‹ Histoire de la découverte et de la conquête de l'Amérique [microforme]Chapitre 25 sur 76 · PARTNER PRE ME · texte numérisé non relu

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qui partit accompagné de quelques hommes, Au moment où Barthélemy s'approchait du rivage, il rencontra une barque indienne qui paraissait construite avec beaucoup plus d'art

que les canots des sauvages. Au milieu de cette barque tres-longue et qui avait huit pieds de largeur, s'élevait un toit de feuilles de palmier, qui rappelait la forme des gondoles en usage dans plusieurs contrées de l'Europe, et sous lequel on remarquait plusieurs femmes et enfants. Cette barque contenait en outre vingt-cinq hommes.

Les Espagnols voulurent arriver jusqu'à eux : ceux-ci

tentérent de s'éloigner; mais, lorsqu'ils se virent sur le

point d'être atteints par les Espagnols, ils se rendirent sans

chercher à résister, bien qu'ils eussent des armes. On procéda à la visite de l'embareation ; on y trouva des matelas, des chemises sans manches en fil de coton, d'autres vète-

ments. tels que des toiles dont les femmes se servaient

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sans proelas, ‘ète-

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CHRISTOPHE COLOMB. 15 comme de mantes, de grandes épées de bois dont le double tranchant était formé de cailloux fixés dans un joint avec de la ficelle et de la résine, des haches en cuivre et d'autres

ustensiles faits du mème métal, Ces sauvages étaient nus, à

l'exception du milieu du corps, que couvrait une toile de coton, Leurs aliments étaient, à peu de chose près, les mèmes que ceux des indigènes de l'ile Espagnole ; seule ment, leur boisson habituelle était une espèce de bière faite avec du maïs bouilli. On trouva aussi dans la barque une petite provision d'amandes de cacao, auxquelles ils paraissaient attacher beaucoup de prix, et qui leur servaient de monnaie, Ce sont les premières amandes de ce genre qui aient été vues par les Européens.

Colomb, trés-satisfait d’une telle rencontre qui lui permettait d'espérer les renseignements qui lui étaient si nécessaires, recommanda à ses compagnons de traiter ces Indiens avec beaucoup d'égards ; il voulait s'assurer leur amitié et leur dévouement. 1 fitavec eux des échanges de marchandises, et lorsqu'ils eurent satisfait sa curiosité sur des questions importantes qu'il leur adressa, il leur restitua leur grand canot, en leur accordant la permission d'aller où ils voudraient, Toutefois, l'amiral crut devoir retenir un vieillard qui semblait doué d'une intelligence supérieure à celle des autres Indiens. Du reste, ce vieillard ne témoigna ni surprise ni regrets en se voyant prisonnier à bord: Colomb lui destinait les fonctions d'interprète et de médiateur dans ses rapports avec les sauvages.

Grâce aux indications de cet Indien, qui s'exprimait par signes, Colomb, sut que dans une vaste contrée située à

l'ouest, il v avait beaucoup d'or; que les habitants + por-

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aient sur la tète des couronnes faites de ce métal, et de uros anneaux, également d'or, aux bras et aux jambes ;

qu'ils garnissaient d'or les tables, les chaises et les coffres.

Lorsqu'on fit voir à lndien des coraux, des épices et d'au-

tres productions, il assura aussi qu'elles abondaïient dans ce pays dont il vantait la fertilité, Le vieillard désignait ainsi le Mexique, La perspective de tant de richesses tentait fortement la cupidité des compagnons de Colomb ; ils demandaient avec de vives instances à être conduits dans ce pays, dont on leur traçait un si brillant tableau; mais Famiral, dominé, maîtrisé par le désir d'atteindre le but de son voyage, résista aux prières de son équipage, et, sourd à leurs murmures, il gouverna à l'est, en côtoyant la terre ferme.

I se dirigea de la côte de Honduras vers l’est, espérant rencontrer le détroit qui, d'après les assurances des sauvages, devait se trouver de ce côté, Or, on ne s'était pas compris. Les Indiens s'étaient trompés en prenant pour un isthme le détroit que Colomb avait dessiné sous leurs yeux, et l'avaient envoyé au Darien.

En suivant cette route le long des côtes, l'expédition aperçut des honnnes beaucoup plus sauvages que ceux qu'elle avait rencontrés, et dont le genre de vie était fort différent, IS étaient entièrement nus: ils se nourrissaient de viande et de poissons crus, sans aucune espèce d'assaisonnement, Leurs oreilles, allongées par tous les objets qu'ils y “aspendaient, descendaient presque jusqu'à leurs épaules : tout leur corps offrait une singulière variété de ft gures d'animaux, tels que bons, cerfs etautres espèces, errils Vavalent tracés avec le feu, Des bonnets bleus et rouges,

en toile de coton, distinguaient les personnages les plus im-

de

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