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portants parmi ces indigènes. Les uns se peignaient le visage en noir, les autres en rouge; quelques-uns se faisaient remarquer par des raies de diverses couleurs; un certain nombre d'entre eux se peignaient seulement les lèvres, les narines et les yeux. Leurs oreilles étaient percées de trous si larges, qu'ils auraient pu être traversés par un œuf de poule, C'est ce qui détermina Colomb à donner à ce pays le nom de Costa de las Orejas, où Côte des Oreilles, Continuant sa route, mais avec lenteur, parce que sa marche était retardée par les vents contraires et par Îles courants, il parvint à un promontoire qui tournait vers le sud, et, en longeant la côte, il fut favorisé par le mème vent contre lequel il avait lutté pendant longtemps. Le nom qu'il donna à ce promontoire fut un témoignage de sa reconnaissance envers la Providence, qui lui avait accordé ce nouveau bienfait : il l'appela Gracias a Dios, ou Grâces à Dieu. Il mouilla, quelques jours après, dans un autre lieu, et, au moment où les Espagnols faisaient leurs dispositions pour descendre à terre, des sauvages armés et montés sur des canots parurent vouloir s'opposer au débarquement ; mais, reconnaissant bientôt que les Espagnols n'avaient pas d'intentions hostiles, ils S'approchèrent d'eux sans défiance et voulurent leur vendre leurs marchandises, qui consis-
{aient en armes de toute espèce, telles que massues, arba-
lètes et bâtons d'un bois noir et dur, dont l'extrémité pré-
sentait une pointe très-aiguë faite avec une arète de poisson ; en gilets de coton et en petits morceaux d'or pâle dont ils ornaient leur cou, L'amiral leur distribua des bagatelles d'Europe, en échange desquelles ilne voulut rien accepter.
Ce refus parut leur causer un mécontentementtrés-vifs ils
pressèrent alors les Espagnols de descendre à terre; mais voyant que ceux-ci résistaient à leurs instances, ils crurent
qu'on se défiait d'eux, et, pour faire cesser cette défiance,
ils députèrent aux Espagnols un vieillard d'une figure vénérable : 11 portait un étendard, sans doute comme un signe de paix, et il était accompagné de deux jeunes filles dont le cou était orné de plaques d'or, demanda à être présenté à l'amiral, qui reçut avec sa bonté habituelle le vieillard et les jeunes filles, Après qu'on leur eut donné à manger, 11 leur lit présent de vêtements européens, et les renvoya à terre, enchantés de l'accueil que leur avaient fait les Espagnols.
Le lendemain, le frère de Colomb descendit à terre et vit avec surprise tous les objets qu'on avait donnés aux sauvages déposés sur le rivage, On supposa que c'était, de la part des Indiens, Feffet de leur délicatesse, eC qu'ils n'avaient pas voulu recevoir des présents sans en avoir fait à leur tour, Au moment où le frère de Colomb débarqua, il fut recu par deux chefs indiens qui le serrérent dans leurs bras et l'invitérent à s'asseoir sur Fherbe auprès d'eux. Barthélemy, ayant accédé à leur désir, leur adressa différentes questions par l'intermédiaire d'un interprète indien, et son secrétaire se disposa à écrire leurs réponses.
Mais à peine ces sauvages eurent-ils aperçu la plume, le papier et lécritoire, qu'ils se levérent avec tous les signes dun subit effroi et S'enfuirent, suivis des autres habitants que a curiosité avait réunis autour d'eux, Ces sauvages Séluient imagine, dans la naïve erédulité de leur supersti- Uon, que le secrétaire était un enchanteur, eC ils avaient pris la plume, lécritoire et le papier pour des instruments
de sorcellerie avec lesquels Fenchanteur allait procéder
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