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CHRISTOPHE COLOMB. st
sabelle, Colomb avait à combattre mille difficultès contre lesquelles un esprit comme le sien pouvait seul lutter avec avantage. Les Espagnols, indolens par caractère, devenus, dans un climat plus chaud, moins capables que jamais de ces travaux assidus auxquels ils ne s’attendaient pas, se plaignirent hautement d’une vie si pénible. Venus dans le Nouveau-Monde avec le fol espoir d’y trouver d’immenses trésors et de passer leur vie dans une molle oisiveté, ils se voyaient, au contraire, condamnés à travailler tous les jours comme des mercenaires, et sous un soleil brülant, exposés à des maladies occasionées par le mauvaise qualité de l’air, et obligés de se passer de toutes les commodités de la vie auxquelles ils étaient habitués. Où se trouvaient donc ces monts d’or qu’ils s'étaient promis? Ils ne pouvaient même pas les aller chercher, parce que l’amiral voulait absolument voir la ville achevée avant de les laisser pénétrer dans l’intérieur de l’île.
Tels étaient les motifs de ce mécontentement,
qui, croissant de jour en jour, amena enfin une conspiration contre la vie de Colomb ; cette conspira-
| tion avait heureusement été déjouée ; on en arréta les | auteurs , dont quelques uns furent punis, et les au-
re er es LE CETTE
| Miserere
tres renvoyés en Espagne , pour y être mis en jugement. Colomb profita de cette occasion pour supplier Ferdinand de lui faire parvenir, le plus tôt possible, de nouvelles provisions et de nouveaux renforts.
Dans le double but de donner de l’occupation aux mutins et de faire voir aux insulaires la supériorité d’une armée d’Européens , il se miten marche à la tête de ses meilleurs soldats, et s’avança dans l’intérieur du pays. Sa troupe défilait les rangs serrés, les étendards flottans, et au son d’une musique guerrière ;en même tempsil fit faire, à la cavalerie surtout, des évolutions qui étonnèrent les Indiens. Comme ceux-ci n’avaient jamais vu de chevaux, ils s’imaginaient que le cheval et son cavalier ne formaient qu’un seul corps. Vous pouvez mes enfans, juger d’après cela, combien ils durent être effrayés à l’aspect de ce monstre, moitié homme, moitié quadrupède. Aussi, lapiuparts’enfuirentdansleurshuttes, dontils barricadèrentlentrée avec des cannes, et oüils furent assez simples pour se croire à l’abri de tout danger.
On avai! pris pour guides quelques Indiens du dis-
trict de Guakanahari. Ces Indiens entraient sans |! façon dans toutes les cabanes qui se présentaient et | y prenaient tout ce qui leur était nécessaire, avec |! autant de liberté que s’ils étaient chez eux , et sans | que les propriétaires le trouvassent mauvais. Ainsi, |
ces bons insulaires, qui peut-être nes’étaient jamais vus, semblaient posséder tous leurs biens en commun. Exemple bien propre à nous confondre, nous
autres Européens, pour qui la propriété est exclusive.
On se dirigea versleriche paysde Cibao, où l’on fut | entrep
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