‹ Histoire de la découverte de l'Amérique [microforme]Chapitre 9 sur 49 · RS UP ONE · texte numérisé non relu

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DE CHRISTOPHE COLOMB,. [pe

le tillac, et ayant toujours la sonde en main , ou l'instrument dont on se sert pour faire des observations astronomiques.

Fréoéric. Qu'est-ce que c’est qu’une sonde, papa ?

M. Hunter. C'est, mon ami, une grosse pièce de plomb attachée au bout d’une longue corde : on la jette dans la mer, en filant la corde à mesure qu’elle descend ; quand le plomb touche au fond, on peut voir, par la hauteur à laquelle la corde a été mouillée, quelle est la profondeur de la mer en cet endroit. Comprends-tu ?

Frépéric. Oui, mon papa. Mais pourquoi se mettent-ils en peine de savoir la profondeur de la mer?

M. Huwrer. Ne le devinerais-tu pas toi-même? Réfléchis un moment.

Frépéric. Ah! m'y voilà. Si l’eau n'est pas assez profonde, le vaisseau échoue ; alors, adieu le vaisseau : pour cela on est obligé de s'assurer continuellement s’il y a assez d’eau.

M. Hunter. Tu vois bien qu’en réfléchissant on peut deviner soi-même bien des choses. Mais en voilà assez pour aujourd'hui; demain nous continuerons de suivre les voyageurs dans leur route.

QUATRIÈME ENTRETIEN

Continuation de la traversée de l’equipage. — Phénomène qui saisit d'’effroi les compagnons de Colomb. — Nouvelles terreurs de l’équipage, vaincues par le courage et la prudence de Colomb.

M. Hunrer. Le lendemain de son départ des Canaries, le vent étant faible, Colomb n'avait fait encore que dix-huit lieues; mais, prévoyant que la longueur seule de la route intimiderait ses compagnons, il résolut de recourir à une ruse innocente, et de leur cacher le chemin qu’ils feraient chaque jour. Il leur dit donc qu’ils n’avaient encore fait que quinze lieues.

Le 12 septembre, sixième jour de leur navigation, ils se

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trouvèrent à 350 degrés de longitude, à compter depuis l’île de Fer, une des Canaries, ou, ce qui revient au même, à cent cinquante milles de cette île vers l’ouest, et au même degré de latitude nord que cette île. Ils y rencontrèrent le tronc d’un grand arbre qui paraissait avoir flotté depuis longtemps sur les eaux. Les matelots le prirent pour l'avantcoureur d’une terre voisine ; erreur qui servit à les tranquilliser un peu.

Mais leur espoir fut de courte durée : avant d’être à cinquanie lieues plus loin, ils aperçurent un phénomène qui les consterna tous, et qui même surprit beaucoup leur commandant.

Henri. Quel était donc ce phénomène ?

M. Hunter. Vous savez que le guide principal des navigateurs est l'aiguille aimantée, parce qu’elle a la propriété singulière de montrer toujours le nord avec sa pointe : par là, les marins savent distinguer de nuit et de jour les quatre points cardinaux du monde, et connaissent où ils doivent gouverner. Sans ce guide, qui jusqu'alors n’avait jamais été infidèle, il eût été plus que téméraire de s'engager dans une course si longue et tout à fait inconnue.

Concevez d’après cela quels durent être et la surprise de Colomb et l’effroi de ses timides compagnons, lorsqu'ils s’aperçurent que la boussole ne montrait plus directement l'étoile polaire, mais qu'elle déclinait vers l’ouest d’un degré entier.

Waicciam. D'où cela pouvait-il venir?

M. Huwrer. Il nous serait aujourd’hui tout aussi difficile de répondre à cette question qu'il l’eût été à Colomb, quoique depuis son temps on ait observé cette déclinaison une infinité de fois, et qu’on ait même dressé une table des lieux où elle a coutume d'arriver. Les équipages de Colomb étaient frappés d’effroi : ils s’imaginaient que la nature venait de changer, et que leur seul guide, l’aiguille aimantée, allait les abandonner. Gv'omb profitait de leur ignorance pour

1. On nomme ainsi l’aiguille aimantée et la boîte où elle est dressée

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