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neur de donner son nom à cette quatrième partie du monde, qui fut appelée Amérique.
Depuis lors, les expéditions, les voyages se multiplièrent : ils avaient tous pour but la découverte de nouvelles teires. Ainsi le roi de Portugal, voulant tirer parti de la découverte de la route de l'Inde orientale, par Vasco de Gama, lit équiper une flotte qu'il chargea de toutes sortes de marchandises. Il en confia le commandement à Cabral, qui, connaissant les dangers de la navigation le long de la côte d'Afrique, se dirigea vers l’ouest à travers le grand Océan. Lorsqu'il eut passé la ligne, une violente tempête le jeta sur des rivages entièrement inconnus. Il reconnut, avec une grande surprise, qu'ils étaient la côte d’une terre très-vaste et non d’une île, ainsi qu'il le croyait d'abord. Le hasard venait de faire découvrir à Cabral le riche Brésil. Il en prit possession au nom du roi de Portugal, l'appela Santa-Cruz en l'honneur de la croix qu'il y avait éle' ée, et envoya un de ses vaisseaux à Lisbonne, pour y porter l’heureuse nouvelle de cette découverte, qui eut lieu dans l’année 1500,
Il eût été cependant bien facile à Colomb, dans son troisième voyage, de longer une côte qui l'aurait conduit jusqu'à l'Amazone, après qu'il eut découvert l’île de la Trinité et les bouches de l'Orénoque. Mais toujours entraîné par l'espoir de trouve” une route vers la côte orientale des Indes, en suivant cette mer qui se prolonge entre la terre ferme au midi et la Floride au nord, il abandonna des ouvertures qui auraient pu être suivies de si brillants résultats pour l'Espagne. Sa sollicitude pour ses premiers établissements ne contribua pas peu à son retour,
Remarquons en passant que le gouvernement portugais,
possesseur du Brésil, inaugura sa prise de possession par la mème faute qui devait être si fatale aux colonies espagnoles. La cour de Lisbonne, non moins imprudente que celle de Madrid, fit transporter au Brésil, pour en commencer la colonisation, des misérables qui, pour leurs crimes, avaient été condamnés à d’autres châtiments que la déportation, et des femmes de mauvaise vie dont on voulait purger les villes de Portugal. Toutefois, la cour de Lisbonne ne témoigna pas d'abord un intérêt bien vif à ce nouvel établissement, qui devait acquérir par la suite une grande importance. Le commerce partageait aussi cette indifférence ; car on se contenta d'en apporter du bois de teinture, des singes et des perroquets. Ces marchandises ne coûtaient que les frais de transport, et procuraient les bénéfices d’un prompt et avantageux débit dans les diverses contrées de l’Europe.
Un peu plus tard, le gouvernement assigna à quelques seigneurs des provinces entières ; il espérait, par cette mesure si libérale, déterminer les donataires à chercher les moyens de peupler ces provinces ; enfin il engagea le Brésil à ferme, et le roi se contenta presque d’une souveraineté nominative. Ce ne fut qu’au bout de cinquante ans environ que s’élevèrent, le long de la côte, diverses bourgades dont les cinq principales étaient Tamaraca, Fernambouc, Ihéos, Porto-Seguro et Saint-Vincent.
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agno- 1 celle { cer la 1 vaient ï on, el | er les | émoi- ; isse- À tance. 1 | on se  Triomphe des ennemis de Colomb, — Envoi d'un nouveau commissaire aux Indes $ occidentales, — François de Bovadilla à Saint-Domingue. — Colomb est chargé ges el de fers et conduit à bord d’un bâtiment. — Arrêt de mort prononcé contre les trois s frais À frères, — Colomb garde ses chaines, malgré l'offre du capitaine, qui veut leslui ôter. mpt et É — Sa réponse au capitaine. — Indignation générale en Espagne contre Bovadilla. ‘4 — Colomb et ses frères sont mis en liberté par ordre du roi, — ]l paraît devant JpE # Ferdinand et Isabelle. — Destitution de Bovadilla. — Ovando est nommé gouverelques 1 neur des Indes occidentales, —— Abolition de l'esclavage. — Nouveau voyage de À Colomb. — Les premières amandes de cacao. — La côte des Orcilles. — Le cap te me- À ea ARE ne ï de Gràces à Dieu. — Le secrétaire pris pour un sorcier, — La tortue vivante dans ner Îles À le corps d'un requin. — Les maisons en l'air. — Mines d'or de Veragua. — La > Brésil i pêche des sardines. — Le cacique Quibio, sa captivité et sa fuite, — Hostilités. — : ; à Dévouement de Mendez et de Fieski.
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Colomb avait réussi par la sagesse de sa conduite, par sa modération, à apaiser la révolte dans l’île Espagnole; mais la tranquillité, qu'il y avait rétablie si difficilement, était menacée par le mécontentement de quelques ambitieux à la tête desquels se trouvait encore Roldan, dont la soumission n'était qu'apparente, et par de sourds murmures, symptômes de nouveaux désordres. Ce Roldan, fidèle à sa haine
124 DÉCOUVERTE DE L'AMÉERIQUE.
et à son système de calomnie contre Fan val, employait tous les moyens propres à le rendre suspect et mème odieux à la cour de Madrid, Son indulgence, que lon considérait comme de la faiblesse, avait compromis son autorité dans l'île, où il n'était pas plus respecté qu'obéi. Obligé de comprimer des soulèvements nombreux, il n'avait le temps ni d'adresser à la cour d'Espagne des mémoires jusülicatifs de sa conduite, ni de poursuivre l'exécution de ses projets pour de nouvelles découvertes,
Mais pendant qu'il épuisait ses forces au maintien de l'ordre dans la colonie, en y établissant une administration régulière, et qu'il ouvrait des mines dont l'exploitation promettait à la cupidité de ses compagnons et surtout aux exigences de la cour d'Espagne de riches produits, ses ennemis, de plus en plus acharnés, obtenaient enfin un triomphe complet, et Colomb allait être la victime des plus odieuses machinations, de la plus noire ingratitude,
Un grand nombre d'Espagnols étaient accourus dans le nouveau monde, où ils avaient cru trouver des trésors ; mais ils n'avaient rapporté dans leur patrie que le désespoir. Trompés dans leurs espérances, ils accusaient Colomb de leurs malheurs et faisaient retentir l'Espagne de leurs malédictions et de leurs invectives contre lui. Couverts de haillons, pâles et portant sur leurs figures amaigries par les privations les traces de leurs longues souffrances, ils provoquaient, ils excitaient en leur faveur la pitié publique. La foule, émue, attendrie, n'était que trop disposée à ajouter foi à leurs paroles. On voyait ces malheureux, lorsque le roi et la reine paraissaient en publie, se presser autour d'eux, étaler sous leurs veux le spectacle de leur misère: ils im-
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théâtrales, dont l'eflet était sûr, avaient été préparées, combinées par les plus puissants ennemis de l'amiral. Comment s'étonner que Ferdinand, naturellement soupçonneux et défiant, ait cru Colomb coupable, et que la reine Isabelle ait abandonné enfin l'homme que jusque-là elle avait couvert d'une éclatante protection? Aucune voix alors ne s’éleva pour le défendre ; il fut condamné sans avoir été entendu.
I fut décidé qu'on enverrait aux Indes occidentales un commissaire chargé d'examiner avec soin la conduite de l'amiral, et investi du pouvoir exorbitant de destituer F'ami-
ral, S'il jugeait sa conduite répréhensible, Dans ce cas, il
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