où, pressée
de toutes:perts ; elle vit dirigée Re fuseur d’une nation:entière, : © 146: 697 0 nav
-Le-:pont: sur lequel les: Benttuils criontitié sprl terstièniiniréitens dé tsvehihae transporté à la seconde: Mais: la lourde ertilierie T'avait teliement resserréentre:les pierres, qu'il “était impossible de lendégager. Pendant qu'on faisait les plus pénibles efforts pour triompher de cet-obstacle ; ils furent cernés de tous côtés. Alors plus:de moyens: de fuir Les Mexicains, achiarnés, uttaient avec rage. Les valeureux Espagnols les -repoussaiént avec une énergie incroÿable; "mais vaine résistance ! écrasés parle nombre ; cés derniers ne.purent résister plus long-temps'dans ‘un Aieu étroit \où , accablés de fatigue 'et'génés ‘dans leurs mouvemens, ils ne pouvaient mettre en pra -
tique leur expérience dans l'art militaire, Au.sein de cet horrible carnage, Gortès réunit à pew près cent hommes avec lesquels il’entreprit de se frayer un passage jusqu’à la:secoñde ét bien- 4ôt jasqu'à la troisième ouverture de là digue: Ces ouvertures reçurent les cadavres sanglens de ceax qui avaient été massacrés, et sar'cos:corps'où eut
de: bonheur d'arriver à la terre-ferme. * .… Quoique: en sûreté, le généreux Gortès'ne crai- -ænit pes de s'exposer à de nouvesux dangers pour
sauver ls plas grande partie des siens que les Mei-
-Cains accablaient encore. Il'disposa donc à | 6
APIGORTR SE: : à ‘$9 Je petit sil Asso: qui lai-resiaient, prit avec lui ceux qui n'avaient”pes: encore: reçu”de ‘blessures, ét:d'un pas ‘rapide céurut porter secouts à.ses malheureux, mais braves soldats, que Topiniâtre Mexicain pressait: de toutes: parts. Une passe de ces valeureux Espagnols comménçait à se faire jour: dans le dessein de ‘venir à:'sa ren- “contre. Mais l’alkigresse du sensible Cortès' ne dara qu’un instant. Il entendait déjà les cris plaintifs de:ses compagnons , qui, devenus prisonniers «les farouches ennemis, étaiont:eruellement entraiaés vers le temple pour y servir -de victimes. Le courage espagnol essaya une dernière fois de ‘les:soustraire à la rage des vainqueurs. Inutile:tentative ! Cortès ne trouva aucun moyen de parvenir jusqu'à eux, et:mit:alors tous ses soins à préserver d'un nouveau danger le: petit nombre de’ceux qui, échappés au carnage avec tant de péine, auraient été ‘incapables de soutenir la moindre attaque. Il no restait qu’un faible débris de ses troupes ; les ans étaient morts sur le champ de bataille, les av es avaient été engloutis parles flots. | Le jour parut enfin:ét répandit sa clarté sur cét effroyable carnage. Plus de ‘deux mille Tlsscalans ‘avaient été imassacrés avec la moitié des Espagnols. ‘Le'brave Velasquez' de Eéon «et quelques uns des Plus isitrépides chefs avaient perdu la vie au combat: Geux qui restaient étaient couverts de graves
$o VOYAGES ET CONQUÊTES.
blessures. L'artillerie, la poudre et les balles,
l'équipage de guerre, l'or dont ils revenaient
chargés , rien ne fût conservé. Les soldats avides qui avaient méprisé les conseils de Cortès durent leur. perte à ces lourds trésors dont leur avariée m'avait. pu se défaire. En effe!, ce fardeau les génait au combat -et les empéchait même de fuir. On garde encore dans la Nouvelle-Espagne la mémoire de cette horrible déroute, que la renommée appelle toujours {a Nuit de la Désolation. Tamba fut leur première étape; mais les hostilités régnaient encore dans tout le pays; aussi jugèrent-ils convenable de ne pas y séjourner. Tlas- £ala était le seul endroit qui pût leur procurer un $ûr abri; mais pour atteindre ce favorable refuge, il fallait côtoyer toute la partie da nord de l'immense mer du Mexique. Ce trajet exigeait plussieurs jours de marche à travers des pays qu'ils ne connaissaient pas. Les Espagnols n’avaient pas lieu | d'espérer qu'ils trouveraient, sur leur passage les ‘moyens de réparer leurs forces épuisées. Ce parti était pourtant le seul à prendre. Il fallait, ou s’exposer à une mort certaine, ou se mettre eneroute . avec promptitude. On partit,
Comment dépeindre les calamités sans nombre, les dangers sans cesse nouveaux qui entrayèrent dans leur marche ces malheureux fryards 20uverts de blessures et ‘affaiblis par la guerre ét les
privati chos vi fuyaieï quées; des ra d'Inde comb:
gés pe eux d doué grand volait
privations !,.… Pressés en tous lieux par de farouchos vainqueurs acharnés à les poursuivre , ils les fuyaient à travers de noires solitudes non pratiquées; qui, pour tout. aliment, leur fournissaient des racines sauvages et des tiges vertes de blé d'Inde. Souvent ils étaient sur le point de.suc— comber à l'excès de. leur fatigue; mais, ençouragés par le brave Cortès, ils sentaient renaître em eux de nouvelles forces. Peu facile à .s’émouvoir;, doué d’nne tranquillité d'âme à toute épreuve, ce: grand homme. luttait contre tous ces malheurs, volait le premier au devant des dangers, et dans toute occasion, cherchait à soulager ses compagnons avant de se procurer quelques instans de repos. Jamais la confusion ne s’emparait de $es idées, et personne ne fut plus fertile en expédieñis que lui, Pouvait-on prévoir alors que ce noble sentiment d'humanité dacarue un es bay cette grande âme.
Cinq jours s'étaient écoulés depuis qu *ilé avaient entrepris ce fatigant trajet ; pourtant ils ne touchaient pas encore au terme de tant de peines. Mariné, qui était du nombre des fuyards, avait plus d’une fois ouï les Mexicains dire à haute voix dans leurs combats réitérés : « Marchez, brigands, merchez, ou vous subirez le juste châtiment dé tous vos crimes ! > On ne comprenait pas ce langage. Le sixième jour seulement , près d'Orumba,
Gs:. VOYAGES ET! CONQUÊTES.
ondevina le vrai sens de ces: paroles : lorsqu'on fut arrivé sur un monticule voisin de cet:endroit;
on vit avec étonnement, dans le lointain: on nombre considérable de guerriers déployés dans le. plaine. À: cette vue, les plus intrépides sont glacés d’épouvante et désespèrent. de leur salut. Cortès: seul reste inébranlable ; lui, que rien ne-pouvait:
émouvoir, garda dans cette position tout son.courage. Par une courte allocution et avec.cet accent.
qui rassure, il leur-représenta qu'il fallait perdre la vie.ou triompher des obstacles. I1 disposa en-
suite sa, petite-armée avec.ce calme admirable qui le caractérisait,, et in la fit avancer vers l’ennemi,
sous les coups de la faux tranchante, ainsi.tombent: de-nombreux.ennemis sous l’épée.redoutable. des Espagnols. Tout pliait. devant eux. .Âvee une. intrépidité surprenante ils s’ouvrirent un:passage jusqu'au milieu de l’armée des Mexicains, parmi
des cadavres et des corps palpitans.. Leurs forces.
étaient tellement. épuisées, qu'ils pouvaient. à peine:
soutenir leur.épée;.et comme, au même. instant. -
un: nombre considérable d'ennemis les envison-
nait, de. tontes parts, leur.salut était-devenu:i ne, | possible, si soudain Cortès n'eût..été inspiré: PAR. s;
une idée qui les garantit de,ce danger pressanté Me. loin,il,aperçnt le drapeau Joionpin flotter dans
Ainsi que le blé, au ist de la moisson, Hs
les mains du chef de l’armée mexicaine. Il se rap-pela avoir entendu dire que les Mexicains s’aban— donnaient au désespoir lorsque l'ennemi s'emparait de.cette: bannière, ot sue-le-champ: il se décida:: Suivi d’un petit nombre de:ses intrépides: ofliciers. à;cheval , il s'élance au milieu des rangs. qui composaient Ja garde des drapeaux, et d'un vigoureux coup de lance: il fait mordre la pous— sière-an chef mexicain. Bientôt un-des officiers qui l’accompagnent descend de. cheval; lui porté le: dernier coup et s'empare de l’étendard. Alors on baissa toutes les autres bannières. L'armée entière des Mexicains.se livra au désordre et: à l'épouvante, et on les aperçut tous avec ht abandonner leurs armeset s'enfuir, :
C'est ainei .que:les: Espagnols dans tar salut et la victoire à l’idée heureuse de leur chef, D’immenses dépouilles devinrent-leur partage, car l’ennemi , pour-rehausser la splendeur d'un triomphe qui ne lui semblait: pas douteux , s'était paré de ses vêtemens les plus magnifiques. |
Le jour suivant , les Tlascalans, alliés de Cortès, le virent arriver:sur leur territoire, Ce'dernier redoutait quelque inconstance denis leurs dis- positions amicales. Mais ee peuple bon et sensible étailtoujours disposé à faire:un favorable accueik à ses amis:infortunés. Il: les reçèt:avec autant ds zèleques'ils n'avaientessuyé-sacune perte: preuve .
touchante d’une: fraternité constante et sans-intérêtl. : K.
Nos héros pe de, tonité is fatiques chez ce, peuple: généreux, et-s'empressèrent, de panser, leurs. blessures. Tous purent .sc livrer.au repos. Cortès seul , toujours actif, songeait à Favenir, et méditait. de nouvelles entreprises.:Ileut bientôt le plaisir. de s’apercevoir que Ja fortune. ne j l’abandonnait pas encore. Car, au moment:où:il
. .s"#y attendait le moins, un renfort La arriva bien
à propos. ‘
-Velasquez, gouverneur de Cuba, était si éloighé de croire que Narvaez pût éprouver une défaite avec les troupes qui étaient sous ses ordres, qu'avant d’en recevoir aucune. nouvelle, il lui dépécha deux navires remplis de munitions de guerre avec de nouveaux ordres: Ils voguèrent en ligne directe vers Vera-Cruz, où l'officier qui tenait le . commandement sut avec adresse les amener vers le port ; ilen fit sa capture bien facilement; etdécida sans peine les équipages à se ranger sous les drapeaux de Cortès,
Bientôt après, on vit flotter,.s sur ra même des trois autres vaisseaux d'une grandeur prodigieuses ils faisaient partie d’une flotte de guerre expédiée par le gouverneur de la Jamaïque pour alle de nouvelles découvertes. Mais les chefs dé. l'équi-
page s'étant par malheur dirigés vers Jes provigges
sans. in-
niques de vrer.au it à Fas..ILeut ne.ne nt où:il a bien
éloigné défaite >» qu’ai dépé- ) guerre n ligne nait le er vers ; et déous les
dde, Fours, | 6 j é .
vigdes
OT A SE ConTkS,. 7 :: 65 septentrionales de l'empire.mexicain, les habitans de ces lieux, dont.J'ardeur guerrière égalait la pauvreté, les reçurenttrès mal, et, après. une longue suite d’infortunes, ‘ils regardèrent:comnie ‘un bonheur d’erriver dans le port de Vera-Cruz; ceuxci voulurent aussi se ranger sous les ordres de Cortès; par ce second renfort, le chef ‘espagnol pouvait réparer toutes les ue qu'il avait essuyées.
Alors: il se sentit capable d'exécutes le projet qu'il méditait depuis long-temps : c'était la conquête de tout l'empire du Mexique. Les bons Tlascalans.et d’autres peuplades indiennes, ses alliés, lui fournirent le moyen de donner essor à son enireprise, en grossissant son armée de dix mille hommes,
Takopxize. — Âvec des troupes aussi vemhéesses, il n’y aura pas beaucoup de gloire à triompher des Mexicains.
M. Hunren. — Tu te trompes, Théophile; apprends que les Mexicains ne sont plus les mêmes qu’ils étaient naguères, depuis qu'ils ont un nouvel empereur distingué par sa bravoure et son, vaste génie.
Tuéonons. — Cet empereur est-il celui qu ils avaient choisi depuis peu ?
M. Husrsa.—Non, mon ami, Cet homme estimable qui, en personne, commandait iles Mexi-
66 VOYAGES "HP YCONQUÊTES.
cainisla Muit de la Désolation, avait cessé de vivre. La anort ne l'avait pas frappé au champ d'hon- .… méur's le .cisl lui avait réservé le bonheur de voir la délivrance de sa capitale, et lorsqu'il méditait la noble entreprise :de repousser pour toujours les .“@ppresseurs de son peuple, ilmourutde la petite vérole, totalement inconnue éncore en Amétique, et qui, dans ce temps , causa dans ce :pays la plus horrible mortalité: Quetlavaca un des premiers fut atteint de ce mal; après Jui , Guatimotin, proche parent de Montésume , obtint Je titre d’empereur.
M. Joux. — Guatimozin avait-il du courage?
M. Hunren, — Beaucoup. À cette qualité il joignait un profond jugement, 11 suivit avec ‘vi- ‘gueur les projets de défense de Quetlavaca. Dès qu'on lui apprit que les Espagnols se préparaient à de nouvelles attaques, il convoqua, dans la ca- “pitele; un nombre considérable de héros de tous les points de l'empire, et ne leur déguisa point Ja ferme résolution qu'il avait formée de s noir sous les débris de son trône.
” À cette nouvelle, Cortès comprit combien d'obstacles et de dangers il avait à vaincre. Mais par habitude il opposait une fermeté inébranlable aux difficultés les plus périlleuses.
vivre.
d’honde voir btait la urs les petite rique, la plus ders fut proche béreur.
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ralité il ec via. : Dès Jaraient y la cade tous oinit Ja rsévelir
o d’ob.
ais par ble aux
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