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74 DÉCOUVERTE DE L'AMÉERIQUE.
couvertes; puis il montre les productions qu'il à rapportées. Pendaat qu'il parlait, la surprise et l'admiration se peignaient sur la physionomie de tous ceux qui pouvaient l'entendre ; il avait cessé de parler, on l'écoutait encore.
Quand il eut achevé son rapport, les deux souverains et tous les spectateurs se prosternent, et, à genoux, entonnent un saint cantique pour remercier Dieu d'un événement qui semblait être pour l'Espagne la promesse et le gage de si grands avantages. Ensuite Ferdinand et Isabelle comblèrent d'honneurs l'amiral: ils confirmérent d'une
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CHRISTOPUE COLOMB. 15
manière solennelle toutes les récompenses qui lui avaient été promises avant son départ; des lettres de noblesse lui furent expédiées pour lui et pour toute sa famille. Toutes les fois que Ferdinand sortait à cheval, il avait à sa droite le prince son fils, et Colomb à sa gauche. À l'exemple du monarque, tous les grands se mcntrèrent empressés à fêter
l'amiral vice-roi des Indes. Le cardinal d’Espagne, Pierre
Gonzalès de Mendoze, prélat aussi distingué par son mérite que par son rang et sa naissance, fit le premier à Colomb les honneurs d’un splendide festin, où non-seulement il lui assigna la première place, mais encore le fit servir à plats couverts, avec ordre de ne hu rien présenter dont on n'eût d'abord fait l'essai; ce qui fut observé par tous les setyneurs qui, chacun à leur tour, invitèrent l'amiral à des banquets où l’on remarqua une singulière rivalité de maynificence.
Les deux frères de l'amiral, Barthélemi et Diégo, ne furent pas oubliés : quoique absents de l'Espagne, ils eurent part aux “oéralités du monarque; il leur accorda le titre de don, avec de brillantes armoiries pour toute la famille.
Cependant Ferdinand, jaloux d'obtenir la sanction du souverain pontife pour la possession des pays découverts et de ceux que Colomb pourrait encore découvrir, s'était empressé d'envoyer un ambassadeur à Rome, pour prier le pape de donner ces contrées aux Espagnols seuls, à l’exclusion de tous les autres peuples. Ferdinand demandait que cette possession fût à ia fois exclusive et héréditaire,
Alexandre VI, qui occupait alors le saint-siége, tira sur la mappemonde une ligne drote d'un pôle à l'autre, à cent
lieues des Açores et à la mème distance du cap Vert, et
déclara qu'au roi d'Espagne seul appartiendrait tout le pays qu’on pourrait découvrir au delà de cette ligne, vers l’occident.
Pour s'expliquer la démarche de Ferdinand auprès du saint-siége et la réponse du souverain pontife, il faut se reporter à l’époque de la découverte du nouveau monde et consulter l’histoire. Alors les papes exerçaient une grande puissance ; ils jouissaient d’une autorité sans limite et du privilége de disposer de toute la terre, en leur qualité de vicaires de Jésus-Christ. Cette prérogative avait été consacrée, en quelque sorte, par le temps, la tradition et l'empire du sentiment religieux, devant lequel la politique des divers gouvernements de l’Europe était sans pouvoir. Avant de juger ces faits, de les condamner surtout, il est nécessaire de les examiner au point de vue de l’histoire, d'étudier l’époque à laquelle ils appartiennent, l’état de la société, les croyances et les usages qui la dominaient par leur irrésistible influence.
Ainsi, dans la bulle d'Alexandre VE, il est dit que le pape donne au roi d'Espagne les îles et terres découvertes ou à découvrir, par sa pure et franche libéraïité ; et plus loin, l’acte solennel d’investiture ou plutôt de donation stipule que le souverain pontife donne à Ferdinand ces îles et terres avec leurs seigneuries, villes, châteaux, lieux, villages, droits, juridictions et toutes autres appartenances et dépendances, par l'autorité de Dieu tout-puissant, de laquelle le pape jouit en ce monde, comme vicaire de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Suivant quelques historiens, Ferdinand n'envoya un am-
bassadeur à Rome que pour s'assurer la médiation du sou-
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