FIN DES VOYAGES DE COATÈS
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VOYAGES ET CONQUÈÉTES
PREMIER ENTRETIEN
Ojéda et Nikuessa se dirigent vers l’isthme de Darien.— Pertes des Espagnols sur les côtes. — Un homme très-célèbre, Balboa, paraît sur la scène. — Il est élu gouverneur par ses compagnons. — Premier avis sur l'existence et la richesse du Pérou.
L’attention que les élèves de M. Hunter avaient donnée aux voyages de Colomb et de Cortès, et le fruit qu'ils en avaient retiré, déterminèrent ce respectable instituteur à réunir de nouveau son intéressante famille et à l’entretenir du célèbre conquérant du Pérou.
M. Hunter. Tous les événements dont j'ai à vous parier, mes enfants, se sont déjà passés pendant que Cortès rendait son nom célèbre par la conquête du Mexique : il faut donc que nous revenions sur n0s pas, jusqu'au temps où le Mexique était encore complétement inconnu aux Européens, pour trouver le premier fil de ce tissu d'aventures singulières qui vont occuper toute votre attention.
Vous vous rappelez que Colomb fut le premier qui découvrit les côtes du continent de l'Amérique situées près de l’Orénoque, quoiqu'Améric Vespuce lui ait injustement enlevé la gloire de cette expédition. Vous n’avez pas oublié non plus, j'espère, que ce grand homme avait déjà parcouru toute la côte de l’isthme qui est entre l'Amérique septentrionale et l'Amérique méridionale, depuis l’île Guanaïa jusqu'à Nombre-de-Dios, et même encore plus loin vers le sud, dans l'espérance de trouver une route pour passer de l'Océan du nord à celui du sud, et de là aux Indes
orientales. Colomb ne réussit pas dans ce projet, et vous savez à combien de dangers et de traverses cet intrépide navigateur fut exposé dans ce dernier voyage.
Après sa mort, parurent successivement sur la même scène une suite d’aventuriers, tous poussés par l’ardeur d'étendre sur le continent les découvertes que Colomb avait déjà faites. Deux d’entre eux, Ojéda et Nikuessa, dirigèrent leur route vers l'isthme de Darien. Je fais une mention particulière de ces deux hommes, parce qu’ils furent l’un et l’autre les fon .ateurs de deux colonies qui méritent que l’on conserve leurs noms : le premier bâtit Saint-Sébastien ; le second, Nombre-de-Dios!.
Les habitants de ces côtes étaient belliqueux : ils soupconnèrent les desseins des Espagnols, et ils ne craignirent pas de s’y opposer à main armée. Ils tiraient fort bien de l'arc; et, ce qui était plus dangereux encore, ils se servaient de flèches empoisonnées, en sorte que la plus légère blessure devenait mortelle. Ojéda perdit un grand nombre de ses compagnons et fut forcé d’expédier un officier à Hispaniola pour demander des renforts.
Pendant que celui-ci va s'acquitter de la commission dont il est chargé, je vousentretiendrai de quelques usages, aussi barbares que ridicules, que les Espagnols eurent occasion de remarquer chez ces sauvages belliqueux. La première phalange d’un des doigts de la main manquait à la plus grande partie des hommes et des femmes ; et l'on apprit, en s’informant des raisons d’une singularité aussi étrange, que chaque époux, en devenant veuf, était assujeiti par la loi à se mutiler ainsi. Les historiens ne disent rien sur la cause de cette singulière coutume, et leur silence nous fait présumer qu'elle leur était tout à fait inconnue, malgré tous leurs efforts pour la découvrir.
Il existait chez ce peuple un second usage bien cruel en-
1. Nikuessa, ayant examiné cette partie du pays, la trouva propre à former un établissement, et dit à ses compagnons : lPuremos aqui, en el nombre de Dios : « Restons ici, au nom de Dieu. » Ce nom est demeuré à la colonie.
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DK PIZARRE, 237 core, mais dont il est plus aisé de trouver la raison. A la mort d’une veuve, on enterrait toujours avec elle ceux de ses enfants qui, par la faiblesse de leur âge, n'étaient pas en état de pourvoir eux-mêmes à leur nourriture.
CnarLorTe. Les barbares !...
Conrap. Quelle est donc la raison de cette cruauté ?
M. Huwrer. Parce que personne ne voulait se charger du soin de les nourrir. On croyait avoir rempli tous les devoirs de l'humanité et de la compassion envers ces malheureux enfants en les délivrant par une mort prompte des horreurs de la faim. On les enterrait aussitôt que celle qui pourvoyait à leur subsistance avait fermé les yeux.
Je reviens maintenant à l'officier qu'Ojéda avait dépèché à Hispaniola. 11 amenait avec lui un homme dont le nom est devenu trop fameux pour que je le passe sous silence : il s'appelait Nuguez de Balboa; il réunissait aux plus grands talents le courage le plus intrépide. On l'avait accusé, à Hispaniola, d’un crime grave, et il courait risque d’être condamné à mort. Pour se soustraire à ce danger, il s’avisa de se cacher dans un tonneau, et de se faire ainsi porter à bord du vaisseau qu'Ojéda venait d'envoyer. Ce moyen lui réussit : le capitaine du bâtiment, à qui on avait fait les défenses les plus précises de prendre aucun malfaiteur à son bord, ne s’en aperçut pas; et ce ne fut qu'après plusieurs jours de navigation, et lorsqu'on se trouvait déjà à plus de cent lieues de terre, que Nuguez sortit de son tonneau. Le capitaine en fut effrayé et le menaça de le déposer sur la première île déserte qu'ils rencontreraient. Mais tout l’équipage sollicitant en sa faveur, le capitaine se laissa fléchir et le prit sous sa protection. C’est ainsi que Balboa arriva à l'isthme de Darien.
Il ne fut pas longtemps sans s’y distinguer par sa prudence, son activité et sa constance. Ce fut par ses conseils qu'on s’empara d’un terrain aux environs du fleuve Darien pour former un établissement à son embouchure, qu’on appelle encore aujourd’hui Santa-Maria el antigua del Darien.
THÉODORE. Que ce nom est long!
M. Hunter. Aussi a-t-on coutume de l’abréger et de l'appeler simplement Santa-Maria. Balboa se rendant de plus en plus nécessaire à ses compagnons, ils l’élurent pour leur gouverneur. Son génie entreprenant et ambitieux chercha dès lors toutes les occasions propres à s’affermir dans son poste, et à se rendre célèbre par quelque découverte utile ou par quelque conquête importante.
Dans ces vues, il fit nombre d’excursions dans le voisinage : il contracta des alliances avec quelques caciques, et força ceux qui osèrent lui résister à se soumettre. Parmi les premiers, il s’en trouva un, nommé Komagre, qui reçut Balboa et ses compagnons avec les marques de la plus grande bienveillance. Son fils aîné, jeune homme vif et actif, remarquant l’avidité que les Espagnols témoignaient pour l'or, ramassa une quantité considérable de ce métal, qu'il dédaignait, pour leur en faire présent. Mais voyant que les avides Européens ne rougissaient pas de se quereller pour quelques grains de cet or qu’ils faisaient peser, le jeune Indien indigné renversa la balance et l’or qu’elle contenait. « Vous avez tort de vous agiter ainsi pour une semblable misère, s'écria-t-il, mais si le désir de posséder une matière aussi vile à mes yeux vous a seul engagés à quitter votre patrie et à troubler la paix d’une nation tranquille, je vous indiquerai un pays qui en produit plus que vous n’en pouvez souhaiter, quelque grands que soient vos désirs. »
Ce mot, comme une étincelle, enflamma l’avidité des Espagnols : ils s'empressèrent de demander le nom de cette contrée ; on leur répondit que c’était un grand et puissant royaume vers le sud.
L'Indien ajouta qu’ils ne devaient pas espérer de trouver une entrée facile dans ce royaume, parce que le roi, qui commandait à des peuples nombre :x et aguerris, n'aurait pas de peine à les repousser, s'ils n'étaient pas en plus grand nombre. Telle fut la première nouvelle que les Espagnols eurent du Pérou, pour le malheur de ses habitants. Sans doute Balboa se sentait encore trop faible pour com-
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DE PIZARRE, 29 mencer une entreprise aussi vaste; mais l’ardeur de ses compagnons augmentait par les obstacles. et leur chef n'en conçut pas moins l'idée d'exécuter ses téméraires projets dès qu’il aurait reçu les secours qu'il attendait d'Hispaniola.
L'orage qui menaçait le Pérou fut encore détourné pour quelque temps. Le vaisseau que Balboa avait envoyé à Hispaniola fit naufrage à la côte de Yucatan : l'équipage atteignit, à la vérité, la terre, mais ce fut pour tomber entre ls mains des barbares habitants de cette contrée, qui les si crifièrent à leurs dieux. Aquilar et un de ses compagnous furent les seuls qui échappèrent. Gortès le trouva ensuite dans ce pays; mais comme vous connaissez son aventure, il est inutile que je vous en parle.
Balboa attendait en vain le retour de son vaisseau, et pour comble de malheur, on lui écrivit d'Espagne que ses ennemis avaient eu le dessus à la cour, qu'ils avaient réussi à jeter des nuages sur sa conduite, et que dans peu on lui en ferait rendre un compte exact et sévère.
Il savait que le seul moyen de se justifier et de regagner la bienveillance de ses maîtres avides était de découvrir de nouvelles contrées qui produisissent beaucoup d'or; il n’en fallait pas davantage pour l’engager à profiter des ouvertures du fils de Komagre, et il sut communiquer son ardeur et sa fermeté inébranlable à ses téméraires compagnons.
Toute son armée consistait en cent soixante hommes et quelques meutes de chiens, qui, comme vous savez, étaient dressés à attaquer et à déchirer les malheureux Indiens. Quelles faibles ressources pour exécuter les vastes desseins que Balboa avait eu la témérité de concevoir !
Le fils de Komagre remplit la promesse qu’il avait faite aux Espagnols de leur servir de guide, et l'on se mit en marche.
DEUXIÈME ENTRETIEN
Les Espagnols, sous la conduite de Balboa, cinglent à l’ouest. — Obstacles sans nombre qu’ils ont à surmonter. — Découverte importante de Balboa. — Les éléments et les hommes semblent se déchaîner pour la ruine des Espagnols.
FERDINAND. Il me semble que Balboa s'aventure dans une entreprise bien périlleuse.
M. Hunter. Oui, sans doute; mais, outre son dessein d'atteindre le Pérou, il avait encore d’autres vues dont ie succès ne lui paraissait pas moins important. Le jeune Komagre avait assuré que vers le sud, à six soleils de distance, ainsi qu’il s’exprimait, ce qui signifie à six journées de marche, on trouverait un nouvel Océan qui bordait le riche pays où il s'offrait de conduire les Espagnols.
Balboa pensa avec raison que ce devait être la mer que Colomb avait cherchée inutilement, et qui conduisait aux Indes, en cinglant du côté de l’ouest. L'espoir de faire une découverte aussi importante, et qui avait échappé aux recherches d’un aussi grand homme, lui paraissait bien digne des fatigues et de tous les dangers auxquels il était résolu de s’exposer pour y parvenir.
JEAN. Pourquoi était-il donc si difficile et si dangereux de traverser un isthme aussi étroit ?
M. Hunter. Par plus d’une raison. D'abord la nature, pour mettre l’isthme de Darien à couvert du choc des deux Océans, l’a pourvu d’une chaîne de hautes montagnes contiguës aux Cordillères ou Andes, qui s'étendent au loin dans l'Amérique septentrionale. Des forêts épaisses couvraient ces montagnes. Les vallées qui les coupent sont ou des marais impénétrables, ou couvertes d’eau par les pluies qui tombent pendant neuf mois dans ces tristes contrées. Vous pouvez vous imaginer combien un pays aussi humide doit entretenir et propager d'insectes différents. Les ser-
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DE PIZARRE, ETT pents venimeux, les crapauds et les lézards s’y trouvent en grand nombre; les arbres sont couverts de fourmis dévorantes ; l'air est obscurci par des nuées de mouches et de cousins d'une grosseur inconnue en Europe, et dont la piqûre est aussi douloureuse que celle de nos guèpes. Des torrents impétueux se précipitent du haut des montagnes, et il faut autant de force que de résolution pour les passer à gué ou à la nage. Ajoutez à tous ces inconvénients celui d'un air étouflé et chargé de vapeurs malsaines qui énervent le corps et l’âme et produisent les contagions les plus dangereuses, et fréquemment la mort. Quel courage extraordinaire ne fallait-il pas avoir pour affronter d'aussi grands obstacles avec d'aussi faibles ressources !
Balboa n’en fut pas intimidé. Il arriva d’abord dans le pays d’un cacique avec lequel on avait déjà auparavant conclu un traité d'alliance. De là il s'avança vers les montagnes, dans les possessions d’un chef indien qui commença par prendre la fuite, mais qui, étant informé du véritable but des Espagnols, revint sur ses pas et chercha à gagner leur anitié en ramassant la plus grande quantité d’or qu’il lui fut possible. Enfin il atteignit la partie la plus difficile du chemin, c'est-à-dire les montagnes. Un cacique puissant, averti de l’arrivée de ces étrangers, rassembla aussitôt une armée nombreuse pour la leur opposer.
Les Espagnols marchèrent en avant : quelques Indiens vinrent à leur rencontre pour les interroger sur l'objet de leur arrivée et pour leur notifier en même temps qu'ils eussent à se retirer; mais on ne fit nulle attention à leur question ni à leur défense, et on poursuivit la marche. Le cacique parut lui-même et donna aux siens le signal du combat. Il était remarquable par un habit de coton, tandis que les autres marchaient nus. Aussitôt tout s’ébranle : les Indiens se précipitent sur les Espagnols en jetant des cris épouvantables ; mais à peine furent-ils à la portée du fusil, que Balboa fit signe à ceux qui en étaient armés de faire feu. Le bruit de l’explosion, la chute de ceux qui furent atteints, répandirent, comme de coutume, une si grande Campe, ? 16
terreur parmi les Indiens, qu'à l'instant tous furent dispersés, dans la ferme persuasion qu'ils avaient affaire à des êtres qui disposaient des armes du ciel, l'éclair, la foudre et le tonnerre. La plupart des fuyards périrent par le fer ou furent déchirés par les chiens. Le cacique lui-même se trouva parmi les premiers, et sa ville, si l'on peut donner ce nom à quelques misérables cabanes les unes à côté des autres, se rendit : elle fut livrée au pillage. L'or qui tomba dans cette occasion entre les mains des Espagnols les dédommagea des fatigues de leur marche, et les encouragea à supporter avec patience celles qui leur restaient encore à endurer.
Balboa laissa les malades dans cet endroit, et se hâta lui-même, avec le reste de sa pauvre troupe , de terminer l'entreprise qu'il avait commencée. Des obstacles et des dangers incroyables s’opposèrent à ses desseins ; mais le corps des Espagnols semblait être de fer, et leur âme d'acier. Leur constance à surmonter toutes les difficultés fut inébranlable. La faim, la soif, le froid, le chaud, tous les inconvénients d’une route diflicile et à peine praticable aux animaux féroces, ne purent les rebuter un instant. Balboa se montrait toujours a la tête partout où le danger se présentait : il supportait le manque de vivres et de toutes les commodités de la vie avec la nème patience que le dernier de ses compagnons. Son exempie inspira une ardeur générale, et on ne murmura plus de suivre un pareil chef, quoique le but qu'on se proposait parût s'éloigner de jour en jour.
Vingt-cinq jours s'étaient écoulés dans cette pénible marche, et cependant ils n'avaient pas fait plus de chemin qu’un homme marchant d’un pas ordinaire n’en ferait en six jours sur une route fréquentée. Enfin on arriva au pied d’une montagne du haut de laquelle on devait découvrir le nouvel Océan, d'après le récit qu'en avait fait le jeune Komagre. Balboa fit faire halte à sa troupe et gravit seul la montagne, afin qu'aucun de ses compagnons ne püût lui ravir l'honneur d'une découverte aussi importante. Ceux-ci
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DE PIZARRE. 241 avaient les yeux fixés sur lui; ils ne le perdaient pas un seul instant de vue, et attendaient avec inquiétude le moment où il parviendrait au sommet. Déjà il n’en est plus qu'à deux pas... Les Espagnols sont saisis de crainte, leurs cœurs palpitent. Enfin il est parvenu au haut de la montagne : tout à coup il se précipite à genoux et élève les mains au ciel. Les Espagnols comprennent ses gestes et se hâtent de le joindre.
Le vaste Océan se présente à leurs regards. Tous, à l'exemple de leur chef, se prosternèrent pour remercier Dieu d’un événement qui allait les couvrir d’une gloire immortelle, et qui paraissait devoir procurer des avantages immenses à leur patrie. Les Indiens qui les accompagnaient étaient frappés d’étonnement, ne pouvant pas concevoir la raison qui causait aux Espagnols ce ravissément de joie à la vue de l'Océan. Leur surprise augmenta lorsqu'ils virent toutes les cérémonies avec lesquelles Balboa prenait possession, au nom du roi d’Espagne, son maître, de toutes ces contrées et de la mer du Sud qui les baignait. Il fit élever de grands monceaux de pierres, y planta des croix, et grava sur l'écorce des arbres le nom de Ferdinand, car ce prince vivait encore.
Taéonore. En quelle année se fit donc cette découverte ?
M. Huwrer. En 1513, par conséquent cinq ans avant que Cortès partit de Guba pour la conquête du Mexique.
Dès que les cérémonies furent achevées, on courut en foule vers le rivage. Balboa, l'épée à la main, entra dans la mer jusqu’à la ceinture et adressa ces paroles aux Espagnols et aux Indiens assemblés : « Je vous prends à témoin que je m'empare, pour la couronne d'Espagne, de cet Océan et de toutes les terres qu'il baigne de ses flots : je suis prêt et je fais vœu de défendre la souveraineté de mon maître avec cette épée que je tiens entre les mains. »
Le lieu où se fit cette étrange cérémonie était une baie près du grand isthme de Panama. Vous voyez sur la carte qu’elle s'étend le long du continent de l'Amérique méridionale. Balboa la nomma le golfe ou la baie de Saint-
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