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quété d'un pays: fl partit soudain'avec ses trotipes. A'arie légère distances de Tereucé, il vit s’avancer
- vers lui, en signe de paix, des ambassadeurs qui ,
du ton'le plusengageant , le sollicitèrent, au nom du'catique , de passer lu nit dans cétle ville,où lai-et son'cscorte seraient l'objet de mille soins.
As dematidaiént de ps, ‘la’ faveur de préparer,
hors des murs, din Camp pour les Indiens auxiliaires.
Mais-on ‘avait lieu dé doutér des sentimens généreux du cacique : il fut donc décidé que, tout
“en'accéptant son offre, on ne négligerait rien pour
se prémunir contre tout stratagème, et qu ’on n'entrérait dans la ville que le jour suivant : ce retard était üne" heureuse inspiration. La vie des Espagnols et dé leur commandant en dépendait; car
. Je lendemain, après avoit pénétré dans Tezeuco,
ils trouvèrent la ville comme abandonnée. Cortès posta des troupes sur toutes les places: la plus grande Jui servit pour ranger en ordre de bataille
fs VOYAGES ET: /CONQUÊTES.
ce qui lui restait de soldats. Long-temps après cette opération, seulement, quelques habitans, originaires du pays, osèrent se présenter à leurs regards dans une posture tremblante. Leur rapport dévoilait la tréhison dü'cacique, dont les préparatifs, la nuit précédente, devaient entraîner la perte de tous les Espagnols. Us ajoutaient que l'ajournement de ceux-ci, et la peur.de voir découvrir son entreprise , ÿ lai avait fait abandonner son des sein et fuir de la ville. La:seule punition qu'infligea Cortès au perfide cacique, fut de le destituer et de mettre à sæ place celui que les naturels: euxmêmes lui proposèrent comme le plus recomman dable. C’était.un jeune homme dont la figure représentait tant de douceur et-de noblesse, qu'en le voyant, Cortès lui promit son amitié. Cette nomination vint favoriser les projets du commandant “espagnol : elle l'autorisait en effet à regarder les abitans de.cette ville comme ses amis et ses alliés; d'ailleurs la gratitude et l'intérêt même rangeaient de son côté le gouverneur qu'il venait de créer; aussi, ‘Gortès prit la résolution de faire, de cette ville amie, son quartier principal, jusqu’à ce qu'il eût pris toutes les mesures convenables pour tenter la conquête du Mexique.
Funprnann, — Qu'avait-il donc à faire encore ? était-il utile pour lui de faire une us dans Tezeuco ? |
481 ?0 0 CORTÈS. : (ax ty 69 M Hosssai; Oui men fils ;:il ne voulait pas .s'exposerà-revenir bientôt-sur:ses pas couvert de honte ob de, déshonneur. Goctès était courageux il est vrai 6n ne sauroit l'être davantage ; «mais. à.la bravoure. il savait. joindre la prudence, et n'aurait pes voulu tenter aveuglément une chose.impossible. L'armée. mexicaine se, trouvait alors:dans une position, bien avantageuse : elle avait.eu là bonne idée;de.briser tous les pontsiet.la digue;:et de garnir. les intervalles de solides bastions et de. parapets; ces mesures rendaient impossible à l'ennemi; l'usage des, ponts ,volans. De, plus ; le prudent Guatimozin avait muni sa nombreuse armée d’arcs et de,très longues piques. Avec.ces. armes, on poupyait..de. loin lutter. çonire. l'ennemi, Ce qui assurait encore plus.ies Mexiçcains , c'était un nombre prodigieux de petites barques au moyen desquelles il-leur serait facile de poursuivre les Espagnols des deux .côtés des digues, si ces derniers entreprenaient d'y passer.
La, ville était réellement forte: le prudent Cortès comprit qu ‘il. ne, pourrait tenter sa conquêle qu'après avoir équipé uneflotte de petits vaisseaux de guerre; il lui, serait possible. alors de. disperser les canots, et d'attaquer, vigoureusement les digues. Mais qui lui fournira cette flotte ? la fera-t-il construire ? Parmi ses. troupes... il ne compte que deux ou trois charpentiers; les forêts de. Tlascala
+ Gepen idiot ;cles ebntacles ne faisaient erenpenr der scvurage : il se décida: Aidés d'an-grand nombre “de Tlascalans, ses charpéutiers ve mirent Pou- “vrage; de son :côté, Coftès tâche d'occuper ‘tüôus Ales postes envirennans ‘de Mexico; À par la famine cette ville infortanée ; ‘il soutmit,:pi tes armes; quilyabs bille robinet astréssse ‘Aaissèrent persuader de s’allier avec lui. Ge fut avec ane douleur mélée de crainte que Guatimosin‘apprit la: lâche désertion de se: vassaux :'inutilèment voulat-il arrêter tant de perfidies ; sa” grande ’âme n'en fut pas pourtant abattué, et dès lors ‘il jara - de sacrifier ‘la dernière à ru de” s6ù his En % la ‘défense de:sa capitale.
* - Gortès, sansle suveir, ‘était alors For àun danger qui devait; d’une manière terrible, mettre un terme à ses projets et même à ses'jours : dans vingt-quatre heures il devait succomber, vietime d'un affreux complot heureusement onrdi:
de vous ai dit’ que lés troupes de Narvaez s'étaient enrôlées dans les rangs du général espagnol dans l'unique espoir d'y recueillir des trésors nombreux dont elles pourraient jonir sans crainte. Voyantqu'elles s'étaient abandonnées à dé vainès espérances, ‘elles comprirent alors tout le danger
Cortes etr5es officiers d'élite; et à Cuba, ayant à leur tête tn comimaident de Jéur choie FOR RL à
espagnol serait à Jui présenter
fondre tout-h-coup SUE qui, set Je massacrer avec tous les autres aficiers destinés à tomber sous Jeurs coups. | Les préparatifs de cette affreuse trame ‘étaient terminés: s0n exécution ‘était fixée au jour suivaut; et'les nombreux partisans de Ja conjuration l'avaient machinée avec tant de mystère , que ni le vigilant Gortès nises officiers n'en purent concevoir le plus léger soupçon > mais un du complot,
7 VOYAGES. BT. CONQUÊTES.
un des premiers amis du général, assiégé -subitement par un remords, courut, eme sr prrats révéletion: complète, .jcbupaia d mibsnes dis
Cortès en fut surpris, mais is déon, une o pareille
occurrence, il:se décida grec, autant de prompti tude que d'énergie. Suivi 6.quelques officiers, il se transporta promptement. au quartier de Villefagns. Son aspect imprévu déconçerta si .fort.le-chef du complot qu'il ne put désayouer. son affreux.projet, ni songer àse disculper; ons’empara de lui Cortès, lui-même , retira fortement de, son.sein,un-papier que le meurtrier s’eflorçait de soustraire.aux.regards, et soupçonnant qu'il renfermait: le plan de Ja conjuration , il s’écarta un. instant... C'était en effet. la liste des conspirateurs, et Cortès y. tronva des noms qui lui causèrent antant de terreur que de surprise: Mais prudemment il. devait cacher cette liste et faire supposer qu'il iguorait le:nom des conjurés. Il se contenta donc de punir ‘Villefagna, et comme. des informations. plus:étendues n'étaient pas nécessaires après l’aveu de son:crime, il fut pendu la même nuit devant l'habitation où il avait été renfermé.. .
Le matin du jour suivant il fit, assembler: toute son armée. Les autres coupables éprouvaient sans donte une émotion terrible. Cortès se dirigea de leur côté avec ce sang-froid qui lui était habituel. Li leur fit part de la trahison de Villefagna et du
“COnTES. 78 châtiment-qu'il en ‘avait tiré. IL ajouta, de plus, qu’on avait tenté inatilement de découvrir les autres conjurés , et que même la torture n’avait pu délier la langue dn meurtrier ; qu’il s’éstimait heureux de ne pas connaître ce secret, dont la pénible révélation l’aurait obligé d'abandonner à la rigueur des lois plusieurs de ses compagnons.
ll termina sa harangue en les suppliant de lui indiquer comment il avait pu démériter de ses amis pour qu'il en donnât de suite satisfaction.
Alors les conjurés commencèrent à reprendre baleine, et dans le contentement de n’être pas connus, ils résolurent fortement d’être désormais, en toute circonstance, les fidèles compagnons de leur commandant. C'est ainsi que le sage Cortès, en opposant un frein à son ressentiment, sauva les jours d’un grand nombre de ses soldats, et par cet acte de clémence, se fit autant de sincères amis qu’il y avait eu avant de perfides parmi eux.
Il savait combien l’oisiveté pouvait lui devenir funeste. Aussi songea-t-il d’abord à donner aux plus pétulans qu'il avait eu occasion d'apprécier, une occupation qui les empéchât d’ourdir de nouvelles trames. L'occasion vint hientôt s’offrir. On lui apprit qu’on avait tout préparé pour la construction de treize brigantins, et qu’il ne s'agissait plus que de transporter les matériaux de Tlascala à Tezeuco. Les porte-faix indiens pouvaient seuls
Il, 4
se charger du transport; mais ils avaient besoirr d’une escorte armée pour se garantir des Mexicains éparpillés de tous côtés. On réserva pour cette én+ treprise les conjurés repentans , et leur comman< dement fat confié au brave Sandoval, officier aussi prudent que fidèle, et que le chef ap pere honorer de toute sa confiance.
Les fatigues et les singularités de cette merde méritent qu’on en garde le souvenir. Âu milieu marchaient huit mille Tamènes, portant des poutres, des mâts, des cordages, des voiles et des fer railles. Quinze mille Tlascalans occupaient l'avant. et l’arrière-garde et les flancs. Quelques Espagnolsrépartis parmi eux, maintenaient l’ordre et régularisaient la marche de ces nouveaux soldats. Ge: corps occupait l'étendue de plus d’une lieue. À la tête paraissait Sandoval. Il avait confié l’arrière garde à un jeune Tlascalan nommé hinieat.
Mais ce dernier...
Tu£onore. — Qu’était donc devenu Xicotencatl? on ne nous en parle plus depuis long-temps.
M. Huxren. — Il est mort, Ce jeune et brave héros rougissait de porter le joug d’un étranger. Peut-être aussi, plus prévoyant et plus avisé que les gens de son pays, voyait-il qu'en s’alliant avec l'Espagne , sa nation devait un jour perdre sa liberté. Lorsque Gortès se vit obligé de revenir à T'ascala, il provoqua une émeute contre lui, mais
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conTËs. | 96 son: entreprise échoua. Ses compatriotes s'emparèrent de lui. Son père lui-même prononça son arrêt de mort, et le rnit au pouvoir da chef espagnol, pour que cette sentence rigoureuse fût exécutée. Celui-ci, généreux cette fois, ne voulut pas que, pour lui, on fit couler le sang d'un jeune patriote plein d’ardeur , du fils de son vieux et estimable ami. Il lui donna sa grâce et sa liberté, et. le garda avec lui pour l'expédition de Mexico.
Tant d’indulgence ne put triompher de sa fierté; il ne cessa pas cn toute occasion de condamner, avec l'assurance d’un républicain, les projets des- Espagnols, et chercha à se gagner les cœurs de ses compatriotes. On porta contre lui une accusation au tribunal suprême des Tlascalans qui mandèrent à Cortès : « Que les lois du pays punissaient de mort celui qui suscitait une rébellion dans une armée contre son commandant; que c'était à Jui d'employer toute sa sévérité envers le traître- Xicotencatl, et qu’à son retour à Tlascala , il n'y trouverait pas des juges mieux disposés en sa faveur. » Cortès, encore une fois, voulut employer la douceur, et fit dire au coupable qu'il vint lui-même Jui faire une exposition de ses griefs, et qu’on l’entendrait avec justice. Le fier Xicotencatl ne voulut pas céder, et expira percé de coups nombreux en se défendant contre les soldats , qui, d’après l’ordre de Cortès, devaient l’amener de force. Telle
fat la mort déplorable d’un jeune héros, qui, dans d’autres occasions aurait peut-être remporté deslauriers dignes d’un César ou d’un Annibal,
‘Le jeune Chechimical dont je vous entretenais,. avait presque ce même caractère, Il rivalisait avec Xicotencatl de fierté et d’audace. Ambitieux, il supportait avec peine que Sandoval lui eût confiél’arrière-garde. « Un commandant comme lui, disait-il, devait trouver toujours sa place à la tête; toute l’armée avait besoin de son exemple. » Non seulement il réclamait l'honneur de figurer le premier à l'attaque de Mexico, mais encore dans les plus légères circonstances. Vainement lui représenta-t-on.que le poste qui lui était confié était un des plus importans, et qu’une surprise était plus redoutable de ce côté, cette raison ne lui parut pas bonne. Sandoval, pour lui faire plaisir, commanda avec lui l’arrière-garde.
On avait à parcourir une marche de quinze milles, presque toujours par des chemins inégaux et couverts de montagnes. Dans cette marche pénible, ils étaient souvent inquiétés par une multitude de soldats mexicains; mais ceux-ci voyant que de tous côtés on était en disposition de résister, se repliaient toujours sans entreprendre la moindre attaque. Pourtant, après bien des fatigues, Sandoval eut le bonheur d'arriver, lui et sa bizarre caravane , à Tezeuco, où Cortès, plein d’allégresse,
lui, dila tête ;
quinze négaux che pémultiant que ster, se ioindre Sando- "e Caragresse,
COnTÉS. 77 |
le reçut avec l’effusion de la plus tendre amitié. Lorsqu'on approchalt de cette ville, Chechimical
témoigna le désir qu'on fit une légère halte ; en
devineriez-vous le motif? c'était pour avoir le temps d’orner sa tête de ses plumes les plus magnifiques, et de se couvrir de ses autres parures de guerre. «Lorsqu’ilest sur le point de volerauchamp d'honneur, disait-il, un hon soldat doit se pare comme pour une noce, »
Lorsque Cortès apprit de pareilles bravades, il
se fit une idée bien faible de ce jeune héros. À son
avis, la véritable valeur , ainsi que toute autre vertu de l’âme , est toujonrs embellie par la modestie, aussi le nom du présomptueux Chechimical ae doit-il plus figurer dans le cours de l’histoire. : : Pendant que la construction des brigantins s’opérait, un événement imprévu vint causer une allégresse générale. Depuis quelques jours, Gortès avait dépéché plusieurs officiers vers Hispaniola pour en obtenir quelques troupes si cela se pouvait, C'était avec la plus vive impatience que depuis long-temps on attendait leur retour. Soudain l'on apprit que quatre vaisseaux et un nombreux renfort venant d’Hispaniola étaient dans le port de Vera-Cruz, Ce renfort se composait de deux cents soldats, quatre-vingts chevaux, deux canons ‘et une quantité de munitions de guerre. Cortès et ses troupes en ressentirent le plus vif contentement.
On redoubla de zèle pour la construction des brigantins. À la vérité, quelquefois les Mexicains tâchaient d'y mettre quelque empéchement, et même d’incendier les chantiers, mais la prudence de Cortès et le courage de ses soldats firent échouer leurs projets. Les travaux se terminèrent enfin, et les brigantins furent lancés sur les flots de la manière la plus solennelle,
Cortès prit la résolution d’assaillir la ville par trois endroits différens et au même moment. Ses troupes furent donc divisées en trois colonnes.
Sandoval eut le commandement de la première.
Alvarado commanda la seconde, et Olid la troisième. Le premier devait portir de Tezeuco, le second de Tacuba et le troisième de Cujocan, et chacun des trois devait s’avancer vers les digues, qui, du point de départ, conduisaient à Mexico. Cortès voulut prendre le commandement des vaisseaux pour leur prêter main-forte dans leurs at- - taques. Chacun se dirigea vers son poste. Alvarado et Olid démolirent sur leur passage un aqueduc d'une construction admirable, dont le conduit, grace à l'adresse des Mexicains, procurait une eau douce des montagnes qui se trouvent éloignées de plusieurs milles de 1à. La privation d'eau qui en fut le résultat , était le prélude de mille malheurs dont par la suite furent accablés ces infortunés.
A commencer de ce jour tous les autres offrirent
uction des Mexicains ement, et prudence ats firent rminèrent r les flots
| ville par nent. Ses colonnes, Jremière.
d la troieuco, le
une eau loignées u qui en
CORTÈS. 79 le spectacle des scènes les plus sanglantes; un nombre prodigieux de canots luttaient contre les brigantins. Les ennemis portés sur les digues ‘avaient à repousser l’armée de terre, et se rendaient formidables autant par leurs forces que par leur bravoure opiniâtre. Les frêles canots furent bientôt ou séparés ou coulés à fond. Mais du côté des digues les Espagnols n’avaient pas autant d’a- “vantage. Îl est vrai pourtant qu'avec une difficulté incroyable, ils enlevaient quelques unes de ces fortifications qu’avaient construites les Mexicains pour défendre les ouvertures, et y construisaient des ponts. Mais se rappelant avec douleur la Wuit de la Désolation, ils se voyaient, chaque soir, obligés de regagner'"la terre ferme; et pendant la nuit, les assiégés profitaient de leur éloignement our réparer avec promptitude les dommages que leurs fortifications avaient soufferts pendant le jour. Ainsi, malgré le sang versé, on n'avait pas plus fait de progrès le lendemaïn que la veille, et des Espagnols ainsi que leurs alliés étaient si exténués par les fatigues de chaque journée, qu'on avait lieu de craindre de les y voir insensiblement succomber.
C'est dans de pareilles circonstances que Cortès, justement alarmé du mauvais succès de ‘28 armes, conçut un projet dont l'exécution devait décider de sa perte ou de celle de ses adversaires.